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 paper aeroplanes (eliott, harry)

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Luke Donovan
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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: paper aeroplanes (eliott, harry)   Ven 24 Juil - 12:21


Isolés dans la salle du fond de l’Arcadian, les trois propriétaires s’étaient retrouvés comme à leur habitude avant d’ouvrir les lieux. Il était encore très tôt, pourtant Luke s’énervait déjà derrière l’un des flipper qui leur avait coûté une blinde. Très mauvais perdant, Luke ne supportait pas la défaite et il était clair que, ce matin, il n’allait pas battre son record à hauteur de 352 648 points. L’écran n’affichait qu’un pauvre score à 298 479 points, et il ne lui restait qu’une bille. Il était hors de lui, tout ce qui l’entourait commença alors par l’énerver, à commencer par la musique du jukebox tout près de lui. La vieille machine faisait tourner le vieux disque des Eagles, Hotel California, qui allait finir par lui taper sur le système si ça continuait ! Même s’il appréciait ce titre, Luke était bien trop absorbé par son jeu qu’il s’énervait sur le bruit strident de la guitare sans même s’en rendre compte. Par ailleurs, le geek s’acharnait sur les boutons du flipper tout en répétant les paroles de la chanson qu’il connaissait malgré lui, mais les dents serrés ce qui retirait forcément tout le charme de ce titre qui faisait partie des best-sellers de la fin des années soixante dix. Ces deux amis, qui se trouvaient derrière lui à faire il ne savait quoi, devaient bien se foutre de sa gueule. Il semblait en transe, prêt à défoncer l’écran de ce flipper qui ne daignait pas coopérer pour le rendre victorieux. Et puis, après près d’un quart d’heure de jeu sans jamais cligner des yeux un seul instant pour ne pas se déconcentrer, Luke perdit la seule bille qui lui restait. Cette dernière avait foncé tout droit entre les fippers qu’il agitait pourtant comme si sa vie en dépendait. « Naaan mais sérieux quoi, j’étais en mode multibilles, comment j’ai pu faire un score aussi minable ! » S’exclama-t-il ne retenant pas un léger coup de poing sur le plateau de jeu. Pas de soucis, ce n’était pas avec sa force de mouche qu’il allait réussir à péter la vitre. Mais quand même, Luke était bien remonté. Il y avait des matins comme ça où perdre une simple partie de flippers pouvait le mettre de mauvaise humeur… un vrai gamin, c’était ce qu’il était. « Qui c’est qui a allumé le jukebox, ça m’a gra-ve déconcentré ! Pour mettre des chansons douces et romantiques en plus, les gars, vous chiez dans la colle. » Le caractère de Luke était étonnement différent lorsqu’il était avec Harry et Eliott. En réalité, le jeune homme n’oserait jamais parler de la sorte en dehors de ce cocon amical… Luke était bien trop timide, bien trop peu sûr de lui pour s’adresser ainsi à un inconnu ou même à une personne qu’il ne connaissait pas énormément. De toute façon, dans la plupart des cas, ses rougissements l’empêchaient carrément de s’exprimer normalement. Mais pour l’instant, ce qui lui importait, c’était de savoir sur qui il allait pouvoir rejeter la faute quant à sa minable défaite. Harry, Eliott ? Eliott, Harry ? Qu’il se dénonce. Ou peut-être que c’était lui-même qui l’avait allumé, il ne s’en souvenait même plus… Qu'avait-il fait en rentrant dans la salle ? Il avait allumé la lumière et s'était dirigé tout droit vers le flip-... jukebox ? Merde, quel idiot. Réalisant sa bêtise, Luke haussa des épaules. Il aurait pu s'excuser sauf qu'il ne le fit pas, il devait d'abord se remettre de son amer défaite et ça pouvait prendre au moins dix bonnes minutes. Il les rejoignit alors sur l'un des sofa qu'ils avaient installé pour permettre aux clients de se reposer les pattes et les méninges, c'était tout ce dont il avait besoin pour calmer ses nerfs. « Vous parliez de quoi ? » S'enquit-il innocemment en se rongeant l'ongle de son pouce, ce qui trahissait son agacement. Mais pour le coup il laissait complètement de côté ses fausses accusations de toute à l'heure, curieux de connaître ce qui animait la conversation entre ses deux amis.

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Harry Abernathy

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MessageSujet: Re: paper aeroplanes (eliott, harry)   Ven 21 Aoû - 21:44

Harry était à moitié allongé dans l’un des canapés. Le dos bien calé contre le dossier, il avait rapatrié ses pieds sur le cuir usé sans même ôter ses chaussures. Ses jambes pliées formaient dès lors l’appui parfait pour sa planche sur laquelle les traits apparaissaient comme par magie. D’abord longs et d’apparence incohérents, ils prenaient doucement la forme d’un jeune homme penché sur une machine – un flipper. Luke s’acharnait sur le pauvre appareil et devenait du coup le sujet idéal pour les doigts du jeune Abernathy. Sourd aux plaintes de son ami, le jeune homme se concentrait plutôt sur la silhouette de celui-ci, accentuant les plaques rouges qui lui montaient lentement depuis la base du cou, émergeant de son t-shirt comme des petits envahisseurs tentant d’investir le corps de Donovan. Harry aurait pu l’enjoindre d’y aller mollo, que c’était peut-être solide, ces trucs-là, mais que ce n’était pas fait pour ça. Mais il ne le fit pas. Parce que Luke n’était pas violent et surtout parce qu’il possédait un tiers de l’Arcadian et qu’il n’avait pas à l’apostropher à ce sujet. Rien ne l’empêchait cependant d’inclure Eliott dans le rôle du spectateur et il demanda, sans élever la voix pour ne pas attirer l’attention du mauvais perdant : « Qu’est-ce qu’il a bouffé, aujourd’hui ? » Ils avaient tous leurs moments, évidemment, la mauvaise humeur n’était pas rare mais elle était vite étouffée par la proximité des deux autres qui, comme des catalyseurs, fonctionnaient à merveille pour renverser la tendance. À eux trois, ils se canalisaient plutôt bien et c’est ce qui leur permettait de fonctionner aussi bien. Si Luke avait quelque chose à déclarer, cependant, il le ferait de lui-même, en temps voulu. Se concentrant sur sa planche, Harry ajouta quelques éléments au décor, dessinant le logo de leur enseigne en arrière-plan ainsi qu’un bar où des silhouettes floues se bousculaient pour se faire servir. Cette partie-là ressemblait davantage à l’Insomnia qu’à l’Arcadian mais il n’était pas interdit de rêver, n’est-ce pas ? Qui c’est qui a allumé le jukebox, ça m’a gra-ve déconcentré ! Pour mettre des chansons douces et romantiques en plus, les gars, vous chiez dans la colle. Par réflexe, Harry désigna Eliott, alors qu’il n’avait aucune idée de l’identité du fautif mais dans ces cas-là, si l’un d’eux cherchait un coupable, les deux autres avaient tendance à se pointer mutuellement du doigt et, au final, la question passait à la trappe parce qu’elle était la plupart du temps complètement secondaire. Que la musique ait pu contribuer à la défaite de Luke était d’ailleurs peu probable. Avec leur haute expertise dans les jeux vidéo, il aurait fallu davantage pour arriver à les déconcentrer. Si le problème était réel, il émanait d’une autre source et celle-là, Harry l’ignorait parce qu’elle résidait dans la tête de son ami qui, pour une obscure raison, avait l’esprit ailleurs. Il ne regarda même pas si Eliott l’avait accusé en retour, peu lui importait, seul son dessin comptait alors que Luke abandonnait la partie et venait s’installer près d’eux. Vous parliez de quoi ? Pour toute réponse, Harry tourna sa planche pour faire découvrir au râleur son œuvre : si l’esquisse démontrait l’habitude de celui qui sait dessiner, les quelques éléments ajoutés – des petits éclairs à la manga et une bulle pleine de symboles traduisant des insultes intraduisibles – se moquaient sciemment du spectacle que Luke venait d’offrir. Sur la feuille, il ressemblait à l’un de ces petits bonhommes japonais aux réactions disproportionnées. Derrière son tableau fidèle, Harry souriait de toutes ses dents. « Je confiais à Eliott que j’entendais porter prochainement plainte contre le mauvais perdant qui abime nos installations » ironisa-t-il en arrachant la feuille de son carnet. Il s’appliqua à en replier les bords pour faire un avion en papier et le lança en direction de son ami. « Y a un truc qui te tracasse pour que tu en veuilles autant à notre bon vieux flipper ? »

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Eliott Green

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MessageSujet: Re: paper aeroplanes (eliott, harry)   Lun 26 Oct - 21:20

Plus que jamais, l’Arcadian était un repère, une grotte reculée où la vraie vie ne viendrait jamais lui chercher des noises. Depuis sa rupture avec Ginger, Eliott y passait la quasi-totalité de son temps libre, ce qui s’avérait conséquent. Le matin, avant de partir au laboratoire pour une longue journée penché sur un microscope, il ouvrait l’Arcadian et s’offrait quelques parties. Le soir ? Eh bien, il y faisait un saut pour manger les restes de la journée et s’éviter ainsi un casse-tête sanglant en cuisine et fermait la boutique. Il se sentait tellement mieux ici que dans son propre appartement que Zelda hantait aussi souvent les lieux et officiait dorénavant comme mascotte. Tant et si bien qu’un hipster avait horrifié Eliott en demandant s’ils allaient bientôt mettre de nombreux chats à disposition comme dans ces cafés asiatiques. N’importe quoi, et le bien-être animal, d’abord ? Et puis, voir Zelda se frotter à des jambes inconnues au lieu de lui être fidèle le rendait déjà bien assez malade. Il devait vraiment avoir une gueule de con, ou de cocu, pour que même son chat, sa princesse, puisse lui préférer le premier mollet venu. Peu importe, l’Arcadian était sa base de super-héros : tous les souvenirs ici étaient rattachés à ses meilleurs amis et lui-même au lieu d’un couple déchu et c’était juste agréable, d’y errer, d’y traîner, d’y jouer ou d’y geindre. Le matin, c’était leur moment. L’Arcadian n’était ouvert que pour eux, les premières pâtisseries venaient juste de leur être livrées et tout était parfaitement réuni pour bien débuter la journée. Bon, d’accord, parfois la mélodie du bonheur était entachée des glapissements acharnés d’un Luke rageur mais à force, on s’habituait même à cette bande-son. Assis en tailleur, ses converses pourries sur le canapé, Eliott survolait un dossier d’analyses insolite sur lequel il allait travailler dans la journée. Concentré, il n’entendait ni les Eagles, ni les sons bruyants du flipper : seuls ceux de Luke parvenaient à dépasser sa barrière mentale parce qu’il avait un traitement particulier des données, pour ses amis. Envers et contre tout, ils resteraient toujours sur la ligne prioritaire. Aussi, lorsqu’Harry jusqu’alors plongé dans son dessin fit un commentaire sur le dernier larron en foire, il releva sa tête de lutin dans sa direction et répondit, pince-sans-rire, comme s’il venait de résoudre une équation particulièrement compliquée. « Jenny est au régime, c’est forcément le manque de sucre. Ca rend mauvais, c’est scientifiquement prouvé. » Jenny ? Oh, Jennifer Donovan, qu’ils connaissaient tous deux depuis si longtemps qu’elle était presque une seconde mère. Et malgré une silhouette qu’il n’oserait jamais qualifier de MILF, Jenny passait sa vie au régime. Elle suivait toutes les dernières tendances hollywoodiennes, le régime vert, le rouge, le protéiné, le cru au gré de ses lubies tant et si bien que le pauvre Luke subissait des aléas alimentaires particulièrement compliqués. Il ne fallait pas chercher plus loin : le sucre rendait dépendant et leur ami avait dû prendre un petit déj à base de chou et de betteraves, faut pas s’étonner, après. Bien entendu, sa mauvaise foi de mauvais joueur lui fit accuser la musique et au lieu de pointer Harry du doigt, Eliott montra plutôt les onomatopées bougonnes qui virevoltaient autour de la tête crayonnée de leur ami, tellement vraies. Un sourire amusé aux lèvres pour seuls mots, il poussa de lui-même les jambes d’Harry pour laisser à Luke le plaisir de les rejoindre sur le canapé défoncé… avant de réaliser que le geek en préférait un autre. Tant pis. Eliott les laissa débuter la conversation, juste le temps de terminer sa page et de refermer la pochette contenant ses recherches. Bien qu’il eut l’air à l’ouest, il écoutait, tranquille, et choisit le meilleur moment pour intervenir concernant les hypothétiques tracas de son ami. Tel un scientifique, il avait une hypothèse et s’apprêtait à la démontrer : « C’est Arya qui te tracasse ? » Eliott, ou l’art de mettre les deux pieds dans le plat. Mais à vrai dire, des trois il était le moins gâté par la génétique et paradoxalement le seul à avoir connu une vraie relation, du genre d’adulte, ancrée dans la durée, avec un appartement commun et des envies de mariage et d’appart. Du moins de son côté, bien sûr, on ne peut pas dire que Ginger partageait les mêmes… Et ce qu’il avait vécu, il souhaitait ardemment que ses compagnons de fortune le découvre aussi et de préférence autrement qu’en vivant tous les trois avec des enfants adoptés, ce qui risquait de devenir réalité vu le désert affectif au sein duquel ils pataugeaient. « Faut pas te faire de bile, elle t’a embrassé. EM-BRA-SSE, c’est déjà gagné. Tu l’aimes bien en plus, non ? » ajouta-t-il, faussement interrogateur. Bien sûr qu’il l’aimait bien. Eliott n’avait jamais entendu Luke gazouiller à propos d’une fille, avant elle. Et pour une fois, évoquer une fille qui ne soit pas une ex (Ginger) ou une nana trop compliquée (Lizzie), c’était agréable. Surtout si cette fois, la fin de l’histoire était un Luke heureux et non pas un énième rendez-vous manqué.

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Luke Donovan
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MessageSujet: Re: paper aeroplanes (eliott, harry)   Mer 11 Nov - 17:38

Lorsqu’il était anxieux, Luke savait être une véritable boule de nerfs. Tout l’agaçait, rien n’était sa faute lorsqu’il y avait un pet de travers, toujours celle des autres. Comme ici, en l’occurrence, où il pointait déjà du doigt ses amis pour quelque chose qu’ils n’avaient pas fait. Il savait que c’était lui-même qui avait pris la liberté d’allumer le jukebox en arrivant pour mettre un fond d’ambiance durant cette énième retrouvaille dans leur antre plus si secret que ça puisque l’Arcadian connaissait des records en matière de fréquentation de la population Fairviewenne. Ce qui ne pouvait que les réjouir ! En se lançant dans cette drôle d’aventure, aucun des trois hommes n’aurait pu imaginer un tel engouement de la part des adolescents (et pas que) de la ville pour leur magasin d’arcades ! Mais pour le moment, l’Arcadian n’était pas encore ouvert au public. Le trio s’offrait le plaisir, très tôt le matin, de profiter du local et discuter en tête à tête des nouveautés (très rares) dans leur petite vie de geek. Pendant qu’il s’énervait derrière son flipper, Luke avait entendu des bribes de conversation sans réussir à comprendre de quoi il s’agissait réellement. Harry fut le premier à réagir, lui montrant fièrement le dessin en style manga qui le représentait exagérément énervé derrière la machine.  Luke enviait tellement le talent de son ami pour le dessin mais aussi tout ce pour quoi il était doué, autrement dit à peu près tout. « Je confiais à Eliott que j’entendais porter prochainement plainte contre le mauvais perdant qui abime nos installations » Luke arbora aussitôt une mine renfrognée, conscient qu’Harry n’avait pas entièrement tort. Leur matériel coûtait une blinde et il allait finir par leur faire perdre énormément d’argent s’il n’arrivait pas plus souvent à contenir sa frustration plutôt que de la rejeter sur leur flipper… « Jenny est au régime, c’est forcément le manque de sucre. Ca rend mauvais, c’est scientifiquement prouvé. » Qu’est-ce qu’Eliott sous-entendait, là ? Qu’il suivait le même régime que sa mère, c’était ça ? « Je te signale que je suis suffisamment grand pour me préparer moi-même mes petits déjeuners. Et ça doit faire quasiment deux semaines que ma mère ne débarque pas à mon appartement avec des sacs remplis de Tupperware pour pallier à mon incapacité à cuisiner des plats sains ! » Lâcha-t-il avec évidence. Luke ne toucherait certainement pas à la bouffe infecte de sa mère, surtout lui qui vivait presque que pour le sucre. Comme si Eliott n’était pas au courant de son péché mignon du matin, à savoir son sandwich mythique à double étage, pâte à tartiner et beurre de cacahuète avec un grand bol de lait et des Golden Grahams à la pomme. Mélange surprenant mais le même depuis ses dix ans. « Y a un truc qui te tracasse pour que tu en veuilles autant à notre bon vieux flipper ? »  Luke haussa naturellement des épaules, comme s’il n’avait aucun problème. Alors que si, il en avait un, et un gros ! Il ouvrit d’ailleurs la bouche pour répondre mais aucun son n’en ressortit, sa tête n’ayant même pas la moindre idée de la manière dont il devait formuler ce qui le tracassait. « C’est Arya qui te tracasse ? » Le geek fit un bond à l’entente de ce prénom. Il ne pouvait pas y aller molo, le préparer avant d’évoquer cette chose sérieuse qui le faisait complètement perdre son sang froid. « Faut pas te faire de bile, elle t’a embrassé. EM-BRA-SSE, c’est déjà gagné. Tu l’aimes bien en plus, non ? » Hého, c’était pas non plus la peine de le crier sur tous les toits ! Se rendait-il compte à quel point c’était embarrassant pour lui de parler d’amour, même avec ses deux meilleurs amis ? Il rougissait comme une adolescente, c’était même carrément la honte d’avoir ce genre de réactions devant les personnes qui le connaissaient mieux que personne… mais dès qu’il s’agissait d’Arya, Luke ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. « Shhhhhh ! » S’exclama-t-il en faisant des mouvements amples avec ses bras pour l’inviter à en parler moins fort, alors que personne d’autre ne pouvait les entendre.  « Ca se voit que t’es pas à ma place ! Elle s’est carrément enfuie après, EN-FUIE ! » Continua-t-il en imitant Eliott qui insistait précédemment sur le mot « embrasser ». « Je suis censée l’interpréter comment, moi ?!!! » Et voilà, il recommençait à paniquer. Arya l’avait complètement laissé en plan en lui sortant une excuse bidon que même lui avait sentie foireuse dans un état totalement second. Les filles, c’était vraiment trop compliquée, vraiment trop. « Je suis sûre qu’elle a pas aimé, ça devait être super nul pour qu’elle veuille partir aussi vite, j’vois pas d’autres scénarios possibles… » Certains mots se retrouvaient déformés à cause de son pouce dont il mordait toujours la peau près des ongles, un goût de sang ne tardant pas à titiller le bout de sa langue. « Mais c’est pas ma faute quoi, j’y peux rien si c’était mon premier vrai baiser !!! J’allais pas m’entrainer sur vous, y a des limites à pas dépasser hein, z’êtes pas d’accord ?!! » Il imaginait déjà la scène dans sa tête et ça le répugna. Il adorait ses meilleurs amis mais, honnêtement, il ne se voyait vraiment pas s’entrainer à savoir embrasser décemment pour ne pas se taper la honte devant Arya ! Si elle l’avait prévenu, peut-être qu’il aurait pu se préparer en conséquence… Il aurait prit son oreiller la veille au soir pour pratiquer, c’était déjà mieux que rien. « Elle va plus jamais vouloir me voir, c’est foutu… » Pour répondre à la question d’Eliott, oui il l’aimait bien. Il l’aimait même beaucoup, en fait, sinon il n'angoisserait pas autant.

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Harry Abernathy

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MessageSujet: Re: paper aeroplanes (eliott, harry)   Mer 6 Avr - 22:12

À force, il devait y avoir des boules de papiers dans certains coins. Comme il n’aimait pas jeter ses dessins, il avait plutôt tendance à les abandonner ici et là. Que leur sort soit aussi peu enviable qu’au fond d’une poubelle ne lui effleurait même pas l’esprit, du moment qu’il n’était pas celui qui jetait les croquis. Il n’y avait qu’à voir le grenier de sa maison : si autrefois c’étaient les bibelots anciens et familiaux qui en hantaient les charpentes, il croulait à présent sous des cartons pleins de feuilles usées et écornées qui auraient presque pu représenter la fresque de l’évolution du garçon puis de l’adolescent et enfin de l’homme qu’il était devenu. Il lui arrivait parfois de retomber sur une relique et, invariablement, il pouvait situer le moment et l’endroit où il l’avait fait. Où irait se perdre l’avion en papier qu’il venait d’envoyer à son ami ? Qu’importe. Il ressurgirait peut-être dans quelques mois, ou quelqu’un l’emporterait discrètement pour en faire ce que bon lui semblait. À la remarque d’Eliott, Harry émit un rire narquois et hocha la tête en se grattant la tempe avec l’extrémité de son crayon. « Qu’est-ce que tu attends pour nous faire goûter, alors ? » s’enquit Harry. Il ne disait jamais non à un bon petit plat mais il doutait que le jeune Donovan soit aussi doué devant les fourneaux que les jeux vidéo. Il se bougea légèrement puis s’enfonça plus profondément dans le canapé, non sans jeter un coup d’œil inquisiteur à Luke. Le sourcil haussé, il jaugeait la réaction du jeune homme. Il lança un regard en coin à Eliott et entreprit de se lancer dans une nouvelle illustration. Bien qu’il décèle la tension chez Luke, il n’absorbait pas celle-ci, laissant à son ami le loisir de se défouler comme il l’entendait. Après tout, s’il ne pouvait pas le faire ici, où pouvait-il laisser éclater ses pulsions, quelle qu’en soit l’origine ? La réaction ne se fit pas attendre et Harry écouta le sifflement paniqué du jeune homme sans quitter sa feuille des yeux. Il ne redressa la tête, reportant son attention sur Luke, que lorsqu’il évoqua la fuite de la jeune femme après le fameux baiser. Un sourire naquit sur ses lèvres alors qu’il observait la mine effarée de Luke. « Ou elle a eu une bonne raison pour réagir comme ça, suggéra Harry d’un air pragmatique. Et tu ne le découvriras que si tu vas la voir pour mettre les choses à plat » D’où était-il subitement devenu un expert en la matière ? En réalité, il était toujours beaucoup plus simple de conseiller les autres que de suivre ses propres conseils et Harry en avait parfaitement conscience. N’aurait-il pas dû lui-même, depuis une éternité, mettre les choses au clair avec Lizzie ? Au lieu de stagner comme il le faisait ? Mais en un sens, l’incertitude, bien qu’inconfortable, était préférable au rejet total auquel il s’attendait s’il posait un ultimatum à la jeune femme. Il était à peu près certain qu’il sortirait perdant et comment imaginer le contraire quand, finalement, ils se connaissaient si peu ? Non, vraiment, il était le dernier à pouvoir aviser son ami d’agir dans un sens ou dans l’autre. Mais Eliott était-il plus à même de lui prodiguer les précieux conseils ? Un coup d’œil en direction de ce dernier conforta Harry dans l’idée qu’ils étaient décidément des cas désespérés. La preuve avec cette conversation plus que bancale et particulièrement gênante pour celui qui était sur la sellette. « Complètement d’accord » laissa échapper Harry, un sourire dans la voix en chassant les prémisses d’une telle idée de son imagination fertile. Il n’avait aucune envie de se figurer en train d’embrasser l’un ou l’autre de ses amis. « Mais tu réalises qu’il y a d’autres filles autour de toi, n’est-ce pas ? » Non pas qu’il veuille le pousser à aller s’entrainer ailleurs tout à coup. D’ailleurs, en pensant à Kitty, il se dit qu’il n’avait pas envie d’aiguiller qui que ce soit dans sa direction. Mais Arya n’était pas la seule femme de Fairview, Luke s’en rendait-il compte ? Par contre, elle semblait la plus apte à le mettre dans tous ses états et ça devait bien signifier quelque chose. « Peut-être que tu devrais lui avouer que c’était la première fois. Elle trouverait peut-être ça mignon… » Il n’eut même pas le temps de terminer sa phrase que, déjà, il sentait l’inflexion qui trahissait le fait que, même lui, n’y croyait pas vraiment. Mais d’un autre côté, il ne connaissait pas Arya, il ne pouvait donc pas tabler sur les raisons qui pouvaient l’avoir poussée à prendre ses jambes à son cou après le baiser. « Allez, sois pas si pessimiste. Je suis certain qu’elle aura une explication raisonnable, assura-t-il en tapotant son crayon contre sa feuille. Et si ça n’est pas le cas… c’est qu’elle ne te mérite pas » Pouvaient-ils être plus clichés qu’à cet instant, à discuter d’hypothétiques râteaux en tentant de se rassurer l’un l’autre ? Mais n’était-ce pas le propre de l’amitié, de se montrer sûr de soi, même quand on ne l’était pas ? « On pourrait aussi interroger une fille, je ne suis pas convaincu qu’on soit les plus aptes à analyser ce genre de situation » À nouveau, une légère ironie suinta de sa suggestion et il revint à son dessin, entreprenant l’éternel portrait de Lizzie d’un air distrait.

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