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 send my condolences to good. (adrian)

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Daphne Meadow

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MessageSujet: send my condolences to good. (adrian)   Mar 9 Juin - 0:08

send my condolences to good.



« Daphne, j’ai une mission pour toi. » Daphne, elle te dit merde. manque-t-elle de peu de lui répondre. A quoi joue-t-il exactement ? Quelle idée farfelue a-t-il encore derrière la tête ? La bouche close, le visage inexpressif, la jeune femme s’avance près de Paul attendant la mission qu’il semble tant tenir à lui donner. Ca l’agace. Parce que c’est encore pour sa pomme, c’est toujours pour sa pomme. Elle ne peut le lui reprocher quand il a été particulièrement patient à ses débuts mais Daphne n’en peut plus d’être celle qu’il balance à ses clients aux envies les plus sordides. Elle se fatigue à s’empêcher de vomir devant certaines des demandes et n’en peut plus de devoir maquiller les bleus sur ses bras – qu’ils viennent des clients, ou de Paul d’ailleurs. Mais elle n’a pas le choix. Il y a bien longtemps qu’elle n’a plus le choix. « Les Goodheart, tu vois qui c’est ? » balance-t-il, sur un ton agressif sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle hoche la tête, toujours silencieuse. Le silence est d’or, elle ne le sait que trop. Un mot de trop, et il peut s’énerver, décider de la faire travailler sans payer, la frapper, lui donner les pires clients ou pire… la priver de son seul refuge : la cocaïne. « J’ai besoin que tu travailles le plus jeune des deux au corps. » Daphne acquiesça, attendant la suite de son explication. « Pas besoin que tu connaisses mes raisons, et il serait facile de faire replonger l’ainé dans son addiction pour le sexe, mais c’est trop facile pour toi. Je te donne un job à hauteur, séduire le petit frère, pour mieux lui briser le cœur par la suite. » Agacée, la jeune femme força un sourire, faisant mine de prendre ses dires pour un compliment. Inutile de demander ce qu’il avait en tête, il n’en dirait pas plus, c’était évident. « Tu peux me parler de lui ? » demanda-t-elle, le ton assuré, ouvrant la bouche pour la première fois depuis qu’elle se trouvait dans la même pièce que lui. « J’ai sa photo. Rien de plus. » Elle acquiesça, attendant qu’il ne daigne la lui montrer. Le cœur lourd, la jeune femme pria tout ce qu’elle pouvait pour que l’individu soit l’un de ses individus au cœur de pierre, que rien n’atteignait. Ces invidivus-là, même s’ils s’éprenaient d’elle, elle n’aurait que peu de scrupule à laisser son métier prendre le dessus sur sa morale. Mais s’il était gentil… « Ne me regarde pas comme, Daphne. » Forçant un sourire, elle passa une main lasse sur son visage et s’excusa, comme elle en avait tant l’habitude. « Désolée, j’essaie juste de me souvenir si je le connais déjà. » Attrapant avec force son menton, Paul releva la tête de la jeune femme avant de lui voler un baiser qui était tout sauf tendre. « Ne t’inquiète pas. Tu es si belle, personne ne te résistera. » Se mordant la langue pour éviter de mordre ses lèvres, la jeune femme sourit, et attendit qu’il ait fini de lui donner des ordres. Une demi-heure plus tard, elle reçut pour seule instruction de ne pas s’habiller en pute et d’essayer de retrouver Adrian au Whiskey Blue Bar, où il arrivait généralement aux alentours de vingt et une heures. Soit trente minutes plus tôt… Repassant se changer chez elle en vitesse, Daphne se démaquilla avant de se maquiller à nouveau, plus naturellement cette fois-ci et enfila un jean et une chemise à carreaux avant de se rendre au Whiskey Blue Bar, reconnaissant de ne pas croiser Devon sur son chemin. Elle n’avait pas spécialement envie de lui parler de sa nouvelle mission qui ne l’enchantait guère… Une fois arrivée sur les lieux, Daphne ne mit pas bien longtemps à apercevoir sa cible de la soirée, et s’offrit une demi-heure pour essayer d’appréhender sa personnalité. Elle commanda une bière au bar, et s’installa dans un coin, le visage volontairement fermé pour qu’on évite de la déranger. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour comprendre que cet Adrien n’était pas le salaud qu’elle avait tant espérer qu’elle soit. Enervée de se retrouver coincée dans ce genre de position, elle avala sa bière d’une traite avant de disparaître dans les toilettes quelques instants. Elle avait juste besoin de se détendre un peu. Une fois assurée qu’il n’y avait personne, elle massa ses gencives d’une quantité minime de poudre blanche, simplement de quoi pouvoir vivre avec elle-même un soir de plus. Cependant, comme si Paul avait tout manigancé, elle tomba nez à nez avec Adrien en sortant des toilettes, le bousculant légèrement, d’une telle façon qu’elle renversa une partie de sa boisson sur lui. Ne perdant pas une seconde, le visage de Daphne se transforma en celui d’une jeune femme terriblement gênée. «  Oh merde…. J’veux dire, enfin, pardon. Je suis terriblement désolée.» Le regard faussement perdu, le sourire gêné, Daphne fit mine de chercher un mouchoir dans son sac pour le sécher. « Je vais vous aider à réparer ça. Vous... vous n’avez qu’à enlever votre chemise, je vais aller la sécher dans les toilettes. » Enchaina-t-elle, sur un ton paniqué, comme si elle ne se rendait absolument pas compte de ses propos. Quel jeu d’actrice. Ne pouvait-il pas simplement lui proposer de l’accompagner qu’il en finisse ? Daphne était bien plus douée pour donner du plaisir que de briser des cœurs – du moins, se plaisait-elle à le croire.


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Adrian Goodhart

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MessageSujet: Re: send my condolences to good. (adrian)   Lun 15 Juin - 21:43

« Héééé, Goodhart ». Le barman y avait mis du cœur, c’était indéniable, mais l’accueil n’extorqua qu’un maigre sourire au jeune homme quand celui-ci s’approcha du comptoir. Fourbu, c’était surtout son palpitant qui semblait au bord de l’implosion et c’est avec une profonde lassitude qu’il se hissa sur un tabouret et laissa retomber sa tête sur ses bras croisés. L’employé lui tapota amicalement la tête et s’enquit de ce qu’il voulait boire. Pendant quelques secondes, Adrian ne répondit pas mais comme il pouvait sentir le regard de son comparse sur lui, il releva lentement la tête pour détailler l’étagère où les bouteilles étaient soigneusement rangées, juste derrière le barman. « J’aimerais…, inspira-t-il longuement en lisant chaque étiquette avant de s’arrêter sur l’une d’entre elles. Ça » Son interlocuteur émit un sifflement éloquent mais obéit, attrapant le liquide incolore qu’il versa dans un verre. Il connaissait Adrian et les habitudes de ce dernier. Si le jeune homme paraissait souvent timide et taiseux, il y avait toujours un soir où il se laissait aller et ce soir-là, c’était généralement impressionnant. Le geste du jeune propriétaire fut bref mais efficace et il hocha la tête pour inviter l’autre à le resservir. « Dure journée ? » supposa ce dernier en s’exécutant. « Tu n’as pas idée » marmonna Adrian en regardant le liquide remplir le verre… puis disparaitre presque aussitôt. « Encore ». À ce rythme-là, il serait rapidement mort plein mais il n’aspirait qu’à cela. Oublier. S’oublier. L’oublier. Sa dernière confrontation avec Noah l’avait achevé et croiser Molly ne l’avait pas aidé à remonter la pente. Au contraire, il n’espérait qu’une chose : rouler au fond du gouffre pour ne plus jamais en sortir.  Son regard se troubla mais il ne sut si c’était l’alcool ou la nostalgie qui cherchait encore à le noyer. Il regarda distraitement la main salvatrice qui remplissait à nouveau son verre et quand celle-ci fit mine de s’éloigner, Adrian lui saisit le poignet. « Laisse-la, s’il te plait ». Il acquiesça vaguement aux recommandations de son allié de la soirée. Il connaissait ses limites, qu’il ne s’inquiète pas. S’il cherchait un repos bien mérité, ça ne signifiait pas pour autant qu’il désirait sombrer dans un coma éthylique. Quoique… l’idée n’était pas si repoussante, ce soir. Disparaitre, ne plus avoir à penser, ne plus avoir à se lever le lendemain, quelle douce chimère. Son corps n’attendait que ça et son esprit encore plus. Car si ses muscles tenaient la route, Adrian commençait à douter que son courage tienne la distance. Plus maintenant qu’elle lui était revenue… Mais non ! Elle ne lui était pas revenue, elle avait épousé Noah, elle n’était plus sienne. Mais l’avait-elle seulement été ? Auraient-ils pu un jour vivre quelque chose de réel ou leur amour devait-il se borner à l’innocence des premiers émois ? Pour Adrian, ces jours-là semblaient si proches et si lointains à la fois qu’il craignait parfois que la folie le guettait. Elle cisaillait son cœur, attisait le feu qui persistait dans les tréfonds de son âme, mais ça s’arrêtait là. C’était interne, comme tous ses tourments et jamais il ne les laisserait s’échapper. Il n’y avait que l’alcool pour s’insinuer dans les brèches pour exposer son palpitant perforé. À chaque fois qu’il buvait trop, c’était pareil, c’était comme s’il saignait de l’intérieur, comme si le chagrin s’écoulait par tous les trous et à la fin, il ne restait plus grand-chose. Même pas assez d’équilibre pour retrouver son lit, à l’exploitation. La dernière fois qu’il s’était noyé dans la mélancolie, il avait fini dans la chambre de Ksenia. À ce souvenir, Adrian ferma les yeux et soupira douloureusement. Sa vie reprendrait-elle seulement un jour sens ou était-il voué à voguer au gré des décisions des autres, sans savoir ce qu’il voulait réellement ? C’était de la lâcheté, finalement, parce qu’il pouvait blâmer le reste du monde pour son manque de bravoure et il était plus facile de détester Noah pour avoir réussi là où il avait échoué, mais ça n’apaisait en rien son mal-être. Et ce soir n’y parviendrait pas plus, il le savait. Ça ne l’empêcherait pas pour autant de sombrer dans ce travers, le seul qu’il connaissait parfaitement, le seul pour lequel il se sentait de taille. « Ça va toujours, mon pote ? » demanda la voix du barman, perçant la brume de son esprit. Pour toute réponse, Adrian acquiesça et quand il sentit son estomac se retourner, il délaissa sa place et se dirigea vers les toilettes d’un pas chancelant. Heureusement pour lui, il se déplaçait avec l’assurance de celui qui connait les lieux par cœur et lorsqu’il parvint devant la porte des toilettes, il la poussa un peu trop vivement, heurtant la personne qui sortait à ce moment-là. La sensation d’humidité traversa le tissu mais s’il baissa les yeux sur sa chemise, c’était plus par surprise que pour constater les dégâts. Les mots de la jeune femme lui parvinrent à travers le voile d’ébriété et il plissa légèrement les paupières pour focaliser son attention sur elle mais même en se concentrant bien, il la voyait double. Je vais vous aider à réparer ça. Vous... vous n’avez qu’à enlever votre chemise, je vais aller la sécher dans les toilettes. Secouant la tête d’un air qui pouvait paraitre contrarié pour quelqu’un qui n’avait pas vu la quantité d’alcool qu’il venait d’ingurgiter, Adrian déclina sa proposition et balbutia : « N—non, ça ira… Il faut juste que je— » Sa voix mourut sur ses lèvres et il dut se précipiter dans la petite pièce pour ne pas déverser le contenu de son estomac sur le carrelage étincelant. Il eut juste le temps de pousser la première porte ouverte et de se laisser tomber à genoux quand les hauts-le-cœur le reprirent. Prostré sur la cuvette, Adrian vécut un moment pénible mais ça n’était jamais aussi douloureux que de voir le visage de Molly danser devant ses yeux. Quand, finalement, les vomissements  cessèrent, Adrian se laissa lourdement retomber contre le mur, les tempes suintantes et la respiration altérée. Persuadé que la jeune femme s’était volatilisée dès qu’elle avait compris qu’il était malade, il fut surpris de la découvrir toujours là et, honteux d’être le point d’attraction d’un tel spectacle, il lui jeta un regard désolé et claqua la porte pour la libérer de cette vision pathétique. Et dire qu’il n’était même pas onze heures du soir.

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Daphne Meadow

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MessageSujet: Re: send my condolences to good. (adrian)   Dim 12 Juil - 13:21

Dans ces moments-là, ceux où travailler devenaient trop difficile même pour le cœur bien rodé de Daphne, elle savait ce qu’elle devait faire. Il lui fallait généralement un peu de concentration mais elle finissait toujours par réussir à le faire. L’idée était de fermer son cœur, de ne plus laisser aucune de ses émotions la traversait pour être plus forte et ne pas céder sous le poids du dégoût, ou de la tristesse. En l’occurrence, ce serait tout simplement pour pouvoir vivre avec elle-même que la jeune femme tenait tant à fermer son cœur. Le jeune homme ne semblait pas être de ceux qui méritent qu’une vengeance, quelle qu’elle soit, s’abatte sur eux. Elle se trompait peut être, et ne demandait d’ailleurs qu’à se tromper – si c’était un connard, cela la motiverait probablement à mettre plus de cœur à l’ouvrage, et à obtenir ce que Paul attendait d’elle. Mais là, elle en serait tout simplement incapable, sauf à ce qu’elle accepte de se transformer en monstre. Pour l’heure, rien ne l’empêchait de commencer doucement, et c’était bien ce que l’ancienne fée avait l’intention de faire. Cependant, le jeune homme s’échappa rapidement à sa compagnie, et Daphne y vit une occasion de décaler le début de sa mission. Après tout, il suffirait qu’elle prétexte ne pas l’avoir vu après qu’il ait disparu dans les toilettes. Elle se préparerait psychologiquement, et sa mission se déroulerait pour le mieux. Manque de chance, cependant, Daphne eut à peine tourner les talons qu’elle se retrouva nez à nez avec l’un des sbires de son mac. Il n’eut pas besoin de dire quoique ce soit pour qu’elle devine la raison de sa présence. « Bouge. » lui cracha-t-elle à la figure, sachant pertinemment qu’elle devait se trouver une excuse pour avoir tourner les talons devant Adrian plutôt que de le poursuivre dans les toilettes. Le malabar ne bougea pas d’un poil et la jeune femme dut lui donner un coup d’épaule pour lui montrer qu’elle ne changerait pas d’avis. « Bouge, je te dis. » Il accepta enfin de se décaler et Daphne se dirigea naturellement vers le bar comme si cela avait toujours été sa première intention. Elle poussa un profond soupir et demanda un grand verre d’eau et des serviettes au barman, décidant par la même occasion que l’opération séduction commencerait plus tard. Pour l’heure, il s’agissait plutôt d’aider sa future victime. Une partie de la prostituée ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’elle finirait par trouver un moyen de convaincre Paul de changer d’avis. C’était peine perdue, pourtant. Les choses étaient ainsi, et rien n’y changerait. Prenant sur elle pour ne pas jeter un coup d’œil aux personnes se trouvant dans le bar (ce qui aurait été le meilleur moyen de savoir si Paul avait mis plusieurs personnes à sa suite), Daphne se dirigea d’un pas déterminé vers les toilettes pour homme, elle arriva apparemment pile au bon moment – il venait de finir ce qu’il avait à faire. « Ca va mieux ? » demanda-t-elle, un sourire bienveillant – et sincère – sur le visage. Pour toute réponse, Adrian lui jeta un regard désolé avant de fermer la porte. Levant d’un air amusé les yeux au ciel, Daphne frappa doucement à la porte avant de l’ouvrir et lui tendit la serviette. « J’ai vu pire. Et j’ai été dans de pires états. » dit-elle, tentant d’être rassurante avant de s’asseoir dans le mur adjacent au sien. Elle attendit qu’il s’essuie les lèvres avant de lui tendre le verre d’eau, compatissante. « Tiens, ça ira mieux après ça. » Elle l’observa, se demandant bien ce qui avait pu le pousser à boire autant, alors qu’il était seul, aussi tôt dans la soirée. Elle hésita cependant à l’interroger ; cela serait sûrement s’immiscer trop rapidement dans sa vie, et il pourrait prendre cela pour de la curiosité mal placée. C’était avant tout un moyen de lancer la conversation en réalité. « Tu as mangé quelque chose ce soir ? » finit-elle par demander au bout de quelques secondes, décidant que c’était une question un peu moins intrusive que la première qu’elle avait en tête. Il serait toujours grand temps d’aborder des questions plus personnelles au fil de leurs rencontres – ou de la soirée, même si Daphne n’était pas certaine qu’elle aille très loin. Une chose était certaine, cependant : que celui-ci lui réponde par la négative ou la positive, la jeune femme ne se laisserait pas repartir sans qu’il ait mangé quelque chose. D’ailleurs, elle ne le laisserait pas repartir tout court, et le ramènerait chez lui. Il n’était absolument pas en état de conduire, et Daphne avait intérêt à bien s’occuper de lui, si elle voulait contrebalancer un minimum tout le mal qu’elle lui ferait si elle parvenait à mener à bien la cruelle tâche que lui avait assigné Paul. Posant une main compatissante sur le genou du jeune homme, la jeune femme observa avec attention son visage, se demandait quel était réellement l’homme qui se trouvait derrière ce qu’elle savait de lui, à savoir : son prénom. Une part d’elle était réellement fascinée par cet homme. Parce qu’elle se demandait comment il pouvait être si discret quand sa famille était partout. Son frère, surtout, mais cela amenait à se poser des questions. Daphne s’était toujours dit que dans une famille, tout le monde était sensé être à peu près les mêmes, ou du moins, partager les mêmes valeurs. Et puis, la vérité avait éclaté sur la sienne, et elle avait compris : un individu ne se devinait pas par la famille qu’il avait. Il était un être à part entière et si sa famille avait déterminé ce qu’il était, ce n’était pas forcément comme l’on pourrait attendre. Daphne, elle, n’aimait pas particulièrement ce que représentait Noah Goodheart, et sa façon de se comporter. Elle le détestait même puisqu’apparemment c’était de sa faute si elle se retrouvait aujourd’hui à devoir s’emparer du cœur d’un jeune homme tout à fait innocent – du moins, en avait-il l’air, même si les apparences pouvaient se révéler trompeuses – pour mieux pouvoir le piétiner par la suite. Mais c'était pour elle, que Daphne voulait découvrir qui il était. Parce qu'il lui inspirait confiance, malgré sa posture là sur le sol, le front perlant, et l'odeur de vomi nauséabonde embaumant l'espace. Elle se redressa, tira la chasse d'eau pour que l'odeur disparaisse plus rapidement, et attendit qu'il prenne la parole. Ou en tout cas, que son estomac se soit assez calmé pour qu'elle puisse le déposer chez lui.

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Adrian Goodhart

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MessageSujet: Re: send my condolences to good. (adrian)   Lun 3 Aoû - 12:02

Un long soupir lui échappa tandis qu’il fixait la cloison en plastique qui le séparait de la toilette voisine. Pourquoi se mettait-il dans cet état ? Cela ne lui apporterait rien. La douleur était peut-être endormie ou transformée en malaise physique mais ça ne signifiait pas qu’elle avait disparu. Elle reviendrait, il le savait. Toujours plus forte, toujours plus cruelle, pour le clouer au sol et lui donner envie de mourir. Mais là c’était le froid qui lui glissait sur la peau. Son dos collé au mur carrelé, il sentait la température du mur altérer la sienne, percer sa chemise, lui donner des frissons épouvantables. C’était sa nausée qui provoquait cette chaire de poule, il le savait. Il n’aurait pas dû boire mais ça, il le savait aussi, et avant même d’avoir avalé la première goutte d’alcool, d’ailleurs. Il n’avait pas pu s’en empêcher. Parce que cela lui donnait l’illusion, voilà tout. L’illusion d’avoir traversé ce qui n’était qu’un cauchemar, une déformation, une dimension alternative. L’illusion que tout ça n’était qu’un malentendu, qu’il n’y avait rien de réel. Si seulement. Mais Molly était bel et bien mariée à Noah et il avait épousé une parfaite étrangère sans opposer la moindre résistance. Par lâcheté ? Par soumission ? Par folie ? Adrian était incapable de le déterminer mais le fait était là. Il était paumé et il vomissait sa vie quotidienne comme il venait de le faire avec la boisson engloutie trop vite et en trop grande quantité. Le regard aussi vide que son cœur, il prit conscience de chaque fibre de son corps, de chaque vertèbre accolée au mur glacé, du sol dur sous ses jambes repliées, de son cœur qui pompait comme un malade, visiblement au bord de l’épuisement, de son estomac en feu, de sa gorge nouée, de son cerveau essoré. Chaque cellule semblait pleurer, même s’il avait les yeux secs, l’air absent, déconnecté de cette trop dure réalité. Des coups légers furent frappés à la porte et Adrian déglutit péniblement, assoiffé et desséché de l’intérieur. Il regarda à peine la demoiselle lorsqu’elle ouvrit la porte et reporta son attention sur le mur qui lui faisait face et qui, au moins, ne lui donnait pas l’impression de tanguer comme sur un bateau, lui qui n’était même jamais monté sur l’un d’eux. Il cligna des paupières, chercha à chasser la migraine qui lui martelait les tempes. En vain. Les yeux bleus délavés avisèrent la serviette et il la prit sans un mot, s’essuyant le visage, commençant par son front où la sueur perlait pour finir par ses lèvres souillées, ce qui raviva sa gêne d’être ce si triste spectacle. Mais la jeune femme ne semblait pas dégoûtée ou, si c’était le cas, le cachait bien. Adrian lui décocha d’ailleurs un coup d’œil incertain avant d’accepter le verre qu’elle lui tendait. La paroi lui sembla aussi glacée que le mur contre lequel il reposait mais il but. Il but longuement et jusqu’à la dernière goutte, sa pomme d’Adam dansant avec chaque goulée. Et quand il termina de se désaltérer, il ferma les yeux un instant, attendant que le vertige lui passe avant de rouvrir les paupières. « Merci… » souffla-t-il en se passant à nouveau la serviette sur le visage. Il n’était pas certain que le remède soit miraculeux mais que pouvait-il faire sinon attendre que le malaise passe avant de penser au moyen de rentrer chez lui ? Tu as mangé quelque chose ce soir ? Adrian fixa l’inconnue, réfléchit un instant, incapable de se souvenir de ce qu’il avait fabriqué entre le moment où il avait quitté la propriété et celui où il avait investi les lieux en quête de quoi le soulager. « Non, je ne crois pas. Je ne sais plus » confessa-t-il en frissonnant, ignorant si c’était toujours le mur ou l’attention qu’elle lui portait qui provoquait ce symptôme de mal-être. Le regard voilé d’Adrian se posa sur les doigts de la jeune femme et quand il le releva vers elle, c’est un voile douloureux qui lui fronça légèrement les sourcils, lui donnant un air désespéré. Elle tira la chasse et il détourna les yeux, le geste lui rappelant ce qui se trouvait au fond de la cuvette : son cœur arraché et sanguinolent, sa fierté piétinée et réduite à néant, ses espoirs émiettés et enterrés. Puis il attendit. Qu’elle abandonne, qu’elle se lève, qu’elle le laisse à sa dérive et retourne apprécier sa soirée plutôt que de rester là à l’observer. Il ne voulait pas de cette attention, il voulait juste disparaitre pour de bon. Mais la jeune femme était visiblement résolue à lui tenir compagnie et il comprit que pour retrouver sa solitude, il devrait écourter son exil dans les toilettes. « Merci pour votre gentillesse » marmonna-t-il en posant le verre et la serviette sur le sol, à côté de la toilette. Il bougea la jambe non seulement pour tenter de se relever mais surtout pour rompre ce contact incongru avec la main de l’inconnue. Il n’aimait pas particulièrement être touché, encore moins quand il était malade mais surtout pas quand il ignorait totalement la signification de ce geste. Il n’osa pas émettre une remarque, de peur qu’elle lui rie au nez en lui demandant comment il pouvait s’imaginer qu’elle cherchait quoi que ce soit avec un ivrogne qui venait de dégueuler. Mais pourquoi lui toucher la jambe sinon ? Un simple signe de compassion ? De ça non plus, il ne voulait pas. Parce qu’il était responsable de son état et de sa situation, quand bien même il détestait celle-ci. S’appuyant donc sur les parois de la cabine, il se redressa péniblement, les muscles endoloris par la froid, l’équilibre précaire et sortit de l’espace exigu, tentant vaguement de tenir droit tout en se dirigeant vers la sortie. Il poussa la porte d’un air incertain et faillit se heurter à une silhouette massive à laquelle il adressa une excuse inintelligible. Il n’était pas question qu’il provoque qui que ce soit, en plus. Puis il glissa plus qu’il ne marcha vers les portes principales du bar qu’il ouvrit avec un soupir pour retrouver l’air libre. Celui-ci ne lui fit aucun bien mais il n’aggrava pas son cas non plus et c’était tout ce qui comptait. L’air hagard, le jeune Goodhart chercha son camion du regard et se concentra sur celui-ci pour ne pas perdre pied. Arrivé à la portière du véhicule, cependant, il peina à trouver la clé adéquate et dans sa précipitation fébrile, lâcha le trousseau qui tomba avec un son métallique à ses pieds.

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Daphne Meadow

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MessageSujet: Re: send my condolences to good. (adrian)   Lun 11 Jan - 1:10

Daphne est lasse de cette méchanceté caractéristique du genre humain. Adrian ne donne pas l’impression d’avoir besoin qu’on l’enfonce, il est déjà à terre. Littéralement, mais il ne faut pas être fin psychologue pour se rendre compte que mentalement, c’est très probablement le cas également. Il souffre, c’est évident. Il ne peut que souffrir quand la quantité d’alcool est telle qu’elle en a retourné son estomac mais pourtant, elle n’imagine pas une seule seconde que cela soit mérité. De toute façon, dès que ça vient de lui, rien n’est jamais vraiment mérité. Son mac est la caricature de la méchanceté. Il est dénué de cœur, ne semble rien comprendre à la vie sinon lorsqu’on lui parle d’argent. D’ordinaire, Daphne le déteste. Et ce soir, plus encore. Elle n’a jamais demandé à être cette personne. Ce n’est pas même sa profession ! Certes, elle n’a jamais rêvé non plus de finir prostituée, mais ce job-là, au moins, elle l’a choisi. Cela n’a pas été aisé mais elle a appris à vivre avec, et si cela a de nombreuses conséquences néfastes sur sa vie personnelle et son état de santé, elle a su s’en accommoder. Ce qu’elle fait là, par contre, cela la dépasse. Elle n’est évidemment pas la personne la plus morale qu’il soit, mais elle n’est pas un monstre non plus. Et elle refuse de le devenir. Pourtant, elle a bien répondu présente à l’appel. Elle est bien là, à essayer de créer un lien aussi ténu soit-il avec Adrian Goodheart pour pouvoir mieux se rapprocher de lui par la suite. Dans quel but, elle l’ignore. Peut-être vaut-il mieux ne pas savoir, et en même temps… si elle pouvait subtilement lui donner des indices sur son véritable dessein… Mais Daphne, elle est tenue par les tripes. Elle n’a le luxe de dire « non », ni même de protester. Cela ne l’empêche pas de dire ce qu’elle pense, mais dans une moindre limite. Elle n’a que trop durement appris quand elle devait se faire. Et vis-à-vis d’Adrien, c’est parler, ce qu’elle doit faire. Alors elle se creuse la tête, et se montre plus envahissante qu’elle ne l’est normalement. S’il avait été un parfait inconnu, elle aurait proposé son aide et aurait passé son chemin sur un refus. Son aide, cette fois, elle l’a imposée et si Adrian semble avant tout avoir besoin d’une bonne nuit de sommeil, elle va le retenir. A contrecoeur, mais c’est ainsi. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne prendra pas soin de lui, mais… Elle soupire, se déteste puis se reconcentre. Il est inutile qu’elle s’apitoie sur son propre sort, puisqu’elle n’en est pas maître. La situation a déjà été retournée dans tous les sens : les solutions n’existent pas. Pas à ce stade, en tout cas. Plus tard. Daphne compte bien faire tout son possible pour s’extirper de cette situation. « Tu devrais peut-être manger quelque chose… » suggéra-t-elle, sincère mais y voyant également l’opportunité de lui imposer sa compagnie quelques minutes de plus, voire même une bonne demi-heure ! Le jeune homme semblait cependant ne pas être extrêmement fan de l’idée et il s’efforça de s’éloigner, puis de se relever. Daphne le laissa faire, vérifiant qu’il n’était pas sur le point de s’écrouler ou de vasciller, et se redressa alors en même temps que lui. Elle ne lui suivit pas, cependant. Cela commençait à être trop d’efforts pour sa volonté déjà trop absente. Elle attendit qu’il soit hors de son champ de vision pour recommencer à se maudit puis ramassa serviettes et verre au bar tout en commandant un shooter, pour se donner du courage – et annoncer à l’affreux commanditaire de cette entourloupe qu’elle aurait besoin de plus de temps. Elle regarda autour d’elle, cherchant Adrian du regard. Plus parce qu’elle ne souhaitait pas particulièrement qu’il retourne au bar que pour aller lui parler ; à être trop insistante, elle finirait sûrement par éveiller ses soupçons… Une fois le verre bu et réglé, elle sortit à son tour et décida de rentrer chez elle ; une soirée de repos ne lui ferait pas de mal et avec un peu de chance, elle pourrait en profiter pour se glisser dans le lit de Devon et passer le reste de la nuit à regarder des séries en sa compagnie ! Mais alors même qu’elle se demandait comment elle allait pouvoir être amené à retrouver Adrian par la suite tout en donnant un caractère fortuit à cette rencontre, elle aperçut le jeune homme entrain d’essayer d’ouvrir les portes d’un camion. N’hésitant pas une seule seconde, Daphne se dirigea vers lui, et arriva à son niveau lorsqu’il fit tomber le trousseau de clé. « Tu ne penses pas sérieusement prendre la route dans cet état, dis moi ? » demanda-t-elle, sincèrement surprise qu’il puisse faire preuve d’une telle bêtise. Les risques que les gens prenaient sur la route étaient bien souvent inconsidérés mais c’était quelque chose qui avait toujours échappé à Daphne : quand bien même vous auriez des envies suicidaires, un accident de la route implique rarement une seule personne. Pourquoi donc risquer de mettre en danger la vie d’autrui ? Elle s’abaissa pour ramasser ses clés. « Je te ramène, si tu veux. » proposa-t-elle, n’ayant pas réellement l’intention de lui laisser le choix. « Et on passe t’acheter un burger, ça serait dommage que tu sois malade une nouvelle fois, ou que tu t’étouffes dans ton vomi pendant la nuit. »  Elle lui offrit un sourire compatissant, cherchant à lui faire comprendre qu’elle ne le jugeait pas mais qu’elle n’avait pas non plus l’intention de le laisser faire n’importe quoi. Et cette fois, Daphne n’avait pas besoin de forcer le trait :  elle n’aurait jamais laissé quiconque prendre la route dans cet état. Elle se serait, certes, contentée de lui appeler un taxi mais il était hors de question de le laisser reprendre la route. Quant au burger… cela lui permettrait d’apercevoir son frère, alors ce n’était pas tant pour lui, que pour elle qu’elle faisait ça.

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I think when it's all over, it just comes back in flashes, you know? It's like a kaleidoscope of memories. It just all comes back. But he never does. (...) I knew his world moved too fast and burned too bright. (...) I think that the worst part of it all wasn't losing him. It was losing me.
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