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 riders on the storm (r)

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Oliver Lane
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MessageSujet: riders on the storm (r)   Ven 21 Aoû - 23:44

Point de non retour, Oliver devant une porte, Oliver qui se tâtait devant ce morceau de bois, incertain pour la première fois depuis des mois. Oliver était l'assurance personnifiée, un roc, un de ces éléments si constants qu'on commence à les associer à la nature, à les mystifier et à y vouer un culte. Il avait eu, autrefois, quand l'argent coulait au même rythme que le champagne, son propre temple garni d'adorateurs, opportunistes à peine masqués par une couche de richesse relative et qui puaient le désespoir et l'envie. Il les laissait le suivre, l'appeler Oliver et polluer son périmètre visuel. Parce qu'il aimait bien ça au fond, toute cette adoration imméritée que seule l'argent, au vingt-et-unième siècle pouvait provoqué. Fini les dieux uniques du Proche-Orient et les fratries déifiées inspirant crainte et amour du haut de leur mont Olympe. Aujourd'hui, on se jetait aux pieds de qui avait le carte Gold et les entrées aux clubs sélect. Autrefois, il fallait écrire des poèmes et des sérénades pour espérer tenir la main de son aimée mais, du temps d'Oliver, il suffisait de payer un verre à la demoiselle pour pouvoir s'enfouir dans les secrets de son intimité. Tout était toujours plus simple avec l'argent. Ça avait le pouvoir de tout résoudre : les guerres, les conflits familiaux, les difficultés amoureuses et surtout la confiance en soi. C'est ainsi qu'il paradait, au volant de sa voiture de sport, à travers la ville. Si ce n'était pas pour Charles, Oliver n'y aurait pas mit un seul pied. Il ne voyait que l'expression de l'Amérique obsolète, celle qui refusait d'avancer, qui restait ancrée dans sa vieille campagne avec des dynasties enchaînées à leur parcelle de terre. Il y avait l'éclatement de la jeunesse, les luttes intergénérationnelles entre la vieillesse qui s'accroche aux traditions et les jeunes gens qui se révoltent et marquent leur différence en traînant à l'Arcadian et à tout ce qui est nouveau et qui provoque des bourgeons de colère de la part du voisinage bien pensant. Rien de plus typique et ennuyeux. Il n'y avait pas l'excitation que procurait l'agitation de Portland, il n'y avait pas le moindre cliquant, craquant, croquant ou pinçant. Juste l'insipidité d'une ville comme une autre, une ville comme en trouvait par milliers dans ce pays. Et pourtant, Charlie avait décidé de s'y terrer. Il pouvait voir pourquoi. Qui irait le chercher dans ce coin perdu que seuls les habitants connaissent et qui ne doit même pas apparaître sur une carte de l'Oregon ? Personne. Et surtout pas un Lane, surtout pas Oliver en fait. Mais le jeune homme était plein de ressources et avait engagé un détective privé, le genre qui fouinait partout et serait prêt à mettre les pieds en Corée du Nord pour retrouver sa proie. Le genre qu'il aimait qui carburait à la perspective de profit, qui se léchait presque les lèvres à la vue d'un client argenté comme lui. Quelques mois de recherche et il se retrouvait devant la porte close d'une maison que le pdg à en devenir n'achèterait même pas pour son chien. Il voulait se mentir à lui-même et se dire qu'il ne craignait pas son frère. Oliver ne craignait pas Charlie, enfin pas vraiment. Il craignait la créature qu'il était sans doute devenu. Il s'était documenté, comme toujours avant d'appréhender un problème inconnu, un mystère qui lui échappait. La prison changeait un homme, en mal voire en horreur. La violence, les abus de tout type, les menaces, la peur, la rage, l'injustice, les clans, les vengeances musclées. Un univers qui faisait le trembler et meublait ses cauchemars les plus réalistes. Il avait peur de voir ses yeux bleus être assombris par les ténèbres qui happaient tout prisonnier, voir sa propre faute exprimé dans un cri muet de son aîné et surtout observer la propre culpabilité qui ne manquerait pas d'occuper son visage à travers les pupilles de Charlie. Il posa une main contre la porte, pour se donner du courage et de l'audace. Il lui en faudrait, des tonnes et du culot à en revendre pour faire ce qu'il s'apprêtait à faire. Tu es Oliver Lane, s'enjoint-il. Qui est-il lui ? Charlie Lane ? Non. Il n'est qu'un homme détruit par l'enfermement et la castration paternelle. Il se jetterait sans doute à ses pieds, plein de reconnaissance et d'adoration, comme tous les autres. Charlie n'avait plus un seul sou. Oliver non plus mais ce n'était qu'un détail. Il avait encore des comptes pleins même s'ils n'étaient plus approvisionnés. Charlie n'était plus rien alors que son frère était jusqu'à tout. Et pis, Charlie avait l'esprit de famille, il dirait oui, il sauterait peut-être dans sa voiture pour qu'ils se mettent en route pour reconquérir Portland. Il ne sauterait peut-être pas mais ça serait tout comme. Oliver faisait une bonne action, au fond. Ce n'était pas plus un dernier coup désespéré pour reprendre ce qui lui était que ce n'était une mission sauvetage. Il venait le sauver de lui-même. Charlie avait beau être différent, il était de la même trempe. Il dirait oui. Regonflé par son esprit toujours plein de ressources, Oliver se décida à presser le bouton. Il ajusta sa veste taillée sur mesure et leva le menton, sa pose de guerrier, celle qui lui permettait de garder la tête haute face aux tempêtes et aux aléas. « Salut grand frère. Content de me revoir ? »

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- je crois qu'à la base, je voulais faire le bien autour de moi.  Ça n'a pas été possible pour deux raisons : parce qu'on m'en a empêché, et aussi un peu parce que j'ai abdiqué.


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Charlie Lane
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MessageSujet: Re: riders on the storm (r)   Sam 5 Sep - 1:38

Le mari de Bianca a une nouvelle meuf. Charlie ignore si c’est vraiment une copine, un plan cul amélioré ou un coup d’un soir mais ça ne fait rien. Puisqu’on lui a interdit formellement de lui refaire une nouvelle fois le portrait, il va le baiser d’une autre façon. En la baisant, elle. Ca ne devrait pas être compliqué, si elle est assez conne pour se taper un abruti connu pour cogner sur sa femme, elle sera sans doute chaude pour se le taper, lui qui ne vaut pas bien mieux. Mais ça demandera de légers… ajustements puisqu’elle fait partie de la catégorie des poules de luxe. Le genre de nana qu’il vomit, prête à tout pour parasiter un plouc blindé de thunes à défaut de neurones ou de libido. Elle pavane dans cette ville minable comme si elle arpentait les trottoirs des beaux quartiers de Paris, lookée comme dans une publicité pour un parfum capiteux et Charlie est à deux doigts de laisser tomber. Qu’il la cogne, ce gros con, après tout il est presque certain qu’elle ne l’aura pas volé. Cette pensée plus immorale que les autres lui traverse l’esprit un quart de seconde avant que sa conscience anesthésiée ne vienne tirer la sonnette d’alarme, lui rappelant qu’il y a une limite entre sombrer comme l’ex-taulard qu’il est et devenir une vraie sous-merde, à tabasser les faibles. Prêt à tromper l’ennui, Charlie imagine bien se comporter, c’est ça le pire, il arrive à se convaincre que sa façon terrible de s’amuser aux dépends des autres, de les tirer vers le bas au lieu d’accepter les mains tendues, ça reste une bonne action. Une façon un peu tordue de faire amende honorable en faisant payer les connards, même s’il sème les dommages collatéraux partout sur son passage. Est-ce que Batman irait manipuler des pauvres filles pour coincer leurs criminels de mecs ? Non, sans doute pas, mais il n’en sait rien, lui a été grande littérature, pas comics bien-pensants alors il enclenche la deuxième et se prépare dans le silence de la chambre au motel empruntée pour l’occasion. Charlie se regarde dans le miroir et se trouve un air de con avec sa gueule hallucinée, ses yeux rougis par les excès et les bleus à peine estompés qui créent un putain de patchwork sur sa peau trop pâle. Il s’en fout, l’unique costume de Charles fera le job pour lui. Le costard guindé qu’il avait enfilé pour accompagner Oliver dans la soirée merdique organisée par sa confrérie de petit bourgeois coincés et élitistes. C’est là-dedans qu’on lui a passé les menottes et c’est donc la seule tenue qu’on lui ait rendue, froissée, puant le renfermé et la naphtaline. Charlie aurait pu s’en débarrasser ou le vendre une petite fortune mais il conserve le tout comme une relique d’un passé révolu, une madeleine de Proust ou un élan masochiste – ça dépend des jours. Ce soir, ça ne lui fait rien. Il enfile un costume, dans tous les sens du terme. Il va jouer au rôle de sa vie abandonné depuis longtemps, il va prétendre être le Lane qu’il n’a jamais été, l’héritier idéal, l’aîné digne fils de son père prêt à le suivre sur le chemin épineux de la finance et des faux-semblants. Mais ça n’a jamais été lui. Lui, c’était l’autre, le gâchis, la lie, la honte de la lignée, le lettré bobo-gaucho qui allait finir pédé ou avec le sida, voire les deux, comme disait le charmant Lane senior. Oh, il pourrait être fier de lui ce soir, il fait bien illusion Charlie, il ressemble à tous les autres ploucs du Whiskey Blue Bar, mais en mieux. Ses fringues valent dix fois les leurs et sa montre – vendue, puis rachetée – n’est pas en toc. Ca n’échappe pas au radar de la nana en question qui lui joue son numéro de fille inaccessible, le genre à venir s’asseoir juste à côté de lui en se commandant une boisson de grognasse sans lui décrocher un mot. Elle lui jette des regards en coin que Charlie ignore superbement et en vrai, il a juste envie de se casser et de la planter là parce qu’elle lui file des envies de violence. Rien n’est authentique ou naturel, tout chez elle pue les calculs. Ses gestes, ses sourires, ses regards de vierge un peu salope, sa robe au-dessus de ses moyens. Y a que son gros pif qui est vrai, mais c’est un truc que le prochain pigeon rectifiera sans doute, comme sa poitrine – de taille raisonnable – mais qui défie toutes les lois de la gravité. Charlie tient presque une heure sans réagir à son petit jeu aux ficelles grossières juste pour l’emmerder. Mais au final, c’est lui qui s’emmerde alors il entre en scène et c’est beaucoup trop facile. Elle boit ses paroles sans le regarder, les yeux rivés sur sa montre hors de prix et elle pourrait sans doute le sucer dans les chiottes sans passer par la case drague s’il échangeait sa Rolex contre une pipe. Charlie n’a rien contre les nanas faciles, libérées, au contraire, il les aime. Mais celle-là n’est pas libérée c’est juste une droguée au fric et c’est détestable. Elle le laisse guider la conversation et n’en branle pas une, se contentant de ponctuer ses phrases à lui d’un rire forcé ou de mouvements de tête enthousiaste. Y a qu’au moment de se casser qu’elle se dérobe pour jouer à la fille bien dans un numéro pas crédible pour un sou. Elle fait semblant d’hésiter quand ses yeux revêtent déjà une lueur provocante, elle balance pour la forme qu’elle n’a pas l’habitude de faire ça et Charlie se retient de se marrer et de lui décerner un putain d’oscar. Il la laisse à son instant de gloire parce qu’après tout il s’apprête à l’utiliser pour humilier l’autre connard qui reviendra bien un jour ou l’autre chercher sa nouvelle copine… et il sera là pour l’attendre. Finalement, elle cède, pose la question fatidique « chez toi ou chez moi ? » et elle le ramène dans sa bicoque minable. Charlie la joue grand prince et vient la surprendre pendant qu’elle leur sert un dernier verre de vin. Il bouscule sa crinière savamment brushée, dévoile sa nuque et l’embrasse avec une lenteur qui jure avec ce qu’elle lui inspire. Finalement, ils ne boiront pas le verre en question, baisant sans fioritures dans la cuisine avant de remettre le couvert dans son pieu. Et même là, ce n’est pas glorieux : elle en fait trop. Elle singe le comportement des nanas du porno avec des mimiques exagérées et des gémissements bruyants trente secondes après le top départ. Il réalise qu’elle fait l’amour comme elle fait le reste, par nécessité, par recherche de stabilité, de sécurité. C’est une nana désespérée et désespérante, à l’affût d’un mec pour la porter, l’entretenir, la guider. Elle a juste soixante ans de retard. Charlie ne s’en plaint pas, elle est bonne… mais c’est le problème elle est juste bonne, ne dégage que dalle. Il galère à s’endormir parce que c’est toujours quand l’obscurité et le silence reprennent leurs droits que tout lui revient en pleine gueule et pourtant, quand la sonnerie de l’entrée retentit, il est étonnamment alerte. Il l’attendait, ce moment, sans savoir quand il allait arriver et plus vite il est là, plus vite il peut se casser d’ici. « Laisse, je vais ouvrir. » propose-t-il à la fille encore endormie en déposant un baiser sur son épaule pour finir de la convaincre. Charlie se lève, hésite entre se pointer entièrement à poil ou pas et enfile un boxer pour la forme, juste au cas où. Il avale la distance jusqu’à la porte et plus ses pas l’y conduisent, plus il affiche un sourire voyou, goguenard. C’est avec cette gueule fière, canaille, qui crie « salut mon pote, je viens de baiser ta meuf et c’était vachement bien » que Charlie ouvre la porte et… ravale son sourire en détaillant la silhouette qui se tient dans l’embrasure. « Putain de merde » Pour la répartie, on repassera. Mais Charlie, il est juste sonné. Y a une connexion qui refuse de se faire à l’intérieur, peut-être pour le préserver, l’empêcher de se noyer complètement dans ses démons ou de se faire de faux espoirs. Putain. De. Merde. Il fixe la silhouette étincelante d’Oliver sans le réaliser pleinement et tout lui revient à la gueule. L’enfance complice, les chemins qui divergent, l’éloignement, et cette soirée. L’insistance d’Oliver pour prendre le volant de sa Mustang à la con, le crâne explosé de cette fille, le sang partout, la gerbe de son frère, le calme de son père et les menottes qu’on lui passe sans qu’il pige vraiment ce dans quoi il s’engage. Et le reste. Le silence, l’abandon, le renoncement. La dernière fois qu’il a vu ce putain d’Oliver, c’était en taule. Une fois, une seule putain de fois pour excuser le comportement impardonnable de sa famille. Oliver Lane, ambassadeur dévoué du Seigneur William. Quelle blague. Charlie se rappelle encore combien il avait l’air de réciter un texte appris par cœur, comment il était infoutu de le regarder alors que c’était la dernière fois qu’il le voyait et qu’il savait. Qu’il savait que même en sortant, y aurait pas de seconde chance pour lui, que dalle, pas de reconnaissance ou de remerciement. Charles Lane, condamné par son propre sang pour un crime commis par un autre. Quelle ironie. Et voilà que l’autre ramène sa face de con. Il croit quoi, Oliver ? Qu’il va lui sauter dans les bras ? Imagine-t-il seulement ce qu’il ressent ? Sait-il combien il se sent seul, combien ça le ronge, tout le temps, tous les jours ? La solitude n’est même pas le pire des fléaux, c’est la haine. Il rêve sans cesse qu’il les tue, tous autant qu’ils sont. Qu’il défonce le crâne de ce père qui a renié jusqu’à un fils, qu’il frappe en lui criant tout ce qu’il n’a jamais pu avouer jusqu’à ce que sa cervelle se mêle aux éclats d’os et de sang. Il rêve aussi d’Oliver, ce frère ingrat, de coups de poing et de nuque brisée. Dans ses rêves, point d’absolution, pas de pardon possible. Il n’y a que du sang et le goût métallique des regrets, de la culpabilité et cette amertume qui saccage tout sur ta place. Et dans la réalité, c’est la même chose. Dans son ventre, Charlie sent sa rage bouillir, la rage de l’injustice et la souffrance de l’orphelin se mêlent dans un marasme acide et y a pas de place pour le reste. Sa solitude, son besoin d’appartenance, sa nostalgie pressante qui lui ferait tout échanger pour un retour en arrière, on efface l’ardoise et on recommence à zéro. Il serait le digne fils de son père, il abandonnerait tout, il se glisserait dans le moule, tout plutôt que ça. Mais ça, ça ne domine pas. La surprise passée, c’est la haine qui perfore ses entrailles et perle sur sa peau à vif. Le reste est enterré plus profondément, faut forer et c’est compliqué parce que l’armure est épaisse, rouillée aussi. Alors que la colère est là, partout. Elle infuse en lui en permanence, elle grouille au bout de ses phalanges, elle luit dans ses yeux sombres, elle est une ombre qui accompagne chacun de ses pas. « J’sais pas ce que t’es venu chercher mais tu le trouveras pas. » siffle Charlie, mauvais, en fixant son frère comme un parfait inconnu. Il l’est, en quelque sorte. Entre les sept ans de taule et les deux ans suivants à errer dans les bas-fonds de Portland ou d’ici, ça fait une plombe qu’ils ne se sont plus côtoyés et si Oliver ne le connait plus, c’est évident, l’inverse est sans doute vrai. « Je déconne pas, je m’en fous de tes conneries alors barre-toi avant que mon poing s’écrase sur ta sale gueule de con. » C’est faux, une partie de lui ne s’en fiche pas du tout mais à l’instant où il crache ces mots, Charlie est convaincu par ce qu’il énonce. Il s’en branle. Ce frère lui a tourné le dos alors quoi qu’il veuille maintenant, c’est à son tour. Il a donné sa putain de vie pour réparer ses conneries et il y a gagné quoi ? Que dalle. La liste de ce qu’il a perdu, par contre, est infinie. Alors va te faire foutre, Oliver.

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Oliver Lane
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MessageSujet: Re: riders on the storm (r)   Sam 12 Sep - 22:56

« Oui, comme tu dis. » Oliver n'était pas habitué à une telle grossièreté venant de son frère mais il comprenait. Il venait d'un milieu difficile où on finissait tous par parler comme il le faisait, à se conduire comme un voleur de voitures, l'oeil farouche et les bras croisés. Il le comprenait et le lui pardonnait. Mais voilà qu'il lui balançait d'autres mots, mâchés, avalés. Ils avaient le son de la pauvreté, des trottoirs sales et des ruelles peu fréquentables. Malheur. Son frère n'était plus tout à fait lui. Il avait encore les traits du paternel, cette figure en relief, sterne et altière mais il avait la bouche d'un homme du peuple, un de ces petits travailleurs en col bleu qui vivait de son corps et non de sa tête. Là encore il comprenait. Il aurait fini comme ça, lui aussi, si les choses ne s'étaient pas passées comme elles s'étaient passées, si papa Lane n'avait pas été là et Charlie prêt à se dénoncer à sa place. Il comprenait encore les menaces et la violence, son frère baignait dans ça, tout le temps. Ça rendait un homme fou, différent. Il comprenait et, imperturbable, il passait sous le bras posé de son frère contre la rambarde de la porte et s'insinua dans son habitat. Il n'avait pas à avoir peur. La peur, c'était pour l'inconnu, l'indomptable. Charles Lane était certes son grand frère mais Oliver pouvait, avec un minimum d'effort et de patience, venir à bout de l'animal sauvage qu'il était devenu. C'était toujours facile de se mettre dans la poche les foules en manque de reconnaissance, abandonnées de tous et surtout du système. Il ferait comme tant de politiciens avant lui, une tape sur le dos et des promesses en l'air. C'était suffisant pour un ex-taulard qui ne pouvait plus rien espérer de la vie ou des gens si ce n'est plus de trahisons et de tristesse. « Oh mais tu n'en feras rien. » Les mains dans les poches, le jeune homme détailla la maison. Elle n'était pas propre et sentait la classe moyenne, il nota après deux ou trois reniflements. Oliver détonnait dans les couleurs fades de l'intérieur, lui qui était si pimpant et lumineux, si sûr de lui. Il écrasait la pièce de son regard, ce regard qui s'apparentait presque à celui d'un propriétaire observant sa nouvelle acquisition. Oh, il pourrait bien caser cette maison dans une chambre de la demeure familiale, il estima après un coup d'oeil appuyé ici et là.  « Tu sais que cette fille avec qui tu couches a un petit ami membre de la NRA. » Oliver lui jeta, lançant un regard en arrière, où se découpait la silhouette peu avenante de son grand frère. « Je te préviens, histoire que tu sois pas surpris de te prendre une balle dans la tête. » Il passa un de ses doigts sur la cheminée, une fine poussière se colla sur ses phalanges. Bel et bien sale. Arrivant au bout du couloir, il pénétra dans ce qui s'apparentait être le salon. Papiers peints fleuris qui se décollaient peu à peu des murs et vieux meubles datant d'une époque marquée par le mauvais goût. « Je suis là pour ça, parce que tu peux pas veiller sur toi-même. » Il eut un sourire qui ne le quittait et semblait presque peint sur son visage. Oliver était impudent, insolent et ne reculait devant rien, pas même la promesse d'un visage refait sous les coups des poings d'un frère qui courait après une revanche, vivant dans la misère et l'injustice. Sale gamin, Oliver ne respectait rien et surtout ne connaissait pas la peur. Alors il s'installa, tel un nabab devant son puits de pétrole, plein de théâtralité et de dramatisme. Il se posa sur le canapé, évitant d'entrer en contact avec la chair déchirée du siège autre qu'à travers la protection de ses vêtements. « Je ne supporte plus de te voir comme ça. » Il lança, empli d'une certaine gravité. Il était bon à ce petit jeu, il était tellement bon que ça le dérangeait même pas de se noyer dans sa propre hypocrisie, de nager dans le malaise et la caricature. Oliver n'en avait cure, tout simplement. Il ne se souciait plus du ridicule et vivait pour atteindre son but quitte à vivre dans le mensonge et vomir des incohérences. Alors avec son sacré culot, il fronça les sourcils et prit cet air faussement concerné. Il était si bon qu'il pouvait même se tromper lui-même. « Regarde-toi. Je te lancerais presque une pièce si j'en avais une sous la main. » Il le ferait oui, il n'hésiterait pas. Sauf qu'il n'avait que des billets sous la main et ça, ça faisait un meilleur effet balancé sur les filles dénudées plutôt que les mecs à la mine douteuse. Mais l'idée était là et, derrière ses singeries, il y a un soupçon de vrai. Il en faisait trop parce qu'Oliver était comme ça, il faisait dans le sensationnel. Parce qu'il était habitué à secouer des billets pour rendre tout regardable, pour qu'on l'admire et pour montrer qui commande. Il voyait son frère et en même temps, dans sa tête, se dédoublait deux vérités. Si Oliver n'était pas là par pure bonté de coeur et bel et bien pour se servir de son frère, une partie de lui voulait lui tendre une main. Il se sentait mal, un peu à l'étroit, dans ce salon étranger et mal décoré avec ce frère qui était à deux doigts de l'étrangler. Il se sentait coupable, aussi, et peut-être à juste titre. Illégitime, infâme, une tare, un cafard qui devrait se cacher jusqu'à la prochaine Apocalypse plutôt que de venir chercher un second round. Mais Oliver ne pouvait s'y résoudre. Et il se disait aussi que son frère n'avait pas purgé sa peine pour rien. « Je suis venu te sauver de toi-même. » Il était venu aussi pour donner un sens à tout ça. Il était venu aussi pour se sauver lui, des affres de la vie et de lui-même aussi. Oliver était un succube de la réussite. Il ne pouvait pas vivre sans gloire et pouvoir. Il n'était plus qu'une loque. Desséché. Perdu. Délaissé. Sans but et sans avenir. Un pauvre millionnaire arpentant les soirées mondaines l'âme en peine. Il vivait pour ce moment, cet instant où il franchissait les portes de Lane Corp et voyait ce fourmillement de personnes s'arrêter et ne faire plus qu'un seul homme, s'écartant sur son passage. Lui Moïse, eux mer rouge. Il était mort hors de ce monde là et ses réveils avaient depuis la mort de son père l'apparence d'une renaissance. Il se levait, se traînait le long de la journée en pleine agonie avant de se recoucher, bourré d'alcools et parfois de drogues, mourant doucement au milieu de son lit baldaquin. Oliver faisait le malin, là, de toute sa hauteur et son détachement mais au fond de lui c'était un appel d'air qu'il faisait.

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Charlie Lane
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MessageSujet: Re: riders on the storm (r)   Dim 24 Jan - 21:38

Oliver se fout du tout, pense Charlie en le fusillant du regard alors qu'il pénètre sans autorisation dans cette baraque qui n'est même pas la sienne. Mais il réalise bien vite que ce n'est pas ça. Son comportement n'est pas de l'insouciance, c'est son parfait contraire : Oliver est un acteur en représentation constante, le digne fils de son père bien qu'il n'en ait pas tout à fait le panache ou l'autorité naturelle à travers le moindre mot tranchant. Il est sûr de lui, persuadé que le monde lui appartient et que les pauvres gens dans son genre ne sont là que pour se plier à ses désirs et battre de la queue quand il claque des doigts. C'est ce qu'il comprend alors qu'il le regarde évoluer dans cette maison modeste comme s'il était chez lui. Son frère est de ceux à l'aise partout, capables de s'imposer dans un lieu et en l'espace de quelques secondes de donner l'impression d'y appartenir depuis toujours. Oliver est un caméléon, c'est un talent offert à ceux d'en haut qui doivent savoir muer au fil des conversations et des interlocuteurs comme un politicien feignant l'humilité, les promesses et un amour pour ces choses du bas-peuple afin de ne pas subir la guillotine et la révolution. Oliver est ainsi. A l'aise partout, toujours charismatique et propre sur lui, avec son air affable et son sourire tranquille. Il semble serein, désastreusement serein, alors que lui bout. Se rend-il seulement compte de ce qu'il éveille en lui, de ce qui coule dans ses veines jusqu'à ce qu'il les sente battre violemment contre sa peau ? Charlie ne saurait le dire car tout est possible avec les gens comme Oliver, à la fois intelligents mais centrés sur leur propre nombril. Mais il croit bien qu'il réalise au moins un peu l'effet abrasif qu'il a sur lui. Alors comment peut-il être aussi convaincu qu'il ne le touchera pas ? Comment peut-il s'imposer sans s'excuser ou agir décemment, par pure provocation ? C'est un jeu, c'est ça ? Un putain de jeu de petit roi qui s'emmerde à gouverner un monde vierge et aseptisé, vide de sujets. Alors comme ça, il n'en fera rien ? Charlie se gausse un peu, de cet affreux rire qui sonne creux, qui pue le désespoir à plein nez et qui crisse comme des ongles sur un tableau noir. Des ongles longs, lents, parfaitement conscients de la dissonance de ce qu'ils produisent et ravis de continuer, de s'enfoncer davantage, de déplaire toujours un peu plus. C'est tout Charlie ça, creuser au lieu de remonter la pente, se noyer alors qu'il pourrait respirer à pleins poumons. « Non. » Non, il n'en fera rien. Mais son non est lapidaire, enragé, aussi mortel que les prunelles enflammées qui le fusillent du regard. Oliver ne comprend pas, il ne perçoit pas la gravité de la situation. Charlie est parti trop loin, trop longtemps, il n'a plus rien de son frère si ce n'est ce sang vicié qui persiste à alimenter ses veines. Le sang des Lane, le sang des hypocrites et des traîtres. « Si je commence je serais incapable de m'arrêter. » C'est ça, la vérité. Si Charlie le frappe, s'il ouvre la trappe du monstre qui ne sommeille jamais tout à fait, il n'y a pas de point de retour possible : il le frappera, ils se battront sans doute mais l'issue est prévisible. Il le tuera. Il le tuera parce qu'il ne sait pas se contrôler et cela ne sera en rien une libération. Charlie le sait alors il laisse Oliver piétiner son espace vital et la distance qu'il lui inflige. Il le laisse effectuer son petit numéro bien rôdé en lui jetant un regard sombre, parfait miroir de la nervosité et de la colère qui l'animent. Et Oliver inspecte et fait la conversation comme une parfaite ménagère de moins de cinquante ans. Sa petite confession le laisse un instant pantois, le corps raidi et à deux doigts de bondir. Est-ce qu'il s'est... renseigné sur la vie de ce type ? Sur la sienne ? Est-il à ce point obsédé par l'idée de retrouvailles impossibles ? Charlie le jauge de son regard pénétrant une seconde ou deux, il appuie sur les traits de son frère comme s'il aimerait les déformer avant de décider qu'il s'en branle. Il lui laisse les vaines manipulations et les fins limiers pour renifler la merde, lui a le nez dedans en permanence. Ca lui suffit. « Ah ouais ? Parce que je lui ai cassé la gueule et j'suis encore vivant. » trouve-t-il la force d'ironiser, d'un cynisme trop mordant pour se montrer aussi affable et insouciant qu'il aurait aimé. Mais Charlie ne sait pas jouer. Ou plutôt, il joue, mais pas dans le même registre, pas dans la même cour, il est trop impulsif pour les jeux sophistiqués de son frère, trop désabusé pour supporter de longues parties gorgées de sous-entendu sans envoyer balader le plateau et Oliver avec. « Il frappe sa femme, aussi. Pas celle-là, sa vraie femme. » note-t-il avec une neutralité exemplaire. Charlie balance un os à son frère parce qu'il s'en moque, tout le monde ici sait ce que ce mec a fait à Bianca, ce n'est pas un secret et il ne le traite pas comme tel. Après tout, qu'est-ce que ça peut bien lui foutre, à Oliver ? Il n'est pas de ce monde et n'en sera jamais, y a qu'à voir combien il détone ici avec sa blondeur angélique et ses bonnes manières empruntées. Dans la pénombre de cette maison qui pue le renfermé il a tout l'air d'un Jésus-Christ rédempteur revenu parmi les hommes pour les sauver d'il ne sait quelle connerie, il n'était pas assez attentif lors des cours de catéchisme forcés. Et juste alors qu'il pense à ça, à Oliver en messie miséricordieux, le voilà qui balance qu'il est là car il ne peut veiller sur lui-même. Il est sérieux ? Charlie est traversé par une onde brûlante qui ondoie le long de sa colonne vertébrale et envoie de légères décharges partout où elle coule. Il connaît ce sentiment, c'est une envie de violence qui le prend et ne le lâche que lorsqu'elle a été déversée sur quelqu'un, n'importe qui. Il serre les poings, déjà prêt à oublier toute raison pour fondre sur ce frère, catalyseur de toutes ses frustrations, mais finalement au prix d'une maîtrise tremblante, c'est un sourire acide qui se peint sur son visage tourmenté. Un sourire mauvais qui envoie un poing dans la gueule mental à l'esquisse insupportable de son frère. « J'ai pas besoin de toi. » lance-t-il aussi calmement que possible. Charlie veut se faire indifférent, acide, mais quelque part dans son timbre moqueur gronde un colère qui perle et finit par s'imposer de lui-même, sans y avoir été invité. « J'ai jamais eu besoin de toi. » tonne-t-il plus fort, assez pour que la gourde fasse entendre son timbre d'écervelée. « A qui tu parles ? Tout va bien ? » Charlie assassine Oliver du regard, assis comme un petit roi sur son canapé, avant d'avaler la distance jusqu'à la chambre pour rassurer la cruche et lui indiquer qu'il n'y a rien, que c'est un abruti de scout avec ses cookies et qu'il va se casser dans un instant. Il embrasse son omoplate avec une tendresse feinte et l'enjoint à se rendormir. Charlie ignore combien de temps ça durera car il a tendance à sous-estimer les gens stupides, à ignorer les limites de leur crédulité. Surtout, il refuse que l'intrusion d'Oliver puisse mettre à mal le minable de son plan. Il a conscience de la pauvreté de celui-ci, mais s'en moque, tout est bon pour emmerder le mari de Bianca et il ne laissera pas son frère le priver de ce rare plaisir. Il doit se casser. Et ça tombe bien, car lorsqu'il revient, Oliver lui offre justement la parade idéale. Il ne peut souffrir sa présence ? Quel dommage. Au fond, Charlie est hors de lui. Il n'a pas une haute opinion de lui-même mais l'idée de se faire juger par un connard dans son genre qui ne vaut certainement pas mieux que lui le met en rogne. Oliver joue avec ses nerfs et Charlie se sent non loin du point de rupture, de l'instant où il ne saura retenir ses poings et la haine mal contenue et qu'elle les arrosera tous deux, chargée d'acides. « Tu te fous de ma gueule ?! Tu viens me faire chier de grand matin après sept, huit ans d'absence j'en sais même rien et tu supportes plus de me voir comme ça au bout de cinq minutes ?! Je me marrerais presque si j'avais pas tant envie de t'en coller une. Mais putain casse-toi, Oliver, barre-toi je te retiens pas. Retourne donc à Portland dans ta petite vie bien rangée avec ton fric de merde et ta gonzesse frigide et fous-moi la paix. » Il éructe Charlie, sa voix se brise avant de repartir au galop parce qu'il a envie d'exploser tout en ayant la conviction intime que ce serait vain, que ce serait s'offrir à Oliver sur un plateau d'argent en lui prouvant qu'il a raison. Alors il tente de se retenir, de calmer en lui ce qui ronge et frappe en permanence mais ça ne fonctionne pas vraiment, pas tout à fait. Il est difficile de s'apaiser en présence d'Oliver, affable mais irritant, à la fois cause et conséquence de tout ce qui chez lui ne tourne pas rond. C'est la faute de sa présence et de son absence, la sienne et celle du père, de son retour alors qu'il ne l'attendait plus, de sa connerie et de sa putain d'insouciance de gosse de riche. Il est à blâmer pour tout et à la fois pour rien car il a été moulé selon l'effigie du père, trop obéissant pour se révolter, trop heureux de plaire pour réfléchir une minute. Oliver a accepté ce que Charlie a toujours refusé et c'est aussi sa faute, à lui, s'ils sont dans cette position. Car si Charlie avait été Charles, le fils aîné qu'on attendait de lui qu'il soit, rien de tout ça ne serait jamais arrivé. C'est lui qui serait là avec sa gueule de con, fier et digne, devant un petit frère sûrement en train de dilapider l'argent familial en coke et en putes. Mais réécrire l'histoire ne l'intéresse pas, parce que le rôle de son frère est à ses yeux sauvages encore plus triste que le sien. « Quel grand élan chevaleresque... C'est quand même con qu'il arrive dix plombes après la guerre. » Charlie se moque, c'est plus facile de se calmer quand son frère se la joue grand prince ou pucelle en détresse, qu'il prétend se soucier de ce dont il se moque. Il s'assoit en face de lui, sur la table basse qui soutient maladroitement son poids, et cale son menton dans sa paume comme s'il buvait ses paroles. Mais son visage entier est goguenard et semble se ficher de sa pomme. Sa démarche n'est pas sincère, elle ne peut l'être sans excuses ou explications juste en débarquant ainsi avec une fausse meilleure volonté du monde en imaginant que ça suffit. Mais c'est pas Disney ici, c'est la vraie vie il croit quoi Oliver ? « Tu te prends pour qui, Oliver ? Tu crois que j'suis une putain de princesse éplorée ? Tu vois pas qu'il y a plus rien à sauver, hein ? Alors laisse-moi te le dire : tu me connais plus, je te connais plus et ça me va. Ça fait des années que j'ai plus de famille et ça me manque plus. J'ai pas besoin de  toi, j'ai pas besoin de ton père, j'ai pas besoin de votre fric et de vos faux-semblants et tu sais quoi ? Je vous hais. Je déteste ce que vous avez fait, ce que vous m'avez fait mais surtout je déteste ce que vous êtes. Je l'ai toujours détesté mais j'étais trop faible pour l'assumer. J'ai jamais été un Lane, t'entends ? J'ai jamais été un putain de Lane et je veux pas en devenir un.  » Il balance avec hargne, avec un aplomb retrouvé alors qu'il y a du mensonge là-dedans. Sa famille, il ne l'a jamais comprise mais il l'a aimée malgré tout, inconditionnellement. Et elle lui a manqué, longtemps. Mais le manque s'est fait rage à force de n'être nourri que par l'absence et les mauvaises décisions, l'absence et le déni. 

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Oliver Lane
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MessageSujet: Re: riders on the storm (r)   Mer 9 Mar - 21:55

Au fond, Oliver le détestait, il lui sortait par les yeux Charlie. Pourquoi ? Parce que Charlie était libre, il était loin de tous les tracas superficiels et inventés par les gens comme lui, les gens riches que même l'ennui ennuie. Ceux qui sont nés avec un héritage et par les heureuses opérations financières, ont fait triplé leur épargne. Les héritiers des députés de l'empire romain, des princes médiévaux et de la noblesse d'épée, des capitalistes du vingtième siècle. Il n'avait jamais rien fait Oliver pour avoir tout ce qu'il avait. Il ne méritait rien et ne subissait pas les injustices. Il était de l'autre côté du miroir et refusait éperdument de voir en face, là où la misère se reflétait. Tout ce qu'il savait, c'était que son monde de luxe, de privilège et d'opulence n'était qu'apparences. Du plaqué or qu'on s'efforçait de dissimuler, d'exhiber comme une relique barbare. Pour le jeune Lane, Charlie n'était qu'un traître. Il était passé dans le camp ennemi, c'était un « autre », un prolétaire. Et pourtant, Oliver l'aimait aussi pour ça. Il lui avait donné quelque chose à désirer, une chimère vers laquelle courir. Parce qu'avant la mort du vieux Lane, Oliver, lui, il n'était qu'un petit riche comme un autre. Il avait une vision court-termiste, meublée par une hypothétique gloire future. Il s'était toujours trouvé spécial, l'héritier déchu, il se disait même destiné à de grandes choses. Petit, il se voyait attablé au milieu de messieurs masqués par l'obscurité d'une salle quelconque, prenant dans l'ombre les décisions du monde. Un Grand, un artisan du chaos. En grandissant, il était tombé de haut. Il n'était rien et ne possédait dans son corps pourri et gâté pas une once de pouvoir. Tout ce qu'il avait, c'était un amas d'illusions, un paquet de faux semblant qu'il tentait de cacher derrière des montres hors de prix et une panoplie de voitures allemandes. Comme tous les autres au final. Et ensemble, ils faisaient semblant de refaire le monde à coup de vodka et de drogues douces, sous l'oeil bienveillant des parents, soulagés de voir leur progéniture occupée à autre chose qu'à penser. « Et avoir un deuxième meurtre au compteur ? » Oliver lui souriait ou plutôt il étirait les lèvres. Un mirage flottait entre le bout de son nez et la pointe de son menton, trompeur et voilant de terribles auspices. « Ce qui te mènera, il me semble, à la perpétuité ou à la chaise électrique, je ne suis pas tout à fait sûr mais je te dirai quand j'aurais trouvé. » Il jouait avec le feu, avec son frère, avec sa propre vie et celle de son aîné. Il le provoquait et ça l'amusait. Il aurait bien ri à la gueule pour lui montrer à quel point il était indifférent à ses menaces, à son regard plein d'éclairs, à cette colère qui émanait de tous ses pores. Sauf qu'il avait peur en réalité. Quand bien même Charlie préférait le nier, il restait un Lane. Et si le vieux avait eu la bonne idée de trouver une devise familiale, ça sonnerait sans doute avec excès ou folie. Folie qui seyait bien à Charlie présentement, dans une maison qui ne lui appartenait, embourbé dans une énième farce qui ne rimait à rien pour Oliver. « Et tu couches aussi avec sa femme ? » Qu'il lui demande. Il en avait que faire de cette nana battue, de son mec et de sa maîtresse. Ça l'émouvait pas. Peut-être parce qu'il avait déjà eu son lot de gueules cassées et de coeurs brisés, qu'il avait déjà vu la laideur humaine bien en face et que tout le reste était désormais secondaire ? Il n'était pas bien sûr de la réponse, juste qu'il était déjà las avant d'avoir ratisser la question. « C'est quoi leurs noms au fait ? Au mec, à sa femme et à sa maîtresse ? » Il le regardait avec les yeux brillants d'innocence. Son frère se montrait drôlement coopératif et ne faisait plus dans la rétention d'information. Sentant une brèche s'ouvrir, se dessiner, Oliver s'y engouffra aussitôt, espérant que son détachement apparent rassure son frère et le pousse à la confidence. Alors il posa ses pupilles un peu partout sauf sur Charlie. Ça lui donnait un air tout de suite ailleurs, désintéressé. Et Charlie fulminait en face tandis qu'il le clouait sur place avec ses yeux meurtriers. J'ai pas besoin de toi, j'ai jamais eu besoin de toi qu'il lui lance. Oliver sourit et hausse les épaules. Songeur, l'héritier déchu observa son aîné. Il lui trouvait une certaine ressemblance avec le vieux Lane ainsi, les traits déformés par la rage et la haine. Il avait enfin ce piquant qu'il lui manquait autrefois, le genre de feu intérieur qui animait tous les hommes qui comptaient dans ce bas monde. « Non je partirai pas et j'aurais préféré tant qu'à faire, puisque tu es si délibérément agressif à mon égard, d'une façon d'ailleurs totalement gratuite, que tu joignes au moins la parole au geste. J'aurais voulu que tu me frappes, que t'ailles jusqu'au bout de ta démarche et tu m'insultes en passant d'un nom dur à entendre. Enfoiré ou connard. Comme tu veux mais que t'ailles jusqu'au bout. » Il croisait les bras Oliver, excédé, fatigué mais aussi joueur, effronté. C'était bien lui ça, de coincer l'autre en se faisant passer pour la victime quand bien même cela était faux et culotté. Oliver était désespéré, voilà tout. Alors il se raccrochait à ce qu'il savait faire de mieux: la provocation. « Il n'y a rien qui m'énerve plus que la demi-mesure. Tu me détestes, tu veux me refaire le portrait ? Eh bien vas-y. Si ça peut te soulager et nous permettre de passer à autre chose. » Sans doute pour la première fois depuis le début de leur joute verbale, Oliver était sincère. Il ne broncherait pas, n’appellerait pas les flics si son repris de justice de frère faisait éclater sa colère là maintenant sur lui. C'était de bonne guerre et Oliver avait très tôt compris qu'avec les foules méprisées et méprisables, il fallait desserrer la visse de temps à autre. Lorsque l'indignation des petites gens montait et qu'on tapait du poing partout dans la rue, il était temps de leur donner un semblant de satisfaction. Céder pour ne rien changer. Changer pour mieux s'éterniser. « Tu veux pas, t'as peur ? Alors je paierai quelqu'un pour que tu lui rentres dedans. » C'était typiquement lanien ça, payer des gens pour tout et n'importe quoi. Il n'y avait ni fin à son audace ni fond à sa corruption. Oliver glissait à travers les années, les villes et les gens sans s'embarrasser des questions morales, son frère n'étant que la dernière victime en chef de ses machinations. Oliver était en proie à l'ennui. Et l'ennui le rendait inexorablement méchant, belliqueux et dérangeant. Il se tournait les pousses pour chercher quoi détruire autour de lui et quoi reconstruire qu'il y ait au préalable anéanti. Charlie appartenait à la deuxième catégorie. Celles des pièces rapportées, des dommages collatéraux dans la quête infinie de pouvoir des Lane père et fils. Un sacrifice qui aurait survécu au coup de grâce et qui demanderait réparation. Cette constatation l'effrayait un peu. Ce n'était pas vraiment la véhémence de Charlie qui le faisait reculer, plutôt son caractère incontrôlable. La prison avait fait de Charlie une bête sauvage qui ne répondait qu'à l'instinct et rejetait toute forme de bon sens. Oliver s'attendait à être mordu, déchiqueté par les mots acérés et les poings serrés de son frère. Et, paradoxalement, l'idée de sa chute prochaine l'excitait. Peut-être qu'en réalité, Oliver tenait plus de sa mère que de son père. Peut-être qu'il était masochiste plutôt que sadique. Il observait son frère en même, le jaugeait derrière ses pupilles glacées. « Oh s'il te plaît. Epargne-moi ton dramatisme et cesse de te mentir à toi-même. Tu es un Lane, que tu le veuilles ou non. Et avec maman, je suis ta seule famille désormais. » Voilà, il le dit finalement. Les mots qui lui brûlaient les lèvres. « Papa est mort il y a six mois. Rupture d'anévrisme. Maman ne sort plus de sa chambre et entend finir tout l'alcool de la région. » Oliver perdit de sa prestance. Il ne souriait plus. Seule la fatigue trahissait son visage impassible. « On est dans une époque troublée Charlie et on ne peut s'en sortir qu'en resserrant les liens familiaux pour faire face au monde extérieur. J'ai besoin de toi et t'as besoin de moi. » C'était dit et instantanément, Oliver sentit le poids du monde se retirer de ses épaules. « Ne me laisse pas tout seul Charlie. » Qu'il conclut en regardant droit dans les yeux son frère. Il ne savait plus s'il était sincère ou non, s'il le pensait réellement ou pas. Dans sa tête s’entremêlaient le vrai au faux, l'illusion à la réalité.


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- je crois qu'à la base, je voulais faire le bien autour de moi.  Ça n'a pas été possible pour deux raisons : parce qu'on m'en a empêché, et aussi un peu parce que j'ai abdiqué.
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