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 let the storm rage on (jorah)

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Lizzie Moore

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: let the storm rage on (jorah)   Dim 24 Mai - 12:06

jorah + lénore



    Le long d'une ruelle, une femme haletante se laisse tomber lentement contre un mur en brique glacé alors qu'elle ferme doucement les yeux. Cette femme échevelée et couverte de sable, de terre, de saleté n'est autre que Lénore. Lénore la si belle, la si vivante, celle qui souriait au soleil, qui murmurait à la lune et qui regrettait son océan, celle qui dansait et tourbillonnait, celle qui faisait chavirer les cœurs, celle qui discrètement rêvait de s'enfoncer à nouveau dans les profondeurs azurées qui l'avaient vu grandir. De cette Lénore la il ne reste plus grand chose : la colère a tout dévoré. Doucement elle a fait son trou, s'est insinuée en elle pour ne plus la quitter une seule seconde, la vengeance coule à présent dans ses veines. Mais là, roulée en boule dans une ruelle de la capitale, la jeune femme semble avoir perdu tout l'éclat qui faisait son charme. Lénore est fatiguée. Épuisée de courir après des pistes, des bribes d'informations, des rumeurs qui la mènent d'une province à une autre. Épuisée de marcher à côté d'une femme avec laquelle chaque décision relève de la troisième guerre mondiale. Épuisée d'imaginer l'homme à qui elle avait offert son palpitant sur un plateau d'argent perdus dans les bras d'autres femmes que les siens, sans avoir compris la leçon. Épuisée de chasser celui qui a lamentablement bousillé le cœur de l'ancienne sirène et avec cela toutes les promesses qu'il lui avait faites. C'est tout ce qui lui reste, c'est tout ce qu'elle sait faire à présent. Du matin au soir, à chaque seconde, Lénore ne pense plus qu'à attraper John Smith et à réduire sa vie à un état plus que lamentable, jusqu'à l'anéantissement, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de cet homme que des cendres entre ses doigts fins. La vengeance bouffe ses entrailles dans une longue agonie. Peut-être reste-t-elle des heures et des jours recroquevillée contre elle même dans cette ruelle à l'odeur exécrable alors qu'elle plonge dans un long sommeil dans lequel ses démons ne se font pas prier pour apparaître, Sybille, Thorn, Icare et John Smith se mélangent et se confondent, la nargue dans ses cauchemars, lui rappelant combien sa vie n'est faite que de petits bonheurs que chacun d'entre eux s'est empressé d'écraser diaboliquement. Dans un sursaut, Lénore sort de sa torpeur, murmure que c'est plutôt elle qui les écrasera à présent, et se lève brusquement, non sans manquer de vaciller, prise d'un violent vertige. Pourtant sonnée, la jeune femme se souvient de la raison de sa venue solitaire dans la capitale. Elle est ici pour rencontrer Jorah, un homme qui lui a fourni des informations fausses, croyant stupidement la tromper aussi facilement. D'une démarche assurée et rapide, Lénore foule les pavés d'une ville qui a abrité son bonheur illusoire et les fissures qu'on a infligé à son cœur. Arrivant devant le bordel en question, l'ancienne sirène prend quelques secondes pour prendre une grande inspiration. « JORAH ! » s'époumone-t-elle en claquant sans ménagement la porte du bordel de Jorah. Le parquet craque sous ses pas qui ne cherchent pas à être discrets. A la vue du visage de l'homme, elle se consume toute entière dans un élan de rage infini. Lénore brûle, littéralement, ses joues écarlates trahissent sa fureur, ses cheveux en bataille se balancent en cœur à chaque mouvement de tête. Elle n'a rien de la jeune femme qu'elle était il y a de cela quelques mois, Lénore n'est plus que violence et froideur. Un étrange mélange explosif qui dans un excès de fureur jette à terre tout ce qui se trouve sur la table en face d'elle. « Tu peux m'expliquer pourquoi est ce que les informations que je possède sont fausses ?! FAUSSES ?! Les informations que TU m'as donné ! » Son poing gauche cogne sur cette même table, la faisant trembler tellement fort qu'un bol s'y trouvant se brise en mille morceaux sur le sol. Lénore serre les dents, la rage au fond des yeux et la fatigue dans ses jambes trop frêles pour la soutenir.

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Eliott Green

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MessageSujet: Re: let the storm rage on (jorah)   Dim 24 Mai - 12:31

Bien que pourvu d’un nombre incroyablement élevé de qualités, dont la plupart s’avéraient trop recherchées et subtiles (pour ne pas dire tordues) pour le commun des mortels, Jorah n’était pas patient. C’est pourquoi il faisait les cent pas de sa démarche impérieuse, empressée, devant la porte en merisier chichement décoré qui accueillait son plus grand secret : le cachot insalubre qui hébergeait Rosie, la gosse qui tissait de l’or. Oh, bien entendu, l’anti-chambre du Conseiller Royal n’était pas conçue que pour cette misérable enfant aux jambes brisées et à la langue tranchée. Il voyait plus loin, bien plus loin et désirait compléter sa collection de la plus délicieuse des façons avec deux nouvelles recrues. Sybille, pour cesser de subir son ignoble chantage (et ses histoires assommantes sur son prétendu Maître de la Lumière) Et Selene, à qui il réservait un traitement particulier. De faveur, même, mais de faveur dans la terreur et la misère. Elle l'avait rejeté, elle avait osé le rejeter alors qu'il s'imaginait enfin accepté pour la première fois de son existence. Sans l'avouer – fort heureusement, il avait même eu la bêtise de l'aimer, cette catin, et pour son crime, elle payerait bien davantage encore que ses futures co-détenues...Mais Jorah n’en était pour l’instant pas là et Rosie souffrait de cette absence de compagnie. En réalité, il se moquait royalement des humeurs de sa captive, qu’il ne manquait jamais de torturer bien que jamais il n’attenterait sévèrement à sa vie : la poule aux œufs d’or était trop précieuse pour se voir ainsi sacrifiée sur l’autel de la colère de Jorah, faite de frustrations et d’aigreur envers le monde entier. Cependant, Rosie montrait d’inquiétants signes d’insoumission dernièrement et rêvait à la mort qui la libérerait de son geôlier et de ses multiples sévices, qu’ils soient physiques ou mentaux. Bien sûr, infirme sans ses jambes et démunie de sa langue et de ses cordes vocales pour hurler son mal-être, l’enfant ne pouvait pas accomplir grand-chose pour rechercher son salut. Néanmoins, elle égratignait la patience inexistante de Jorah de ses états d’âme ridicules. Son dernier exploit en date ? Un avant-bras volontairement ensanglanté par le rouet sur lequel elle tissait sans relâche de ses doigts noueux plus d’or que quiconque ne pourrait jamais en dépenser. Sauf Jorah, qui savait toujours quoi faire d’une fortune qu’il justifiait grâce à son bordel lucratif, parfaite excuse. Intriguant et fourbe, il ne manquait pas de laisser une Couronne déficitaire emprunter à moindres frais sur sa fortune personnelle en prenant la liberté de renflouer les caisses lui-même, ce qui créait une dépendance du pouvoir royal à… et bien sa propre personne. Outre ce simple tour de passe-passe, il finançait grassement la rébellion par un nombre élevé d’intermédiaires enchevêtrés, se payait des indics et des hommes de main, des espions et des sorciers à la pelle pour assurer sa propre sécurité ainsi que sa parfaite connaissance des enjeux du royaume et ne manquait pas de soutenir financièrement la Garde Royale, espérant ainsi qu’elle et les rebelles se détruisent mutuellement. Cela ne ferait qu’affaiblir un pouvoir royal d’ores et déjà décrié et rongerait ainsi le trône sur lequel était confortablement assis Beau. Jorah profiterait de dette royale qui deviendrait prochainement écrasante pour se hisser au plus haut, remplacer des hommes par les siens et infliger un Coup d'État. C’était là le doux rêve qu’il chérissait ardemment et pour lequel il ne pouvait prendre le risque de perdre Rosie, aussi parfaitement inconséquente fût-elle. Ainsi, dans sa grande mansuétude, Jorah lui avait promis une compagnie tant qu’elle recommencerait à trembler de peur en l’apercevant et à se soumettre au moindre de ses ordres. A raison d’une fois par mois, avec la promesse d’accroître la fréquence de ses ‘présents’ si la gamine retrouvait sa bonne composition. Il n’aurait su dire depuis combien de temps cela durait mais  c’était trop long à son goût. Rosie ne pouvait fréquenter personne, c’était sujet à controverse : on pourrait lui monter la tête, l’aider à s’échapper ou pire encore, voler un peu de son or. SON or. Cette simple pensée suffit à lui décrocher un frisson d’horreur et Jorah chercha avidement la clef en or qu’il conservait farouchement contre sa peau pour ouvrir la porte et ce qu’il y découvrit le laissa pantois. Le paysan, la tête entre les jambes abîmées de Rosie qui haletait à la manière d’une carpe : de façon silencieuse mais assez obscène pour lui donner envie de la gifler. « Tout bonnement répugnant. » clama-t-il du bout des lèvres sans pour autant détourner les yeux de cet écoeurant spectacle. Le bouseux s’extirpa à grande peine de Rosie – dont les jambes formaient un angle singulier parfaitement inapproprié – et se passa une grosse langue violette sur ses lèvres avant d’esquisser un sourire béat en récupérant sa bourse bien pleine, cadeau de Jorah. Pauvre naïf. Il n’eut qu’à claquer des doigts pour qu’un homme à la silhouette imposante sorte de l’ombre et pénètre à son tour dans la pièce secrète afin d’éventrer sans autre forme de procès cet imbécile heureux dont les lèvres se fendaient encore d’une esquisse extatique. Baiser une infirme muette et empotée, c’est tout ce à quoi il pouvait prétendre, sans doute. Pauvre de lui. Fort heureusement, il n’aurait plus à se soucier de tout cela. Le pauvre fou tenta bien de survivre en s’agrippant machinalement à ses entrailles mais Jorah n’en eut cure. Il se contenta de lui arracher la bourse des mains : « Le fer est plus fiable que l’or. » nota-t-il sereinement pour expliquer sa décision. Qui pouvait lui assurer le silence de ce garnement, une fois à l’extérieur ? Et Jorah ne risquerait jamais tout ce qu’il avait accompli pour la vie d’un avorton. Rosie avait gagné un orgasme, il avait accompli sa part de marché et les yeux écarquillés d’horreur de la gamine ne l’émurent pas un instant. Les yeux rivés sur le cadavre encore chaud, la rouquine refusait de reprendre son post et Jorah s’empara sans douceur de ses cheveux pour tirer son visage en arrière, dans sa direction. « Ma douce, si tu ne te remets pas à tisser incessamment sous peu je me verrais contraint d’enfoncer ton joli minois dans les tripes de ton amant pour t’apprendre à me remercier. Nous n’aimerions pas ça, pas vrai ? » gazouilla sa voix trop doucereuse pour être vraie tandis qu’il relâchait sa poigne de fer sur la tête de la gamine. Celle-ci trembla de tout son corps et Jorah sentit le vent de la révolte. Mais elle n’en fit rien, se contenta d’hocher la tête une bonne quinzaine de fois, apparemment traumatisée, avant de laisser ses doigts noueux à l’ouvrage.  Il esquissa un sourire mauvais, se retourna vers l’un de ses loyaux homme de main – la rare poignée à qui il accordait une relative confiance parce qu’il avait de quoi les menacer – et l’enjoignit à nettoyer son désordre avant de se retirer. Les affaires l’attendaient. Et par affaires, il entendait prétendre bien entendu puisque diriger un bordel n’inspirait pas grand-chose  à Jorah qui méprisait les putes encore plus que le reste du monde. Rien ne lui plaisait plus d’ailleurs que les sentir à ses ordres, soumises, prêtes à tout pour survivre dans un monde qui ne voulait pas d’elles. Non, en réalité ce qu’il préférait c’était leur faire croire qu’il les épargnait après une faute pour mieux les battre jusqu’à ce que mort s’en suive juste à l’instant où la lueur d’espoir s’immisçait dans leurs prunelles reconnaissantes. Pauvres petites garces. Assis avec une nouvelle recrue qui se clamait vierge et imaginait que son hymen préservé jusque là devrait lui valoir un traitement de faveur – Jorah, lui, n’imaginait aucun autre traitement qu’un déflorage violent histoire de calmer ses ardeurs de petite mijaurée supérieure –, le Conseiller se releva rapidement devant l’arrivée impromptue d’une Lenore en rage. Hystérique, inconséquente, terriblement féminine dans tous ses défauts et particulièrement peu engageante sous ses lèvres tremblantes et le sable qui s’accrochait à son visage, la sirène lui donnait des envies de violence et de destruction à se montrer aussi… excessive. Jorah détestait l’excès, c’était un trait qu’il n’appréciait que chez lui puisque son esprit retors le rendait acceptable et bien moins vain que chez cette femelle qu’il ne côtoyait que pour s’emparer d’un joyau appartenant à son peuple. Son vrai peuple, s’entend. « Un peu de tenue je te prie, tu troubles mon respectable établissement. » la coupa-t-il dans sa verve alors que son bras, claquant comme un fouet, vint se saisir sèchement de son poignet laiteux pour le serrer entre sa poigne. C’était si facile de s’en prendre aux femmes quand ses démonstrations de force auraient nettement moins de panache sur des soldats aguerris. Jorah était un cerveau, pas les bras et seuls les faibles méritaient qu’il s’attaque à eux. Il ne pouvait prendre le risque d’être défait, bien qu’il pût aussi vaincre. Loin de se calmer, Lenore poursuivit sa petite scène et il lui décrocha un regard noir avant de tirer sanas ménagement sur son bras pour la forcer à s’assoir à ses côtés. La future pute suivait la scène avec attention, avide, et Jorah dût faire un signe pressant à deux eunuques de sa garde rapprochée pour que ceux-ci ne viennent retirer les oreilles curieuses de la pucelle. « Je t’aurais gracieusement offert une coupe du meilleur vin que tu ne boiras jamais mais j’ai bien peur qu’il gîse dorénavant au sol, à cause de ton désolant coup d’éclat. » Ses lèvres s’étirèrent en un sourire mauvais avant qu’il ne poursuive. « Et puisque tu sembles chercher une explication, laisse-moi te la fournir : depuis le début de notre collaboration, j’ai fait plus que ma part de travail quand, de ton côté, tu peines à me conduire jusqu’à cette petite traînée. Alors dorénavant, mes informations te coûteront bien plus que ce que tu m’offres, Lenore. Je ne puis te laisser me fourvoyer plus longtemps, je ne suis pas assez stupide pour cela. » Oh, en réalité Jorah se moquait de Pocahontas, pute parmi les putes, bête parmi le bétail, rien de plus. Ce n’était qu’une excuse pour se rapprocher de Lenore dont il connaissait la réelle identité pour s’emparer enfin du joyau détenu par son peuple. Celui qui lui permettrait de contrôler les esprits les plus manipulables afin de s’élever enfin au plus haut, comme il l’avait toujours rêvé… « Et si j’étais toi, je cesserais de me répandre en scènes de complète hystérie. Crois-moi Silver, tu n’aimerais pas atteindre les limites de mon infinie patience. » murmura indolemment sa voix de velours, mielleuse et fausse à souhait. Jorah venait d’avouer, l’air de rien, qu’il savait pertinemment qui elle était. Si cela était une menace déguisée ? Parfaitement.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: let the storm rage on (jorah)   Dim 21 Juin - 21:01


    Parfois, Lénore se retrouve sur le fil. Prête à abandonner cette quête qu'elle a fait sienne, cette revanche folle, cette course infinie, immense, irraisonnable. Parfois, elle aimerait que quelqu'un, n'importe qui, un homme, une femme, un enfant, pose une main sur son épaule, dans son dos, sur son visage et puisse, d'un geste, d'un seul, faire s'envoler toute la violence qui étreint son cœur si tenacement qu'elle en étouffe. Mais elle ne peut pas abandonner car c'est tout ce qui lui reste, tout ce à quoi elle s'accroche, se raccroche. Elle s'est oubliée dans la fureur de sa folie nouvelle. Lénore n'est pas celle qu'elle a été, elle n'est plus cette jeune fille au regard doux et au sourire fière. Elle ne le sera plus jamais. Elle n'est plus rien d'autre qu'une femme-ombre, une douce furie, chassant un homme-courant d'air afin de lui faire payer ses égarements dans d'autres draps, sur d'autres lèvres, entre d'autres cuisses, dans d'autres corps que le sien, afin de lui faire payer toutes les injustices que la vie a mis sur le chemin de l'ancienne sirène. Lénore - autant que Silver - a été naïve et a cru en la bonté des Hommes. Elle sait à présent que les humains sont des êtres qui vous décevront toujours, tôt ou tard. Ils fautent ou vous abandonnent alors que leur cœur avait juré de s'accordrer aux battements du votre. Et elle refuse, à présent, de pardonner, ce serait bien trop facile, beaucoup trop doux. Il semble qu'elle se soit levée un matin et qu'elle ait décidé qu'ils doivent payer : John, Sybille, Thorn et tous les autres, tous ceux qui ont cru qu'ils pourraient la blesser et s'en tirer sans une égratignure. Jorah attrape son bras qui vole dans l'air et enserre de ses doigts son poignet mais Lénore se débat et se libère de son emprise. « Je ne suis pas sûre que respectable soit le mot adéquate. » grogne-t-elle entre ses dents. Jorah n'est respectable qu'en apparences - et encore - et le bordel qu'il gère la dégoûte. Elle qui chérie sa liberté, son indépendance et sa fierté féminine parfois mal placée, ne peut imaginer comment une femme puisse vouloir ou accepter de se réduire à n'être qu'une poupée, malléable, un objet sexuel que les hommes de la capitale usent, souillent et jettent sans une arrière pensée. Ce n'est que lorsque les paroles de Jorah percutent ses tympans que Lénore se fige, comme frappée par la foudre. En elle, tout s'entrechoque. « Qu...Qu'est ce que... Quoi ? Comment ? Qu'est ce que ça veut dire ? » Son regard noir enserre son interlocuteur. Bien qu'elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, Lénore a toujours eu peur de Jorah, avec lui elle marche avec hésitation dans un jeu dont elle n'est pas sûre de ressortir gagnante et dans lequel il possède bien plus de pions qu'elle. Il l'effraie. C'est quelque chose dans ses yeux, dans ses paroles sucrées, écœurantes, dans ses gestes secs et ses mots déguisés. Jorah n'est pas un simple loup. Il est bien pire. Il est celui qui tient en laisse la meute de chiens, prêts à attaquer au moindre signal de sa part. Elle fait un pas en arrière dans un reflexe pour se protéger de la menace qui plane dans l'air et qu'elle n'avait pas prévu. « Silver n'existe plus. » Et c'est vrai. Silver git entre les vagues, sur les flots, dans les bras de la mer, dans les profondeurs de l'océan. Silver n'est rien d'autre qu'un prénom, un souvenir flou, une cicatrice qui ne s'estompe pas. Pour tous à présent, elle est Lénore, orpheline et courageuse, maîtresse de son destin. Alors, comment Jorah peut-il savoir pour cette part d'elle-même qui git au fond de son âme, assoupie pour l'éternité ?


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MessageSujet: Re: let the storm rage on (jorah)   Sam 29 Aoû - 23:49

Jorah détestait les femelles et traiter avec celle d’entre elles qui cristallisait leurs pires défauts égratignait son éternel sang-froid. Alors qu’elle s’agitait inutilement, il s’imaginait abîmer son beau visage. Il commencerait sans aucun doute par ses yeux. Ses yeux enflammés où semblait brûler une haine infinie, il rêvait de les lui arracher sans autre forme de procès. Elle perdrait sans aucun doute de sa superbe, privée de ce qui la rendait si farouche et fière. Ensuite… et bien il ne savait pas, cela dépendrait de son humeur et de son niveau de frustration. Mais Jorah rêvait de la dénaturer de tout ce qui la rendait si belle, de lui ôter tout ce qu’elle possédait et qui était en mesure d’affaiblir même le plus maîtrisé des hommes, même lui. Depuis qu’il était forcé de la côtoyer, il avait à de nombreuses reprises rêvé de la posséder, de la soumettre à la violence de ses fantaisies, de la besogner sans douceur ni tendresse, de lui faire mal. De la blesser non pas dans son chair mais dans son ego malvenu de femme libre et moderne qui pensait naïvement pouvoir échapper jusqu’à la fin au système patriarcal de King’s Landing. A son âge, elles étaient toutes mariées, de gré ou de force, et celles dont personne n’avait voulu mendiaient dans des ruelles inconvenantes ou offraient leurs charmes ici même. Mais Lenore se croyait au-dessus de sa condition, elle pensait pouvoir tout avoir : l’influence, la richesse et sa vengeance. Et si Jorah pouvait lui offrir la dernière sur un plateau d’argent, il ferait en sorte de tout lui reprendre. Elle serait sienne à l’instant même où elle lui aura apporté ce qu’il convoitait tant. Dès sa part du marché tenue, Lenore disparaîtrait de la face du monde, elle s’évanouirait dans le paysage et il lui inventerait une histoire à la hauteur de ses aspirations vaines. Personne ne la chercherait, louant sa réussite et il jouirait d’elle, bien à l’abri dans sa pièce. Elle rejoindrait le rang de ses trophées, Selene et Sybille, Pocahontas et la pauvre Rosie qui se sentait si seule. Et quand il en aurait fini avec elle, quand la fière Lenore ne l’amuserait plus, Jorah se ferait un plaisir de laisser libre cours à la rage qu’elle faisait si aisément courir dans ses veines. Elle serait un chef d’œuvre aux côtés duquel les jambes brisées de Rosie, sa langue arrachée et ses multiples cicatrices feraient pâle figure… C’est cet avenir radieux qui permit à Jorah de demeurer calme et patient, parfaitement moelleux et tempéré en son insupportable présence. Même avec la meilleure volonté du monde, le Conseiller ne comprenait pas pourquoi les hommes perdaient leur temps à écouter ce qui sortait de la bouche des femmes. « Je ne suis pas sûr que ton opinion ait une quelconque importance. » Jorah la coupa – en la singeant dans un sarcasme grinçant –  d’un sourire sirupeux et parfaitement hypocrite. En réalité, il était certain du contraire : il se contrefichait de son opinion et la pauvre ne pouvait imaginer combien elle avait tort. Lui aussi méprisait le bordel et pire encore, tous les tordus qui le peuplaient. Ce n’était qu’un écran de fumée pour justifier la fortune qu’il possédait et investissait intelligemment, rien d’autre. Un leurre. Mais pour saisir cette subtilité, il fallait un esprit affuté et Lenore ne pouvait le posséder parce qu’elle était une femme et pire encore, une femme soumise à ses émotions bouillonnantes, asservie par sa colère et ses grands gestes inconséquents. « Quoiqu’à la réflexion, tu ferais une parfaite prostituée. Certains seraient enchantés à l’idée de canaliser ton inépuisable énergie. » Jorah se moquait d’elle en insistant sur ce qui semblait tant la répugner, laissant un regard frondeur glisser lentement le long de ses courbes. Il la jaugea comme un paysan de la province aurait contemplé n’importe quelle bovin et s’amusa de la colère qu’il cherchait à lire dans ses prunelles. Cependant, il disait vrai : certains puissants déviants auraient donné beaucoup pour se faire humilier par une telle femme. Jorah peinait à comprendre ces malades mais, en revanche, il accordait aisément des largesses à ceux qui brisaient ses putes, emportés par des élans frénétiques. Ils pouvaient les battre, les abîmer, la marchandise ne manquait pas et il fermait les yeux, tant que les bourses s’ouvraient plus largement. Après tout, il ne les traitait pas mieux lui-même, bien qu’il ne les touchât pas : elles n’étaient pas tout à fait des êtres humains à ses yeux. Pressé d’en finir avec Lenore et ses grands airs qui lui donnaient des envies de violence, Jorah en vint au fait en dévoilant la carte la plus précieuse de son jeu. Affirmer qu’il se délecta de la surprise qui figeait ses traits serait sous-estimer l’allégresse que la confusion de Silver lui procura. Il n’aimait rien de plus que d’avancer ses pions dans la bonne direction en sentant que la partie venait d’atteindre un tournant tout à fait favorable pour lui. La reine serait très prochainement avalée par son Roi, il le sentait. Jorah se délectait de son avantage sur la sirène et les mots si peu éloquents qui s’échappèrent de ses lèvres, elle si souvent vindicative, eurent un avant-goût divin. Celui de la victoire écrasante. « Ne joue pas à l’idiote avec moi. Tu sais parfaitement ce que cela signifie. » susurra-t-il en soutenant son regard noir qui le laissait de marbre. Tout juste lui donnait-il envie de la gifler pour lui apprendre à se montrer aussi insolente. Ne comprenait-elle pas que sa vie ne tenait qu’à un fil, celui que dans sa grande mansuétude il préservait ? Jorah ne s’entourait pas pour rien. Il s’entourait pour diviser, pour corrompre, pour intimider et pour éliminer, aussi. Un seul geste, un seul mot, et la pauvre sirène répandrait ses entrailles sur le chêne massif  de son sol et ce serait un sinistre gâchis puisqu’il savait par expérience que les souillons avaient le plus grand mal à retirer les tâches de son sang du parquet. La pirouette de l’impétueuse sirène ne l’impressionna pas et il se releva pour glisser derrière elle. Jorah aurait pu être un comédien talentueux tant il insufflait une dramaturgie évidente dans chacune de ses scènes. Lorsqu’il assassinait une prostituée trop bavarde ou peu rentable, il organisait une chasse sous forme de partie de cache cache et la laissait croire qu’elle aurait la vie sauve jusqu’au dernier moment, pour le simple plaisir de surprendre la lueur d’espoir au fond de ses yeux bientôt sans vie. Lorsqu’il exposait ses idées grandioses lors des Conseils restreints, il en allait de même. Jorah leur donnait vie d’une telle façon que même les plus récalcitrants – et ils étaient nombreux – finissaient par se joindre à sa cause. Ici, il en fit de même, se délectant de la tension qu’il sentait régner entre cette femelle qui le haïssait et sa personne. Il entoura les frêles épaules de la sirène d’une poigne ferme et les serra entre ses doigts alors qu’il murmurait à son adresse, juste pour elle. « Silver a peut-être hérité de jambes grotesques mais son sang coule toujours dans tes veines. » Sa voix de velours n’en restait pas moins inquiétante, dévoilant lentement la menace sous-jacente. Les mains de Jorah abandonnèrent leur prise sur les épaules pour courir le long de sa nuque et arrêter leur danse juste où palpitait sa carotide saillante, bien nette, si aisée à atteindre, si tentante… « Bon nombre de mes amis marchands noirs me payeraient une fortune pour ça… » Et Lenore était bien placée pour savoir combien il aimait l’argent. Sans ajouter quoi que ce soit, conscient que la sirène était assez subtile pour comprendre la menace qui planait au-dessus de sa tête bien faite, Jorah reprit sa place initiale, en face d’elle, pour établir les termes de leur nouveau marché. Qu’elle protège sa précieuse Pocahontas si elle y tenait, elle ne lui importait pas autant que ce qu’il désirait réellement de cette collaboration. « Mon silence se monnaye, très chère. Et tu es chanceuse, ton peuple détient précisément ce qui l’achètera. » Dans les yeux de Jorah brillait la convoitise et celle-ci se refléta jusque dans l’éclat des dents que dévoilait son sourire reptilien, inquiétant. Alors Silver, quel sera ton choix ? La soumission ou bien ton trépas ? Il mourait d’envie de le savoir, suspendu à ses lèvres désirables, lui qui ne s’épanouissait qu’en détruisant ceux qui s’approchaient trop près.

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MessageSujet: Re: let the storm rage on (jorah)   Mar 3 Nov - 23:25

    Contre son corps longiligne, Lénore serre ses poings très fort, à s'en faire mal, ses ongles rentrant dans ses paumes, dans sa chair, presque à en saigner. Il la compare à une de ces prostitués croupissant dans son bordel et un rire s'échappe de la gorge de l'ancienne sirène. Elle déteste cet homme, cette façon qu'il a de jouer avec les autres, genre chat avec une souris, ses yeux perçants, ses sourires mielleux, dégoulinant de fausseté, ses gestes et l'intonation de sa voix lorsqu'il se fait menaçant. Au fond, ce n'est pas la même haine que celle qu'elle ressent pour Sybille, Thorn ou John - parfois Pocahontas - il ne s'agit que de mépris. Elle n'avait pas ça avant, cette haine au bout des doigts, au creux des poings, au fond du cœur. C'est venu avec John et son cœur brisé. C'est ce qu'elle croit, mais peut-être que, finalement, toute cette haine était déjà là avant. Elle n'était qu'assoupie, tapie dans l'ombre de son bonheur, attendant son heure de gloire. Comment peut-on vivre avec toute cette haine en soi sans s'y noyer ? On ne peut pas : chez Lénore, elle a tout ravagé, absolument tout, et n'a laissé derrière elle que des champs brûlés et des demeures abandonnées. « Le compliment m'honore. » raille-t-elle, son regard furieux planté sur le visage de Jorah. Lénore crache et sur ses lèvres traîne un sourire bancale, furieusement faux, qui lui donne envie de vomir. Personne ne lui avait jamais parlé ainsi, de cette voix menaçante. Personne ne l'avait jamais fixé ainsi, avec des poignards cachés dans le regard. Personne ne l'avait jamais effleuré ainsi, presque comme s'il s'apprêtait à passer ses mains autour du cou gracile de l'ancienne sirène et de le tordre. D'un coup, d'un seul. Il lui tourne autour, comme un vautour, l'effleure et elle frissonne, incapable d'esquisser le moindre mouvement. Lénore se fige sur place façon sculpture de glace, mais elle ne fond qu'à l'intérieur, à l'extérieur elle a des airs de statue de marbre. Jorah part à la recherche d'une plaie, d'une cicatrice, d'une trace, il ouvre une brèche profonde dans laquelle elle se sent tomber. Et il n'y a rien à quoi se raccrocher. Rien ni personne. Son cœur trop écorché se soulève dans sa cage thoracique. Elle a été Silver, courageuse, fière, orgueilleuse, parfois trop naïve. Elle a été cette créature, ni femme, ni poisson, aux allures de déesse. Elle a été cette jeune fille envoutante, enivrante. Elle a été inoubliable et libre. Bien sûr, on se retourne toujours sur son passage, parce qu'elle est belle, Lénore, imposante même, mais ce n'est pas la même chose. D'avoir été tout ça à la fois, ça ne s'oubli pas. Elle a cru pendant des années que Silver avait été emporté par les vagues, englouti par l'océan, mais elle se trompait puisque Silver vit en elle. Elle est présente dans chaque geste, dans chaque pas qu'elle fait sur la terre ferme, dans chaque sourire qu'elle jette au hasard : Silver existe en filigrane. En transparence la sirène survit. « Tu n'obtiendras rien de "mon" peuple, crois moi. On me croit morte ou, au mieux, disparue. » Lentement, tout son corps s'affaisse. Elle tombe sur un fauteuil non loin de là. Elle ne fait plus partie des leurs puisqu'elle possède des jambes et que même l'océan, qui avait des allures maternelles, la rejette : elle est autre, étrange, étrangère. « Que veux-tu ? Que veux-tu exactement ? » Elle appuie sur le mot exactement et vient affronter le visage de Jorah, sans siller. Elle n'a pas vraiment peur de lui : elle devrait.

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“ I am too afraid of life and of love to know how to trust. „
Her mind was like her room, in which lights advanced and retreated, came pirouetting and stepping delicately [...] and then her whole being was suffused, like the room again with a cloud of some profound knowledge, some unspoken regret, and then she was full of locked drawers, stuffed with letters, like her cabinets.
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let the storm rage on (jorah)

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