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 the clearest way into universe is a forest.

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Clare Waters

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: the clearest way into universe is a forest.   Dim 6 Mar - 11:10

nate + clare
blood is thicker than water.
unknown ~ proverb.

Clare avait attendu. Après tout, ce n'était pas comme si Brody ne l'avait pas habituée à ce genre d'escapades. Il était comme ça, l'autre frère Mayer, imprévisible à sa propre façon, bien plus supportable que celle de son abominable frangin. Elle avait donc laissé passer deux jours. Puis trois. Puis cinq. Et c'était en se levant aujourd'hui (ou plutôt, en s'extirpant du lit après une lourde et honteuse cuite) et en constatant qu'elle n'avait reçu aucun message de Brody que la pointe de l'inquiétude avait commencé à s'enfoncer lentement, mais sûrement, dans son estomac. Se redressant tant bien que mal, elle fit défiler la liste des contacts dans son téléphone. Qui là-dedans pouvait bien savoir où se trouvait son ami ? Après tout, c'était quelqu'un de très apprécié en ville. Et en randonneur chevronné, il ne serait jamais parti sans avoir prévenu quelqu'un… Mais après quelques coups de fils (où elle tenta au mieux de dissimuler sa voix cassée par la soirée karaoké de la veille), l'inquiétude fit place à l'angoisse. L'angoisse, elle était bien plus insidieuse. Plus prenante. Elle serrait sa gorge, retournait son estomac. Non, lui avait-on dit, je n'ai pas vu Brody. Tu as essayé Untel ? Ou Unetelle ? Le prénom honni, celui qu'elle ne voulait plus jamais entendre, ni prononcer, ni penser, était même parfois revenu dans la conversation. Comme s'il se souciait de savoir où son frère était ! Seul le dernier appel lui donna un peu d'espoir, un ami de Brody lui assurant qu'il comptait partir en excursion en forêt. Cinq jours en forêt… Pris dans un étau, son coeur se serra comme si c'était encore possible. Il pouvait déjà être loin, et dieu sait comme les forêts environnant Fairview étaient dangereuses. Elle y avait passé de longues heures. Elle connaissait le rythme de la vie qui habitait ces bois, les animaux qui y régnaient en maître. Les ours, notamment. Un frisson remonta l'échine de Clare, et elle sut que ce n'était pas l'après-coup de sa soirée trop arrosée. Cette fois, elle avait peur. Et si Brody avait été trop insouciant ? Si au détour d'une ascension, il était tombé quelque part ? Elle l'imaginait, brisé, seul, le visage battu par la pluie. Au cours des années précédentes, quelques accidents du genre étaient arrivés à Fairview… Clare se leva brusquement. Non. Non, elle ne laisserait pas ça arriver. Elle irait chercher Brody, coûte que coûte, dut-elle se faire dévorer par des loups ! En dix minutes, elle fut prête, non sans avoir fait un détour par l'armurerie. Autrefois, c'était là où ses illustres ancêtres gardaient leurs sabres improbables et leurs vieux pistolets. Si elle avait gardé quelques antiquités, Clare avait remplacé la plupart des armes qui traînaient là par ses propres possessions, et c'est ainsi qu'elle embarqua deux fusils et une ribambelle de munitions différentes à l'arrière de son pick-up. En emporter autant lui paraissait logique ; en revanche, le fait d'amener deux fusils la faisait grincer des dents. Car bien sûr, elle allait le faire. L'idée s'était imposée d'elle-même, dès qu'elle avait posé les yeux sur son nom, en évaluant qui pourrait bien l'aider dans sa quête. Nathaniel. Pendant qu'elle se préparait, l'idée s'était immiscée derrière son crâne, et alors qu'elle empruntait le chemin de terre qui menait jusqu'à l'orée du bois, elle semblait de plus en plus implacable. Clare ne pouvait se lancer dans ce quoi elle reprochait à Brody d'avoir fait, c'est-à-dire partir seule, sans prévenir. Et puis, à deux, ils avaient doublement la chance de retrouver l'aîné Mayer. Le fait de se retrouver avec Nate seule dans les bois ne l'enchantait absolument pas, mais il était la seule personne qu'elle voyait pour le rôle. Et puis, merde, c'était son frère ! Arrivée à la limite du chemin, Clare stoppa brutalement le véhicule et descendit, attrapant son sac et son fusil. L'immensité de la forêt la frappa une nouvelle fois, à croire que la nature était la seule chose véritablement capable de l'étonner encore et encore. Elle y avait pourtant passé des heures, des jours même, dans ces grands arbres, à l'abri des regards et de la ville. Jusqu'à présent, elle avait toujours considéré ces grands êtres comme des amis mais s'ils lui avaient pris Brody sans prévenir… Son sang se glaça à cette pensée, et elle préféra la conjurer en envoyant un message sommaire à Nathaniel. En appuyant sur envoyer, elle ne parvenait toujours pas à croire qu'elle lui demandait de l'aide. Mais les vieilles habitudes ne mourraient pas si facilement, et quand elle avait besoin de surmonter une épreuve, c'était vers lui qu'elle se tournait. « Il faut qu'on parle. Rejoins-moi à l'entrée de la forêt. » Et s'il ne répondait pas ? Et s'il l'avait balayée de sa vie, sans états d'âme ? Une moitié d'elle avait envie d'y croire, pour être enfin débarrassée de ce qui lui vrillait le coeur.  Mais une autre, pour Brody, espérait qu'il réponde à son appel. Elle ne pouvait pas affronter la forêt seule, pas alors que les nuages couvraient le ciel d'une ouate noire, pas alors que les oiseaux s'étaient tus, présage sinistre d'une menace tapie dans l'ombre.

(c'est court, désolée...)

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Nathaniel Mayer

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MessageSujet: Re: the clearest way into universe is a forest.   Lun 28 Mar - 15:30

Accoudé au comptoir dans la vaste cuisine de sa mère, Nate retint un soupir tandis que celle qui l’avait mis au monde allait et venait en agitant les mains nerveusement. Comme ses frères, il avait été ‘sommé’ de rejoindre la propriété Mayer, ignorant complètement la raison de cet appel. Maintenant, il lui apparaissait clair qu’il s’agissait d’un appel à l’aide d’une mère paniquée qui n’avait plus de nouvelles de l’un de ses oisillons. Tout comme lui, August, Nicholas et Timothy observaient le comportement maternel d’un air interloqué. Certes, ils avaient tous admis ne pas avoir réussi à joindre Brody ces derniers jours mais était-ce si dramatique ? C’était un homme adulte, il avait peut-être pris un week-end bien mérité sans prévenir personne. Après tout, il n’avait pas de femme, pas de petite amie connue non plus alors il était libre de faire ce qu’il voulait. À moins que sa disparition ait justement un lien avec une mystérieuse dulcinée ? Qu’importe, Nate se fichait pas mal de la raison du silence radio de Brody, ce qu’il appréciait moins, par contre, c’est d’être prisonnier de cette demeure à cause de celui-ci. Les ainés tentèrent bien de calmer leur mère en objectant ou en émettant des suppositions mais Nate voyait bien que c’était inutile, elle était persuadée que quelque chose était arrivé à Brody et elle trouvait inconcevable qu’ils ne partagent pas la même angoisse. « Si tu t’inquiètes tant que ça, appelle la police » suggéra Nate d’un air nonchalant, s’attirant immédiatement les foudres des regards des trois autres fils. « Je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus. Qui a les moyens de localiser Brody ? Non, personne ? » Rendu insolent par son impatience, il se redressa et fit mine de prendre congé des Mayer mais sa mère ne l’entendait pas de cette oreille. « Tu le regretteras amèrement si quelque chose lui est arrivé, Nathaniel. Je sais que vous ne vous entendez pas comme il se devrait mais tu ne peux pas être aussi insensible au sort de ton frère » Nate accusa le coup en levant les yeux au ciel. « Il ne t’est pas venu à l’esprit que s’il ne répondait pas c’est peut-être parce qu’il n’a pas envie d’entendre parler de nous ? » rétorqua Nate qui avait presque le sentiment de connaitre davantage Brody que tous les autres réunis. Il savait, par expérience, que si l’entente n’était pas cordiale, c’était principalement à cause de leur éducation mais essentiellement dû à Clare qui l’avait toujours préféré à Brody. Il n’avait simplement par compris l’importance de cette préférence jusqu’à il y a peu. Quant à Brody, si vraiment il désirait être seul, Nate était à peu près certain qu’il était la dernière personne que son frère voudrait voir débarquer. « Comment peux-tu dire une chose pareille, Nathaniel ? » s’insurgea-t-elle en le regardant avec de grands yeux. « Nous sommes une famille ! » Nate ne put réprimer un rire sonore en secouant la tête et il vit très bien qu’aucun d’eux ne comprenait son comportement. Il avait toujours été le trouble-fête, le rebelle, celui qu’on ne pouvait maitriser mais qu’on s’efforçait d’excuser d’un sourire indulgent. Comme s’il n’était qu’un garnement indiscipliné. À cet instant précis, Nate n’était pas indomptable, il était en colère. Les comprendraient-ils jamais ? Paradoxalement, il ne se sentit jamais aussi proche de Brody que là, sous l’œil scrutateur des siens. Il s’apprêtait d’ailleurs à en rajouter une couche lorsqu’un appel sonore provenant de sa poche l’en détourna. Un regard à l’écran le déconnecta complètement de la conversation en cours. Enfin ! Clare ne pouvait pas avoir choisi meilleur moment que celui-là pour le contacter – même si, à nouveau, il avait l’impression de recevoir des ordres, ce qui ne lui plaisait que moyennement. « Je dois y aller » déclara-t-il en se redressant, prenant la direction de la porte. « Nathaniel ! » s’exclama sa mère, choquée par l’attitude de son benjamin. « Plus tard. Je vous dirai si j’ai de ses nouvelles » l’interrompit-il en disparaissant, ne se doutant pas une seule seconde qu’il quittait une discussion centrée sur Brody pour en rejoindre une autre.
Il roula plus vite que d’habitude, lui qui appuyait déjà trop sur l’accélérateur en temps normal. Impatient de retrouver Clare et de rompre ce silence assourdissant qui le hantait depuis qu’elle lui avait avoué ses sentiments. Il avait rangé cette partie de l’histoire dans un coin de son cerveau, incapable d’y apporter l’attention nécessaire mais maintenant qu’il rejoignait Clare, il voyait l’ampleur du nœud qui étranglait leur amitié et il ne savait comment y remédier. Comptant sur le fait qu’elle ne manquerait pas de donner le ton à leurs retrouvailles, Nate préféra ne pas trop pousser la réflexion. Si l’aveu de Clare l’avait pris de court, il avait été incapable d’analyser son propre ressenti et il se trouvait presque au même stade que la dernière fois qu’il l’avait vue. Sa voiture s’engagea sur le sentier qu’ils avaient souvent parcouru quand ils étaient adolescents. En remontant le sentier cahoteux, Nate réalisa qu’il n’avait aucune idée de ce que Clare avait pu vivre. À quand remontait son attirance ? Avait-elle toujours été là ou s’était-elle insinuée ces dernières années avant d’être ruinée par la découverte de l’affaire Cartwright ? Nate chassa cette pensée de sa tête. Il ne voulait pas essayer de deviner, s’il n’avait pas été capable de le déceler jusque-là, il n’arriverait certainement pas à analyser deux décennies d’amitié voilée et tronquée. Lorsqu’il arriva sur la dernière dizaine de mètres, il aperçut le véhicule de Clare et il vint se ranger à côté de celui-ci, ne remarquant qu’à ce moment-là à quel point son cœur lui semblait lourd et emprisonné. Il sortit de la voiture et observa la jeune femme par-dessus le toit du véhicule. « T’avais pas plus éloigné comme endroit pour me donner rendez-vous ? » demanda-t-il en affichant son masque goguenard, meilleure arme contre le désarroi qui lui étreignait la cage thoracique. Puis il aperçut son attirail et plaisanta : « Oh, je vois. Si c’est pour m’abattre que tu m’as appelé, je passe mon tour ». Quelque chose planait, et ce n’était pas seulement leur relation désarticulée. Il leva le nez et observa le ciel menaçant : « Tu ne préférerais pas aller discuter ailleurs ? Ça se gâte » dit-il en reportant son attention sur Clare. Comme il détestait cette sensation d’avoir affaire à une étrangère, comme il détestait la savoir si distante quand elle était la seule qui avait véritablement compté jusque-là, même s’il ne le comprenait que maintenant.

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MessageSujet: Re: the clearest way into universe is a forest.   Dim 17 Avr - 18:28

Penchée sur son téléphone, Clare observait le dernier message envoyé avec le sentiment qu’elle venait encore une fois de se jeter dans la gueule du loup. Qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Se retrouver seule avec Nate, dans la forêt, alors que la tempête grondait, littéralement et figurativement ? Et encore, c’était s’il venait. Après tout, pourquoi aurait-il fait l’effort de se déplacer ? L’amertume de Clare brouillait son jugement, mais après tout, elle avait bien vu de quoi il était capable : Nate Mayer n’avait pas la plus grande des considérations pour le reste du genre humain. Elle espérait simplement qu’il ferait une exception. Pas pour elle, ça, elle avait cessé depuis bien longtemps d’y croire. Mais pour Brody. A force de plonger dans ses souvenirs, Clare avait réalisé malgré les tensions et les jalousies qu’il y avait pu avoir entre les frères Mayer, ils avaient eu de bons moments ensemble. C’était sur ces souvenirs qu’elle comptait pour motiver Nate à l’accompagner dans sa tête. Et puis, c’était son frère ! Elle qui était fille unique, elle avait toujours envié la large famille des Mayer, leurs bruits, leurs rires, leurs désordres. C’était grâce à eux qu’elle avait pu s’échapper du quotidien morne et sévère que sa mère avait toujours voulu lui imposer. Aujourd’hui, elle réalisait que les remontrances et les disputes avaient été une façon comme une autre pour une mère d’exprimer son amour et son inquiétude. S’il était trop tard pour rattraper le temps perdu désormais, Clare se figurait qu’elle pouvait encore sauver les meubles. Et qu’importe que ce ne soit plus jamais la même chose ; si elle pouvait, ne serait-ce qu’une fois, réparer les erreurs et panser les blessures, elle le ferait. Elle décrocha son regard de son téléphone pour mieux lever ses prunelles vers le ciel : elle n’y trouverait pas plus de réponse que sur son écran, mais elle espérait que l’inspiration – ou mieux, le courage – lui vienne. Les gros nuages sombres s’amoncelaient au-dessus de la forêt. L’air était frais. Une légère brise souleva les feuilles des arbres, les faisant gémir. Clare frissonna, de froid comme d’appréhension. Mais bientôt, le silence inquiétant fut tranché par le vrombissement familier d’une voiture et il n’y eut plus que le sang qui battait à ses tempes et la brusque chaleur qui naissait sur ses joues. Elle observa sans bouger la voiture de Nate se garer à côté de la sienne, et ne broncha pas lorsqu’il sortit. A sa grande surprise, son cœur ne fit pas de bond à la vue de son ami. Il n’avait pas changé. Il n’y avait autour de lui ni halo luminescent ni aura sombre. Il était un homme comme tous les autres. Un humain comme elle, pas le dieu qu’elle l’avait imaginé être pendant si longtemps. C’est pourquoi elle ne cilla pas lorsqu’il lui adressa ce sourire pourtant si ravageur qui l’avait faite fondre plus d’une fois. « Il y a une bonne raison à ta présence ici. » répondit-elle froidement. La seconde remarque ne tarda pas à lui faire lever les yeux au ciel et elle le considéra d’un œil blasé. « Mais si j’avais voulu te faire disparaître, je m’y serais prise autrement, crois-moi. Tu ne mérites pas l’effort que tout ça implique. » Elle resserra sa prise sur son fusil et serra les dents pour ne pas en dire plus. Le venin qui lui brûlait la gorge ne servirait à rien. Elle ne devait pas gaspiller son énergie à s’agacer contre les manières de Nate, mais plutôt la consacrer à la recherche de Brody. « On ne va pas ‘parler’. » lâcha-t-elle finalement. Au loin, le grondement du tonnerre retentit. La brise reprit, puis mourut aussi vite qu’elle était apparue. La forêt devenait de plus en plus sombre. Tout comme l’humeur de Clare. « Tes mensonges ne m’intéressent pas. En revanche, ce qui a bien pu arriver à ton frère, ça, ça m’intéresse. Il a disparu depuis quelques jours et je vais aller le chercher. » Elle se tut, guettant une réaction. Un second coup de tonnerre la somma de conclure : « Si je t’ai amené ici, c’est pour que tu m’aides. Les chances de survie s’amenuisent au fur et à mesure que le temps passe. Il pourrait être tombé au fond d’un fossé, ne plus avoir de nourriture, s’être fait attaquer par un ours, tu sais comment il est, c’est une tête brûlée. » L’agacement dans la voix de Clare était palpable. Qu’avait-elle fait au Bon Dieu pour se retrouver emberlificotée des frères Mayer ? Entre le Don Juan et le casse-cou, elle n’avait vraiment pas que ça à faire. Mais elle n’avait pas le choix. Elle était liée à eux, d’une façon ou d’une autre, et qu’elle soit damnée si elle les abandonnait à leur sort. Elle se retourna pour attraper son sac à dos et le second fusil dans le coffre de son pick-up, puis reporta son attention vers Nate. « Tu veux qu’on discute ? Tu viens avec moi. » Clair, net et précis.

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MessageSujet: Re: the clearest way into universe is a forest.   Jeu 5 Mai - 22:24

S’il avait connu la formule magique pour tout effacer, il l’aurait fait. Rembobiner jusqu’au moment où tout avait dérapé. Mais cela faisait-il remonter le temps loin ? Devait-il attendre le tournant où elle lui claquait ses quatre vérités à la figure ou devait-il poursuivre interminablement jusqu’aux premiers instants où elle avait commencé à deviner son émoi ? Comment les choses auraient-elles évolué si tout avait été dit à cœur ouvert, s’il n’avait pas endossé involontairement ce rôle de pauvre type désinvolte insensible aux sentiments des autres ? Sa relation avec Brody en aurait-elle été améliorée ? Aurait-il développé un amour inconditionnel pour sa meilleure amie ? Formeraient-ils un couple indestructible aujourd’hui, pour le plus grand bonheur des Mayer ? Comment le savoir ? Il était de toute manière trop tard pour revenir en arrière et Nate ne pouvait plus que compter avec le présent et ce qu’il comportait : une Clare glaciale, distante, qui ne désirait plus rien avoir à faire avec lui. Du moins jusqu’à maintenant. Nate ne pouvait ignorer le sursaut d’espoir qu’il avait ressenti en découvrant son appel, même s’il était concis et mystérieux. Il n’avait pas fait de pas vers elle, persuadé que ça ne ferait que l’éloigner encore plus, mais attendre qu’elle lui revienne s’était avéré un véritable supplice. Il n’aspirait donc qu’à mettre tout ça derrière eux, même s’il ignorait s’il y avait seulement une solution au problème étriqué qui se jouait entre eux. Pensait-il vraiment désamorcer le conflit avec de l’ironie ? Honnêtement, oui. Il comptait sur leur complicité d’antan pour déverrouiller la rancœur que Clare éprouvait à son encontre. Mais cela semblait compromis, vu la sècheresse de son ton. Elle n’était pas là pour s’amuser et était visiblement déterminée à ne pas se laisser amadouer si facilement. Pinçant les lèvres, Nate fronça les sourcils et la jaugea. Son humeur ne s’était pas améliorée, apparemment, et il commença à se demander si elle l’avait fait venir pour aborder leur relation – ou non-relation, dans ce cas-ci – ou pour tout autre chose. Il ne releva pas l’insulte, il savait à quel point elle pouvait avoir des répliques acérées et il n’avait aucune intention de se vexer. Après tout, il était en tort, il était celui qui avait causé ce trouble et il était prêt à en assumer les conséquences. « D’accord… tu m’expliques ce qu’on fout là, alors ? » Et comme pour l’avertir du danger imminent, l’orage gronda. Nate porta instinctivement son regard en direction de l’éclair qui zébra les nuages. Ça paraissait loin, pour l’instant, mais il vivait depuis suffisamment longtemps dans la région pour savoir que le temps pouvait se dégrader en quelques minutes. L’endroit n’était pas sûr mais cela ne semblait pas effleurer l’esprit de Clare. Lorsqu'elle reprit la parole, Nate s’efforça de détourner son attention de la tempête pour se concentrer sur l’autre ouragan, celui aux grandes prunelles chocolat qui ne paraissaient plus avoir aucun égard pour lui. À l’évocation de Brody, Nate poussa un grognement las et leva les yeux au ciel. Pas elle aussi, quand même ?! Sa famille avait-elle fait passer le mot ? C’était incroyable combien son frère pouvait lui porter la poisse. Mais ce qui l’embêtait, surtout, c’était que la raison qui les réunissait après des semaines sans se parler était justement Brody, celui-là même qui se trouvait toujours entre eux, d’une façon ou d’une autre, qu’il le veuille ou non. Et Nate n’en avait rien à faire qu’il n’y soit pour rien, au fond. « Je vais te répéter exactement ce que j’ai dit à ma mère, il y a moins d’une heure : Brody Mayer est un grand garçon et il se peut très bien que son silence soit voulu parce qu’il ne veut pas entendre parler de nous. Il a peut-être décidé, après tout, que moisir ici n’était pas fait pour lui. Entre ses vaines tentatives d’impressionner le patriarche et une nana qui ne veut pas de lui, j’aurais fait pareil, à sa place » L’attaque était sournoise, il le savait, mais elle était partie toute seule et il claqua la portière lorsque Clare se dirigea vers les bois sombres. « Et puis, qu’est-ce qui te fait croire qu’il est allé se fourrer là-bas ? Je doute qu’il apprécierait de te savoir dehors par un temps pareil ». Croyait-il sincèrement détourner Clare de sa mission de sauvetage ? Inspirant profondément, Nate finit par soupirer et il emboita le pas à son amie d’enfance. « Clare, si tu tiens tellement à le chercher, appelons les secours mais je ne vois pas ce qu’on va pouvoir faire dans cette foutue forêt à part ajouter des blessés inutiles ! Si Brody est en mauvaise posture quelque part, c’est avec des lampes et des chiens qu’il va falloir le chercher ! » Son entêtement était-il destiné à le punir ? Ou cherchait-elle à ce qu’il lui prouve quelque chose ? Nate pensait tout savoir de Clare mais là, à cet instant précis, il était incapable de comprendre son amie.

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