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 you gave a kick, i gave a slap (HOLLY)

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Felix Gray

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: you gave a kick, i gave a slap (HOLLY)   Sam 13 Fév - 11:29

Je ne me rappelle plus comment c’est venu, mais nous nous hurlons dessus. Comme toujours. On agite nos bras vivement pour appuyer nos propos, nos voix s’emportent, la voix la plus forte étant celle qui gagnera le combat. Ouais, on se gueule dessus, comme d’habitude, à un point tel, que les gens autour de nous, ils nous captent même plus, on n’est plus qu’un fond sonore. Dérangeant, certes, mais habituels. Et puis ça dérape, je saurais pas trop dire comment (probablement à cause de l’alcool qu’on a ingurgité), mais nos lèvres se touchent, tandis que mes mains partent à la découverte de son corps - qu’elles commencent à connaître, d’ailleurs. On est pas doués pour s’entendre, mais on est clairement en symbiose seulement lorsque nos bouches sont trop occupés à s’embrasser. Holly, elle me fait perdre la tête. Et ce toute la nuit.

C’est le soleil qui me réveille, et cela a le don de me faire grogner gentiment. Les effets de l’alcool se sont évaporés, et bien que je peine à ouvrir les yeux, une fois que cela est fait, je constate qu’Holly est à moitié sur moi, complètement nue. Même si l’idée de devoir la supporter une matinée de plus commence à me mettre de mauvaise humeur, la vue de son corps nu et de ses courbes parfaites m’aide à apprécier davantage sa présence. Tant qu’elle ne parle pas. Je profite de son sommeil pour parcourir son dos en suivant sa colonne vertébrale, appréciant plus que je ne veux l’admettre la douceur de sa peau. Si, ce geste, ne la réveille pas, cela l’a fait tout de même réagir : voilà qu’elle se met à ronfler. Gé-ni-al. Il ne manquait plus que ça. J’essaie de trouver une manière de fuir avant qu’elle se réveille, mais c’est qu’elle m’agrippe, la gamine : peut-être qu’avant de s’endormir, Holly savait déjà que je tenterais de partir sans attendre qu’elle se réveille, et qu’elle me fait alors payer ce geste. La bougre. Je tente malgré tout de rouler sur moi-même pour m’en dépatouiller, mais c’est le geste de trop, car Holly se réveille aussitôt. Je me remets en place instantanément, ne voulant pas être pris sur le fait, et arbore un large sourire, l’air de rien. Après tout, je peux montrer un peu de sympathie, vu la nuit qu’elle vient de m’offrir. « Alors, bien dormi? » Mon sourire est large, sachant pertinemment que c’est le cas. Je me lève, attrape le premier vêtement qui me tombe sous la main et balance (à contre coeur) ceux d’Holly. « Bon, tu te dépêches un peu ? J’ai faim. » Je le sais bien, que je suis encore un enfant, impatient, qui tape du pied pour avoir ce qu’il veut. Qui en oublie la politesse, surtout le ventre vide. Je souffle, et je souffle, j’en peux plus, je veux qu’on mange, alors j’attends à peine qu’Holly se tienne sur ses deux jambes pour attraper ces dernières et la porter, tel un sac à patate. Je manque de perdre l’équilibre, ça me fait rire, mais je ne perds pas de vue pour autant ma mission et l’amène dans la taverne la plus proche. « Je te paierai bien le repas, mais j’ai peur de te faire passer pour une fille de joie. » Je dis, une fois que nous sommes arrivés à une table. Une serveuse s’approche de nous pour demander ce que nous voulons prendre, et je dois la faire répéter une deuxième fois, trop obnubilé par la beauté de cette dernière. Et de son, il faut l’admettre, très large décolleté qui offre une vue plus qu’agréable. Nous commandons tous les deux, et je ne peux m’empêcher de regarder avec insistance les fesses de la fameuse serveuse lorsqu’elle s’en va, oubliant totalement que je suis en présence d’Holly.


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Bonnie Cartwright
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MessageSujet: Re: you gave a kick, i gave a slap (HOLLY)   Jeu 18 Fév - 23:37

La si sage, si mesurée, si douce Holly pouvait parfois se révéler bien plus vindicative qu'on ne l'aurait soupçonné. Il suffisait de toucher quelque nerf sensible, de réveiller ses instincts les plus triviaux, de la faire sortir de son rôle de grande sœur bienveillante pour découvrir un aperçu du monstre qui pouvait sommeiller en elle, n'attendant que l'occasion propice pour se manifester. Et il le faisait, ce monstre, chaque fois qu'elle se trouvait en présence de Pinocchio. Sans qu'elle ne sache comment l'expliquer, il faisait naître en elle des vagues de sentiments contradictoires qui se fracassaient sur sa rationalité. Holly tentait de ne pas se laisser guider par son cœur, et continuait de vouloir raisonner avec son cerveau mais force était de reconnaître qu'en la présence de cet être méprisable, son cerveau ne lui était plus d'une grande utilité. La preuve en était qu'après s'être jurée qu'on ne l'y reprendrait plus, c'était à nouveau à ses côtés qu'elle s'éveillait, les paupières encore lourdes de sommeil et la bouche pâteuse. Il se trouvait là, tout contre elle, assez pour lui faire caresser l'espoir que cette fois, il se montre un peu moins insupportable que d'ordinaire, mais Pinocchio aimait visiblement se cantonner dans ce rôle qui lui collait à la peau. D'emblée, et comme toujours face à lui, elle adopta un réflexe ridicule mais défensif. « Non, tu es insupportable quand tu dors. Presque autant que quand tu es réveillé, ce qui n'est pas peu dire » répliqua-t-elle vivement. Mensonges. Elle avait dormi d'un sommeil lourd, imperturbable, et la présence de Pinocchio n'y avait rien changé. Pire, elle y avait peut-être même contribué, d'une façon presque inconsciente en lui donnant l'illusion quelques heures de ne plus être entièrement seule. C'était là que se trouvait le danger de leur relation qui flirtait ostensiblement avec des limites de plus en plus floues. Même elle s'y perdait parfois, ne sachant plus discerner la frontière entre la haine brûlante qu'elle lui vouait et l'attirance incompréhensible qu'il faisait naître en elle. Comme il le faisait un peu trop souvent ces derniers temps, il parvint sans qu'elle ne sache comment à la prendre au dépourvu. D'abord déterminée à lui manifester tout son mécontentement à l'idée qu'il la jette comme une vulgaire fille de joie, elle retint la remarque acide quelque part entre ses lèvres. Au lieu de celle-ci, elle opta pour une autre, moins acide, mais tout aussi peu engageante. « Navrée, je n'avais pas compris que nous en étions au stade de manger ensemble les lendemains. C'est que ça devient sérieux. » Elle leva les yeux au ciel mais obtempéra, secrètement soulagée de ne pas se séparer si vite de lui. C'était tout le problème avec lui : le temps passant, elle se surprenait à regretter de ne pas le voir, comme si... comme s'il lui manquait. Ce qui était ridicule, tant il était parfaitement insupportable, odieux, fidèle à ce qu'il avait toujours été. Il la prit de court, encore, en la soulevant pour la porter sans la moindre grâce et elle ne put retenir un rire sincèrement amusé. « Lâche-moi, tu vas me faire tomber ! » poursuivit-elle, toujours hilare. Et s'il le fit, elle prit son temps pour redescendre et ne pas briser leur semblant d'étreinte trop rapidement. Le silence maladroit qui s'installa entre eux disparut bien rapidement, et ses traits se peignirent à nouveau du mépris caractéristique de leur relation. Tout bien réfléchi, il n'y avait pas lieu d'en douter, elle ne ressentait rien, absolument rien pour cet idiot qui n'avait de cesse de se moquer d'elle et de la traiter comme si elle n'avait pas la moindre importance à ses yeux. Les yeux brillant d'une lueur mauvaise, elle lui décocha un regard noir. « Oh vraiment ? Parce que je trouve qu'en temps normal tu y parviens déjà sans problème. » Visiblement pour lui, elle n'était qu'une énième addition à un tableau de chasse bien rempli, si l'on en croyait ses dires. Pinocchio était de ces hommes qui se vantaient de leurs conquêtes, comme si cela leur donnait une raison d'exister. Holly, à l'inverse, était une éternelle romantique qui ne pouvait pas se targuer de la même capacité à enchaîner les rencontres sans lendemain. Il l'amena jusqu'à une taverne, à mille lieux de l'auberge qu'elle tenait et qu'elle trouvait nettement plus... élégante. Tout comme la tenancière, bien moins évidente que la potiche venue prendre leur commande et que son interlocuteur ne semblait pouvoir quitter du regard, ostensiblement rivé dans son décolleté. Holly eut la dignité d'attendre son départ avant de l'observer, furieuse. « Surtout n'hésite pas à me dire si je te dérange dans ta chasse, je ne voudrais pas être un obstacle » critiqua-t-elle, amère. Après tout, à quoi bon lui proposer, l'obliger même, à venir avec lui partager un repas lorsqu'il aurait tout aussi bien pu la laisser derrière lui pour s'occuper de ses petites affaires ? « Oh, je vois... tu essaies de me faire passer un message ? Me faire comprendre que tu continueras à me traiter avec le même manque de respect que cette pauvre femme, en ajoutant l'humiliation par dessus le marché ? » Si ses yeux sombres étincelaient de colère, c'était un autre manège qui se déroulait dans son cœur, soudain oppressé de tristesse. Et aussi, un peu, de désillusion.

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MessageSujet: Re: you gave a kick, i gave a slap (HOLLY)   Dim 6 Mar - 17:38

« C’est vrai, je suis TELLEMENT insupportable. C’est pourquoi à chaque fois, tu te retrouves dans mon lit. Tu sembles vraiment à avoir du mal à supporter ma présence, dans ces cas précis. » Je dis, tout en enfilant le premier vêtement qui me tombe sous la main, appuie mes propos en lui adressant un clin d’oeil une fois le haut enfilé, la tête libérée. Je retourne sur le lit où Holly est encore allongée, ma main rencontre son postérieur, que je caresse doucement dans un premier temps, pour ensuite le frapper - sans abuser de ma force, de manière plus anecdotique plutôt que violente. « À moins que tu sois masochiste…Ce qui ne m’étonnera pas non plus. » Sa réponse sur les petits-déjeuners me déstabilise une demi-seconde, pour ensuite laisser échapper un sourire à mon visage : c’est ça, qui est tant désirable, chez Holly, c’est que nous jouons dans la même court. Mêmes répondants, mêmes désirs, nous sommes les deux mêmes, c’est pourquoi nous fonctionnons si mal et si bien ensemble. Comme unique réponse, je me contente de lui murmurer que c’est ce qu’elle aimerait, que l’on devienne sérieux, avant de la soulever pour éviter d’entendre une réponse que je ne suis pas prêt d’entendre, ou alors une réponse qui piquerait mon égo. C’est le rire d’Holly qui accompagne notre marche, même si celui-ci est éphémère, il reste néanmoins ancré dans mes oreilles jusqu’à l’arrivée au lieu tant attendu. Holly, c'est une furie. C'est pas difficile à déceler, il suffit de la regarder longuement dans les yeux pour constater qu'elle n'est pas comme les autres. Que c'est la folie et la vie, qui l'animent. Elle tient pas en place, la brunette, je le remarque dans sa façon de me répondre, lorsque nous rentrons dans la taverne. Et puis ça me fait sourire, cette insolence. J'aurais aimé qu'on se connaisse durant notre enfance : tous les deux réunis, je suis persuadé qu'on aurait formé ce genre de duo qui effraie mais qu'on jalouse. On aurait tout détruit sur notre passage, et ça nous aurait fait rire. Ouais, on aurait été beaux ensemble, et c'est peut-être ce qui nous pousse à nous comporter de façon si puérile aujourd'hui : essayer de retomber dans cette enfance dans laquelle on aurait dû se connaître. « Si tu n’es pas contente de la façon dont je te traite, tu peux tout à fait tout arrêter, je ne te retiens pas en otage, à ce que je sache. » Que je réponds, à sa remarque cinglante, un peu amer, en remarquant la faible opinion qu’elle semble avoir à mon égard ; bien sûr, que je ne suis pas un modèle, encore moins un exemple masculin, que je suis frivole, volage, mais je suis, ou tout du moins j’essaie, d’être toujours dans le respect, bien que cela semble être insuffisant pour la partenaire de mes nuits. Holly remarque mon regard déviant vers une autre femme, et alors que cela aurait probablement gêné un autre homme, et peut-être même rougi ses joues, moi, je me contente d’hausser les épaules, assumant sans aucune difficulté. « Ben quoi ? À t’entendre, je suis le pire des goujats, alors, je te rends plutôt service en regardant ailleurs, non? » Notre commande arrive, et je remercie la serveuse avec un large sourire, pour, d’une part, continuer mon charme, et d’autre part, car elle n’aurait pas pu débarquer à meilleur moment : ainsi, je peux me cacher derrière ma gloutonnerie, Holly ne verra que mon incapacité à manger proprement, ma façon d’engloutir comme si je n’avais pas mangé depuis des jours, plutôt que la réalité : elle m’a vexé. Bien sûr, que c’est notre jeu favori, de nous envoyer un tas de piques plutôt que de faire la conversation comme deux personnes dites normales, pourtant, depuis son réveil, les remarques s’accumulent, et elles m’atteignent. Apparemment, la brunette a véritablement mal dormi pour être aussi désagréable : d’ailleurs, si je n’avais pas aussi faim, je ne me donnerai pas cette peine et me lèverai de table pour la quitter sans me retourner. Sa dernière remarque est celle de trop, ce qui a le don de me faire lâcher brusquement ma fourchette, le ton de la plaisanterie s’étant évaporé pour laisser place à celui de la colère. « Mais enfin, c’est quoi ton problème Holly, au juste ? Je ne comprends pas ce que tu attends de moi. Je ne t’ai jamais promis fidélité et amour. Je t’ai jamais caché qui j’étais. » Parce que même si on a jamais rien énoncé de manière explicite, il a toujours été clair pour moi que nous deux, ça sera simplement du sexe. Parce que c'est tout ce que je sais faire, parce que je ne suis doué que dans ce domaine. Et puis, on ferait un couple terrible, on passerait la majorité de notre temps à nous engueuler, et on s’entre-tuerait. Les hurlements seraient notre quotidien, et à terme, il n'y aurait plus qu'un bain de sang. « Tu veux que je fasse semblant d'être convenable, tu veux que je prétende être quelqu'un que je ne suis pas, Holly. Tu vois, tu ne peux même pas m'accepter comme je suis. » Encore une preuve que nous formerions un couple terrible. « Je t'ai jamais menti, je t'ai jamais promis quoique ce soit. J'ai toujours été clair dans mes intentions. On s'amuse, on passe le temps. On est doués pour ça, alors pourquoi changer notre dynamique ? » Je m'emballe. Je crois que dans mon flux de paroles, j'essaie de noyer tout ce que je peux ressentir. Bien sûr qu'elle me plaît, bien sûr, que ça me tuerait de la voir avec un autre. Mais je sais pas. On est pas censés être plus que ce que l'on est déjà. Je crois. J'en sais rien. Ce dont je suis certain, c'est que je suis perdu, et que cette conversation me dérange. Au lieu de la poursuivre, je retrouve à nouveau un intérêt pour mon assiette, que je termine, et commence à m’attaquer à celle d’Holly, pas encore repu.

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MessageSujet: Re: you gave a kick, i gave a slap (HOLLY)   Lun 7 Mar - 23:28

Insupportable, il l'était. Pour un milliard de raisons. Pinocchio était prétentieux, immature, infidèle, instable, et mille autres défauts. La liste était si longue qu'elle aurait pu être sans fin. Sans même parler du fait qu'Holly était son exact opposé, en tout point : là où il jouait les enfants, elle avait du grandir trop vite, là où il se montrait joueur et impulsif, elle était sérieuse et réservée, là où il se jouait des femmes, elle... et bien elle se faisait briser le cœur. Et pourtant, malgré toutes les meilleures raisons qui lui venaient en tête chaque fois qu'elle se faisait la promesse de ne jamais remettre le couvert, elle lui cédait toujours. Le cliché semblait se poursuivre, jusque dans leurs lendemains amers et hargneux. Elle aurait voulu lui répondre quelque chose de cinglant, quelque chose qui lui fasse perdre ce rictus suffisant et ce clin d'oeil odieux, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. En plus de posséder tous les défauts évoqués, il avait également une certaine habitude de trouver les bons mots. Ou bien, dans le cas présent, les mauvais, ceux contre lesquels même sa verve coutumière ne faisait pas le poids. Ne trouvant rien à répondre, elle se contenta alors de lui décocher son regard le plus noir. Tout juste parvint-elle à se montrer à peine moins immature que lui : « Je pourrais dire la même chose de toi » qu'elle rétorqua, presque honteuse de se laisser si facilement prendre au jeu du débat stérile. Mais peut-être que Pinocchio avait raison... Comment expliquer autrement qu'elle continuât de le voir, et continuât d'accepter d'être traitée ainsi ? Holly continuait d'espérer que les lendemains soient moins difficiles, qu'il cesse de se comporter comme l'enfant qu'il était pour enfin faire ce qu'elle ne parvenait pas à faire : admettre qu'ils y prenaient plaisir, à ce jeu ridicule, et que la compagnie de l'autre était plus supportable qu'ils ne voulaient bien le reconnaître. Car, elle ne pouvait le nier, Pinocchio était un amant attentif et leurs nuits, contrairement aux jours suivants, étaient des plus agréables. Si seulement il n'avait pas recouvré systématiquement son comportement une fois la nuit terminée... Et une nouvelle fois, Pinocchio se montra à la hauteur de sa réputation : odieux, et même blessant. « La façon dont tu me traites ? Je serais bien curieuse de savoir quelle vision tu en as ! » répondit-elle froidement, bras croisés contre la poitrine. « Tu me traites comme si j'étais une moins que rien, digne de la centaine de conquêtes que tu as probablement eue et ce n'est pas correct. » Pour la première fois de la journée, elle acceptait de baisser la garde pour lui faire savoir le fond de sa pensée, hors de tout propos acide. Holly pensait sincèrement ce qu'elle disait : être traitée comme une vulgaire fille de joie n'était pas correct, peu importait que leurs nuits se passent à merveille. Pire, c'était même blessant, voire humiliant, d'être aussi peu considérée alors même qu'ils remettaient régulièrement le couvert. « Tu me rends service ? Ce qu'il ne faut pas entendre... » Elle leva les yeux au ciel et préféra garder le silence le temps d'être servie et de voir Pinocchio dévorer son assiette tandis que la sienne restait intacte. Ses remarques désobligeantes lui avaient coupé tout appétit, et si cela n'avait pas suffit, l'observer manger sans la moindre grâce était une raison supplémentaire de ne pas toucher son assiette. Mais sa dernière remarque sembla l'avoir atteint, et elle ouvrit de grands yeux, surprise de la colère qu'il lui témoignait lui pourtant si placide d'ordinaire. « Et je ne t'ai jamais demandé de me promettre fidélité et amour non plus ! » s'emporta-t-elle à son tour, indifférente aux regards posés sur eux. « Pourquoi changer notre dynamique ? Oh je ne sais pas Pinocchio, peut-être parce que je suis fatiguée d'avoir à subir tes moqueries ? Ou bien peut-être parce que je me sens humiliée chaque fois que je me réveille à côté de toi ? Ce n'est pas comme ça que ça devrait se passer ! » Elle redescendit d'un ton, trop pudique pour évoquer devant d'autres oreilles leur intimité. « Tu me fais me sentir comme si je n'avais pas la moindre importance pour toi et c'est blessant. C'est tout. » Un voile de tristesse s'étala sur ses traits, avant de disparaître presque aussitôt. Plutôt mourir que de reconnaître qu'elle pouvait être triste à l'idée de n'être considérée que comme une de plus. « Peut-être que toi ça t'amuse, mais moi ce n'est plus le cas. Cette nuit était la dernière, Pinocchio, et je le pense sincèrement. » Et à cet instant précis, elle le pensait effectivement le plus sincèrement du monde, même si cela ne devait durer que quelques heures. Juste assez pour le pousser à essayer de se faire pardonner car c'était ainsi qu'elle fonctionnait, cette dynamique qu'il disait ne pas vouloir changer. Il dépassait les limites, elle s'emportait, il tentait de se racheter, elle refusait et d'une façon ou d'une autre, cela finissait toujours par des nuits à deux où tous les mots, toutes les critiques perdaient de leur importance. « Et pour ta gouverne, toi aussi tu voudrais faire de moi quelqu'un que je ne suis pas. Je ne suis pas une conquête qu'on exhibe mais dont on se moque, et je ne suis certainement pas là pour jouer le rôle de la potiche silencieuse. Si c'était ça que tu espérais, alors effectivement, rien ne me retient ici et certainement pas toi. »

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