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 with a little help from my friend. (brandon)

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Felix Gray

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: with a little help from my friend. (brandon)   Jeu 4 Fév - 21:09

ll y a ces jours, de plus en plus fréquents, qui s’invitent dans nos vies sans que l’on le demande, sans qu’on le souhaite, qui s’imposent, sans ce que l’on s’en rende compte. Ces jours, où, on se réveille, et l’unique envie qui nous traverse l’esprit est de rester sur ce matelas qui nous semble soudainement si confortable, plus moelleux qu’à son habitude, sans parler de la couette qui enroule notre corps, comme protection contre le reste du monde. Ces jours, oui, ils se font de plus en plus nombreux, certains les appelleront synonyme de dépression, moi, je ne les vois que comme de l’abandon. Pourquoi se lever, si c’est pour échouer ? Le magasin, Violet, Papa, Abigail, Brandon, il n’y a que des naufrages, autour de moi, alors arrêtons le massacre, cessons de boire la tasse jusqu’à ce que l’eau s’invite dans les poumons. L’air qui manque, la noyade comme fatalité. Pourtant, parfois, rarement maintenant, sans qu’on comprenne le pourquoi du comment, on ne le cherche pas d’ailleurs, voilà que toucher le sol froid et quitter le cocon semble une évidence, une nécessité. Les vêtements sont vite enfilés sans réfléchir, tout est fait brusquement, tout est fait pour respirer l’air extérieur qui était jusqu’alors aux abonnés absents. J’attrape des bières que je cale au fond de mon sac à dos, et me mets à courir, en espérant que le vent frappe mon visage, l’intégralité de mon corps et qu’il me réactive. Qu’il me réveille. J’ai pas besoin de penser à ma destination, d’y réfléchir une seconde, c’est ça, vous savez, la beauté de l’amitié, c’est que les gestes sont automatiques et instinctifs, et c’est pas du tout ennuyant, non, loin de là, ça s’apparente davantage à un besoin animal, qui vient de loin. Mon corps, il a besoin de l’autre, pour exister. Alors sans difficulté aucune, je me retrouve devant la maison de Brandon Rose, et la simple odeur de l’herbe qui l’entoure me suffit pour me remémorer tous les plaisirs que j’ai connu dans cet endroit. Les rires, le sentiment de confiance, l’impression de ne pas à avoir besoin d'être quelqu’un d’autre, en sa présence. Pourtant, malgré tout cela, une fois que je suis devant l’allée, quelque chose d’invisible, mais qui semble néanmoins bien réel et matériel, m’empêche de continuer le chemin jusqu’à la porte d’entrée. C’est peut-être un mélange de colère, de honte, de malaise, devant ces nouvelles, ce flot d’informations que je ne sais gérer. Alors, voilà, c’est décidé, je fais machine arrière, après tout, l’air est respiré, et les échecs sont toujours à mes côtés, pourquoi continuer ? Je me convainc que c’est mieux ainsi, pourtant, à cet instant, il me semble impossible de retourner dans ma maison, celle de mon père, et j’ai cette envie, de plus en plus forte, de plus en plus incontrôlable, de m’enfuir. Ne prendre même pas un souvenir, peut-être une photo de Violet et moi au lycée, acheter les cigarettes préférées de Brandon, le premier outil offert par le père, et pas besoin de bien matériel pour me souvenir d’Abigail, elle est partout dans mon corps et dans mon coeur. Alors que j’imagine le plan parfait pour dégager de Fairview sans prévenir personne - d’ailleurs, je me questionne sur le fait que quelqu’un le remarque-, un aboiement me fait sursauter, et m’éloigne de mes pensées vers l’ailleurs. Le chiot est là, face à moi, la queue battant dans l’air, avec une gueule qui mêle l’idiotie et la mignonnerie. Sans déconner, il a un chien, maintenant ? Que je pense, en souriant, en me faisant la réflexion qu’ils ont un truc en commun, tous deux ayant cet air qui mêle deux traits de caractères pas vraiment contradictoires. Le chiot aboie à nouveau, et je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il est en train de me gueuler dessus. A me dire un truc du genre, hé Felix, t’as pas l’impression de déconner ? C’est ton meilleur ami, et puis quoi, tu veux pas lui parler, parce qu’il aime les garçons ? Ok, il te l’a caché toutes ces années, mais c’est pas simple de l’admettre non plus, espèce d’idiot. Et puis, t’as vu le père traditionnel que t’avais? Et puis, t’as vu la réaction que t’as eu ? Pas étonnant qu’il ait eu tant de mal à te l’avouer. Alors maintenant, bouge ton cul, et va le voir, parce que le gars là, le petit brun à la bouille d’ange sans en être absolument un, j’en conviens, il s’est fait péter la gueule. On l’a cogné, depuis quand tu laisses quelqu’un le toucher sans rétorquer ? Beaucoup de moral pour quelques aboiements, mais au moins, ça a le don de me faire avancer jusqu’à la porte d’entrée, avec un peu plus de courage, un peu plus d’esprit. Je ne prends pas la peine de frapper, j’ai jamais su faire ça avec l’ami, alors, j’entre, jusqu’à avoir ce qui ressemble à un éclair de génie : et si le chien appartenait à son petit ami ? Alors instantanément, mes mains s’invitent sur mes yeux, ces derniers ayant la peur immédiate de croiser un peu trop d’informations. « Brandoooooon ? C’est Felix. Je suis chez toi. » Je dis, pour déclarer ma présence physique, en frappant brutalement du pied pour mimer des mouvements, de manière à appuyer mes propos, si mes hurlements étaient, au cas où, insuffisants. J’attends quelques instants, n’osant toujours pas retirer mes doigts devant mes paupières (double protection, on ne sait jamais). « Je suis venu avec des bières. » Et des excuses.
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Brandon Rose
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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: Re: with a little help from my friend. (brandon)   Dim 6 Mar - 18:51

felix + bran
With a spirit running wild, running free
And they saw trouble in my eyes
They were quick to recognize the devil in me
See, I was born a restless child

second child, restless child ~ the oh hellos

Depuis qu'il avait pris une pause avec non-intention de retour au travail (ce que sa charmante mais néanmoins nerveuse banquière avait l'air de prendre avec beaucoup moins de philosophie que lui), Bran avait du temps, une denrée rare et précieuse qu'il n'avait jamais eu vraiment l'occasion de posséder jusqu'ici. Ses journées, il les organisait méthodiquement, pour ne pas se laisser une seconde de répit. Emploi du temps, l'expression était particulièrement judicieuse. Ses minutes, ses heures, il les utilisait, jusqu'à la dernière seconde, pour ne pas avoir l'impression que son existence lui filait entre les doigts. Il fallait qu'il reste occupé, toujours, qu'il s'étourdisse de travail ou d'autre chose pour ne plus avoir à penser. Cela lui évitait les réalisations inopportunes, de celles qui l'auraient rendu fou s'il ne les avait pas bannies avec toute cette masse d'occupations inutiles qui constituaient l'essentiel de son temps depuis son accident. Devenir quelqu'un d'autre : là était la solution. Se muer en une autre personne, adopter un masque, arborer en toutes circonstances la moue vaguement indifférente qui caractérisait ses expressions ; cela l'avait sauvé, dans les premiers temps. Prétendre d'aller bien lui était facile, surtout quand il n'avait pas le fameux temps d'y penser. Mais ce luxe lui avait été retiré. Trop de choses, il s'était passé trop de choses en trop peu de temps pour qu'il puisse continuer à tourner en rond, comme un lion en cage. Il avait essayé les premiers jours, mais Bran n'avait jamais su tenir en place. C'était peut-être pour ça qu'il avait commencé à s'intéresser à la danse, pour savoir quoi faire de son énergie, de ce feu qui lui dévorait les membres quand il était gamin. Quand il dansait, la rage disparaissait. Entièrement. Elle était le carburant pour quelque chose de plus fort, de plus grand. De meilleur. Quand il dansait, il était digne d'être ici-bas, il pouvait être plus… plus… Plus que ça, plus que cette petite ville et ces petites ambitions et ces petites manigances dont il avait le témoin silencieux pendant des années. Se voir privé de son exutoire par le hasard l'avait renvoyé à ses propres rêves sacrifiés. Et l'essence de ces chimères saccagées avait allumé la colère qui ne le quittait plus depuis, une autre forme de rage qui aspirait tout ce qui pouvait la faire grossir. Les révélations de Clara avaient été la goutte de trop. Alors, rester chez lui, seul, à broyer encore et encore ses paroles, à repasser en boucle l'incident avec Elijah et les grands yeux larmoyants de son ex ? Il ne pouvait pas. D'autant plus qu'il avait terminé de regarder toutes ses séries – et comme chacun le savait, lorsqu'un programme automatisé s'inquiétait de savoir si après 14 heures de visionnage intensif vous étiez toujours là, il valait mieux aller prendre l'air.
Bam ! Bam ! Bam ! C'était le bruit de ses mains qui s'écrasaient en poings secs et serrés sur son punching-ball. Depuis qu'il avait commencé à venir ici, il prenait toujours le même, celui du fond de la salle pour éviter les gêneurs. Et il cognait, pendant des heures, sur des visages invisibles qui finissaient toujours par se brouiller, tout comme leurs fautes. Qu'importe qu'il ait mal, qu'importe que ses côtes lui rappellent parfois qu'il n'était pas totalement guéri, il préférait ça encore à la vague dont il craignait la submersion, cette lame de fond destructrice qui l'emportait parfois. Ses phalanges s'abattaient contre Clara et ses mensonges, pour l'enfant qu'elle lui avait pris sans rien lui dire, sans même lui donner la possibilité d'être là pour elle. Ses mains venaient se briser contre les angles d'Elijah, contre sa belle gueule cassée et ses grands airs qui lui avaient ravi l'ex-amour de sa vie. Contre ceux de ses parents, qui l'avaient laissé seul et qu'il avait déçu et dont il ne pourrait jamais obtenir le pardon, et contre toutes les choses qu'il n'avait pas dites, qu'il gardait au fond de lui, la honte, la solitude, le manque. Et contre lui, contre sa propre face, cette gueule d'ange qui ne lui avait jamais rien amené de bon. Puisqu'il ne pouvait pas danser, il avait fallu qu'il trouve un autre moyen d'exorciser. Et taper contre quelque chose pendant des heures était juste ce qu'il lui fallait. Il retrouvait de vieux réflexes, réactivait les habitudes. L'énergie qui finissait toujours par se transformer en colère se dissolvait entre les coups, absorbée par le punching-ball qui matérialisait tout ce qu'il avait envie de fuir. Aujourd'hui encore, le sac de frappe avait prodigué son traitement. Il rentrait chez lui avec les phalanges broyées mais la tête vide, avec la sensation de flotter à bonne distance du reste du monde. Même Jax – qui n'était pas tout à fait absent de ses exorcismes, pourtant - était loin de ses pensées quand il s'engouffra dans l'allée qui menait jusqu'à son havre de paix. Paix bien précaire cependant, car il fut bientôt accueilli par des jappements particulièrement enthousiastes et des grognements enjoués. Icare. « Salut, toi. » Bran s'agenouilla pour gratifier le chien d'une caresse bien méritée. L'air béat de l'animal lui tira un sourire. En voilà qui n’apparaîtrait jamais sur le punching-ball. « Allez, viens, on rentre. » Icare approuva d'un aboiement bien marqué et Bran se redressa pour continuer son chemin. Qu'il stoppa net, une fois qu'il remarqua que sa porte était ouverte et qu'un homme se trouvait dans son entrée. Même pas le temps de crier au loup : tout de suite, il reconnut Felix, ses cheveux désespérément en bataille (un détail qui consternait son meilleur (?) ami), et son inégalable maladresse. Inévitablement, le voir réveilla les souvenirs de leur dernière discussion et Bran serra ses phalanges meurtries. Il aurait mille fois préféré reprendre les coups d'Elijah plutôt que d'avoir à revivre une telle trahison de la part de Felix. Felix le frère, Felix l'ami, Felix le con, oui. « Je constate ça, en effet. » La glace de sa voix était uniquement réchauffée par le rictus moqueur qu'il ne pouvait empêcher. Il ferma la porte derrière lui, dépassa Felix dans l'entrée et remarqua son étrange posture. Bran le contempla quelques secondes. Il ne savait pas s'il devait rire ou se faire harakiri là tout de suite maintenant (pleurer étant exclu). « Tu peux ouvrir les yeux. J'ai pas encore tapissé les murs de posters de bodybuilders dénudés, même si je dois t'avouer que ça me tente pas mal. » Parfois, il se demandait vraiment si Felix avait un jour dépassé l'âge de douze ans. « Quand tu aurais terminé d'être un andouille, et mal habillé en plus de ça, tu iras poser les bières sur la table de la cuisine. » soupira-t-il. Bran laissa tomber son sac de sport sur le sol et emboîta le pas à son ami d'enfance. Ses phalanges endolories lui procurant un point d'attention bienvenu. Une chance qu'il ait trop mal pour organiser une rencontre entre son poing et le visage d'ahuri de Felix Gray.

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hobbies include being a bad bitch, looking good and knowing it.
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