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 i sometimes wish i'd never been born at all.

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Abigail Fairchild

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Crédits : shiya + anto

ONCE UPON A TIME
Personnage: cendrillon
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MessageSujet: i sometimes wish i'd never been born at all.   Dim 24 Jan - 23:46

Allongée sur son lit, les yeux grands ouverts et le coeur au bord des lèvres Abigail attend. Elle attend, quelque part entre l'angoisse innommable au fond de son ventre et l'onde d'impatience qui grimpe le long de sa colonne vertébrale. Elle est novice, Abi. Elle ne sait pas ce qu'il faut faire ou ne pas faire en matière de drogues, elle refuse de trop se renseigner car elle ne s'inclut pas tout à fait dans ce monde. Elle ne réalise pas le poids de la dépendance qui l'assaille et combien elle est déjà noyée jusqu'à l'os par la drogue. Elle songe qu'elle maîtrise sa consommation, qu'elle est en contrôle, que c'est juste pour se libérer le coeur et supporter une journée supplémentaire, se donner le courage de mettre un pas devant l'autre et continuer à respirer cette existence qui la bouffe et la détruit. Mais c'est faux. Il est déjà trop tard et trop aveuglée, elle refuse de le discerner. Ce soir et pour la première fois, elle a acheté de la drogue, elle-même. Abi a passé une journée difficile. Pas plus difficile que toutes les précédentes pourtant, une journée identique à toutes les autres dans une vie morne et sans saveur mais tout a été plus rude sur sa chair à vif. Les remarques de belle-maman, l'insatisfaction de certains clients et cette terrible sensation d'être si transparente, si vide, si lointaine et insignifiante. Abigail s'est sentie balayée par les flots, Caleb travaillait et rien ni personne ne semblait comprendre ce mal qui l'accable. Elle n'est pas de taille, c'est tout. Elle n'est pas de taille pour affronter les affres de la dépression, pour tomber sans cesse, s'écorcher les genoux et se relever. Alors elle reste à terre, résignée, elle se terre, ferme les yeux et espère très fort un lendemain meilleur qui ne vient jamais. Elle rêve à un ailleurs, à un prince charmant qui a souvent les traits de Felix et qui viendrait l'arracher à tout ce qui lui fait si mal. Il balayerait tout du revers de la main et l'emmènerait loin d'ici pour toujours. Mais ça ne fonctionne jamais alors Abigail s'est absentée quelques minutes à peine. Elle a rejoint l'arrière du Rabbit hole d'instinct et a rapidement trouvé chaussure à son pied. Timidement, elle a attendu d'être abordée et lorsqu'on lui a demandé ce qu'elle voulait, elle a dit qu'elle ne savait pas avant d'hausser naïvement les épaules. N'importe quoi, a-t-elle répondu, pourvu que je puisse m'envoler. C'est ça, sa réponse. Une réponse à sa hauteur, une demande parfaitement irréaliste. Mais elle a tendu un billet tremblant d'appréhension mais aussi de manque et d'envie qu'elle ne sait percevoir et l'homme, en échange, a fait glisser dans sa paume une plaquette de minuscules papiers carrés. Des buvards, du LSD, c'est ce qu'il a dit et Abigail s'est évaporée rapidement. Elle ne se sent pas coupable, elle est plutôt perdue, consciente d'emprunter là le terrier du lapin blanc sans sortie de secours. Mais elle n'a pas hésité. Elle ignorait qu'il fallait commencer par un quart, alors elle en a avalé deux d'un coup. Ils ont fondu sur sa langue dans un goût un peu âpre et dorénavant, la respiration lourde, elle attend. Il n'y a pas de montée. En un clignement de paupières, tout a changé quand enfin, c'est venu. Abigail se sent assommée par un sentiment d'extase rarement ressenti, elle éprouve un amour profond pour le monde et l'univers, quelque chose de fort et de cosmique qui la traverse comme si pour la toute première fois de son existence, elle est englobée dans la course folle de la vie au lieu de rester sur le bas-côté. Elle se lève péniblement et autour d'elle, tout lui semble vivant et coloré. Les objets les plus inanimés sont entourés d'une aura brillante, scintillante et sa perception du temps, de l'espace, s'efface au profit des sensations qu'elle ressent. Un bonheur indicible, aux couleurs violettes et chaudes. Abigail ne le réalise pas, mais elle sort par la fenêtre. Ses pieds nus effleurent l'herbe et elle sent le moindre brin qui carillonne sous ses pas et le froid glacial de la nuit ne gèle pas ses os. Elle flotte dans sa nuisette pâle, trop large et trop courte mais s'en fiche. Abigail n'est plus là et extrêmement présente à la fois, comme un élément connecté à tout ce qui l'entoure, pourvu d'une conscience accrue de tout et de tout le monde. Là-haut, les étoiles dansent pour elle et certaines rient, elles éclatent d'un rire d'allégresse et d'en-bas, Abigail rit de concert de sa voix cristalline et ébréchée. Euphorique et insouciante, elle tourne sur elle-même et s'émeut de la beauté de ses gestes, réalisant que ses bras laissent de longues traînées roses ou vertes derrière eux, comme des centaines de lucioles minuscules pour accompagner ses courbes, pas plus grosse que des têtes d'ampoule mais si luminescentes, si belles. La Lune aussi est superbe, elle apparaît distordue et gigantesque, nimbée d'une aura plus dorée que celle du soleil qui l'éblouit. Les heures filent au rythme de ses pas écorchés effleurant le sol et Abigail a l'impression qu'un seul battement de coeur s'est écoulé lorsqu'elle entend le bruit de l'océan. Il n'est pas tout à fait déformé, c'est le premier son réel qui vient chatouiller ses oreilles et elle suit le rythme apaisant des vagues pour rejoindre les bras de l'océan. Petit à petit, Abigail ne vibre plus au rythme de la nature, elle n'est plus un tout, un ensemble d'atomes cohérent et magnifique. Elle redevient pas après pas, elle-même et ce constat lui écrase les épaules. Ce sont les sensations qui reviennent en premier. La morsure du froid sur sa peau laiteuse, les frissons et les tremblements et une douleur indicible, qui irradie partout et nulle part à la fois. Elle a du tomber, à plusieurs reprises, sous les coups d'une émotion trop forte ou de la beauté du monde, elle l'ignore. Mais outre ses pieds écorchés, son bras gauche l'élance et du sang séché strie son visage de poupée, le long de sa tempe. Le bruit des vagues devient assourdissant et Abigail se penche au-dessus du vide pour observer la marée noire invisible qui pourrait la happer aussi facilement. Elle est arrivée à destination, juste en haut d'une falaise, sur une minuscule corniche. Le vent fouette son visage et elle inspire à pleins poumons l'air marin. Elle étend ses bras, comme un oiseau, et ferme les paupières juste un instant. Sa descente est lente, pas violente. Elle ignore que c'est la dépression qui frappe dans ces instants-là ou la paranoïa. Cette dépression insidieuse qui la nimbe en permanence sous le doux nom de la mélancolie pour vernis. Et puis soudain, ça la frappe : Abi est parfaitement à sa place. Ses pas l'ont conduite exactement où elle doit être. Elle accepte son destin, sans heurts. Elle n'a jamais été suicidaire pourtant, ça demande un certain courage et un certain égoïsme à la fois or elle ne possède ni l'un, ni l'autre. Non, elle elle est faite pour la résignation et la demi-teinte, pour le malheur un peu poétique de ces filles dont on brosse le portrait dans les histoires tragiques. Mais cette nuit, ça lui paraît si facile, si... beau finalement. Il lui suffirait d'un pas, songe-t-elle avec une tendresse insoupçonnée. Un pas, juste un, et tout serait terminé. Finie la mélancolie et cette tristesse comme seconde peau, finis les rêves échoués et les amours perdus, finies les déceptions. Abigail a toujours vécu en filigrane et elle imagine que ce serait une fin à sa hauteur, de sombrer dans les flots, de disparaître, de s'évanouir sans laisser une trace. Et puis peut-être qu'elle ne chutera pas. Peut-être qu'elle s'envolera, portée par la brise marine, comme une plume. Peut-être qu'il suffit de fermer les yeux et de retenir sa respiration pour être emportée ailleurs, loin d'ici et tout recommencer. Ce serait joli, n'est-ce pas ? Comme une renaissance, une seconde chance. Abigail ose un pas supplémentaire, funambule fragile sur le fil des Parques. Son pied flirte avec le vide et elle oscille dans un sourire sur sa jambe valide encore sur terre. Plus qu'un pas. Un seul. C'est facile, non ? Au crépuscule de sa courte vie, Abigail a une pensée pour ceux qu'elle laisse derrière. Elle aimerait s'excuser mais elle ignore de quoi. Ce n'est la faute de personne, pas même de la sienne. Certains naissent ainsi, mal armés pour la vie, défectueux. Généralement, la nature répare ses torts mais nul mal ne l'a jamais emportée, elle. Sa dernière pensée va à Erik, puis à Felix, le premier et le dernier amour, deux histoires avortées et le naufrage d'un coeur qui n'aura jamais su comment retenir à lui le fruit de ses sentiments les plus purs. Et après, plus rien, le vide parfait à l'intérieur alors que tout son univers est suspendu là, dans cette dernière seconde avant le basculement final.

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Samuel Brooks

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: Re: i sometimes wish i'd never been born at all.   Sam 26 Mar - 22:51

Assis au milieu des autres, il regarde la mer au loin et bientôt les voix et les rires qui l’entourent lui semble lointain. Il pourrait presque s’approcher de l’eau pour percevoir le bruit de l’océan. Mais il ne bouge pas, parce que ça n’a pas d’importance. On ne remarque pas qu’il n’écoute plus, parce qu’il n’est jamais au centre de l’attention. Son absence ne changerait rien, pourtant on lui a proposé de venir passer la soirée sur la plage, alors il a dit oui. Il ne pense à rien, ses pensées ne divaguent pas vraiment, simplement il regarde l’océan, l’eau qui avance sur la sable et les vagues éloignées qui n’arrivent jamais jusqu’ici. Il est loin de ce qui l’entoure et en même temps nul part ailleurs, bien ancré dans le sable où glisse sa main qui dessine des formes aléatoires. Privé des rayons du soleil le sable est froid, ça n’a rien d’agréable mais pourtant ça ne le dérange pas, c’est presque apaisant même alors que tout le monde s’en est plaint en arrivant là. Il avait acquiescé sans un mot parce qu’il aime bien la plage, que ce soit sous le soleil d’hiver, d’été ou sous la lune. On le sort de ses fausses rêveries remplis de vide, parce que son prénom lui parvient, on le répète même une seconde fois, et il devine qu’on lui a posé une question à laquelle il n’a pas prêté attention. Il s’excuse, parce qu’il écoute Samuel pourtant, il écoute toujours, parce qu’à défaut d’avoir grand chose à dire, il aime qu’on lui parle et qu’on lui raconte des choses, les espérances et les angoisses. On lui demande ce qu’il veut faire, certains rentrent chez eux, d’autres s’en vont ailleurs et continueront la soirée sûrement chez l’un du petit groupe. Sauf que Samuel ne sait pas ce qu’il veut faire, il n’a pas envie de rentrer, mais cela fait un moment déjà qu’il n’écoute plus vraiment les conversations autour de lui, il serait incapable de dire ce dont ils ont parlé, il s’est un peu perdu ailleurs, alors il laisse chacun reprendre son chemin, un sourire léger et paisible au coin de ses lèvres. Tout le monde s’en va mais lui reste là. Il reste là et continue de fixer l’océan pendant un moment. Il ne pense pas à grand chose, sûrement que si on le voyait là, assis tout seul faisant face à la mer, on le penserait névrosé, ou en tout cas malheureux, probablement à regretter on ne sait quoi. Mais il n’y a rien de mélancolique dans ses pensées. Il pense à tout et rien, mais surtout à rien, et si sa conscience reprend le dessus par vagues instants, son esprit ne prête attention qu’au bruit de l’océan qui lui parvient maintenant qu’il n’y a plus que le silence autour de lui. Il se demande parfois combien de temps il pourrait rester sans penser à rien, le regard perdu dans le vide ou concentré sur un détail sans intérêt. Il n’en a aucune idée, mais probablement trop longtemps. Comme la réflexion lui revient, il se dit qu’il ferait mieux de s’en aller, de faire quelque chose de productif. Alors il s’en va, mais au lieux de retrouver la ville, il continue son chemin jusqu’aux falaises qui surplombent l’océan qu’il ne quittera finalement pas. Il avance à l’aveugle, ne sachant vraiment où il va, il quitte les lumières de la ville et laisse l’obscurité l’entourer. Il avance sur une falaise au hasard, et lorsque ses yeux s’habituent pour de bon à l’absence de lumière, il aperçoit une silhouette qui se dessine au bout du chemin avant le vide. Lorsqu’elle étend ses bras, il la reconnaît enfin. Même dans la plus grande des obscurités, la fragilité et la délicatesse d’Abi saute aux yeux. Il continue d’avancer vers elle sans réaliser ce qu’il se passe, il ne se dit rien encore, se demande juste ce qu’elle fait là. Il ne remarque pas sa nuisette qui ne la protège de rien, ni les écorchures qui parsèment sa peau. Abigail n’est encore qu’une silhouette qui regarde simplement la mer un peu trop près du bord. Il ne s’affole pas, peut-être parce qu’il pourrait très bien faire la même chose. Mais lorsque tout d’un coup elle laisse son pied filtrer avec le vide, en équilibre sur le second, son cœur rate un battement, et il se retrouve pétrifié. Ça ne dure pas même une seconde, mais c’est comme si la peur l’avait complètement paralysé. Il se dit qu’elle va sauter et que lui va rester là, figé d’effroi, et il sera trop tard. Ça semble durer une éternité, comme si son temps à lui s’arrêtait alors que celui d’Abi continuait de tourner, et il n’a jamais autant été effrayé et affolé. C’est cette même peur qui le libère d’un coup, alors il court jusqu’à elle, incapable de dire quoi que ce soit. Il voudrait crier son nom, ou lui dire de ne plus bouger, de ne pas faire ça, qu’il est juste là, mais les mots restent bloqués, peut-être que c’est mieux comme ça, qu’autrement elle sursauterait et perdrait l’équilibre pour de bon. La situation est terrifiante mais pourtant tout se passe dans le plus grand des silences, elle n’est qu’à quelques mètres, peut-être une dizaine, mais il l’imagine franchir ce pas et ça lui retourne l’estomac. Finalement la main tendue vers elle, il attrape d’abord son poignet, il s’accroche à elle à la hâte avant que son autre bras ne vienne l’entourer, pour être certain qu’elle ne vacille pas, pour l’éloigner du bord et du vide prêt à l’aspirer. Ses gestes ne sont pas précipités, il fait ça tout doucement, son cœur cogne dans sa poitrine, mais il n’est pas certain que tout cela soit réel tant tout lui semble complètement surréaliste. Il s’écarte précautionneusement du rebord mais il ne veut pas, ne peut pas la lâcher, comme si elle pouvait encore tomber dans le vide d’un instant à l’autre. Ses mains restent accrochées aux bras glacés d’Abi, il n’ose pas détacher son regard du sien, il y cherche des réponses mais n’y trouve rien. « Abi, est-ce que ça va ? » Sa voix ne s’élève pas, elle n’est pas paniquée, mais elle est fébrile, toute son inquiétude ressort, elle ne le quitte pas, et ça tourne encore dans son cœur et dans sa tête. Il aperçoit finalement le sang sur sa tempe et l’angoisse l’assaille à nouveau. « Tu saignes bon sang. » Il prend le temps cette fois d’observer son état, et les écorchures lui apparaissent, le sang un peu partout, sur ses bras, sur ses jambes, sur son corps à peine recouvert par cette nuisette, et ses pieds nus. Elle doit être complètement frigorifié, alors il enlève son blouson pour le poser sur ses épaules, c’est tout ce qu’il peut faire. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » Sa voix toujours laisse percevoir toute sa frayeur. Il ne comprend pas comment elle a pu se retrouver dans cet état, encore moins à cet endroit. Surtout, est-ce qu’elle allait vraiment sauter ? Son cœur se serre parce qu’il n’a pas de réponse, mais il ne peut s’empêcher de se dire que oui et il la voit encore une fois disparaître dans le vide et le silence. « Il faut qu’on s’éloigne d’ici, d’accord ? » La scène se répète dans son esprit et prend toute la place, il n’ose pas trop la brusquer pour autant parce qu’il ne sait pas ce qu’il se passe dans sa tête à elle, il attend simplement qu’elle dise quelque chose. Il a peur qu’elle s’écroule, qu’elle s’envole ou disparaisse. Alors ses mains ne la quittent pas.

Spoiler:
 

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te souviens-tu, quand il pleuvait, de plus jamais ? te souviens-tu, il est si tard… ? moi j'm'en souviens, comme si c'était, comme si jamais, moi j'm'en souviens comme si plus rien. …
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