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 this is the way we loved (elijah)

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Darcy Reeves

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ONCE UPON A TIME
Personnage: esmeralda
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MessageSujet: this is the way we loved (elijah)   Dim 24 Jan - 1:26


~
❝ Sometimes I think of you and I feel giddy. Memory makes me lightheaded, drunk on champagne.
All the things we did. And if anyone has said this was the price I would have agreed to pay it.
That surprises me ; that with the hurt and the mess comes a shift of recognition.
It was worth it. Love is worth it. ❞







flashback : eleven years ago


    Darcy bougonne et fulmine. Seule dans sa chambre, elle marche d'un bout à l'autre de la pièce, joue avec ses cheveux, ses mains et l'air vide autour d'elle. C'est un samedi soir et comme tous les samedi soirs, elle n'a pas le droit de sortir. Encore. Pourtant, elle a demandé, a supplié, a fait son plus beau sourire, a offert son regard le plus attendrissant, et puis elle a fini par crier et claquer sa porte avec violence. Rien n'y a fait. Non Darcy, non, tu n'iras pas danser. Les jeunes de son âge sont dans les rues, dans les bars, dans les fêtes, dans leurs verres d'alcool illégaux, dans leurs cigarettes, dans leurs danses effrénées et folles. Mais pas elle. Elle a seize ans et elle ne peut rien faire sous prétexte qu'elle est trop jeune, trop respectable et, surtout, parce qu'elle est une fille. Ses parents vivent dans un monde régit par des règles d'un autre temps, un monde où une barrière existe entre les devoirs et les droits des femmes et des hommes. Ils évoluent dans un univers dans lequel Darcy a toujours refusé de jouer un rôle. La première chose que l'on dit de l'adolescente c'est qu'elle est excessive, "too much" comme dirait sa mère, les sourcils froncés et l'air méprisant propre aux bourgeoises pédantes enfermées dans leur petit monde de cristal. Plus que l'excessivité, Darcy joue sur le terrain de la provocation où elle excelle et jubile de faire enrager sa famille. Rentrer dans une case, rentrer dans une boite, rentrer dans le moule : plutôt crever. Alors, elle finit par les détester, les haïr de l'enchaîner ainsi au sol alors qu'elle rêverait de s'envoler et de sentir le vent dans ses ailes. Darcy se réjouie de provoquer, ça fait presqu'un an que c'est son passe temps favori. Son maquillage est déjà prononcé, ses vêtements sont déjà courts et moulants, comme si elle désirait vieillir avant l'âge. Il est vrai qu'elle aime faire plus âgée. L'adolescence l'indiffère, avoir seize ans l'ennui, elle rêverait d'en voir déjà vingt ou vingt et un, qu'on la laisse enfin être un oiseau, que l'on s'incline devant son âme révoltée et son cœur incandescent. Il est minuit et elle s'ennuie. Heureusement, devant chez elle, dehors, comme tous les samedi soirs, quelqu'un l'attend. Darcy s'engouffre dans la chambre plongée dans le noir de sa sœur et se rapproche de son lit. « Bianca, Biancaaaaaaa ! Tu veux bien me couvrir ? Je sors pas longtemps. Promis » Sa voix se fait sourde et basse, tentant misérablement de ne pas trop faire de bruit et d'alerter leurs parents. On dirait qu'elle murmure et crie à la fois. Bianca est sous les draps, à moitié assoupie, ses yeux à peine ouverts, elle fixe sa sœur dans la pénombre de sa chambre tiède et confortable, sans comprendre, et balbutie quelques syllabes incompréhensibles. Bianca est frêle tel un oisillon tombé du nid : tout chez elle appelle à la douceur. Bianca est petite, minuscule, une particule, une poussière là où Darcy est grande, gigantesque, un véritable monument, inratable (inoubliable ?). Bianca est silencieuse là où Darcy est bruyante. Bianca est douce là où Darcy sort les griffes. Bianca sait pardonner là où Darcy s'accroche à sa colère et à sa rancune. Bianca est docile là où Darcy est sauvage. Elles sont si différentes. « Merci, t'es la meilleure ! » Elle n'a pas dit oui, mais de toute façon Bianca ne dit jamais non - elle est bien trop gentille pour ça - alors Darcy lui jette un sourire de fille-flamme et s'élance à pas de chatons en dehors de la maison, sa veste en cuir enfilée à la va-vite et ses tennis blanches mals lacées. Elijah est là, juste devant elle, sur le trottoir d'en face. Il s'avance dans sa direction, les mains dans les poches, il s'apprête à parler mais avant qu'il n'en est le temps, Darcy colle sa main sur sa bouche où les mots meurent en silence. « Chuuut ! Fais gaffe ! Tu veux que mes parents se réveillent et m'enchainent à la cave jusqu'à la fin de mes jours ? » Ses yeux lancent des éclairs. Les hommes ne l'effraient pas - les garçons de dix sept ans encore moins - elle sait y faire, elle n'a pas peur de leur parler ou de les affronter, elle se bat pour leur montrer qu'elle est leur égale, et qu'il lui suffirait d'un papillonnement de cils ou d'un rire très haut pour les faire vaciller et tomber de leur trône de papier. La question est réelle puisque, Darcy en est persuadée, ses parents en seraient capables s'ils découvraient que leur fille s'évadaient le soir pour aller rejoindre un garçon - un dont il n'approuverait pas, en plus. « Ca va ? » Elle murmure et vient poser ses lèvres à la lisière, entre celles d'Elijah et sa joue. Il y a dans la voix rauque de Darcy une certaine douceur féline. Elijah est son premier amour, sa première histoire, entre l'innocence de l'adolescente et la réalité du monde adulte. Elle ne sait pas pourquoi elle l'aime, lui. Elle ne sait pas pourquoi ils se sont choisis. Parce qu'il est bien question de choix, n'est ce pas ? Elle n'a pas besoin de raisons, c'est stupide, elle l'aime et c'est tout. Peut-être l'aime-t-elle parce qu'il est capable de la supporter. « Tu m'emmènes où ? » Devant lui elle s'agite et se tortille, incapable de tenir en place quelques secondes seulement.


_________________
“ if you think you can grasp me, think again „
You have so many layers, that you can peel away a few, and everyone’s so shocked or impressed that you’re baring your soul, while to you it’s nothing, because you know you’ve twenty more layers to go.
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Elijah Wingham

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MessageSujet: Re: this is the way we loved (elijah)   Dim 6 Mar - 17:14

La rue était vide, silencieuse, inquiétante. Eli, en sueur sous son t-shirt blanc et sa veste en cuir, tentait tant bien que mal de conserver une expression contrôlée, d'apparaître comme le garçon cool qu'il s’ingéniait à être. Parce que lui, Elijah Wingham, du haut de ses dix-huit ans, n'avait rien de foncièrement spécial. Il était même banal à en mourir si on creusait derrière le vernis. C'était sans doute ça qui le terrifiait au fond, que Darcy voit au-delà de ce qu'il lui laissait voir, qu'elle découvre un garçon indigne de son temps. Des deux, c'était peut-être Elijah qui était le plus ébloui. Darcy, il l'avait vu dès son arrivée. Si son physique avait attiré son regard au premier abord, c'était le paradoxe entre sa façade et son aura. Elle avait tout de la belle-fille idéale avec ses cheveux tirés à quatre épingles et ses vêtements frôlant le sol. Et pourtant, ses yeux criaient le contraire. Ils hurlaient la vie, la rébellion et l'aventure. C'était d'ailleurs pour ça qu'il était allé vers elle au début. Pour voir, pour fouiller. Elle ne l'avait pas déçue, elle était même mieux que ce qu'il avait imaginé. Elle lui avait souri à la première rencontre, un sourire discret, secret. Ils avaient discuté, quelque part à l'abri des regards. Ainsi était né Darcy et Elijah. Sorte de couple officieux qui se tenait la main à l'intérieur des couloirs mais faisant mine de ne pas se connaître à l'extérieur. Ils jouaient aux amants maudits, se voyant dans des lieux clos et/ou à la tombée de la nuit. Ça faisait plusieurs semaines déjà, plus de temps qu'il ne l'aurait cru. Étrangement, l'adolescent peinait à lui trouver une quelconque faute. Il faut dire qu'il n'en cherchait pas. Il ne voyait pas pourquoi après tout. C'était ridicule de tout vouloir foutre en l'air sous prétexte que leur histoire s'éternisait. C'est donc ainsi qu'il se retrouva devant sa maison, les mains dans les poches et le coeur battant. Il répéta déjà des phrases toutes faites à l'intérieur de sa tête, pour ne pas se retrouver bouche bée devant elle à aucun moment. Ce qui risquait fort d'arriver tôt ou tard avec Darcy. Et c'était peut être ça qui expliquait la longévité de leur couple: Darcy le surprenait. Elijah, il avait fini le comprendre, avait besoin d'une petite amie qu'il puisse admirer. Il vivait pour les étincelles, l'étonnement et l'émerveillement. Et, plus que tout, Elijah avait besoin d'aimer le plus des deux. Toutes ses relations s'étaient soldées en échec parce que l'adolescent restait détaché, ne parvenait ni à s'attacher ni à se soucier de sa petite amie. Il pouvait pas se déclarer réellement attaché à Darcy mais elle lui plaisait, il se souciait d'elle. Si les escapades nocturnes l'amusaient, il sentait le poids de sa famille de plus en plus étouffant. Elijah réalisait peu à peu que la situation pourrait empirer, qu'il n'y aurait finalement jamais de happy ending où ses parents venus d'un autre siècle changeraient enfin. Il eut un rire nerveux. Cela lui arrivait toujours lorsqu'il commençait à penser au futur. Elijah n'avait après tout que dix huit ans et tout ce qu'il souhaitait c'était aller à la fac. Au-delà de ce futur proche, il ne préférait pas s'y pencher. Il voulait être un étudiant, faire partie d'une fraternité et vivre jusqu'à en être écoeuré. Le reste, il le laissait au présent. Darcy sortit enfin et Elijah s'avança, les mains restant fermement ancrées dans ses poches, vers elle. Il s'apprêtait à lui répéter la réplique enjôleuse qu'il venait de former dans sa tête quand elle l'arrêta. Paume contre ses lèvres, elle fit allusion avec ses mots et ses gestes à ses parents, qu'apparemment ses paroles pourraient réveiller. Hochant la tête, il l'entraîna alors loin de cette maison qui avait tout d'une prison dorée. « Mieux depuis que tu es là. » Elle se pencha vers lui et posa sa bouche près de la sienne sans pour autant la recourir. Frustré par ce baiser qui n'en était pas vraiment un, Elijah tourna la tête pour l'embrasser alors qu'elle s'apprêtait déjà à reculer. Il n'était pas très adroit et conservait l'impatience de la jeunesse. Il l'embrassait sans aucune subtilité mais avec l'intensité propre aux ados de son âge. Sans gêne, sans limites, sans peur. Il la relâcha enfin, lorsque son souffle menaçait de le quitter définitivement. Darcy s'enquit alors de leur destination. Question à laquelle le jeune homme répondit d'un sourire énigmatique. « C'est une surprise. » Comme pour appuyer ses mots, Elijah sortit de sa poche un tissu fin noir pour recouvrir les yeux de Darcy. Voyant le scepticisme se peindre sur ses traits, il le luit tendit. « Ah non, tu dois le mettre, sinon c'est de la triche. » Darcy finit par masquer ses yeux avec le bout tissu, au grand soulagement d'Elijah qui craignait déjà l'arrivée des complications. Une main dans la sienne, il la guida jusqu'à sa voiture, garée non loin de l'entrée de sa gated community. Bientôt, à l'intérieur de son véhicule, ils parcoururent Fairview. Malgré l'interrogatoire musclé de la belle, Elijah se refusa à divulguer tout indice. Il avait réfléchi longuement à cette surprise. Ce qui ne manquait d'échapper à son entendement. Il ne se croyait pas encore amoureux mais recherchait désespérément son sourire. Ce n'était pas simple. Ils vivaient tous les deux dans une petite ville dont ils avaient chacun fait déjà le tour. A leur âge, ils avaient déjà visité les lieux désaffectés et interdits aux mineurs dont regorgeaient la ville. Il avait pourtant trouvé la perle rare, quelque chose qui à coup sûr lui arracherait un cri. Les frontières de la ville dépassées, le jeune lycéen finit par se garer. Devant lui se tenait un grand portique rongé par la rouille et usé par le temps. Un gros cadenas en barrait l'accès. Ils n'auraient qu'à escalader, Elijah avait tout prévu déjà. Le jeune homme se plaça alors derrière elle et défit le noeud qui maintenait ses yeux bandés. « Verdict ? » Instantanément, ses sourcils se froncèrent. Etait-elle en train de considérer le lieu devant elle ?  Il n'était pas sûr de sa réaction et aussitôt enchaîna: « Non attends, je te dois une explication avant que tu puisses me donner ton avis. » Se raclant la gorge à la manière d'un maître de cérémonie, Elijah désigna d'un grand geste la porte métallique. « Tu as devant toi un zoo désaffecté depuis les années 1950. La légende raconte que les spectres des animaux autrefois maltraités dans ce zoo le hantent aujourd'hui. » Il baissa sa voix pour donner un air mystérieux à ses propos. « Cap ou pas cap d'entrer ? » Le jeune Wingham pencha sa tête sur le côté, ses yeux brillant de défi. Il ne pouvait se déclarer expert en femmes (et surtout pas en Darcy) mais il la savait aventureuse et avait donc préféré un lieu hanté, beaucoup plus authentique que le dernier Saw au cinéma. Et elle pourrait toujours s'accrocher à lui si elle avait peur, il ne rechignerait pas à l'avoir dans ses bras toute une soirée.


_________________
les images de la veille se superposent aux détails du wagon. elles flottent devant mes yeux comme sur la houle. je te revois perdue dans la foule avec tous ces mongols bourrés qui dansent n'importe comment.

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