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 curse these dreams (jace)

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Devon Matthews

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: curse these dreams (jace)   Dim 10 Jan - 14:41

Devon rentre à l'appartement épuisée. Elle sort de sa troisième nuit officielle à l'hôpital et chacun de ses membres encore en vie s'est décidé à la faire souffrir le martyre. Une fois la porte d'entrée passée, elle se traîne jusqu'à sa chambre, ses pieds coulants sur le parquet, dépose son sac et sa veste, récupère ses affaires de toilette et fonce (à une vitesse avoisinant les deux à l'heure, si ce n'est moins) dans la salle de bain. La cadette Matthews a besoin de sentir l'eau détendre ses muscles, les gouttes ruisseler sur les traits de son visage fatigué. Peut-être même qu'après elle pourra se permettre une petite sieste, si cette douche bien méritée ne la réveille pas de trop. Poussant un soupir satisfait, la jeune femme s'empresse d'allumer la radio alors que son pied droit vient à peine d'entrer en contact avec le carrelage froid de la pièce, manquant la faire glisser au passage. Il faut toujours qu'elle soit trop empressée. Elle démontre peu de patience lorsqu'il s'agit de combler le silence inquiétant de cet appartement. Elle espère d'ailleurs que Daphné n'est pas en train de dormir, sans quoi l'infirmière met par définition à mal toute tentative pour se rendormir. Une première musique vient apaiser les pensées préoccupées de Devon, cette dernière prenant la liberté d'avancer vers le miroir plus loin en calant sa démarche sur le rythme de la musique. De la main droite elle se saisit d'une serviette qu'elle s'enroule autour du corps, avant que ses doigts ne viennent vérifier la dextérité de son visage malmené par ces dernières heures à être restée éveillée. Ouais, c'est pas joli-joli à voir, mais ça pourrait être pire. Souriant une demi-seconde à son reflet, histoire de faire style que tout va bien dans le meilleur des mondes, Devon met un temps raisonnable à appliquer sur ses lèvres, son regard, sa peau, un maquillage délicat et discret, plus qu'idéal pour passer une journée tranquille à la maison avant de reprendre la route de l'hôpital à 17h pour le travail. Une fois revenue dans sa chambre, elle remarque que l'écran de son téléphone portable (échappé de son sac lorsque ce dernier a été déposé sans précaution sur son lit à son arrivée un peu plus tôt) vient de s'allumer. Intriguée, Devon s'approche de son lit, se saisit de l'appareil et entreprend de le déverrouiller avant qu'un sms ne s'affiche sous ses yeux.
Caleb a écrit:
dev je suis au lpd juste à côté de la boîte où je travaille. faudrait que tu me rejoignes maintenant je dois te parler d'un truc.
Au lpd ? Parler d'un truc ? Le sang de Devon ne fait qu'un tour ; son frère l'appelle le plus souvent quand quelque chose ne va pas. Car il sait qu'elle a besoin d'entendre le son de sa voix pour ne pas paniquer. A travers le combiné, elle peut déceler s'il va bien, s'il est blessé, s'il peut encore parler de façon correcte, si elle doit se dépêcher ou non de le rejoindre, si c'est une nouvelle plaisanterie idiote de sa part. Un sms ne dit rien de tout ça. Devon ne peut pas lire entre les lignes. Du coup, elle songe au pire. Elle l'imagine mal en point, recroquevillé sur l'un des petits canapés rouges du Love Philter Diner, se masquant à la vue des deux gérantes pour ne pas qu'elles appellent les urgences ou même la police, et il n'en faut pas plus à la jeune femme pour laisser retomber son téléphone portable sur le matelas dur, s'empresser d'enfiler une ribambelle de vêtements mal assortis, couvrir le tout d'une énorme veste en grosse maille et de fourrer ses affaires en des gestes mal assurés au fond de son sac et de sortir en trombe de l'appartement. Dans son esprit, chaque minute compte. Et si son frère souffre de trop durant son absence, ou le temps qu'elle mettra à arriver à ses côtés, l'infirmière s'en voudra. Elle a perdu Annie, dont elle était moins proche, et en a été plus affectée qu'elle ne le pensait. Si aujourd'hui son frère lui annonce quelque chose de pire, de plus foudroyant, elle espère ne pas s'effondrer devant lui ; sauf si ce dernier a décidé en se levant ce matin qu'il avait envie de l'angoisser pour rien, juste pour rigoler un peu, auquel cas elle saura se montrer aussi revancharde que toutes les autres fois. Pourquoi n'a-t-il pas appelé directement ? Cette question tourne en boucle dans l'esprit de la jeune femme alors qu'elle descend dans un saut du bus qui l'a menée jusqu'au centre-ville. Par chance, elle a réussi à avoir celui qui remontait Marine Drive à peine sortie de chez elle. Dans un tel état, impossible pour elle d'envisager de se mettre à courir pour rejoindre Caleb, elle pourrait y passer tant les battements de son coeur prouvent déjà son appréhension. L'enseigne du Love Philter Diner apparaît enfin au bout de la rue que Devon remonte d'un pas pressé. Sa main repousse la porte vitrée, et elle laisse échapper un petit : « Caleb... » essoufflé une fois à l'intérieur du petit restaurant. Son regard se balade sur les quelques visages qui se trouvent dans la salle. Il doit être onze heures trente, le restaurant est peu rempli. Pourtant, dans le fond de cette dernière, la jeune infirmière remarque un visage bien connu. Ses sourcils se froncent sous la surprise, mais elle ne perd pas plus de temps et s'avance en direction du meilleur ami de son frère. Si c'est ce dernier qui se trouve là à sa place, ça ne présage rien de bon. Le coeur au bord des lèvres, Devon resserre sa veste autour de son corps tremblant et prend place sur le petit fauteuil rouge en face de Jace. « Où-où est Caleb ? » Sa voix faible témoigne de son angoisse quant à la réponse, et elle ne pense même pas à le saluer. Tout ce qui compte c'est Caleb. Elle veut savoir pourquoi son frère lui a envoyé ce message mais aussi pourquoi est-ce que c'est un comité d'accueil (qui sourit un peu, mais elle ne le remarque pas) qui l'attend au Love Philter Diner plutôt que son aîné. Quelque chose ne tourne pas rond dans tout ça. Ramenant son sac sur ses genoux, la jeune femme en sort son téléphone portable avant de faire s'afficher le sms à l'écran puis de le placer sous le nez de Jace. Elle manque presque le secouer pour voir si elle peut obtenir une réaction plus démonstrative de sa part, mais elle se retient. « J'ai reçu un message de sa part, il n'avait pas l'air bien... Où-où est-ce qu'il est ? Tu sais quelque chose ? Il va bien ? » Un soupir accompagne son geste de déposer son téléphone sur la table, au même moment où elle remarque sur le côté de la table deux verres identiques remplis d'une boisson qu'elle ne prend pas le temps d'identifier, avant qu'elle ne décale son sac à main sur le côté d'une main nerveuse. Devon remarque ensuite qu'elle est peu présentable : sa veste la recouvre, par chance, mais ses cheveux sont sans doute dans un état lamentable et elle n'a pas pris la peine de vérifier si ses autres vêtements ont pris une place correcte le long de son corps lorsqu'elle les a enfilés à la vitesse de l'éclair chez elle. Les lèvres pincées, Devon relève son visage vers celui de Jace sans un mot de plus et attend une explication digne de ce nom.

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Jace Allbright

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MessageSujet: Re: curse these dreams (jace)   Lun 1 Fév - 1:33

Méfait accompli. Il fit glisser subtilement le téléphone dans la poche de son propriétaire, un sourire de conquistador sur les lèvres. Caleb lui lança un regard hébété, et Jace, ainsi pris sur le fait,  fit rapidement s'évanouir son sourire, et opta pour la réponse la plus nonchalante permise : un haussement d'épaule. Non, il n'essayait pas de toucher ce qui se trouvait dans sa poche. Certainement pas. Pas même dans son cauchemar le plus violent. Et dieu merci, une gorgée du meilleur whisky qu'on pouvait trouver au Whiskey Blue Bar fut suffisante pour attraper l'attention de Caleb, et ainsi lui faire oublier instantanément cet épisode douteux.  Caleb qu'il laissa aux bons soins de la nuit et de ses excès, non sans le féliciter d'une tape sur l'épaule d'être toujours le même mec qu'il avait quitté des années auparavant. Certaines choses ne changeaient jamais, à sa grande satisfaction. Avant de quitter le bar, Jace jeta à son plus vieil ami un regard fugitif. À chaque fois, il vacillait au bord du gouffre de la culpabilité. Parce que sa sœur lui plaisait, et qu'il ne faisait rien pour le réprimer, et si peu pour le dissimuler. Parce qu'elle lui était interdite, au nom du concept de l'amitié, mais que comme toujours, il aimait franchir toutes les barrières. Ses regrets sous le bras, il pénétra dans le Love Philter Diner bondé, sous le regard grotesquement impérieux de sa propriétaire déjà gavée de savoir qu'elle allait devoir le servir, ou même respirer le même air que lui. Jace lui adressa un sourire fait d'insolence et de compassion mêlée, puis se contenta de suivre la ravissante serveuse toute dévouée à sa cause. Assis depuis quelques petites minutes dans un confortable fauteuil, il attendit son bourbon sans glace et sa donzelle du soir en tapotant sur l'un des accoudoirs. Heureusement pour lui, la présence de Bonnie lui offrit un jeu assez attrayant pour l'occuper en attendant l'arrivée de Devon : À celui qui saurait se jauger du regard de la façon la plus intense possible. Néanmoins, toute envie de prouver à Bonnie qu'elle ne l'emporterait pas sur lui s'envola une fois que Devon eut franchi la porte du Love Philter Diner. Avec ses cheveux mouillés, son trop gros pull et sa petite démarche d'enfant perdue. L'inquiétude lui allait aussi bien qu'une robe coupée prêt du corps, et il la trouva plus jolie encore au naturel qu'elle ne l'était apprêtée. Son téléphone dans une main, et un verre de vin dans l'autre, Jace la regarda s'asseoir face à lui, amusé comme jamais par son allure de gosse soucieuse. « .Je ne sais pas. À cette heure-ci probablement en train de vendre son âme pour un long island iced tea et un énième rail au Rabbit hole. » qu'il répond nonchalamment, ne prenant pas la mesure de ce qu'il avait pu provoquer en Devon à cause d'un simple petit jeu de manipulation qu'il pensait innocent au départ. Jace avait laissé ce bon vieux Caleb à ses vieux démons plus tôt dans la soirée, et ne comptait pas s'enquérir de son état avant plusieurs heures, si tant est qu'il le fasse vraiment. Caleb s'en était sorti durant des années sans lui, et il ne faisait aucun doute qu'il le ferait encore longtemps. Armé de sa chance insolente et avec un éventail de contusions diverses et variées, certes, mais il parviendrait toujours à s'en sortir. Caleb était doué pour la vie. Du moins le faisait-il croire, et bien en plus. Peut-être était-il temps que sa cadette ne le réalise à son tour. « .Mais oui il va bien, et si ce n'est pas le cas, ma foi je lui fais confiance pour s'en sortir de la façon la plus abracadabrantesque possible. » Auquel cas, il se ferait un plaisir d'aller le sortir de prison, ou n'importe quel institution psychiatrique, ce à la première heure. Pas le moins du monde effleuré par l'air angoissé qu'elle affichait à présent, Jace poussa un soupir amusé et repoussa le téléphone qu'elle plantait férocement sous son nez, ce sans prendre la peine de lire un message qu'il connaissait quasiment par coeur, pour l'avoir rédigé. Il se réjouissait de sa présence. Probablement plus qu'il n'aurait du, mais maintenant qu'elle se trouvait là, il ne réfléchissait plus. L'instinct prenait le dessus. Peut-être un peu le cœur, aussi. Il avait toujours fait en sorte que nul ne puisse le passionner, son cœur (pas plus que son métier, au demeurant), et que rien ne puisse susciter un sentiment un peu trop intense pour enrayer l'image impeccable du présentateur télé. Et voilà que Devon, avec sa voix, ses mains qui tremblaient, et ses tâches de rousseurs… À y penser, il lui adressa un sourire. « .C'est chouette ici, un peu kitch certes, mais ça sent drôlement bon. » relança-t-il, l'air de rien. L'établissement était aussi tenu par une harpie, mais au nom de son amitié plus ou moins révolue avec Bonnie, il se garda bien de le mentionner. « .Quoi ?. » renchérit-il, après quelques secondes d'un silence trop pesant, d'un ton cette fois plus… concerné par la tournure que prenait cet intermède. Il la scruta un long moment, à en devenir presque dédaigneux, et réalisa la méprise en repensant à son téléphone. « .Ah, oui. C'est moi l'auteur du message. Je me doutais que t' inventerais une excuse bidon pour te défiler, du coup j'ai utilisé le téléphone de ton frère. Un peu audacieux de ma part, je l'admet volontiers, mais bon... » Mais bon, je m'en tape, finit-il, laissant ses pensées flotter lourdement entre eux. Ce que Jace veut, Jace a. Ce qui semblait être une énième folie de la part du présentateur n'était en réalité qu'une manifestation rusée de son romantisme. Romantisme subtile qui n'en demeurait pas moins fantasque, trop audacieux, et presque indécent, mais romantisme quand même. La barrière entre la folie et le romantisme était si fine chez lui. « .T'aurais dû t'en douter, un message sans aucune faute de sa part, franchement... » plaisanta-t-il.  Pas que Caleb ne soit pas correctement instruit, seulement difficile pour lui de ne pas s'imaginer que la vie décharnée de son fidèle ami, le tout saupoudré d'une épaisse couche de drogue, n'entamait pas ses qualités intellectuelles… et donc son orthographe. Sans parler du fait qu'un type comme Caleb n'avait franchement rien à foutre dans un endroit comme le Love Philter Diner. Pas à cette heure-ci du moins. Le fuseau horaire sur lequel  Caleb était en permanence branché était au Rabbit Hole, au mieux. À la rue en train de nager dans son spleen dans le pire des cas. Conscient que son humour n'arrangeait rien à sa cause, Jace se pencha vers elle, un charmant sourire sur les lèvres, et fit subtilement glisser une carte du restaurant sur la table devant eux dans sa direction. « .Tu peux essayer de me pardonner ? J'avais juste envie de dîner avec toi. » qu'il ronronne, ce joli cœur. La chape de plomb imposée par son amitié pour Caleb devenait aisée à soulever lorsque Devon était là, et trop lourde pour lui lorsqu'elle ne l'était plus. L'ombre de son meilleur ami planait au-dessus d'eux, pourtant Jace parvenait à l'ignorer avec une aisance qu'il n'avait jamais soupçonné.

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Devon Matthews

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MessageSujet: Re: curse these dreams (jace)   Mar 23 Fév - 0:50

Plusieurs soupirs agacés manquent passer ses lèvres. L'attente est longue, avec Jace. L'attente est interminable tant qu'il refuse de lui accorder ce qu'elle demande. Pourtant, ce n'est pas si compliqué : Devon attend juste trois mots. Trois petits mots et elle pourra se remettre à respirer. Caleb va bien. Son regard a beau le supplier de mettre fin à son supplice, le présentateur n'en fait rien. L'infirmière manque presque lui donner un coup de pied sous la table pour le décider à se presser, mais elle se retient. Elle l'écoute parler de tout et de rien, comme si de rien n'était. Comme si de rien n'était. Est-ce que son frère a choisi pour meilleur ami le pire crétin du monde, ou est-ce seulement elle qui pense lire ça en lettres rouges défilantes sur son front ? Son regard lance un premier éclair, qu'elle espère foudroyant. Elle n'en a rien à fiche de l'endroit où ils se trouvent, que ce dernier soit kitch ou non, ce n'est pas ce qui importe. C'est même le cadet de ses soucis. Elle ne peut profiter de l'instant tant qu'elle ne saura pas si son frère est en sécurité, si Jace ne l'a pas laissé seul dans un endroit quelconque, pour venir jusqu'ici et attendre elle-ne-sait-quoi. Si seulement Caleb pouvait débarquer derrière eux, à l'entrée du Love Philter Diner, pour qu'elle puisse le serrer de toutes ses forces de ses minuscules bras de frangine paralysée par la peur, les choses s'arrangeraient peut-être... Sauf que pour le moment, Devon est confrontée au sourire charmeur de Jace, et que cette vision déstabilisante la trouble au point d'à peine réaliser qu'il vient de lui affirmer que, oui, Caleb va bien. Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, la jeune femme pense mal capter la suite de ses propos. « C'est toi l'auteur du... », qu'elle répète tout doucement, plus pour elle que pour lui au final. Ses lèvres s'entrouvrent à plusieurs reprises, témoignant de sa surprise tout d'abord, qu'elle ne peut réfuter, puis d'une légère fureur dès qu'elle prend conscience de ce que cela signifie. Et Jace ose même se moquer du niveau en orthographe de Caleb – devant elle ! -, ce qui a le don de l'agacer un peu plus. Incapable de réagir, le regard confus de la jolie infirmière dérive de son visage fier au menu qu'il fait glisser devant elle. Elle contemple le nom des plats durant de longues secondes, histoire de reprendre ses esprits, avant qu'elle ne se reconnecte d'elle-même à la réalité. Oui, elle aurait dû lui écraser les pieds d'un bon coup de talons lorsqu'elle en a eu l'idée. Secouant la tête, Devon ravance sa chaise en direction de la table, histoire d'éviter à tous les autres clients du restaurant de ressentir les remous de sa colère modérée, et de sa déception difficile à masquer. Ainsi que de cet agaçant troisième impression face à ce qui se passe, celle qu'elle ne veut pas définir mais qui lui donne envie de sourire bêtement. Hors de question, c'est tout sauf le moment. « Qui te dit que moi, j'ai envie de dîner avec toi ? » Son ton est sec. Devon veut mettre un maximum de distance entre eux, histoire de bien faire comprendre à Jace que ce qu'il vient de faire est impardonnable. Comme ça elle n'a même pas besoin de l'exprimer à voix haute, il est assez grand pour saisir que l'agacement qu'il perçoit dans sa voix n'est pas fictif. L'infirmière doit encore se délester de ce poids qui s'est écrasé sur ses épaules à la lecture du prétendu sms de Caleb et le coupable de ce mal-être va devoir en faire les frais. « Et d'abord, j'ai toujours de bonnes excuses, de vraies excuses, et je me défile pas. » Elle n'est pas celle qui doit être en tord aujourd'hui. Ce n'est pas juste. Elle n'a pas à se justifier comme elle vient de le faire, mais elle ne comprend pas d'où il sort une idée aussi fantasque. Elle, se défiler ? Trouver des excuses pour ne pas le voir ? C'est stupide, vraiment... Il est aussi possible que ce soit vrai dans le fond, sauf que Devon ne voit pas les choses sous cet angle. Elle ne veut juste plus ressentir ce pincement au cœur qu'elle a éprouvé lorsqu'elle l'a revu en compagnie de son frère. Cet exact même sentiment bizarre dans le ventre, un poids à la fois plaisant et éreintant, qu'elle n'a éprouvé qu'une seule fois dans sa vie : lorsqu'elle a aperçu Adrian dans la cours de récréation, enfant. Devon refuse alors d'y voir les signes avant-coureurs d'un- d'un espèce de coup de foudre ingérable, quelque chose qui prend aux tripes et qui la poursuit jusque dans ses rêves. Non, non, non, il n'en est pas question. Voilà, rien qu'à l'entende balancer des âneries à ce sujet, elle se retrouve aux prises de tourments qu'elle ne devrait pas connaître en sa présence. Jace est le meilleur ami de Caleb. Il est différent d'elle, foncièrement divergent, ils n'ont rien en commun, ils ne se connaissent pas. « S'il-te-plaît, ne refais plus jamais ça », qu'elle lui intime d'une voix plus douce, alors que son regard perd en dureté. Peut-être qu'elle peut sembler terrible à réagir de la sorte pour, au final, une broutille pareille, une simple blague même de la part de Jace, sauf qu'il n'est pas au courant de tout ce qu'elle a traversé. Elle suppose que Caleb ne lui a pas parlé de la disparition d'Annie, et si c'est le cas, son frère comme lui ne sont pas au courant de la peur de la perte ou de l'abandon qui gâchent le quotidien de l'infirmière. Une information qu'elle n'est pas prête de lui révéler, mais qui serait cruciale pour lui faire comprendre que se jouer de ses peurs de la sorte est une mauvaise idée pour la faire tomber dans ses filets. Chose qui n'arrivera pas, d'ailleurs, mais que Devon suppose être le but final vu sa méthode assez... particulière – à la limite de l'original - pour parvenir à la faire venir auprès de lui. Il faut dire que Devon met un point d'honneur à l'éviter, et ce depuis leur dernière rencontre, lorsqu'il est revenu en ville et qu'ils ne s'étaient pas vus depuis des années... « Au point où j'en suis... commande ce que tu veux », qu'elle lui lance, avant de lui rendre le menu dans un geste rapide, pour éviter tout contact, avant de croiser les bras et que son dos n'échoue contre le dossier de sa chaise. Elle s'en veut d'accepter aussi facilement. Elle continuera à s'en vouloir de ne pas avoir pris ses jambes à son cou dès qu'elle a entendu qu'il était à l'origine du sms – sauf que si elle ne reste pas là, Jace s'acharnera. Elle craint de le voir débarquer encore et encore dans son existence, se débrouiller pour trouver son numéro et la harceler – si ce n'est pas déjà fait puisque Caleb ne semble pas capable de garder les secrets que renferme son téléphone portable pour lui – ou être présent dès qu'elle sera supposée voir son frère. Il semble aussi déterminé à la voir qu'elle à le fuir. Une situation invivable à laquelle elle peut mettre un terme dès aujourd'hui. Avec un peu de chance, il n'en souffrira pas trop et elle ne deviendra plus qu'un mauvais souvenir qu'il s'empressera d'effacer de sa mémoire dans les bras d'une autre. A force de cogiter, Devon commence à recouvrer une teinte de joue à peu près banale, mais préfère s'aider en enlevant sa longue veste pour être plus à l'aise. Une fois cela fait, elle replonge ses prunelles bleutés dans celles de Jace sans ménagement aucun. « Puis pourquoi t'as envie de dîner avec moi ? On a rien à se dire. T'es le meilleur ami de Caleb, pas le mien, on se connaît à peine. T'as personne d'autre avec qui dîner pour avoir envie de te retrouver avec moi, Jace ? » Son prénom lui brûle les lèvres. L’infirmière retient que ce n'est pas de cette façon qu'elle réussira à mettre son plan de garder une distance quant à la situation en le nommant avec une telle aisance, un si grand naturel, et qui en plus démontre que son frère n'a pas eu à lui répéter trop de fois son identité pour qu'elle l'imprime au cœur de sa mémoire la plus vive.

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