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 text me in the morning (colin)

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Norah Mitchell

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MessageSujet: text me in the morning (colin)   Ven 8 Jan - 19:03

Ce que le miroir peut lui renvoyer une image détestable. Elle tourne sur elle-même depuis de longues minutes, elle s'inspecte sous tous les angles. Elle ne perçoit que des défauts ; ils sont plus ou moins évidents, mais elle a le nez pour tous les remarquer. Elle pourrait même les énumérer une à une, là, tout de suite, et à voix haute qui plus est, jusqu'à ce que Norah ne puisse plus s'encadrer et se saisisse de son téléphone portable pour annuler son rendez-vous. Après un nouveau regard répugné sur sa personne, la jeune femme n'en tire qu'une seule conclusion : on s'est moqué d'elle et, au lieu de lui amener un miroir "normal", les livreurs du magasin de meuble lui ont refilé un miroir déformant de la dernière fête foraine venue en ville. Ses formes sont disgracieuses, trop voyantes par endroits, tandis qu'elle a des airs de planche à pain à d'autres. Tournant le dos à la glace, elle inspecte avec un intérêt nouveau le tombé de sa robe noire sur ses épaules, ses hanches, jusqu'à milieu de ses longues jambes. Ces dernières donnent ont l'air d'avoir pris cinquante centimètres superflus depuis la dernière fois que Norah y a jeté un coup d'oeil... c'est-à-dire hier. Poussant un soupir doux, à peine audible, la secrétaire s'avance vers la porte de sa chambre, l'ouvre, et passe la tête dans le couloir. « Poppy, t'es là ? », qu'elle appelle de sa toute petite voix. Cette dernière s'efface dans l'immense corridor qui mène jusqu'à la cuisine, et les épaules de Norah se rabaissent, donnant l'impression que la jeune femme se renferme sur elle-même, lorsqu'elle prend conscience qu'elle a peut-être réveillé Nash, s'il est dans l'appartement. Elle connaît l'emploi du temps de sa meilleure amie, à peu de choses près, mais elle n'a pas encore retenu tous les allers et retours réguliers de leur colocataire. Aucune réponse ne lui parvient. Norah lève les yeux au ciel face à sa propre bêtise. « Tu dois déjà être partie à l'hôpital... », qu'elle élude, avant de fermer la porte en douceur derrière elle. Puis elle s'inflige une dernière fois l'épreuve du miroir. Celle qui la terrorise mais dont elle est incapable de se passer. Chaque jour, Norah sait qu'elle se fait du mal. Elle ne sait pas se mettre en valeur. Elle n'a rien pour plaire. Elle est à peine féminine. Aujourd'hui, ce sont ces bras ballants, ces yeux trop bleus, ces cheveux trop longs qui la dérangent. Et ce sourire. Ce stupide sourire qu'elle cherche à travailler depuis qu'elle est rentrée dans sa chambre en rentrant de l'hôpital. C'est pourtant pas compliqué de sourire "normalement". A la base, c'est donné à tout le monde. On a tous la capacité de savoir le faire dès la naissance, pourquoi pas elle ? Norah esquisse une énième mimique qui va en ce sens à son reflet, avant de secouer la tête. Certains hommes lui soufflent qu'elle se fait des idées, qu'elle possède un sourire charmant, mais Norah peine à y croire. A bien se regarder, c'est vrai qu'on dirait qu'elle se force. Ça ne fait pas naturel cette bouche qui se courbe, ou plutôt qui se tord, s'élève de façon incertaine sur le côté, et Norah en a conscience. Malheureusement, personne ne lui a jamais vraiment appris à sourire selon elle. A la différence de Maeve qui respire d'une énergie débordante, elle sera à jamais l'enfant qui a effrayé par son absence et son silence. La brune continue de s'adresser ce regard perdu. Elle pense que c'est à cause d'elle que son père est parti, et qu'il a abandonné sa petite soeur. C'est une possibilité qu'elle tente de ne pas trop évoquer auprès de cette dernière, par peur de découvrir qu'Eve pense exactement la même chose. « On verra bien, s'il s'enfuit en courant et bien il s'enfuira en courant... » Ses mains viennent se perdre dans ses cheveux, et elle laisse échapper un petit bruit agacé. Elle s'insupporte à avoir de telles pensées au sujet du Docteur Akerman : elle ne le connaît pas. Ou du moins pas encore très bien. Elle n'a aucune idée de comment il voit le monde, les femmes, la vie, s'il est capable du pire comme du meilleur. Norah ne sait rien de tout ça mais rien que d'imaginer un caractère ou une façon de pensée à cet homme qui l'a gentiment invitée à venir boire un verre la pousse à s'interroger sur le bien fondé de son action. « Mais il ne partira pas en courant, pourquoi est-ce qu'il partirait en courant... », qu'elle poursuit en prenant la direction de la salle de bain. « Il peut le faire s'il a l'habitude de le faire... » L'idée la freine juste devant la porte de la pièce d'eau. Est-ce que le Docteur Akerman renvoie cette image ? Celle d'un homme qui refuse de finalement boire un verre avec une fille qui n'est pas bien dans sa peau et qui se dévalorise à un tel point que c'en crève les yeux ? La respiration de Norah manque à l'appel. Sa main pousse la porte blanche et elle vient se poster devant le lavabo, pensive. Elle tente de se remémorer les quelques bribes de souvenirs qu'elle a de l'homme en question, pour voir si elle peut y trouver quelque chose qui l'aiderait à obtenir une conclusion convaincante... Mais rien. Le Docteur Akerman a souri, beaucoup, bien mieux qu'elle d'ailleurs, a demandé si tout allait bien, l'a guidée dans les couloirs alors que Norah venait de perdre toute notion de repère visuel, et il a proposé d'aller boire un verre plus tard. La jeune femme a trouvé ça adorable, et elle n'a pas hésité une seule seconde. Elle répond toujours trop vite aux invitations qu'on lui fait, simplement par peur de les avoir rêvées. Elle ne veut pas les voir s'envoler trop vite en l'attente de sa réponse (souvent bégayée car surprise), ça fait bien trop mal. « Non, il ne le fera pas. » Sa voix assurée et ce regard décidé qu'elle lance au miroir éclairé devant elle accélèrent ses battements de coeur. L'auto-motivation n'est vraiment pas son truc. « J'aurais dû te demander de venir Poppy », adresse-t-elle à sa meilleure amie absente. Norah lance un regard triste aux quelques produits de beauté qu'elles partagent toutes les deux, sur la droite du lavabo (le côté gauche étant réservé à Nash), avant de se décider à utiliser cette crème pour la peau qu'elle doit "absolument tester" depuis un temps infini. Ce soir est l'occasion de le faire. Mais, à peine Norah s'en saisit-elle de ses mains tremblantes car nerveuses, que la petite boîte ronde atterrit dans le lavabo et que la jeune femme s'empresse de le récupérer. « Roh, zut ! Pardon », qu'elle s'excuse bêtement. Il n'y a personne avec elle, et ce qu'elle vient de cogner par inadvertance n'a rien de vivant, mais c'est une mauvaise habitude qu'elle a pris de toujours demander pardon. Norah s'excuse même lorsqu'elle n'est responsable de rien, qu'elle soit en présence de quelqu'un d'autre ou non. Ce sentiment de toujours mal faire la hante, alors elle préfère demander pardon plutôt que d'être détestée. Même par une fichue crème qui n'en a rien à faire. Enfin sur le départ après avoir passé une demi-heure dans la salle de bain, Norah enfile sa paire d'escarpins et jette un regard désolé à sa paire de rollers. Impossible de se rendre à ce rendez-vous comme ça : elle n'ose même pas imaginer la tête que lui tirerait le Docteur Akerman ce soir, ou même à l'hôpital plus tard s'ils se recroisaient... Il ne faut pas longtemps à la jeune femme pour arriver non loin de l'Insomnia. Elle n'a eu de cesse tout le long du chemin de s'assurer que son allure est des plus présentables, mais elle a vite réalisé que ce n'était pas le cas. Relevant la tête, Norah croise le regard du charmant Docteur au loin. Il l'attend sans doute ; elle espère depuis peu de temps tout de même... Une fois arrivé près de lui, Norah se déteste. Elle se pointe à ce rendez-vous mal habillée, sans doute échevelée par la marche en plein air, et elle ne connaît même pas son prénom. Elle n'a pas pensé à lui demander lorsqu'il a proposé ce rendez-vous, en partie parce qu'elle s'est vite enfuie à cause de la gêne occasionnée par cette demande impromptue et touchante. « Bon-bonsoir Docteur Akerman. »

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Colin Akerman

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MessageSujet: Re: text me in the morning (colin)   Dim 10 Jan - 15:42

Il passa un dernier coup de peigne dans ses courts cheveux, le regard fixé sur le miroir qui le faisait face. Il ne savait pas trop ce qu’il lui avait pris d’inviter cette jeune patiente à aller boire un verre ensemble, sans doute était-ce la voix endiablée de Jason martelant son crâne, mais une chose était sûre : il n’était pas à l’aise. Ça ne lui ressemblait pas, et même s’il n’attendait rien de cette rencontre si ce n’est d’apprendre à connaître davantage cette jeune femme au destin singulier, il ne pouvait s’empêcher d’avoir la boule au ventre. C’était stupide, et plus que ça même, mais c’était plus fort que lui. Pourtant, ça ne demandait pas un effort surhumain de porter un verre à ses lèvres en face d’une jeune femme agréable et de lui poser tout un tas de questions sur sa vie, ses rêves mais surtout pas sa maladie. Ça lui était d’ailleurs déjà arrivé à Colin. Il suffisait qu’il croise le regard paniqué d’une patiente, qu’il lui vienne en aide et la rassure, pour qu’il ait envie de développer ce lien aussi fin soit-il autour d’un verre. Bien évidemment, si ça n’avait tenu qu’à lui, il se serait contenté d’un horrible café du distributeur de l’hôpital, mais il pensait avant tout au bien-être de l’autre : ce n’était pas en restant enfermés entre les murs blancs de l’établissement qu’il ou elle (Colin n’invitait pas uniquement des femmes, preuve du bien-fondé de sa démarche et de son absence d’arrière-pensée) se sentirait à l’aise au point de décrocher de son morne quotidien. C’était ce qu’il souhaitait plus que tout, Colin, que la demoiselle oublie un instant ses problèmes et se sente comme une toute autre femme. Rien de plus, rien de moins. Le pédiatre ne parvenait pas à faire une distinction entre sa vie professionnelle et sa vie privée, il anéantissait toute frontière en couvrant de cadeaux ses petits patients ou en payant un verre aux plus grands. Il avait toujours été comme ça, et ce n’était pas demain la veille qu’il changerait. Beaucoup avaient essayé, sans succès. Si au départ ce comportement inquiétait ses supérieurs, il n’en était plus rien désormais : ils avaient tous appris à accepter sa personnalité bien généreuse, et savaient que c’était un plus non négligeable pour la réputation de l’hôpital. Colin ne pensait pas à ça, lui, il oubliait même les rumeurs qui pouvaient courir sur lui parce que son attitude partait d’une bonne intention, et jamais ô grand jamais il ne s’imaginait que cela pouvait être mal interprété. Par ses collègues, mais aussi par ceux qu’il conviait à discuter autour d’un verre. D’ailleurs, il n’allait pas tarder à s’asseoir aux côtés de sa nouvelle invitée. Après quelques minutes au volant de sa voiture, Colin arriva à l’Insomnia et s’installa rapidement à une table, située à l’écart. Il jeta un coup d’œil à sa montre, constata qu’il était en avance, et contempla la décoration du pub en attendant que Norah (il lui avait demandé son prénom au détour d’un couloir) pointe le bout de son nez. Elle ne tarda pas à le faire, et quand il remarqua sa silhouette marcher droit sur lui, Colin sentit l’appréhension faire un bond dans son corps. Il lui rappelait sa présence comme s’il l’avait oubliée, mais ce n’était pas le cas. Comme toujours, il lui faudrait une bonne dizaine de minutes pour se sentir à l’aise. « Bonjour Norah. » qu’il lui dit, un sourire s’installant sur ses lèvres, tandis qu’il se levait pour tirer la chaise de la jeune femme. Ils n’étaient pourtant pas au restaurant, mais c’était plus fort que lui, cela faisait partie de son éducation et il n’arrivait pas à ne pas être un gentleman en toutes circonstances. Finalement, il reprit place sur la sienne. « Vous pouvez m’appeler Colin. C’est même fortement recommandé. » qu’il se contenta de dire, sans trop savoir comment engager la conversation. Il aurait pu bien évidemment lui demander ce qu’elle désirait boire et appeler un serveur d’un signe de la main, mais la gêne qui animait la demoiselle était apparemment contagieuse.

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Norah Mitchell

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MessageSujet: Re: text me in the morning (colin)   Lun 11 Jan - 18:04

Norah aperçoit le docteur Akerman se lever de sa chaise à son arrivée, et elle se demande d'instinct si elle n'est pas en retard. Si c'est le cas, il est peut-être en train de partir. Ce dernier en a assez de l'attendre, elle qui n'est pourtant jamais la dernière, et elle comprend son choix. Elle ne peut même pas regarder sa montre, ce ne serait pas discret. Est-elle en train de sentir le rouge lui monter aux joues ? Sûrement. Mais malgré cette appréhension de voir son rendez-vous s'évader pile au moment où elle vient de faire son entrée dans l'Insomnia, la jeune femme accélère le pas. Si elle s'empresse de lui prouver qu'elle s'en veut, qu'elle ne voulait pas le faire attendre, qu'elle n'est pas prête à le voir partir comme ça, aussi vite, le docteur Akerman aura peut-être pitié. C'est tout ce que hurlent les prunelles cernées d'un bleu électrique de la jolie Norah : ne partez pas. Une fois près de lui, la jeune femme se rend compte qu'il ne bouge pas. Il ne prend pas le chemin inverse, il ne fait rien en ce sens ; aucune remarque, aucun reproche, juste un sourire et tout son être qui perdure près de la table où il était assis quelques secondes plus tôt. Il ne part pas. Il reste dans le bar, avec elle, et lui adresse un sourire avant de prendre l'initiative de venir tirer la chaise à côté de Norah pour qu'elle puisse s'installer à son tour. Elle l'observe se rasseoir, un peu surprise, tenant les bords de sa chaise de ses petites mains pour ne pas se laisser tomber. Elle croit se trouver face à un prince charmant ; elle n'a jamais croisé personne capable de tirer sa chaise pour qu'elle soit à l'aise, un peu en confiance, et qu'elle accepte de délivrer ensuite une petite mine gênée. C'est si rare. La secrétaire cherche à masquer son embarra, causé par toutes ces vilaines pensées qu'elle vient d'avoir pour lui, leur soirée qu'elle pensait déjà achevée, ou ce côté fuyard qu'elle lui a prêté sans même le connaître. Toute cette appréhension qui a coulé dans ses veines disparaît peu à peu, jusqu'à ce que la voix du pédiatre n'attire son petit visage perdu vers le sien. « Colin ? », qu'elle sourit doucement. « D'a-D'accord. » A-t-il toujours autant de facilité à faire sourire toutes les femmes ? Colin résonne aux oreilles de Norah comme une douce mélodie, un aveu qu'elle est ravie d'avoir obtenu. D'habitude, elle ne connaît pas les prénoms des hommes avec qui elle prend un verre, ou pas souvent (et elle a déjà pu constater que la falsification de prénom existe). La jeune femme se contente de ce qu'on veut bien lui donner, elle demande peu. Alors pour la première fois, elle apprécie de voir qu'une personne se livrer à elle. Ça n'est qu'un prénom, après tout, mais c'est une petite chose sur l'identité du pédiatre que Norah va préserver avec grand soin, dans un recoin de son esprit, tel un petit mirage qu'elle ne laissera jamais s'en aller. « C'est très joli. » Le petit compliment passe ses lèvres avec cette douceur naturelle qui réchauffe son coeur. Norah sait que sa gentillesse la perdra un jour, mais elle agit de la sorte car c'est de cette seule façon qu'elle se rassure aussi. Lorsque ses mots se font avenants et courtois, elle berce ceux qui lui font face et calme ses propres tourments. Et elle en a beaucoup. Le rouge remonte lentement jusqu'à ses petites joues rebondies, bien qu'elle essaye de ne pas y penser. Si elle fait mine de ne pas le remarquer, peut-être que Colin ne verra rien non plus ? « Merci de m'avoir invitée, c'est vraiment... » Norah laisse les mots s'échapper alors que le sourire du pédiatre ne quitte pas ses traits. Elle lutte contre cette fébrilité qui la gagne, celle qui rogne ses bonnes résolutions de ne pas paraître trop bizarre, jusqu'à parvenir à poursuivre sa phrase sans qu'un énorme blanc ne soit venu se loger entre les deux morceaux de phrase. Une véritable et minuscule victoire pour la secrétaire. « adorable. Très-très gentil à vous... Colin. » Sont-ce des choses qui se disent ? Norah ne sait plus, sur le coup. Elle bafouille encore et toujours avant de réaliser ensuite. Elle fonctionne à l'envers. Elle avance surtout de travers. Ses mains viennent masquer son visage aux yeux de Colin ; il va la trouver ridicule. Ou bien il va se sentir humilié si elle refuse de le regarder plus longtemps. Enlève tes mains Norah. L'air enfantin de la jeune femme se confronte à nouveau au regard de son interlocuteur. Elle peine à sourire comme elle en a envie, malgré le besoin qu'elle ressent de lui prouver qu'elle est bien, à ses côtés, et que son regard sur elle fait partie des plus doux qu'elle ait jamais croisé. Mais pourquoi est-ce qu'elle ne sait pas démontrer tout ça ? Son attitude est déplorable, Norah se le rabâche sans arrêt, et elle espère que Colin comprend (ou devine plutôt) que rien n'est facile pour elle, mais que ce n'est en rien de sa faute. C'est elle le problème. « Je suis une catastrophe pour les rendez-vous. » Ce petit détail, il a dû le remarquer sans son aide. Et encore, Norah ne donne pas une bonne image d'elle alors qu'elle vient tout juste d'arriver. Que va bien pouvoir donner la suite ? Par chance, un serveur s'approche de leur table et la jeune femme s'empresse de répondre à sa question par un : « Je vais prendre un mojito. » Norah a besoin d'alcool pour se sentir un peu moins bizarre ; et la glace pilée l'aidera (elle l'espère) à calmer son palpitant qui s'éveille dès que le regard de Colin se pose sur elle. Il le faut.

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MessageSujet: Re: text me in the morning (colin)   Dim 24 Jan - 13:39

Parce qu’il n’avait pas envie d’être le docteur ce soir, il lui donna son prénom sans aucune hésitation. L’hôpital était loin d’eux, tout comme l’odeur entêtante des produits désinfectants si emblématique de ce lieu, et il n’avait aucune envie de rappeler à la jeune femme l’origine de leur rencontre. Il voulait ce rendez-vous léger et amusant, divertissant comme intéressant. Et ce n’était pas en gardant cette hiérarchie dérisoire en mémoire que les choses pourraient se passer naturellement. Norah accueillit la nouvelle avec surprise et il lui rendit son sourire avec plaisir. « Merci. » précisa-t-il pour l’encourager et la rassurer, même si lui non plus n’était pas au mieux de sa forme. Le plus discrètement possible, il contempla sa montre et compta aussitôt dans sa tête les minutes qui le séparaient non pas de la fuite mais de l’agréable sensation d’être à sa place. Comme toujours, il lui en fallait une bonne dizaine pour retrouver un peu de contenance, oublier les circonstances de la rencontre et savourer l’instant présent. « Tout comme Norah. » qu’il rétorqua après le compliment de la jeune femme à l’égard de son prénom. Il aurait voulu lui dire merci une nouvelle fois mais il n’avait aucune envie que la conversation se résume à ce mot. Et puis, il pensait ce qu’il venait de dire, et si d’ordinaire il évitait de l’exprimer à voix haute, il ne regretta pas pour autant son attitude du moment. Si cela pouvait aider la jeune femme à être à l’aise, alors il était prêt à tout pour y parvenir. Elle rougit, aussitôt Colin se sentit coupable. Finalement, à bien vouloir faire les choses, il réussit à faire tout le contraire et à son tour, ses joues se teintèrent de rose. Ils avaient l’air bien tous les deux, à ne pas savoir quoi dire, quoi faire, à tâtonner pour lancer la conversation. Elle le remercia finalement pour l’invitation, et le pédiatre oublia un instant ses pensées pour adresser un large sourire à la demoiselle. Il n’ajouta cependant rien, conscient que le moindre de ses mots désormais pouvait anéantir la démarche de Norah et l’empêcher de savourer l’instant présent qui était tout de même le but de cette rencontre. Quand elle porta ses mains à son visage, il réalise néanmoins qu’une nouvelle fois, sa décision n’était pas la bonne. L’envie de poser les siennes sur les poignets de la demoiselle pour découvrir son visage se fit forte, mais il la fit taire sans hésitation, conscient que c’était une limite à ne pas franchir. Il préféra atteindre qu’elle se dévoile à lui d’elle-même, puis laissa finalement éclater un rire singulier quand elle lui avoua être un catastrophe. Ce n’était pas de la moquerie, et il s’empressa de prendre la parole pour lui prouver. « Nous sommes deux dans ce cas, alors. » Il se mit à son niveau pour lui montrer que ce n’était pas une honte, et aussi pour lui faire comprendre que s’ils continuaient sur cette route, autant rentrer chacun chez soi. « Mais ce n’est pas bien grave. » Un serveur fit son apparition pile au bon moment, et Colin le remercia d’un large sourire. « Et ça sera un diabolo menthe pour moi, s’il vous plaît. » L’homme leur indiqua qu’il revenait au plus vite avec leur commande, et le pédiatre le regarda s’éloigner avant de plonger à nouveau son regard dans celui de Norah. « Il me faut toujours au minimum dix minutes pour me détendre lors d’un rendez-vous. » qu’il lui confia, sans vraiment savoir ce que cet aveu pouvait apporter à la demoiselle. Lui, il souhaitait juste lui faire comprendre qu’il n’était pas le docteur, qu’il était un homme comme les autres qui désirait juste apprendre à la connaître autour d’un verre. Il n’était pas invincible, il possédait une tonne de défauts. Alors, pourquoi s’embêter avec cette gêne agaçante ? Pour une raison obscure, Colin sentit cette dernière s’envoler aussitôt sa confidence évoquée. « C’est complètement absurde, je dois l’avouer. » qu’il reprit, accompagnant ses propos d’un petit rire.


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MessageSujet: Re: text me in the morning (colin)   Mar 23 Fév - 1:04

Norah doit arrêter de le regarder comme ça. Avec autant d'admiration, avec autant d'étoiles dans les yeux. Il va remarquer quelque chose à force. Seulement, c'est tout ce qu'il lui inspire : de la douceur, de la gentillesse, de la bonté à l'état pur, quelque chose qui l'attire indéniablement et qu'elle ne cherche même pas à réfuter au fond d'elle-même. Elle le contemple comme elle n'a pas pu le faire alors que sa vue n'était plus dans les couloirs de l'hôpital. Elle savoure cet instant de découverte car elle sait que ce dernier sera le premier et le dernier à la fois. La jeune femme sait comment ces rendez-vous se terminent. Elle connaît les mécanismes mais n'éprouve pas l'envie de s'en éloigner. Elle perdure aux côtés de Colin, le cœur battant, les pensées bouleversées par ses simples sourires et ses attentions chaleureuses, et elle espère que ce moment va durer le plus longtemps possible. Elle n'a pas envie de le quitter – malgré ses joues rougies par la nervosité et ses mots qui ne sortent par toujours de façon audible, signe indubitable de son stress de ne pas être assez bien, voire assez tout court pour ce rendez-vous pris à la va-vite au détour d'un couloir de l'hôpital, Norah ne veut pas s'en aller trop vite. Elle est prête à rester le temps qu'il voudra. Même s'il ne le sait peut-être pas, il est maître de son être ce soir parce que la jolie serveuse est prête à tout pour ne pas être seule, ni le laisser seul lui. Ou peut-être a-t-il déjà quelqu'un dans sa vie ? Si... Si c'était le cas, il ne serait pas là. C'est ça qui est absurde, tout ce qu'elle pense ou imaginer deviner à son sujet, pas ce que lui raconte, au contraire. « Non, ce n'est pas absurde. » Un petit sourire doux vient se placer sur ses traits. Il ponctue son visage angélique d'une gêne à peine dissimulée, mais aussi d'une marque de joie qu'elle ne réussit pas à masquer non plus. Norah est heureuse de se trouver à ses côtés. Elle le connaît à peine, c'est fou, complètement désué comme raisonnement venant d'elle, comme souvent, sauf qu'elle lutte avec difficulté contre l'affolement de son cœur dès qu'il ouvre la bouche. Il lui donne un peu d'attention, semble-t-il, et ressent un peu la même chose de son côté... N'est-ce pas ce qu'il est en train de dire ? Que le stress l'envahit autant lui qu'elle en est victime dès qu'elle fait une nouvelle rencontre ? Norah ne sait pas si c'est ce qu'elle entend ou bien ce qu'elle désire entendre. Dans tous les cas, cette appréhension partagée lui permet de souffler un peu. C'est la première fois qu'elle se retrouve en présence d'un homme qui dégage une telle assurance et qui pourtant n'en mène pas autant à l'intérieur. C'est fascinant, pour elle, et cela ne fait que renforcer cette impression qu'elle a d'être capable de l'admirer durant des heures. Elle croit fondre lorsqu'il recommence à lui sourire... Ce n'est pas possible, il doit forcément y avoir une connaissance à lui derrière, au niveau du comptoir ou d'une quelconque table dans la partie de la salle qu'elle ne peut voir, parce qu'elle ne peut être la destinataire de toute cette bienveillance. « Je crois que les choses fonctionnent de cette manière pour moi aussi, enfin, je ne sais pas, je ne m'en suis jamais rendue compte », qu'elle bafouille en rapprochant sa chaise de la table. Elle laisse son sac reposer sur ses cuisses, alors que ses avant-bras viennent de déposer sur la surface plane, d'une couloir foncée qu'elle peine à distinguer clairement à cause des lumières tamisées de l'endroit. Par chance, cela veut dire que Colin ne peut pas deviner sa peau grignotée par la gêne. Si seulement elle pouvait cesser d'être aussi idiote... Dans son champ de vision apparaît soudain son verre d'alcool. Relevant le regard en direction du serveur qu'elle a interpellé plus tôt, Norah lui adresse un : « Merci. » du bout des lèvres avant de l'observer s'éloigner. Ce simple mot fait penser à la brune qu'elle n'a pas remercié Colin pour son aide à l'hôpital. Ou alors l'a-t-elle fait et ne s'en rappelle-t-elle plus ? Le plus plausible, c'est qu'elle l'ait fait mais pas assez, car la jolie secrétaire ne sait pas doser ses rapports avec les autres. Elle donne souvent l'impression d'être perdue, éprouvée par le moindre petit échange, mais c'est juste qu'elle se pose beaucoup trop de questions et se culpabilise. Elle croit toujours mal faire. Une décision, aussi banale soit-elle, se transforme en un tourbillon d'hésitations et de tourments pour elle. Ce soir, il s'agit de ne pas oublier de tout mettre en œuvre pour que Colin ne regrette pas son choix de l'avoir invitée à prendre un verre. Car, tout au fond d'elle, Norah sait qu'il n'a fait cela que par pitié, même si sa gentillesse irradie l'instant. Il devait s'imaginer une jeune femme bien dans sa peau, courageuse, déterminée, une personne capable de tout faire pour le mettre à l'aise plutôt que de l'enfoncer dans l'ouragan de sa nervosité communicative. Il doit avoir envie de s'enfuir au loin pour ne plus jamais la croiser, la brune en est persuadée. Toutefois, le pédiatre est un homme poli, civilisé, et il ne parvient pas à la laisser en plan aisément. La jeune femme prend son courage – inexistant, elle est obligée de le reconnaître – à deux mains avant de se lancer : « Je sais que je l'ai déjà fait, mais je tenais encore à vous remercier pour la dernière fois... Colin. » Prononcer son prénom chatouille ses lèvres d'une sensation de bien-être. Elle y est autorisée, cela les fait rentrer tous deux dans une relation plus intime, moins formelle, cela définit un semblant de lien social qu'elle est heureuse de pouvoir ajouter à son maigre palmarès. Norah porte pour la première fois son verre à ses lèvres. Elle avale une première puis une seconde gorgée du liquide aussi brûlant que glacé une fois en bouche, avant de reposer en silence  le verre sur la table. Il faut bien qu'elle trouve un peu de contenance quelque part. « Vous êtes un peu mon sauveur tombé du ciel », qu'elle déclare de but en blanc, avant de venir remettre en place une mèche de cheveux tombée devant son regard transperçant. Elle ne sait pas si ce qu'elle vient de dire sonne comme un véritable compliment pour lui – c'est le cas chez elle, toutefois la conception du monde par Norah n'est sans doute pas la même que celle de Colin – mais il doit comprendre qu'elle met, livre même, tout son cœur dans chacune de ses paroles à son attention. « Pourquoi vouloir aussi être celui des enfants tous les jours ? » Norah espère réussir à le voir à l'oeuvre un jour. Elle n'a aucun mal à imaginer le pédiatre, un sourire aussi adorable que ceux qu'il peut lui accorder à elle ce soir aux lèvres, veiller au bien-être de ses petits patients. Une image merveilleuse que la serveuse sent venir se déposer à même son cœur, afin que tous ses tourments la laissent enfin en paix.

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Colin Akerman

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: Re: text me in the morning (colin)   Dim 6 Mar - 16:23

Norah pourrait le contredire autant de fois qu’elle le voulait, Colin n’en démordrait pas : son comportement était absurde. Depuis quand avait-on besoin de dix minutes tout pile pour se détendre enfin ? Et en plus, à regarder sa montre comme ça, il donnait l’impression de vouloir au plus vite prendre la fuite. C’était irrespectueux au possible et ça ne lui ressemblait aucunement. Cette attitude allait à l’encontre de toute son éducation et pourtant à chaque fois, Colin recommençait. En confiant cette particularité risible à la jeune femme, le pédiatre espérait la rassurer quant à ses intentions : non, il ne comptait pas partir tout de suite, alors qu’ils avaient à peine échangé quelques mots. Des remerciements à tout va, ce n’était clairement pas ce qu’il attendait de ce tête-à-tête. Et surtout, ça ne l’aiderait pas à connaître un peu plus la jeune femme. « Vous ne me ferez pas changer d’avis. » qu’il tenta de plaisanter, avant de reprendre, pour mieux rebondir sur les propos de la demoiselle. « Effectivement, vous avez l’air aussi à l’aise que moi, ça fait plaisir à voir. » Il n’était pas doué pour les blagues qui détendent, Colin, il avait beau prendre exemple sur son meilleur ami, il n’arriverait jamais à atteindre son niveau et encore moins à mettre en application tous ses précieux conseils. Qu’importe ses efforts, il serait toujours aussi maladroit, c’était dans sa nature. Mais pour ne pas rendre la situation davantage gênante pour la jolie brune, le pédiatre décida de conclure par une énième tentative. Promis, si celle-ci n’était pas plus convaincante que ses prédécesseurs, il abandonnerait. « Plus que huit minutes pour être fixés sur votre sort. » Finalement, Colin se rendait compte que ses remarques avaient au moins l’avantage de le détendre, lui. Cela lui avait fait oublié un temps son malaise et c’était plus bon signe. Ce fut à cet instant précis que le serveur refit son apparition pour déposer leurs verres sur la table. Colin le remercia puis s’empara rapidement du sien pour le porter à ses lèvres. Il n’était pas très crédible avec son diabolo menthe à la main, mais que voulez-vous, il était pédiatre, il fréquentait les enfants toute la journée et surtout restait un grand enfant lui aussi. Si beaucoup trouvaient prétexte à se moquer de lui et de ses principes, certaines personnes n’y étaient pas insensibles. Une chose était sûre cependant : Colin comme à son ordinaire se moquait très bien du jugement des autres. Il ne connaissait pas Norah mais il était persuadé que de toute manière elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Tout comme lui ne la jugerait pas de boire de l’alcool devant ses yeux, seule. Et si ça l’aidait à se détendre, tant mieux. Colin en invitant Norah à ce rendez-vous n’avait jamais cherché à la mettre dans un état d’hésitation et d’appréhension. « J’ai comme l’impression que notre conversation sera faite de remerciements du début jusqu’à la fin… » fit-il doucement, un large sourire illuminant son visage. Ce n’était pas un reproche, juste une constatation. Et quand Norah le qualifia de sauveur, il ne put s’empêcher de rougir une nouvelle fois. Son sourire se transforma alors en une petite grimace amusante. « Ce n’est pas la peine, Norah. Je n’ai fait que mon travail. » Et il l’avait fait avec plaisir, sans se poser de questions, comme tous les jours. Il était ainsi, Colin, il ne comptait jamais ses heures, ne regardait même pas dans quel couloir il évoluait. Si une urgence se présentait dans un autre service que le sien et qu’il passait par là, il aidait forcément. C’était ce qu’il avait fait quand sa route avait croisé celle de la jeune femme ce jour-là. Pour lui, il était évident qu’il devait, qu’importe l’âge du patient, apporter tout son savoir. C’était aussi pour cela qu’il avait pris le chemin de la médecine à l’université. Cette impression d’être utile était un véritable moteur dans sa vie. Et c’était sans arrière pensée. Il ne cherchait pas à se mettre en avant et à s’attirer les compliments des uns et des autres, et encore moins les remerciements. Il ne réfléchissait jamais, Colin, il prenait des décisions rapidement et mettait en pratique tout ce qu’il avait appris dans les livres mais surtout des autres médecins qui avaient partagé leurs expériences avec lui. Il n’était donc pas plus un sauveur qu’un autre homme, il était simplement un médecin, c’était son métier d’être là au bon endroit et de tendre la main. Et en parlant de travail, voilà que Norah l’interrogeait davantage sur le sien. Les yeux de Colin s’illuminèrent, respirant ainsi la passion. « Je ne sais pas. » Sa réponse était nulle et complètement inutile, mais pourtant sincère. « En fait, depuis toujours je me suis vu pédiatre. Cela a toujours été une évidence et je n’ai pas cherché plus loin. » Si Colin ne pouvait pas justifier davantage son choix, il pouvait néanmoins évoquer son plaisir de côtoyer des enfants tous les jours. « Je ne regrette pas d’avoir suivi mon instinct. J’adore voir des sourires chasser la tristesse sur le visage des enfants. J’adore leurs remarques spontanées et pleines d’humour malgré la maladie, la douleur, la fatigue ou la peur. J’adore leur simplicité et leur joie de vivre. » Il aurait pu continuer longtemps, Colin, mais il se tut brusquement. « Ce discours-là, tous les pédiatres le tiennent. Mais cessons-donc de parler de moi. Je crois que les dix minutes sont écoulées, vous n’avez plus d’excuse. » qu’il dit à nouveau en plaisantant, incitant ainsi Norah à s’ouvrir à lui également. En attendant, il porta son verre à ses lèvres et but une seconde gorgée.

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Norah Mitchell

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MessageSujet: Re: text me in the morning (colin)   Mar 15 Mar - 17:50

« Je vous comprends. » Norah murmure d'une toute petite voix, presque transparente, insignifiante face au discours virevoltant de Colin. Mais elle a tellement l'impression de voir les enfants, à travers le récit du pédiatre, ce sentiment de parcourir dans les couloirs de l'hôpital - mais pas pour des raisons qui lui font peur, cette fois - qui l'étreint à l'entente de sa réponse qu'elle pense le comprendre. Elle s'imagine simple spectatrice silencieuse de son travail minutieux et non pas patiente envahissante, inutile, de trop. Les choses seraient si simples si elles étaient ainsi. Seulement, la jeune Mitchell préfère mettre elle-même fin à cet espoir idiot et fou qui grandit dans son esprit plutôt que ce soit l'homme en face d'elle qui soit obligé de le faire. Le coeur serré, elle fait tourner son verre sur la table entre eux. Elle se surprend à laisser un sourire gagner son visage, alors qu'il poursuit sur sa lancée. Elle apprécie le son de sa voix, son sourire, la façon qu'il a de cacher sa nervosité alors qu'il sait qu'elle est dans le même état de son côté. Norah sait aussi que ça ne va pas durer - dans quelques heures, il sera parti. Elle devra lui dire au revoir, comme elle dit au revoir à tous les hommes qui ont fait l'erreur de lui accorder du temps. Appréhendant d'avance ce moment fatidique, la jeune femme avala une nouvelle gorgée de sa boisson alcoolisée. Elle se sermonne intérieurement, cherche à se donner contenance en se replaçant sur sa chaise - mais elle sait que ça ne marche pas comme ça. La brune n'a pas de prestance, elle n'a pas de tenue. Elle n'est qu'une fille banale parmi tant d'autres que le pauvre pédiatre est contraint de côtoyer ce soir car il se sent redevable de l'avoir aidée à l'hôpital, alors qu'elle venait de perdre tous ses repères. Norah sait qu'il éprouve juste cette pitié naturelle qu'on éprouve tous un jour pour elle, elle ne lui en veut pas - elle comprend même plus que quiconque. « Vous avez trouvé votre voie... », que déduit la jeune femme de la passion qui se dégage des mots du pédiatre. Il a le regard qui s'illumine, quand il évoque les enfants, il ne s'en rend peut-être pas compte. Norah suppose que ce doit être communicatif car elle éprouve elle aussi l'envie soudaine de travailler à l'hôpital, à ses côtés, auprès de ses jeunes patients. Ce serait merveilleux. Elle supporte peu la vue du sang, si ce n'est dans les séries médicales qu'elle regarde avec enthousiasme à la télévision, toutefois elle fera les efforts nécessaires si un jour l'opportunité d'observer Colin dans son travail se présente. « Déjà ? », qu'elle s'étonne, comme dans sa bulle, préférant continuer à se baigner dans ses paroles plutôt que de parler d'elle. Elle se retrouve surtout surprise de l'intérêt qu'il accorde à sa piètre existence. D'habitude, les hommes écoutent sans écouter, questionnent sans le vouloir vraiment, mais Norah a l'impression que ce n'est pas le cas avec Colin... Et les sermons reviennent sans attendre. Elle s'interdit d'espérer - même s'il est déjà trop tard - parce qu'elle n'a rien à attendre de lui. Des souvenirs lointains, quand elle était encore au collège, et qu'elle devait se présenter devant ses camarades de classe, lui reviennent. Elle se souvient des regards rivés sur sa personne, elle se souvient des brûlures invisibles que ces derniers ont laissé à même sa peau, elle se remémore les rires moqueurs, elle entend à nouveau les plaisanteries - sur ses vêtements, sur elle, sur le fait qu'elle n'avait rien à dire. Qu'elle ait à faire ça debout devant tout le monde ou assise sur sa chaise, le sentiment qu'elle en avait gardé restait le même : elle détestait ça. Pas assez intéressante, agaçante, amusante même, Norah devenait soudain le centre de l'attention et ça n'était pas dans ses habitudes. Ça ne l'est toujours pas. Se raclant la gorge, elle cherche à savoir si ce qu'elle va bien pouvoir raconter va intéresser Colin. Elle est certaine que non. Elle n'a pas une vie trépidante, Norah, pas du tout même, et elle n'a pas envie de l'ennuyer. Elle a l'angoisse d'apercevoir le regret de l'avoir invitée s'insinuer dans le regard du pédiatre dès qu'elle ouvrira la bouche. Seulement, elle ne peut plus reculer. Déjà trop de secondes se sont envolées depuis qu'il a émis le besoin de vouloir en apprendre plus sur elle – elle n'a plus le choix. Mais qu'est-elle supposée dire en premier ? Et en dernier ? Au milieu ? Elle a pas le milieu, ni la fin, à peine le cœur de ce qu'elle est, elle sait pas se présenter sans bafouiller, et... « Je m'appelle Norah. » Son rythme cardiaque s'accélère dans la foulée, avant qu'elle ne secoue la tête nerveusement. La gêne se glisse sur ses traits et Norah est soudain certaine d'une chose : se présenter est une épreuve toujours aussi compliquée pour elle malgré les années. « Mais ça vous le savez déjà... », qu'elle murmure d'une voix étranglée. Gardant la main gauche sur ses genoux, la jeune femme continue à faire tourner dans un toc son verre sur la table. Elle veut se reprendre - elle va se reprendre. Elle sait pas comment faire oublier sa bêtise mais elle poursuit. Perdu pour perdu, Colin gardera au moins un souvenir comique de cette soirée. « Je suis secrétaire. Et parfois je travaille au Rabbit Hole pour aider... J'ai 24 ans, mais ma sœur dit que je fais plus vieille. Ah, oui, je-j'ai une petite sœur, Maeve, qu'on appelle Eve. » Les mots s'entrechoquent par endroit, mais l'aînée Mitchell est heureuse d'avoir réussi à aligner autant de mots à la suite. Puis elle a surtout trouvé un sujet dont elle peut dire des centaines de choses. Certes, il s'agit de sa sœur, pas d'elle, mais Norah vient de démontrer qu'elle est plus douée pour parler des autres que de sa propre personne. Elle préfère. C'est bien mieux ainsi. « Elle est très gentille et très jolie. » Dériver sur Maeve lui redonne un peu le sourire, fait pétiller son regard clair d'une étincelle plus équivoque. « Je tiens beaucoup à elle. Elle est encore au lycée, elle est toute jeune ! Je dois souvent aller voir ses professeurs pour entendre tous les reproches qu'ils ont à lui faire, pour rattraper ses bêtises aussi, mais elle a promis de faire des efforts, alors je la crois, je sais qu'elle va en faire. » Norah n'a pas conscience elle-même du changement de sujet qu'elle a engagé, mais elle est heureuse de pouvoir parler de sa cadette. D'habitude, elle embête Poppy, Nash ou Billy avec ça, alors pour soulager un peu ces derniers, pourquoi ne pas gâcher un peu plus cette soirée qu'elle est persuadée d'avoir ruiné ? Colin ne voudra de toute manière plus jamais lui adresser la parole après ça... « Elle est très intelligente, et douée, elle sait faire pleins de choses. Je suis fière d'elle... même si elle préfère dire que je ne le pense pas plutôt que de m'écouter quand je lui dis. » Son sourire se fait plus doux, peut-être un tantinet plus triste, mais la jeune femme trouve le courage de relever une dernière fois le regard dans celui du pédiatre. « Les ados... », qu'elle murmure comme un clap de fin sur tout ce qu'elle vient de débiter. « Voilà, je-je pense que c'est tout. » La brune ne voit pas ce qu'elle peut ajouter de plus – elle a même l'impression d'avoir dévoilé toute sa vie en l'espace d'à peine deux minutes. Un exploit.

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Clipped wings, I was a broken thing Had a voice, had a voice but I could not sing You would wind me down I struggled on the ground So lost, the line had been crossed Had a voice, had a voice but I could not talk You held me down I struggle to fly now@Sia, Bird Set Free
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text me in the morning (colin)

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