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 see you again (méduse + pernelle)

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Rhys Hastings

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Crédits : monroes + anto

ONCE UPON A TIME
Personnage: nicholas
Emploi: prof de philo/littérature
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MessageSujet: see you again (méduse + pernelle)   Jeu 7 Jan - 1:07

La pierre philosophale pesait lourd au creux de sa paume et chaque jour qui passait, son fardeau gagnait en épaisseur. Car si ce pourquoi il avait tout sacrifié ne lui rendait pas Pernelle, à quoi bon cette vie gâchée, sacrifiée ? Il y a de ça des années, à l'aube de ses recherches, il considérait la pierre comme le Graal, le but suprême à atteindre, une avancée majeure qui lui apporterait savoir, reconnaissance, félicité. Année après année, à mesure que l'état de Pernelle s'empirait et qu'il sombrait toujours plus loin pour la maintenir à flots, la pierre n'était plus une fin en soi mais un moyen d'atteindre la guérison, de sauver sa femme au lieu d'attendre la fin inéluctable devant laquelle il refusait de céder. De jeune savant talentueux, Nicholas était devenu acharné, presque dément, refusant de se nourrir, de dormir, de s'offrir le moindre repos tant qu'il n'avançait pas. Pris dans une frénésie catastrophique pour une cause qu'il imaginait juste, seule Pernelle savait le ramener, faiblement, à la réalité. Sa vie entière tournait autour de cet artefact qu'il en était venu à haïr aussi ardemment qu'il le désirait. Et maintenant qu'il le serrait entre ses mains tremblantes de frustration, de fausses pistes et de cruelles désillusions, Nicholas comprenait douloureusement combien tout cela était vain. Après plus d'une année de recherches infructueuses, l'alchimiste perdait espoir et plus sa foi vacillait, plus il perdait pied, laissant le reste s'étioler également. A quoi bon cette pierre, si ce n'était pour elle ? Et s'il ne retrouvait jamais Pernelle et s'il arrivait trop tard, seulement pour constater son décès ? Et si... L'éventail des possibles le torturait, jour et nuit, sans relâche. Car Nicholas se révélait pétri de regrets, une fois extirpé de la nébuleuse autour de laquelle avait tourné sa vie entière, des années durant. Il regrettait son acharnement, sa bêtise, son entêtement. Il regrettait le temps passé sur ses vieux manuels à s'abîmer la vue, les nuits sans sommeil, tout ce temps où il aurait pu (dû) être auprès de Pernelle. Mais s'il confiait tout de son trouble à sa compagne d'infortune, Cassandre qu'il se refusait à appeler Méduse, il taisait ses profonds remords. Il gardait pour lui les traitements infligés à sa douce Pernelle, le sang d'innocents sur ses mains et sur son corps à elle. Nicholas n'oublierait jamais le regard suppliant que sa femme lui lançait avant de se plonger dans un baquet pourpre, son corps chétif tremblant de dégoût et de détresse et le dégoût qui luisait partout sur elle et qu'il prétendait ignorer pour la sauver. Mais à quel prix ? Pernelle était partie, elle l'avait fui, lui, pour le sauver il le comprenait dorénavant. Jusqu'au serait-il allé pour elle, jusqu'au où aurait-il pu plonger dans l'espoir fou de la sauver ? Nicholas l'ignorait et cette question insoluble le hantait. Mais cela, Cassandre ne le saurait jamais, il lui épargnerait ses pires travers, ses fantômes les plus terrifiants. Ils portaient le visage de tous ces enfants morts, peut-être pas de sa main mais tout comme. Ils avaient leurs yeux, ces yeux vides qui le fixaient avec un reproche digne avant qu'il ne les saignent, ne les charcute, ne les souille... Nicholas n'en dormait pas la nuit, aux prises de cauchemars impitoyables, plus vrais que nature. Il s'agitait dans un demi-sommeil moite, hurlait parfois, se réveillait hagard et en sueur et Cassandre, sa tendre amie, celle qu'il ne méritait pas, tentait de l'apaiser. Il sentait parfois au coeur de la nuit, sur son bras, le fugace de ses caresses, la chaleur de son souffle tout proche. Mais il se murait dans le silence car il l'avait déjà déçue, une fois, et ne désirait pas réitérer parce qu'il ne correspondait pas à l'image qu'elle se faisait de lui, à son nom, à son rang. Nicholas souhaitait préserver Cassandre, déjà éprouvée par la vie, mais il tenait également à s'épargner une solitude qui le tuerait. Aurait-il la force de continuer sans elle, de subir un échec après l'autre, d'apercevoir Pernelle partout dans des instants fugaces, de crier son nom sans relâche, de sombrer dans un désespoir sans nom ? La réponse était là, claire et limpide : non. Alors ce jour, comme tous les autres depuis un an, ils prirent la route. De Sandstone, à l'extrême sud de la contrée, ils avaient parcouru les quatre provinces, bravé les territoires interdits, fouillé les tavernes hasardeuses et les élégantes échoppes. Ils avaient manqué se faire détrousser par deux fois, subi les foudres des gardes royaux ou la méfiance des paysans. Ils avaient été bien puis mal accueillis, rencontré des alliés et des bandits, obtenu de l'aide et fait confiance aux mauvaises personnes. Ils avaient tout vécu, ensemble, dans un seul but : celui de retrouver Pernelle. Aucun mot, aucun geste ne saurait commencer à exprimer la reconnaissance que Nicholas éprouvait pour Cassandre. La seule chose qu'il pouvait lui promettre, par amitié plus que compensation, était sa propre guérison. Après Pernelle, viendrait son tour et la pierre ferait son oeuvre, ferait disparaître les serpents et le pouvoir maléfique de sa malédiction. Mais avant tout, il se devait de retrouver sa femme... Il ne restait que les tréfonds les moins fréquentables de King's Landing, les montagnes d'argent. De nombreuses légendes couraient sur ce territoire, fief de la magie noire et Nicholas aurait préféré ne jamais avoir à y pénétrer. Il sentit la main de Cassandre rechercher la sienne et ne put se soustraire à cette marque d'affection. Il serra ses doigts entre les siens et ils entamèrent une longue marche silencieuse dans cet environnement stérile et inquiétant. « Ces terres désolées auront la lourde tâche de sceller mon destin... » murmura-t-il, presque davantage pour lui que pour Cassandre. « Si nous ne trouvons nulle trace de Pernelle ici, alors il me faudra accepter mon sort et m'y résigner. » déclama-t-il, la mine grave et la mâchoire serrée, suivant les sages paroles de Cassandre qu'il refusait d'entendre depuis des semaines déjà. Nicholas ne supportait pas cette éventualité, mais qui était-il pour se dresser contre la vie elle-même ? Cela faisait une année entière qu'il voguait à sa recherche, par la neige et le froid, la pluie ou le soleil cuisant. Il n'était dédié qu'à elle, qu'à Pernelle, mais son acharnement, son obsession devait cesser, car elle le rendait malade, proche de la démence. Si elle ne se trouvait pas ici, alors il la considérerait comme perdue. Et lui avec...

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Tu me laisses inutile, à courir après quoi ? Des bouteilles à l'amer, un effluve de toi.
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