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 under a dark star, that's where you and i belong

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Mike Mendelsohn

Mike Mendelsohn

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MessageSujet: under a dark star, that's where you and i belong   Dim 3 Jan - 12:01

Le jeune Mendelsohn venait juste de commander un café noir lorsqu’il entraperçut une silhouette familière. Ses paupières se plissèrent légèrement sous l’effet du sourire aux accents carnassiers qui se glissa sur ses lèvres. Il paya distraitement le jeune homme qui lui tendait le gobelet fumant et partit sans lui adresser plus d’attention. Tout à sa filature, Mike suivit Clara, l’ancienne stagiaire de son père, entre les clients de la galerie. Elle marchait d’un pas déterminé, comme à son habitude, inconsciente d’être la proie d’un jeune homme embourbé dans l’ennui profond de son existence. Il la vit ainsi aller de boutique en boutique, ignorant si elle cherchait quelque chose en particulier ou si elle vaquait simplement à sa petite vie pressée. Il l’observa avec la malice de celui qui n’est pas repéré et il avait depuis longtemps terminé son café lorsqu’elle sembla enfin décidée à disparaitre dans une cabine d’essayage. Jetant son gobelet dans la poubelle à l’entrée du magasin, Mike s’immisça dans la boutique, feignit de s’intéresser à ses produits puis, tout naturellement, il vint se poster près des cabines alignées. Un coup d’œil rapide lui apprit qu’il n’y en avait qu’une occupée et qu’il ne prenait pas trop de risque à s’approcher de la porte close pour s’adosser à la voisine. Croisant les bras sur son torse, il leva le nez au plafond et écouta les bruits caractéristiques du changement de tenue : tissu qui glisse sur la peau, fermeture Eclair que l’on descend ou remonte, selon le stade où l’on est, et les petits soupirs appréciateurs ou déçus si l’effet escompté était atteint ou non. Lorsqu’il estima qu’elle devait être à mi-course entre le premier essayage et le second, Mike frappa trois petits coups à la porte. L’air sembla se figer, ce qui attisa son sourire glacé avant qu’il ne déclare : « Allez, fais voir ce que tu as trouvé de si ravissant. Je meurs d’envie de me gorger de tant de beauté ». Ironique ? Il ne cherchait même pas à le cacher. Il mourait surtout d’envie d’importuner sa proie favorite et comme il ne l’avait plus vue depuis un bon moment, il se demandait (ou pas) comment se portait la demoiselle. S’écartant de la porte, il alla s’appuyer contre celle d’en face, un rictus enjôleur au coin de la bouche. Clara, Clara. Pouvait-il y avoir plus agaçant qu’une demoiselle comme celle-là ? Elle dépensait beaucoup trop d’énergie à des choses futiles et Mike ne lui portait qu’une attention railleuse, parce qu’elle avait longuement fait partie du paysage. Il la voyait encore, avec son sérieux rébarbatif, parcourir les couloirs de l’entreprise Mendelsohn comme si elle appartenait à la communauté lorsqu’elle n’était qu’une pièce rapportée à qui on ferait une bonne petite lettre de recommandation avant de l’envoyer vers d’autres rivages. Elle était, en somme, tout le contraire de lui. Ambitieuse, elle se donnait à fond pour obtenir ce qu’elle voulait lorsqu’il recevait tout ce qu’il n’avait pas demandé. Elle le fatiguait, rien qu’en apparaissant dans son champ de vision. Alors pourquoi l’importuner ? Pourquoi ne pas la laisser poursuivre sa petite vie sans l’interpeler ? Il ne gagnerait probablement rien à cet échange mais il y avait longtemps que Mike Mendelsohn n’espérait plus ‘gagner’  quelque chose de ses actes insensés. Pourtant il aurait dû faire plus attention maintenant que le château de cartes s’effondrait. Et s’il avait su qu’il s’adressait justement à la fautive, celle qui avait tout manigancé et l’avait projeté vers la ruine, quelle aurait été sa réaction ? Mais Mike ne savait rien de la part prise par Clara dans sa déchéance. Pour lui, elle n’était qu’un insecte, une fourmi, qui courait, affolée, après sa vie. D’ailleurs, se rappelant les commentaires de certains collaborateurs, il souleva un point sensible : « Au fait, je n’aime pas les ragots, tu le sais bien. Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander si ce que j’ai entendu est vrai. Alors autant le demander à la source, non ? Il y a eu du grabuge, à la chasse au trésor, si je ne m’abuse ? Une Rose contre un Wingham jouant des poings pour une Chamberlain ? Ça a dû t’exciter, non ? » Oh, il n’attendait que ça, de voir les flammes brûler les yeux de Clara jusqu’à rosir ses joues de petite poule parfaite. Aussi haussa-t-il les sourcils, comme si sa question avait été posée de façon tout à fait innocente. Comme s’ils avaient l’habitude d’échanger autre chose que des commentaires désobligeants. Mais Mike se sentait d’humeur taquine et puisqu’elle s’était une fois de plus invitée dans son champ de vision, ce serait elle qui en ferait les frais.

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Clara Chamberlain

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MessageSujet: Re: under a dark star, that's where you and i belong   Lun 4 Jan - 13:17

Clara se l'était juré solennellement : 2016 serait son année. Une année sans drames sentimentaux hors propos, sans scandales, juste un job gratifiant, une existence à nouveau sur les rails voire le retour d'une vie sexuelle digne de ce nom. Ca va, elle s'est assez flagellée maintenant, elle a assez affirmé que le sexe était la cause de tous ses soucis, maintenant c'est fini, elle a compris la leçon et aimerait bien retrouver un peu d'attention masculine tant que ce n'est pas celle (terriblement creepy) de Stuart. Rien à faire, Clara est de bonne humeur, de nouveau prête à se battre pour rafler le ciel, la lune et les étoiles, construire une carrière d'enfer qu'elle ne devra qu'à elle-même et être heureuse. Pour beaucoup le bonheur ne se résume pas à un travail, à un compte en banque et à toutes ces choses qu'elle rêve de posséder mais Clara n'écoute pas ces post-hippies illuminés à la bienpensance insupportable. La plupart pense ça car ils sont bien lotis, profitant du fric des parents alors qu'ils passent leurs vies à fumer leur merde sur un tapis en chanvre. L'horreur. Elle, elle a compris très tôt qu'elle devrait travailler d'arrache-pied pour que la vie accepte un peu de lui sourire et c'est un motto qu'elle a toujours maintenu. Or, demain est le premier jour dans son nouveau bureau et Clara tient à faire bonne impression : pour la première fois, elle croit qu'elle a un job qui fait vraiment sens. Noah Goodhart a tout d'un connard prétentieux parfaitement imbu de lui-même mais Clara s'en fiche et a même le toupet de l'estimer, elle qui déteste pourtant viscéralement tous ces sales richards, en particulier quand ils agissent comme si le monde entier leur appartenait. Mais Noah possède un truc qu'ils n'ont pas tous : de l'ambition, et une vision. Il va remporter les élections, elle fera tout pour l'y aider, et une fois qu'elle sera l'attachée de presse de monsieur le Sénateur, son CV sera blindé pour la vie et tous les chasseurs de la tête se l'arracheront. Au moins. Alors comme toute nana qui se respecte, Clara mise tout sur la tenue du premier jour, qui est censée diffuser un message. Elle veut avoir l'air pro, hyper-sérieuse tout dégageant un je-ne-sais-quoi un brin grivois. Après tout elle est jeune, plus ou moins libre selon baromètre elijien du jour et dotée d'un corps aux proportions quasi-célestes qui mérite d'être regardé. Et pour une raison qui lui échappe, les hommes de cette ville ne savent pas la désirer sans la détester au moins un peu. Heureusement, à Portland il en sera vraisemblablement autrement et Clara entend être à son avantage. Or quoi de mieux que de nouvelles tenues pour gonfler un peu sa confiance en soi avant une journée importante ? Rien. Dotée d'une vision très précise des tenues qu'elle recherche (l'un de ses menus défauts), la belle ne s'attarde pas, sa démarche vive la guidant d'une boutique à l'autre. Elle embrasse cet énième magasin d'un regard, scanne rapidement les tenues par genre, couleurs ou gamme de prix et choisit en un clin d'oeil avec l'efficacité d'un robot dernier cri. Une vendeuse ose la freiner dans sa frénésie d'un « Pas plus de six articles par cabine, mademoiselle. » et Clara roule des billes, déjà lasse. Franchement, elle a l'air d'une voleuse ? Bon gré, mal gré, elle se sépare d'une partie de ses trouvailles entre les bras de la vendeuse qui lui promet de lui tendre. Tu parles, ouais. Rapidement, Clara se débarrasse de ses propres fringues pour enfiler la première robe supposée être parfaite sous un tailleur mais qui lui donnait l'air d'être une prude de seize ans ou d'une demoiselle d'honneur. Dans tous les cas, pas une réussite. Clara est justement en train de défaire les boutons de son dos en se tordant le coude au passage lorsque trois coups retentissent. Mais... les gens sont débiles ou quoi, une cabine fermée c'est pas assez clair comme signal ? « C'est occupé ! » glapit-elle, aussi gracieuse et patiente que Cerbère. Sauf que la voix qui s'élève est masculine et... qu'elle la reconnaît entre mille.  Mike. Instantanément, tout son corps se braque et se tend : y a pas à dire, la répulsion a une mémoire sensorielle vachement balèze, bien plus béton que le reste. Elle est capable de le percevoir distinctement à un rien, un timbre, trois mots, alors qu'elle met environ trois secondes à reconnaître le timbre d'Harry quand il l'appelle. Le timbre moqueur du Valmont en culotte courte l'agace et ses propos idiots l'irrite plus que de raison, ce qui suffit à la moindre parcelle d'elle-même pour réagir à Mike comme elle réagirait à un virus. Non, en fait c'est plus fort : une invasion, une agression, la putain de troisième guerre mondiale. Son corps se braque, se crispe, se prépare à donner ou à rendre les coups et les sourires mauvais. Il se met en branle, fébrile, pour lancer des signaux d'alerte partout, dans chacune des terminaisons nerveuses. La plupart lui murmurent de ne pas faire d'esclandre, de rester calme, polie et détachée, un poil distante et sans doute hypocrite mais pas méchante. Rien qui ne puisse éveiller les soupçons de Mike ou juste son penchant pour la cruauté qu'elle a toujours détesté. Même adolescente, Clara n'a jamais été du genre à se pâmer devant Mike ou le reste de sa Cour. Elle les enviait de loin, ouais, mais pas pour ce qu'ils étaient : pour ce qu'ils avaient et qu'elle désirait. Mais c'est tout. Parce qu'ils étaient complètement cons, immatures, condescendants, élitistes et affreusement imbus d'eux-mêmes. Tout ce qu'elle déteste parce que putain, c'est trop leur demander d'être sympa, à ces sales fils de riches ? Ils ont tout, ça les rend déjà pas très aimables de base alors ils ne pourraient pas faire un effort, un minuscule effort pour que le reste du monde n'ait pas envie de les étrangler ? Mais non, ils préfèrent être cons et inaccessibles et Clara n'a jamais été séduite par leurs façons terribles de rappeler qu'ils sont surpuissants. C'est faux, c'est foutrement faux et elle n'est pas peu fière d'avoir offert cette piqûre de rappel à Mike, seigneur du royaume des connards. C'est cette agréable piqûre de rappel qui l'aide à contenir le charmant "va te faire foutre" qui s'agite au bord de ses lèvres. Elle bosse pour Goodhart maintenant, va falloir qu'elle gagne en diplomatie. Mais là où Clara est capable de tout encaisser pour un job en or, elle est sans compromission dans la vie de tous les jours et se révèle dans le drame ou le scandale. Alors là où elle aurait du juste ignorer ce pauvre type qui prend les gens pour des sims censés le divertir dans sa pauvre vie ennuyante, elle ouvre brusquement la porte pour darder un regard noir sur Mike, sa robe roulée jusqu'aux hanches, à moitié ôtée. La vendeuse lui lance un regard circonspect qu'elle sent couler sur sa peau dénudée mais Clara se moque de son absence de pudeur parce qu'elle est en train de mentalement saigner Mike Mendelsohn à blanc. « Ca va, c'est à ton goût, tu te gorges ? » lance-t-elle, acide, pour la forme. C'est une question rhétorique alors elle enchaîne, sans même lui demander ce qu'il fiche ici. Mike est toujours là où on ne l'attend pas, c'est l'un de ses pires défauts, outre son avidité pour les pauvres oies blanches et sa façon de détruire tout ce qu'il approche. Y a qu'à voir ce qu'il reste de la pauvre Roxane Bedelia, dont les mésaventures ont fait le tour de la ville. « Quoi que tu veuilles, on remettra ça à plus tard. Un plus tard signifiant 'jamais', en l'occurrence. Car comme tu peux le voir, je suis occupée. » Clara insiste lourdement sur le mot occupée, dont il doit ignorer la réelle définition puisque les gens comme lui ne le sont jamais. Ils s'inventent quelques vagues distractions comme nager dans leurs piscines de pièces d'or ou aller jouer au golf pendant que les gens comme elle font réellement tourner le monde. Sur ce, elle referme la porte après un dernier regard noir et se débarrasse de cette robe de nonne pour enfiler la deuxième. Elle n'a qu'à peine le temps de se détailler d'un oeil critique que l'insupportable voix sirupeuse de Mike revient crisser dans ses oreilles. Elle ne l'écoute qu'à moitié, trop occupée par les hanches gigantesques que lui font cette affreuse robe, mais finit par ressortir de la cabine, l'air contrit, en entendant la suite. Clara fulmine même si elle tâche de ne rien en montrer et sent son coeur tambouriner violemment dans sa poitrine... comme s'il désirait lui-même s'extirper de sa cage pour aller jouer de ses poings sur le visage terriblement désinvolte de Mike Mendelsohn. Son sourcil haussé lui donne envie de lui arracher et elle doit user de tout sa très faible gestion de sa colère pour siffler un « Non. » cassant. Et elle devrait s'arrêter là, Clara. Parce qu'elle n'est jamais réellement vicieuse ou méchante, elle taquine souvent pour la forme et ses grands mouvements de haine sont très souvent du second degré, elle aime râler pour la forme c'est tout. Sauf avec lui, qui ne rentre dans aucune de ses cases prédéfinies, qui ne respecte aucun de ses codes. Mike Mendelsohn défie les lois de la gravité chamberlienne qui voudraient qu'elle l'ignore parce qu'un agitateur n'est jamais aussi calme que lorsqu'il n'a justement rien à se mettre sous la dent. Après tout, elle a gagné non, et une joute verbale n'y changerait rien. Un père en taule, une fortune en fumée, une vie au milieu de ce bas-peuple tant méprisé c'est un sacré purgatoire quand on est aussi superficiel que lui et ça vaut largement une sex-tape sournoisement envoyée à Elijah et une relation gâchée... Sauf que non. Pas pour Clara, qui campe farouchement sur ses positions et passera sa vie entière à le tourmenter s'il le fallait dans sa propre idée de la justice, légèrement opaque. Alors au lieu de se taire et de poursuivre, elle fonce, bêtement. Elle fonce comme un taureau sur la cible toute désignée, prévue pour elle, et espère bien encorner Mike et répandre ses entrailles sur le sol dans la foulée. « En revanche ce qui m'excite, c'est de te savoir encore plus fauché que moi. » note-t-elle, trop vindicative pour se montrer faussement ingénue. « Et contrairement à toi, j'adore les ragots... » souligne-t-elle comme une menace voluptueuse, un sourire triomphant se peignant sur ses lèvres charnues. Le sous-entendu n'a rien de sibyllin et si Mike continue à la chercher, Clara ne manquera pas de raconter à tout le monde la scène vécue au bureau... Les agents fédéraux, les saisies, la prison et le reste. Elle sait tout. Et pas seulement parce qu'elle est à l'origine de la débâcle mais surtout parce qu'elle était là quand ça s'est produit, comme tous les employés. La plupart a été grassement payé pour conserver le silence mais pas la stagiaire invisible, ça non. Et d'ailleurs, c'est une aubaine car Clara ne compte pas se taire. Elle attend simplement le bon moment, le bon interlocuteur, pour achever la chute brutale de Mike Mendelsohn. Ce qui est le plus jouissif ? Personne ne compatira car personne ne l'aime pour autre chose que ce fric dilapidé aux quatre vents dans des soirées sordides.

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Mike Mendelsohn

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MessageSujet: Re: under a dark star, that's where you and i belong   Dim 17 Avr - 21:46

Il attendait sa réaction avec une certaine impatience. Provocateur, Mike Mendelsohn l’avait toujours été mais ça n’était jamais aussi excitant qu’avec une personne aussi diamétralement opposée à lui que l’était Clara. Et comme la demoiselle, en plus, n’avait pas la langue dans sa poche et n’hésitait pas à lui exposer son sale caractère, autant dire que le jeune homme était aux anges. Elle tardait un peu trop à se manifester, cependant, et il émit un soupir en sortant un briquet pour s’occuper les mains. La roulette métallique émit un cri plaintif et la flamme jaillit, la chaleur effleurant la peau de son pouce avant qu’il referme le clapet et répète la manœuvre. On pouvait deviner des aspirations de pyromane derrière ce geste devenu un réflexe. Combien de fois, en effet, l’héritier n’avait-il pas rêvé de foutre le feu à sa vie ? Ç’avait été le désir d’approcher la flamme des rideaux flambants neufs, des moustaches du chat préféré de sa mère ou des papiers d’une importance capitale dans le coffre secret de son paternel. S’il n’avait pas exécuté ses rêveries, ça ne signifiait pas pour autant qu’il n’avait pas été à deux doigts de le faire à plusieurs reprises. Et maintenant, alors qu’il cherchait à mettre le feu aux poudres, il semblait que l’envie autodestructrice ressurgissait, comme par magie. Était-ce là l’un des effets produits par la jeune Chamberlain ? Peut-être. Ou peut-être pas. On n’était jamais sûr avec Mike Mendelsohn puisqu’il n’avait pas vraiment besoin d’excuse pour chercher les ennuis. Or, que pouvait-il gagner d’autres en venant importuner Clara ? Rien, évidemment. Leur relation n’avait jamais été au beau fixe, même pas cordiale. C’était comme si elle voyait à travers les reflets métalliques de son regard et qu’elle décelait l’âme qui pourrissait derrière les sourires charmeurs, les ronronnements polis, la désinvolture presque maladive. Honnêtement, il ne pouvait pas le lui reprocher lorsque l’allergie avait été réciproque et simultanée. Il n’avait eu qu’à poser les yeux sur elle pour sentir qu’elle faisait partie de cette catégorie de personnes qui échappaient à tout entendement, qu’il était impossible de manipuler et qui l’irritait au plus haut point. Mais c’était comme si l’agacement qu’elle provoquait était directement proportionnel à son besoin à lui de la bousculer dans la simple perspective de lui faire sortir les crocs. Oh, oui, il n’y avait rien de plus agréable que de voir la demoiselle se hérisser à son contact et Mike n’attendait finalement d’elle que ce moment de distraction si facilement offert. Habitué aux salutations bien basses, à la politesse exagérée, à ce qu’on lui lèche presque les chaussures, Mike avait développé une tendance à se frotter au contraire aux personnes qui aboyaient, aux gens qui cherchaient à l’ignorer ou à ceux qui le craignaient du plus profond de leur être. Ceux-là étaient plus rares mais ils existaient et il s’agissait davantage de femmes que d’hommes. Heureusement, Clara ne faisait pas partie de ce groupe-là et s’il lui était arrivé de se demander ce qu’elle valait au lit, Mike s’était toujours contenté de chasser cette image farfelue de son esprit. Le jour où un Mendelsohn et une Chamberlain copuleraient serait celui où la Terre cesserait de tourner, assurément. De toute façon, cette famille-là ne valait pas grand-chose et il ne pouvait qu’admirer – si tant est qu’il puisse éprouver une once de ce sentiment à l’égard de quiconque – l’effort qu’elle fournissait pour se hisser d’un échelon à l’autre, quand bien même son entreprise était vouée à l’échec, il en était convaincu. C’était presque aussi drôle que de regarder un cloporte essayer de sortir d’un pot : il y arrivait presque et il y avait toujours un moment où ses petites pattes dérapaient et la chute le renvoyait au sol meuble d’où il s’était si péniblement extrait. Et puis, s’il devait parvenir à atteindre le bord, il y avait toujours eu un doigt pour s’assurer qu’il n’y reste pas bien longtemps. Pour Clara, c’était pareil : elle s’épuisait pour des sottises et Mike n’attendait que le moment où il pourrait la faire chanceler pour la renvoyer d’où elle venait. Une flamme jaillit une nouvelle fois et la porte s’ouvrit au même instant, laissant apparaitre le visage familier de son souffre-douleur. Il aurait presque dit qu’elle était son souffre-douleur préféré mais ça n’était pas vrai. Elle n’atteindrait jamais le stade de certaines de ses victimes passées mais elle était bien partie pour gagner encore quelques galons dans son intérêt, à défaut de gravir quelques échelons dans la popularité attitrée des familles comme celle des Mendelsohn. Le visage de Mike se tourna vers celui de la jeune femme et un sourire narquois vint négligemment étirer ses lèvres lorsqu’il découvrit se tenue. Il haussa une épaule et fronça le nez dans une moue peu convaincue : « Mouais. Y a pas assez de… et trop de… » Il laissa en suspend certaines parties de sa phrase pour lui offrir le loisir de le compléter comme elle le voulait (et de façon peu flatteuse, de préférence, car avant que Mike lâche un compliment de quelque sorte que ce soit, l’enfer pouvait geler). Il n’avait visiblement pas choisi le meilleur moment – ou était-ce le contraire ? – pour importuner Clara mais il se délecta de la réponse obtenue. Bien. Elle semblait d’humeur massacrante et cela lui convenait parfaitement. « Apparemment, on ne t’a jamais vraiment appris comment enfiler une robe » répliqua-t-il comme s’il n’avait pas entendu ou compris ce que son ton indiquait. Qu’est-ce que ça pouvait lui foutre, au juste, qu’elle soit occupée ? Ce n’était pas ce qui lui importait. Il avait décrété qu’elle serait son jouet et il ne voyait pas pourquoi cela ne se passerait pas comme il le désirait, quand bien même elle n’avait pas le temps et encore moins l’envie de lui consacrer ses précieuses minutes. Mais ne pouvait-elle pas faire deux choses en même temps ? Les femmes se targuaient toujours de pouvoir attaquer deux fronts simultanément, non ? Alors qu’elle se sape et se désape à loisir, Mike n’était pas vraiment pressé. Son nouvel essai n’était pas plus fructueux de le jeune homme ne cacha pas sa désapprobation alors qu’une moue sincèrement dégoûtée lui ourlait les lèvres. Pas étonnant qu’elle en soit toujours à courir les postes d’assistante si elle était incapable de trouver des choses plus attrayantes. Cherchait-elle à faire fuir les potentiels employeurs qu’elle n’avait pas encore harponnés avec ses longs cils et son regard tranchant ? Mike pouvait comprendre la curiosité qu’elle suscitait au premier regard mais dès que Clara avait le malheur d’ouvrir la bouche, le charme se dissipait comme par magie pour laisser apparaitre la mégère. Le sourire goguenard qui figeait ses lèvres s’étiola cependant lorsqu’elle fit allusion à la fortune envolée. Les yeux du jeune homme se plissèrent dangereusement tandis qu’il la toisait mais il ne se laissa pas démonter aussi facilement et ses sourcils se haussèrent, méprisants. « Ne t’inquiète donc pas pour moi, une fortune, ça se refait. Une réputation, par contre… » Tout en insinuant sournoisement, il se détacha du mur et chassa d’un regard appuyé la vendeuse. Autant se débarrasser des oreilles indiscrètes avant que les choses ne dérapent, c’était une chose qu’il avait apprise depuis longtemps. « Chez qui es-tu allée battre des cils, cette fois ? Car j’imagine que cette petite séance annonce un nouvel emploi, non ? Quel est le pauvre bougre qui va devoir se taper une arriviste comme toi ? » Et par ‘se taper’, il laissait à nouveau planer différentes significations, bien sûr. Pouvait-il sous-entendre qu’une fille comme Clara ne pouvait pas réussir grâce à ses qualités mais bien parce qu’elle écartait les cuisses ? Il ne s’en priverait pas, en tout cas. « Puisque tu aimes tant ragots, je pourrais te mettre au jus en ce qui concerne tes exploits sur la photocopieuse mais je suis certain qu’ils se vantent tous, hein ? Je préfère découvrir la vérité de la bouche des intéressés. J’irai peut-être m’enquérir auprès de Brandon ou Elijah, du coup. Je suis persuadé qu’il y en a bien un qui me mettra dans la confidence… »  Il émit un rire rauque et passa la tête dans le couloir pour essayer de localiser la vendeuse congédiée un instant plus tôt. Lorsqu’il l’avisa, il lui fit un clin d’œil et l’invita à revenir d’un mouvement éloquent de la tête et quand elle arriva à portée d’oreille, Mike lui dit, avec cet accent charmeur qui marchait avec toutes les compagnes de sa mère : « Mademoiselle. Mon amie vient de ferrer un gros poisson et lui faudrait une tenue sensationnelle pour lui en mettre plein la vue. Qu’avez-vous donc en stock ? » Il sortit sa carte bancaire comme il l’avait si souvent fait par le passé, comme pour asseoir le fait que la chute de l’empire Mendelsohn n’avait en rien éprouvé son mode de vie à lui, et il tendit le sésame à la jeune femme. « Sortez-nous le grand jeu » souffla-t-il à son oreille avant de revenir poser son regard confiant sur sa victime. « J’imagine que ce n’est pas avec la prime de fidélité que tu as reçue que tu vas pouvoir te permettre quoi que ce soit. Laisse-moi donc te faire ce petit cadeau pour tes bons et loyaux services proposa-t-il en se laissant tomber dans un canapé, les jambes croisées et les bras étendus comme s’il était dans son propre salon.

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