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 il est né le divin enfant!

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Paige Chamberlain

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Lun 4 Jan - 22:57

La main gauche sur le volant, la droite réajustant la position de ses lunettes de soleil sur sa tête, Paige attend. Elle ne supporte pas d’être en retard, mais s’il y a bien quelque chose qui surpasse cette vérité, c’est le repas familial auquel elle est conviée. Alors, elle ne s’impatiente pas, ne consulte même pas la montre hors de prix qui orne son poignet ; elle attend juste tandis que des mots chantés faux s’échappent de ses lèvres. Ses doigts battent le rythme sur le cuir quand l’homme sort de chez lui et la rejoint en trois enjambées. Elle l’invite d’un large sourire à prendre place sur le siège passager et dépose une bise bruyante sur sa joue. « Tu t’es pomponné, c’est trop mignon. » qu’elle plaisante tout en détaillant la tenue de son ami. Elle l’avait prévenu, les plus beaux vêtements doivent être de sortie sinon elle le laisse au bord de la route. Il ne sait pas où ils vont mais il est entré dans le jeu, et rien que pour ça, Paige démarre au quart du tour en appuyant sans délicatesse sur la pédale d’accélération de son cabriolet. Elle néglige les questions, se contente de sourire et de laisser planer le mystère. Elle change de sujet, lui demande des nouvelles, ses projets pour la nouvelle année qui arrive à grand pas, et puis parle de tout et de rien. Le chemin ne dure de toute manière pas très longtemps, la voiture ne quitte même pas la ville. Et quand elle s’engage dans la dernière rue, Paige laisse échapper quelques indices. « J’espère que tu aimes les bébés et les repas interminables. » Voilà, ils sont arrivés à destination et la demoiselle guette la moindre réaction sur le visage de son ami. Elle n’est pas stupide, elle se doute des émotions qui traversent son corps. Et elle préfère s’en amuser. « Ne fais pas cette tête. Il fallait bien que je taise la vérité pour que tu daignes m’accompagner. Et franchement, j’avais besoin de toi... » Oui, c’est presque une question de vie ou de mort. « Pour porter ça… » qu’elle dit en contournant sa voiture et en sortant du coffre un énorme ours en peluche. Elle ne l’a pas emballé, juste coiffé d’un joli nœud rouge. Il faut bien faire comprendre à Olive quelle parfaite tata elle est. « … et pour vaincre l'ennui qui s'annonce à l'horizon. » qu’elle se rattrape, offrant à son ami le plus beau des sourires. En réalité, Paige ne souhaitait pas arriver seule chez Clara, elle ne s’en sentait pas capable. Elle aurait bien évidemment pu prétexter un voyage à l’étranger du plus parfait des petits-amis, mais aujourd’hui elle n’est pas d’humeur à mentir. Et puis, il faut l’avouer, c’est tout de même plus amusant d’appuyer sur la sonnette de l’appartement, avec un Stuart terriblement séduisant et élégant à son bras. « Je sais que tu m’adores. » qu’elle souffle doucement à l’oreille de son ami. Finalement, la porte s’ouvre sur Clara et Paige se met aussitôt en condition : sourire forcé, bises chaleureuses sur les deux joues… sans oublier la petite œillade piquante. « J’espère que ça ne te dérange pas que j’ai amené un ami. » De toute façon, que ça lui pose problème ou non, la situation resterait la même. Stuart est son cavalier du jour et il n’y a pas de débat à avoir. « Je ne vous présente pas. » qu’elle ajoute pour plaisanter, mêlant à ses mots un rire puissant, avant de pénétrer dans l’appartement. Son regard glisse de visage en visage, des salutations se font entendre ici et là, puis se reporte sur l’environnement. Comme à son habitude, la décoration de table est trop clinquante, trop parfaitement impersonnelle. Et les mets, bien trop raffinés pour la majorité des palais ici présents. Mais c’est du Clara tout craché, et Paige s’en amuse avant de poser la question. Celle qui, elle espère, est sur toutes les lèvres. « Où sont les reines du jour ? » Après tout, c’est pour elles deux qu’elle est là.

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Clara Chamberlain

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Mar 5 Jan - 1:04

Clara a à peine le temps de ne serait-ce que commencer à sortir les toasts que déjà, la sonnette s'enclenche à nouveau. Voilà une raison supplémentaire pour laquelle elle aimerait être riche, genre vraiment, vraiment riche : pour que quelqu'un ouvre à sa place, accueille les invités et les débarrasse dans ce genre de situations. Bon, d'accord, dans un cadre plus réaliste, Clara aimerait au moins un portier à son immeuble comme dans les films new-yorkais mais ça, ce n'est pas demain la veille. Parce qu'elle n'a pas les finances, certes, mais aussi parce qu'elle vit dans ce trou paumé de l'Amérique profonde... Alors bon gré mal gré, elle abandonne sa préparation pour se planter devant la porte d'entrée, qui s'ouvre sur Iki, la copine de Faye. Clara lui adresse un sourire lumineux et sincère mais il se fissure un peu en apercevant du coin de l'oeil les molosses que la môme traîne derrière elle. Allez, Clara, tais-toi, joue-la cool, c'est Noël, sois dans l'esprit puisque le Grinch (aka Paige) se chargera forcément de pourrir l'ambiance. Elle essaye de colmater un peu son sourire mais pour que dalle parce qu'Iki s'est déjà évaporée dans la nature et ses clébards se moquent bien d'elle. Les chiens, les enfants, même combat : Clara les aime bien de loin. Elle les trouve adorablement mignons en photo, les apprécie pour quelques minutes quand ils sont bien élevés ou appartiennent à ses proches mais le reste du temps... elle se préfère loin de toutes ces contraintes sur pattes... ou jambes. De nouveau à la cuisine, Clara jette un coup d'oeil à la pendule et se demande combien de minutes elle doit accorder aux retardataires avant de distribuer les pénalités et la vaisselle à faire. Elle se décide pour encore dix minutes, dans sa grande bonté d'âme, et c'est sur cette réflexion que la sonnette retentit, encore. Putain. Heureusement qu'elle sonne relativement peu le reste du temps parce que Clara lui trouve un strident parfaitement agaçant et parfait pour réveiller Olive, si elle n'était pas en train de gazouiller. Cette fois son sourire se fait béton, sucré et mielleux à souhait. C'est une esquisse singulière qu'elle offre à Paige, parce que sa soeur est la seule de sa famille à être capable de déclencher chez elle une animosité qu'elle n'assume pas. Clara est famille. Paige ne l'est pas, c'est indéniable mais elle, elle l'est et au lieu de se braquer, de rentrer dans son jeu, elle devrait s'élever, laisser Paige entrer en compétition contre elle-même et ronger son frein. Sauf que ça demande une réelle grandeur d'âme et Clara n'en a pas, elle l'avoue aisément elle-même : elle ne sait pas ne pas détester quelqu'un qui la déteste, c'est aussi simple que ça. Bien sûr, qu'elle ne déteste pas vraiment Paige, c'est sa soeur et une part d'elle, majoritaire, regrette la relation chaotique qui est la leur. Mais Clara est affreusement rancunière, elle rend coup pour coup au centuple et y a trop de souvenirs déplaisants entre elles, de ressentiment, pour faire table rase. Et puis faut pas déconner, pour faire table rase faut être deux et Clara est seule, qu'on se le dise. Alors elle embraye dans le jeu de sa soeur, emprunte son sourire policé et l'étreint come dans une télé réalité cliché type femmes de footballeur. Paige babille sur son mystérieux +1 et toute à sa soeur, Clara ne pense même pas à jeter un coup d'oeil intéressé à la silhouette masculine qui la suit. Pourquoi faire ? « Absolument pas, allons. J'espère seulement que ce n'est pas encore un charmant jeune homme qu'on ne reverra jamais... » raille-t-elle sans chercher à enrober sa moquerie. C'est la spécialité de Paige, ça, éblouir chaque année avec le mec parfait pour faire des envieuses sans qu'on n'entende plus jamais parler de lui par la suite, à croire qu'elle les paye. Un peu mauvaise, Clara pense que ça ne sert à rien de retenir son nom quand Paige, triomphante, lui présente... Stuart. La connasse. Instantanément, une enclume tombe dans son estomac et Clara perd un peu de la contenance pimpante dans laquelle elle se drape depuis tout à l'heure. Avec Stuart, la journée va être gâchée, c'est l'évidence. S'il ne la détruit pas lui-même par sa seule présence néfaste, c'est elle qui va la plomber parce que ce type la met perpétuellement dans tous ses états et par tous ses états j'entends les pires. Paige investit les lieux et le salon et Clara reste bêtement devant Stuart, avant de se rappeler d'un détail. Un menu détail qui change toute la donne... « Hé, petit cachottier... comment ça va ? J'ai pas eu l'occasion de te croiser depuis la fête des moissons Comme si Clara peut intentionnellement chercher Stuart, la bonne blague. mais je t'ai vu, avec ta copine. C'est super, vous avez l'air heureux. Je parie que c'est la bonne ! » s'exclame-t-elle gaiement, avec encore plus d'enthousiasme (parfaitement exagéré et un brin névrotique, et alors) qu'une cheerleader en pleine représentation. Et comme si elle était un pote avec lequel il pouvait se répandre sur sa vie sentimentale, Clara lui file une bourrade amicale sur l'épaule, à la cool. Mais à la faussement cool, en réalité, comme le prouve son sourire trop étincelant pour être vrai, elle qui ne lui en adresse jamais. Mais Stuart casé, c'est un peu l'aubaine de sa vie, celle qui signifie qu'il arrêtera de la mettre volontairement mal à l'aise chaque jour que dieu fait... Clara le débarrasse, cueille les affaires de Paige et disparaît à nouveau dans la cuisine non sans répondre à la volée à sa soeur. « Elles arrivent, Olive vient juste de se réveiller. » Et Clara dispose d'une main de maître les toasts en forme de pétale, avant de sortir les verrines et le champagne du frigo. Que la fête commence... et tant pis pour les retardataires. Enfin, sauf ceux obnubilés par  la petite Olive. Oui, Clara n'a aucune idée du désastre qui est en train de se jouer dans la pièce d'à côté et de l'état de Faye, qui suffirait à faire couler son coeur au fond de ses entrailles pour le restant de ses jours.

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SOMETIMES, LOVE IS NOT ENOUGH AND THE ROAD GETS TOUGH I DON'T KNOW WHY. CHOOSE YOUR LAST WORDS, THIS IS THE LAST TIME CAUSE YOU & I WE WERE BORN TO DIE.
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Faye Chamberlain

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Mar 5 Jan - 20:43

Elle ne voulait pas pleurer. Pas verser la moindre larme mais le monde paraissait s'enfoncer, une fois de plus, une fois de trop. Olive ne l'aimait pas, cette pensée s'enfonçait dans son esprit pour ne plus lui laisser le moindre moment de repos. Cette sensation prenait place dans les tréfonds de son âme depuis le premier jour, depuis cette première fois où elle avait dû l'allaiter. Elle n'avait pas pu, incapable de. Incapable de comprendre ce petit tout d'elle-même qui lui paraissait pourtant venir d'un ailleurs. Non, l'enfant ne se considérait plus comme bénie des dieux, tout lui paraissait si difficile, si compliqué. Le monde ne tournait que plus qu'autour d'Olive et même si elle avait souffert des heures durant pour l'expulser de son être, elle n'arrivait pas à l'aimer. A être capable de lui renvoyer l'amour que lui donnait Clara. Comme si elle venait d'ailleurs, comme si cela ne comptait pas vraiment. Comme si tout cherchait à les séparer. Non, elle ne désirait pas s'approcher d'Olive et en contrepartie l'être le lui rendait bien. Elle pleurait chaque fois qu'elle finissait dans ses bras, elle perdait son sourire quand elle se trouvait trop près, tout se passait toujours mal quand elle était dans le coin. Lors, elle se maintenant à distance, cherchait à ne pas rencontrer sa route et surtout se refusait à la tenir dans ses bras. Mais aujourd'hui, elle n'avait pu échapper aux besoins de Clara, à ces demandes. Non, elle se trouvait-là dans la chambre de son propre enfant mais agissait comme une étrangère. Elle se tenait amorphe, la tête cachée par sa  longue chevelure, sans vie, comme un automate qui rendait peu à peu l'âme, un peu trop sans doute. La porte venait de s'ouvrir mais l'être était bien incapable de retrouver de la constance. Heureusement, il ne s'agissait nullement de sa sœur, sans doute plus qu'apte à lui faire une scène. A trouver inconcevable son comportement, son manque d'intérêt pour son propre enfant et tout ce qui pouvait en découler. Mais là, les choses étaient différentes. Là il s'agissait de Eli, son Eli, cet être toujours présent dans son existence, dont le manque se faisait sentir depuis qu'il ne vivait plus avec sa sœur. Les mots faisaient mouches avec une facilité déconcertante et sans même se retenir, elle se précipita à son cou, manquant presque de le faire tomber au passage. Aucun mot ne sortait de ses lèvres mais sa simple présence permettait de la rassurer, rien qu'un peu, assez, tout ce qui était nécessaire pour effacer rapidement ce qui tombait de son être. Et ce fut à cet instant que la deuxième voix fit son apparition, s'installant à ses côtés, presque immédiatement l'être changea de fusil d'épaule, venant doucement s'installer contre son amie de toujours, son pilier de la vie. Elle souriait Iki, comme les milliers d'étoiles du paradis. Et ces sourires leur donnaient envie de tout changer, de retrouver un brin de soleil, un brin de tout, un brin de vie bien loin d'ici. Ou peut-être loin de cette chose, de l'être qui dormait dans son berceau et changeait le cours de sa vie. « Un peu de fatigue c'est tout… » Elle n'arrivait pas à exprimer ce qu'elle voulait, à laisser entendre à voix haute tout ce qui prenait place dans les tréfonds de son être. Et même le sourire qu'elle tenta de laisser éclater n'était qu'une esquisse de rien. « Et puis elle ne m'aime pas… » A eux, elles pouvaient se confier, un petit peu, laisser seulement éclater la surface d'un problème qu'elle ne comprenait pas encore dans sa globalité. « Ne le dites pas à Clara… » Elle les suppliait tous les deux du regard. Rapidement elle embrasa doucement sur la joue Iki. Sa douce Iki à elle, prête à la défendre contre vent et marée, son petit bateau qui la ramenait au port avec tant de facilité. De là où ils se trouvaient, dans le silence qui venait de s'installer, il était possible d'entendre les chiens aboyer et cela déhancha un peu trop rapidement un éclat de rire de sa part. Un éclat qu'elle cessa sitôt, de peur de faire pleurer l'être… Non, elle ne désirait plus entendre ses cris… « Tu as amené Branche et Edgar ? ». Sa voix retrouvait quelques traits de l'autrefois, de cette époque où elle n'était qu'une fille souriante et heureuse, un renouveau qui ne prenait pas place dans son regard, toujours si éteint, bien trop sans doute pour être elle-même. Son corps se déplaça vers les bras d'Elijah, une autre chaleur, une autre présence tout aussi réconfortante qu'Iki mais bien différemment. « Tu me manques beaucoup depuis que tu ne vis plus ici. » Elle lui lâcha ces quelques mots, si bas qu'elle n'était même pas certaine qu'il ait entendu mais cela n'était pas important, le message restait bel et bien. S'éloignant légèrement pour le laisser respirer, elle tourna son regard vers lui sans être certain de savoir comment annoncer les choses. « Dis Eli… Tu veux bien prendre Olive ? » Ce n'est pas qu'elle ne faisait pas confiance à Iki mais Iki Iki n'était pas une femme à enfant, c'était son amie, son doux courant venu d'ailleurs, le sien, par celui d'Olive… « Et puis toi, elle t'aimera bien puisque tu es son parrain. » La petite nouvelle qu'elle n'avait pas encore dit, le seul élément sur lequel Clara n'avait pas eu voix au chapitre. Jamais Olive n'aurait de père, si Clara était une parfaite mère de substitution, seul Eli pouvait, à ses yeux remplir la fonction de papa d'accueil, de parrain gâteau. Et puis, Clara marraine, lui parrain, c'était une nouvelle manière de les rapprocher n'est-ce pas ?

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Elijah Wingham

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Jeu 7 Jan - 23:41

Toute petite et recroquevillée sur elle-même, Faye paraissait jeune, trop jeune pour être déjà mère, fragile et inflammable. Derrière ses rideaux de cheveux, sa voix transparaissait, fébrile, haletante. Elijah ne savait plus trop comment agir auprès d'elle. Il n'avait pas été formé pour ça. Pas de sœur et un frère qu'il devait plus tirer des griffes du shérif Denver que des affres de la dépression. Mais Elijah était doué pour les mots, il était même payé et reconnu pour ça. Il vivait dans un monde peuplé de répliques et de citations. A force d'avoir mille fois imaginé les rapports humains, le metteur en scène pouvait à présent utiliser ce talent au service de la vie réelle. Se rapprochant un peu d'elle, Elijah prit une inspiration avant de tenter de la raisonner. « De quoi tu parles ? » Oui, de quoi parlait-elle au juste ? Les bébés n'avaient pas le moindre sentiment ou du moins par la moindre conscience du concept même de sentiment. Ils n'avaient que des sensations, des besoins et des envies. Et même si cet enfant pouvait tenir un raisonnement réfléchi et argumenté, Elijah doutait fortement qu'il puisse détester Faye. Faye était la candeur même, une fée du sourire qui ne manquait jamais d'égayer son petit monde chronométré. « Faye, ne dis pas ça. » Il referma son petit menton pointu entre ses phalanges pour mieux relever sa tête. Au premier contact visuel, la détresse emprisonnée dans son regard trouble lui sauta aux yeux. Faye ne plaisantait pas, c'était sérieux. « Faye, tu m'inquiètes. Je ne le dirais pas à Clara mais faut que t'arrêtes avec ça. » Il s'éloigna et se releva tandis que les yeux de Faye se dardèrent sur la nouvelle arrivée. Il l'avait déjà vu autour de Faye, un sorte d'électron libre qui, paradoxalement, se retrouvait irrémédiablement attiré par la dernière des Chamberlain. Iki quelque chose. Il n'avait jamais fait attention à son nom de famille. Des bruits glissent sous la porte pour arriver jusqu'aux oreilles d'Elijah, d'autres invités. Tenté de jeter un coup d'oeil au salon, il se dirigea vers la porte avant d'être stoppé par Faye. « Ah ? » Elijah se retourna, un sourcil en l'air et l'esprit plus embrouillé qu'auparavant. « Je ne sais pas quoi te dire. » Surpris, Elijah l'était à cet aveu. De sa part comme de celle de Faye. Il se retrouvait à court de mots et les seuls qui ne semblaient jamais tarir étaient impossible à utiliser. Toi aussi, l'appartement aussi, Clara aussi. Elijah était bien trop fier et gonflé d'orgueil pour l'admettre. Il campait sur ses positions, imperturbable et indémontable, une sorte de montagne personnifiée, résistant à toutes sortes de pressions externes. Un roc. Un idiot. Une tête de mule surtout. Faye interrompit le fil de ses pensées par une nouvelle réplique, celle-ci le laissant à nouveau sans voix. Tenir Olive ? Être parrain ? L'esprit d'Elijah n'était plus qu'un embouteillage de pensées incohérentes et entrecoupées. « Je… Merci. » Elijah n'avait jamais pensé aux enfants, ces choses qu'il avait relégué à un futur lointain. Il n'avait même pas trente ans et au-delà de l'âge, il n'avait pas accompli le quart de ce qu'il s'était fixé. Il était occupé, trop même. Il vivait à travers ses pièces et bourreau de travail qu'il était en redemandait encore. Où un enfant pourrait être casé ? Et avec qui ? Il n'y avait personne, même pas à Clara, avec qui il souhaitait partager la responsabilité d'un enfant pour la vie. Et pourtant, Faye avait quand même un enfant. Même si, comme lui, elle n'avait ni relation stable ni le moindre exploit réalisé. Elle était juste une enfant qui avait reçu une vie du destin. Une vie qui avait un nom: Olive. C'était joli et ça roulait joliment sur sa langue. « Je ne sais pas trop pour la tenir. J'ai les mains moites et je peux être maladroit en situation de stress mais puisque c'est toi et que c'est Olive - qui a choisi ce nom? - je veux bien essayer. » Doucement, avec une sorte d'appréhension lui tordant l'estomac, Elijah s'approcha du berceau. A l'intérieur, des grands yeux ouverts, un visage rose mangé par l'innocence. Le nouveau-né était paisible, d'une quiétude rassurante, un calme qui ne précédait aucune tempête. Il se sentait presque à l'aise, la détaillait un peu plus. Elijah dessina sur ses lèvres un fin sourire à l'intention du nourrisson, sourire l'encourageant à ne pas s'adonner à une crise de larmes à moins d'un mètre de lui. Puis, n'entendant d'Olive que babillements, il se lança finalement. Ses longs doigts se muèrent en étau autour du petit corps du nouveau-né. Olive le regardait ou semblait le regarder, il n'était pas certain au vu du clignotement de ses paupières. Il tenta de ne pas la faire tomber, comme il pouvait avec son inexpérience et la peur qui transpirait par tous ses pores. Il ajusta le nourrisson entre ses mains, en retour Olive ne broncha pas. Elle se contenta de le fixer. Le nourrisson avait déjà une certaine audace, il se devait de le reconnaître. « Il lui arrive de pleurer ou est-ce l'exception qui confirme la règle ? » Ne brisant pas l'étrange duel qui venait de se former entre Olive et Elijah, le metteur en scène demanda à Faye sans se retourner. Il voulait être sûr avant de donner à Olive le bon Dieu sans confession.

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les images de la veille se superposent aux détails du wagon. elles flottent devant mes yeux comme sur la houle. je te revois perdue dans la foule avec tous ces mongols bourrés qui dansent n'importe comment.

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Stuart Wingham

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Sam 9 Jan - 22:50

Il s’était fait tout beau, pour l’occasion. Il avait sorti son magnifique – et unique – costume, l’avait soigneusement repassé. Il avait même ciré ses chaussures ! Pour une fois qu’on l’invitait quelque part, en même temps. Cavalier. C’était là le terme qui convenait, n’est-ce pas ? Jamais on n’avait demandé à Stuart Wingham d’être son cavalier. Alors, même s’il se doutait que Paige le faisait probablement par dépit parce qu’elle n’avait pas trouvé quelqu’un à temps, Stuart s’en fichait. Même déçu par d’autres, elle avait quand même pensé à lui et avait estimé qu’il était digne de l’accompagner. Car, il fallait les voir, joli couple mal assorti. Paige et sa grâce naturelle, son autorité innée, que pouvait-elle bien faire avec un type comme lui ? Et pourtant, quand Stuart était en compagnie de la jeune Chamberlain, il ne se sentait pas jugé comme c’était le cas avec les autres. En un sens, c’était très reposant. Pour mériter ce poste inopiné – et espérer prouver ainsi à Paige qu’elle ne commettait aucune erreur en se tournant vers lui – Stuart avait donc fait un effort considérable et quand la jeune femme vint le chercher – c’était le monde à l’envers mais, en même temps, le cadet Wingham n’avait pas de véhicule – Stuart s’empressa de la rejoindre, quelque peu angoissé tout de même à l’idée d’en avoir trop fait… ou pas assez. Sortant de son immeuble, il rejoignit la voiture de son amie en quelques enjambées et s’installa à côté d’elle. La remarque de la demoiselle arracha un sourire un peu constipé au jeune homme. Peu habitué aux compliments (dénués de sarcasmes, en tout cas), il ne sut comment réagir et préféra changer de sujet en essayant de savoir où elle l’emmenait. Si Paige ne lui avait pas demandé de l’accompagner ce soir, Stuart serait probablement resté seul chez lui, alors il était plutôt ravi d’avoir une bonne excuse pour ne pas zoner dans des vêtements dégueus devant un poste minable. L’ennui n’était jamais bon signe, chez Stuart. Pourtant Paige éluda ses questions ou refusa tout simplement de répondre et le mystère resta dès lors entier. Ça devait être quelque chose pour qu’elle le malmène comme ça mais à aucun moment il ne vint à l’esprit qu’ils puissent se diriger vers un appartement qu’il ne connaissait que trop bien. En réalisant enfin le piège qui se refermait inéluctablement sur lui, Stuart pâlit et déglutit avec peine : « Les bébés… ? » Oh, il comprenait mieux pourquoi elle s’était acharnée à lui cacher leur destination réelle. Elle devait savoir que si elle avait annoncé d’emblée qu’ils se rendaient chez Clara, il serait beaucoup moins enthousiaste à l’idée d’être son cavalier. Un paradoxe au vu du comportement obsessionnel qui l’avait toujours caractérisé et qui l’aurait rendu autrefois intenable. Mais depuis ses dernières entrevues avec Clara, Stuart se sentait plus mal. La rupture de son frère y était-elle pour quelque chose ? Ou l’apparition miraculeuse d’Ally dans le paysage y avait-elle contribué ? Quoi qu’il en soit, Stuart s’était évertué à éviter de retomber dans ses déviances et voilà qu’il était propulsé dans une situation à laquelle il n’était pas préparé. « Tu sais… Je crois pas que ta sœur… » Mais Paige l’interrompit, confirmant ce qu’il redoutait le plus : elle avait parfaitement anticipé sa réaction et avait agi en conséquences. Le fait qu’elle ait besoin de lui ne contribua pas spécialement à calmer son malaise. Puis il vit l’énorme peluche qu’elle désigna et il déchanta aussi sec. « Charmant… » bougonna-t-il légèrement en sortant de la voiture pour attraper le fardeau, unique raison de sa venue, apparemment. Ce qui s’apparentait à un rêve devenu réalité tournait subitement au cauchemar. Il ne chercha pas la signification de sa présence versus l’ennui qui se profilait à l’horizon. Déçu, il ne pouvait que foncer tête baissée dans la gueule du loup. Ce soir n’allait pas être de tout repos et il regretta presque les chaines insipides qui auraient pu le sauver d’un tel désarroi. Tel un automate, Stuart suivit Paige et ne prêta plus attention à son attitude qui, de toute évidence, était forcée. Le nez enfoncé dans le cou de l’ours, il aurait volontiers voulu se fondre dans le jouet pour ne plus exister. Mais la porte s’ouvrit et au ton que prit la voix de Paige, Stuart n’eut aucun mal à deviner qui avait ouvert. D’ailleurs, sa cavalière attitrée l’oublia presque aussitôt pour pénétrer dans l’appartement et Stuart émergea de derrière son fardeau pour offrir un sourire penaud à la maitresse des lieux. Sur le point d’expliquer qu’il n’était pas au courant de la soirée en question – même s’il y avait peu de chance pour qu’elle le croie – Stuart referma la bouche. Ses lèvres se tordirent légèrement et il haussa une épaule en se fusillant intentionnellement, comme si Clara avait besoin de ça : « On va voir combien de temps elle va me supporter, hein ? » plaisanta-t-il en se disant qu’il ne savait même pas s’il pouvait officiellement dire qu’Ally était sa copine. Avaient-ils seulement défini ce qu’il se passait ? Il n’en était pas certain et préférait ne pas trop s’avancer pour ne pas ruiner ses chances. Il resta quelques secondes interdit quand Clara lui fila une bourrade mais n’eut pas le temps de s’appesantir sur l’étrangeté du geste parce que Clara le débarrassa et reprit le contrôle de sa soirée. Lui, comme un con, resta près de l’entrée comme s’il n’osait pas pénétrer dans l’antre qui avait été celle de son frère et de sa petite amie. Tout à coup, le poids mort de l’ours lui manqua et il lui sembla qu’on lui avait dérobé son armure. Ridicule. Réalisant qu’il avait les paumes moites, Stuart les frotta l’une contre l’autre d’un air embêté puis se força à rejoindre les autres – des visages qu’il ne connaissait que de façon lointaine – et il guetta Elijah, en vain. « Hé, salut Kitty » lâcha-t-il en voyant la rouquine qu’il avait un peu envoyée balader le soir de la fête des moissons et il espéra sincèrement qu’elle ne lui tenait pas rigueur de ce vol qualifié.

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Dim 10 Jan - 16:59

« On s’en fiche de Clara. » qu’elle rétorque aussitôt, sans même laisser le temps à Stuart de finir sa phrase. Elle lui lance néanmoins un regard noir, qui dure à peine quelques secondes mais quand même, pour lui faire comprendre qu’il s’aventure sur la mauvaise pente. Elle a besoin de lui, c’est comme ça et pas autrement, et il devait s’estimer heureux d’être son ami. Tout le monde n’a pas cette chance et parfois, Paige a la désagréable sensation que le jeune homme n’apprécie pas à sa juste valeur leur relation. Elle ne lui en tient pas rigueur, consciente que ça ne doit pas être facile tous les jours avec la famille de dingue qu’elle se coltine, mais voilà elle lui fait comprendre son erreur quand même. Pour la peine, elle lui tend l’énorme ours en peluche acheté pour la petite Olive et pose ses mains sur ses joues pour le forcer à sourire. « Cesse donc un peu de ronchonner et sois un chouette cavalier s'il te plaît. » Elle dépose un rapide baiser sur l’une de ses pommettes, avant d’ajouter « Je saurais me faire pardonner. » Et puis de toute manière, personne excepté Clara (mais elle est un cas désespéré qu’il faut ignorer, merci bien) ne peut lui en vouloir bien longtemps. D’ailleurs en parlant de cette dernière, la voilà en face d’eux après leur avoir ouvert la porte. Paige se lance aussitôt dans sa comédie bien huilée, et Clara la suit sans hésitation. Cela a toujours été comme ça entre elles deux, et une trêve de Noël n’est guère à l’ordre du jour. Elles feignent donc une complicité qu’elles ne possèdent pas, et s’envoient raillerie sur raillerie avec délicatesse et non sans un large sourire sur les lèvres. « Ce n’est pas ma faute si tu les fais tous fuir… » qu’elle rétorque, joignant à ces quelques mots un éclat de rire empoisonné. En vérité, Paige appréhende vraiment le jour où elle devrait présenter le prince charmant à sa famille (et surtout à ce désastre de belle-sœur) tant celle-ci lui fait honte et la tire vers le bas. Elle rêverait de s’envoler à l’autre bout du monde, ou à défaut du pays, sans même les prévenir, mais elle est partagée entre l’envie de les éblouir une dernière fois. La demoiselle laisse Stuart seul à seul avec Clara quelques instants, le temps de juger l’endroit, la décoration et l’odeur qui émane de la cuisine. Et puis aussi, tous les invités. Ça va, elle les connaît pour la plupart, ce sont toujours les mêmes ou presque de toute manière. A ce niveau là, Clara n’innove jamais. Elle tourne autour de la table, lit les prénoms sur les étiquettes pour découvrir le plan de table, roule des yeux quand elle constate son placement. Puis finalement, demande où sont les reines du jour. Ce sont pour elles et elles seules qu’elle a fait le déplacement, et elle entend bien le montrer à Clara même si l’évidence résonne dans le moindre de ses mots. Quand elle obtient sa réponse, elle arrête sa contemplation et décide de rejoindre Stuart pour lui montrer qu’elle n’a pas l’intention de l’abandonner à son triste sort. Mais il n’est pas seul. Peu importe, ce n’est qu’un détail, et très vite elle entoure son bras du sien avant de poser sa tête sur son épaule. « Salut Kitty. » qu’elle dit sans émotion aucune de retrouver sa voisine d’enfance. « Comment ça s’fait que vous vous connaissez tous les deux ? » qu’elle demande enfin, sa curiosité ayant été titillée. D’ordinaire, elle se serait bien fichée de connaître le pourquoi du comment, mais en matière d’amitié, Paige ne peut s’empêcher d’être un poil jalouse. C’est plus fort qu’elle, elle ne supporte pas le sentiment d’avoir été négligée et non tenue au courant des dernières nouvelles de chacun. Pourtant, à l’inverse, elle use bien trop souvent de ce silence glacial. Elle laisse ses yeux aller de Stuart à Kitty, et de Kitty à Stuart, tout en attendant une réponse mais surtout la venue de Faye et de sa gamine. C’est fou comment elles savent se faire désirer, ces deux-là.

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Iki Katô

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Dim 10 Jan - 23:52

Ça fait un moment que Faye n’est plus comme avant. Avant, c’est quand elle pouvait encore sourire.
Mais depuis quelques temps, en fait depuis qu’elle s’est rendue compte de l’écrasante fatalité de ce qu’était « avoir un bébé », Faye s’est laissée déborder. Puis Caleb est arrivé avec ses faux airs de gentils et il a entrepris de tout détruire de ses espoirs à grand coups de mots tranchants et la petite poupée-maman s’est laissée détruire parce le peut-être père de cet enfant qui ne le connaîtrait jamais. Ça lui a fait de la peine, à Iki, comme on peut faire de la peine à Iki. Elle aurait bien voulu remettre les étoiles au fond des yeux de son amie définitivement, pas seulement par tranches de quelques heures dans une journée, une semaine, un mois, une année. Parce que plus le temps passait, plus les instant-étoiles devenaient petits et ce n’est jamais facile de voir s’éteindre tout un ciel au fond des yeux de quelqu’un. Toutes les étoiles de la constellation des yeux de Faye se font la malle dans ses larmes ; on les voit encore briller au coin de ses yeux.
Alors, pour l’heure, faute de pouvoir repêcher les astres qui se mélangent à ses pleurs, Iki sourit du mieux qu’elle peut. Elle voudrait que comme avant, Faye puisse redevenir aussi légère que le vent.
Ce n’est pas très drôle d’être amie avec un ouragan mouillé mais c’est comme ça, Iki aime Faye de sa drôle de façon de le faire à moitié, et c’est sans doute la personne à qui elle tient le plus après le reste des Katô. Alors elle reste là même si elle ne sait jamais trop quoi faire ou dire.
- Un peu de fatigue c'est tout… répond Faye doucement.
Iki fronce les sourcils : elle voudrait bien que ce soit vrai mais même elle ne peut y croire. Et puis son amie reprend :
- Et puis elle ne m'aime pas… elle a encore sur les lèvres des restes de tentatives de sourire quand elle rajoute : Ne le dites pas à Clara…
Le garçon dont elle n’est même pas sure d’avoir un jour connu le nom se rapproche de la toute petite petite maman.
- De quoi tu parles ? dit-il.
Iki tourne la tête et se concentre sur le berceau, silencieux, au milieu de la pièce. Elle se demande comment un si petit être peut faire autant de mal autour de lui, et puis elle s’interroge sans entendre réellement l’homme qui continue de s’adresser à Faye comme pour la rassurer. Faye claque un bisous sur sa joue à elle et, sans vérifier s’il a fini, Iki se retourne brusquement vers son amie.
- Et toi, tu l’aimes ?
Elle ne demande pas ça pour blesser elle demande juste parce que c’est la vérité. Mais elle laisse tomber les mots d’entre ses lèvres comme des petits grêlons très sérieux et un peu dur.
- Et puis c’est pas grave si elle t’aime pas. T’es pas obligé de t’occuper d’elle, regarde : moi c’est Yamato qui s’est occupée de moi, en tout cas beaucoup plus que maman.
Elle fronce les sourcils en s’interrompant.
- Je sais pas si j’aimais ma maman quand j’étais petite. On oublie après. achève Iki dans un haussement d’épaules.
A cet instant Edgar aboie et Branche lui répond : Iki les reconnait même de loin, elle a l’habitude. Mais ce dont elle n’a plus l’habitude c’est du rire de Faye qui leur fait écho avant de s’éteindre trop rapidement.
- Tu as amené Branche et Edgar ? demande-t-elle quand même avec perdues quelque part dans sa voix, des notes de sa joie passée.
- Bien sûr que oui, j’allais pas les laisser tout seuls !
Iki s’exclame en gonflant la poitrine dans un sourire immense, tandis que le corps de son amie se détache du sien pour se rapprocher de celui du garçon. Puis ce dernier se lève et se met à graviter dans la chambre en se rapprochant de la porte jusqu’à ce que la voix de Faye retentisse à nouveau.
- Tu me manques beaucoup depuis que tu ne vis plus ici.
Il s’arrête net et se retourne vers elle, un sourcil levé et l’air un peu troublé. Iki se lève aussi.
- Ah ? dit-il d’un air surpris. Je ne sais pas quoi te dire.
Faye aussi est debout maintenant et elle lui demande de prendre Olive. Iki la regarde sans rien dire, en se demandant si elle doit dire qu’Olive, c’est pas vraiment joli, c’est juste un peu mignon et un peu marrant. Elle préférait les anciennes idées.
- Et puis toi, elle t'aimera bien puisque tu es son parrain.
A nouveau surpris il ne répond pas, dans un premier temps, puis répond avec un merci hésitant. Iki en le regardant se demande s’il lui arrive de ne pas être surpris par quelque chose. Ça doit pas être difficile, pour les cadeaux.
- Je ne sais pas trop pour la tenir. J'ai les mains moites et je peux être maladroit en situation de stress mais puisque c'est toi et que c'est Olive - qui a choisi ce nom? - je veux bien essayer.
Il se dirige vers le berceau tout doucement et plonge ses longs bras dedans en leur tournant le dos. Il n’y a plus que le silence qui règne, le temps s’écoule lentement et il ne se retourne pas. Iki gonfle les joues avec impatience.
- Il lui arrive de pleurer ou est-ce l'exception qui confirme la règle ? demande-t-il enfin.
Iki fronce les sourcils en s’approchant d’eux et glisse la tête à côté de son bras de façon à apercevoir le nourrisson. Ses sourcils se froncent de plus belle et elle se retourne vers Faye rapidement.
- Mais elle est super moche !? s’exclame-t-elle choquée.
Elle n’a jamais compris, Iki, la fascination des parents et des adultes pour les tous petits enfants. Ils sont minuscules et tellement fragile qu’on a tout le temps peur de les casser et puis surtout, ils sont laids. Ils ressemblent à des petites poupées vivantes et toutes rouges avec un crâne presque chauve et des petits doigts qui n’ont de cesse de s’ouvrir et de se fermer. Iki secoue la tête en amarrant encore ses yeux sur le visage d’Olive puis secoue la tête et croise les bras en regardant à nouveau Faye avec stupeur.

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mais toute la journée, j'ai cligné des yeux, sans doute les miettes d'un rêve de sable resté coincé sous les paupières.
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Kitty Abernathy
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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Lun 11 Jan - 19:49

À défaut d’attendre pendant des lustres devant la porte des Chamberlain, une autre convive qu’elle ne connaissait pas, leur avait ouvert le chemin en se faufilant à l’intérieur une fillette sur les talons. Kitty avait hésité un instant, puis avait finalement suivi le petit monde, et surtout Harry à l’intérieur. L’expression bonnet bleu bonnet blanc lui arracha même un sourire, et elle décida immédiatement que la jeune blonde qui les avait précédés serait mise du côté des bonnes personnes ou plus trivialement des gentils. Après tout, Clara ne pouvait fréquenter que des personnes aussi remarquables qu’elle. Ce n’était pas la première fois que la rouquine venait chez ses voisins, néanmoins et aussi incroyable que cela puisse paraitre (elle s’attachait énormément aux détails), elle en avait oublié les lieux. Elle fut d’abord surprise de voir qu’en dépit du nombre considérable d’occupants, la maison était relativement bien rangée, et elle fit immédiatement le parallèle avec sa propre chambre en désordre monumental. Elle n’avait jamais été très douée pour conserver ses affaires en ordre, mais au plus grand étonnement de son frère, elle arrivait à se repérer dans tout ce bazar. « Bonjour Clara. Merci pour l’invitation » Sa voix était presque inaudible parmi tout ce va et vient, et elle se renfrogna aussitôt, en rentrant la tête dans les épaules. Elle n’était pas habituée à voir autant de gens, car la famille Abernathy ne comportait après tout que quatre membres, voire deux dans la plupart des cas. Parfois, il lui arrivait d’imaginer ce que pouvait être cette vie dans une communauté plus conséquente, mais le rêve  s’estompait rapidement lorsqu’elle croisait le regard de son jumeau. Harry était suffisant, ni plus ni moins. Dans une précaution infinie, elle retira son manteau qu’elle tendit à son hôte, et se dirigea dans la pièce principale décorée pour les évènements. On ne pouvait pas dire que Clara ait eu la main légère, et Kitty se sentit immédiatement rassurée par cette ambiance chaleureuse qui l’entourait. Ses yeux s’attardèrent un instant sur le sapin qui devait faire le double de sa taille, puis sur la table tout aussi grande. Les autres n’étaient pas encore tout à fait arrivés, et instinctivement, elle alla se réfugier dans un coin pour s’adonner à une contemplation éphémère. Faye et son bébé, les stars de cette fête de fin d’année n’étaient pas encore là. Elle se demanda à quoi ressemblait ce petit être pour qui, ils s’étaient tous rassemblés chez les Chamberlain, un peu comme on attendrait l’enfant Jésus. Encore quelques minutes avant la révélation supposa-t-elle… Les invités arrivaient au compte goute, et ce fut au tour de Stuart et Paige de débarquer. Elle n’avait qu’un mince souvenir du premier, et la seconde la laissait de marbre. Elle n’ignorait pas qu’il exista des querelles entre les Chamberlain, mais elle n’y avait jamais pris part, et n’avait adressé la parole que ponctuellement à sa voisine. Ce genre de choses la dépassait complètement et ne trouvaient pas sa place dans sa réalité. « Salut. » Ton cordial et mine songeuse. « On ne se connait pas, je ne l’ai vu qu’une seule fois. » A l’époque, Stuart voulait avant tout parler à Ally, une jeune fille dont elle s'était rapprochée l’espace d’une soirée. Soirée qu’elle avait somme toute appréciée, précisément grâce à Elijah, le frère de son interlocuteur. « A Halloween Stuart s’était débarrassé de moi auprès de son frère. » Elle haussa des épaules pour appuyer ses paroles, et poursuivit. « Il n’est pas là d'ailleurs ? » Depuis la pluie d'étoiles, elle n’avait pas eu la chance de le recroiser afin de s’excuser d’être partie en trombe sans aucune explication.

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Jeu 14 Jan - 18:35

Faye ne savait plus comment sortir la tête hors de l'eau, comment retrouver un courage qui  semblait avoir totalement disparu de son être, ne désirait maintenant plus revenir. Tout s'était éteint durant la grossesse, toute sa joie de vivre, toute sa bonne humeur, tout ce qui semblait si positif dans son être. Comme si l'enfant avait tout emporté sur son passage, ne lui laissant que des miettes d'une existence à laquelle elle n'arrivait pas à se faire. Non, rien ne semblait plus avoir de sens, surtout ce qui se passait dans cette pièce. Elle ne pouvait pas être la mère d'Olive. Elle ne pouvait pas l'approcher, elle n'y arrivait pas. La situation lui semblait impossible à résoudre comme si une force invisible la maintenait à distance de son être. L'être ne pensait plus, plus vraiment, plus totalement, elle tentait simplement de maintenir des apparences plus que trompeuses. Clara, non, elle ne voulait nullement que sa sœur découvre la vérité. L'enfant tentait de cacher son mal être à coup de faux sourire  et d'un mutisme presque permanent. Le corps continuait d'agir mais l'être s'était mis en veille comme poussé par une force extérieure. Mais face à Iki et Elijah, ce mode ne fonctionnait plus totalement. Certains mots se devaient d'être prononcés, malheureusement. L'être tentait toutefois d'en dire le moins possible, de ne pas dévoiler l'immensité du trouble que subissait son être. Un faible sourire vint se placer sur ses lèvres lorsque Eli l'assura que rien ne serait prononcé à Clara. Une nouvelle qui ne pouvait que la rendre plus heureuse. Et puis, il était là, si près d'elle, comme autrefois, comme ce contact qui s'étiolait depuis qu'il s'en était allé, loin d'elle, loin de Clara surtout. Oh, elle ne lui reprochait en aucun cas son choix, elle ne le comprenait pas, pas totalement, mais son cœur ne pouvait se résoudre à ne point espérer un retour de son être. « Merci. » Elle se contenta de le murmurer tout bas, un simple mot qui voulait dire beaucoup. Son regard passa rapidement d'Eli à Iki, les mots de ces dernières venaient perturber encore davantage son esprit embrumé. Aimait-elle Olive ? Elle n'en savait rien, elle n'arrivait pas à se décider, elle ne voulait pas… Pas totalement… Parce que les pensées ne feraient que la faire souffrir encore davantage. Non, l'être se contentait de vivre la situation, de rester à distance de cet être qui ne l'appréciait pas. N'osant apporter de réponse à la première question de son amie, elle se contenta de hausser les épaules. C'était bien plus facile que tenter d'expliquer toutes les émotions contraires qui étaient siennes. Le reste des mots de son amie n'arrangaient rien à la situation. Elle sait bien qu'Iki dit ça pour la rassurer pour lui faire comprendre que ce n'est pas grave ce qui se passe mais tout ne fait que renforcer le poids qui emprisonne son être. Elle voudrait trouver les mots pour lui répondre mais rien ne vint, tout se coinçait dans les tréfonds de sa gorge. A la place, elle se contenta d'un sourire, un simple sourire. Penser aux animaux ramenait son être vers l'autrefois, vers la fille toujours remplie de sourire et de bonheur. Parce qu'elle connaissait sa sœur, parce qu'elle savait avec exactitude qu'elle ne serait nullement ravie de voir deux molosses déranger les plans de sa soirée. « Clara va te taper sur les doigts. » Mais elle savait bien que sa sœur n'oserait pas, pas totalement, pas avec tous les gens qu'elle venait d'inviter. Qu'elle tenterait de sauver les apparences même si elle n'apprécierait nullement la présence des deux cabots. Ce n'était pas le cas de Faye. Son être voyait dans leurs venues une surprise plaisante, remplie d'une énergie dont elle ne pourrait que se nourrir. D'Iki, l'être changeait encore une fois de focus pour se concentrer sur le metteur en scène. Prêt à franchir la porte, elle venait de le retenir, sans vraiment le chercher, par quelques mots, par cette vérité qu'elle ne voulait plus cacher. Son regard se faisait suppliant sans qu'elle n'en ait vraiment envie. Elle venait d'énoncer un fait mais elle ne pouvait se résoudre intérieurement à le laisser repartir. « Que tu vas revenir ? » Elle avait une fois encore murmuré, d'un regard qui se faisait suppliant sans qu'elle ne le cherche vraiment. Une sorte d'automatisme dont elle ne pouvait se délivrer. Mais ce n'était pas la seule pensée qu'elle voulait dire à l'égard d'Eli, non, il y avait l'autre nouvelle, celle qu'elle n'aurait confié à personne d'autre, sauf Dorian peut-être. Mais lui était parti quand Eli était là, quand Eli l'avait soutenue, avait été présent dans son univers. Lui ne partait pas, pas trop loin, s'éloignait simplement de Clara. Dans son fond intérieur, elle savait, sans le moindre doute, qu'il serait présent pour Olive, plus qu'elle… Un petit sourire apparut sur son visage devant la réaction du metteur en scène. Il appréciait cette attention qui lui était venue si naturellement. Et elle appréciait en retour ce qu'il faisait pour elle, ce qu'il osait faire, s'approcher du berceau pour en prendre le contenu. Une action qu'elle n'avait toujours pas réussi à faire, qu'elle n'arriverait sans doute jamais à réaliser. « Clara. J'avais pensé à Vanille, Blue, Red mais Clara n'aimait pas. » Et puis avait-elle vraiment cherché à la faire changer d'avis ? A imposer un prénom ? Non, elle avait agi comme si souvent en ce moment, en n'opposant pas vraiment de résistance, en se contentant de suivre un certain mouvement. Du coin de l'œil, Faye se contentait d'observer la scène, de voir Eli observer Olive qu'elle ne voulait pas vraiment observer par elle-même. Son regard se faisait fuyant et en même temps intéressé. Une partie de son âme ne cessait de se demander comment se passerait ce moment. Si Elijah apprécierait Olive ou, au contraire, ne l'aimerait pas.  Son être observait tout ce qui pouvait se passer dans ce nouvel échange. Le souffle presque coupé, elle ne s'autorisa à respirer que lorsque l'enfant fut dans les bras du metteur en scène. Elle paraissait si calme Olive, si heureuse dans les bras de son parrain, tout comme elle l'aimait. Qui pouvait détester Elijah ? Seul des idiots et des imbéciles sans doute. « Juste avec moi. » Faye ne réfléchissait plus. Elle se contentait de répondre à ses propos. A cette vérité qui continuait de vivre au fin fond de son être. La gamine ne put s'empêcher de sursauter en entendant les mots de Iki.  Moche ? Olive était moche ? Elle n'avait jamais pensé à cette question ni même envisager de savoir si un bébé était beau ou moche. Sans doute parce que son être ne voyait que la beauté du monde. « Dis pas ça Iki. » Elle ne dit pas cela méchamment. Non, elle n'a juste pas envie d'entendre qu'Olive est moche mais en même temps, elle ne voulait pas contrarier son amie. Sans plus réfléchir, l'enfant se lança dans ses bras afin de lui faire un câlin. Un simple câlin, un symbole de l'autre fois qui renaissait parfois. « Mais je t'aime quand même. » Rien qu'un instant, loin de Clara, loin de l'obligation de prendre Olive dans ses bras, Faye renaissait un petit peu. Relâchant doucement Iki, la demoiselle frotta ses yeux afin d'enlever toute trace de larmes, afin de retrouver un peu de constance et en même temps moins de consistance. L'être se murait encore une fois dans l'image d'elle-même. « Je pense que nous sommes maintenant attendu au salon. Et puis, il ne faudrait pas faire attendre trop longtemps Clara, elle serait capable de croire que nous nous sommes enfuis. » Consciente d'avoir peut-être donné une idée à son metteur en scène favori, et même s'il était encore de dos, elle ne peut s'empêcher de rajouter quelques mots. « Mais je t'interdis de partir Eli. » Elle n'avait pas besoin de demander à Iki de rester, elle savait qu'elle le ferait, qu'elle ne s'en irait pas ailleurs. Parce qu'elles étaient les deux côtés d'une même pièce, on ne pouvait les éloigner trop longtemps.

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