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 il est né le divin enfant!

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Jim Rysdall

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Ven 15 Jan - 16:40

Au début, il n'avait pas voulu y aller. Se confronter au monde extérieur lui apparaissait comme une épreuve insurmontable. Mais c'était pour Faye. Elle l'ébranlait plus qu'il ne voulait l'avouer, cette petite femme, ce petit bout de rien qui n'avait pas peur de pleurer ni de frapper quand elle avait mal, comme un chaton qui voulait apprendre à vivre seul. C'était pour elle, et uniquement pour elle, s'il s'était compromis en trahissant son secret, celui qu'il portait comme une lame aiguisée appuyée contre sa gorge. Heureusement pour lui (et pour elle), elle ne semblait pas avoir compris l'importance de ce souvenir d'encre imprimé sur sa peau, mais Jim restait hanté par ce geste et c'était pourquoi il avait tant hésité à venir. Depuis quelques jours, il vivait isolé. Il revivait, sans cesse, sans répit, des images, des mots, des coups, et ses nuits se faisaient en dents de scie. Son visage avait la couleur de la craie et ses yeux semblaient avoir pâli, comme s'ils étaient le reflet du vide brumeux qui bourdonnait à l'intérieur de son crâne. Il ne voulait voir personne, pas quand il était dans cet état, pas quand il avait l'impression que la seule rédemption qu'il pourrait obtenir se trouvait au fond d'une bouteille de whisky. C'était cette invitation qui l'avait fait flancher. Il s'était forcé à confronter son reflet dans le miroir, et ce visage émacié lui avait fait peur. Plusieurs fois, pourtant, il avait failli rebrousser chemin, se trouvant à chaque fois de fausses excuses pour reculer son départ. Et malgré tout, Jim venait de frapper à la porte des Chamberlain. Nerveux, il s'agitait, ne sachant sur quel pied danser. En guise de cadeau pour le bébé, il apportait un petit volume qu'il avait rapidement emballé dans du papier brillant. Il s'agissait d'une édition illustrée de contes pour enfants – il s'était brusquement rappelé leur présence dans la malle de son grand-père et avait jugé que puisqu'il était très peu probable qu'il ait une progéniture à qui les lire, mieux valait les offrir à un enfant bien réel. Pour Faye, il s'était arrêté chez le fleuriste et après avoir longuement hésité sur un bouquet de fleurs, il avait préféré acheté un petit bonsaï. Le minuscule arbre lui faisait étrangement à la jeune fille. L'idée lui avait plu, que cette plante puisse vivre aussi longtemps qu'elle. Qu'il devienne un compagnon. Parler aux arbres, ça n'était pas si idiot ! Mais plus les secondes s'égrenaient, et plus l'idée lui paraissait tragiquement stupide. Lentement, mais sûrement, l'angoisse reprenait des forces dans le fond de sa gorge, pour mieux le faire bégayer quand quelqu'un viendrait lui ouvrir. Si quelqu'un ouvrait, bien sûr. En avait-il vraiment envie ? Non. Mais... Pour Faye.

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Elijah Wingham

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Ven 15 Jan - 23:07

Elijah voyageait en eaux troubles. Il ne savait que dire ni que penser sous peine de blesser quiconque. Alors il sous-pesait chacun de ses mots, réfléchissait à la moindre de ses actions. Absurde, puisqu'en vérité, Elijah avait déjà tout planifié dans sa petite tête où ordre et clarté régnaient en maître. Il ne comptait pas revenir, au contraire, il se hâtait pour toujours mettre plus de distance entre lui et l'appartement. Il œuvrait, un peu plus chaque jour, pour être certain de couper les derniers ponts assurant la liaison entre lui et Clara. Dans son esprit, tout prenait son sens et tout justifiait ces mesures. Clara n'avait été qu'un nœud de problème, une bombe à retardement qui ne manquait jamais de lui exploser à la figure. Il n'avait pas juste été malheureux avec elle, il s'était senti oublié, humilié et perdu. Plus que tout, son ego avait été piétiné de la manière la plus cruelle qui soit aux yeux et au su de tous. Dans sa juridiction interne, une telle offense équivalait à la peine de mort. Le nous qu'ils formaient encore il y a quelques mois devait mourir et Elijah entendait bien voir ce verdict appliqué, au grand dam de Faye et de tous les autres qui soutenaient cette association dont rien de bon ne sortait vraiment. Il souffla alors Elijah. Il soufflait en pensant à la manière d'agencer ses mots pour que son message se fasse entendre et décourager toute tentative de Faye pour les rapprocher. Il pouffait presque à l'idée même de devoir s'expliquer et de conclure le tout par un non définitif. « Je ne sais pas. » Sa réponse fit écho à la précédente. Il était faible Elijah, fuyant et pas fiable. Il s'aplatissait à la moindre interrogation, filait et se dérobait. Il la laissait continuer, à la place, immobile et mutique face à la femme-enfant. Ils se répondirent l'un l'autre, à tour de rôle. C'était une drôle de dynamique reposant sur un fond de malaise, de non-dits et de sujets sur lesquels on glisse. Il évita par exemple de féliciter Clara du choix même si les mots brûlaient sur ses lèvres. Buté et grognon, il s'interdisait toute parole à connotation élogieuse concernant de près ou de loin celle-qui-ne-doit-pas-être-nommée. Action idiote, sans doute, mais tout du moins cohérente avec sa ligne habituelle. « Mais non. » Il lui assura, alors qu'elle doutait encore des sentiments d'un nouveau-né. « Tu exagères. » Elijah n'était pas expert en la manière. Il ne connaissait bien ni les femmes enceintes ni les toutes jeunes mère et interprétait le malaise actuel de Faye comme un de ces doutes existentiels survenant après avoir donné la vie. Olive entre ses phalanges, Elijah l'observa, curieux et circonspect, face à cette chose dont la science n'avait pas encore recouvert ses mystères. Un nourrisson pouvait-il penser et être doté de sentiments ? Peut-être. Il croyait voir une certaine lueur dans ses yeux bleus, un brin d'intelligence qui trahissait un esprit plus profond qu'on ne le lui accorde. Sourire aux lèvres, il ne put s'empêcher de rire doucement à la remarque d'Iki. « Pauvre petite, elle tient trop de son père. » Qu'il lança à la jeune femme, taquin et moqueur. S'il n'avait toujours pas digéré les aveux de Faye (à savoir la non-certitude concernant le père de l'enfant), sa vieille colère était à présent éteinte face à Olive. Olive n'était-elle pas une preuve suffisante que de bonnes choses pouvaient découler de mauvaises ? Il reposa le nouveau-né enfin, sans avoir auparavant exécuté une méticuleuse observation. Elijah eut-il à peine les mains libres que Faye le poussait déjà vers la sortie, d'où différentes voix s'élevaient. « Doit-on vraiment ? » Il se résigna pourtant à rejoindre les autres. Il ne pourrait pas fuir Clara toute sa vie, non ? L'une des difficultés auxquelles le metteur en scène était confronté résidait au caractère romancier de toute existence. S'il pouvait lutter contre cet aspect de tout son soûl, la vérité demeurait criante: sa vie n'était ni plus ni moins un roman dont le contenu était autant contrôlé par lui que par ses lecteurs. S'il avait sa propre version des événements le concernant, il ne pouvait stopper quiconque de penser autrement. Il pouvait continuer à prétendre détenir la vérité absolue mais la réalité ne cessait de le rattraper. « Puisqu'il le faut. » Elijah suivit alors les deux jeunes femmes postées désormais à l'orée de la chambre à coucher. Il fit vite submergé par le nombre d'invités présents dans la salle commune. Jetant un coup d'oeil panoramique, le metteur en scène pris vite conscience des autres convives. Il connaissait la plupart de vue, sans vraiment que cela aille plus loin qu'une relation entre semi-étrangers. Son regard fut vite attiré par une silhouette familière, presque comparable à la sienne. Stuart. « Stuart ! » Elijah traversa instantanément la pièce, sans prendre congé des deux jeunes femmes ni prêter plus attention aux autres. Il était toujours en mode pilote automatique lorsqu'il s'agissait de son frère, sa raison et toute pensée un minimum cohérente fichait le camp. Il n'était plus qu'un être de matière dans ces moments-là, gouverné par son instinct et ses émotions. Stuart était le seul à avoir cet effet sur lui, lui et peut-être sa némésis: Brandon Rose. « Tu ne m'avais pas dit que tu venais. » Le ton d'Elijah se fit accusateur. Et pour cause, passer Noël dans son ancien appartement, avec son ex et sa panoplie d'amis propres et Chamberlain suscitait un certain malaise chez lui. Surtout lorsque dans un coin de sa tête, il visualisait son petit frère seul pour le réveillon, avec pour seul compagnie une bouteille de whisky et des ennuis en attente. Alors que ses pupilles ombragées s'accrochaient de plus en plus à celles, plus claires, presque identiques et pourtant si différentes, de son frère, Elijah réalisa qu'il n'était pas seul. Non loin de lui se trouvait Kitty, petite dernière dans sa liste de semi-inconnu ou plutôt devrait-il dire à présent semi-connu. « Oh, salut Kitty. » Il lui adressa un regard un peu trop appuyé, rempli d'une méfiante inédite. Il n'était pas encore sûr de la manière dont il devait concevoir sa disparition brutale lors de la fête des moissons. S'il n'avait pas repenser à cette désertion jusqu'à aujourd'hui, il devait admettre ne pas avoir apprécié le geste. Pas l'abandon en lui-même mais le côté irrationnel de son départ en trombe. Elijah était déjà las, usé avant l'heure par les machinations de Clara qui semblaient faire écho à toutes les femmes de cette ville.

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les images de la veille se superposent aux détails du wagon. elles flottent devant mes yeux comme sur la houle. je te revois perdue dans la foule avec tous ces mongols bourrés qui dansent n'importe comment.

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Clara Chamberlain

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Sam 16 Jan - 15:16

Paige insinue qu'elle fait fuir ses faux-mecs et Clara ne répond que par un éclat de rire aussi bref que narquois, bien que ses prunelles ambrées la lapident du regard. Quelle connasse, pense-t-elle encore avant de se censurer en réalisant que cette insulte n'est proférée qu'à son encontre. Et que c'est moche, car en dépit du caractère irascible de Paige, elle reste quand même sa soeur, un membre de sa famille et donc quelqu'un qu'elle est censée aimer inconditionnellement. Clara croit bien qu'elle l'aime, parfois elle arrive même à trouver son comportement excessif un brin ridicule et donc attendrissant mais la plupart du temps, Paige a sur elle un effet urticant : elle l'irrite. Cela ne veut pas dire qu'elle l'aime moins que les autres, mais clairement... elle l'apprécie différemment. Davantage de loin que de près, elle la chérit plus sur des photos ou dans ses souvenirs qu'en chair et en os, avec ses sourires sournois et son air de petite fille modèle tout bonnement insupportable. La princesse parfaite prend possession des lieux et Clara reste seule avec Stuart... le seul capable d'influer sur son humeur plus que Paige. Stuart, c'est un Paige puissance dix, cent, mille, elle ignore encore le degré réel de sa nuisance mais le plafond est infini, c'est certain. Cependant, c'est Noël, c'est la fête de Faye et d'Olive et c'est surtout l'occasion rêvée de savoir si Stuart est définitivement off the market alors Clara prend sur elle pour lui offrir le genre de sourire lumineux qu'elle ne lui réserve jamais et s'intéresser à sa vie ce qu'elle ne fait... et bien, jamais. Stuart, elle le rabroue, l'engueule, le houspille, le rejette et le repousse mais jamais elle ne s'intéresse à ce qui passe pour lui, dans sa vie, dans sa tête, dans ses relations parce que mettre un doigt dans l'engrenage reviendrait à se faire broyer le bras tout entier. Elle le fixe de son air d'inquisitrice autoritaire qui n'acceptera pas, jamais, qu'on se dérobe à elle et il finit par fuir grâce à une pirouette malhabile. Bien sûr, qu'elle ne le supportera pas longtemps, c'est l'évidence, mais Clara refuse d'y croire. Elle, elle veut voir Stuart maqué à vie, père de quarante-deux gamins et de préférence loin d'ici. Bon, Ally est de Fairview ce qui brise une partie de son rêve mais elle accepte de s'y résoudre si et seulement s'ils s'unissent par les liens sacrés du mariage et demeurent inséparables jusqu'à la fin des temps. Alors elle fait ce que jamais elle n'a osé faire auparavant : elle le soutient, le rassure, enfin à peu près, de sa façon singulière et un peu brusque. « Très longtemps j'en suis sûre. T'es supportable quand tu veux... De temps à autres, dans tes bons jours. » Plus Clara tente d'argumenter son point de vue et plus elle s'enfonce, sa jolie voix cendrée cavalant plus vite qu'elle. Elle lui offre un sourire poli mais forcé avant de filer en cuisine, jetant un regard à l'assemblée. Kitty est étonnamment le centre d'attention et Clara la veille du regard, consciente qu'elle n'est pas très à l'aise dans ce genre de situation. Il ne lui faut néanmoins qu'un quart de seconde pour croiser le regard d'Harry, qui a eu exactement le même réflexe qu'elle. Alors elle finit de tout préparer pour installer les convives à table afin d'enfin participer aux conversations quand la sonnette retentit une dernière fois. Ce n'est certainement pas Dorian de toute manière toujours très en retard et qui ne lui ferait pas l'affront de frapper avant de rentrer. Si ce n'est lui... c'est donc Jim et piquée par une curiosité bienveillante, Clara abandonne tout pour se faufiler vivement jusqu'à la porte. « Harry, tu pourrais amener l'apéritif sur la table s'il te plaît ?  Sura va t'aider. » lance-t-elle à l'assemblée tout en disparaissant dans le hall. Non, il n'est pas bon d'être les meilleurs amis de Clara Chamberlain au sommet de ses névroses d'obsédée du contrôle. Elle calque un sourire qu'elle espère avenant sur ses lèvres et ouvre la porte sur... Jim. Jim, elle a décrété qu'elle l'aimait bien. C'est comme ça, ça ne se discute pas, Clara n'a pas le temps de se faire une réelle idée des gens ou d'apprendre à les connaître pendant des jours avant de les juger. Alors elle fait le contraire : elle leur accole une étiquette d'emblée, les range dans les cases bien ordonnées de son esprit et décide sur le champ s'ils valent qu'elle stoppe un peu la frénésie de son existence pour eux.... ou non. Jim, ça a été oui, un immense oui, tout de suite, d'emblée dès lors qu'elle  a observé (étudié serait plus juste) sa façon d'agir avec Faye. Protecteur, plus calme et stable, parfait pour le feu follet Chamberlain. Clara a même rêvé de se voir annoncée sa paternité. Bien sûr, qu'il a l'air vachement plus vieux qu'elle, qu'il arbore l'air grave et mature de ceux qui ont vécu, beaucoup vécu. Mais et alors ? Ses jugements sont certes, là, mais ils ne sont pas réac'. Sauf que par la suite, le DJ débile et drogué de cette boîte infréquentable a fait une scène avec son affreuse petite grosse de soeur et malheureusement, ses rêves sont partis en fumée. Ce type est typiquement le genre de sa soeur, immature, inconséquent, ivre de cette jeunesse qu'il crame par les deux bouts jusqu'à enflammer sa propre existence. Alors si l'un des deux devait être lié à Faye... c'était lui.  « Tu dois être Jim, Faye m'a beaucoup parlé de toi. Enchantée, je suis Clara, sa soeur. » enchaîne-t-elle du ton professionnel et voluptueux (et malheureusement, particulièrement impersonnel) qu'elle emploie dans le travail, dégageant ce qu'il faut de chaleur et de sérieux après s'être entraînée des années durant. Clara est obligée de faire ça parce qu'elle ne sait pas comment agir avec les inconnus. Elle l'ignore puisqu’elle ne prend jamais la peine d'en rencontrer et de leur accorder son attention. Elle n'offre celle-ci qu'à un entourage trié sur le volet, présents depuis des lustres, encore là pour une raison qu'elle-même ne s'explique pas mais qu'elle a appris à chérir. Jim a tout l'air d'un brave type avec son regard fuyant et sa façon de sembler relativement mal à l'aise et l'imaginer évoluer auprès de Faye comme un papillon près d'une fleur sonne étrangement juste. « Faye, ton ami Jim est arrivé !! » s'exclame Clara pour alerter sa soeur et offrir une main amie au jeune homme avant de le lâcher dans la fosse aux lions. C'est difficile de s'imposer lorsqu'on ne connaît personne alors après un dernier sourire, elle s'efface pour tomber nez à nez avec Elijah. Rien sur son visage ne lui permet de lire comment il accueille la nouvelle, ce qu'il pense d'Olive, s'il a envie de prendre cette place importante dans sa vie, celle que Faye a pensé pour lui et les questions qu'elle se pose meurent au bord de ses lèvres. C'est facile, de jouer toujours la même partition avec Elijah, celle que l'on connaît par coeur et que l'on préfère, celle qui est à la fois passionnelle et emportée, qui susurre et crie à la note suivante. Mais Clara ne sait pas composer avec cette distance nouvelle qu'il leur inflige et qui est sûrement pleine de bon sens. Elle ne sait pas se faire discrète et silencieuse, parler avec lui de tout et de rien comme avec n'importe qui car il ne l'est pas. Ils ont un passé ensemble, quatre ans d'amour et deux ans d'une proximité toxique faites d'éruptions volcaniques et parfois de couchers de soleil complices. Alors Clara le regarde en biais et ne dit rien. Elle ne dit rien car Faye et Iki sortent enfin de la chambre et aucune n'a Olive. « La petite s'est rendormie ? » Derrière son ton anecdotique pointe déjà un je ne sais quoi accusateur, muselé, mais qui semble tout de même luire sur son visage dans un air qui veut dire "il faut toujours que je fasse tout dans cette maison". Et c'est vrai, mais c'est seulement sa faute. Clara a besoin de remplir des agendas et des tranches horaires, de se gorger aveuglément de toute obligation parce qu'elle aime se sentir indispensable, elle aime savoir qu'elle sert à quelque chose, fut-ce à aider Faye ou à changer les couches d'un bébé. Bien entendu, c'est au travail que son perfectionnisme est le plus exacerbé. « Je vais la chercher. » lance-t-elle à l'assemblée dans un sourire qui indique c'est pas grave, je gère. Clara s'agenouille près de la jolie Lulu et serre sa minuscule quenotte entre la sienne. « Viens avec moi, je vais te présenter ta cousine... Elle attend ça depuis une semaine ! » Elles s'éclipsent toutes les deux et Clara prend la minuscule Olive dans ses bras, jolie comme un coeur avec ses grands yeux bleus qui papillonnent d'un point à l'autre. Elle est si éveillée et vive que Clara s'est déjà persuadée qu'elle serait un petit génie, en avance sur tout, douée pour tout, comme si tout ce qu'elle ne savait pas accomplir, tout ce qu'elle avait raté, Olive y parviendrait. « Lulu, voici Olive. Pour l'instant elle est minuscule mais d'ici quelques années vous serez de grandes copines. Elle est belle, hein ? » La petite fille observe avec un émerveillement d'enfant sa cousine et Olive attrape l'un de ses doigts qu'elle serre entre sa main microscopique, arrachant à Clara un sourire ému dans un rare instant de grâce. Qui ne dure pas, bien entendu. Elle se souvient des invités et revient dans le salon, Lulu sur les talons et Olive dans les bras. « On s'assoit ? Ce sera plus confortable. » Et ce n'est rien de le dire : les tables collées les unes aux autres prennent la quasi-totalité du salon et ce qui n'est pas occupé par le dîner l'est par le sapin et le monticule de cadeaux qui y trône gaiement. Harry et Sura ont installé le champagne, les verres, les toasts et les verrines et Clara leur adresse un merci silencieux, mimé du bout des lèvres. Ils s'installent dans un brouhaha que les Chamberlain connaissent bien pour avoir grandi à huit et une fois le champagne servi, Clara lève son verre pour porter un toast. Ce soir ce n'est pas seulement leur sempiternel réveillon de Noël du 26 décembre, c'est surtout une fête pour elles mais encore davantage pour Elle. Faye. « Merci d'être là.  Regard appuyé à son voisin d'en face, dont la présence relève un peu du miracle. Ou du mirage. Je ne compte pas monopoliser la parole et me répandre en mots pompeux et bien trop chiants mais j'aimerais juste qu'on prenne trente secondes pour saluer la petite Olive et surtout Faye qui s'est montrée plus mature et courageuse que n'importe laquelle d'entre nous. » Clara lève son verre, les flûtes tintent et avant de siroter une gorgée salvatrice, elle se penche vers sa petite soeur pour déposer un baiser tendre sur sa pommette saillante et y murmurer tout bas. « Je suis tellement fière de toi... » Dans sa bouche, dans son timbre moins brusque qu'à l'accoutumée c'est aussi rare et précieux qu'un je t'aime, ces mots qu'elle murmure que trop peu.

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Harry Abernathy

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Dim 17 Jan - 12:25

Même s’il ne se sentait jamais plus à l’aise qu’en compagnie d’Eliott et Luke, Harry avait attendu cette soirée avec un certain engouement. Certes, il y aurait une tablée disproportionnée pour son goût mais Kitty serait là et il savait que Clara se serait démenée pour faire de cette soirée particulière un moment inoubliable. Alors, même si la surpopulation avait de quoi le rendre légèrement nerveux, il se dit que ça ne pourrait que bien se passer et à la réflexion de sa sœur, comme ils se tenaient sur la pas de la porte, il sourit. Ils connaissaient tous deux suffisamment Clara pour anticiper la montagne de délices qui allait assaillir leur estomac. Ils ne parviendraient jamais à tout manger mais peu importe, l’ambiance serait certainement là. « Tu as raison » souffla-t-il lorsqu’elle compara ce qui s’agitait derrière la porte avec ce qu’ils auraient connu à la table familiale. Les amis, au moins, on les choisissait, et même s’ils n’avaient pas grand-chose en commun avec soi – pouvait-on faire plus différent que les Chamberlain et les Abernathy ? – ça n’en restait pas moins un choix d’entretenir cette relation et les jumeaux pouvaient saluer les circonstances qui avaient fait de Clara, l’une de leurs plus proches amies. La sonnette émit un son étouffé et Harry inspira profondément, prêt à se jeter dans l’arène, lorsqu’une voix enjouée brisa l’appréhension. Se tournant vers la jolie blonde qui arrivait, Harry haussa les sourcils, un peu surpris, et s’écarta pour la laisser passer. « C’est juste que— » Que quoi ? Il n’en savait rien. C’était juste qu’il n’aurait pas osé pénétrer chez Clara de la sorte, quand bien même ils se connaissaient depuis l’enfance. Mais Sura ne semblait pas du même avis et elle ouvrit la porte sans prévenir. Un coup d’œil à l’intérieur lui tira un nouveau sourire et il tourna son attention vers Kitty. « Après toi » la salua-t-il d’une petite courbette avant de la suivre puis d’attraper au vol les paroles de la jeune mère. « Celle-là, on ne nous l’avait jamais faite » plaisanta-t-il en retenant difficilement un petit rire. Clara arriva juste à temps pour faire les présentations. Peu habitué à tant de mouvements, Harry se glissa d’un côté de la somptueuse table pour se trouver hors du chemin. Il avait sous-estimé le malaise qu’un tel monde pouvait provoquer et encore, il n’y avait pas tant d’invités, pour l’instant. Son réflexe fut de se rapprocher de Kitty et de glisser une main sur son épaule pour masser doucement l’arc de sa nuque, un geste qui eut au moins l’avantage de calmer les battements fous de cœur. Il espérait que d’ici à ce que tout le monde apparaisse, il aurait un peu plus le sentiment d’être à sa place et moins celle d’être un intrus parmi tous ces gens qu’il ne connaissait que de vue. Paige arriva ensuite avec le frère d’Elijah et à la tension qui émana du trio, Harry se dit que les choses risquaient de se corser. Il suffirait d’une maladresse pour que cela explose et il se demanda s’ils avaient bien fait d’accepter l’invitation quand un diner en tête-à-tête aurait été plus agréable et paisible. L’attroupement se rapprocha d’eux et Harry observa les échanges comme s’il s’agissait d’une pièce de théâtre dont il était le spectateur. Sa main quitta la peau douce de sa sœur lorsque le frère d’Elijah salua Kitty. Il suivit l’échange mais n’intervint pas, se contentant plutôt de suivre les petits pas pressés de son amie. C’était pour ça, aussi, qu’il préférait les petits comités : Clara n’aurait jamais le loisir de profiter de la présence de chacun. En fin de compte, elle risquait d’avoir plus de regrets qu’autre chose, surtout si les invités ne se comportaient pas comme elle l’espérait. « Harry, tu pourrais amener l'apéritif sur la table s'il te plaît ?  Sura va t'aider. » Tiré de sa contemplation rêveuse, Harry cligna des paupières pour revenir à la réalité et hocha la tête, abandonnant Kitty à ses interlocuteurs pour se glisser dans la cuisine où, sans grande surprise, tout était prêt. Tel un parfait gentleman, le jeune Abernathy attrapa un plateau et transféra les délices sur la table d’honneur, la tâche lui faisant heureusement momentanément oublier l’angoisse insidieuse qui se promenait dans ses veines. Il s’activa avec sérieux et efficacité et quand tout fut installé, il revint se glisser auprès de Kitty pour écouter Clara et son joli discours dédié à Faye. Un sourire plein de tendresse s’afficha sur les lèvres du jeune homme, sensible à l’émotion qui émanait du ton de son amie. Et il n’eut qu’un seul souhait : que cette soirée se passe comme Clara l’attendait, et pas autrement.

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Caleb Matthews
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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Mar 26 Jan - 19:34

Quand Faye lui avait annoncé qu’il était peut-être le père de son enfant, Caleb avait longuement espéré qu’on soit en train de lui faire une blague, qu’il participait à une caméra cachée ou quelque chose dans ce genre. Lui, père ? Jamais de la vie. Il ne voulait pas de ce gosse et il lui avait clairement fait comprendre. Très honnêtement, il avait d’autres choses à faire que de s’occuper d’un bébé qui pleurerait à longueur de journée. Ce n’était pas pour lui, il n’était pas suffisamment responsable et mature pour endosser le rôle de père. Sauf que son comportement n’avait plu à personne… s’il se vantait presque de refuser de reconnaître ce gosse parce qu’il ne se savait pas prêt, ses proches lui avaient tous passés un savon, sans exception. Même si Devon avait eu du mal à encaisser le coup, elle s’était très violemment énervée contre lui. Abandonnés tous les deux par leurs parents, elle lui avait rappelé la douleur éprouvée et la souffrance qu’il infligerait à cet enfant en le privant de la présence d’une figure paternelle dans sa vie. Bizarrement, même Naomi avait semblé assez surprise par sa décision… ce qui l’avait finalement poussé à réfléchir plus longuement à la question. Fallait-il réellement qu’il gâche sa vie en allant jouer au père parfait auprès d’une fille qu’il ne connaissait et n’aimait pas ? Il n’éprouvait pas d’amour, que ce soit pour Faye ou pour son enfant. Mais il pouvait essayer ? Et si ça ne fonctionnait pas, il abandonnerait pour de bon ? C’était une possibilité, même si pour le coup il se doutait que Faye ne souhaitait pas le voir puisqu’elle lui avait clairement dit à la fête de la moisson. Tant pis, il lui en fallait plus pour ne pas insister. Si ce gosse était vraiment le sien, il avait des droits lui aussi dont celui de le voir. Les nouvelles allaient vite à Fairview, le bébé était né depuis déjà une semaine. Et il avait choisi le jour de Noël pour faire son numéro, de surcroît pas très frais suite aux retrouvailles fêtées avec Jace la veille pour fêter le réveillon. Sans se préoccuper de ce qu’il pouvait se dérouler dans la grande maison des Chamberlain pour ce jour heureux, Caleb se pointa sur le seuil de leur porte et pressa le bouton de la sonnette, bien décidé à rencontrer son fils ou sa fille, il ne savait même pas.

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WHAT DO YOU MEAN.
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wanna say no, what do you mean?
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but you tell me to go, what do
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Dorian Chamberlain

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Lun 22 Fév - 11:45

Dorian arriva les bras chargés. Trop chargés, peut-être. Mais pour son retour officiel – et pacifique, cette fois, il l’espérait – le jeune homme avait voulu mettre les petits plats dans les grands. Il voulait effacer sa disgrâce, faire oublier qu’il avait déserté bien trop longtemps la ville alors qu’il avait promis de revenir régulièrement. Ils ne savaient pas, évidemment, que c’est la maladie qui l’avait d’abord tenu à l’écart et puis il ne s’était pas senti le cœur de revenir. Sa vie à Portland s’était construite naturellement autour de ses voyages à l’hôpital et il s’était dit que finalement, sa vie se trouvait à Portland et non à Fairview. Mais comment un Chamberlain pouvait-il avoir pu penser cela une seconde, quand sa nombreuse fratrie lui prouvait le contraire ? Dorian réalisait à quel point il s’était fourvoyé maintenant qu’il était envahi par cette excitation propre à ses retrouvailles avec ses sœurs. Il fallait qu’il se fasse – largement – pardonner, d’où l’immense sac qu’il transportait à grand peine de sa voiture à la demeure de Clara. Heureusement pour lui, il arriva en même temps qu’un autre invité et il soupira de soulagement : « Génial ! J’avais peur de devoir poser tout ça pour pouvoir ouvrir la porte ! » lança-t-il en arrivant à hauteur de l’inconnu. « Tu peux ouvrir, t’inquiètes, et je te devrais une fière chandelle parce que je ne vais plus tenir très longtemps ». Son visage rouge et la sueur qui perlait à son front trahissaient-ils son état lamentable ? La porte s’ouvrit enfin et Dorian pénétra dans le logement comme un funambule qui aurait perdu l’équilibre. « Salut, la compagnie ! » lâcha-t-il à la cantonade, très peu embarrassé par le boucan qu’il fit alors que tout le monde semblait déjà prêt à célébrer cette joyeuse fête familiale. « Désolé pour le retard, j’ai eu un peu de mal à tout faire rentrer dans ma bagnole ». Il posa son fardeau de la façon la plus délicate possible puis approcha des convives en se frottant distraitement le front. Son regard balaya les invités  et il avisa certains visages connus tandis que d’autres lui étaient parfaitement étrangers. Quand ses yeux tombèrent sur Sura, un sourire charmé glissa sur les lèvres de Dorian. Comme si rien n’avait changé.

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Jim Rysdall

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Lun 22 Fév - 19:54

Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, Jim évoluait à pas minuscules, embarrassé par sa présence qu'il jugeait aussi incongrue que celle du pachyderme au beau milieu de confections délicates. Et puis, il y avait ce petit pincement au coeur qui écorchait ses souvenirs à chaque fois qu'il posait les yeux sur le sapin, les cadeaux ou les guirlandes – à des milliers de kilomètres de là, un appartement à peine plus grand que celui-ci devait être rempli du même attirail lumineux et bariolé. L'appartement où il avait grandi, où ses parents devaient célébrer les fêtes de fin d'année. Il n'avait pas donné de nouvelles depuis qu'il avait disparu avec la malle de son grand-père et deux mille dollars. S'inquiétaient-ils pour lui, ou avaient-ils accordé à la guerre les raisons de son départ ? Ils n'auraient pas eu tort. Ce n'était de toutes façons pas la première fois qu'il disparaissait. C'était courant, chez les vétérans déchargés de leur devoir, leur avait-on dit, au centre de rehab. Il pensa à Détroit, sous une fine couche de neige grise. Au final, n'était-il pas mieux ici ? Parfois, être au milieu d'inconnus lui paraissait plus réconfortant. La solitude le surprenait parfois dans les endroits les plus familiers. Ce soir, il se sentait simplement déplacé, comme un meuble ramené d'une braderie qui aurait essayé de trouver sa place au milieu d'un appartement déjà bien agencé. Un peu décontenancé par l'accueil qui lui fut réservé – il balbutia un bonjour et un merci -, il parvint néanmoins à sourire timidement et à déposer ses paquets avec les autres, puis adressa un geste de salut à tous les autres convives. Il n'en connaissait aucun, jusqu'à ce que Faye fasse son apparition dans la pièce. Comme toujours, il fut frappé par ses airs aériens. Sa grâce naturelle s'était nimbée d'une aura encore plus mystérieuse, qu'il incombait à cet entrelacs complexe de souffrance et de beauté qu'étaient la grossesse et l'accouchement. Intimidé face à tant de complexité, Jim se mordit la lèvre et se contenta de lui adresser un petit sourire, avant de suivre les directives de Clara et de s'asseoir avec les autres convives. A sa grande surprise – qui se mua en une tiède sensation de confort – il était placé à côté de Faye et cette réalisation lui permit de détendre le nœud de ses épaules. L'arrivée du bébé, dans les bras de sa tente, le laissa un peu interdit mais l'envahit de cette même impression d'être enveloppé de chaleur. Olive avait la beauté de la pluie dans le désert et Jim eut du mal à en détacher le regard. Il fallut le tintement des flûtes de champagne pour le tirer de sa contemplation, et même s'il s'abstint du breuvage pétillant, sevrage oblige, il permit à la bonne humeur ambiante de dissiper quelque peu sa timidité. Il attendit que les deux sœurs se séparent pour se pencher vers Faye. « Bonsoir, toi. » souffla-t-il, un sourire affleurant à ses lèvres. Il avait envie de lui prendre la main, pour absorber cette détresse qu'il sentait émaner d'elle malgré tout, mais n'osa pas. A la place, il murmura : « Je voulais te dire… Je suis là pour toi, tu sais. Et... Et pour Olive. » Ce soir, cette semaine, n'importe quand. « J-j'aime le prénom, au fait. » ajouta-t-il, pour alléger ses propos, soudainement conscient de sa gravité. Déformation professionnelle, supposait-il. Il ne tourna la tête que pour accueillir du regard un jeune homme broyant et souriant, dont les traits partageaient la même finesse que celles des soeurs Chamberlain. Et dans l'encadrement de la porte, un peu plus loin derrière, un visage qu'il aurait voulu voir disparaître. Ou faire disparaître, au choix.

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Sura Guthrie

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Mar 23 Fév - 21:50

L’effervescence du moment avait gagné Sura. Noël était un moment qu'elle appréciait particulièrement. Pas parce qu'elle en possédait de merveilleux souvenirs – au contraire, elle avait passé de nombreuses fêtes de fin d'année à l'écart, le coeur gros, ou même en foyer d'accueil – mais parce que fidèle à elle-même, elle avait depuis longtemps décidé de faire avec et de se concentrer sur tout ce qui rendait cette fête absolument enchanteresse. Les lumières, les guirlandes, les cadeaux : elle adorait tous ces artefacts et confectionnait chaque année, pour Lulu et elle-même (et Kenny, s'il décidait de se joindre à elle) un dîner grandiose dans lequel toutes ses économies passaient. Sans compter les cadeaux dont elle gratifiait tous ceux qui comptaient de près ou de loin à ses yeux, la laissant sur la paille mais heureuse. Ses pensées étaient très loin de son compte en banque à cet instant, alors qu'elle observait la petite troupe se mettre en place. C'était à peine si elle se retenait de battre des mains, comme Lulu était en train de le faire. C'était également l'avantage de passer Noël chez Clara : elle n'avait pas besoin de surveiller sa fille en permanence. Ici, Lulu était aussi en sécurité que si elle avait été chez elle, et c'est pourquoi Sura laissa partir le farfadet avec sa tante dans la chambre du bébé. En attendant, elle était trop heureuse d'exécuter les ordres de sa meilleure amie et se retrouva avec le fameux Harry à effectuer le transfert délicat vers la table. Et elle en profita pour glisser des excuses : « J'espère que toi et ta sœur m'en voulez pas trop. J'ai pas la mémoire des noms! » Bon, Jumeau n°1 n'avait pas l'air trop froissé de son imbroglio concernant leur identité et Sura termina de tout mettre en place, le coeur léger. D'autant plus que Clara avait réapparu, un adorable bébé dans les bras et Sura ne put s'empêcher de laisser un petit soupir de ravissement. « Oh la la, elle est beaucoup trop mignonne. » souffla-t-elle alors que Lulu venait se blottir contre elle. Sura attrapa sa fille dans ses bras et la cala tant bien que mal contre sa hanche : même si Lulu demeurait un poids-plume, il devenait difficile de la trimballer comme Sura en avait pris l'habitude. La vitesse à laquelle grandissait sa fille faisait toujours pointer la mélancolie mais Sura balayait tous les nuages ce soir. Elle allait s'asseoir comme les autres convives lorsque la petite sauterie fut interrompue une nouvelle fois. Et pas par n'importe qui. Le coeur de Sura s'égara, disparut, puis réapparut comme par magie, battant à tout rompre. Il était là. Un tourbillon d'émotions faisait rage en elle : surprise, colère, joie, et puis cette appréhension qui lui nouait un peu le ventre à chaque fois qu'il apparaissait dans sa vie, à chaque fois qu'elle recevait l'une de ces cartes, ou qu'elle pensait à lui. Dorian, elle n'avait jamais su quoi en penser. Si ce n'est qu'ils étaient liés, qu'ils le veuillent ou non. « Dorian... » Sura lança une oeillade furtive à Clara, l'oeillade qui disait « comment-as-tu-pu-ne-pas-me-le-dire-Clara-je-vais-te-tuer-comme-cette-fois-où... » puis retourna son attention vers le père de sa fille. Et puisque père de sa fille il était, elle estimait avoir le droit de le monopoliser en premier ! Le voyant s'approcher, elle décida de prendre les devants et tâtonna jusqu'à lui, Lulu toujours dans les bras. « Je ne savais pas que tu serais là. » lâcha-t-elle tout de go, sans même lui dire bonjour. Elle avait l'impression que ça n'aurait servi à rien. Sura resta silencieuse un instant, puis sans prévenir, planta un baiser sur la joue du jeune homme. « Je suis contente de te voir. Tu aurais dû dire que tu venais. » souffla-t-elle, les joues un peu roses de cette confession qu'elle aurait préféré faire en public. Oh flûte, il y avait tellement de bruit dans cet appartement que personne ne les entendrait, n'est-ce pas ? « Maman ? » La petite voix de Lulu s'éleva entre eux et tira un tendre sourire à Sura. « Tu dis bonjour, Lulu ? Tu sais qui c'est ? Y a sa photo sur le frigo. » La voix était toujours douce, presque murmurée.

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Clara Chamberlain

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MessageSujet: Re: il est né le divin enfant!   Ven 26 Fév - 0:43

Ca y’est, la soirée est lancée et Clara peut – enfin – se détendre. Elle détaille du regard les convives, effleure du regard Harry et son sourire, Harry et sa tendresse coutumière qui lui donne toujours envie de le dévorer tout cru quand elle tait ses insécurités : elle ne mérite pas un ami comme lui. Son regard coule d’une Sura pétillante à une Lulu espiègle, survole du coin de l’œil Paige puis Stuart sans réaliser qu’elle ait pu l’amener, lui, elle papillonne avec réserve en direction d’Elijah, si près et pourtant si loin et s’arrête brusquement en surprenant les murmures complices de Jim à Faye, juste à côté. Pourquoi c’est pas lui, le père ? Pourquoi, pour une fois, la vie ne pourrait-elle pas se plier à ses désirs ? Pourquoi sa sœur n’aurait pas le droit à un type comme lui, qui l’apaiserait au lieu de tous les abrutis qui tournent autour d’elle comme des planètes autour d’un soleil rayonnant. Le regard de Clara s’achève enfin sur la chaise vide, Dorian. Elle se demande un instant s’il oserait les planter et se promet d’aller le traîner elle-même jusqu’ici s’il pense pouvoir échapper à leur traditionnel dîner de fratrie. Sauf que la porte s’ouvre avec fracas sur son petit frère, à peine reconnaissable derrière le monticule de… choses qu’il porte. Un sourire se peint sur le visage de Clara et elle se lève un peu brusquement pour l’aider (et l’enguirlander). Sura, gracieuse comme une ballerine, vive comme de l’eau la supplante et elle se retrouve devant… un intrus. Caleb. Clara le dévisage, interdite pour une poignée de secondes avant de planter un regard farouche sur son visage de grand benêt. « J’ignore ce que tu penses faire ici, mais c’est chez moi. Et personne ne t’a invité. » siffle-t-elle sans chaleur ou sans le quitter du regard. Avec son mètre soixante et sa silhouette toute fine, Clara n’impressionne personne et pourtant, elle est tout en muscles et en nerfs, bien assez pour lui décocher une droite s’il ne l’écoute pas dans la seconde. Elle ne parierait pas sur les dégâts occasionnés mais elle pratique la boxe cardio (entre autres) tant pour brûler ses affreuses calories que pour canaliser son inépuisable énergie alors elle saurait faire. Et tant pis si elle ne porte pas de gants et risquerait de se briser un os ou deux. Clara Chamberlain n’est pas facilement impressionnable, encore moins lorsqu’elle a les nerfs en pelote et menace d’imploser. Personne ne touche à sa famille, t’entends Caleb ? Personne. « Je sais que ta cervelle est ramollie par ta musique débilitante mais tu vas faire un effort et m’écouter : t’as rien à faire ici. T’as rien à faire près de ma sœur et t’as rien à faire près de ma nièce. Je sais pas dans quel monde tu imagines qu’Olive partage tes gênes de branleur fini mais tant qu’aucun papier officiel ne le confirme, personne n’a à souffrir ta présence. Alors dégage avant que je n’appelle la police. » La police, tu parles d’une menace. On est à Fairview ici, pas dans Les experts et par police elle entend une actrice trop bonne pour être vraie ou ce cliché sur pattes comique qui a tendance à croire que les yeux des filles se trouvent quelque part sur leur poitrine et qu’il est donc de bon ton de les fixer. Mais qu’importe, Clara est furibonde, ses yeux lancent des éclairs et elle est en terrain connu ici, entourée de gens prêts à défendre bec et ongles Faye des conséquences désastreuses d’une nuit d’errance avec un abruti décérébré. Non sérieusement, Clara ne comprend pas la propension de sa sœur à s’offrir à n’importe qui. D’accord, ses standards à elle sont (très) élevés mais il y a un monde entre se montrer exigeante et se prendre pour Mère Thérésa, sainte des neurasthéniques et autres pouilleux de tous horizons. Faye est charitable, c’est son défaut. Il en fallait bien une dans la famille. Caleb ne bouge pas alors Clara en fait de même, les bras croisés sur sa poitrine et l’air aussi avenant qu’un pitbull à deux doigts de la morsure létale. D’accord, peut-être qu’elle ne lui bouffera pas la carotide mais seulement parce qu’entrer en contact avec une partie de son anatomie, fut-ce son épiderme, ne la fait pas vraiment rêver. « Est-ce que l’un d’entre vous aurait l’amabilité de raccompagner ce brave garçon dehors ? Il est perdu. » Sa voix froide et tendue témoigne de la tension électrique qui court sous sa peau et le sourire forcé qu’elle offre à la tablée ne trompe personne : Clara se retient. Fort, très fort. Parce qu’elle a envie de craquer, de s’énerver, de crier et de frapper l’énergumène qui non content de gaspiller son oxygène a sans doute réussi à ruiner la soirée. La soirée d’Olive, celle de Faye, la sienne, ce putain de repas de Noël et la fin de l’année. Clara ne sombre pas dans ses grands éclats seulement par pudeur, pour Faye qui arbore une petite mine fragilisée qui lui fend le cœur et qui, encore une fois, se montrera peut-être clémente. Tout dans le regard qu’elle lui lance lui intime de le faire déguerpir et de ne pas craquer mais avec elle, on n’est jamais à l’abri d’une surprise… Alors Clara contient sa rancœur et l’acide de son palpitant qui bat trop fort et expire profondément, comme l’explique son prof de yoga deux de tension. Ce qu’elle peut détester cette merde supposée la détendre. A-t-elle l’air détendue ? Non, absolument pas, parce qu’elle sent la soirée lui échapper et la perte de contrôle est le sentiment qu’elle déteste le plus au monde. Alors elle reste là, plantée entre Caleb et l'accès au salon, dans un moment silencieux à l'intensité dramatique bien installée : dans un western, elle serait en train de se saisir de son flingue. Mais là, elle n'a qu'une verve retenue en laisse juste pour les beaux yeux de sa soeur.

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