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 born in darkness (p.)

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Heath Ambrose

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: born in darkness (p.)   Lun 16 Nov - 22:11

« Cela suffit. » La voix autoritaire du sorcier poussa les deux jeunes hommes à lever le visage vers leur bienfaiteur. Oz se tenait au pied de la porte, les lèvres pincées et le regard livide. Sans prononcer le moindre mot, il détaillait la scène qui venait de se jouer sous ses yeux. C'est à bout de souffle que se relevèrent les deux garçons, points serrés et arcades sourcilières entamées. Autour d'eux, les enfants posaient un œil avisé sur le maître des lieux, sans qu'aucun d'eux n'ose cependant approcher. Le magicien d'Oz et son indicible prestance. Témoin d'une bataille qui n'aurait jamais due se produire. La violence est l'apanage des faibles, ceux qui ne possèdent aucune réflexion. Et c'est exactement ce qu'il cherchait à éradiquer de Goldendust. Les yeux bardés d'éclairs, Heath détaillait la silhouette de l'un des garçons. Sa démarche féline et mesurée le mena à s'avancer dans le cercle qui s'était formé autour d'eux, jusqu'à ce qu'il parvienne face à lui. « Hansel. » souffla-t-il à l'intention du concerné. Ce dernier, tête baissée, gardait le silence pour toute réponse. Tant qu'on ne lui en avait pas donné l'autorisation, il ne dirait rien. Force était de constater la puissante influence qu'exerçait Oz par sa simple présence. Hansel n'était pas n'importe quelle recrue. Jeune prodige de par ses nombreuses qualités intellectuelles, il possédait une place à part dans le cœur de son maître. Promis à un avenir certain, Oz voyait en lui un atout majeur, un successeur. Son regard, ordinairement si doux et flatteur à son égard, ne trahissait cette fois-ci rien d'autre qu'une pâle déception. L'espace d'un instant, le sorcier s'attarda sur les traits du deuxième enfant se tenant à ses côtés. Jeune recrue qui a rejoint leurs rangs il a quelques jours à peine. « Il serait regrettable qu'un tel événement se reproduise, mes enfants. Les fauteurs de trouble n'ont pas leur place ici. » A l'entendre prononcer ces mots, c'est à peine si l'on distinguait les menaces insidieuses que sous-entendait son avertissement. Mais tous, ici, savaient qu'il ne fallait jamais prendre à la légère les dires de leur bienfaiteur. Oz pouvait se montrer clément, protecteur et d'une bonté sans limite envers ses jeunes protégés. Mais faire preuve de violence suffisait à raviver chez lui ce sentiment qu'il a longuement côtoyé lors des guerres menées par le passé. La rage de vaincre, et d'éteindre l'ennemi. Heureusement, les années lui auront appris à contenir ces émotions. A remplacer la haine par le pardon, la frustration par l'acceptation. Malgré cela, Heath restait un être humain. Un humain brisé par les douloureux souvenirs d'une guerre trop meurtrière. C'est cette même motivation qui le poussait à éduquer ses apprentis en éradiquant toute forme de haine chez eux. Oz tirait discrètement les ficelles, et bien que le pouvoir ne l'intéressait pas, il était avant-tout désireux de répandre sa philosophie au reste du monde. De par sa position, il possédait un réel avantage sur ses adversaires : aucun ennemi ne se dressait directement sur son chemin. Trop occupés à guerroyer entre eux, les troupes de Beau et de Charmant ne prêtaient que peu d'attention à cette menace qui naissait et grandissait secrètement au creux de l'île d'Oz. Ce dernier reporta finalement son attention sur Hansel, vers qui il se pencha docilement jusqu'à atteindre son épaule. « J'attends beaucoup mieux de ta part mon garçon. Ne fais pas l'erreur de me décevoir une nouvelle fois. » Murmura-t-il d'un ton terriblement condescendant. A la manière d'un père qui reprendrait son petit garçon, Heath se dessinait telle une figure paternel pour ses jeunes amis. Coupable de sa bêtise, le concerné ne répliqua pas et se contenta d'hocher le visage. Ce n'était malheureusement pas la première fois qu'Hansel se montrait dissiper ces derniers temps. Pensif, absent ou instable, son protégé montrait des signes de faiblesse qui ne pouvaient être tolérés. Et si jusqu'à présent le sorcier avait su fermer les yeux sur certaines de ses erreurs, il ne pouvait se permettre de perdre son plus précieux élément. Rien ni personne ne pouvait échapper à son contrôle, pas même Hansel. Et il était grand temps de mettre un terme à l'origine de ces divagations. Grâce aux micros dissimulées un peu partout sur son île, Heath avait plus d'une fois surpris son jeune prodige s'évadant dans de belles paroles à l'égard de sa précieuse petite perle, Pandore. Une relation tenue discrète mais que le magicien était bien loin de cautionner. Non pas par jalousie, mais pas intérêt. Car il est bien connu que l'amour peut rendre fou n'importe quel être doté d'un cœur. En cela, la jeune femme le savait bien. Or, Hansel était bien trop important aux yeux du sorcier pour qu'il puisse l'autoriser à se noyer dans de tels sentiments. « Pandore. Apporte-là moi. » Trancha-t-il finalement. Sans porter plus d'attention à son interlocuteur, Heath tourna les talons et quitta la pièce de sa démarche légère. Les enfants regagnèrent un à un leur poste sans dire un mot, laissant seul le petit préféré du magicien en proie à ses démons. A la fois majestueux et mordant, Heath savait comment conserver le respect de ses troupes. Un talent inconnu qu'il s'était découvert en commandant ses hommes à l'armée. Dans sa vaste résidence logée sur les hauteurs de l'île, l'ingénieur observait de son balcon la tempête qui menaçait au loin. Les flots martelaient déjà les falaises, et la pluie ne tarderait sans doute pas à couvrir tout le territoire. Au creux de sa main se tenait un verre. Pas de vin, mais une forme d'alcool qu'il avait lui-même cultivé grâce à des plantes que l'on ne trouve qu'à Moonbeach. A la fois sucré et sec, amer et doux. Un nectar de paradoxe, à son image. Lorsqu'il entendit enfin une porte se refermer à quelques mètres de lui, il termina son verre d'une seule traite. Ses yeux noirs se posèrent sur sa jeune et charmante fille. Pandore se tenait là, debout face à lui. Ils se détaillèrent un instant avant que ce ne soit lui qui entreprenne la parole le premier. « Mon précieux coeur, te voilà enfin. » s'émerveilla-t-il. Pourtant, aucun sourire n'étirait ses lèvres. Seul son regard dévorait la silhouette toujours un peu plus plaisante de sa protégée. Réduisant les mètres qui les séparaient, Oz contourna lentement sa princesse. Derrière elle, ses mains se posèrent sur chacune de ses épaules tandis qu'il avançait le visage jusqu'à pouvoir se satisfaire de son délicat parfum. Il en avait toujours été ainsi entre eux : à la fois père protecteur et amant délicat, Heath accordait une place privilégiée à cette jeune femme. Fille et amante. Amie et apprentie. Il l'aimait, à ne pas en douter, d'un profond amour. Mais pas assez pour lui rendre la réciprocité des sentiments qu'elle-même semblait nourrir à son égard. Et c'est justement en cela qu'elle faisait une alliée précieuse et sans faille. « "Guide le garçon", j'avais dit.» Ses intonations toujours aussi calme et mielleuse dénotaient cette fois-ci une pointe de reproche. Ses mains glissèrent le long de ses hanches, redessinant les formes agréables de son corps de jeune adulte. Son souffle chaud, dirigé volontairement vers sa nuque, laissait entrevoir la colère grandissante qu'il taisait dans ses caresses. « "Veille sur lui". » Souffla-t-il plus ardemment cette fois-ci. Ces mots étaient les mêmes qu'il avait prononcé il y a quelques années, lorsque le jeune Hansel débarqua sur l'île. Et il lui avait confié cette mission : celle de surveiller son jeune apprenti, et non de le séduire. Son corps se mouva jusqu'à se retrouver face à elle, et ainsi la dominer de toute sa hauteur. L'une de ses mains s'égara quelques part entre deux mèches de ses cheveux châtain, tandis que de l'autre, il l'obligeait à lever les yeux vers lui. « C'est tout ce que je t'ai demandé. » Et dans une courbette théâtrale, il se retira soudainement en un soupir de déception. Pandore, sa précieuse petite perle. Elle lui appartenait. A lui, et à personne d'autre. Et bien qu'Oz veuille se convaincre de n'éprouver aucune jalousie, il ne supportait pas l'idée qu'un autre que lui puisse goûter aux charmes de son corps. Chassant les idées qui assaillaient son esprit, Oz retrouva vite son légendaire masque d'impassibilité. « Je place beaucoup d'espoir en lui. Et je n'aimerais pas avoir à intervenir s'il devait se montrer... dissipé. » Susurra le magicien sans même reposer son attention sur elle. Il détestait cela, devoir la réprimander. Mais s'il désirait mettre son plan à exécution, il n'avait d'autre choix que de maintenir l'ordre au sein de son royaume naissant. D'autant plus que ces derniers jours, Pandore se montrait d'une humeur exécrable envers les dernières recrues. Et plus particulièrement l'une d'entre-elles... Et si le sorcier pensait connaître l'origine de ce changement brutal d'humeur, il ne le cautionnait pas pour autant. En réalité, il comptait même s'en servir à son avantage. « Où étais-tu durant tout ce temps ? » qu'il lui intima de sa voix veloutée mais à la fermeté imparable.   Les yeux posés dorénavant sur l'averse qui se répandait sur ses terres, il peignait un portrait d'indifférence à son égard. Chose qui, il le savait dores-et-déjà, menaçait de faire gronder la tempête dissimulée en elle. C'est en cet instant que, dos à elle, il s'autorisa à laisser un rictus courber ses lèvres. Tout est sous contrôle. Tout est toujours sous contrôle. Et cela ne risquait pas changer de si tôt.   

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Clara Chamberlain

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MessageSujet: Re: born in darkness (p.)   Ven 11 Déc - 23:31

Pandore est dévouée corps et âme. Tous ses gestes lui sont destinés, tous ses regards le cherchent et son souffle même, le respire. Elle aime Heath, comme d’autres aiment la musique ou la mer, de façon passionnelle et déraisonnée sans explication d’aucune sorte. Certains naissent poète ou prince, elle est née amoureuse avec ce cœur dysfonctionnel qui ne bat que pour les bons sentiments. Ceux qu’elle éprouve facilement, douce et tendre, et ceux qu’il vole pour apaiser son chant hypnotique. Alors même dans la solitude poignante ou la jalousie amère, Pandore n’appartient qu’à son sorcier. Elle ne le cautionne pas toujours mais cela n’entrave en rien ses sentiments ou sa loyauté : elle s’exécutera, toujours. Parce qu’il est à la fois son sauveur et sa seule famille mais surtout parce qu’elle l’aime tant, dans chaque parcelle d’elle-même, qu’elle ne saurait comment vivre sans être remplie d’éclats de lui. Alors elle reste là, même dans les abysses, même dans les ténèbres, pourvu qu’Heath y soit lui aussi, lumière parmi les ombres, phare dans la nuit. Elle reste et caresse l’espoir fou qu’un jour prochain, tout aille mieux. C’est ce qui la maintient à flots, Pandore, quand tant de fois elle se surprend à se sentir terriblement triste, emmurée sur une île étroite pour un grand dessein qu’elle ne partage même pas. Son dessein à elle, c’est Heath, elle le sait, elle l’a toujours su alors elle s’entête, poupée malléable entre ses doigts ou ses lèvres, éternellement docile et soumise à son bon vouloir jusqu’à ce qu’il réalise, lui aussi, combien leurs futurs sont entremêlés… Patiente, Pandore cache ses failles et ses sourires fêlés derrière un visage poésie qui aurait pu inspirer les grands idéalistes de Moonbeach si elle ne vivait pas recluse, loin d’un monde pour lequel elle était dangereuse sans le vouloir, pilleuse inconsciente. Elle persiste à jouer la grande partition de son existence et tout juste éclose, materne des enfants et des jeunes garçons à peine plus jeunes qu’elle. Pandore les guide, de sa voix douce et harmonieuse qui donne envie de décrocher la lune et les étoiles, elle leur rappelle d’être toujours bons pour Oz, les aide à développer leurs talents et cultive leur appétit intellectuel pour semer les premières graines pensées par Heath. Elle ne réalise pas tout à fait que son rôle est en réalité une manipulation sournoise, un lien affectif aux allures de barreaux pour prévenir la fuite de tous ces esprits brillants qui la rêvent mère ou sœur, confidente ou amante, alors qu’elle n’est qu’une ombre évanescente et fuyante qui ne se matérialise que pour Heath. Pandore ne le réalise pas, car elle est aveuglée par ses sentiments, par un amour si pur qu’il ne peut que triompher de tout, même des charmes suggestifs d’une danseuse qui tente de le dérober à elle. « Oz te demande… » La voix est mal assurée, gênée et penaude, loin du timbre paisible et calme qu’elle connaît à son propriétaire. Surprise, Pandore relève ses opales chatoyantes sur les traits confus d’Hansel, qui n’ose pas la regarder frontalement. Le premier enfant recueilli, alors qu’elle-même était encore très jeune, a grandi, comme elle. Il n’a plus rien d’un bambin mais tout d’un homme, de ses traits graves et sereins qui laissent luire son intelligence et surtout sa bonté. Hansel est beau, et Hansel l’aime. Pandore le sait, et elle croit bien qu’elle l’a toujours su car son cœur s’éveille en secret pour le jeune prodige. Pas par amour, mais par convoitise. Il est meilleur que la plupart des hommes, son essence est si belle qu’elle aimerait la recueillir pour la conserver en elle pour toujours, pour les jours moroses. Mais elle n’en fait rien : Hansel est son unique ami. Pandore regrette de ne rien pouvoir lui donner, de ne pas partager ce qu’il éprouve à son égard parce qu’elle pourrait être heureuse avec lui, elle le sait. Elle le sent. Mais qu’est-ce donc que le bonheur, dépourvu d’amour ? « Tu as l’air soucieux… Qui y’a-t-il ? » Pandore s’inquiète toujours pour les autres, bien davantage qu’ils ne le font pour elle. C’est le traumatisme de son enfance compliquée, tiraillée entre des hommes vidés de leurs essences à force de l’avoir trop aimée, jusqu’à devenir leurs parfaites antithèses. Derrière ses grands yeux tristes, elle a déjà vécu mille vies, l’extase et la violence et les émotions des uns et des autres la heurtent plus qu’un être humain lambda. La faute à un passé tumultueux et à son organe carnivore qu’elle continue de ressentir très fort, même terré au plus profond d’une boîte inviolable. Mais Hansel se dérobe, bafouille et invente une excuse pour s’éloigner et la fuir. Qu’a-t-il fait ? Inquiète, Pandore foule le château de ses pas délicats et aériens, de ceux qui laissent à peine une empreinte sur le sable, pour le rejoindre. Heath commande, Heath demande, Heath suggère et Pandore acquiesce, s’échine à le satisfaire en espérant que de sa dévotion naisse un amour enivrant. Elle pénètre dans ses appartements qu’elle connaît par cœur et ancre son regard de félin dénué de griffes sur son visage, sur ses traits. Heath ne parle pas et Pandore en fait de même, prolongeant la tendresse du contact qu’elle coule sur lui. Derrière ce visage infiniment doux perle pourtant la douleur de l’appréhension. Désespérée à l’idée de le décevoir, Pandore est suspendue à ses mots, à ses gestes. Elle attend sagement, aussi digne qu’une héroïne tragique, et la sentence tombe comme un couperet. Les mots d’Heath sonnent comme du velours, ils sont soyeux et caressants mais elle le connaît assez pour en comprendre le double-sens. Il ne lui sourit pas. Son visage entier reste empreint de cette condescendance qu’elle a appris à respecter autant qu’à fuir. Incapable de rétorquer quoi que ce soit, pétrifiée par le sort qui l’attend et pour lequel elle n’est pas armée, Pandore reste là, dans une posture gracieuse de ballerine qui n’en reste pas moins sacrificielle. Elle attend son sort et l’accepte d’avance : si elle l’a déçu alors elle mérite le châtiment qu’il lui réserve sans doute. Mais Heath brouille ses signaux en venant la contourner pour se placer dans son dos, là où elle n’a plus le loisir de l’observer et doit s’en remettre à ses autres sens, annihilés lorsqu’il se trouve à proximité. Tout en elle vibre et le respire et chaque parcelle de son épiderme a une conscience accrue de sa présence, de son souffle, de sa silhouette qui peut à tout instant décider de retrouver la sienne, à sa place initiale, la place qu’elle rêve pour eux. Les mots volent et ont sur sa peau et son cœur la vigueur d’un coup de fouet. Heath répète ses propres mots et Pandore entend la mélodie caverneuse du reproche sous-jacent qui la percute violemment. Elle cherche à se défendre, à se défaire de cette emprise ombrageuse d’un « Mais je » sans y parvenir tout à fait. Sa main contre sa hanche brise le vent de résistance a peine hissé. Pandore savoure, déjà électrisée, offerte. Ses lèvres se referment et sur son visage disparaît l’ombre d’une révolte même pas esquissée. C’est ça, le pouvoir d’Heath, loin de ses histoires de sorcier qu’elle sait fausses : il possède une emprise hypnotique sur quiconque l’écoute. C’est une question d’aura, de prestance, de charisme, quelque chose qu’elle ne mesure pas et qu’elle n’a jamais lu avant, sur les habitants qui peuplent ce monde. Heath est un étranger capable d’exercer une attraction folle en ces lieux, comme s’il savait mieux, comme s’il avait déjà tout vu, tout vécu. Ses doigts à elle, câlins, se posent avec la douceur d’un colibri sur ses mains pour les goûter de la pulpe de ses doigts, pour apaiser ses craintes, ses déceptions et les tourments qui naissent au creux de ses propres entrailles à la seule idée de le savoir contrarié. Pandore dessine des arabesques sur la peau désirée qui glisse le long de ses courbes mais celle-ci s’échappe alors que Heath lui fait face. Elle se sent toujours minuscule face à lui, Pandore. Minuscule et fautive sous ses yeux aux reflets paternels, souvent admiratifs mais parfois sévères, comme maintenant. Elle maintient ses prunelles ancrées dans les siennes, tant par envie que par contrainte, celle de ses doigts emprisonnant son menton avant de retrouver l’usage de la parole. Pandore ne comprend pas. Tout ce qu’elle fait, chaque jour, c’est pour lui. Pour l’aider, le soulager, le porter vers la réalisation de ses rêves et ses espoirs quand bien même elle ne les partage pas tous. Tout lui est destiné, par amour, un amour ardent que rien ne semble pouvoir éteindre alors qu’une partie d’elle, la plus raisonnable – et muselée – aimerait se voir libérée de cet engrenage nocif. « Qu’ais-je fait sinon cela, Heath ? » Elle veille sur lui, elle le guide, lui insuffle sans cesse un brin de sa volonté pour le convaincre de rester, de se donner entièrement à Oz. « Je ne comprends pas tes reproches. Hansel t’aime et t’admire, il aura toujours à cœur la parfaite réalisation de tes projets, tu peux avoir confiance en lui. » Sa voix à la douceur pétale ne souffre d’aucune faiblesse, d’aucun tremblement. Elle coule, claire et limpide comme un ruisseau, convaincue de ce qu’elle avance. Pandore ne lui fera jamais faux bond et Hansel non plus, parce qu’elle lui demande. Et ça lui fait mal, de mêler les sentiments brûlants du jeune homme à sa propre autorité mais que valent ses états d’âme face à la satisfaction d’Heath ? Mais il n’est pas satisfait et le voile de menace qui ourle ses mots déclenche dans sa colonne vertébrale sinueuse un frisson d’horreur insoupçonné. Qu’entend-il par là ? Pourrait-il la priver de son seul ami ? Quelle intervention réserverait-il à Hansel ? Pandore dérobe son regard à ses yeux sombres et baisse humblement la tête avant de la hocher délicatement. Elle rend les armes avant même de combattre et se fend d’un conciliant. « Très bien, cela ne se reproduira plus, je te le promets. » Elle ignore ce qu’elle jure mais le jure avec l’emphase d’une profession de foi et toute la vérité qu’elle est capable d’insuffler à ses paroles cendrées. « Je ne veux jamais te décevoir. » souffle-t-elle dans un aveu qui n’a pourtant rien d’un secret, alors que ses yeux de chaton louvoient déjà jusqu’à lui. Heath ne la regarde plus. Il est sans doute déjà passé à autre chose, mais ce n’est pas son cas. Elle est à la fois triste de cette déconvenue et fébrile de leur proximité, celle qu’il n’accepte que lorsqu’il l’initie lui-même. Pandore aimerait tant lui murmurer de la laisser l’aimer, de la laisser faire, mais jamais Heath n’accepte des rapprochements qui ne viennent pas de lui. Il repousse ses mains caressantes ou dévie sobrement de la trajectoire de ses lèvres désireuses et pourtant, Pandore n’apprend jamais. Parce que son comportement perd toute rationalité lorsqu’il est question de lui, elle se rapproche délicatement de la fenêtre où il lui tourne le dos. Ses bras juste faits pour l’accueillir viennent entourer sa taille et elle presse son corps souple contre le sien, son ventre plat, sa poitrine ronde et sa joue de porcelaine. Ses doigts jouent déjà contre son ventre, esquissant des arabesques innocentes alors qu’elle entrouvre les lèvres pour lui répondre. « Ici et là, avec les enfants… » Comme il est de son devoir de le faire. Pandore a sans doute été un peu plus distante dernièrement, parce qu’Heath est toujours entouré de cette fille toxique, tout droit sortie de l’un de ces lieux décadents dans la capitale regorge. Elle sait, au plus profond d’elle-même, qu’elle causera sa perte. Elle sent les choses et souvent elle rêve de s’introduire en pleine nuit dans sa chambre et de laisse son cœur se repaître d’elle jusqu’à ce que son amour la voit tel qu’elle est : mauvaise. Mais Pandore n’ose pas cette attaque frontale, elle n’est pas armée pour la guerre et les bassesses, elle qui n’est que poésie. « Je t’ai manqué ? » murmure-t-elle doucement de sa voix enchanteresse, sans pour autant y croire. Elle aimerait, oui, elle l’aimerait beaucoup. Mais Heath n’est pas ce genre d’homme : il se montre largement au-dessus de ces vaines considérations.

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Heath Ambrose

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MessageSujet: Re: born in darkness (p.)   Mar 29 Déc - 15:10

« Je sais » Tranche-t-il à la fin de ses paroles, balayant l’ensemble de ses dires d’un regard dirigé vers le plafond. Bien sûr qu’elle ne souhaitait pas le décevoir. Bien sûr qu’elle ne commettra jamais deux fois la même erreur. Parce qu’elle, bien plus que quiconque, savait de quoi il était capable une fois contrarié. A ce moment-là, Heath ne la regarde pas. Néanmoins, il peut sentir ses bras venir embrasser sa taille, et ses doigts jouer docilement contre son ventre. Cette étreinte, aussi douce puisse-t-elle être, reflétait peut-être à la perfection leur relation si simple et pourtant si compliquée à la fois. Lui, indifférent à cet amour et obsédé par diverses pensées ; elle, entichée jusqu’à l’os d’un être qui ne lui rendra jamais la moitié de ce qu’elle lui octroie. Les yeux clos, le maître des lieux savoure silencieusement ce bref instant de répit, la chaleur de Pandore s’infiltrant doucement dans chacun des pores de sa peau en contact avec la sienne. Le chant des flots s’écrasant sur les falaises de l’île brise le silence presque religieux qui s’est installé au sein de la luxueuse demeure. La voix innocente de sa précieuse petite perle s’élève finalement en une poignée de mots. Sa voix enchanteresse le berce d’abord, puis attise son attention. Revenant peu à peu à la réalité, Heath troqua ses rêveries pour un masque de perplexité. Si elle lui avait manqué ? Non. Sans doute. Peut-être. Et quand bien même c’aurait été le cas, jamais il ne lui aurait confié la vérité. L’espoir naïf qui l’avait poussé à prononcer cette question le fit doucement sourire. Pandore et son inconditionnel amour à son égard. Que son cœur implose de déception par sa faute, elle savait dans quoi elle s’était engagée en choisissant de l’aimer. Pourtant, sa bouche ne prononça aucune réponse. Se taisant dans un profond mutisme, Heath accorda ses doigts aux siens jusqu’à les guider contre ses lèvres. Pour toute parole, il embrassa le dos de sa main en un frivole baiser. Et à chacune de ses embrassades, il se délecte un peu plus de cette chaire savoureuse qui n’appelle qu’à être lovée. Il l’aime Pandore. De cet amour inavoué et inavouable. Mais il ne peut y succomber, parce que les sentiments sont l’apanage des faibles, ceux qui sont promis à souffrir et à perdre toute bataille. Car aux yeux de cet ancien soldat, la vie n’est qu’une guerre qui demande à être remportée. Tu ne cèderas point à la tentation, a dit le Seigneur. Un ordre qu’Heath compte bien respecter, parce qu’il se sait tout puissant et intouchable de cette manière. Il se détourne de cet océan déchaîné pour faire face à sa petite fille devenue femme. Et quelle femme. A cet être particulièrement précieux au don inestimable. Il ne repousse pas ses mains caressantes, mais les appelle au contraire. Sa paume vient se déposer à l’endroit où aurait dû battre son palpitant. « Ton cœur enchanteur me manquait. » murmure-t-il doucement d’une voix suave et poétique. Son souffle s’écrase contre son cou, et ses doigts, posés contre sa poitrine, dessinent quelques cercles avant de venir se loger le long de sa nuque. Ses gestes experts ne souffre d’aucune faiblesse, aucune hésitation ni tremblement.  Ses yeux se délectent inlassablement de chaque trait qui forge son visage tandis qu’elle se perd dans la moindre petite attention qu’il lui accorde. Difficile de douter de sa sincérité ou même de déceler le mensonge dans ses phrases tant son jeu était parfait. Une étincelle de désir illumine alors son regard devenu fou d’un amour fardé. Dans un baiser aussi langoureux que délicat, il vint s’emparer de la peau de pêche qui couvre le creux de son épaule. Le tout, entrecoupé par son souffle qu’il peinait à réguler. « Ta peau délicate me manquait. » Souffle-t-il dans un aveu évident en longeant son menton de ses lèvres. Il s’arrête. A quelques centimètres de sa bouche, prêt à s’emparer de cette savoureuse douceur qui se soumettait à lui. Aucun sourire ne vint soulever ses traits. Il avance tandis que sous le poids de son corps, elle recule. Son dos se heurte au mur de la pièce, et la voilà entièrement à sa merci. « Et tes lèvres, si douces… » La fin de sa maxime se perdit dans un soupir de frustration. Sa main cajoleuse abandonne soudainement sa nuque pour venir heurter le mur face à lui. Et sans prévenir, le maître retrouva sa place, et l’enfant regagna la sienne. Heath s’échappa de son étreinte, laissant nue le pantin dont il tirait habilement les ficelles. Cette proximité, elle le savait, n’était envisageable que lorsque son mentor était pleinement satisfait. Or, les traits rudes qui venaient couvrir son visage témoignaient du contraire. « Qui serait assez fou pour ne pas succomber à de tels charmes. » Toute la douceur de ses intonations, envolée. Sous ce reproche dissimulé, il cherchait à lui faire comprendre, de la plus dure des façons, qu’elle lui appartenait. A lui seul, et à personne d’autre. Faisant bien entendu référence à Hansel et son comportement déviant des derniers jours, Heath tenait à éradiquer toute forme d’indiscipline. Elle mangeait sa déception et son mécontentement en plein visage. Et sans jamais baisser les yeux, l’ingénieur savourait silencieusement son emprise. Heath s’était toujours appliqué à arracher toute émotion des enfants qui demeuraient sur son île. L’amour, la joie, la tristesse. Cela mettrait en péril ses projets. Un seul enfant se rebelle, et c’est toute son armée qui menaçait de s’échapper. Alors depuis tout petit, chacun de ses jeunes protégés était éduqué de la façon la plus stricte qu’il soit. Sans amour ni compassion. Toutefois, malgré cet apprentissage, les regards dévorants du jeune garçon envers Pandore n’avait pas échappé à son mentor. Et c’est un tableau qu’Heath ne peut cautionner. Par principe, mais aussi car ces divagations risquaient de l’éloigner de sa mission. « Hansel nourrit des sentiments à ton égard. » Ses paroles se font désormais vives et tranchantes. Telles des lames de rasoir, ses mots s’effondrent contre elle, impuissante. C’est ça, son pouvoir, celui de posséder cette emprise unique et hypnotique sur quiconque. Nul besoin de ponctuer ses ordres par des menaces ou de la violence : chacun sait de quoi il est capable. Autrefois, c’est le sang de ses compères qui coulaient le long de ses doigts. Aujourd’hui, les armes ne sont plus nécessaires pour qu’il impose son règne. Son regard parle pour lui, raconte les horreurs de son passé, les vies qu’il a vu s’éteindre sans ne rien pouvoir y faire. Au fond, ça lui fait mal de devoir la briser ainsi. De tirer une balle invisible au creux de sa poitrine. Pandore a toujours été et sera à jamais l’une des seules personnes qu’il chérit, aime, et désir plus que tout. Mais elle demeure aussi sa plus grande fierté, à la tête des enfants qu’elle guide et forme en suivant les instructions de son mentor. Et bien que ces derniers jours l’attention du sorcier ait été plus particulièrement porté sur Esmeralda, il se doutait que son éloignement n’était pas dû au hasard. Sans sourciller, il se rapprocha à nouveau d’elle de sa démarche lente et mesurée. « Et tu sais bien que l’amour est incompatible avec le travail. » Trancha-t-il, son regard autoritaire rivé droit dans le sien. Aucune exception à la règle. « Je veux que cela cesse. » Un ordre. Un seul petit ordre qui suffisait à faire entendre que cela devrait être rapidement arrangé. Au risque de le décevoir à nouveau… Or, ne venait-elle pas de lui promettre le contraire ? Ainsi soit-il. Les paumes de ses mains chaudes regagnèrent une nouvelle fois les joues de porcelaine de sa fétiche enfant. Si douces. Si pures. Si fragiles, qu’il pourrait la briser d’une simple pression. Et c’est ainsi qu’elle l’aimait. Cet homme, indifférent à toute forme d’amour ou de bonté. Obsédé par la perfection. Tandis que son visage, légèrement incliné, inspectait ses traits et sa réaction, il annonça d’une voix grave ses souhaits : « Je veux que tu lui brises le cœur. » Tout comme je briserai le tiens si tu n’obéis pas. Le fin rictus qui releva ses lèvres étalait la menace insidieuse qu’il laissa planer. Et sa bouche se déposa contre son front, à la manière d’un petit ‘’merci’’ gratifié amicalement. Elle n’avait pas le choix. Et il ne lui en laissait d’ailleurs aucun. Peu importe l’amitié tissée entre eux, Heath désirait mettre un point final à cette relation. Pour le bien de la communauté. « Et tu le feras. » Sa foi en elle le poussait à espérer qu’elle ne montrerait nulle réticence à exécuter ses vœux. Nul besoin de connaître parfaitement Oz pour savoir que le magicien ne supporterait pas une seconde déconvenue. S’abandonner à lui c’était se soumettre à chaque ordre donné. Et bien qu’il lui puisse lui arriver de temps à autre d’appuyer ses dires à l’aide d’une arme chargée, il savait qu’avec Pandore il n’aurait pas besoin d’en venir jusqu’ici.

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