AccueilAccueil  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 forget your fairytale. ~ wren

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Elise Steadworth

avatar

Messages : 244
Inscription : 02/09/2015
Crédits : timeless.

ONCE UPON A TIME
Personnage: blanche-neige
Emploi: serveuse au c&c palace et institutrice de bonnes manières
Relations :

MessageSujet: forget your fairytale. ~ wren   Mer 28 Oct - 2:37


Before we belonged to anyone else, we were each other's.
And the answer is never. I'll never get rid of you, no matter how hard I try.
It's just the way the whole first love thing works.


Au jeu de la ponctualité, Elise était la plus forte. Sa montre affichait 20h45, pour un rendez-vous fixé à 21h00, et c'est affichant une mine satisfaite qu'elle poussa la porte d'entrée du Petit Coq. Elle portait une robe cintrée bleu marine qui lui allait à ravir, et de longues boucles brunes flottaient sur ses épaules habillées d'une fine dentelle. « .Bonjour ! Il doit y avoir une réservation au nom de... » de ? Le nom resta accroché à ses lèvres. L'avait-elle su un jour ? Probablement. Au milieu des petites conversations au C&C palace, et des brèves rencontres dans la rue, peut-être. Ses joues s'empourprèrent, honteuse qu'elle était de ne pas savoir ce genre d'information capitale. Finalement, elle connaissait si peu de chose à propos de Wren. Si peu de choses utiles, plus exactement. Son nom de famille peinait à lui revenir, contrairement aux petits détails insignifiant. Wren aimait les livres lorsqu'ils étaient habillé d'une fine couche de poussière, et les muffins au chocolat noir aussi. Il buvait son thé très noir et bouillant. Il peinait aussi à trouver les mots justes lorsqu'il voulait lancer la conversation, une ironie cruelle pour un libraire. Mais il était incroyablement loquace lorsqu'elle trouvait de quoi discuter pour eux deux. Elise poussa un soupir, gênée de ne pas s'être attardée sur son nom de famille, alors qu'elle avait accepté un dîner en sa compagnie. Les lèvres pincées, elle laissa l'hôtesse partir en quête d'une zrrivéequi n'aurait pas été encore enregistrée, et leva les yeux quelques secondes plus tard armée d'un sourire triomphale. « .Kennedy ? Wren Kennedy ? Oh, oui. C'est ça.  » Le ton à la fois grave et intéressé de la serveuse aurait du l'inciter à au moins réfléchir, et à comprendre qu'elle la jugeait de ne pas connaître le nom de son rencard du soir, mais même pas. Elise était trop candide pour saisir les jugements aussi subtiles que ceux distribués par le regard et l'intonation, et surtout pas assez concentrée pour s'attacher à ce genre de détails. Voyant que la serveuse l'observait du coin de l’œil, elle chercha à dissimuler son malaise grandissant tant bien que mal en se concentrant sur le menu qui trônait dans une vitrine, prêt de l'entrée. Menu qu'elle s'occupait toujours à feuilleter distraitement lorsque Wren fit son apparition, presque parfaitement fondu dans la pénombre, s'il n'était pas passé furtivement sous un lampadaire. Elle le contempla alors qu'il empruntait le passage piéton de cette même démarche certaine et déterminée qui le caractérisait, et un ravissant sourire fit son apparition sur ses lèvres à peine maquillée. Enfin, pensa-t-elle, toujours en le suivant d'un regard. Pas qu'elle s'impatientait, mais son ventre commençait tout juste à réclamer le magret de canard à la sauce foie gras et morilles que son regard vaguement intéressé venait de croiser dans le menu du restaurant français. Toutefois, elle eut aussi tout le loisir d'observer Wren hésiter. Planter ses talons sur le tapis bordeaux qui accueillait les clients du Petit Coq à l'entrée, faire un demi-tour phénoménal à bâbord et s'en aller tête baissée. Elle fronça les sourcils. Que diable venait-il de se passer ? « .Mais... » débuta-t-elle, interloquée par pareil revirement de situation. Il était déjà revenu sur l'autre rive de la route, et rebroussait vaillamment le chemin lorsqu'elle décida de sortir. Elle croisa au passage la serveuse qui, de toute évidence, retenait un fou rire dans le fond de son gosier. Qu'importe. Sa bonne humeur s'envola dès que le vent frais fit frémir le bas de sa robe parfaitement repassée. « .Tu comptes aller où comme ça au juste ?. » quémanda-t-elle à voix haute, les poings serrés,  pâle comme si elle allait vomir, et sans prendre la peine de dissimuler une grimace révoltée. « .Tu m'invites au restaurant, et finalement, pile devant la porte d'entrée tu décides de me poser un lapin ? Et tu croyais que je n'allais pas m'en rendre compte à un moment ? Mais… Quest-ce que... ?. » Elise possédait bien des défauts, mais au moins elle ne reculait jamais, et n'hésitait que trop rarement pour s'en rappeler. Elle aurait aimé que Wren en fasse de même, mais visiblement, ils ne partageaient pas ce trait de caractère et elle trouva ce fait regrettable, voir rédhibitoire. Contrariée, sans être énervée, elle poussa un soupir résigné. Elle avait espéré pouvoir le connaître mieux, et peut-être avoir l'occasion de lire en lui, au moins un petit peu, mais se résigna à croire que ça n'arriverait pas. Pas ce soir, et peut-être jamais. Elle lui tourna résolument le dos, puis revint finalement vers lui après quelques pas dans la direction opposée. « .C'est quoi ton problème ?. » le questionna-t-elle, pas agressive, mais pas avenante non plus, et ce sans savoir elle-même si elle voulait ou non avoir une réponse. Un sentiment d'autant plus confus qu'elle était incapable de savoir pourquoi elle s'attachait autant à cette soirée idiote, alors qu'elle n'espérait rien de ce dîner, et moins encore de Wren. Elle avait accepté par curiosité, et parce qu'elle sortait si peu qu'au nom de sa vie sociale à pleurer d'ennui, elle ne pouvait décemment pas refuser une invitation au restaurant. Peut-être aussi parce que Wren dégageait une certaine forme de mystère, et qu'un sentiment aussi profond qu’innommable l'incitait à s'intéresser à lui.   « .Ou bien le mien, je ne sais pas. Tu pourrais m'expliquer au moins. » ajouta-elle, écœurée par son attitude. Des explications, c'était la moindre des choses selon elle.  Elle méritait des explications, non ? Et pas seulement pour cette fois-ci, mais aussi pour toutes les autres. Ces instants, où elle s'était laissée malmener par ses brusques changements d'humeurs, et ses départs précipités, le tout sans jamais lui tenir rigueur de quoi que ce soit. Et grand dieu, elle ne s'imaginait pas attendre des excuses de sa part, heureusement pour elle. Autant attendre la pluie en pleine période de sécheresse. Elle ne connaissait pas plus lunatique que lui. L'humeur de Wren variait du blanc, au noir, et ne passait par aucune teinte de gris, selon elle. Elle arrivait à l'apprécier qu'importe que l'humeur soit plutôt bonne, ou plutôt maussade, mais ne supportait plus de ne pas savoir à quoi se fier. Elle voulait bien qu'il se retranche dans cette solitude qui semblait tant lui plaire. D'accord. Sans problème. En revanche, elle n'acceptait pas qu'il en sorte uniquement pour s'amuser avec elle, et la délaisser une fois qu'il la trouvait ennuyeuse, ou passée de mode. Elise n'était pas une poupée de chiffon, et Wren n'avait aucun droit de jouer avec elle comme il semblait vouloir le faire. Ils n'étaient pas assez proche pour qu'elle se raccroche à lui malgré son humeur changeante, alors à quoi bon épiloguer. Elle eut pitié d'elle-même, qui lorgnait sur lui du coin de l’œil sans savoir si elle devait s'en aller, ou bien se lancer dans un débat dont elle ne connaissait nullement l'issue.

_________________
but now we're slipping at the edge, holding something we don't need. all this delusion in our heads is gonna bring us to our knees. trying to fit your hand inside of mine when we know it just don't belong. there's no force on earth that could make it feel right. trying to push this problem up the hill when it's just too heavy to hold, think now's the time to let it slide. ~ elise.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wren Kennedy

avatar

Messages : 52
Inscription : 18/10/2015
Crédits : juju

ONCE UPON A TIME
Personnage: Beau
Emploi: propriétaire de la White Castle Library
Relations :

MessageSujet: Re: forget your fairytale. ~ wren   Mar 3 Nov - 22:43

Wren faisait les cent pas, incapable de savoir quelle décision prendre. Sa vieille montre à gousset laissait passer le temps, toujours trop doucement à son gout. Ou peut-être trop vite. L'homme ne savait plus vraiment. Il devait y 'aller et pourtant, en même temps, il ne se sentait pas capable d'agir de la sorte. Wren se retrouvait pris entre plusieurs feux, entre plusieurs envies, entre ses devoirs et ses volontés, entre tout son être et les autres parties de lui-même. L'homme ne se souvenait même plus ce qui lui avait pris. Comment le loup solitaire avait-il pu se retrouver embarqué dans un tel rendez-vous ? Pire… Comment avait-il pu en être l'investigateur ? Il ne le savait plus vraiment. Il n'arrivait pas à refaire totalement le fil des événements. Il se souvenait d'un homme qui avait importuné Blanche… enfin Elise…. L'observant au loin, une partie de son être n'avait pu s'empêcher d'agir de la sorte. D'aller à sa rencontre, de chercher un tant soit peu une manière de la protéger, une manière de ne pas laisser le mal entrer dans sa vie. Une manière de pardonner une partie de ses pires erreurs. Des erreurs dont il n'avait maintenant que des brides de souvenirs. La vie de Beau n'était qu'un fil décousu, quelques brides d'idées qui n'arrivaient jamais à prendre totalement forme. Calmement, voir même un peu à reculons, l'homme tentait de ne pas dévier de ses bonnes manières d'un autre temps. Un homme ne pouvait pas arriver en retard à un rendez-vous. Un homme ne pouvait pas non plus se permettre de ne pas aller à un rendez-vous qu'il avait lui-même prévu. Non, ce genre de choses ne se faisait pas. Sa tenue se voulait un peu plus chic qu'à son habitude. Une énième manie, toujours être bien plus habillé lors d'une sortie en compagnie d'une dame que lors d'une promenade hebdomadaire. Wren ne pouvait pas se permettre de venir dans les mêmes vêtements qu'il utilisait pour le travail. Finalement, seulement un œil aguerri et étant habitué à observer le look un peu étrange de l'homme pouvait s'en rendre compte. L'avis des autres ne comptait nullement dans sa manière de se vêtir. L'homme ne comptait pas sur le monde, juste sur Lui et cela lui suffisait amplement. Passant finalement le dernier passage pour piétons menant au Petit Coq, la volonté première de l'homme commença à se dissiper peu à peu. Prenait-il vraiment la bonne décision en se rendant à un tel rendez-vous ? Était-il vraiment en train d'agir pour le bien ou  agissait-il tout simplement de manière égoïste ? Oui, n'était-il pas égoïste de se complaire d'une image qui n'était sans doute plus réalité ? Ce qu'il venait chercher ce soir était-il vraiment l'image d'une Elise ou tout simplement les réminiscences d'une Blanche passée ? D'une demoiselle qu'il n'avait, au cours des dernières années, fait que décevoir chaque jour un peu plus. Quelle était vraiment sa volonté ? Que faisait-il ? Toutes ces questions envahissaient son esprit, l'empêchaient d'agir correctement. Un coup d'œil vers l'intérieur, un coup d'œil vers Elise. Elle et sa jolie robe bleue marine. Elle et ses belles boucles. Elle et sa présence. Lui et son absence. Non, Wren ne pouvait pas franchir les quelques pas qui le séparaient de sa personne. Qui l'amenait jusqu'à elle. Il ne pouvait que tourner les talons. Que sans aller loin d'elle. Parce qu'il ne pouvait pas agir de la sorte. Parce qu'il ne pouvait pas rentrer dans une telle manière de faire. Oui, la laisser en place était sans doute la meilleure des choses à faire. Pas pour lui mais pour elle. Pour la personne d'autrefois, pour celle qu'il ne connaissait pas encore et qu'il ne devait pas connaitre. Partir était la meilleure de toutes les solutions. Malheureusement, la demoiselle ne paraissait pas être satisfaite à l'idée de se retrouver abandonnée de la sorte. Sans attendre plus longtemps, la boule d'énergie se retrouva devant lui. Elle lui faisait face de son regard loin d'être satisfaite. Tout son être laissait transparaître qu'elle ne se laisserait pas traiter de la sorte. Lui, le loup solitaire, il se contentait de la regarder. Il se contentait d'être là sans laisser une once d'émotion traverser son être. Il était le visage tranquille, celui que les mots n'atteignaient nullement. L'homme sans vie. Il la laissait parler sans répondre, sans avoir besoin de répondre. Que pouvait-il dire ? Il se contentait de partir, sans donner d'explications, sans demander quoique ce soit. Et rien qu'un instant il fut soulagé. Rien qu'un petit moment. Il la vit repartir. Comprendre qu'il ne pourrait jamais avoir la moindre once de relations entre eux, rien que des silences gênés, rien qu'une mauvaise impression, qu'une drôle d'impression. Mais le repos ne fut que de courte durée. Quelques instants durant lesquels il la vit s'en aller. Un songe qui ne dura point. Elise revenait à la charge. Il ne savait pas pourquoi ou plutôt ne désirait pas l'entendre. Sa position n'avait pas changé d'un iota. Il l'écoutait parler sans vraiment réagir. Il ne pouvait pas se le permettre, pas du tout. Il l'écoutait parler. Elle semblait vouloir des réponses qu'il n'était pas en mesure de lui apporter. Il ne pourrait jamais lui annoncer la vérité. Parce qu'elle ne voudrait plus l'approcher. Parce qu'elle le prendrait pour un fou. Parce qu'il ne ferait que lui faire de la peine, un peu, un peu trop. « Ne vous arrive-il jamais de changer d'avis ? » Il éludait ses questions, tentait de passer à côtés des problèmes, tout simplement pour ne pas tomber. « Je pensais avoir envie d'une telle soirée mais mon esprit m'a rappelé à la raison. Et puis ce n'est pas comme si ma compagnie vous aurait été si agréable que cela. » Il se cherchait des excuses, encore et toujours plus d'excuses. Des sombres idées qui ne la satisferaient nullement. Il en était certain mais ce n'était sans doute pas près de changer. « Si c'est l'idée de manger au Petit Coq qui vous plaisait tant, je peux toujours payer votre repas. » Il s'enfonçait à chaque phrase qu'il prononçait. Il n'avait pas vraiment le choix. Rester près d'Elise, c'était s'enfoncer dans une plus grande dose de problèmes, un trop grand merdier, même pour lui…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Elise Steadworth

avatar

Messages : 244
Inscription : 02/09/2015
Crédits : timeless.

ONCE UPON A TIME
Personnage: blanche-neige
Emploi: serveuse au c&c palace et institutrice de bonnes manières
Relations :

MessageSujet: Re: forget your fairytale. ~ wren   Jeu 26 Nov - 11:59

Elle se massa la nuque d'une main fébrile, comprenant qu'une tasse de sa meilleure tisane ne parviendrait jamais à soigner le coup à l'ego, qu'elle n'avait pas de très gonflé à la base, qu'elle venait de prendre. Elle planta sur Wren un regard fait d'une petite animosité, mélangé à une pointe de tristesse. « .Oh, donc nous sommes de retour au vouvoiement. » releva-t-elle, déçue de régresser de la sorte au stade d'étrangère. Des étrangers polis et cordiaux en tout point certes,  mais des étrangers quand même. « .Très bien, ainsi soit-il. » préféra-t-elle céder, résignée. Ses bonnes manières l'obligeaient à s'astreindre au cadre très guindé, limite protocolaire qu'il venait d'instaurer grâce au vouvoiement. En revanche, elles ne l'obligeaient pas à le faire avec le sourire. « .Pour répondre à votre question : bien sûr qu'il m'arrive de changer d'avis. Cela dit ça ne nous donne pas, ni à vous, ni à moi, le droit de nous défiler de la sorte. Vous ne pensez pas que je mérite au moins une petite explication ?. » et une décente, par-dessus le marché. Le ton n'avait rien de badin, et était même devenu grave.  Elise soutenait son regard, comme pour le défier de se soustraire à son questionnement, et surtout à son droit d'obtenir un éclaircissement. À défaut d'obtenir des excuses, bien évidemment. « .La raison ? Parce que la seule idée de dîner avec moi irait à l'encontre de vos principes ?. » se révolta-t-elle, piquée au vif par ces justifications pitoyables. Elle ne savait pas, ne s'en rendait pas compte, mais un dîner entre eux allait à l'encontre de tous les principes, et pas seulement ceux du roi déchu, mais aussi des siens. Pas dans ce monde certes, mais ces règles existaient… il était une fois. La bague qu'elle portait en toute innocence le prouvait, sans qu'elle puisse s'en douter. « .Votre compagnie m'allait très bien lorsque nous discutions à la pâtisserie, je ne vois pas en quoi cela aurait été différent ce soir. À moins que vous n'ayez pas confiance en vous, mais je ne crois pas que le problème soit là. » Wren avait tout de l'homme sûr de lui. Le charisme, l'indéniable charme, l'intelligence tout sauf subtile, et l'aura raffinée qui flottait toute autour de lui. Sûr de lui, il l'était parfois même trop, mais Elise ne pouvait s'empêcher de lui envier ce trait malgré elle. Elle poussa un soupir en dardant un regard bref sur l'enseigne du petit coq, se réprimandant silencieusement d'avoir été assez bête pour croire qu'un homme comme lui pouvait s'intéresser, même platoniquement, à une fille aussi simple, presque fade qu'elle. Mais s'il y avait un moment où elle pourrait librement prendre son audacieuse confiance en grippe, il était là.  Payer son repas ? Qu'il fasse don de son argent à des œuvres caritatives, au lieu de le gaspiller. « .Ne m'insultez pas de cette façon, Monsieur Kennedy. » répondit-elle dans un tac au tac cinglant, d'un ton autoritaire qui ne lui ressemblait guère. Celui-ci appartenait à son pendant littéraire, qui rêvait à des jours meilleurs qu'Elise vivait pour elle sans même se l'imaginer. Elle réprouva son culot, qu'il avait pour le coup de parfaitement odieux, d'un regard sombre. Elise n'était pas vénale, et ne ferait rien d'un repas en solitaire qu'elle préférait largement déguster chez elle plutôt que sous les regards avides de nouvelles croustillantes du tout Fairview. Elle ne voulait pas faire d'esclandre, mais estimait qu'il lui devait au moins une explication rationnelle, et qu'ils se devaient mutuellement d'être au diapason sur leurs intentions. Les siennes étaient très claires : elle ne cherchait rien de particulier, et avait accepté son invitation par curiosité. Peut-être aussi pour s'extirper de son quotidien un peu trop entêtant et insipide, au moins le temps d'une petite soirée qui ne voulait rien dire et n'engageait personne à rien. Finalement, Elise plissa les yeux, tout en glissant ses mains dans ses longues manches pour les réchauffer. Elle darda sur lui un long regard pensif, signe qu'elle allait le submerger de ses pensées les plus directes. « .Je comprends, vous savez. Vous aimez votre solitude, et le silence de vos nombreux livres. Je comprends. Seulement comprenez de votre côté que contrairement à vos précieux ouvrages, j'ai un cœur qui bat. Je suis humaine et refuse d'être une distraction intéressante de loin, qu'on juge passable de plus prêt. Restez donc cloîtré dans votre librairie si ça vous chante, mais si c'est trop pour vous de passer une bonne soirée, alors ne vous donnez plus la peine de m'inviter. Encore une fois, je ne suis pas une distraction et j'insiste sur mon refus d'être la victime de vos envies lunatiques. Si vous n'avez plus rien à lire et trouvez le temps long, choisissez-vous une autre activité. Mais par pitié ne m'invitez plus jamais au restaurant. » Le ton était calme, mesuré, comme il l'avait toujours été. Elise le sonda un bref instant d'un regard neutre, et poussa un soupir. Elle chérissait le confort ouaté, parfumé et coloré de son coffee shop, donc par empathie, elle pouvait très bien comprendre son besoin viscérale de solitude, et de profiter d'un endroit où il se sentirait en sécurité. Elise pouvait comprendre bien des choses, et si elle ne le pouvait pas, au moins elle avait le mérite d'essayer. Pourtant elle ne parvenait pas à décrypter son attitude, et surtout à deviner ce qui avait motivé ce changement de comportement radical. Lui qui lui avait offert un rare sourire lorsqu'elle avait accepté de dîner avec lui. « .Très honnêtement, je ne sais pas ce que j'ai bien pu vous faire pour mériter pareil traitement, et je ne suis pas sûre de vouloir le savoir. Je ne suis pas une fille méchante, je ne compte pas vous juger, ou bien faire un véritable scandale. Mais tout ce que je demande en retour, si ce n'est pas trop vous demander… à l'avenir, laissez-moi tranquille. » finit-elle par souffler, en se pelotonnant dans sa veste. Elise n'était pas comme Blanche, qui était capable de tout pardonner à Beau au nom d'un amour d'adolescent. Elle ne ressentait rien pour cet homme, si ce n'est de la sympathie, du respect, et une pointe de curiosité peut-être. Toutefois le respect s'était envolé, la sympathie s'écaillait et la curiosité ne parvenait définitivement pas à contrer la désillusion qu'elle vivait. Si quelque chose en elle, caché dans ses tréfonds, la poussait à s'intéresser à lui plus qu'elle ne le devrait, Elise n'était désormais plus sûre de vouloir écouter cette voix qui lui parvenait en écho et l'incitait accorder de l'importance à Wren. La triste vérité en était une dont elle n'avait pas conscience, et c'était probablement mieux ainsi : dans cette vie ou dans l'autre, cet homme finissait toujours par la décevoir.  

_________________
but now we're slipping at the edge, holding something we don't need. all this delusion in our heads is gonna bring us to our knees. trying to fit your hand inside of mine when we know it just don't belong. there's no force on earth that could make it feel right. trying to push this problem up the hill when it's just too heavy to hold, think now's the time to let it slide. ~ elise.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: forget your fairytale. ~ wren   

Revenir en haut Aller en bas
 

forget your fairytale. ~ wren

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fairview's Tales :: Le Petit Coq-