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 Vertigo

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William Drusten
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MessageSujet: Vertigo   Lun 26 Oct - 22:15


délicieux fantôme de ce temps à l'imparfait,
lugubre spectre de ces années passées

— — — — — —

Belle est le juste mot. Elle est belle. Pourtant, elle lui fait dos. Mais l'homme fait appel à ses précieux souvenirs pour deviner les traits fins, gracieux, qui sont les siens. Pour dessiner la fine courbure de ses lèvres, et penser apercevoir l'éclat d'un œil noisette. Elle est si près. Plus près qu'elle ne l'a jamais été, lui semble-t-il. Pourtant, il se trouve à l'autre bout de cette vaste pièce. Il vient d'y aventurer son pas, et se contente de demeurer patiemment à l'entrée. A distance, il la détaille pieusement, à son insu. Le silence est un allié redoutable, pour ne pas malencontreusement interrompre le cours de ses rêveries. Ces rêves qui sont siens, et qu'il ne voudrait surtout pas surprendre. Ce jardin secret, il le laisse volontiers à sa seule connaissance, sans une once de volonté envieuse pour le démanger. Curieux, il ne l'est que trop peu, lorsqu'il se ravit de sa seule proximité. Il se contente, dans tous les sens du terme, de sa présence à cette fenêtre et de son regard égaré sur un horizon plus lumineux que l'est cette pièce. Et puis, l'homme en profite pour dérober un peu d'elle dans un recoin de son esprit. La belle est jeune, si jeune… Sa chevelure la trahit, lorsqu'elle n'a pas encore eu l'envie de tromper leur couleur d'un blond, ce qu'elle fera jusqu'à... A quoi doit-il cette bonne fortune ? Son regard, éclairé comme il l'a rarement été, s'attarde sur ces hanches qu'il voudrait attirer à lui, pour mieux perdre son nez non loin du creux de sa nuque et s'éprendre de ses effluves familières. Il voudrait l'attirer à lui pour la piéger à jamais de son emprise, tout en espérant désespérément que son essence ne s'évanouisse pas entre ses bras. Etreindre un fantôme, à quoi cela ressemble ? Un pas, puis deux. Il se rapproche, pour le découvrir. Bientôt, l'homme est auréolé de lumière. Cet éclat qu'offre la fenêtre à cette immense pièce sombre. Lentement, silencieusement, toujours plus précautionneusement, il s'approche de sa salvation. Est-ce la fraîcheur de la pièce qui lui procure la chair de poule, ou bien est-elle due à la promesse de cette proximité à laquelle il voue un désir éperdu et qui lui apparaît enfin à portée de main ? Les notions de temps et de lieu, elle vient de l'en priver. Serait-elle l'ange qui l'élèverait de ses tourments, ou bien le coup de grâce qui l'engloutirait dans un trou sans fond ? L'attraction qu'elle exerce lui est, en tout cas, irrésistible. Douce folie. Si insidieuse, qu’il est privé d’une prise de conscience. Il n’en veut pas. Le mathématicien, il laisse volontiers sa raison, ainsi que sa logique, se faire corrompre. Se faire les prisonniers des mains de la précieuse revenante. Et quand bien même sa présence d'esprit lui serait entièrement acquise, il se jetterait malgré tout à corps perdu auprès d'elle. Toujours, le silence les enrobe, et accompagne son avancée. Il ne voudrait pas provoquer sa fuite, si bien qu'il conquière cette distance avec toujours plus de précaution, savourant chaque centimètre anéanti qui le rapproche de la mort. De la folie. Déjà, son sens olfactif croit percevoir l'essence qui est la sienne. Déjà, ses réserves en dopamine, trop longtemps réprimées, déferlent en lui telle une vague dévastatrice autant que salvatrice. Si belle, si jeune... si proche. L'homme envouté, il s'immobilise. Il n'aurait plus qu'à lever le petit doigt pour l'effleurer. Pourtant, ses mains côtoient toujours le fond de ses poches, comme s'il avait le besoin de cette restriction pour bien se tenir. Et de cette façon, il se contente d'épouser les formes que prend son corps à quelques centimètres d'elle. Le regard perçant, avide, il se ravit de son dos, et se languit de son visage. Le sien, il frôle à présent l'un de ses cheveux. Et certainement que sa respiration saccadée, non loin de son oreille, a depuis trahit sa proximité. A moins qu'elle ne l'ait deviné depuis le tout début ? Il la veut. Qu'ils soient avertis : son manoir aurait désormais des allures de prison. Annie... Oh jeune Annie, quel mauvais sort as-tu décidé de jouer au pauvre fou ?

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Devon Matthews

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MessageSujet: Re: Vertigo   Mer 28 Oct - 15:36

Devon s'avance vers le grand manoir. Ses pas ne sont pas aussi assurés que lorsqu'elle foule le parking de l'hôpital pour vivre une nouvelle journée auprès de ses patients, mais ils sont tout de même maîtrisés. Elle ne donne pas l'impression de vouloir partir en courant, juste celle d'hésiter un peu. Le même sentiment étrange la gagne comme à chaque fois qu'elle s'aventure ici : un drôle de malaise, une évidente gêne quant à sa présence en ces lieux baignés de souvenirs. Annie a vécu dans cet endroit, avec son mari et sa fille. Sa sœur a bâti toute sa vie entre les quatre murs de cette imposante bâtisse mais c'est tout ce que Devon peut en dire. Elle n'en connaît pas les détails, ni n'en a deviné les secrets. La jeune infirmière persiste pourtant. Elle cherche à rattraper un temps perdu auprès d'une sœur qu'elle ne pourra jamais retrouver. Elles ont toujours été différentes, après tout. Complètement et totalement différentes, que ce soit dans l'âge ou dans la façon d'être. D'où son attachement bien plus réciproque avec Caleb qu'Annie. Toutefois, les regrets ont commencé à guetter son quotidien lorsque sa sœur est partie. Avant, Devon savait qu'elle n'était jamais loin. Si elle le voulait, elle pouvait l'appeler, juste pour prendre de ses nouvelles ou lui confier une pensée trop lourde à porter seule. A présent, et ce depuis quelques années, la cadette Matthews a perdu cet énième repère. Annie n'est plus, tout comme son enfant. Seul persiste dans l'enceinte de ce manoir la présence étrange d'un mari qui ne semble pas avoir oublié sa grande sœur, malgré le temps qui passe. Et c'est ce qui pousse Devon à venir jusqu'ici, depuis quatre ans maintenant, à intervalles plus ou moins régulières, en réussissant à rester plus ou moins longtemps au coeur du manoir. Grâce à ces visites, la jeune femme s'assure que William va bien. Elle s'est chargée de cette mission seule, comme une grande, car elle sait qu'une telle idée ne serait pas venue de lui. Et, par la même occasion, Devon en profite pour en apprendre un peu plus sur cette grande sœur qu'elle n'a que peu connue. Au détour des récits de l'homme, même si peu bavard sur cette période de son existence qui lui manque de façon évidente, la jeune femme se laisse transporter dans cette autre vie qu'elle aurait pu partager, si seulement elle avait eu un exemple concret de ce qu'est supposée être une famille. Des parents incapables de s'occuper de leurs trois enfants ont fait de ces derniers des êtres pour qui le mot 'famille' représente tout ou peu de choses : en ce qui concerne Devon, son cœur a toujours considéré Caleb comme 'tout' et Annie tel le 'peu de choses'. La pointe de culpabilité qui l'assaille soudain la pousse à accélérer le pas. Le gravier crissent sous ses petites baskets blanches tandis que ses bras se resserrent sur eux-mêmes. La fraîcheur de ce début d'après-midi n'est pas comparable aux autres. Rien n'est comparable au reste lorsqu'on s'approche de ce manoir, et Devon sait d'avance qu'elle ne quittera pas sa veste de si tôt une fois à l'intérieur. Devant la grande porte d'entrée, le petit poing serré de l'infirmière s'élève dans les airs avant d'atterrir avec fermeté contre le bois. On lui ouvre, on la guide jusqu'à une pièce sombre, à peine éclairée au niveau de la fenêtre (vers laquelle Devon se dirige sans attendre tant l'impression de manquer d'air soulève son estomac), et on lui demande d'attendre l'arrivée de Monsieur Drusten. Depuis le temps que Devon vient ici, elle n'a pas retenu s'il s'agit d'une femme de ménage, d'une intendante ou d'une personne qui loge dans une des chambres de l'endroit (qui sait ?). Elle devrait poser la question. Observant un instant la pièce, où les objets épurés se mêlent aux couleurs strictes, la cadette Matthews ne perd pas de temps avant de laisser son esprit se perdre dans la contemplation du jardin qui apparaît derrière la fenêtre. Il est majestueux. Grand, rempli de couleurs de ci et là, entretenu juste ce qu'il faut pour permettre à la nature de garder cet aspect sauvage qui fait toute sa beauté. Est-ce qu'Annie aimait s'y promener ? Prise dans ses réflexions, Devon met un temps à réaliser la présence du maître des lieux. Sentant bouger ses cheveux, elle ne peut s'empêcher de briser ce contact qu'il a établi en posant une main sur ces derniers et en se retournant vers lui. Obligée de relever son regard dans le sien, car plus petite, l'infirmière laisse un sourire doux gagner ses traits. « William... » Sa voix est un mélange de surprise, de bienveillance et de soulagement. Elle est soulagée de le voir là, à ses côtés, et pas perdu au milieu des immenses couloirs sombres de son manoir. « On m'a dit d'attendre ici », l'informe-t-elle de son petit ton joyeux. Une bonne humeur qu'elle cherche toujours à rendre contagieuse, même si elle aperçoit rarement une réponse en ce sens dans le comportement de William. Elle essaye des choses, tente de donner le meilleur d'elle-même dans cette entreprise périlleuse sans se décourager, et surtout sans être trop brusque. Tournant un instant la tête en direction de la fenêtre, elle laisse son index venir cogner contrer l'une des vitres claires. « Et je regardais la vue. » Haussant les épaules, elle ose de nouveau affronter les iris perturbantes du trentenaire. « Comment... vas-tu ? » Cette question, il y a droit à chaque fois. Il sait ce qu'elle sous-entend, elle sait le genre de réponses qu'elle va obtenir. Mais Devon se doit de lui prouver qu'elle s'en soucie, de ce qui se passe dans sa tête et dans son cœur, et que même si Annie n'est plus là pour le faire, peut-être peut-elle tendre à la remplacer un peu lorsqu'il s'agit de ne pas le laisser livrer à lui-même.

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William Drusten
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MessageSujet: Re: Vertigo   Ven 30 Oct - 14:03

Son visage entier s'illumine, lorsqu'elle se retourne et l'aperçoit. Tant et si bien qu'elle conforte davantage ce contentement qui est le sien. Ce ravissement. Si Annie est belle, son sourire l'est plus encore. Elle prononce son prénom, elle le caresse, le chérit, de sa bouche, de sa voix. Existe-t-il plus envoutante mélodie que le charme que donne l'être-aimée à votre prénom ? Elle lui offre le sentiment de faire de ces quelques lettres un précieux trésor qu'elle protège du bout de ses lèvres. Oh Annie, sa douce Annie, elle lui a tant manqué. Et enfin, il laisse ce manque faire sa place au creux de sa carcasse pour mieux l'exorciser. Il renaît. Ou peut-être qu'au contraire, il se meurt, et se livre plus que volontiers à un trépas aussi doux que ravissant. Si elle est morte, peut-être que lui aussi. Car il n'a pas le sentiment d'appartenir au même monde dorénavant. Lentement, implacablement, il a glissé, il s'est enlisé, hors de tout bon sens. Lui, le mathématicien, l'homme de logique, il ne cherche plus à faire sens de l'inexplicable. La raison ? Mais quelle raison ? Certainement pas la sienne, lorsque son quotidien solitaire n'a pu qu'éroder cet esprit qui fut un jour le sien. Il en a fallu du temps, pour qu'il perde finalement pieds sur terre. Mais à présent, il la sent, cette réalité qui file et s'échappe entre ses doigts glacés. Elle est de retour. Elle est là, il peut la voir, et il s'apprête à la capturer pour que la mort n'ait pas l'idée de la lui dérober à nouveau. Il est hors de question de la voir s'évanouir de son existence, au risque de faire de lui un véritable fou cette fois-ci. Mais ne l'est-il pas déjà, fou ? Fou de l'irréel, de l'évanescent, du chimérique. Fou de croire à sa chance. Lentement, puis sûrement, le trentenaire s'est fabriqué une prison dorée, là-haut, au détour d'un lugubre recoin de son esprit. Une prison pour lui-même, un piège pour sa raison. Une prison qui pourtant, le libère. Derrière ces barreaux, il s'élève et s'allège. Alors si folie il doit y avoir, peut-être était-ce celle de s'enfermer dans ce carcan étroit de logique et de bon sens. Pour rien au monde il ne voudrait souffler et terrasser cette illusion, si bien qu'il renonce à l'élément capital qui faisait de William ce qu'il était. Et après un pied dans ce monde de chimères, le second le rejoint. L'homme ferait de ce manoir, leur refuge, leur eldorado. Là où personne ne pourrait lui faire entendre raison. Il est déjà si loin, qui pourrait seulement le rattraper ?  L'homme est aveuglé. Aveuglé, il l'est non pas par la lumière émanant de cette fenêtre, mais par la force d'un désir qui n'est devenu que trop puissant pour se retrouver plus longtemps ignoré. Il voulait la retrouver. Il l'a retrouvé. William n'a pourtant pas le cœur tendre, mais une évidence s'est imposée à lui. De ces poils fébrilement dressés, la chair de poule est toujours sienne, lorsqu'il effleure du bout de ses doigts sa joue, pour également offrir à leur peau ces retrouvailles. Il l'effleure, pour la découvrir. Pour savoir si ce fantôme est palpable. Pour s'assurer qu'elle est de chair et d'os, à son grand soulagement. Mais peut-être aurait-il dû s'abstenir, lorsqu'il en demande à présent davantage. Il en a le besoin. Et sa main gauche, jalouse de la droite, rejoint bientôt l'autre joue, pour ainsi  toutes deux faire de son visage leur prisonnier. Et ses lèvres prennent alors le risque d'ébranler les fondations de leur sculpture de marbre, par le biais de cet authentique arc bienheureux. « Bien sûr, qu'on te l'a dit » Ou aurait-elle pu attendre, jusqu'à quel lieu aurait-elle été guidé, si ce n'est chez elle ? Chez eux. Elle est revenue, pour lui. Elle ne pouvait décemment pas le laisser seul. Et en guise d'humble remerciement, l'homme dépose un chaste baiser sur son front. Un baiser innocent qui pourtant signifie tant, et auquel il accorde tout son temps. Et puis, c'est tout le reste de son corps qui est bientôt jaloux, si bien que ses mains abandonnent ses joues, pour mieux laisser ses bras s'enrouler autour de son buste et l'amener jusqu'à lui. Là, elle est sa prisonnière. Là, elle a trouvé sa juste place. Son corps épouse les courbes du sien, comme s'il reconnaît instantanément qu'il vient de retrouver sa seconde moitié. Un soupir heureux, offre un souffle chaud au creux de son cou et fait danser quelques uns de ses cheveux. Elle sent bon, sa salvation. Un délice pour son nez, autant que pour cette épiderme, lorsque ses yeux à présent clos en sont temporairement privés. Comment va-t-il ? Mais il va mieux. Le silence de l'évidence. Voilà donc à quoi cela ressemble, d'étreindre un fantôme.

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MessageSujet: Re: Vertigo   Sam 28 Nov - 14:28

Devon croise intérieurement les doigts. Elle sait que William peut lui répondre quelque chose, même si ce n'est qu'un souffle étouffé, ou une réflexion désintéressée. La jeune infirmière espère pour lui, presque à sa place. Elle pense si fort à cet espoir qui se refuse à devenir vain, malgré toutes les tentatives ratées ou avortées par l'esprit ailleurs et habile de William, depuis que la jeune femme a décidé de venir de plus en plus le voir, qu'elle se pousse à croire que cette minuscule pensée pleine de bons sentiments va se transmettre d'elle-même au propriétaire des lieux sans qu'elle n'ait besoin de l'y inciter. Sait-on jamais, si Devon y met tout son coeur, un souffle bienveillant et même une grande partie d'elle, bien qu'elle en sortira sans doute éprouvée (comme à chaque fois), pour qu'aujourd'hui soit le jour où le mathématicien se livrerait un peu à elle, peut-être que ça marchera. En attendant, le silence règne. Déjà, son sourire perd un peu de sa saveur quand le doute la gagne. Que doit-elle faire ? Continuer à parler ? Et parler de quoi ? Poursuivre sur la pluie et le beau temps ? Les futurs événements qui se préparent en ville ? Lui donner des nouvelles de Caleb même s'il s'en fiche ? Son silence à lui attend-il le sien en retour ? Devon ne met le doigt sur aucune réponse. Les questions se bousculent sans cesse dans ces moments-là, ces instants si particuliers, coupés du monde et inédits, que l'infirmière ne peut satisfaire ce besoin soudain de trouver le bon mot, ou le bon geste. William est si mystérieux. Est-ce l'impression qu'avait également Annie au début ? À cette énième interrogation non plus la cadette Matthews n'aura de réponse miracle. Elle ne peut plus en avoir depuis un moment maintenant, mais elle commet encore l'erreur de penser que sa sœur est toujours là d'une certaine façon, quelque part. Pour l'appuyer dans ses choix, comme elle ne l'a jamais fait de son vivant, ou bien pour la remettre dans le droit chemin, bien que son aînée n'ait jamais vraiment eu à le faire avec elle, mais plus avec Caleb. Les rares tentatives d'Annie à ce sujet ont échoué, mais Devon ne lui en veut pas. Plus. Elle a cessé dès que l'annonce de sa disparition a ricoché contre ses tympans et que la douleur brève et surprenant de sa perte a tout terrassé sur son passage, empêchant la jolie infirmière de ne pas se laisser avoir par les tourments et la culpabilité. Son regard s'élève dans le sien. De façon très rapide, d'une façon qui se veut discrète et douce. Un contact visuel que Devon s'acharne à vouloir établir une nouvelle fois, mais elle n'en a pas le temps. Son initiative meurt dans l'œuf alors qu'elle n'a pas droit à une réponse, mais à un baiser, puis une étreinte. Un geste qui détonne avec tout ce qu'a pu faire William jusqu'à présent, que ce soit aujourd'hui en entrant dans cette pièce ou avant. Ces bras qui encerclent désormais ses épaules la pressent d'une demi-force contre laquelle elle n'ose tout d'abord pas lutter. « Ok, euh, d'accord... », qu'elle souffle contre son torse, en préférant ne pas bouger d'un pouce. Bien sûr qu'on te l'a dit. Les mots du mathématicien hantent le silence qui s'installe de nouveau. Pourquoi est-ce qu'elle y dénote une certaine évidence ? Pourquoi est-ce que ces mots la troublent et la contraignent à cogiter de trop ? Elle ne comprend pas son comportement, elle ne comprend pas ce qu'elle a pu faire pour mériter une telle réaction. Une telle marque d'affection. D'habitude, la jeune femme fait attention à ne pas forcer les choses, à ne pas se rapprocher trop vite ni trop tôt. Mais avec cette étreinte soudaine, William franchit toutes les barrières qu'il a lui-même érigées entre eux. Et qu'il érige sans doute avec tout le monde depuis la mort d'Annie. Devon s'avoue dépassée. Elle ne saisit pas très bien ce qui se passe et ça la rend nerveuse. Le regard à la recherche d'une main tendue pour la sortir de cette passé déstabilisante, l'infirmière essaye de se racler la gorge pour faire comprendre à son hôte qu'il faut la lâcher, la libérer, maintenant. William n'esquisse pas le moindre geste, ni ne revient à elle. Il semble perdu à des années lumières d'elle, la laissant seule face à une situation qu'elle ne maîtrise pas. En supposant que Devon n'ait ne serait-ce qu'un jour réussi à anticiper les réactions de William. Oui, le chemin est encore long, pour sûr semé d'embûches, rempli de surprises, mais la cadette Matthews est prête à s'y lancer les yeux fermés si cela permet à l'homme qui a fait un pas vers elle aujourd'hui d'aller mieux. « Tu vas m'étouffer, William... », qu'elle murmure contre son torse, sans un sourire, un peu inquiète, alors que sa voix reprend corps sur la fin de son prénom. Toujours dans le dessein de le faire sortir de cette torpeur qui se dégage de cette étreinte, et dans laquelle il l'oblige à se plonger aussi. Dans le même temps, ses mains graciles viennent d'abord se placer au niveau de la taille de William, première prise qu'elle peut avoir dans cette configuration étroite, avant de remonter lentement un peu plus haut, froissant le tissu de son vêtement au passage, jusqu'à ce que dernier reprenne sa place, comme si de rien n'était. Ses paumes à plat contre son torse, l'infirmière redresse le visage comme elle peut, pour initier un premier mouvement de recul, obliger le mathématicien à desserrer sa prise, jusqu'à ce que ses bras ne montrent l'exemple en éloignant son corps du sien. Une fois à quelques centimètres de lui, Devon ne peut s'empêcher de croiser les bras dans un geste nerveux. Gênée, elle choisit de détourner bien vite le regard et de faire quelques pas dans la pièce histoire de prendre du recul sur ce qui vient de se passer. Jetant un dernier regard fuyant à William, accompagné d'un sourire tendre, avant d'activer une marche lente et peu assurée, aucun mot ne passe la barrière de ses lèvres. Incapable de savoir dire, ou quoi faire, la jeune femme n'a d'autre choix que de se concentrer pour apaiser au plus les battements détraqués de son coeur.

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