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 the financial permeability • (kitty)

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Dean Rogers
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MessageSujet: the financial permeability • (kitty)   Lun 7 Sep - 19:50


The financial permeability
or the unexpected interview of a butterfly by a hound”

{feat. kitty}
Ce matin-là, lorsque Dean entra dans le cagibi qui lui servait de bureau à l'arrière de son restaurant, la lumière rouge émanant du répondeur automatique clignotait à intervalles réguliers. Ce phénomène pourtant si ordinaire était inhabituel pour Dean. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison, que personne n'appelait jamais Dean. D'une part, parce que très peu de personnes possédaient son numéro et d'autre part, parce que personne ne se risquait jamais à l'appeler sachant de quelle manière l'interlocuteur allait les recevoir à l'autre bout du fil. En bon technophobe qu'il était, Dean s'approcha avec hésitation de la boite noire, puis appuya furtivement sur un bouton sans réellement connaître la véritable fonction de celui-ci. Rien ne se produisit. Il appuya sur un second bouton qui déclencha une alarme assourdissante. Le restaurateur fronça les sourcils et fit pianoter ses doigts sur l'objet sortie tout droit de l'enfer, puis finalement donna un coup de poing sec sur le répondeur, qui délivra enfin son message. *Vous avez – 1 nouveau message. Message 1. Hier à – 23h17* commença à déblatérer la voix robotique. « Bonsoir Mr. Rogers. Ici...heu...Mlle. Grint... votre banquière...Excusez-moi de vous déranger mais...j'ai noté plusieurs erreurs dans...dans les factures et les rapports de...de comptabilité...que vous m'avez envoyé...Rien de grave ! Bien sûr...mais...il faudra que vous passiez à la banque pour...Non ! Je veux dire...si vous pouviez regarder de votre côté et...m'envoyer vos corrections...Cela serait parfait...Merci d'avance...Heu...voilà...Excusez-moi encore pour le dérangement...Au...au revoir » s'arrêta finalement la voix tremblante de la banquière. Un bip sonore final retentit et Dean poussa un long soupir d'énervement, qui se termina par un rictus nerveux. L'état émotionnel de Dean déjà compromis par nature se situait actuellement entre le dépit moqueur et la furie salvatrice. Sa journée ne pouvait que mieux commencer. Impulsivement, sa main gauche se crispa autour du combiné du téléphone, mais son geste fût bientôt coupé par la douleur vive qui irradia son poing. Il n'avait même plus de force pour cela. Il lâcha le téléphone et alla s’asseoir sur la chaise de bureau avec mollesse. Dehors, le soleil se levait à peine et par la fenêtre du bureau, l'on pouvait entrevoir que l'océan était à marée basse. Pris d'un bâillement incontrôlable, Dean porta sa main devant sa bouche avant de passer ses doigts cornus sur les cernes violacées qui avaient contaminé son visage depuis quelques mois déjà. Il devait se rendre à l'évidence inavouable qui lui explosait au visage depuis qu'il avait ouvert son restaurant. Même si le Ocean Seafood était une renaissance pour Dean, depuis que son bateau de pêcheur avait été incendié, le restaurateur était aux bouts de ses forces. Pêcheur, gérant, cuisinier, comptable... Malgré tout l’orgueil et la force qu'il possédait, il ne pouvait plus tout faire tout seul. Ses journées étaient longues et ses nuits de plus en plus courtes. Si ce coup de fil le rendait si moribond, c'est qu'il avait passé une nuit entière à faire les comptes de son restaurant, la semaine passée. Il n'avait ni le temps, ni la volonté (par pur esprit de contraction) de reprendre ce travail qu'il trouvait chronophage et ennuyeux. En temps normal, Dean aurait passé un coup de fil peu diplomatique à son empoté de banquière pour lui conseiller de changer ses lunettes de vue, car la cécité devait certainement la guetter. Mais avec quatre heures de sommeil pour simple repos et une dose d'antalgiques suffisante pour endormir un éléphant, Dean élimina d'office cette éventualité. Que faire alors ? A en avaler presque sa langue pour l'admettre, il dût se rendre à l'évidence qu'il avait besoin d'aide. Finalement, il décrocha son téléphone et composa le numéro du journal local. « Bonjour, je souhaiterais faire publier une annonce dans le prochain numéro s'il vous plaît. Oui j'attends... » dit-il en se redressant sur son siège.

RECHERCHE PERSONNE EXPERIMENTEE POUR PETITS TRAVAUX DE COMPTABILITE
Secteur : restauration. Horaires : variable (intervention ponctuelle, soirée et/ou week-end). Rémunération : à négocier. Exigences : poste ouvert aux personnes majeures uniquement.
Si vous êtes intéressé, veuillez vous présenter au comptoir du : Ocean Seafood Restaurant, 147 Marine Drive, Fairview, OR 97024.

Voici l'annonce qu'avait donc fait publié Dean trois jours plutôt dans le journal de la ville. Depuis cela, aucun individu autre que ses clients habituels n'avaient passé la porte de son restaurant et ses livres de comptes avaient encore augmenté de volume. Quelque part, le restaurateur était heureux que personne n'ait répondu à son annonce. De fatalité, il serait obligé de compter uniquement sur sa personne (la seule en qui il pouvait avoir une totale confiance) et son insignifiante de banquière pourrait bien aller au diable, si elle voulait récupérer les chiffres exacts de son établissement. Contrairement à la majorité des gens dans son cas, Dean n'était pas vexé que personne ne vienne à son aide, bien au contraire, cela le satisfaisait grandement. *Diling* La clochette de la porte d'entrée du restaurant tinta et le patron du Ocean Seafood se redressa de sous le bar. Il était neuf heures trente du matin pile et une étrange tête rousse venait d'entrer dans le patio, tout près du comptoir. « Le restaurant est fermée Mademoiselle. Le service commence à 11h » déclara Dean qui était en train d'essuyer des verres à vin à l'aide d'un torchon propre. Haute comme trois pommes, la petite créature rousse à l'allure de danseuse étoile, lui tournait le dos et semblait hypnotisée par le décor aquatique de l'établissement. Elle balaya la pièce des yeux un long moment, puis finit par se retourner vers Dean, en posant des yeux cristallins sur lui. « Vous êtes sourde, muette ou les deux ? » commenta le restaurateur avec son amabilité légendaire. Il n'était pas du genre patient comme homme.

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Kitty Abernathy
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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Mar 8 Sep - 21:11


“We run around like we don't care,
It's gonna leave its mark somewhere,
Do you want to show me something new? ”
{years & years ♫ take shelter}

Cela faisait non pas deux fois qu’elle recomptait le nombre de crayons sur son bureau, mais bien quatre. Obsédée par ce chiffre qu’elle tordait et re-tordait dans tous les sens, son esprit était incapable de penser à autre chose, entièrement focalisé sur cette lubie qui lui était caractéristique. Kitty avait toujours été douée avec les mathématiques, mais cette passion s’était très vite retournée contre elle. Légèrement autiste, elle entretenait des rapports sociaux anormaux avec autrui, ainsi que des comportements restreints et répétitifs. Dans ce schéma flou, seules les constantes numériques étaient sa salvation, ou parvenaient à calmer ses angoisses. Or depuis quelques temps, il lui semblait avoir fait des progrès, néanmoins balayés par des évènements extérieurs à sa propre existence, qui avaient suscité beaucoup d’interrogations. Quoi qu’il en soit, un certain agacement s’était emparé de son être à partir du moment, où elle avait ressenti pour la première fois le concept d’inutilité. Ou plus exactement d’être inutile. Jugée assez rapidement inadaptée pour bon nombre d’actions « typiquement adultes », ses parents, puis Harry avaient pris en main la gestion des rudiments élémentaires de sa vie. L’argent, qu’elle dépensait très peu lui venait d’une rente de sa mère, à laquelle s’ajoutaient les profits des progiciels qu’elle vendait. Elle avait en réalité, une notion quasi inexistante de la valeur de la monnaie, et ne s’embarrassait pas de pareilles considérations. Non pas qu’elle s’en moquait, ou faisait preuve de mauvaise volonté, elle était tout bonnement inconsciente.

Et puis, ses yeux s’étaient arrêtés par hasard sur une annonce du journal de Fairview. Si d’ordinaire elle ne lisait que très peu (elle était dyslexique), elle avait voulu se prêter à l’exercice, dans le but de faire état de ses prouesses à son jumeau. Les lignes n’étaient pas nombreuses, en revanche la difficulté demeurait, car les lettres insidieuses se déliaient et se liaient pour former des mots qu’elle mélangeait à tout va. Si résoudre des théorèmes était extrêmement facile, la simple lecture d’un texte minime équivalait à soulever des montagnes. Moyennant quoi, la perspective d’y répondre avait été grande. Il s’agissait d’une requête somme toute banale, faisant appel à quelqu’un ayant des aptitudes en comptabilité pour venir dépanner occasionnellement. Un travail à sa portée. A l’exception du fait que Kitty gérait mal les situations de dépendance hiérarchique, ce qui expliquait probablement pourquoi son activité principale (bidouiller des codes informatiques) était réalisable à la maison, bien à l’abri dans le petit nid douillet de sa chambre. Cependant, muée par une sensation de danger, et d’imprévisibilité, elle avait contre toute attente, décidé d’y aller, sans prendre la peine de téléphoner au préalable. De toute façon, à part envoyer des sms, et rester des heures avec Luke à l’autre bout du combiné, elle détestait appeler les gens. D’une part car elle ne savait jamais quoi dire, et d’autre part, car il lui arrivait de buter sur des sentences de phrases.

À ne pas s’y mentir, c’était surtout le lieu : à lui seul l’Ocean Seafood titillait sa curiosité. Sauf que devant le fait accompli, elle n’était plus trop sûre de vouloir mener à bien ce qu’elle considérait désormais comme sa quête. Hélas, il était trop tard pour faire marche arrière, car le contrôle de sa main lui avait échappé pour sonner à la porte. Elle ferma un instant les paupières pour se donner assurance en se focalisant sur le son des vagues qui mugissaient non loin. En vain. Alors elle fit ce qu’elle avait de mieux à faire en pénétrant d’une démarche automatique dans l’établissement : elle s’attacha aux détails pour mieux les dénombrer. Immédiatement, les battements de son cœur diminuèrent leur cadence, tandis qu’elle dévisageait l’étrange décor aquatique, qui lui rappelait un ancien jeu vidéo. C’était.. magnifique. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres rouges, et elle tressauta au son de la voix grave qui l’accueillit. Son hôte était singulier. Il avait des yeux d’un bleu si profond, qu’elle cru pendant de longues secondes qu’il pouvait lire son âme et tout ses secrets. Sans être beau, il dégageait quelque chose d’impressionnant, de magnétique. Pire encore : il lui donnait la chaire de poule. « Autiste. » Lâcha t-elle avec présomption, comme si ce fut la chose la plus normale qui soit, mais les mots semblaient lui avoir échappé. Kitty était incapable de mentir, ni faire preuve de retenue, elle n’avait aucune barrière de sureté. « Je viens pour le poste. Je m’appelle Kitty Abernathy. » Cinq, six, sept. Elle se déplaça vivement dans la salle, et vint se poster juste en face de lui. « Vous avez quatre ampoules qui ne fonctionnent plus. Par où on commence ? » Déblatéra t-elle à toute vitesse, en resserrant l’emprise de son sac contre sa poitrine au bord de l’implosion. Elle venait de braver tellement d’interdits personnels, qu’elle craignait que son muscle vital parte en chute libre.

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Dean Rogers
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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Jeu 17 Sep - 0:12

Travailler avec Dean relevait de l'exploit olympique. Les quatre derniers commis de cuisine qui s'étaient risqués à pousser la porte de son restaurant, pour tenter leur chance derrière les fourneaux, avaient rendu leur tablier (de force ou non) après moins d'une semaine. Dean était un patron sévère et intransigeant, qui ne laissait passer aucune erreur, qu'elle soit accidentelle ou exceptionnelle. Par ailleurs, son caractère colérique le rendait particulièrement difficile à supporter, notamment au moment des coups de feu où le chef n'hésitait pas à déverser sa pression sur les braves âmes qui pouvaient l'épauler. Actuellement, Dean employait deux étudiants à mi-temps (un garçon et une fille) qui assuraient le service en salle les soirs et les midis, ainsi que la plonge durant les week-ends. Le Ocean Seafood étant un établissement aux proportions architecturales très modestes, l'emploi de davantage de personnel était inutile pour Dean qui, (si cela était humainement possible) gérerait l'ensemble du service lui-même. Seulement, la ténacité et la passion du restaurateur étaient aujourd'hui mis à l'épreuve de ses propres limites physiques et intellectuelles. L'idée de se faire assister par un tiers pour gérer son affaire était abominable pour Dean, dont l'ego surdimensionné avait bien longtemps repoussé cette éventualité. Mais à présent, sa défaillance physique empiétait gravement sur ses capacités de réflexion et même sur son jugement qui se faisait plus concédant envers l'habituel impensable. C'est ainsi que le vieux marin s'était résolu à passer une annonce dans le journal local, en recherche d'une aide avisée qui pourrait seconder son travail de comptabilité. Dean était un homme intelligent et profondément éduqué, mais il préférait davantage passer des heures à pêcher en mer, que de les gaspiller immobile derrière un bureau, à compter ses factures. S'il voulait que son affaire continue à tourner à bon train, sans que des créanciers mal lunés viennent lui chauffer les esgourdes toutes les semaines, Dean devait accepter de s'enquérir d'un peu d'aide pour l'avenir. Le réel problème de Dean n'était pas réellement celui de se faire seconder, mais plutôt celui de faire suffisamment confiance à une personne, au point de lui confier ses livres de comptes. Sur ce point, la liste des personnes répondant à ce critère de sélection ne se composait que d'un seul nom...

On dit parfois que le destin sonne à la porte lorsque l'on s'y attend le moins. Et ce matin-là justement, Dean n'attendait personne. Même pas le postier qui, de toute façon, avait déjà fait sa ronde. La clochette retentit et la porte d'entrée du Ocean Seafood s'ouvrit pour laisser entrer une jeune femme rousse à l'allure céleste. Dean, qui n'aimait ni les visites imprévues, ni être dérangé pendant son travail, accueilli la jeune intruse avec son amabilité habituelle. Visiblement plongée dans ses pensées et fascinée par la décoration du restaurant, la demoiselle parcourue lentement la pièce du regard, avant de finalement daigner regarder le maître des lieux. « Autiste » lâcha t-elle avec présomption, en réponse à la remarque inhospitalière de Dean. « Je vous demande pardon ? » répondit presque du tac au tac le restaurateur, qui croyait soudainement que la jeune femme se moquait de lui. « Je viens pour le poste. Je m’appelle Kitty Abernathy » ajouta-t-elle nonchalamment, en continuant d'inspecter les lieux avec détail. Dean échappa un petit rictus moqueur à ces mots et s’apprêtait à remercier poliment la jeune femme (dans le sens de la renvoyer vers la sortie) avant d'être coupé dans son élan. « Vous avez quatre ampoules qui ne fonctionnent plus. Par où on commence ? » lui dit-elle en venant finalement se planter devant lui. Le restaurateur leva soudain un sourcil interrogateur et se mit à toiser la petite rousse avec intérêt. Son sac à main plaqué contre sa poitrine, elle témoignait d'une attitude qui trahissait l'inconfort de son corps, à l'inverse de sa voix qui reflétait une assurance naturelle. Elle ne semblait pas effrayée de son propre comportement, mais de celui de l'adulte qui lui faisait face derrière le comptoir. Après un coup d’œil furtif sur les murs et les plafonds de son établissement, Dean constata (sans réellement y prêter attention) que quatre ampoules ne fonctionnaient effectivement plus dans la salle de son restaurant. Un détail qui chagrina moins le maniaque en lui, que l'impolitesse de la jeune rousse. « Par votre manque certain de cérémonies, sans doute. Personne ne vous appris à dire « bonjour » lorsque vous rencontrez quelqu'un Mademoiselle...Abernaty ? » fit doucement remarquer Dean d'une voix calme, mais sarcastique. La politesse et les bonnes manières étaient deux choses auxquelles le restaurateur apportait énormément d'attention. La petite rousse partait donc du mauvais pied avec lui sur ce point-là. « Je pensais pourtant avoir préciser dans l'annonce que ce poste s'adressait uniquement à des personnes majeures... » commença Dean en détaillant la demoiselle aux allures enfantines. « ...mais peut-être avez-vous des références exceptionnelles à me montrer qui pourraient justifier de vos aptitudes et légitimer votre présence ici. Si ce n'est pas le cas, je vous prierais de bien vouloir quitter mon restaurant maintenant. Je n'ai pas vraiment de temps à perdre avec des débutants » termina le brun en accompagnant ses paroles d'un grand geste de la main en direction de la porte d'entrée. Dean n'était pas du genre à se laisser attendrir par la première petite tête blonde (en l'occurrence rousse) qui venait montrer son minois à sa porte. Si quelqu'un devait travailler pour lui, cela devait être quelqu'un de sérieux en tout point.

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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Dim 11 Oct - 10:45

Les décors d’une teinte bleutée lui rappelaient vaguement une histoire que Harry lui avait racontée un soir d’hiver lorsqu’ils étaient petits. Quel était le titre déjà ? Il s’agissait de quelque chose sous la mer, mais elle ne se rappelait plus les termes exacts. Son frère savait à quel point elle pouvait être fascinée par le grand bleu, et s’était empressé de lui faire état de sa trouvaille chez un bouquiniste. Si elle était incapable de lire, elle se rappelait avec exactitude des péripéties de ces trois naufragés fait prisonnier à bord du Nautilus par le capitaine Nemo. Un étrange personnage froid, mais extrêmement intelligent et peu enclin à côtoyer les humains. Or à l’époque, lui donner des traits physiques s’était avéré compliqué dans son esprit, toutefois, désormais face à son hôte, elle pouvait aisément percevoir une certaine ressemblance : un front large, des yeux noirs pleins d’assurance, un nez droit, une bouche bien dessinée, et de longues mains fines et allongées. Dean Rogers était Nemo. Au souvenir de ses colères effrayantes, elle frissonna, imaginant facilement les doigts blancs se serrer autour de sa gorge. À l’instar de ses instants de frayeur lors de la narration de l’épopée célèbre où  la présence de son jumeau l’avait rassuré, cette fois ci Kitty était seule. Seule face à cet homme inquiétant. Aussitôt, elle regretta d’être venue. Peut-être avait-elle été un peu trop présomptueuse en voulant répondre à cette annonce ? L’idée de prendre les jambes à son cou la titilla, et la fit légèrement trembler. Sortir de chez elle était déjà un exploit en soit, mais faire face à quelqu’un d’aussi impressionnant l’était davantage. Pour se donner du courage, elle se récita intérieurement l’écriture décimale du nombre PI, ce qui fit chuter ostensiblement les battements de son cœur. En cas de peur immense, mieux valait compter sur les mathématiques plutôt que sur ses nerfs à fleur de peau.

De nouveau sa voix grave la fit sursauter, et elle remercia intérieurement son sac qu’elle retenait comme une bouée de sauvetage contre son estomac, auquel cas, elle eut déjà fait de dériver. « Je suis autiste à 5%, enfin... C’est ce qu’on m’a dit. Je ne suis pas sourde ou muette, je répondais simplement à votre question. » Elle fut presque étonnée, qu’il ne soit pas au courant, car pratiquement la moitié de la ville était dans la confidence, que la petite rouquine était ’différente’. Presque tous avaient été confronté à la bizarrerie de Kitty, ayant à son égard tantôt de la compassion, ou de la moquerie. Avec le temps elle s’y était habituée, et vivait son petit bonhomme de chemin sans rien demander à personne. « Désolé. Bonjour Monsieur. » Elle esquissa un mince sourire, se retenant bien de lui présenter sa paume pour le saluer. Un, elle détestait les contacts physiques, et deuzio, il lui faisait peur. On ne pouvait pas mieux commencer pour établir un rapport de travail. Malgré tout, elle tâcha de faire bonne figure, aller au bout de sa démarche était important pour elle. De nombreuses fois, elle avait tenté de travailler, de faire comme monsieur et madame tout le monde, ‘d’être normale mais elle n’était pas tout le monde, et s’était vite heurtée à des désagréments. Depuis sa tendre enfance – et à l’exception de ses parents – Kitty avait été maternée, du moins, tout avait été fait pour la préserver des autres. Et avec le temps, rien n’avait changé. Personne ne la considérait comme une vraie adulte, et ses proches y compris Harry faisaient preuve d’une indulgence exemplaire à son égard, la traitant comme une enfant. Elle ne s’était jamais plainte, car elle ne l’avait tout bonnement jamais réalisé. La jeune Abernathy ne faisait pas attention à ce genre de choses trop floues pour son esprit. Elle n’était capable que de déterminer si quelqu’un était gentil ou mauvais, et parfois à tort. Pour l’instant Dean était entre les deux, ce qui ne lui plaisait pas : il ne rentrait dans aucune de ses catégories, et cette problématique la chiffonnait grandement. « Je ne suis pas une débutante, et j’ai eu vingt-cinq ans le treize février dernier. Vous en revanche, vous avez un problème de taille : vous ne savez pas compter. » Le front plissé, elle envisagea sa question avec une grande considération : effectivement elle n’avait pas de CV. Elle n’en avait pas l’utilité, ce n’était pas vraiment le genre de pièce utile pour savoir créer un jeu interactif sur le net. Bien sûr, elle avait un site avec quelques éléments de base la concernant, mais rien qui ne vienne justifier de quelconques aptitudes en comptabilité. Pourquoi tout devait-il être compliqué de la sorte ? Et surtout pourquoi la sphère du travail s’obstinait-elle à tout faire pour la dégouter ? « Je n’ai pas de références à vous présenter, je n’ai que mon cerveau. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai un QI supérieur à la moyenne. Donnez-moi n’importe quelle équation, et je saurais la résoudre. » Débita-t-elle d’une traite tout en le fixant avec assurance, tandis que ses jointures blanchissaient sous l’exercice de sa pression sur le sac. « Donnez mois vos feuilles de compatibilité et vous verrez bien que je suis sérieuse. Mon frère tient l’Arcadian, je l’ai déjà aidé pour les finances. » Ce n’était pas Kitty qui parlait. Non Kitty n’aurait jamais osé parler de la sorte, en revanche sa version virtuelle dans le jeu Goldendust en aurait été capable. Or elle venait juste de dupliquer son comportement pour se sortir d’une mauvaise passe.

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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Lun 19 Oct - 20:43

Les manières et Dean résultaient du plus parfait nombre connu. En l'occurrence PI, pour la comparaison. Si l'on pouvait lui reprocher son caractère abrupte ou sa goujaterie, aucun reproche ne pouvait être fait à ses manières dignes des plus respectables Lord anglais. Pour avoir le respect de Dean (et non sa confiance), il fallait être poli et courtois. La chose était simple à dire, mais non simple à faire, car le patron était intransigeant. En cinq minutes à peine passées en sa présence, la jeune Kitty Abernathy l'avait appris à ses dépends. « Désolé. Bonjour Monsieur » se rattrapa-t-elle en esquissant un mince sourire. « Oui, excusez-vous cela vaut mieux » commenta d'un ton acerbe Dean qui trouvait qu'elle commençait très mal son entretien d'embauche. D'où sortait donc cette gamine illuminée, impolie et pubère ? Avec ses grands yeux bleus et son teint pâle, elle avait l'air d'être tombée là par hasard. De s'être perdue, comme une enfant qui échappe à la vigilance de ses parents pour suivre un ballon. Elle semblait dans la lune ou sur un nuage quelconque. Visiblement, elle n'avait pas le physique de l'emploi, mais peut-être avait-elle le cerveau ? En tout cas, ce qui inquiétait le plus Dean c'était de savoir si elle avait l'âge requis. Il n'accepterait pas un rejeton-fils-à-maman-fauché de plus dans son restaurant. Il n'était pas assistante sociale, ni même baby-sitter. Il n'avait pas à ramasser tous les étudiants sous le coup d'une expulsion pour non remboursement de prêt bancaire. « Je ne suis pas une débutante, et j’ai eu vingt-cinq ans le treize février dernier. Vous en revanche, vous avez un problème de taille : vous ne savez pas compter » lui déclara-t-elle en plissant le front. Dean échappa brusquement le verre à vin qu'il tenait dans la main droite. Par chance celui-ci ne finit pas en mille morceaux sur le sol, mais atterrit sans trop d'encombres dans l'évier situé derrière le bar. Néanmoins, le fracas que produisit l'incident marqua une forte pause dans la conversation. Dean resta étonnement muet de surprise. Il ne savait véritablement que répondre à cette vérité aussi affûtée qu'un couteau. D'autre part, le regard de Dean s'égara un moment sur sa main droite qui était secouée de tremblements. Il ne ressentait ni douleur, ni picotements, rien de cela. C'était même tout le contraire, il ne ressentait absolument rien du tout. Comme lorsque vous vous endormez sur votre bras durant la nuit et que vous réveillez en sursaut, sans plus aucune sensation dans vos extrémités. C'était ce phénomène qui arrivait de plus en plus à Dean ces derniers temps, mais sans qu'aucune raison physique clinique n'explique un arrêt d'afflux de sang aussi soudain dans ses veines. Une lueur d'incompréhension mêlée de frayeur pu se lire quelques instants dans les yeux à du restaurateur. « Je n’ai pas de références à vous présenter, je n’ai que mon cerveau. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai un QI supérieur à la moyenne. Donnez-moi n’importe quelle équation, et je saurais la résoudre » déclara la jeune Kitty en le sortant de ses pensées. Il releva la tête en retrouvant soudain son air contrit. « Donnez-moi vos feuilles de compatibilité et vous verrez bien que je suis sérieuse. Mon frère tient l’Arcadian, je l’ai déjà aidé pour les finances » lui assura-t-elle la tête haute. Dean leva soudain un sourcil intéressé. « L'Arcadian ? Vraiment ? » demanda le restaurateur en inspectant la demoiselle de haut en bas. Après tout, il y avait peut-être quelques traits de ressemblance avec l'un des propriétaires des lieux. Peut-être celui avec les cheveux en bataille. En y repensant, son blond vénitien tirait vers le roux de la jeune Kitty et ils partageaient tous les deux une attitude de rêveurs. Dean connaissait bien l'Arcadien. C'était très certainement l'un des seuls endroits qu'il appréciait sur la terre ferme à Fairview. Les soirs où son restaurant était fermé, il aimait s'y rendre pour boire quelques verres et profiter de l'ambiance électrique et old school des lieux. Un jukebox, une partie de bowling et quelques bières en compagnie de son ami Colton suffisaient largement à son bonheur. S'il avait déjà croisé la jeune rousse à l'Arcadian, il n'avait jamais fait attention à elle. Cela ne voulait pas nécessairement dire qu'elle mentait. Après avoir jeté un coup d’œil à l'horloge du comptoir, Dean contourna le bar et déposa son torchon sur un coin de celui-ci. « Asseyez-vous là » ordonna-t-il dans un claquement de doigts en montrant une des chaises des tables du restaurant. Il disparût dans l'arrière boutique quelques instants, puis revînt les bras chargés de dossiers de couleurs. Sur les chemises de couleurs bombées, la jeune femme pouvait lire divers intitulés : mars, avril, mai, juin, etc. A défaut d'ordinateur, Dean classait soigneusement chacune de ses factures et commandes. C'était d'ailleurs cet ordre apparent qu'il le vexait dans son ego, à la découverte d'erreurs. Son imbécile de banquier avait décidé de mettre en doute ses compétences, alors pourquoi ne pas en avoir le cœur net. Si l'autiste rousse trouvait à redire à ses calculs, il avouerait lui-même sa défaite. Dans le cas contraire, il irait donner de ses nouvelles à sa créancière. « Très bien, Mademoiselle Abernathy. Vous avez exactement...une heure et vingt-huit minutes pour trouver ce qui cloche dans ma comptabilité » déclara Dean en étalant les dossiers devant la jeune femme. « C'est le temps qu'il vous reste avant le début du service. Si vous savez compter, cela devrait vous suffire » ajouta-t-il en plantant son regard dans le sien. Il la toisa un bref instant pour jauger sa réaction, puis il retourna derrière le bar pour terminer son nettoyage. Si elle y arrivait, il lui donnerait une chance. Quoi qu'il en soit, il allait garder un œil sur elle.

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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Mer 4 Nov - 19:34

Dansant d’un pied sur l’autre, Kitty hésitait toujours entre prendre les jambes à son cou et rester. Elle n’était guère peureuse dans l’âme mais quelques minutes en la présence de Dean avaient suffi à renverser ses croyances les plus profondes. Et plus le temps défilait, moins elle se voyait travailler avec quelqu’un comme ça. Déjà qu’elle supportait mal l’autorité, mais si son employeur ressemblait à un tueur potentiel aux airs psychorigides, ce job allait s’avérer… intéressant et très très compliqué. Toutefois, fuir devant ses responsabilités aurait donné raison à tous ses détracteurs, aussi se contenta-t-elle de compter mentalement tout ce qui lui passait sous le nez, en attendant que son interlocuteur ne daigne lui répondre. « Je ne suis pas une enfant, inutile de me faire la morale. » Si elle était autiste, lui était sacrément vieux jeu voir hautain. Enfin, elle pouvait lui reprocher beaucoup de choses - et cela ne faisait que quelques minutes qu’ils s’étaient rencontrés- mais elle devait lui reconnaitre une qualité : il ne s’était pas moqué d’elle, ni ne l’avait jugé. En règle générale, la rouquine ne contrôlait pas ses mots, ou ses gestes, ce qui outre son léger autisme mettait mal à l’aise les inconnus. Force était de constater que Mr. Rogers était loin d’être gêné, bien au contraire. Il était même tout à fait à son aise, tel  le fier capitaine de son navire. Pourtant l’image se fissura un instant suite au fracas provoqué par la chute d’un verre : à cette occasion elle ne manqua pas de constater qu’il tremblait, ou du moins que sa main tressaillait. En réalité chaque détail n’échappait pas à la jeune femme dont l’acuité visuelle était extrêmement développée. Une autre tare comme disait son père ou un super pouvoir comme l’affirmait son jumeau. Quoi qu’il en soit elle n’en toucha pas mot mais l’information s’imprégna dans sa mémoire. Un silence pesant s’installa entre eux, tandis qu’ils se défiaient mutuellement du regard. Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu’il ne voulait pas d’elle, et qu’il doutait de ses capacités. Il fallait admettre que ce visage fin encadré par de longues boucles rousses suggérait davantage qu’elle était mineure et peu dégourdie. Comme quoi ne pas se fier aux apparences n’avait jamais été aussi vrai. « Oui, vraiment. » Pourquoi devait-il remettre en cause chacune de ses phrases ? N’avait-elle pourtant pas le look de ce genre d’adulte inconscient peu désireux de grandir qui mettait les pieds là-bas ? Et puis, quiconque s’attardait un minimum sur ses traits aurait vu une ressemblance notoire avec Harry. Encore que… Leurs similitudes s’estompaient peu à peu, et seul ce sourire typique des Abernathy restait leur marque de fabrique commune. Loin étaient les années où ils étaient une copie conforme l’un de l’autre.

Le haussement de voix de l’homme d’affaire la fit sursauter, et guère docilement elle se plia à son ordre, en y mettant néanmoins une pointe de mauvaise volonté. Plus par rébellion qu’autre chose, elle se dirigea vers une autre table que celle qu’il lui avait attribuée, et étala ses affaires un peu partout autour d’elle. « Vous me reprochez d’être impolie mais vous n’êtes pas mieux. Je ne suis ni une enfant, ni un chien. » Elle l’observa s’éloigner, et pris plusieurs secondes à observer de nouveau  son (peut-être) futur environnement de travail. Hormis Rogers, elle se plaisait bien ici, et devait admettre qu’il avait du gout pour la décoration, car une fois qu’il disparaissait, la salle était agréable. Malheureusement le calme fut de courte durée, puisqu’il revenait déjà les bras chargés de dossiers en… papier. Pas d’ordinateur, pas de clavier, juste des feuilles . Des vraies. De celles qu’elle déchiffrait difficilement en raison de ses problèmes de dyslexie. Faisait-il exprès ? Bien qu’hypersensible, elle tâcha de se calmer, elle n’était pas plus bête qu’une autre et était parfaitement capable de traiter tout ça aussi rapidement que sur l’ordinateur. Enfin... normalement. « C’est plus de temps que j’en ai besoin mais parfait. » Elle ne cilla pas et lui rendit son regard dur et froid, il n’était ni le premier ni le dernier qui remettait en cause ses aptitudes. Ses parents étaient déjà passés par là, avant qu’un test de QI ne vienne affirmer que leur fille n’était pas stupide mais dotée d’une intelligence supérieure à la moyenne. Or, avoir ses propres géniteurs qui vous renient était nettement plus effrayant que cet homme à l’allure condescendante et hautaine. Sans lui prêter davantage d’attention, elle commença à s’atteler à la tâche. Par chance, les dossiers étaient classés avec précision ce qui lui facilita grandement ses recherches de fourmi. Vérifiant les lignes une par une (ce que ses yeux avait du mal à supporter), elle griffonnait en parallèle sur un bloc note les différentes erreurs qu’elle trouvait. Et malheureusement, ces dernières étaient nombreuses, ce qu’elle comprenait parfaitement. Les calculs, les mathématiques, en somme tout  ce qui avait trait aux chiffres était détestable pour 90% des personnes, et lacunaire pour le reste. Il fallait naitre en aimant ça, autrement l’apprentissage s’avérait être un véritable chemin de croix. « Pourquoi votre main tremble-t-elle ? » Sans stopper son recensement, elle laissa s’échapper sa curiosité telle une enfant incapable de se contrôler. « C’est nerveux ? Physiologique ? » Et de dix. A ce stade, elle comprenait pourquoi il avait posté une petite annonce pour qu’on l’aide dans sa comptabilité. Tantôt il s’agissait d’additions ratées, et parfois de problèmes de taxes qui n’étaient pas bien appliquées. C’était un miracle que la banque ne soit pas intervenue plus tôt… « En tout cas je peux confirmer que vous avez bel et bien un problème pour compter. Je n’ai épluché qu’un seul mois, et je vois déjà dix erreurs. Regardez. » Sautant de sa chaise, elle alla à son encontre et lui colla les papiers sur le comptoir. « Là vous avez oublié une retenue… Ici le chiffre renseigné n’est pas le même qu’en bas, c’est du hors taxe alors que les calculs sont en TTC. De même ici, et puis là. » Si pour elle, c’était extrêmement simple, elle doutait de la réciproque. « Je continue comme ça ou c’est suffisant ? D’ailleurs j’ai soif. Puis-je avoir de l’eau s’il vous plait ou du lait chaud ? » Elle étouffa un bâillement, et s’appuya sur le rebord en bois. « Ça fait longtemps que vous êtes ici ? »  Elle le connaissait vaguement de réputation, mais ne l’avait jamais croisé auparavant. Il fallait admettre qu’elle ne sortait que très peu, hormis ses visites à l’Arcadian, ses déplacements à Fairview étaient limités.

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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Sam 5 Déc - 22:45

Dean était du genre méfiant. Proposer un accueil froid et hostile était sa manière à lui de montrer que toutes choses devaient être dû dans la vie, à savoir la confiance en premier lieu. Alors vilement, bêtement il jaugeait et jugeait la demoiselle rousse aux airs enfantins qui avaient osé venir s'aventurer jusqu'à son restaurant. Était-elle suicidaire pour s'engouffrer dans la gueule d'un vieux loup de mer ? Dean crût pouvoir n'en faire qu'une bouchée, mais la proie se débattit avec vigueur et ingéniosité dans ses filets. « Vous me reprochez d’être impolie mais vous n’êtes pas mieux. Je ne suis ni une enfant, ni un chien » lui répondit-elle avec plus de répartie qu'il en espérait. Ses remontrances sévères semblaient rouler sur elle comme des perles d'eau sur une feuille d'arbre. Elle ne semblait pas comprendre le ton inquisiteur de sa voix, son regard d'acier et ses soupirs dissimulés. Elle ne cillait pas, pire lui répondait avec une insolente insouciance, comme si ses menaces ne lui étaient jamais parvenues. Interloqué, puis résigné, Dean s'accorda à lui laisser une chance. A vrai dire, ses forces physiques et mentales l'abandonnaient trop pour résister davantage. Il alla donc quérir ses dossiers de comptas engrossées de factures, pour les présenter à la présumée petite génie. Il lui donna une heure trente pour résoudre son problème. Un délai au-delà duquel, il la remercierait sans ménagement. Si son intellect était à la hauteur de ses dires, il n'aurait pas à le faire. Pendant ce temps, Dean retourna à ses occupations. Il avait un service à préparer. « Pourquoi votre main tremble-t-elle ? C’est nerveux ? Physiologique ? » demanda soudainement la petite rousse alors que Dean faisait le tour des tables pour installer les couverts. En une fraction de seconde, le regard du restaurateur photographia sa main dans une œillade puis s'attarda finalement sur son interlocutrice. Elle n'avait pas relevé le menton de ses comptes. Sa main droite alignait toujours des ratures sur un carnet, tandis que ses yeux fixaient intensément les feuilles de papier. C'était comme si les deux actions étaient dissociées l'une de l'autre. A croire que le cerveau gauche contrôlait sa main droite et que son cerveau droit contrôlait ses yeux. « Occupez-vous de ma comptabilité plutôt » lui renseigna Dean qui, pendant quelques instants, lui enviait l'aisance de ses mouvements. « Je n'en ai aucune idée, je ne suis pas médecin » ajouta-t-il avec un dédain corrosif qui jouait le rôle d’esquive. En réalité, aucun médecin n'avait pour l'instant trouvé d'explication rationnelle, scientifique et médicale à ses tremblements. Un Parkinson précoce ? Ce diagnostique était erroné puisque le reste de ses membres de fonctionnaient parfaitement. Une infection alors ? Un AVC ? Pour le moment, tout ceci n'était que spéculations. Perdu dans ses pensées, Dean termina d'installer ses tables avant de retourner derrière le bar, à la recherche de la clef de ces stocks. « En tout cas je peux confirmer que vous avez bel et bien un problème pour compter. Je n’ai épluché qu’un seul mois, et je vois déjà dix erreurs. Regardez » s'exclama Kitty en sautant de sa chaise pour venir lui coller le résultat de ses investigations sous le nez. « Comment est-ce... ? » pesta Dean surprit, en lui arrachant prestement la feuille des mains. « Là vous avez oublié une retenue… Ici le chiffre renseigné n’est pas le même qu’en bas, c’est du hors taxe alors que les calculs sont en TTC. De même ici, et puis là » lui détailla-t-elle en mouvant son index sur le relevé de compte. Les yeux de Dean parcouraient le papier en suivant les indications de la jeune femme et son corps tout entier bouillonnait. Il constatait de visu les erreurs grossières que la rousse avait entouré de rouge sur ses factures. Des chiffres faux, des oublis, tant de broutilles qu'il avait laissé passé, sans s'en rendre compte et qu'une rouquine de vingt ans avait repéré sans difficulté. « Ah ! La peste ! » s'exclama-t-il en chiffonnant le papier entre ses doigts avant de le jeter devant lui sur le bar. Il ne savait pas contre qui il devait être le plus vexé. La rouquine, sa banquière ou lui-même ? Après un instant à se masser les tempes et soupirer d'énervement, il reprit le papier entre ses mains pour le défroisser. Alors que ses yeux lisaient les chiffres imprimés sur la feuille immaculée, les caractères se troublèrent tout à coup pour s'entremêler dans une nébuleuse d'encre grisâtre. Sa main tremblait à nouveau sur le bar, sans qu'il puisse la contrôler. Un céphalé le guettait dangereusement, mais il se redressa prestement pour se reprendre. « Je continue comme ça ou c’est suffisant ? D’ailleurs j’ai soif. Puis-je avoir de l’eau s’il vous plaît ou du lait chaud ? » lui demanda la demoiselle en étouffant un bâillement dans la paume de sa main. Du lait ? De quelle planète était-elle tombée pour demander un verre de lait ? Quel âge avait-elle déjà ? N'était-elle pas trop vielle pour demander un verre de lait ? Dean se retint de faire une blague portée sur l'alcool que la jeune femme n'aurait certainement pas comprise. Il la dévisagea avec inquiétude et incompréhension. La dernière fois qu'il s'était rendue à l'Arcadian, les verres de lait n'étaient pas les boissons les plus en vogue. Au lieu de lui répondre, le restaurateur fit le tour du bar et alla chercher le rester de ses dossiers pour les coller face à la jeune Abernathy. « En combien de temps seriez-vous capable de me corriger tout cela ? » lui demanda-t-il avec grand sérieux. Son ton était devenu plus doux, bien que toujours assuré et fière. La jeune femme semblait ne pas comprendre sa question. « Le restaurant est fermé le lundi toute la journée et le jeudi midi, mais j'y suis tous les jours sur les coups de neuf heures du matin. Est-ce que vous pourriez vous rendre disponible sur ses horaires ? Disons 9h-15h, trois fois par semaine : lundi, jeudi et samedi. 7 dollars de l'heure, après travail effectué. Pas de prime. Pas de pourboire. Je vous offre seulement le couvert après votre shift. Au premier retard, au premier vol, à la première erreur, c'est la porte » annonça-t-il d'une traite sans reprendre son souffle. A cet instant, celui de la jeune femme semblait coupé. Dean s'était attendu à cette réaction. Il avait l'habitude des rejets, des refus, des irritations que provoquaient son comportement et lorsque sans prévenir, il lui arrivait de se radoucir, de devenir un homme simple, presque accessible, la surprise était toujours au rendez-vous. Le restaurateur croisa les bras contre son torse, tandis que le silence continuait de régner dans les lieux depuis ses dernières paroles. Il considérait gravement la jeune femme de ses yeux myosotis. « Auriez-vous finalement perdu votre langue Mademoiselle Abernathy ? » demanda Dean avec intérêt, alors qu'une fossette se creusait sur le coin droit de ses lèvres.  

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MessageSujet: Re: the financial permeability • (kitty)   Mer 30 Déc - 18:28

Perdue dans sa contemplation, Kitty continuait de fixer avec un émerveillement quasi juvénile le décor qui l’entourait. Avec le temps, et si elle obtenait le job, elle pouvait se faire à la mauvaise humeur de Dean, car le cadre lui plaisait grandement. C’était à mi-chemin entre les romans et contes de sa jeunesse, et ses rêves éphémères d’aventure. Enfance avortée par une intelligence hors norme, elle n’avait pas vécu comme une gamine de son âge. Plutôt à contrecourant, en se formalisant sur des détails précis, et en attachant une importance toute considérable aux mathématiques, ses préoccupations n’avaient pas été semblables à celles des autres. Et puis, auprès de son frère, elle avait commencé à toucher du doigt une certaine normalité, si bien qu’à ce jour encore, il lui arrivait d’avoir des soubresauts en incohérence totale avec son âge. Un cercle limité l’acceptait sans broncher, là où les inconnus se heurtaient à une telle singularité qu’ils ne comprenaient pas et jugeaient stupide. « Je peux regarder ? » Se faisant elle s’était éloignée de sa place de fortune, avec ses feuilles sous le bras, pour l’approcher tel un animal craintif devant un prédateur. « Votre main. » Incongrue était sa réaction, mais quiconque la connaissait un minimum, savait qu’il ne fallait pas lui en tenir rigueur. D’une manière générale, toutes ces subtilités souvent invisibles aux yeux d’autrui attiraient de façon automatique son regard, et étaient pour elle la plus belle chose qu’on puisse déceler chez l’homme. N’importe quelle petite aspérité contribuait à l’unicité, et c’était pour Kitty ce qui fondait la beauté. « Les médecins ne connaissent rien. » Ajouta-t-elle d’une voix assez dure. Elle en avait vu de toutes sortes, des spécialistes aux généralistes, il n’y avait pas un docteur de Fairview qui ne l’avait pas ausculté. Et pour quels résultats ? On lui avait diagnostiqué un léger autisme, ce qui outre la priver d’une confiance en elle pourtant nécessaire à sa croissance avait eu le don de l’enfoncer davantage aux yeux de ses parents. Une réussite de a à z. Depuis elle n’avait plus remis un pied là-bas, malgré des séances préconisées sur la longueur afin de surveiller toute évolution possible. En tous les cas, cela ne l’avait pas empêché de s’améliorer en mathématiques, et lui permettait aujourd’hui de déceler les erreurs dans les factures de Mr. Rogers qu’elle lui avait mis sous le nez. Elle décela toute suite le mécontentement monter chez son interlocuteur, mais n’en toucha mot, de un elle ne savait pas consoler les gens, et de deux, elle doutait qu’il veuille le moindre conseil de sa part. Tant que les calculs étaient rectifiés, et ses chiffres ajustés, l’affaire devait somme toute être suffisante aux yeux de son futur bourreau. La peste. « J’ai entendu. » Elle était certes différente mais pas sourde malheureusement pour lui. Malgré une envie pressante de prendre les jambes à son cou, elle fit du mieux qu’elle put pour se donner du courage et rester. Elle n’allait pas abandonner immédiatement et lui donner satisfaction, oh que non. Il allait alors de soi, que son verre de lait allait attendre, et qu’elle pouvait bien mourir de soif : Dean s’en fichait éperdument. Au lieu de répondre à sa demande, ce dernier se fit une joie perverse de lui ramener davantage de dossiers qu’il poussa devant elle non sans un rictus satisfait. Légèrement sonnée, elle resta un moment muette en considérant les papiers qui s’étalaient devant elle. Puis, une fois le contenu analysé, elle le toisa avec défi afin de lui rendre la pareil. « Aussi rapidement que vous faites des erreurs je suppose. Quelques secondes suffiront. » Un large sourire se dessina sur son visage lorsqu’elle ramassa la masse de documents qu’il lui soumettait en énonçant une par un les conditions dans lesquelles elle était supposée travailler. Or celles-ci étaient nombreuses, et assez contraignantes, voir incompatible avec ses programmes quotidiennes. Se lever tôt n’était pas un problème, néanmoins la gestion de son site accaparait beaucoup d’heures sur une journée, il fallait vérifier que tout fonctionne correctement, ajuster les codes si besoin, et éventuellement tester ses nouvelles trouvailles. Dean lui en demandait beaucoup, mais sans doute espérait-il par-là, la voir capituler ? Elle ne parvenait pas à saisir les traits de sa personnalité (hormis une méchanceté latente), et s’il l’effrayait, elle n’en demeurait pas moins très curieuse de nature. De nouveau sa voix grave interrompit sa rêverie passagère. « Non. Est-ce que vous faites du bateau ? » Tenta-t-elle finalement à la suite d’un long silence. « Je propose 6 dollars de l’heure, et un tour en bateau une fois par mois. À la condition que vous sachiez faire du bateau évidemment. Et pas de repas, je ne mange presque pas. » C’était désormais à son tour de poser des conditions, qu’elle espérait se voir accorder. Elle avait toujours rêvé faire un tour en mer, sans vraiment en avoir l’occasion… Premièrement elle ne sortait que très rarement, et deuxièmement elle avait craint sauter le pas pour des raisons qui faisaient l’objet d’une liste bien précise enfouie quelque part dans son esprit. Néanmoins, maintenant qu’elle tenait hypothétiquement sous la main un quasi pirate, il fallait bien tenter le coup. « Gardez le verre de lait. A demain Mr Rogers. » Elle déclina le verre et s’emparant de ses affaires, elle quitta les lieux, extrêmement ravie de ce rendez vous professionnel, qui ma foi, ne s'était pas si mal passé que ça. Demain serait probablement une toute autre affaire.


terminé.

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