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 family affair (jax et mia)

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Abigail Fairchild

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MessageSujet: family affair (jax et mia)   Lun 31 Aoû - 0:47

Au motel, les journées sont longues et chacune se fait l'exacte copie de la précédente ou presque. Personne ne s'arrête jamais à Fairview et à force d'y résider, les rares clients ressemblent plus à des colocataires qu'à de réels consommateurs. Derrière le comptoir de la réception, Abigail égrène les secondes jusqu'à la libération et encore, ce terme est trop fort. Quand elle sera autorisée à quitter son pote, ce sera pour retrouver la solitude de sa chambre d'enfant et les cris épuisants d'une belle-mère hystérique et jamais satisfaite. Sous prétexte d'une grande fatigue ou d'un nouveau mal imaginaire, elle ne fera rien, lui laissant le soin de cuisiner quelque chose pour son brave papa, de mettre la table puis de la défaire sans oublier de faire la vaisselle, allons, c'est la moindre des choses. Les journées d'Abigail sont infinies et lorsqu'elle retrouve enfin le confort de son lit, elle s'endort souvent jusqu'au lendemain matin sans profiter de quoi que ce soit. Sa routine est son cauchemar, sa malédiction et parfois, elle imagine qu'on la teste, que ce n'est qu'une étape obligatoire avant un grand projet conçu spécialement pour elle. Sa vie ne peut pas se réduire à ça, la servitude volontaire et puis c'est tout ? Il doit forcément y avoir quelque chose pour elle au bout du chemin, un voeu exaucé, un rêve accordé, quelque chose, n'importe quoi. Tout sauf l'éternelle répétition jusqu'à ce qu'elle ploie sous le poids de son insatisfaction. Les secondes s'écoulent, les minutes suivent indolemment et enfin l'aiguille atteint son point culminant, s'arrêtant pour un court instant sur le douze. Il est vingt-heures et Abi est officiellement libre, tant qu'elle ne rentre pas chez elle. Mais elle n'a nulle part où aller, ses rares amis la rejoignent ici, conscients que son temps libre est rare, soumis à une belle-mère totalitaire. Avant, elle aurait couru à s'en exploser le coeur pour le rejoindre, pour rejoindre Felix et se fondre entre ses bras en espérant s'y évanouir. Mais ça, c'était avant. Dernièrement cependant, il y a bien quelqu'un qui lui donne envie d'y croire. Ils sont deux, ils forment une famille harmonieuse et Abigail a l'impression de les connaître depuis toujours, même si ce n'est pas le cas. Alors elle laisse ses pas la porter et la conduire jusqu'à cette échappée belle. Elle disparaît un moment dans la cuisine du motel avant de frapper à la porte de la chambre 26. Elle frappe deux coups longs, un bref, et pénètre à l'intérieur comme le lui as appris Mia. Ils sont là tous les deux, la petite plongée dans un gros livre de contes et Jax veillant sur elle. Le spectacle lui arrache l'ombre d'un sourire, le premier de la journée, et Abi foule délicatement le sol jusqu'à eux. Elle dépose son plateau fumant sur l'unique table et coule un regard doux sur la silhouette massive de Jax. Il pourrait effrayer, avec sa stature et ses yeux froids, mais il ne lui fait pas peur. Elle lit quelque chose en lui qui réchauffe le coeur, elle perçoit la douceur insoupçonnée qu'il préserve des regards et la lueur d'homme bon qui brille plus fort lorsqu'elle (Mia) est auprès de lui. Abigail ne connaît pas assez les autres pour se prétendre juge de la nature humaine, elle est une femme intuitive, soumise aux élans de son coeur et le sien a offert toute sa confiance à Jax à la minute où celui-ci a pénétré dans le hall. Ca l'a frappée, c'est tout, ça ne se discute pas, ça se vit. « Bonsoir » Abi s'annonce dans un murmure comme si elle craignait déranger. « La cuisine est fermée ce soir mais je vous ai préparé quelque chose au cas où vous n'auriez pas le courage de sortir. » Son regard accroche celui de Mia et elle lui tend deux cookies au chocolat, sur le ton de la confidence. « Tiens, je t'ai gardé ça de côté avant que le cuisinier ne s'en aille. » Après une seconde d'hésitation, Abigail s'assoit près d'eux, sur le lit, comme si elle aussi, faisait partie de la famille, une grande tante ou une cousine éloignée, quelque chose comme ça. Elle ne peut imaginer combien elle est proche de la réalité, aussi difficile est-elle à entendre. « Qu'est-ce que tu lis ? » demande-t-elle doucement à la petite qui semble toujours prendre le plus grand soin de son livre relié.

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MessageSujet: Re: family affair (jax et mia)   Sam 24 Oct - 18:50

Il n’y avait guère que dans la sécurité de cette chambre, au calme, que Jax se sentait apaisé. Il ne risquait pas de croiser des gens avec qui il faudrait causer, il avait l’impression d’être à nouveau serein, comme lorsqu’il était seul dans sa cellule de prison, sans personne pour l’importuner. Mia ne comptait pas, évidemment. Sa présence légère et enfantine le berçait, le tirait d’une solitude qui pesait trop en temps ordinaire. Surtout qu’il n’avait vraiment pas à se plaindre, Mia s’occupait seule, vaquait à ses occupations en gazouillant pour elle-même et ne le bassinait pas de paroles auxquelles il ne savait que répondre. C’était comme si elle sentait qu’il était mal à l’aise avec les mots, mal à l’aise avec les contacts en général, et qu’il lui fallait toujours un temps d’adaptation pour se faire aux autres. Et avec elle, il en avait eu besoin, de ce temps d’adaptation, même si ça n’y paraissait plus, à présent, même si elle se permettait des choses que d’autres ne pourraient jamais. Sa spontanéité ne l’ébranlait plus, il la laissait couler sur lui. Ce soir, il ne sortirait pas. Il n’en avait pas l’envie ni vraiment le courage, surtout qu’il se sentait face à un mur, que sa quête ne menait nulle part et qu’il avait la sensation d’errer plus que de chercher. Mia ne se plaindrait pas, il le savait. Elle pouvait allumer la télévision, si elle le voulait, mais comme à son habitude, elle préférait s’installer contre un oreiller trop large pour elle, le livre trop grand ouvert sur les genoux, lui donnant l’impression d’être une naine dans un univers de géants. Lui, il était assis près d’elle et même si seuls leurs coudes se touchaient, il avait le sentiment que c’étaient leurs âmes qui se frôlaient doucement, dans l’air paisible de la pièce. Ne sachant lire, il avait entre les mains un autre objet auquel il tenait autant que Mia à son livre : quelques rares photos qu’il avait pu sauvées in extremis. Un portrait de sa mère, sur le fauteuil à bascule, les jambes croisées, le visage penché, le menton dans le creux de sa main, avec sa magnifique crinière rousse qui coulait sur son épaule et le long de son bras. Elle regardait l’objectif, pour une fois, chose qu’elle ne faisait jamais, et il savait que c’était parce qu’il était derrière l’appareil. Il était le seul à se souvenir que sa pose dissimulait également une ecchymose violacée sur sa joue, près de son menton. Les autres photos appartenaient à Mia, elles représentaient Tania. Certaines dataient de leur enfance, d’autres immortalisaient sa grossesse solitaire, d’autres encore la montraient avec Mia, dans leurs instants de complicité. Mais tout ce que Jax voyait, c’était la mélancolie qui luisait au fond des yeux de Tania, un mal qui la rongeait comme il avait rongé leur mère. Un mal qui coulait dans le sang familial, visiblement. Le dernier cliché lui était inconnu. C’était Tania devant une bâtisse qu’il avait reconnue en passant en ville. Le Love Philter était plein de vie, il pouvait voir les visages à travers la vitrine, sans parvenir à les discerner pour autant. Des silhouettes floues, comme dépourvues d’identité. Cette image-là prouvait bien que Tania était passée par ici, même si personne ne semblait s’en souvenir.
Trois coups brisèrent le silence qui s’était installé et Jax redressa la tête au moment où la porte s’ouvrit sur le visage au teint diaphane d’Abigail. Mia eut un sursaut joyeux et il sentit plus qu’il ne vit le ravissement qui coulait sur les traits de sa nièce. Abigail se dirigea vers la table et Jax en profita pour ranger les photographies dans le premier tiroir de la table de chevet, à l’abri des regards indiscrets. Il reprit sa position initiale et suivit les mouvements discrets de la jeune femme. « Bonsoir ». Il ne réalisa qu’il avait faim qu’à la mention de ce qu’elle avait rapporté de la cuisine. Quittant le lit qui était devenu particulièrement confortable, Jax se leva et s’approcha du plateau. « Merci ». Il s’assit sur la chaise qui paraissait trop petite pour sa carcasse et servit trois portions qu’il disposa autour du plateau tandis qu’Abigail s’asseyait près de Mia, l’interrogeant sur sa lecture. Instinctivement, il lança un regard d’avertissement à la fillette mais celle-ci ne le regardait pas, elle se décalait vers le milieu du lit pour permettre à Abi de voir les pages que Mia traitait avec amour et prudence, le livre étant si ancien qu’il menaçait de tomber en ruine s’il était malmené. « C’est un moment où les deux Princes se disputent le trône et qui risque de basculer en guerre totale dans tout le royaume » expliqua Mia en désignant des endroits sur la page. « Je crois que c’est parce que leur papa ne les a pas aimés de la même façon. Il aurait dû se montrer plus juste, je trouve. Ou leur proposer des solutions au lieu de les laisser en arriver là… » Jax se leva lentement et apporta des assiettes aux filles avant de revenir s’installer sur le lit, cernant Mia. Mia cala le large ouvrage avec un coussin et cela donna la sensation à Jax que c’était comme s’ils regardaient la télévision. « Parfois il faut si peu de choses pour que tout ce qui allait bien aille tout à coup très mal » soupira Mia. Aux yeux extérieurs, la petite devait sembler passionnée par son livre mais Jax savait que cela allait bien plus loin et que Mia considérait cette guerre intestine comme l’origine des malheurs de chacun des habitants de la petite ville d’Oregon. « Tu ferais bien de le ranger pendant qu’on mange » lui conseilla Jax en tendant des couverts colorés qu’il avait achetés sur insistance de la petite qui ne supportait pas de manger avec des ustensiles en plastique. Mia obéit et referma le livre avant de tourner la tête vers Abigail. « Comment ça a été, ta journée ? Tu as eu de la visite ? » Pourquoi Mia posait ce genre de questions, Jax n’en avait aucune idée. Elle venait toujours avec des choses qui semblaient sortir de nulle part mais il semblait être le seul à être sidéré par celles-ci. Probablement parce qu’il ne discutait pas assez avec les autres pour savoir de quoi il retournait.
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Abigail Fairchild

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MessageSujet: Re: family affair (jax et mia)   Sam 31 Oct - 17:56

Abigail n'aime pas s'imposer, elle, elle préfère s'estomper et se laisser faner parce qu'elle a toujours peur de déranger, d'être de trop. Ce n'est même pas de la timidité, elle n'est pas timide au sens propre du terme, elle ne manque pas de confiance en elle et ne se déteste pas comme bon nombre de filles. Mais, c'est une question d'habitude. L'habitude d'être oubliée, reléguée à l'arrière-plan, dans un décor au sein duquel elle finit par se fondre. Les photos sont l'illustration la plus parlante : l'enfance d'Abigail en est remplie, une petite rouquine au teint d'albâtre sourit de toutes ses dents de lait, dans les bras d'un père ou d'une mère, accompagnée d'un chien ou d'un chat. Elle se roule dans l'herbe, grimpe sur un cheval ou sur son vélo, nage dans l'océan ou mange une barbe à papa. La seule constante, c'est son sourire. Et puis plus les années passent, moins Abigail est présente. Remplacée par un amour toxique auprès d'une femme mauvaise, l'objectif boude son joli minois qui lui-même s'obscurcit et oublie comment sourire. Elle se déplace du centre de la photo jusqu'aux coins et finit par ne devenir qu'une ombre aléatoire, un reflet dans une vitre ou un verre mais rien de plus. Abigail a été effacée de sa propre famille tout en restant un membre à part entière, domestique plus que fille. La solitude est son amie, son propre choix mais parfois elle pèse lourd sur ses épaules délicates et Abigail rêverait de libérer leurs doigts emmêlés, de la laisser pour d'autres. Mais c'est dur. Avec Jax et Mia, en revanche, ce qui est si difficile devient presque naturel. Elle ne sait pas si c'est leur proximité géographique ou quelque chose de plus profond qui lui caresse l'âme mais elle sait s'ouvrir, à sa manière timorée, avec eux et ose. Elle ose prononcer plus que quelques mots lancés en vent sans réponse attendue, elle ose être là, pleinement, sans se contenter de frôler la scène de la pulpe de ses doigts. Elle ose, s'asseoir près de Mia comme une amie au lieu de l'inconnue qu'elle est encore. Le visage d'Abi s'éclaire au merci de Jax et ses lèvres pulpeuses susurrent un merci silencieux à l'aide d'une esquisse précieuse. Derrière ses airs de faon, elle n'en reste pas moins sensible aux autres et en compagnie de Jax, Abi économise les mots que tous deux manient à leur façon économe. Sans rien ajouter, elle s'assied près de Mia et la dévore du regard alors qu'elle lit avec une dévotion qu'elle n'a jamais vu chez une enfant. « Charmant et... Beau, c'est bien ça ? » Ce n'est pas la première fois que la petite lui fait la lecture et Abigail s'efforce de retenir, dans sa tête emplie de rêves, les détails de cette fresque épique. Les deux princes, la montée sur le trône de l'un et sa noirceur, la chute de l'autre et son courage. Mia, derrière ses grands yeux d'enfant, possède une maturité de jeune fille et à sa réflexion d'adulte, Abigail recherche le regard de Jax pour lui laisser lire l'admiration qu'elle éprouve pour la jolie môme. « Tu as sans doute raison, mais tu ne crois pas que c'est un peu facile ? Regarde les princesses, elles ont souvent des destins tragiques mais ça ne les rend pas mauvaises. Elles se raccrochent à un espoir et à la fin, tout s'arrange toujours. » Abigail sourit à Mia en lui inculquant les plus belles morales des contes de fées : si tu agis convenablement, tout ira mieux à la fin. Si ça ne va pas mieux, c'est que ce n'est pas la fin. Souvent, elle aimerait vivre dans un conte, ne se soucier de rien et surtout pas de son malheur actuel parce qu'au fond d'elle, la conviction de sa fin heureuse l'aiderait à surmonter sa condition. Mais ici, c'est la vraie vie et Abigail ne voit nul épilogue positif pour elle. Mais ce ne sont pas des choses à dire à des enfants. Aussi aigrie, amère et pessimiste soit-elle devenue, elle refuse de partager sa détresse avec une petite fille qui passe son temps à lire des histoires de prince et de princesse. « Moi je pense que ton prince Beau a choisi la voie de la facilité, c'est plus facile de faire du mal que le bien, de blesser que d'être bon. » Elle en sait quelque chose Abi, elle qui lutte quotidiennement contre son envie de tout effacer, de tout oublier, de tout laisser derrière elle pour s'enfuir vers un ailleurs. Mais malgré son sort peu enviable, malgré toute la négligence qui la ravage de l'intérieur, elle reste pour ce père qui ne se souvient déjà presque plus d'elle. Parce qu'elle est loyale, malgré tout. « Comment elle se finit, ton histoire ? Les princes se réconcilient ? » demande-t-elle, sincèrement intéressée, alors que Jax se rapproche d'elle. Abigail se pousse gracieusement vers le rebord du lit pour lui laisser une place suffisante et laisse échapper un merci vaporeux alors que Mia reprend la parole. Au son de sa voix, au poids de ces mots, on pourrait croire qu'elle a déjà tout vécu alors qu'elle n'est qu'une enfant... Cela l'impressionne toujours, la faculté de la petite d'être aussi percutante et brillante du haut de ses quoi, sept, huit ans ? « Et parfois, un rien peut inverser la tendance, tu ne crois pas Jax ? » Abi, elle, ne le croit pas. Mais il est important que Mia en soit convaincue : une aussi petite fille ne peut pas être déjà aussi lucide sur la vie, c'est d'une tristesse à pleurer. Alors Abi coule son regard limpide sur Jax dans une imploration silencieuse pour qu'il affirme que si, il est facile pour les choses mauvaises de devenir soudainement positives, même si c'est faux. Ils mangent en silence et Abigail est reconnaissante de partager un brin de leur quotidien, comme si c'était normal, facile. Elle les observe en biais de son regard de chaton et sent son coeur se gonfler dans sa poitrine, à force d'éprouver quelque chose d'inconnu, de fort. Elle croit bien qu'elle les aime déjà d'une tendresse feutrée et implicite, qu'ils se sont glissés dans un recoin de son coeur sans qu'ils, ou elle, ne demandent rien. Mia brise à nouveau le silence et Abigail peine à faire illusion. Elle sent le voile opaque venu obscurcir son visage à l'allusion de sa journée, sa peine, son enfer personnel au nom de routine. « Ca va. Non, tu sais c'est très calme à cette période de l'année, l'hôtel est presque vide... » Mais Abigail ne saurait dire si vide est mieux que plein, ou inversement. Dans les deux cas, cela reste une prison, une servitude volontaire. « Et vous, vous avez fait quoi ? Les journées ne sont pas trop longues à Fairivew, quand on vient d'ailleurs... ? » Abigail rêve d'un ailleurs en permanence et derrière le sourire doux qu'elle esquisse, elle peine à concevoir comment quelqu'un pourrait venir ici, de son plein gré, pour y construire quelque chose. Fairview est la ville où les rêves viennent pour mourir, pas naître.

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MessageSujet: Re: family affair (jax et mia)   Mar 22 Déc - 15:36

Il aurait pu être embarrassé par cette présence presque étrangère mais ça n’était pas le cas. Jax évitait pourtant en temps normal de se trouver mêlé à d’autres – et il trouvait qu’il était déjà trop mêlé à certains – mais dans le cas d’Abigail, le tout semblait naturel. Ce devait être la timidité et la douceur avec lesquelles elle se déplaçait, comme si l’air n’était pas perturbé par ses allées et venues. Peut-être que c’était dû au fait qu’elle travaillait là, qu’elle appartenait au paysage de ce motel un peu triste et usé. Mais quelque chose disait au géant que ça n’était pas la seule explication. Il y avait quelque chose d’éphémère, de gracieux, de délicat, chez la jeune femme. Aucune menace n’émanait de son corps malingre, rien ne transparaissait dans son regard blessé sinon cette mélancolie qui avait balayé les barrières que Jax dressait machinalement autour de lui et de Mia. Et puis Mia adorait Abigail et comme elle devait être le seul modèle féminin que la fillette côtoyait, Jax la laissait évoluer dans leur chambre sans maugréer, sans se méfier. En un sens, ça faisait un bien fou à cette petite pièce sombre dans laquelle ils s’étaient réfugiés à leur arrivée en ville. Aussi le Louisianais mangea-t-il en silence, lentement, laissant aux demoiselles tout le loisir de discuter. Ça n’était pas lui qui allait combler les trous, de toute manière. Ce qui jouait dans cette facilité à la laisser se glisser dans leur intimité, c’était aussi le fait qu’elle n’attendait pas que Jax prenne les devant, qu’il prenne plus de place que ce n’était déjà le cas. Les autres attendaient toujours une réaction de sa part, une attention et quand il ne la donnait pas spontanément, cela semblait être devenu un jeu de le titiller pour en obtenir. Or l’ex-taulard se contentait de ce silence qui l’auréolait, il n’avait pas besoin de parler à tout va, de trouver quelque chose à dire. Alors, quand cette petite poupée rousse s’immisçait dans leur chambre sans attendre plus de lui que l’acceptation de sa présence, ça suffisait amplement à Jax. Qu’elle entre, qu’elle s’installe, qu’elle interagisse avec Mia, si cela l’amusait. Tant qu’on ne lui en demandait pas davantage, à lui, ça lui allait. Et puis il y avait quelque chose de maternel, chez Abigail. À la façon dont elle écoutait patiemment Mia et s’intéressait aux histoires folles de la fillette. Elle ne semblait jamais ennuyée par les babillages intempestifs de l’enfant qui s’émerveillait des contes dont recelait son livre, la seule chose, ou presque, qui attestait que Tania avait existé. Ailleurs que dans la mémoire d’un homme bourru. Bien sûr, l’existence même de Mia prouvait que Tania avait vécu et c’était d’ailleurs la seule raison pour laquelle ils s’étaient arrêtés dans cette bourgade perdue au milieu de nulle part. Jamais Jax ne se serait posé là, sinon. « Oui mais les princesses, elles sont sauvées par l’amour. Ça n’est pas la même chose qu’un papa mais c’est magique aussi » insista Mia, conjuguant tous ses arguments pour convaincre Abigail. « Peut-être qu’il faut juste une princesse pour sauver le Royaume » La gamine laissa échapper un rire et jeta un regard conspirateur en direction de Jax avant de confier, sur un ton faussement discret : « Si une Princesse avait été sur le trône, ça ne se serait jamais passé comme ça ». Pour toute réaction, Jax émit un grondement un peu moqueur. Il aurait bien émis une remarque sur son penchant féministe un peu trop précoce mais il la garda pour lui. Après tout, Mia n’avait pas tort, si les femmes étaient au pouvoir, les choses se passeraient autrement. Peut-être pas mieux, mais qui sait ? Pour avoir grandi dans un univers essentiellement masculin où la force dominait le reste, Jax n’avait que trop conscience des travers de son genre. « Peut-être mais au final, je suis sûre qu’il ne se sent pas bien du tout à cause de ce qu’il a fait » déclara Mia, bien décidée à ne pas en démordre et à se faire l’avocat du diable. « Au final, il faudra peut-être juste que ça soit quelqu’un d’autre qui gagne le trône, comme ça, ce sera aucun de ces deux-là » pouffa Mia en retrouvant cette légèreté propre à l’enfance. « Je ne sais pas, il n’est pas fini » dit-elle d’un ton dépité quand Abigail l’interrogea sur la fin de l’histoire. Elle regarda Jax d’un air déçu puis prétendit que ce n’était que le premier tome de la série. Comment aurait-elle pu oser dire à Abigail que tout dépendrait de la façon dont la malédiction serait levée ? Qu’il faudrait peut-être que ce soit une princesse comme elle qui devrait changer le cours des choses ? Jax la couperait de toute façon dans son élan, elle le savait. Jax qui fut ramené dans une conversation dont il restait volontairement éloigné. Mâchant lentement, il tourna son attention vers la jeune femme comme s’il n’avait pas suivi la discussion. Il prit le temps d’avaler puis haussa les épaules : « Un rien, oui… » Il n’était pas bien placé pour vraiment y croire mais pourquoi pas ? Mia n’avait pas eu une enfance facile mais elle n’avait pas non plus eu celle de sa mère et Jax. En un sens, elle était tellement maligne pour son âge que Jax était convaincu qu’elle s’en sortirait toujours parfaitement dans la vie. Rien que parce qu’elle était attachante et drôle et qu’elle n’était pas aussi naïve qu’elle pouvait le laisser croire. Lui, il s’était enfoncé, buté, dans des drames successifs et ne pensait pas un instant que ça puisse s’arranger. Il était voué à une solitude éternelle mais Mia méritait mieux qu’un protecteur grincheux et pessimiste comme lui. « Tu devrais demander à travailler moins, s’il y a moins de monde » lui suggéra Mia comme si c’était une évidence mais elle n’insista pas, surtout parce qu’Abigail s’empressa de lui retourner la question quand il était évident que sa détresse la noyait au quotidien. Jax feignit pourtant de n’avoir rien vu et laissa à sa nièce le soin de remplir les blancs : « Oh, non, on fait pleins de choses ! On se promène, on va à la bibliothèque et puis on a trouvé un petit chien trop adorable mais c’est Bran qui le garde parce qu’on ne pouvait pas l’amener ici, il n’est pas encore propre. Mais c’est moi qui vais l’éduquer et il s’appelle Icare et il est juste trop mignon » À la mention du jeune Rose, Jax ne put réprimer un raclement de gorge ennuyé et il fit comme s’il était absorbé par le ciel qu’il entrevoyait à travers les rideaux. « On cherche mon papa, en fait, mais on n’a pas beaucoup d’indices alors ça fait comme une véritable enquête ». Jax pouvait sentir la fillette s’emballer et commença à se demander s’il ne valait pas mieux qu’il la rappelle à l’ordre pour qu’elle se calme un peu mais elle changea subitement de sujet – en apparence, du moins – quand elle questionna Abigail : « Tu n’as pas d’amoureux, toi ? » Un soupçon de méfiance traversa le regard de Jax lorsqu’il glissa un regard vers Mia mais celle-ci était totalement tournée vers Abigail et il releva les yeux vers cette dernière comme pour étudier son regard au moment où elle répondrait. Pourtant, qu’est-ce que ça pouvait lui faire qu’elle ait un amoureux ?
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