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 wrap me up, unfold me.

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Clare Waters

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MessageSujet: wrap me up, unfold me.   Lun 17 Aoû - 11:25


brody + clare

Clare était ivre. Pas « gentiment pompette, façon enterrement de jeune fille délurée » ivre. Mais plutôt « joues noires de mascara, robe trop courte, cheville foulée, j’essaye de surmonter la rupture avec mon meilleur ami dont je suis amoureuse depuis l’enfance » ivre. Il était rare de la voir dans cet état déambuler dans les rues de Fairview. Clare n’était pas du genre à se donner en spectacle : si elle avait envie de se mettre une bonne cuite, elle le faisait chez elle, avec ses oiseaux, son whiskey distillé maison et son concours de tir en solo (la plupart du temps, c’était les portraits de ses illustres ancêtres ou bien la vaisselle de sa mère qui servaient de cibles). Ensuite, la tenue qu’elle arborait était pour le moins opposée à ses goûts vestimentaires dépareillés et tout à fait farfelues. Elle portait une courte, très courte, robe noire accompagnée de chaussures qui auraient pu mettre en valeur ses jambes fines si l’un des talons n’avait pas été cassé (la faisant donc claudiquer de manière plus ou moins comiques) et son maquillage avait sans doute été, à un moment de la soirée, des plus ravissants. Mais à cette heure avancée, il n’était plus qu’un amalgame de larmes et de couleurs brouillées qui la faisaient ressembler à un clown triste. Enfin, un dernier détail, et pas des moindres, indiquait que la soirée de Clare n’avait pas été de tout repos : sa lèvre inférieure était égratignée, ses mains écorchées et sur son front commençait à se former un bleu. Alors qu’elle titubait dans les rues de Fairview, la main gauche resserrée autour d’une bouteille de whisky (volée) et l’autre autour de sa chaussure cassée qu’elle utiliserait comme un poignard si nécessité faisait loi, elle tentait vaguement de se remémorer les évènements qui avaient causé cet état pitoyable. Bien sûr, c’était la faute de Nathaniel. C’était forcément sa faute. Il ne l’avait pas poussée dans le bar, mais c’était tout comme. C’était sa faute à lui si elle ressentait vide qui ne se comblait qu’avec les lèvres d’un inconnu et la brûlure de l’alcool. Bien sûr, il était hors de question qu’elle se rende au Whisky Blue Bar et elle avait donc opté pour l’Insomnia… Ce qui expliquait la tenue plus que douteuse. Voilà un mystère de résolu ! Ouille, sa tête… Pour faire passer son mal-être, elle avala une grande rasade du liquide doré et toute douleur disparut instantanément, tout comme sa vue qui se troubla pour ne plus rien voir l’espace de quelques secondes. Ca n’était pas grave, elle savait parfaitement où elle allait. En revanche, d’où lui venait ces blessures ? Clare fronça les sourcils alors qu’elle s’écorchait le petit orteil sur un pavé – foutue mairie qui dépensait l’argent de ses contribuables pour tout un tas de foutaises sauf l’infrastructure – et tâcha de se concentrer. Elle était entrée dans le bar – check. Elle s’était installée au comptoir, s’était commandée un cocktail qu’elle avait bu en treize secondes chrono et avait enchaîné avec trois… non, quatre… shots d’un liquide non-identifié offert par un charmant jeune homme… Charmant jeune homme dont elle avait apprécié les qualités buccales pendant assez de temps pour battre un record d’apnée, jusqu’à ce qu’un précédente conquête de ce dernier se mêle de la compétition. Tout s’éclairait. Clare se rappelait vaguement avoir tiré les cheveux de son adversaire, lui avoir fait manger un coin de la table pour mieux la repousser vers le comptoir et enfin avoir tenté une prise de karaté, mais le jeune homme s’était interposé et était volé au secours de sa blonde en détresse. La lèvre de Clare s’était mise à trembler. Même dans un bar, on lui préférait l’autre fille. C’était toujours la même chose, et pour la peine, elle se remit à pleurer. Elle ne savait même plus pourquoi elle pleurait, à cette heure avancée de la nuit, si c’était à cause de Nathaniel, à cause de cette autre fille, à cause de son petit orteil qui lui faisait mal ou parce qu’elle avait furieusement envie de manger un taco au fromage mais elle pleurait, elle pleurait, et elle pleurait encore quand elle arriva devant chez Brody. C’était un type bien, Brody, et elle aurait sûrement dû l’épouser quand elle avait eu l’occasion. Quand il avait fait sa demande, elle avait eu un rire nerveux qu’elle regrettait aujourd’hui. Il n’avait pas mérité un truc pareil, et il ne méritait p as aujourd’hui qu’elle vienne taper à sa porte à trois heures du matin, mais Brody avait promis de toujours être là pour elle, et ce soir, esseulée, ivre, malheureuse et ayant perdu ses clés, elle avait plus que jamais besoin de voir un visage amical. Elle appuya longuement sur la sonnette, trop longtemps même, frappa la porte de toutes ses maigres forces et enfin, il apparut, le chevalier servant, le sauveur, le frère de cœur, un poil ensommeillé mais égal à lui-même. Clare fit tout son possible pour ne pas redoubler de sanglots et sa voix croassa bizarrement, à mi-chemin entre les pleurs et le soupir. « J’me suis battue. » Elle laissa tomber sa chaussure cassée au sol, son poignard de fortune ne lui étant plus d’aucune utilité, mais en contrepartie, elle leva sa bouteille de whisky à moitié pleine, l’écrasant presque sur la tête de son vieil ami. « Mais j’ai de la boisson. » ajouta-t-elle d’une voix rauque, plein d’espoir. Avec une telle offrande, Brody ne pourrait que la laisser entrer, n’est-ce pas ? Elle se tortilla dans sa robe trop courte, et renifla un bon coup. Avec un peu de chance, il ne s’apercevrait de rien.

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Brody Mayer

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MessageSujet: Re: wrap me up, unfold me.   Dim 13 Sep - 0:57

Les rues sont calmes, il n’y a pas âme qui vive. Le temps semble s’être arrêté, et le quartier est devenu fantôme. Emmitouflé dans ses draps, la tête cachée sous son oreiller, le comptable est perdu dans ses rêves les plus fous. Dans la demeure, on n’entend plus que le tic-tac de l’horloge négligemment accroché sur le mur qui se mélange aux bruits douteux de son frigidaire, amenant parfois l’homme à se retourner. L’aiguille glisse et tombe, il est officiellement trois heures du matin. Il est tard, la nuit est bien avancée. Trop pour qu’on vienne à présent le déranger dans sa quiétude. Pourtant, un vacarme assourdissant, aussi désagréable que la sonnerie de son réveil après un sommeil tourmenté, le frappe en pleine figure. Le tapage est grand, résonne dans toutes les pièces comme dans sa tête, et réveille en lui un mal de crâne immédiat. Brody lâche un grognement, tel un ours mal léché, et fronce des sourcils, s’enfonçant un peu plus son oreiller pour oublier la dure réalité qui le tire des bras de Morphée. Ce n’est plus l’heure de jouer les bons samaritains, y’a plus personne qui compte pour lui, y’a que son lit qui mérite une quelconque attention. Inutile de retrouver son sommeil, on continue à jouer avec ses nerfs. Un juron quitte ses lèvres alors qu’il se redresse, l’esprit encore embrumé. Ses pensées sont floues lorsqu’il frotte ses paupières pour tenter de s’habituer à l’obscurité de la pièce. Il cligne plusieurs fois des yeux en balayant les murs à la recherche d’un point d’ancrage. A l’extérieur, on ne quitte pas un seul instant la sonnette, qui continue de faire des ravages. L’affaire doit être grave pour qu’on s’autorise de telles familiarités. Après un bruyant bâillement qui réveillerait toute une colonie, Brody quitte péniblement la douceur de ses draps pour rejoindre le salon. Il ne prend pas la peine de s’habiller, ni de recoiffer l’épi qui s’est créé au milieu de sa coupe de cheveux et se traine jusqu’à la porte d’entrée, où des coups se mêlent à la mélodie de la sonnette pour se retrouver face à une Clare ravagée par le chagrin. Sans parvenir à cacher sa surprise, ses yeux s’écarquillent, puis glissent sur les quelques blessures qui se sont installées sur son visage, tandis qu’elle prend aussitôt la parole. A la découverte de sa voix fébrile, son cœur se serre. Son maquillage a coulé, elle a pleuré. Ça lui fend le cœur de voir comme elle est triste. Elle ne le mérite pas. Il la préfère quand elle est heureuse, parce que son sourire, il est aussi beau qu’un rayon de soleil en plein hiver. Il préfère la voir épanouie dans sa vie, même si sa vie, elle ne se fera jamais avec lui. Il se contentera de rêver, tant qu’elle continuera à l’éblouir. Son regard tombe sur la chaussure qu’elle abandonne sur le sol, et revient sur la bouteille qu’elle dégaine, presque fière de sa nouvelle trouvaille. « Clare…, » souffle-t-il d’un ton réprobateur, avant de s’écarter pour la laisser entrer, agrippant au passage le whisky. Le syndrome du preux chevalier reprend le dessus au moindre regard qu’elle lui lance. « Je crois qu’il faudra que tu t’en passes pour cette fois. » Elle a bien assez bu pour la soirée. Il n’ajoute rien d’autre, Clare connait les lieux pour y être passé de nombreuses fois, elle a pris l’habitude d’y trainer comme si c’était chez elle. Elle ressemble à une petite fille complètement perdue, à des kilomètres de la femme fatale qu’elle se donne l’air avec sa robe trop courte, qu’il a remarqué dès l’instant où il s’était retrouvé devant elle. Elle est tellement plus belle au naturel qu'avec tous ses artifices. « On devrait nettoyer ça, » dit-il en faisant référence à ses égratignures. Il abandonne la bouteille sur la table basse, puis attire Clare jusqu’à sa salle de bain. Dans ses tiroirs, il trouve le matériel nécessaire, et commence à s’affairer à nettoyer ses quelques plaies, accoudé au robinet. Il est méticuleux dans ses gestes et, bienveillant avec elle, il lui jette quelques coups d’œil pour y déceler la moindre douleur. « Qu’est ce qui s’est passé ? Pourquoi est-ce que tu t’es battu ? » S’il n’approuve absolument pas ses agissements, il ne cherche pas à l’accabler d’une quelconque manière. Il connait le tempérament de la demoiselle et ce n’est pas la première fois qu’il la voit dans un tel état, mais la situation est toujours aussi délicate et difficile à vivre. Il la voit s’abimer pour un homme qui ne la mérite même pas sans aucune autre option que de la regarder reproduire l’exact schéma qu’il dessine depuis de longs mois. Elle est le reflet de son propre miroir. « Et ne me dis pas que c’était une excuse pour me voir jouer les infirmiers, je te croirais pas, » qu’il ajoute en esquissant un sourire, histoire de détendre l’atmosphère gênante qui s’est installée depuis son arrivée dans l’appartement.

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MessageSujet: Re: wrap me up, unfold me.   Sam 23 Jan - 19:21

Oh, que ça tournait tout autour d'elle. Le monde dansait et elle n'était pas invitée à se joindre à la fête. A la place, elle tâchait de s'agripper à ce qui n'était pas encore parti rejoindre la ronde folle, et ça incluait Brody. Brody, l'ami, le frère, celui qui ne l'aurait jamais abandonné, qui ne lui aurait jamais fait de mal. Clare renifla bruyamment. Oui, elle aurait dû le choisir, lui. Sans aucun doute. Oh, comme elle regrettait… Elle regrettait tout. Et surtout les verres en trop. Vaguement nauséeuse, elle se retenait comme elle pouvait de rendre tous les cocktails qu'elle avait bus ce soir sur le tee-shirt de son vieil ami et entra en titubant, se retrouvant par la même occasion soulagée de son  précieux whisky. « Hey ! » protesta-t-elle en grommelant des borborygmes inintelligibles, avant d'abandonner complètement le combat. Peut-être qu'elle pourrait le récupérer par la suite ? Peut-être même qu'elle convaincrait Brody de boire un verre avec elle ! « On verra tout à l'heure... » ajouta-t-elle, la voix pâteuse, à demi-consciente. Elle remarquait quelques éléments familiers ; après tout, elle était venue ici des centaines de fois, peut-être plus. Avec Brody, bien sûr, c'était différent. C'était moins facile, moins organique qu'avec celui dont elle avait été une fois amoureuse, dans une autre vie. Avec Brody, il y avait la blessure de ce « non » qu'elle avait lancé sans vraiment réfléchir, trop jeune, trop indécise, trop submergée par ce qu'on attendait d'elle pour pouvoir comprendre le mal qu'elle faisait autour d'elle. Mais il y avait quelque chose, tout de même. Brody était la douce chaleur de la flamme, après une pluie impromptue. Il était réconfortant, fiable, tellement rassurant. C'était lui qui s'inquiétait de la voir se faire mal quand ils étaient plus jeunes et qu'ils exploraient les bois. Il avait pris soin d'elle, depuis toujours. Et il continuait de le faire, avec un dévouement qui exprimait bien plus que Clare ne pouvait (ou voulait) comprendre. Sans protester, elle se laissa guider jusqu'à la salle de bain et se laissa tomber sans grâce sur le rebord de la baignoire. Regardant fixement devant elle, elle laissa faire son ami qui l'effleurait avec une infinie délicatesse. Désinhibée, elle laissa son esprit divaguer vers d'autres façons dont Brody aurait pu l'effleurer… Avant de revenir sur terre en sentant la brûlure de l'antiseptique sur ses plaies. « Aïe... » fit-elle en grimaçant.  Elle avait vraiment fait n'importe quoi. Elle faisait n'importe quoi, encore et toujours. N'était-ce pas ce que sa mère lui avait toujours répété ? Qu'elle était sauvage, bizarre, maladroite, malhabile, pas vraiment futée, trop ceci, pas assez cela ? Elle baissa la tête et renifla une seconde fois. Il n'y avait pas à se demander pourquoi Nate ne lui avait jamais jeté un regard… Et cela rendait l'affection de Brody encore plus incompréhensible à ses yeux. « Pour rien… Une pétasse a fait mine de me piquer mon verre et je me suis pas laissée faire. C'est pas encore interdit par la loi de ce défendre ce qui est à soit, non ? On est dans un pays libre ! » bougonna-t-elle sans vraiment même croire à ses bobards. Elle ne s'attendait pas à ce que Brody la croit non plus, mais elle n'allait tout même pas lui dire que tout ça, c'était la faute de Nate. Pas comme ça, pas maintenant… Quand bien même elle savait que Nate était toujours là, entre eux, qu'il le serait toujours. Malgré tout. Féroce, elle releva les yeux, prête à en découvre, à bagarrer les mots doux que Brody lui offrirait, mais croiser les prunelles claires de son ami suffisaient à faire disparaître son humeur vindicative. Il ne méritait pas ça. Et elle ne le méritait pas. Mais voilà où ils en étaient, et c'était comme si tous les deux, ils se complaisaient à courir dans un couloir qu'ils savaient pertinemment être terminé par un mur en béton. Clare poussa un profond soupir, et tenta un sourire, un peu ivre, un peu triste. « Ca veut pas dire que t'es pas mignon en infirmier. » souffla-t-elle en lui passant la main dans les cheveux. Puis son bras retomba lourdement le long de son corps, et elle frissonna. Son regard revint fixer ses genoux. Trop se bousculait dans sa tête, trop pour qu'elle parvienne à mentir encore. « Ca va pas fort en ce moment, Brody... » Elle qui avait froid il y à peine quelques secondes, voilà que quelque chose de chaud coulait le long de ses joues meurtries. Des larmes. Elle n'arrivait même plus à les retenir. Elles s'écoulaient toutes seules, charriant avec elles les traces de mascara mais pas les souffrances qu'elles étaient censées emporter dans leur sillage. « Je suis désolée… Désolée, vraiment désolée... » murmura-t-elle, et enfin, elle trouva le courage de confronter le regard de son ami, vulnérable, désarticulée, perdue. « Tout est de ma faute. » La confession lui tira un hoquet et un nouveau frisson la parcourut. Rien ne semblait pouvoir calmer son chagrin. Un puits sans fonds l'engloutissait. De l'intérieur.

Spoiler:
 

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Brody Mayer

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MessageSujet: Re: wrap me up, unfold me.   Dim 10 Avr - 23:26

Brody ne relève pas ses protestations, et l’emmène plutôt dans la salle de bain pour nettoyer ses petites plaies, convaincu qu’elle ne repensera plus à cette bouteille dès qu’elle s’installera sur le rebord de la baignoire. Clare a bien assez bu pour la soirée, et il est préférable pour elle d’arrêter les frais. Il ne sait pas toute l’histoire mais connaissant le tempérament de sa meilleure amie, elle en a très certainement déjà trop fait. La matinée risque d’être compliquée à assumer. Brody ne se permettra pas de la juger, se sachant relativement mal placé pour lui dicter sa conduite, mais il n’hésitera pas à la taquiner en lui rappelant cette nuit et l’état déplorable dans lequel elle s’est présentée à lui. Il se moquera d’elle, mais il ne lui en tiendra pas rigueur, parce qu’il a l’habitude de la voir débarquer à n’importe quelle heure de la journée, pour chambouler son quotidien un peu morose. Clare est un ouragan et Brody la laisse s’imposer dans sa vie, et ce, peu importe où il se trouve, et avec qui. Elle passera toujours avant tout le monde, parce qu’elle compte plus que les autres. Elle sourit, et c’est sa vie qui s’illumine. Quand elle est triste, c’est tout son univers qui s’écroule devant lui. Sans elle, plus rien n’a de sens, alors Brody, il prend soin d’elle, bien plus qu’il ne prend soin de lui-même. Il préfère s’effacer pour la laisser briller, quitte à ce qu’il vive dans son ombre. Avec délicatesse et rigueur, il joue les infirmiers d’un soir, retirant immédiatement sa main à sa grimace de peur de l’avoir blessé. « Ca va ? Ca pique un peu… » Le reconnait-il. C’est pas la première fois, il lui est déjà arrivé de désinfecter quelques plaies, les siennes mais aussi celles de ses petits frères, et parfois celles de Clare quand ils étaient plus jeunes et qu’elle tombait de son vélo ou de ses branches. Brody, ça a toujours été le garçon raisonnable, celui qui restait sous l’arbre, les mains tendus en lui demandant de descendre, lui promettant par la même occasion que si elle tombait, il la rattraperait comme un super-héros. Et s’ils ont grandi, il reste encore celui qui espère devenir le sien un jour. C’est stupide, il se le répète tous les jours, elle ne l’aimera jamais autrement que comme un frère, mais y’a cette petite voix dans sa tête qui s’imagine que la roue finira par tourner, que le temps fera les choses. Il faut qu’elle avance, qu’elle le découvre d’elle-même, comme lui l’a découverte pour la première fois y’a des années à cette soirée, réalisant soudainement que c’était elle, la femme de sa vie. Et depuis de ce jour, il apprend à l’aimer un peu plus même alors qu’il devrait apprendre à l’oublier. Mais c’est dur, tellement dur de se résoudre à tourner la page quand tout son monde tourne autour d’elle. Tout lui rappelle Clare. Mais ce soir encore, Brody a décidé qu’il fera abstraction des sentiments que son cœur lui hurle pour respecter le code du meilleur ami. Il l’écoute marmonner et se plaindre, et ça le fait sourire de plus belles. Clare n’est pas très convaincante, mais ça l’amuse d’entendre sa tirade sur la liberté. « J’aurai pu comprendre si ça avait été des frites, mais un verre, qu’elle t’a même pas volé, c’est pas un peu extrême ? Bon au moins, j’espère que ça en valait la peine, t’as gagné la bagarre ? » C’est bien beau de participer, mais l’important, c’est quand même de gagner. Il prend cette histoire sur le ton de la plaisanterie, parce que la situation était absurde. Il l’imagine se jeter sur cette pauvre fille qui n’y est pour rien, et Brody se dit que sa meilleure amie est une vraie sauvage. Ca ne devrait même pas l’étonner, elle a toujours été la plus impulsive. Elle fonçait dans le tas sans penser aux conséquences quand lui, était plutôt calme et tentait d’apaiser les tensions. Rien ne servait de lui faire remarquer que c’était une tête brûlée, Brody préfère détourner la conversation. Elle n’a très certainement pas envie d’en parler, et ça lui suffit pour passer à autre chose. Consciente qu’il est une oreille attentive, elle viendra se confier quand le besoin se fera sentir. Elle passe une main dans ses cheveux, et il détourne les yeux, fait mine de se concentrer à nouveau sur le coton qu’il tient entre les mains, éclipsant la soudaine envie de la réconforter d’une autre manière qui vient de germer dans son esprit en croisant son regard. « Tu dis ça parce que t’es saoule, ça compte pas. » Mais la plaisanterie retombe comme un soufflé, et son sourire disparait, remplacé par une expression plus sombre lorsqu’il remarque le changement chez Clare. Il aimerait pouvoir faire quelque chose, Brody, mais il se sent terriblement démuni face à son désespoir. Il voudrait que les choses s’arrangent, que tout redevienne comme auparavant, quand c’était plus facile pour tout le monde, quand ils n’étaient pas tourmentés par leurs éternels mêmes problèmes, quand les sentiments amoureux ne s’étaient pas mêlés à leurs relations mais l’époque lui semble si lointaine aujourd’hui qu’il ne saurait dire si elle a réellement existé. C’est pas de sa faute si tout est devenu si triste, ils ont juste mûri.  « Dis pas ça, tu dis n’importe quoi. » Il abandonne son coton pour caresser sa joue et nettoyer les larmes qui ravagent son visage. Mais ça continue de couler, et rien ne semble arrêter ses sanglots. Il attrape alors ses deux mains pour les enlacer avec les siennes. « C’est pas de ta faute, rien n’est de ta faute. C’est juste la vie qui fait des siennes, mais ça ira mieux. Ca finira par passer, comme avec tout.  » Il tente un sourire en rangeant une mèche derrière son oreille, passant son pouce sur son visage pour balayer à nouveau quelques larmes. « Tu verras, on finira par en rire, et on se dira que ça n’en valait pas la peine, parce que c’est vrai, ça n’en vaut pas la peine. » Il en est convaincu. Ils ne resteront pas éternellement coincés dans ce cercle vicieux à chercher le bonheur là où ils trouveront jamais rien d’autre qu’un gouffre sans fin. Ils trouveront une échappatoire et ils s’en sortiront. « T’es une fille géniale, tu mérites d’être heureuse et tu le seras. J’veux pas que t’en doutes, jamais. » Comment peut-elle en douter alors qu'il y croit tellement fort, lui ?

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MessageSujet: Re: wrap me up, unfold me.   Dim 17 Avr - 22:57

Y avait des gens comme ça, dont la voix avait le pouvoir du soleil. Dont le sourire n'était peut-être pas de ceux qui renversaient tout sur leur passage, mais avait la chaleur d'un âtre réconfortant. Brody, il était de ceux-là. Il irradiait d'une tiédeur douce, rassurante. De ses yeux émanait une tendresse constante, imperturbable. Pourtant, la vie lui avait mis des baffes. Mais il portait toujours ce foutu sourire comme un étendard contre tous les malheurs du monde. Son optimisme aurait été insupportable s'il n'avait pas été armée de cette sincérité qui aurait pu abattre les murs et reconstruire tous les ponts détruits. Clare, elle ne demandait qu'à apprendre. Qu'à l'écouter. Qu'à le croire. Mais ce soir, un rideau de larmes l'empêchait de voir clairement. Elle n'était même plus sûre d'être ivre. Peut-être qu'elle était juste l'une de ces filles condamnées à être tristes. Peut-être qu'elle avait toujours été triste. C'était plus facile de se perdre dans son vieux manoir, de regarder voler les oiseaux, de s'avaler des shots de whiskey et de tirer dans le vide que de se l'avouer, mais ce soir, alors qu'elle était au plus bas, elle réalisait qu'elle avait traîné des tas de casseroles derrière elle et qu'elle ne pouvait plus les ignorer. L'illusion que son amitié avec Nate entretenait toujours avait explosé, révélant les plaies béantes d'une existence en dents de scie. Elle n'avait jamais voulu voir la vérité en face. Elle avait fait cavalier seul parce qu'elle s'était estimée assez forte pour échapper aux démons de son enfance sans père, sous l'égide d'une mère autoritaire dont l'affection inquiète se traduisait en poignards virtuels. Tiens-toi droite. Ne souris pas, tes dents sont de travers. Tu as pris du poids, fais attention. Tu n'es qu'une gosse maladroite. Ton nez n'est passez droit. Quand te comporteras-tu enfin comme une vraie fille ? Etait-ce à cause de ces remarques inscrites dans sa mémoire qu'elle ne supportait plus un passage devant un miroir ? Qu'elle s'habillait à la va-vite dans des fringues trop grandes pour elle ? Qu'elle n'avait jamais pu penser qu'on la trouverait belle, qu'il fallait mieux rejeter toute forme d'affection parce qu'il était évident qu'on se jouait d'elle ? Tout remontait brusquement à la surface, et les trous se comblaient peu à peu, révélant la complexité enchevêtrée de ses pensées. Mais il y avait Brody, Brody et son aura solaire, sa voix qui pansait les blessures, le bout de ses doigts comme une plume contre sa peau. La douceur de ses gestes sonnait si juste. Clare releva la tête vers lui et ferma les yeux, apaisée par le coton qui emportait les larmes dans son sillage ouaté. Loin, là où la conscience commençait à renaître, elle sentit les doigts de Brody se mêler aux siens. Le contact la fit frissonner et elle resta plusieurs secondes, peut-être même minutes, sans bouger, à se gorger des mots si doux de Brody, si doux qu'ils auraient pu être des nuages. Comme une fleur après la sécheresse, elle absorbait ce dont elle avait tant désespérément besoin, et son regard humide s'ouvrit sur le sourire de Brody. Ca en vaut pas la peine. Il avait raison, Brody. C'était sa spécialité. Il était Mr Right. Il était typiquement celui qu'on écoutait jamais, mais dont l'avis aurait pu sauver bien du temps à leurs destinataires. Clare se demandait pourquoi elle avait attendu tellement de temps avant de bien vouloir comprendre. Son foutu orgueil, sa foutue obstination, son foutu besoin d'être en dehors des lignes, tout ça aujourd'hui, elle n'en avait plus rien à faire. Elle voulait entrer dans la danse et s'abandonner dans la folle course au bonheur, celle-là même dont Brody parlait avait tant d'entrain. Il paraissait même qu'elle y avait droit, même si elle ne parvenait pas vraiment à y croire. Mais si Brody le professait, alors elle voulait bien essayer. Même juste une fois, une toute petite fois. « Brody... » Le murmure s'égara au-delà de ses lèvres, un peu perdu, mais bien là. Doucement, elle détacha ses mains de l'emprise de son ami et les posa sur les épaules du jeune homme. « T'as raison, ça en vaut pas la peine. Je suis ridicule. Je te demande pardon. » Elle renifla, le regard vague, fixant un point derrière son ami. Elle avait l'impression d'avoir les idées plus claires. Oui. Elle ne s'était jamais sentie aussi lucide depuis des années. Avait-elle dormi pendant si longtemps ? Quand, exactement, avait-elle égaré son bon sens et perdu tout jugement pour les yeux d'un homme qui ne la verrait jamais que comme une amie ? Si tant ils étaient encore dignes de ce qualificatif, l'un et l'autre. Mais s'interroger sur ce point ne lui aurait servi à rien. En revanche, ce dont elle était certaine, c'est que Brody était là. Il était réel. Il n'avait rien d'une chimère après laquelle on courait jusqu'à l'épuisement. Brody ne l'avait jamais faite pleurer. Brody ne lui avait jamais arraché le coeur pour mieux jouer avec. Brody était celui qu'elle avait mais qu'elle ne méritait pas. Et malgré cette certitude absolue, elle vint enserrer le visage de son ami entre ses mains pour mieux lui sourire. « C'est toi qui es génial. C'est toi qui mérite tout ça, bien plus que le reste du monde. Je parie que tu le sais pas, mais t'as un soleil à la place du coeur, Brody Mayer. » Son pouce vint esquisser un geste tendre, effleurant la peau fragile et douce sous la prunelle noisette. Puis toute sa main se mit en mouvement, retraçant les concours d'un visage qu'elle connaissait sans pourtant être capable de le redessiner en pensée. Alors, elle partit explorer, effleurant avec innocence les pommettes et l'arête du nez pour s'égarer au coin des lèvres. « Oh. » Comme si elle venait de se brûler au feu délicieux d'une chose interdite, Clare s'écarta brusquement. La sensation au bout de ses doigts crépita encore quelques secondes pour s'éteindre quand elle reprit la parole, contrite : « Désolée, Brody, je… » Je… Quoi ? Elle était à court de justifications. Elle n'en avait jamais eu. Même quand elle avait refusé sa demande en mariage, elle n'avait pas été capable de lui donner une raison valable. C'était comme si sa maladresse et ses indécisions la condamnaient à le blesser inlassablement, jusqu'à ce qu'il décide que c'en était assez.

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