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 the truth will set you free, but first it will piss you off

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Nathaniel Mayer

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MessageSujet: the truth will set you free, but first it will piss you off   Mer 12 Aoû - 14:52

BRODY + NATHANIEL

Le Whiskey Blue Bar avait eu une soirée animée. Le brouhaha avait ressemblé à un essaim d’abeilles nerveux et les verres avaient été servis sans interruption de l’ouverture jusqu’à ces dernières minutes. Nate en était convaincu, le chiffre d’affaire serait satisfaisant et s’il ignorait la raison de cette activité en crue, il se dit que les gens devaient être enfin passés à autre chose. L’incident avec les jumelles avait peut-être enfin été relégué à la rubrique faits divers et non plus à la une des journaux. Car c’était indéniable, le jeune propriétaire avait beau nier les faits, il avait bien dû constater la baisse de régime qui avait frappé le bar suite à l’explosion publique qui avait eu lieu sur le bateau. Tout le monde avait découvert à quel point Nathaniel Mayer était un jeune homme ingrat et irrespectueux, comme si c’était un mystère auparavant. Mais si ce revers lui avait fait grincer des dents, ce n’était pas la conséquence la plus fâcheuse pour le cadet Mayer. Les gens oubliaient. Ils s’insurgeaient, d’abord, se donnaient le mot pour boycotter le salopard mais au final, tout rentrerait dans l’ordre et ils oublieraient comme ils avaient oublié tous les ‘drames’ qui avaient secoué la ville auparavant. Clare, par contre… Elle n’était pas prête de lui pardonner et après les révélations auxquelles il avait eu droit, Nate n’était pas certain qu’elle le fasse un jour. Et ça le rendait malade et particulièrement susceptible. Il n’y avait guère que cette recrudescence de visites du Whiskey Blue Bar pour le détourner quelque peu des pensées qui tournaient inlassablement dans l’esprit contrarié du jeune homme. Car quand tout marchait à une telle vitesse, Nate n’avait plus le temps de s’appesantir sur ce qui clochait chez lui, il devait consacrer son énergie au bon fonctionnement des lieux, distribuant les ordres et les consignes d’un ton impérieux et concentré. Et après, quand il fermait enfin la porte de son établissement, c’était pour aller se vautrer dans son lit et sombrer dans un sommeil lourd à défaut d’être réparateur. Ce soir semblait prendre cette tournure. C’est ce que Nate espérait bien, en tout cas, alors qu’il plaisantait avec une pleine tablée d’hommes en costume hilares – et avec la note qu’ils s’apprêtaient à laisser, Nate aurait été surpris du contraire. Lorsqu’il éplucherait le décompte, en fin de service, le résultat promettait de lui tirer un sourire narquois. Mais pour l’heure, il devait se montrer sous son plus beau jour et si certaines remarques au sujet des jumelles furent lancées dans de vaines tentatives de le voir mordre à l’hameçon, Nate les ignora et navigua avec adresse pour se sortir des eaux troubles. « Messieurs, je vous souhaite une excellente soirée » dit-il en leur adressant un hochement de la tête poli, s’extirpant des blagues grivoises juste au bon moment. « Offre à ces gentlemen une bouteille de notre cave spéciale, veux-tu ? » glissa-t-il à un jeune serveur qu’il croisa en s’éloignant de sa clientèle imbibée. Il n’attendit pas la moindre réaction de l’employé, ni hochement de la tête, ni ‘oui m’sieur’. Nate avait l’habitude que les choses soient faites comme il l’entendait et il ne s’inquiétait plus du suivi donné à ses demandes. Il se dirigea vers le comptoir, sans manquer de saluer au passage les quelques clients qui sortaient à ce moment-là, et s’apprêtait à disparaitre dans les coulisses de l’établissement lorsqu’il reconnut un visage familier. Et pour cause, Brody Mayer, son frère ainé, était installé au comptoir. Oubliant instantanément son but premier, Nate bifurqua, attrapa une bouteille de whiskey et s’approcha de son ainé, l’apostrophant de ce ton faussement complice qu’il employait toujours dès qu’il était question de Brody : « Tiens, frangin ! Que me vaut le plaisir de ta visite ? s’enquit-il en se glissant en face de son frère. Whiskey ? » Il brandit la bouteille et précisa, au cas où ça n’était pas clair : « Pour la maison ». Parce que l’entente entre les deux Mayer avait beau être en dents de scie – elle avait même plutôt tendance à survivre de ces creux façonnés par la compétition qui les avait toujours opposés – Brody n’en restait pas moins son frère et Nate éprouvait toujours une sensation étrange à voir un membre de sa famille entre les murs de son projet personnel. Seuls leurs parents avaient toujours soigneusement évité de pénétrer dans ce lieu synonyme de rébellion et de grande déception.

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Brody Mayer

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MessageSujet: Re: the truth will set you free, but first it will piss you off   Mer 2 Sep - 1:46

Ce n’est pas la première fois qu’il entre dans ce bar, et ce ne sera très certainement pas la dernière, et pourtant, Brody ressent toujours une certaine appréhension en se retrouvant entre ces murs. L’angoisse monte d’un cran quand il pénètre dans cet autre univers, dans ce monde qui lui rappelle sans cesse qu’il n’en fera jamais partie. Il le savait, il en était convaincu avant même de s’installer à ce comptoir, il aurait dû choisir un autre établissement. L’ambiance a beau être chaleureuse et bienveillante, il a cette impression persistante de ne pas y être à sa place. Il essaie de se détendre, d’apprécier l’atmosphère si particulière qui se dégage dans ces lieux, mais y’a rien à faire. Il lui faut un verre. Peut-être deux. La faute à l’identité du propriétaire, sans aucun doute, qui tourne et tourne dans son esprit comme un disque rayé. Nate, c’est celui qui réussit tout ce qu’il touche. C’est celui qui lui dérobe la moindre parcelle de bonheur. Sans lever un seul petit doigt, il parvient à lui voler tout ce qu’il tente d’avoir depuis des années. Brody, il aimerait tellement pouvoir surpasser son petit frère, alors il observe son lieu de travail, il regarde et analyse tous les défauts – même les plus minimes - qu’il liste dans sa tête pour se rassurer. Comme un enfant boudeur, il tente de se convaincre que de toute façon, ce n’est qu’un incompris, ce sera toujours lui le meilleur quoiqu’il arrive. Nate est loin d’être parfait, mais la grande différence, c’est qu’il ne cherche pas à l’être. Il ne cache pas ses défauts, il en fait une force. Et ça le bouffe, Brody, de voir comme c’est si facile pour son frangin d’être le vilain petit canard. Il n’a aucune difficulté à rebondir. Il le vit bien. Il est tellement loin, si loin devant lui que tous les efforts du monde ne l’amèneront jamais à la victoire tant espérée. Même avec cette histoire de jumelles qu’il a trompées, qu’il entend dans toutes les bouches des clients, rien ne semble le faire tomber de son piédestal. Il ferait les pires horreurs qu’on acclamerait toujours son très cher petit frère. Il aimerait pouvoir se réjouir de sa réussite (faut dire qu’il n’est pas peu fier de son projet si bien mené) et avoir cette même complicité que certaines fratries partagent entre elles, mais il lui est impossible d’oublier. Y’a les mêmes scènes qui tournent en boucle dans sa tête, les mêmes regards et non-dits qui le dévorent de l’intérieur à la moindre pensée. Et si son frère sera toujours l’une des personnes les plus importantes de sa vie, celles qui compteront jusqu’à son dernier souffle, elle restera également celle qui lui fera le plus de mal. Brody se garde bien de le lui montrer. De toutes ses forces, il ne lui montre absolument rien de son ressenti. Il remplace ses traits tirés et ses yeux noirs par le masque qu’il porte à longueur de journée. Facile quand on a grandi dans un milieu aussi superficiel. Le sourire qu’il lui lance lorsque Nate apparait dans son champ de vision est digne d’un Oscar, bien qu’un peu crispé. Aussitôt, l’idée de le rencontrer et de passer un quelconque moment à ses côtés devient ridicule et stupide. « Parce qu’il me faut une raison pour rendre visite à mon petit frère ? » Rétorque-t-il en utilisant volontairement le même ton que celui-ci a employé. L’hypocrisie semble être de rigueur. Les faux semblants sont devenus les maîtres mots de leur relation, à tel point qu’il lui est parfois difficile de mêler le vrai du faux. Avec le temps, il a bien vite réalisé qu’avec Nathaniel, il était inutile de se poser de telles questions tant il lui paraissait maîtriser à la perfection la tromperie. Étonné, par ailleurs, que celui-ci lui offre une bouteille de whisky, Brody hoche finalement de la tête, bien qu'un peu gêné par ce présent. La technique est bien rodée pour s’attirer sa sympathie mais s’il pense pouvoir se racheter une conduite avec sa bouteille, c’est bien mal le connaitre. « Très bien..., mais seulement si tu bois avec moi. » Lui propose-t-il, par pur politesse. Et ils ne sont même pas obligés de discuter, aucun d’eux n’aura à forcer la conversation. Boire un petit verre lui suffirait amplement pour avoir la conscience tranquille en ayant partagé un minuscule moment aux côtés de son frangin. « Je comprendrais si le boulot ne peut pas attendre, » ajoute-t-il en jetant un coup d’œil derrière lui. Y’a du monde, et ça continue d’arriver. Il est sympa avec lui, Brody, il lui laisse la porte ouverte pour s’échapper de ses responsabilités fraternelles.

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MessageSujet: Re: the truth will set you free, but first it will piss you off   Dim 1 Nov - 14:46

Leurs parents étaient-ils à blâmer ? Etaient-ils la cause de la mésentente entre leurs fils ou fallait-il imputer celle-ci aux caractères opposés des deux garçons ? Si le caractère de Nate n’était certes pas simple, il fallait quand même concéder que ses relations avec ses autres frères ainés n’étaient pas aussi conflictuelles que celle qu’il entretenait avec Brody. Peut-être parce qu’ils étaient ennuyeux, aussi, et que rien n’ébranlait leur flegme, ce qui n’amusait en rien le cadet de la fratrie. On ne pouvait pourtant pas dire que Brody était plus réactif aux attaques subliminales ou non de Nate mais le jeune propriétaire du bar ressentait comme un besoin instinctif de toujours bousculer Brody. Cela ne marchait jamais et pourtant Nate ne se lassait pas de cette provocation constante. Au fond, il se doutait qu’il enviait son ainé, sur certains points, même s’il refusait de (se) l’admettre. Aussi, au lieu d’essayer d’éveiller une complicité fraternelle, c’était la compétition qui nourrissait son attitude dès qu’il conversait avec Brody. Et qu’avait apporté la découverte du dilemme de Clare ? Une sensation neuve s’était creusée dans l’esprit de Nate en sachant que si Clare avait repoussé Brody, c’était à cause de lui. Il était à l’origine de l’un des plus grands malheurs de son frère et il n’en ressentait aucune fierté. Pire, l’amertume donnait un goût amer à l’alcool qu’il ingurgitait depuis la dispute avec Clare. Il aurait voulu chasser les mots énoncés, repousser l’ahurissement qui l’avait ébranlé, effacer sa réaction tordue. Il aurait voulu rembobiner, revenir à la situation initiale. Il ne savait pas s’il préférait imaginer qu’elle le détestait parce qu’il avait joué au con avec les jumelles ou parce qu’elle avait perdu toute foi en lui. Confronté à la perte de sa meilleure – et seule véritable – amie, Nate se sentait désœuvré. Et en colère. Une colère terrible et noire qu’il n’osait pas raviver en coinçant à nouveau Clare. Mais Brody ? Brody était une cible idéale, une cible docile qui laisserait les mots couler sur elle et finirait par le laisser épuisé mais pas paumé. Et même si Brody avait toutes les raisons de le haïr, Nate était à peu près certain que lui ne l’abandonnerait pas. Parce que la famille restait la famille, n’est-ce pas ? Toutefois, en approchant le client inopiné, Nate n’avait aucune idée de ce qu’il fabriquait. Il le ferait boire, c’est tout. Il le ferait boire jusqu’à… Il ne savait même pas pourquoi. Voulait-il une confession ? L’entendre professer les reproches qui devaient peser sur son âme depuis une éternité, depuis que Clare l’avait rejeté parce qu’elle lui préférait Nate ? Mais pourquoi, alors qu’elle cachait ses sentiments et les gardait pour elle. Comment avait-elle pu créer une telle atmosphère ? Irrespirable, intenable. Parce que Brody devait doublement le regretter, non ? À la voir aimer son frère sans que rien ne se passe ? Les choses n’auraient-elles pas été plus simples à accepter si Nate et Clare avaient formé un couple solide ? C’est du moins ce que se disait Nate. Qu’il devait être plus facile de tourner la page quand on savait qu’il y avait une raison valable à cette non-réciprocité. Au lieu de quoi, Nate passait pour un con en découvrant la vérité. Il en voulait à Clare d’avoir créé cet imbroglio de sentiments mais il en voulait encore plus à son ainé de ne même pas sembler le haïr réellement. Comment faisait-il ? « Non, c’est vrai que tu es trop bon pour avoir quelque chose derrière la tête » répliqua Nate sur un ton si étrange qu’il était lui-même incapable de définir s’il s’agissait d’ironie ou l’énonciation d’un simple fait, sans malice. « Contrairement aux autres » ajouta-t-il. Ces autres. Leurs frères, tous mariés et pères, ou en voie de l’être. Brody aurait dû être l’allié idéal et Nate en avait fait injustement un ennemi. Mais c’était lui l’ennemi de Brody et non l’inverse. C’était lui l’électron néfaste, pas l’inverse. L’acide lui remonta dans la gorge et il le ravala d’une gorgée de whiskey avant d’offrir un sourire torve à Brody. « Si ce n’est que ça… » Boire n’a jamais été un problème, pour lui. C’est même devenu une telle habitude qu’il est parfois impossible de déterminer s’il est ivre ou sobre, tant il se maitrise quel que soit son état. Mais qu’en est-il de l’alcool mélangé à la colère qui le grignote depuis quelques jours ? « Le boulot peut se passer de moi » lui assura Nate se décalant pour laisser ses employés poursuivre leur rythme infernal. « Tu n’es envoyé par personne, alors ? Tu es là de ton plein gré ? » insista-t-il, le regard pénétrant sondant celui de Brody. Clare était-elle allée se confier à Brody maintenant qu’elle s’était révélée à Nate ? La question taraudait en tout cas le jeune propriétaire. Mais Brody l’admettrait-il seulement si c’était le cas ? Ou serait-il le chevalier servant dont elle avait besoin ? Et si le jeune homme ignorait tout des déboires sentimentaux de Clare, allait-il se méfier de l’insistance de Nate ? Il était de toute façon trop tard pour revenir en arrière.

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MessageSujet: Re: the truth will set you free, but first it will piss you off   Dim 17 Jan - 19:35

A peine a-t-il eu le temps de saluer son frère que celui-ci lance sa première attaque. Parce que c’en est forcément une, Nate ne sachant s’exprimer autrement que par de petits pics jetés dans la gueule du loup à la recherche sans doute d’une réaction violente, que Brody se refuse de lui donner. Ses sous-entendus coulent sur lui et glissent sans qu’il ne les relève. Ou presque. Chacun de ses mots est gravé au fer rouge dans sa mémoire. Il se souvient de chacune de ses réflexions, des premières qui l’avaient marqué et attristé pendant quelques jours, à celle-ci, qui n’est pas si anodine qu’il l’imagine. Et comme à chaque fois, il ne répondra rien d’autres que par une remarque anodine ou un regard lasse vers lui, à la recherche d’une quelconque raison qui le pousse à réagir de cette manière. Il ne trouvera rien, parce que rien ne justifie son comportement. Pourtant, Brody laissera faire, parce que c’est son petit frère, qu’il lui inventera ses propres excuses en s’imaginant que ça ira peut-être mieux demain, dans deux jours, dans dix ans. « Merci de l’avoir constaté. » Lance-t-il de la même façon qu’il l’aurait remercié après lui avoir demandé l’heure, tombant dans les mêmes travers que Nathaniel en faisant mine de n’être touché par plus rien. Il a peut-être bien raison. Il est peut-être trop bon, avec lui et avec tous les autres membres qui constituent sa famille, mais Brody est comme ça, préfère encaisser les coups que les donner, considérant que la violence ne mène nulle part. Faut-il pour autant lui en vouloir d’éviter les problèmes ? Pour Nathaniel, cela semble être une raison valable pour déchainer toute sa frustration sur le comptable. Il ne voit pas à qui il peut bien faire référence par « les autres » mais il imagine que comme toutes les autres questions à son sujet, il n’en aura jamais la réponse.  Il le sait, il le sent dans le timbre de sa voix qu’il tourne autour du pot comme une proie jouerait avec sa victime avant de l’attaquer. Avec le temps, il a commencé à déceler ces instants, et à se préparer au pire avant qu’il n’arrive, et le pire est clairement à venir au vu de l’insistance de l’homme sur sa venue. C’en est presque gênant. Décidément, il n’avait pas conscience qu’il se faisait aussi rare dans son établissement. Faut dire que ses répliques acides n’aidaient pas à entretenir le lien fragile qu’ils partageaient. Aussi difficile qu’il était de le penser, Brody avait d’autres intérêts que de subir la mauvaise humeur de son frangin. « A ton avis ? Je sais que c’est difficile à y croire, mais oui, je suis là de mon plein gré. » Rétorque-t-il dans un sourire amusé. Ce n’est quand même pas un si grand exploit… si ? Le voir aussi perturbé le fait toutefois douter quant aux motivations qui le poussent à lui poser de telles questions. Fronçant les sourcils, il tente de trier ses souvenirs pour y trouver des indices. De qui pouvait-il bien être envoyé pour le rendre visite ? Ses parents connaissent leur mésentente mais ne se sont jamais vraiment interposés entre eux, considérant que les disputes étaient normales dans les fratries. Ils auraient envoyé n’importe qui en mission, sauf Brody, tout comme leurs frères, avec qui il ne partage pas plus que des banalités pendant les dîners familiaux. Clare lui vient alors à l’esprit, mais dans leurs précédentes rencontres, rien ne l’interpelle assez pour qu’il s’y intéresse plus. Il n’est pas certain qu’elle l’aurait dans tous les cas, envoyé dans la gueule du loup. Elle aurait préféré s’y prendre autrement. « Mais ça dépend, à qui est ce que tu penses ? » Demande-t-il, soudainement intéressé et concerné par ses problèmes. Perplexe, il tente de l’interroger, conscient qu’il n’aura sans doute pas les réponses qu’il espère. Ils ne se confient pas l’un à l’autre. Jamais. Et Nate est l’une des rares personnes qu’il ne comprendra jamais, si imprévisible qu’il lui est très souvent impossible de suivre ses sautes d’humeur sans y attraper un mal de crâne. Il essaie quand même, dans un ton qui invite à la confidence, initiant la question qui mènerait à la création d’un possible lien entre eux. C’est beau l’espoir. « Il s’est passé quelque chose ? Dis pas non, j’le vois. » Et Brody regrette immédiatement sa question, convaincu que Nathaniel se montrera incisif et fermé à toute possible conversation qui pourrait peut-être les rapprocher. Pourtant, il s’intéresse vraiment à la vie de son frangin et ne cherche qu’à pouvoir l’écouter – et l’aider. Il envie ces relations fraternelles où tout semble si facile, où il lui aurait suffi d’une simple question pour que Nate lui raconte ses mésaventures, auxquelles il aurait ri de bon cœur, sans qu’il n’ait à se plier en quatre pour avoir ne serait-ce qu’une réponse autre qu’une réplique sarcastique.

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MessageSujet: Re: the truth will set you free, but first it will piss you off   Mer 4 Mai - 20:40

À force de se montrer si retors, Nate en avait fini par être très solitaire. Très isolé, aurait été le mot qui convenait. Jusqu’à il y a peu, il refusait encore de voir cette vérité en face mais la désertion de Clare l’avait mis devant le fait accompli : ses relations étaient creuses et les seules qui auraient pu un peu compter étaient basées sur des mensonges et des manipulations. Il n’y avait aucun lien valable dans son entourage. Aucune réelle amitié, aucune relation durable. Les seules qui daignaient encore tenir étaient celles qui étaient censées couler de source : Clare, l’amie d’enfance, Brody, le frère, James, son cousin (la famille, encore). Point. Bonnie et Callie le haïssaient, à juste titre et le reste de son entourage se bornait à ses employés qui se devaient d’avoir des bons rapports avec leur patron. Un triste constat qui ne faisait qu’accentuer l’aigreur du propriétaire du bar. Lui qui s’était toujours perçu comme un homme sociable, au réseau étendu, avec l’assurance de pouvoir compter sur ceux qui le connaissaient (parce qu’ils le devaient bien, pas parce qu’ils le voulaient vraiment). Ça lui avait rappelé son patriarche, ce qui n’avait fait qu’accroitre son dégoût. Et voilà que son mince entourage s’étiolait encore misérablement. Il ne lui restait rien, personne. Sauf Brody, éternel courageux qui venait au devant des problèmes sans sembler s’en rendre compte… ou s’en soucier. Était-il si rôdé au caractère ombrageux de Nate qu’il ne craignait plus les revers ? Avait-il, à un moment ou un autre de son existence, viré masochiste ? L’interrogation planait dans l’esprit de Nate et ne faisait que bouillonner son courroux davantage. Et c’était précisément parce qu’il ne pouvait faire aucun reproche à Brody que cela rendait Nate furieux, parce que ça ne faisait que le ramener à ses propres turpitudes. Il ne pouvait décemment partager ce mal qui le rongeait avec Brody, n’est-ce pas ? Mais si pas lui, qui ? Puisqu’il ne restait personne ? De toute façon, Brody ne lui faciliterait pas la tâche, il n’y avait qu’à voir l’innocence de sa réponse. Nate fronça les sourcils, se demandant si son frère était un maitre dans l’art du calme olympien ou s’il n’avait tout simplement pas perçu le danger sous la surface. Laissant le bénéfice du doute à son ainé – difficile, en effet, pour le cadet Mayer d’imaginer qu’une telle sérénité puisse être feinte – il n’émit qu’un grognement en signe d’assentiment. « On sait tous à quel point nos parents désapprouvent ma situation. Pourquoi irais-tu braver leur opinion ? » Toi, le fils parfait sous-entendait-il clairement. Mais c’était peut-être précisément parce qu’il était vierge de tout reproche que Brody pouvait se permettre un tel écart ? Ou était-ce plus exactement parce qu’il avait tout du fils parfait et que personne ne paraissait remarquer cet aspect ? Brody aurait dû être le favori de son père, bien avant tous les autres. Il était celui qui se coupait en seize pour les autres et qui ne récoltait pas les avantages que cette soumission aurait dû lui valoir. Nate ne savait pas s’il devait dédaigner son ainé ou l’admirer pour sa ténacité face à si peu de considération mais une chose était certaine : il ne comprenait pas ce que Brody cherchait et pourquoi il s’épuisait à cette tâche impossible. « Pourquoi se serait-il passé quelque chose ? » rétorqua Nate sur la défensive et particulièrement méfiant. Il s’était passé trop de choses pour qu’il puisse faire le tri mais admettre ses déboires aurait équivalu à mettre à jour ses faiblesses et Nate n’y tenait pas particulièrement. De plus, il n’avait aucune idée de la manière d’aborder le problème Clare avec Brody, c’était bien trop délicat et trop tendu pour être approché naturellement. Et puis c’était une faille qui ne demandait visiblement qu’à être ouverte. Pour se donner du courage, Nate les resservit et avala d’une traite le contenu de son verre. « Je pense que j’ai assez d’emmerdes depuis le scandale Cartwright. Et Clare qui me fait la gueule. Je n’ai pas besoin d’avoir les Mayer sur le dos, en plus de tout le reste » lâcha-t-il finalement, le ton aigre, défiant son frère de creuser. Mais n’attendait-il pas précisément cela de sa part ? Ne fallait-il pas qu’il évacue ce trop plein de regrets pour se libérer le cœur et l’âme d’un poids étouffant ? Et il ne restait que Brody pour se soucier de ses problèmes. Mais l'ennui, c’est que Nate n’avait jamais aimé faire l’exposition de ce qui n’allait pas, préférant rejeter les allusions d’un haussement d’épaules désinvolte, comme si rien ne le touchait. C’était vrai, en quelques sortes, avant, il se souciait si peu du reste du monde que tout lui passait par-dessus la tête sans qu’il s’arrête une seconde. Mais ça faisait des mois, maintenant, qu’il peinait à garder ce masque de nonchalance qui le caractérisait et le protégeait des plus ambitieux. Tout semblait désormais s’effilocher, s’émietter, et Nate n’arrivait pas à stopper ce processus. « Ne va pas me dire qu’elle ne s’est pas empressée d’aller ouvrir son cœur auprès du gentil et fidèle Brody » lâcha-t-il, acide, trop vite pour réfléchir à la dureté de ses propos.

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