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 happy little pill. (lizzie)

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Brody Mayer

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: happy little pill. (lizzie)   Mer 5 Aoû - 2:18

Son verre à la main, Brody écoute distraitement l’un des invités lui raconter une anecdote sur la fin de la précédente soirée. Cette histoire, c’est la troisième fois qu’il l’entend depuis qu’il est arrivé. C’est aussi la troisième fois qu’il acquiesce, un peu perplexe, en se demandant ce qu’il y a de si génial à voir une fille vomir ses tripes sur un mec qui n’avait absolument rien demandé. C’est la même rengaine chez Mike. Brody n’est plus vraiment surpris par ce qu’il attend à chaque fois qu’il participe à l’une de ses soirées. Ce sont les mêmes qui finissent dans les lits, et les mêmes qui se moquent des déboires des autres. Courtois, il lui arrive de poser quelques questions, pour montrer qu’il s’intéresse à la conversation et à lui. D’un homme à un autre, la chute est parfois différente. Selon ce qu’on lui raconte, le ton employé en dit long sur son interlocuteur. Celle-ci est plus violente et Brody en conclue qu’il essaye très certainement de l’impressionner, mais en réalité, il ne parvient qu’à lui retirer une exclamation qui sonne un peu faux. Un sourire poli sur les lèvres, son regard un peu distrait se perd dans la foule. La fête est bien avancée. Aiden s’en est allé bien plus tôt qu’il ne l’aurait espéré, et ses quelques amis ont fini par déguerpir, eux aussi. Certains sont déjà si saouls qu’il n’a aucun doute quant au lendemain qu’ils vont devoir gérer, d’autres gardent une certaine contenance, même si leur esprit est clairement embrumé par les fumées de cigarette. Il ferait peut-être mieux de rentrer lui aussi. Il a bien assez bu dans la soirée. Il ne reste plus qu’une catégorie de personnes qu’il ne côtoie pas. Brody, il a du mal à se mélanger aux autres dans ses conditions. Il ne connait pas la moitié des derniers invités et lorsque c’est le cas, il ne partage pas assez de points communs pour qu’il puisse s’ouvrir pleinement. Pourtant, il a grandi avec la plupart d’entre eux. Il a partagé des dîners avec leur famille, et parfois même des conversations plus ou moins intéressantes sur leur avenir quand ils faisaient mine d’avoir encore le choix. Ils ne sont pas vraiment ses amis, ils sont des connaissances qu’il a continué à côtoyer et à voir, même alors que plus rien ne l’oblige à le faire. Secrètement, il espère sans doute pouvoir remonter dans l’estime de son père en lui montrant qu’en plus de savoir se mélanger à la société, il continue de se forger un bon répertoire. Il est sans doute naïf d’y croire encore, mais y’a toujours de l’espoir. Son frère finira par faire des erreurs, ce sera le bon moment pour les sortir du pétrin. Le jeu en vaut la chandelle. L’homme qui lui fait face se retire soudainement pour prendre un énième verre et Brody en profite pour disparaître et quitter les lieux. L'alcool lui fait tourner la tête, et il est temps pour lui d'arrêter les frais. Il s’éloigne du salon, traverse un couloir pour se diriger vers l’extérieur lorsque son attention s’attarde sur une jeune femme qu’il aurait du mal à reconnaître tant elle lui semble à la fois différente et semblable. Ses traits sont les mêmes, mais son visage est plus terne qu’à l’ordinaire. Elle lève la tête vers lui, et il croise un regard vide et absent. Il ne lui en faut pas plus pour comprendre la raison de son état. Il cligne plusieurs fois des yeux, fatigué, mais il n'y a aucun doute, ça ne peut qu'être elle. Difficile à y croire quand on connait Elisabeth Moore - si seulement il pouvait se targuer de la connaitre vraiment. Constamment dans le contrôle, Brody est surpris de voir son soudain lâcher prise. Il ne l’avait jamais vu autrement que comme la frangine de son meilleur ami, comme celle avec qui la conversation ne serait jamais plus que de l’hypocrisie camouflée tant elle lui paraissait froide et distante. D’abord amusé par la scène qui se joue devant lui – en se demandant si Aiden savait des activités nocturnes de sa sœur – l’inquiétude revient très vite sur son visage lorsqu’elle manque de glisser et de tomber. Précipitamment, il attrape son bras avant qu’elle ne finisse sur le sol pour l’aider à tenir debout. « Je crois que tu as un peu trop abusé de la boisson. » Il la tient toujours par le bras, de peur qu’elle ne dérape à nouveau et qu’elle se fasse, cette fois-ci, vraiment mal. Elle a largement dépassé les limites que son corps pouvait encaisser. « Est-ce que ça va ? Tu veux peut-être t'asseoir un peu ? » Qu’il lui demande d'un ton bienveillant, tandis qu’il tente de lire sur son visage un quelconque signe qui le rassurerait. La tâche lui parait compliquée, elle n'est pas dans son état normal. Elle a l'air totalement ailleurs.
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Lizzie Moore

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MessageSujet: Re: happy little pill. (lizzie)   Lun 12 Oct - 21:06

~
❝ I have lost control over everything, even the places in my head.❞




    Il y a des millions de choses que Elizabeth Moore ne fait pas, des tonnes de jamais dans sa vie, des kilos de plomb, des grammes de regrets. Ca pèse très lourd mais ça ne se voit pas, tout le poids est à l'intérieur, bien dissimilé, tel un secret d'état ou un trésor convoité, mais quand Lizzie marche, et même lorsqu'elle parle, elle, elle le sent ce poids : des briques dans son estomac qu'elle fait passer pour des plumes ou des bulles de savon. La princesse se fait légère et gracieuse alors que son royaume est en ruine et qu'elle porte seule sur ses épaules l'avenir de sa famille. Face à une fenêtre, le dos tourné à tous ces gens s'agitant derrière elle, dans la nuit qui avance, Lizzie se surprend à rêver. Son esprit vadrouille à travers l'obscurité et se perd entre les dédales de son cœur tandis que son corps se retrouve bousculé par ci et par là, presque comme une danse maladroite avec elle-même au milieu d'un salon surpeuplé. Sous l'eau, Fairview disparaît. Cette ville semble si fragile, comme si elle avait été posé là un jour mais que personne n'avait pensé bon de bien l'accrocher au sol, comme si, si on l'a poussait trop vigoureusement du bout du doigt elle pourrait s'écrouler sous nos yeux abasourdis en emportant tout avec elle. Mais cette ville semble, à la fois, si forte, si présente, si imposante, comme si elle avait toujours été là. Sous les gouttes de pluie, pourtant, Fairview se dissipe tel un morceau de sucre fondant à vue d'œil. Lizzie aussi, parfois, rêve de disparaître, de fondre, de devenir invisible, de se volatiliser. Les fantômes n'ont pas d'obligations ni de devoirs, les fantômes n'ont pas d'honneur, les fantômes sont libres d'aller et de venir selon leur bon vouloir, les fantômes peuvent s'envoler, sans explication et sans justification, et elle, elle rêverait de s'envoler - sentir le vent souffler dans ses cheveux, le froid transpercer sa peau, chercher, à tout prix, je vous en prie, elle supplie, à se sentir vivante. Lizzie n'est ni la pluie ni le vent ni même un fantôme : elle est ce laps de temps entre le jour et la nuit, lorsque le ciel se peint de couleurs meurtrières ou féeriques, elle est l'aube et le coucher du soleil, elle est le soleil et la lune, elle est l'arc en ciel dans le brouillard, elle n'est rien et parfois tout à la fois. Elle est, même pour sa propre personne, un mystère au contour flous. Tout près d'elle, un jeune homme passe, une bouteille à la main. « Donne moi ça. » siffle-t-elle, implacable, en s'emparant de la bouteille de vodka avant de la porter à sa bouche. Et elle a chaud, dans sa gorge et dans sa tête, peut-être qu'elle oubliera enfin combien elle se sent frigorifiée. Glacée et vide. Mais l'alcool ne réchauffe le cœur ni ne rempli aucune crevasse, l'alcool ne remplace aucun gouffre, elle le sait, pourtant elle continue de porter la bouteille à ses lèves. Depuis toujours, on a refusé à Elizabeth l'erreur. Chez elle rien ne dépasse, rien ne détonne ou n'étonne. Lizzie est tirée à quatre épingles, impeccable et implacable, elle peut sembler parfois comme aseptisée, nettoyée de tout et surtout vide, de tout et de tous. Chez elle, jusque dans les meubles qui agrémentent le décor autour duquel elle évolue, rien n'est usé, jauni, mal entretenu. Et elle voudrait juste une fois, rien qu'une fois, dans l'intimité de la nuit, enveloppée par la chaleur de la musique et entraînée par les corps agités des invités, s'écorcher un petit peu. De quoi aurait l'air si un bleu ornait sa peau de porcelaine ? Chacun porte en lui-même un parasite qui grignote, qui ronge, qui griffe, qui mord, qui gagne du terrain, celui d'Elizabeth Moore s'appelle la perfection. Les minutes passent et les différents alcools défilent, anesthésiant par la même occasion son esprit. Ne plus penser, surtout ne plus penser, juste tourner, suivre la musique, les voix, les cris, les rires, et puis tourner, sur elle-même et sur sa raison. Se laisser aller. Libérer ses poumons de cet étrange carcan dans lequel ils se retrouvent constamment oppressés et respirer, très fort, respirer la vie et quelques grammes de liberté. Se laisser aller. Ne plus penser à Mike, même si elle se trouve à une de ses fêtes, ne plus penser à rien d'ailleurs, ni à personne. Juste à elle-même. Penser à mettre un pas devant l'autre, ne pas tomber, ne plus tourner. Mais ça tourne vraiment maintenant et tout est un peu flou, un peu étrange. Elle va contre la marée des corps, donne des coups d'épaules, des coups de talons, en tentant de s'extirper de la pièce surpeuplée, ce n'est qu'en se dirigeant vers la sortie qu'elle tombe nez à nez avec un visage familier, avant de lamentablement manquer de tomber, bien incapable de mettre un pied devant l'autre normalement. La voix et les mots de Brody sont bienveillants, prêts à aider, la voyant clairement dans un état différent, mais Lizzie les envoie valdinguer sans ménagement. « Blablabla... Quel rabat joie. Tu te prends pour mon frère maintenant ? » Une moue boudeuse vient naître sur ses lèvres, quelque part entre la moquerie et la méchanceté pure. Brody n'a cependant rien à voir avec Aiden, il a toujours été le meilleur ami de son frère, souvent présent, jamais vraiment là, poli et distant comme le sont tous ceux de leur milieu. « J-Je serais pas contre un verre d'eau par contre. » ajoute-t-elle, le bras toujours maintenu par Brody pour ne pas tomber à la renverse.

_________________
“ I am too afraid of life and of love to know how to trust. „
Her mind was like her room, in which lights advanced and retreated, came pirouetting and stepping delicately [...] and then her whole being was suffused, like the room again with a cloud of some profound knowledge, some unspoken regret, and then she was full of locked drawers, stuffed with letters, like her cabinets.
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happy little pill. (lizzie)

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