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 paradis artificiels (abigail)

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Caleb Matthews
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MessageSujet: paradis artificiels (abigail)   Lun 13 Juil - 23:30

Une fois tombée, le monde pouvait être effrayant. Pourtant une ombre se déplaçait à vive allure dans les rues de Fairview, pas un seul sursaut face aux craquements des arbres, pas un seul gémissement face à la peur d’être seul dans le noir. Caleb n’était pas lui-même, en tout cas il n’était pas ce Caleb que Devon connaissait et aimait depuis leur plus tendre enfance. La drogue le transformait en un autre homme, plus confiant, moins misérable, plus amusant, peut-être. Il était ainsi la majeure partie du temps mais il existait des moments où il planait plus que d’autres, ce soir en faisait partie. Il divaguait complètement, hallucinait et souriait bêtement. Il ne marchait pas droit, s’amusait avec son ombre qui bougeait au rythme de ses pas dans la lumière des lampadaires. Il ressemblait à un pauvre enfant sans parents, même si c’était un peu ce qu’il était au fond. Un gamin abandonné. Un gamin qui s’amusait en pleine nuit, sans savoir quoi faire d’autre. Ses pas le menaient machinalement vers un lieu qu’il connaissait parfaitement pour s’y réfugier de temps en temps avec une petite tête blonde qui l’aidait à se perdre davantage. Un joli minois portant le doux nom d’Abigail. Une amie, peut-être. Un support de taille dans sa miséricorde, certainement. Abigail, c’était une alliée parmi tous les problèmes qui ruinaient un peu plus sa vie. A ses côtés, il s’en allait vers des paradis artificiels qui lui faisaient tout oublier. Il oubliait qui il était, qui elle était, dans quel monde il vivait. D’abord dépendant de la drogue, le DJ finissait par avoir besoin de ces moments là près d’une personne qui ne le jugeait pas. Abigail n’avait pas le pouvoir de le faire puisqu’elle tombait aussi bas que lui durant leurs moments. Chancelant, Caleb finit par arriver devant le motel qui semblait bien mort, comme d’habitude. Il y avait très peu de visiteurs à Fairview, et comme très souvent, le DJ aperçut Abigail derrière le comptoir. Ils n’avaient pas rendez-vous mais il comptait bien s’enfermer avec elle dans une des chambres vides. Arborant un sourire à la fois charmeur et complètement pété, Caleb s’accouda au comptoir, de sorte à rapprocher son visage de celui de son amie pour la saluer. « Bonsoir mon petit bout. » Allez savoir pourquoi il l’appelait « petit bout », ça venait tout juste de lui traverser l’esprit. Sans aucun doute, il planait fort. « Tu crois pouvoir te libérer des griffes de ton odieuse belle-mère pour prendre un peu de bon temps avec moi ? » Demanda-t-il de sa voix rauque. En temps normal, prendre du bon temps en langage Caleb signifiait une nuit torride comprenant deux corps nus qui s’enlacent et s’emboitent. Avec Abigail, c’était une nuit de complicité créée par la drogue. Il voulait retrouver ça, et vite. Le motel était complètement désert, l’absence de la jeune femme ne se ferait même pas ressentir. D’autant plus qu’il n’y avait rien à nettoyer à cette heure-ci et probablement personne à accueillir. C’était le moment idéal pour se laisser aller et Abigail le savait. « Je peux t’assurer que celle-là, tu l’as encore jamais goûté. » Affirma-t-il en sortant un petit sachet en plastique de la poche arrière de son jean, avant de l’agiter sous le nez d’Abigail comme on agiterait une carotte sous les yeux d’un âne. Il se préoccupait peu qu’on puisse les apercevoir ou même du danger qu’il encourait en possédant de la drogue. Ce qui animait ses sens, c’était la perspective qu’Abigail le rejoigne dans ses hallucinations. Elle n’avait qu’à s’emparer de son petit cadeau pour que leur nuit commence réellement. « T'en meurs d'envie. » Insista-t-il, sans trop savoir s'il avait vraiment besoin de le faire. Le regard brillant d'Abigail parlait pour lui, elle lorgnait dessus mais hésitait beaucoup trop longuement au goût du DJ dont les doigts tremblaient sous les effets de la drogue. Rien qu'en voyant les conséquences sur son corps, elle aussi ressentirait ce besoin viscéral de planer.

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MessageSujet: Re: paradis artificiels (abigail)   Mar 21 Juil - 23:38

C'est le soir qu'elle a pris l'habitude de fuir loin du motel. Quand l'encre de la nuit dissimule sa silhouette évanescente, Abigail prend la tangente, glisse hors du comptoir de la réception et disparaît. Sa belle-mère endormie, elle devient un peu plus audacieuse, un peu moins morne et soumise à un bon vouloir qui l'achève à petit feu jour après jour. Mais Abi, elle n'a plus nulle part où aller puisque Felix n'est plus. Tout ce qu'elle éprouve pour lui, les sentiments qui pourraient l'élever mais qui la clouent au sol sont toujours là, dans un recoin mal armé de son palpitant, mais Felix n'est plus son refuge, son pygmalion, son sauveur. Elle ignore ce qu'il est, comment l'appeler, quel titre est le sien mais ce qu'elle sait, c'est qu'elle a perdu sa place privilégiée dans l'atelier, en face de lui, nue sous son regard concentré ou ses caresses qui renversent. Abigail n'a pas compris, elle n'a pas compris qu'il ne comprenne pas, elle a été blessée qu'il juge, elle s'est sentie diminuée sous le seul regard qui la faisait chavirer alors maintenant elle n'a nulle part où aller. Nul endroit pour lui libérer le coeur, lui faire oublier sa détresse pour un court instant, alors elle reste là, docile et fragile, vulnérable. Abigail s'évanouit derrière le comptoir même en-dehors de ses heures de travail parce qu'elle n'a rien de plus à faire, parce que l'aigreur qui grandit sournoisement en elle a besoin de matière pour s'épanouir et tout dévorer. Recroquevillée sur la chaise pivotante de l'accueil, le menton posé sur ses genoux remontés, Abi lit. Elle dévore Jane Austen, se rêve à sa place, dans la campagne anglaise loin d'ici, dans une histoire d'amour magnifiée et intense et absorbée par son roman, elle n'entend pas la porte s'ouvrir. La sonnette censée carillonner pour annoncer un client ne fonctionne pas, comme souvent et c'est seulement la voix reconnaissable entre mille de Caleb qui la tire hors de son livre, hors de ses rêveries. En l'entendant, le visage d'Abi se pare d'un sourire. C'est un sourire fauché, triste et un peu éteint, mais c'est déjà mieux que ce qu'elle produit généralement. Elle est heureuse de le voir, Caleb. Pas seulement parce qu'elle sait qu'il n'est pas là sans raison, qu'il a amené de quoi s'oublier, mais aussi parce qu'il est lui. Un soutien, un ami, une main tendue là où elle n'a jamais vraiment eue. « Bonsoir... » souffle-t-elle en le caressant de ses grands yeux bleus, déjà fébrile sans s'en apercevoir. Abigail ne réalise pas que la dépendance tisse sa toile autour d'elle, elle se croit plus forte, elle pense qu'elle maîtrise sa consommation, ses effets ou sa fréquence. Mais c'est faux, elle ne contrôle rien, se laisse porter, fonce droit dans le mur. Mais ça ne fait rien, ça vaut toujours mieux que le poids de son existence. De ça, elle est persuadée. « Elle dort. » murmure-t-elle pour seule réponse en désignant d'un signe de tête la porte derrière elle. Elle communique avec l'appartement de son père et de la harpie et à cette heure-là, la mégère doit sûrement ronfler. Abigail repose ses yeux de biche sur le visage de Caleb et ne peut ignorer ses muscles tendus sous l'envie (ou serait-ce le manque ?) lorsqu'il dévoile le contenu d'un sachet. Comme une biche prise dans les feux d'une voiture, Abigail ne peut se détacher de la vision de la drogue et elle sent déjà les effets, par anticipation. Ses veines la brûlent, se rappelant à elle et une vague glacée la submerge. Caleb a vu juste, elle en meurt d'envie et ça devrait l'effrayer. Mais il est très difficile d'effrayer une ombre, un fantôme... Abigail retrouve le sol, précautionneuse, et rejoint Caleb. Elle glisse sa main douce, minuscule, dans la sienne et rive un regard attentif, reconnaissant, dans ses larges pupilles, déjà parties loin, parties sans elle. « Emmène-moi loin d'ici... » réclame Abigail d'une voix trop douce, trop vibrante pour employer l'impératif. Ce n'est pas un ordre susurré, c'est une supplique, elle lui demande de l'aider à s'envoler loin d'ici, de s'envoler au-dessus de sa triste carcasse vulnérable, de survoler ses problèmes et son existence morose. Son pouce caresse doucement la paume de Caleb alors qu'elle le guide dans l'une des chambres vides du motel. Ce n'est pas compliqué, elles sont légion. Les pas feutrés d'Abi cherchent la plus éloignée, celle qui ne leur attirera aucun problème. Ils pénètrent à l'intérieur et elle se laisse choir sur le lit. Sagement assise, comme une poupée qui attend, elle finit par se renverser en arrière, pour regarder le plafond, attendant que Caleb la rejoigne avec son remède. Elle pose une main sur son ventre creux, caresse distraitement le tissu léger et murmure à son attention : « Tu pourras m'attendre la prochaine fois ? S'il te plaît. » Abi est novice, elle a besoin qu'on lui tende la main, qu'on la guide, qu'on reste près d'elle en lui promettant que tout ira bien. Elle aime sentir les effets grimper en elle en même temps que lui, elle aime contempler le visage de Caleb lorsqu'il se transforme au gré de son abandon, elle aime qu'ils vivent ça ensemble. Seule, elle est plus incertaine, plus hésitante, elle a peur de se jeter dans la gueule béante du loup même si elle n'attend que ça. « J'aime mieux partir avec toi. » avoue-t-elle de sa voix teintée de délicatesse, de son timbre qui ne s'impose jamais nulle part, relevant sa confession d'un joli sourire à son adresse.

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MessageSujet: Re: paradis artificiels (abigail)   Sam 25 Juil - 15:40

Evidemment que la belle-mère d’Abigail dormait, c’était toujours ainsi lorsqu’il surgissait tardivement dans le motel. Cette odieuse femme laissait Abigail travailler la nuit, pendant qu’elle reprenait des forces. S’il avait été dans son état normal, ce comportement aurait révulsé le DJ qui ne supportait pas qu’on prenne les gens comme ça pour des esclaves. Même s’il fallait effectivement que quelqu’un surveille le comptoir et accueille les nouveaux clients qu’il n’y avait jamais, Abigail endossait bien trop souvent le rôle de gardienne de nuit. Mais comme il agissait sous l’effet de la drogue, il ne releva pas sa réponse. En vérité, il ne pensait qu’à s’isoler avec son amie dans une des chambres de l’hôtel pour lui permettre de s’échapper à son tour. Ils pourraient avoir de très gros problèmes en se droguant ici, la belle mère d’Abigail s’arrangerait pour qu’ils terminent en prison à coup sûr… Mais les deux jeunes enfants savaient se montrer discrets. Rien ne les trahissait jamais, ils laissaient les chambres propres, sans jamais montrer une marque de leur passage. En narguant presque Abigail en agitant un petit sachet plastifié sous son nez, il connaissait d’avance quelle serait sa réaction. Ses yeux s’écarquillèrent sous l’envie, les poils de ses bras se hérissèrent sous le frisson que l’envie causait en elle. Le manque se faisait aussitôt ressentir, dans tout son corps, dans sa voix douce. « Emmène-moi loin d'ici... » C’était ce qu’il comptait faire, même si physiquement ils ne quitteraient pas les murs de ce motel témoin de tous leurs voyages. Très vite, Abigail s’empara de sa main libre pour le mener jusqu’à la chambre la plus éloignée dans le couloir. Lorsque la porte se referma derrière eux, Caleb n’hésita pas à fermer le verrou pour s’assurer que personne ne les dérangerait tandis que la jolie rousse l’attendait sur le lit, assise, puis allongée. La vue de ce corps offert sur un plateau d’argent aurait pu attiser son désir sauf qu’il ne se jeta pas sur Abigail comme il avait l’habitude de le faire avec les autres jeunes femmes. Il s’étala sur le lit près d’elle, sur le ventre et les coudes pour pouvoir ouvrir le petit sachet. « Tu pourras m'attendre la prochaine fois ? S'il te plaît. J'aime mieux partir avec toi. » Ce soir Caleb n’avait su se montrer patient et attendre d’être avec Abigail. Mauvaise soirée au boulot, il avait déjà commencé à consommer derrière ses platines. Conscient que ça lui était interdit, Caleb ne se refusait rien lorsqu’il s’agissait de mieux supporter sa vie. « Oui, c’est promis. » Souffla-t-il alors qu’il sortait un petit comprimé bleu de son sachet plastifié. Il lui faisait une promesse dont il ne se souviendrait peut-être jamais, mais tant pis. Si Abigail était heureuse de l’entendre, c’était le principal. Le plus important, c’était qu’ils se fassent mutuellement du bien. « Ouvre la bouche. » Lui ordonna-t-il de sa voix douce, conscient qu’elle l’écouterait et agirait sans ciller. Même si Abigail était suffisamment grande pour s’emparer toute seule de son comprimé, Caleb le déposa délicatement sur le bord des lèvres de la jeune femme. Respectant son désir d’être accompagné, le DJ patienta que les effets se déclenchent en Abigail en posant sa tête contre sa poitrine pour entendre les battements de son cœur. Son organe tapait fortement contre sa poitrine et à vive-allure, signe de quoi le comprimé agissait. « Tu le sens ? Ca fait effet, ton cœur est sur le point d’exploser. » Souligna-t-il alors qu’il la sentait monter vers les nuages. Se détachant d’elle, il pivota sur le côté pour se retrouver sur le dos, les yeux rivés sur le plafond. Ses sens continuaient de se décupler, de le faire planer. Plus rien ne l’ennuyait, il ne pensait à rien d’autres qu’à la sensation de son corps en train de voler. Les réactions de son corps le surprenaient parfois, mais cette sensation d’être capable de violer les lois de la nature était grisante. Voler, c’était un rêve qui ne se réaliserait jamais. Les êtres humains ne volaient pas, il n’y avait que les oiseaux qui y arrivaient. « J’ai l’impression de voler, Abi. Tu es avec moi ? » Le plafond n’en était plus un, il venait d’être remplacé par un ciel bleu nuit, presque noir, recouvert d’étoiles scintillantes. Le vent caressait agréablement sa joue, décoiffer ses cheveux en bataille. Et il tenait la main d’Abigail qu’il s’imaginait entrainer dans ce rêve incroyable, avec l’infini espoir qu’elle vivait la même chose que lui. Les réactions différaient d’un corps à un autre, alors Caleb ne lui en voudrait pas si elle s’imaginait plutôt caresser le sable chaud du désert que les nuages cotonneux dans le ciel.

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MessageSujet: Re: paradis artificiels (abigail)   Dim 25 Oct - 20:53

Abigail esquisse un sourire vaporeux alors que la promesse de Caleb vient réchauffer la plus minuscule parcelle de son être. Il lui en faut peu, un rien suffit. Une promesse, quelques mots soufflés, c'est déjà beaucoup, plus que ce qu'elle obtient généralement. Parce qu'Abigail est née résignée alors elle ne demande jamais rien, elle se contente de se faire toute petite, discrète, de s'estomper et d'attendre que la vie coule sur elle, autour d'elle, sans qu'elle ait l'impression d'en faire réellement partie. Quand elle regarde de loin la vie des autres, c'est l'envie qui lui tenaille les autres. Ils ont tous l'air si occupés, si vivants, si jeunes... Elle, elle est déjà âgée et fatiguée derrière son minois à la pureté ensorcelante. Elle est éreintée de ses journées mornes et répétitives, de sa prison de verre et de son enfermement volontaire qu'elle ne peut briser sous peine de tourner le dos à son papa qui, un jour, reviendra peut-être à elle. Dans l'intervalle, Abigail subit. Tout, toujours, elle subit sans cesse davantage en s'accrochant à ses rêveries naïves, à l'espoir d'un lendemain plus beau mais il ne vient jamais. Alors, elle se le construit. Elle se construit des chimères plus vivantes encore que le monde coloré de ses songes, elle laisse ses pupilles se dilater et son coeur rythmer ses nouvelles fantaisies. Caleb est son intermède, il est celui qui l'aide et l'aiguille dans un monde dangereux qu'elle ne maîtrise pas. Elle lui fait confiance, Abi, toujours. Elle ne devrait pas mais elle est comme ça, elle porte son coeur en bandoulière, offert, et il est si facile de s'en emparer, de le malmener, d'y laisser des éraflures et des cicatrices. La drogue le ronge, y fore le minuscule puits de la dépendance mais Abigail ne le sent pas encore. Elle ne sent que les bienfaits éphémères qu'elle en retire et son envie de s'y perdre, de plus en plus souvent. Alors quand Caleb dépose le comprimé contre ses lèvres, Abigail le laisse glisser dans sa bouche et attend. Elle attend sagement, docile, de nouveau allongée sur le dos. La tête de Caleb ne pèse presque rien contre sa poitrine à peine ébauchée et elle caresse doucement sa nuque, le souffle de plus en plus court au fur et à mesure de la montée d'acide. Son coeur s'accélère, il bat la mesure et l'étourdit jusqu'à ses tempes. Bien sûr qu'elle le sent, ce palpitant toujours inerte, tout juste bon à tomber mollement au sol devant des hommes qui ne le ramassent jamais. Ou qui le font pour un temps, juste le temps de quelques dribbles douloureux avant de le ranger dans un coin, sur un trottoir sale et froid. « Oui... je me sens si légère. » souffle-t-elle dans un sourire qui s'étire à l'infini, du moins c'est l'impression qu'elle en a. Caleb s'éloigne pour s'allonger à ses côtés et elle prend sa main, qu'elle serre entre ses doigts tendres. Abigail n'a jamais été aussi alerte. Elle a une conscience accrue de la moindre veine, du plus petit nerf, de chaque muscle qui la compose et elle se sent faire partie de quelque chose, d'un tout d'atomes et de poussière. Elle sent les fibres de la couette qui caressent son épiderme, elle sent les ressorts et même l'air qui pénètre ses poumons et en ressort. Tout est intensifié, de son souffle minuscule à sa main qui tremble entre les doigts de Caleb. C'est encore le début, elle ne voit rien, n'entend rien qui n'existe pas, pas encore. Elle se contente de ressentir plus fort, plus vite et elle aimerait rattraper son ami, courir derrière lui jusqu'à s'envoler elle aussi. Pour ne plus jamais revenir. « Pas encore... Décris-moi ce que tu vois, j'ai envie d'être avec toi. » Elle se sent aussi légère qu'une plume, Abi, alors elle devrait pouvoir s'envoler aussi, au lieu de rester clouée au sol, les ailes brisées par la vie, goudronnées par le jugement de Felix, l'illusion de Brody ou l'abandon d'Erik. Elle ferme les yeux, se laisse bercer par la voix de Caleb et finalemnt roule gracieusement sur le côté pour ouvrir grand les paupières sur le visage du garçon. « Merci. » commence-t-elle de sa voix frêle et pure, en le dévorant de ses pupilles immenses. « Merci d'être mon ami. » Abi croit bien qu'il est le seul qui ne la juge pas, le seul qui recherche sa présence sans qu'elle n'ait l'impression de réclamer et c'est cette pensée qui lui permet de s'envoler à son tour. Elle sent quelque chose dans son ventre, comme un vertige de montagne russe alors qu'elle rit, cristalline, en sentant un air venu d'ailleurs fouetter son visage. Elle se relève, figurine-brindille, et contemple le plafond en tournant sur elle-même comme si elle y distinguait des centaines d'étoiles. Elle croit bien qu'elle les voit, Abi. « Tout est si joli quand ce n'est qu'éphémère... »

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MessageSujet: Re: paradis artificiels (abigail)   Mer 4 Nov - 18:42

Caleb avait beau être un homme sociable, la sensation d'être plus que jamais seul se faisait de plus en plus ressentir. Devon était là, sa sœur cadette qu'il aimait plus que tout, Naomi et Ian, ses meilleurs amis qui en connaissaient que partiellement sa dépendance pour la drogue. S'il leur avouait tout, Caleb craignait qu'ils n'essaient de le dissuader de s'enfoncer toujours un peu plus dans ses abysses dès qu'un nouveau comprimé tombe dans sa trachée. Il n'avait pas envie de se battre avec eux, il n'avait pas non plus envie d'entendre leur jugement face à son comportement irresponsable et, surtout, très destructeur. Caleb prenait plaisir à détruire sa vie, tout ce à quoi il aspirait, sans réellement saisir ses propres motivations. Comment en était-il arrivé là ? Comment en était-il arrivé à préférer la compagnie d'Abigail qu'il ne connaissait quasiment pas ? Cette adorable jeune femme qu'il avait pris sous son aile après qu'il l'ait aperçu aussi perdu que lui. Près d'elle, le drogué avait l'impression d'être utile. Il avait réellement l'impression de l'aider à s'en sortir alors qu'il ne faisait que la tirer vers le bas en même temps que lui. Tomber à deux, c'était rassurant. Avec Abigail, il ne se sentait plus seul. Il se sentait compris, moins misérable alors que sa présence ne changeait strictement en rien l'homme qu'il était devenu. Au contraire, Abigail avait le même effet sur lui qu'il ne l'avait sur elle. Lorsqu'ils se rencontraient, il ne faisait que doubler sa prise pour se perdre en harmonie dans l'oubli. « Pas encore... Décris-moi ce que tu vois, j'ai envie d'être avec toi. »  Pour la première fois, Caleb sentait son corps en élévation alors qu'il touchait fermement le matelas miteux de la chambre d'hôtel. Voler n'était pas son rêve premier, bien que ça puisse être la solution à son désir de s'enfuir. Les yeux rivés sur le plafond qu'il croyait être un magnifique ciel aux couleurs de la nuit, le presque trentenaire s'imaginait virevoltait entre les nuages et les étoiles. Peu importe qu'il soit seul à l'instant, cette scène lui coupait le souffle et le rendait heureux. « Je vois des milliers d'étoiles qui brillent dans le ciel et dans la ville qui se trouvent sous mes pieds... c'est beau, mais je crois que ce sont les étoiles dans le ciel qui brillent le plus, je sens qu'elles m'attirent » Souffla-t-il, alors qu'il se voyait se rapprocher de plus en plus des constellations. Il attendait qu'Abigail le rejoigne pour qu'ils vivent ça ensemble, pour qu'ils s'éloignent de ce monde étranger pour trouver leur endroit rien qu'à eux. Ce lieu qui saurait les accepter malgré leurs différences, leurs soucis. Un tel endroit existait, c'était certain. Et Caleb ne rêvait que de l'atteindre, pour enfin se sentir mieux.  « Merci. Merci d'être mon ami. »  Appréciant bien trop le rêve qui se dessinait sous ses yeux, le jeune homme ne brisa pas l'enchantement pour encrer son regard dans le sien bien qu'il le sente peser sur lui. « Et toi d'être la mienne, Abi » Les circonstances de leurs nombreuses rencontres avaient fait que un certain lien s'était crée entre eux. Une amitié peut-être malsaine mais qui fonctionnait malgré tout. Ils s'appréciaient lorsqu'ils étaient sous l'emprise de la drogue, ils étaient amis durant leurs moments et ça personne ne pouvait prétendre le contraire. « Je serai très triste si tu n'étais pas là pour t'envoler avec moi » Avoua-t-il, avant de finalement tourner la tête vers elle, jugeant ce moment important entre eux. Sa présence lui était indispensable maintenant, même s'il continuait à se droguer seul, parfois, souvent, de temps en temps, lorsqu'il en ressentait fortement le besoin. Un rire s'échappa des lèvres de la jeune femme, signe de son départ vers les mêmes illusions que lui. « Tout est si joli quand ce n'est qu'éphémère... »  Désormais debout sur le lit, Caleb ressentit cette même envie de se rapprocher de ce ciel fictif. L'instabilité parcourut la totalité de son corps lorsqu'il se redressa et eut le réflexe de s'accrocher aux mains d'Abigail, ses doigts enlaçant naturellement les siens, une nouvelle fois. « Tes yeux brillent comme des étoiles » Murmura-t-il en les comparant à ces phénomènes qu'évoquait son amie. Lorsqu'ils ne brillaient pas comme maintenant, les yeux d'Abigail dévoilaient sa tristesse, sa solitude. Il n'aimait pas ça, il préférait la voir heureuse à ses côtés. D'un geste tendre mais purement amical, ses doigts relâchèrent les siens pour venir encadrer son visage pâle tel celui d'une poupée. « On t'a déjà dit que tu étais très jolie, Abi ? » Cette évidence n'était pas nouvelle, il ne savait même pas pourquoi il posait la question.

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MessageSujet: Re: paradis artificiels (abigail)   Mar 9 Fév - 0:05

Abi se sent mieux mais pas tout à fait bien, elle est légère comme une plume au vent mais ne s'envole pas tout à fait. Ses ailes sont de plomb, noires et goudronneuses, elles l'empêchent de décoller comme elle le souhaiterait, de se libérer tout à fait le coeur, de tout siphonner et nettoyer pour retrouver un palpitant rose et gai, libéré de ses entraves et de ses chaînes. Libéré des cicatrices et des plaies, des chagrins d'amour et des espoirs déçus. Elle aimerait tout oublier, Abi. Prendre une dose plus forte que les autres qui lui exploserait le coeur, une détonation puissante qui soufflerait tout comme autant de poussières gorgées d'étoiles. Alors elle recommencerait. Elle rouvrirait des yeux neufs sur le monde et serait capable de vivre, enfin. De vivre pleinement, sans être lestée de mélancolie, d'une tristesse originelle et d'un coeur de verre dans une cage trop lourde. Ce serait si beau... C'est à ça qu'elle songe alors que Caleb décrit le paysage qui naît sous ses yeux et qu'elle ne voit pas. Elle essaye, fort, très fort. Elle essaye de voir différemment mais ça ne fonctionne pas. Elle peut seulement l'imaginer, Abi, et si ça lui suffit elle sait que ce n'est pas suffisant pour l'aider à lâcher prise, à devenir un peu plus Caleb et un peu moins elle-même. Alors la main dans la sienne, c'est son ami qu'elle fixe de ses yeux aux pupilles plus dilatées qu'un trou noir. Elle le caresse d'un regard velours, papillonne sur ses traits qu'elle paraît redécouvrir à chaque instant avec l'émerveillement propre aux drogués et s'ancre dans ses yeux bruns. C'est là, au fond de ses prunelles, qu'Abi parvient à apercevoir les étoiles qu'il lui conte. « Je crois qu'elles se reflètent dans le miroir de tes yeux... » souffle-t-elle en esquissant l'un de ses pâles sourires alors que Caleb semble toujours hypnotisé par cette voûte céleste qui lui est interdite. Mais ça ne fait rien, puisqu'elle a lui. Un ami, un vrai, un homme pour lui tendre la main sans broyer la sienne et offrir du réconfort sans broyer son coeur en échange. Abigail ne connaît pas cette forme d'amitié. Les hommes de sa galaxie, elle les a aimés, éperdument. Comme une planète, elle a tourné autour d'eux jusqu'à en avoir le tournis, le vertige, jusqu'à s'en brûler les ailes et cramer toute vie terrestre, à chaque fois. Caleb a une saveur inédite sur le bout de la langue, un sentiment qui enveloppe et préserve de tous les maux sans qu'elle ne réalise qu'il est lui-même un mal, terrible et insidieux. Elle aussi, est son amie et entendre les mots rouler entre ses lèvres étreint son coeur abîmé d'une douce mélopée. Elle sourit Abi et elle croit bien qu'elle est émue, presque aux larmes. Le sang brûlant dans ses veines lui offre une piqûre constante d'adrénaline. Elle est fébrile, plus à nue que jamais et la moindre attention picote sa peau pâle comme une pluie de caresses, partout à la fois. Alors elle sourit, Abi, de cette esquisse propre à ceux qui s'élèvent enfin, qui s'échappent loin de leur corps pour vivre mieux, plus vite, plus fort. « J'aimerais rester comme ça pour toujours. » note-t-elle tendrement, en caressant d'un doigt la peau toute fine de son poignet. Abi aimerait demeurer ainsi, figée dans ce flottement hors d'elle-même, avec des yeux brillants comme des étoiles et l'amitié de Caleb. Parce qu'elle craint qu'il ne parte lui aussi, comme Felix. Felix dont la morsure ne semble pas se résorber. Il suffit que son prénom hante son esprit, ne serait-ce qu'une seconde, pour qu'Abi retombe lourdement au sol et s'écorche les genoux et le coeur. Elle est debout pourtant mais a l'impression de chuter, tomber sous le poids d'un palpitant qui flanche, d'un amour trop lourd à porter pour cette fille qui n'attend plus rien de la vie. C'est les doigts de Caleb qui la maintiennent debout, comme un fil invisible entre lui et elle, une connexion de ce qu'ils partagent ensemble. Ils vibrent à l'unisson et même leurs yeux étoilés et leurs sourires trop larges se reflètent, se répondent. Elle baisse sobrement la tête à son compliment, fuit le regard qu'elle sent peser sur elle. Abigail ne se trouve pas jolie, c'est inné. Ce n'est pas un manque de confiance, c'est un manque d'amour, d'attention, qui a forgé sa piètre opinion d'elle-même, la sensation sans cesse renforcée de n'être qu'une figurante, qu'un caméléon qui s'estompe au fil des années à force de se confondre avec un mur. « Je ne sais plus... » murmure-t-elle sans emphase. Abi refuse d'y penser, parce que ça fait trop mal. Bien sûr qu'on a dû lui dire ces mots creux, qui ne veulent rien dire. Bien sûr qu'ils ont dû être prononcés et qu'elle en a savouré la moindre syllabe, la plus petite lettre. Felix lui-même, lui a peut-être dit de cette voix basse qui l'électrise il n y a pas si longtemps... Mais quelle importance ? Ce ne sont que des mots... Ils sont finalement si vains. « Mais ça n'a pas d'importance. Je ne veux pas être jolie, j'aimerais être aimée. » La drogue délie sa langue sous des confessions voilées, naïves, qu'elle n'aurait jamais osées proférer avec un autre. Abigail a grandi trop vite mais elle a surtout mal grandi, ses fondations n'ont jamais été toutes à fait consolidées et à l'intérieur, elle dissimule des rêves d'enfant, de princesse éplorée et de prince charmant sur un cheval blanc. Elle aimerait qu'on l'aime et qu'on l'élève, qu'on l'emporte loin d'ici et la sauve d'elle-même. Elle aimerait tout donner, se donner, et se voir offrir quelque chose de meilleur, de plus beau, une vision d'elle-même améliorée. Abi, elle aimerait être les figurines en bois de Felix qui lui ressemblent finalement si peu. Elles n'ont pas ses défauts et ses faiblesses, elles sont parfaites. Parfaites et immuables. « Mais ça n'arrivera pas. » conclut-elle finalement, en réalisant que le constat ne la brise pas. Elle flotte, Abi, elle s'évoque tout en se regardant de haut comme si elle n'était pas concernée par le sort de cette gamine trop triste pour son propre bien. Elle regarde Caleb, le dévore de ses yeux sans fond et noue ses bras filaires autour de sa nuque. Si elle ne perçoit pas les étoiles qui peuplent le plafond, elle sent en elle une musique singulière, une jolie mélodie et elle ne demande qu'à être emportée. Alors elle entraîne son ami avec elle, se serre contre lui, hume son parfum et clôt les paupières en se mouvant lentement au rythme lancinant des battements de son propre coeur. « Tu sais, j'ai l'intime conviction que je ne serai jamais heureuse. Que j'avance sur une route toute tracée, entourée murailles hautes comme le ciel et qu'elle mène tout droit dans le vide. Alors pourquoi lutter quand on sait que c'est perdu d'avance ? » Sa voix est le mince filet évanescent propre à ceux qui sont déjà ailleurs, bien loin. Abi ne se souviendra peut-être plus de tout ça demain mais à cet instant pourtant, elle a l'impression d'être plus sincère, plus vraie, plus juste que jamais auparavant. « Tu ressens ça aussi parfois ? » demande-t-elle de sa voix de berceuse, toute douce, qui réclame une réponse. Sans doute, oui, c'est peut-être la raison pour laquelle il se drogue, lui aussi, qu'il essaye de s'oublier, d'échapper au destin funeste d'une vie qu'il ne maîtrise pas. Abigail cesse de danser cette valse qui n'appartient qu'à elle et rouvre les yeux pour reculer d'un pas, juste un. Ainsi, elle peut se plonger dans le visage de son ami, y lire ce qu'il ne dit pas mais que la drogue qu'ils partagent écrit en filigrane sur leurs peaux. Tout ce rouge et ce bleu, la colère et la tristesse, la frustration et la peine. « Il n'y a qu'auprès de toi que je peux m'échapper. » C'est un aveu ou une déclaration, elle ne sait plus vraiment Abi. Elle est émouvante de fragilité, avec sa voix qui se brise et son coeur au creux de ses paumes, qui se livre en pâture, toujours, à travers les mots ou les gestes.

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paradis artificiels (abigail)

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