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 a monster like me.

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Carter Evans

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: a monster like me.   Lun 13 Juil - 4:21

Carter se passe une main sur le visage. La journée a été longue. Et désespérante. Les réponses à ses questions se font de plus en plus rares. Il ne trouve plus personne et plus personne ne vient. La porte de cette fichue boutique reste close. Des heures durant ; comme si cette ville n’abritait pas âme qui vive. Comment est-il supposé les aider à retrouver une partie de leur mémoire si aucun d'entre eux n'y porte le moindre intérêt ? Un soupir passe ses lèvres. Après tout, toute cette situation est logique, le propriétaire de la Cave of Wonders qu'il est ne peut contraindre quiconque à venir jusqu'ici. Ce qui s'avère frustrant au possible. Le trentenaire ferme sa boutique. Sa main s'appuie une dernière fois sur la poignée pour s'assurer que tout est bon, puis il s'éloigne. Une veste sombre, à capuche, couvre ses épaules et son dos, telle une sorte d'armure pour affronter les rues de Fairview. Carter a toujours peur de tomber sur les mauvaises personnes. De celles qui menacent son secret, ses gros et vilains mensonges, comme Nova ou encore Emily. Des personnes dotées d'une curiosité qui lui donne plus que du fil à retordre par les temps qui courent. Par chance, Delilah ne s'aperçoit de rien. Heureusement pour lui, d'ailleurs, car Carter sait qu'il ne ferait pas long feu si sa « femme » venait à être au courant de ses petites cachotteries. Ses mains glacées par le froid de la nuit gagnent ses poches. Un mécanisme devenu naturel pour lui. D'habitude, même son regard suit le mouvement et s'écrase au sol. L'ancien magicien a trouvé une méthode comme une autre pour se masquer de la vue du plus grand nombre. Cependant, ce soir, quelque chose attire son attention. Un détail ; un visage. « Nicée... », que ses lèvres laissent filer sans même avoir le temps de le retenir. Au loin, dans la faible lumière d'un réverbère, Carter devine les traits si singuliers de cette femme qui a marqué son être. Voire même bien plus qu'il n'osait encore l'imaginer après l'enchantement. Même si Merlin a détruit de nombreuses vies, il y en a une qui le garde sur le droit chemin de la rédemption et des regrets. Celle de cette petite fée. Sa fée. Son cœur se serre. Il perçoit encore ce regard qu'elle posait sur lui comme si c'était hier. Avec le temps, le trentenaire s'était fait une raison : jamais il ne la reverrait. Nicée faisait partie de cette vie qui lui avait été enlevée par sa faute et il devait en assumer les conséquences. Oublier cet amour qu'il avait pu éprouver, aussi important soit-il, lui avait donc semblé être la seule solution, cherchant même à retrouver cette présence si nécessaire au creux des bras froids et distants de Delilah. Malheureusement, les choses ne sont jamais si simples ; Carter le comprend à ses pas qui ralentissent d'eux-mêmes, à son attention qui n'est plus qu'orientée en direction de la jeune femme au loin. Fronçant les sourcils, le propriétaire de la Cave of Wonders comprend que des mots sont échangés sur un ton de plus en plus fort, là-bas, entre Nicée et un homme qu'il ne distingue que peu. Son palpitant s'emballe. S'il le pouvait, il s'approcherait à pas de géant et laisserait le peu d'imagination qui l'habite décider du sort à réserver à ce malotru. Mais ce n'est que Carter. Il est imparfait, peu valeureux. Et il sait surtout que s'il fait une chose pareille, il oblige Nicée à reprendre une forme de contact avec lui, alors qu'un jour elle le détestera plus que tous les autres. Merlin hurle à ce double semi-identique de la laisse en paix, de ne pas lui faire ça. L'hésitation est grande. Les bouffées d'air frais qui entrent et sortent avec frénésie des poumons du blond témoignent de la certaine panique qui gagne la partie. Soudain, le trentenaire exerce quelques pas en arrière. Enfonçant de plus belle ses mains dans ses poches, il se met en tête de partir. La pensée idiote que « ce sera mieux pour tout le monde » fait son chemin dans ses pensées et s'aventure à les remettre en place. Car c'est le plus important. Il faut que Carte fasse le bon choix, pour une fois. De cette manière, peut-être le pardonnera-t-elle plus tard. Lorsqu'elle retrouvera la mémoire, elle comprendra... Sans s'en rendre compte, Carter fait demi-tour. Il ne peut pas la laisser. Sa voix évocatrice a réussi à se frayer un chemin jusqu'à son cœur, comme avant, et ça le bouleverse. D'un seul coup, le propriétaire de la Cave of Wonders oublie tout. Delilah, l'enchantement, les autres. Il ne pense qu'à une seule chose : sortir Nicée de là. L'emmener loin de tout, la savoir en sécurité. Pour le moment, Carter ne se pose aucune question. Il aura tout le temps pour ça demain. Au loin, il a l'impression de voir la brune vaciller. Son pas s'accélère immédiatement, lui donnant presque le sentiment de courir. Plus le corps de la jeune femme se rapproche, plus le sang afflue aux tempes de Carter. Est-ce que c'est ça, se sentir comme un adolescent face à son premier amour ? Peut-être qu'il pourra demander à Penny...« Laissez-moi vous aider », qu'il annonce d'un ton dur en arrivant près d'elle. Sans lui laisser le temps de répliquer ou de s'étonner, le trentenaire passe son bras sur ses épaules. Le contact avec la peau de Nicée l'électrise, puissant. La décharge l'aveugle presque un instant, durant lequel il se dit même qu'elle a peut-être ressenti la même chose... Mais ses sourcils toujours froncés et son regard un peu absent lui font comprendre que ce n'est pas vraiment le cas. Est-elle dans un état second ? Ou bien est-ce lui qui lui a infligé une telle chose en acceptant de participer à l'enchantement de Rella et des fées ? L'air préoccupé qu'arbore Carter à cet instant précis, jamais personne ne l'a aperçu, encore moins Delilah. Secouant la tête, le blond cherche à mettre le doigt sur la meilleure solution qui s'offre à eux. Impossible de la ramener chez lui. Sa « femme » sortirait sa meilleure arme nucléaire pour le réduire à néant, ou s'en prendrait à Nicée, ce qui est impensable. Le propriétaire de la Cave of Wonders s'aventure alors sur le chemin du motel le plus proche : le Red Rose Motel. Le chemin jusqu'à la rive droite est long, mais l'intention de Carter reste la même : amener Nicée jusqu'à un endroit sûr. Une fois que les cottages du motel commencent à prendre forme dans son champ de vision, le trentenaire accélère la cadence. Il sent le corps de la jeune femme faiblir entre ses bras, ses pensées prendre la même route sinueuse. L'accueil de l'endroit est éclairé de plusieurs petites lampes d'où émane une lumière faiblarde. « Une chambre simple, s'il-vous-plaît. » La requête de Carter est rapidement entendue. Son ton est, comme à son habitude, distant, mais il ne manque pas de remercier d'un hochement de tête significatif la jeune femme qui sort de la chambre après les avoir installés. S'approchant du lit, Carter laisse le corps de celle qu'il vient de retrouver s'étendre de tout son long sur le matelas. Ses mâchoires se serrent à cette vision qui le meurtrie. Plusieurs secondes filent alors, durant lesquelles le silence continue de régner. Se détournant, le blond détaille les lieux d'un regard avisé avant de se diriger vers le vieux fauteuil qui se trouve à l'opposé du lit, vers le fond de la chambre. Une dernière hésitation s'invite dans la danse avant que l'ancien magicien ne se décide à prendre place et à laisser le sommeil faire son travail.

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Lorsque Carter ouvre les yeux, son regard tombe nez à nez avec celui de Nicée, au loin. Méfiant, il sent que la jeune femme ne le porte plus du tout dans son cœur. La vieille blessure de guerre s'éveille, tandis qu'il se rehausse dans son siège, la bouche pâteuse, les songes remués. « Bonjour. » Pourquoi a-t-il besoin de se montrer aussi bizarre avec tout le monde ? Ce ton rustre, détestable et distant qu'il emploie à longueur de temps (ou presque) ne devrait pas exister parmi la palette qu'il possède. Le magicien qu'il était avant n'agissait jamais de la sorte. Seulement, l'homme qu'il est aujourd'hui se doit de maintenir une certaine distance avec les autres habitants, pour leur propre bien, même si cette nuit cette règle fondamentale qu'il s'est fixée a été quelque peu bafouée. Aucun sourire ne vient accentuer son salut. Pourtant, Carter sent que Merlin meurt d'envie de lui sourire, juste pour voir si cela évoque quelque chose chez Nicée. Qui n'est plus Nicée dorénavant. « Est-ce que ça va ? », que le blond ose alors, toujours de ce ton si particulier qui a fait sa réputation dans les environs.

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Daphne Meadow

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MessageSujet: Re: a monster like me.   Mar 14 Juil - 22:23

Daphne n’est pas bien certaine de ce qu’il s’est passé la vieille, ni même de ce qu’elle fait dans ce motel, mais lorsqu’elle aperçoit une silhouette à quelques mètres d’elle, il ne lui faut pas bien pour longtemps pour comprendre ce qu’il en est. Paul. Elle déglutit et se laisse sans faire le moindre bruit – dans son métier, il faut savoir disparaître sans déranger personne. Hors de question qu’elle quitte la pièce sans savoir pourquoi Paul a envoyé son sbire, ou l’a fait dormir dans une chambre d’hôtel. Elle grimace en se relevant, portant une main à ses côtes, se remémorant la dispute de la vieille. Après s’être assurée que l’inconnu dort toujours, elle soulève son tee-shirt et soupire en voyant l’énorme bleu qui surplombe son estomac. Ce qui ne fait qu’attiser la douleur. Daphne se retient de ne pas lancer un juron et se dirige vers le bar pour attraper une bouteille d’eau, même si la fiole de whisky qui s’y trouve lui fait bien plus envie. C’est que la confrontation ne va probablement plus tarder et la jeune femme n’aspire pas particulièrement à se défendre sobre. A moins qu’il ne soit un client ? Toujours aussi discrète, elle se dirige jusqu’à la salle de bain où elle se passe un peu d’eau sur le visage, espérant faire disparaître l’étau qui entoure son crâne, et se fait un rapide bain de bouche pour tenter de se séparer de l’odeur de fer qu’elle a dans la bouche. Au moins, il s’agit d’un indice sur ce qu’elle a consommé la vieille. Une fois quelque peu rafraichie, elle retourne sur le lit, résolue à savoir ce qu’il se passe. Elle a beau fouillé dans sa mémoire autant que faire se peut, rien ne vient sinon la dispute avec Paul. Et elle n’était pas à propos d’un client. Ca, elle s’en souvient Nicée. Non c’est plus face au montant de sa dette qui semble toujours augmenter, et ne jamais diminué malgré le travail « hors du commun », elle cite, qu’elle fait. Paul est entrain de l’avoir et il n’y a rien qu’elle puisse faire. Daphne soupire et hésite. Elle est tout de même tentée de partir. Pour toujours, et ne jamais se retourner. Mais déjà l’homme se réveille. Les jambes recroquevillées contre son buste, la jeune femme l’observe le visage complètement fermé. « Coucou. » répond-elle, dédaigneuse à son bonjour. Pourquoi s’embarrasse-t-il des civilités, et surtout sur un ton aussi désagréable ? Qu’il en vienne au fait. A ce qu’il veut. Elle lui donnera, qu’il soit un client de Paul ou non n’y change rien. Elle n’est pas à ça près de toute façon. Qu’il ne s’attende pas non plus à des prouesses de gymnastique, c’est tout ce qu’elle demande quand la côte douloureuse est à tout le moins fêlée. Et puis, elle attend. Il reprend la parole et alors Daphne se demande comment il est possible d’être aussi sincère et désagréable à la fois. Son est froid, mais il y a quelque chose dans son regard qui l’interpelle. Dans un mouvement dont elle a à peine conscience, elle se penche légèrement vers lui mais son corps tuméfié se rappelle à elle, et la jeune femme se fige, une grimace déchirant son visage. Elle secoue légèrement la tête, réalisant qu’elle ne voit que le reflet de ce qu’elle aimerait réellement trouver chez un inconnu pour une fois, simplement histoire de retrouver un minimum espoir en l’humanité. Lorsqu’elle ouvre de nouveau les yeux, son regard a changé. Elle veut en finir. Et non finalement, que cela soit un copain, un sbire, ou un client de Paul, elle ne veut rien à voir avec lui. Pas aujourd’hui en tout cas, quand le souvenir de la dispute d’hier se fait de plus en plus présent. S’il veut qu’elle continue de travailler pour lui, il lui faudra mieux la payer c’est ainsi. « Juste une côte en compote, je survivrai. » balance-t-elle sur un ton particulièrement agressif. Il n’y avait aucun doute possible : elle ne retournerai pas la question. Doucement, elle laisse ses jambes glisser le long du lit jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol, et elle se penche alors vers l’individu, et le regard rempli d’un mélange d’impertinence, de méfiance et d’agressivité, elle l’interroge de but en plus : « Qu’est-ce que vous voulez ? » Elle fait mine de s’avancer lascivement vers lui, d’un air si faussement séducteur que l’inconnu ne peut avoir aucun doute sur l’ironie qui trahit sa voix, quand elle lui demande, aguicheuse : « Que je couche avec vous pour vous remercier peut être ? » Parce qu’évidemment, une pute n’a pas d’autre moyen de paiement et ne mérite pas d’être traitée comme un être humain. Dieu que Daphne détestait cette condition. Le pire n’était vraiment pas le métier en lui-même, c’était le regard des gens qui changeait, et leur attitude si particulière quand ils apprenaient la façon dont vous gagniez votre vie. Il y a ceux comme Jason, son frère, qui ne voulait plus rien à voir avec elle en apprenant ce à quoi elle devait s’abaisser pour leur mettre du pain sur la table, et il y avait ceux qui partaient du principe qu’il pouvait lui demander de profiter de ses services pour une raison aussi idiote que la tonte du gazon, quand de toute façon, tout passait entre ses cuisses – oui, c’est inspiré d’une histoire vraie. Evidemment, il y avait des êtres exceptionnels, comme Devon ou même Erik qui se sentaient obligés de se montrer encore plus protecteur avec elle, du fait des faveurs qu’elle concédait un peu trop facilement. Et au final, ils étaient les seuls à détenir son respect. La jeune femme s’apprêtait même à prendre une pause suggestive quand elle sentit son estomac se retourner. Elle eut à peine le temps de se précipiter dans les toilettes – sans manquer de s’exploser le genou contre l’encadrement de la porte, n’ayant jamais été particulièrement douée pour calculer les distances aussi spontanément – que son estomac se vida, et pas uniquement dans la cuvette des toilettes. Relevant ses cheveux comme elle le pouvait, c’en fut trop pour Daphne dont les larmes n’étaient pas uniquement dus au contenu de son estomac qui se déversait désormais dans les toilettes, mais avait tout de même souillé une partie de ses vêtements. Une fois certaine qu’elle avait un peu de répit entre deux renvois, la jeune femme se laissa doucement tomber contre le mur de la salle de bain, appréciant le froid du carrelage recouvrant lesdits murs contre son front. Daphne n’en pouvait simplement plus de cette vie. Comment en était-elle arrivée là ? Oui, sa vie avait été difficile. C’était indéniable. Mais de là à en arriver à être aussi pathétique… La respiration rendue difficile par les sanglots qu’elle tentait d’étouffer, la jeune femme finit par se débarrasser comme elle le pouvait de ses vêtements, ne gardant que ses sous-vêtements avant de rentrer dans la douche où elle fit couler l’eau glacée. Ignorant la présence de l’inconnu, capitulant aux yeux de tous mais surtout aux siens, abandonnant l’idée de montrer à quel point elle était forte, Daphne se recroquevilla dans un coin de la douche et laissa sa peine couler, avec l’eau de la douche. Que l’inconnu réagisse comme il voulait, elle était tellement lasse de tout ce qu’elle traversait, tellement dégoutée de la vision qu’elle s’offrait à elle-même, que l’ancienne fée avait fini par occulter tout ce qui se trouvait autour d’elle – lui y compris. Elle voulait juste que le temps s'arrête, qu'on lui offre un peu de répit.

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Carter Evans

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MessageSujet: Re: a monster like me.   Mar 15 Sep - 16:16

Le regard de Nicée se plonge dans le sien. Carter ne se doutait pas que ça ferait si mal, hier soir. Lorsqu'il a décidé de venir vers elle, pour la première fois depuis que l'enchantement a bousculé leurs vies, il ne pensait pas que confronter la jolie fée serait si douloureux. Pourtant, depuis qu'ils sont arrivés ici, le propriétaire de la Cave of Wonders côtoie toutes les personnes à qui il a fait perdre la mémoire. Toutes ces vies modifiées, ramenées à un autre destin que celui qui était le leur à la base. Alors, il pensait être prêt. En faisant demi-tour, en pleine nuit, à l'abri des regards curieux, il songeait vraiment que cette rencontre serait comme les autres. Il se trompait. Ces prunelles méfiantes qu'il accroche aux siennes, distantes, n'ont rien à voir avec la douceur de la Fée qu'il a connue. Son ton sec ne fait qu'empirer les choses. Un instant, Carter regrette son geste. Peut-être qu'il n'aurait pas dû tout arrêter, le temps d'une soirée, et qu'il aurait dû poursuivre son chemin et la mission qu'il s'est donné de ramener tout le monde dans l'autre monde. Les remords s'accumulent, l'accablant de sa présence ici, ou encore de lui avoir déjà trop parlé, jusqu'à ce que la voix de la jeune femme ne le sorte de sa torpeur. « Non », qu'il prononce brusquement. Pour appuyer ses propos, il secoue la tête de droite à gauche, de façon à peine visible, sans détacher son regard du visage de Nicée. Comment peut-elle lui demander une chose pareille ? A lui ? Posant une main sur l'accoudoir de son siège, le trentenaire entreprend de se rehausser, gêné. La prise de conscience est inévitable. Regarde ce que tu as fait. Son envie de confronter de la même façon Delilah à la réalité l'habite soudain, mais il n'a pas le temps de plus se pencher sur la question que, déjà, Nicée disparaît de son champ de vision. Interpellé, Carter ne perd pas une seconde et la suit jusque dans la petite salle de bain bordant la chambre du motel. L'image que lui renvoie l'ancienne Fée lui brise le cœur. Il souffre, atrocement, de la voir dans cet état. Il donnerait tout pour pouvoir sécher ses larmes, passer une main réconfortante sur ses épaules. Il donnerait n'importe quoi. Le jeune homme manque s'approcher mais s'immobilise, alors que le corps fragile de Nicée se mouve devant ses yeux, d'une démarche qu'il n'aurait jamais cru voir chez la Fée ayant ravagé son coeur. Détournant le regard, il ne supporte pas de suite la vision du bleu imposant qui pare sa peau. Et, en toute franchise, il n'ose pas observer ce corps qui se dénude devant ses yeux sans en avoir l'autorisation. Merlin ne peut lui faire ça. Lorsque le bruit de l'eau se fait entendre, l'ancien magicien se force à chercher du regard (embêté) la présence de Nicée. Les larmes continuent de perler sur ses joues. Inspirant un grand cou, il s'avance d'un pas hésitant. Une fois arrivé près d'elle, le propriétaire de la cave of Wonders s'accroupit à son niveau. « Laissez-moi vous aider. » Il approche une main prudente du pommeau de douche, observe dans un même temps si aucune objection ne passe les lèvres de la jeune femme, et entreprend avec des gestes doux de rincer le corps recroquevillé. D'abord les bras, les jambes, le dos, sans jamais forcer sur les membres sans doute endoloris. Enfin, il termine par les cheveux. Ces derniers retombent en arrière, suivant l'eau qui ruisselle en cascade sur la nuque de l'inconnue. « Je ne suis pas là pour vous obliger à faire quoi que ce soit », que Carter dit finalement, après de longues minutes où le silence a été maître. Il préfère la rassurer, ne pas sentir de nouveau cet air dégoûté qu'il a pu deviner plus tôt sur ses traits lorsqu'il s'est réveillé. « Hier soir, les choses commençaient à mal tourner avec l'homme qui était avec vous. J'ai préféré vous emmener ailleurs plutôt que de vous laisser avec lui », qu'il explique, d'un ton posé. Ce dernier est encore distant (il doit rester distant, même si une partie de son être -Merlin sans aucun doute- lui hurle de se montrer correcte avec elle), mais il est facile de comprendre qu'il n'est en rien méchant. Se relevant, le trentenaire coupe l'arrivée d'eau. Il se met ensuite en quête de serviettes, en trouve dans un placard derrière lui, et les tend à la jeune femme. Lorsque cette dernière se relève, Carter n'a pas le temps de détourner la tête que, déjà, son regard est attiré par la blessure de la jeune femme. Une tâche aux multiples couleurs qui ne lui dit rien qui vaille. Ses mâchoires se contractent. Merlin n'a jamais été aussi mis au pied du mur. Voilà ce qu'il a fait. Il a réussi à briser la plus belle personne qu'il ait jamais rencontré de sa vie en prétendant vouloir la sauver. S'il avait su... Secouant la tête, Carter se retourne pour partir en direction de la chambre. « Je vais vous conduire à l'hôpital », qu'il assène sans même se préoccuper de ce que Nicée peut en penser ou non. Enfin, elle n'est plus Nicée, à présent, pas après ce qu'elle subit au quotidien par son entière faute. Peu doué pour établir le moindre lien avec autrui, le propriétaire de la Cave of Wonders revient sur ses pas, la main tendue devant lui. « Carter », qu'il indique, sans un sourire sur le visage, mais le regard bouleversé.

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MessageSujet: Re: a monster like me.   Dim 17 Jan - 23:54

Elle, qui a pourtant l’habitude de prendre des bains bouillants, de ceux qui vous étourdissent et floutent votre vision quand vous les quittez tant la différence de température est importante, trouve un certain réconfort dans la brûlure glaciale qui vient lui mordre la peau. Ca la tétanise, l’anesthésie presque. Daphne serait capable de rester des heures entières sous cette douche, rien que pour obtenir un peu de répit. Elle est à peine consciente de cet homme présent dans la pièce ; elle ne sait toujours pas ce qu’il veut, qui il est ni même ce qu’elle risque à agir de la sorte. Mais cela n’a aucun importance en cet instant. Elle laisse l’eau couler comme les larmes qui noient son visage sans esquisse le moindre mouvement. Elle voudrait presque disparaître sous cette cascade aussi particulière que salvatrice. Mais l’inconnu ne semble pas être du même avis, et le voilà qu’il s’avance vers elle et attrape le pommeau de douche avant d’ajuster la température. Dans un geste subtile, elle lève son regard vers lui pour savoir ce qu’il compte faire. Quelque chose dans son regard lui indique qu’il ne lui veut aucun mal, mais quand bien même cela serait le cas, que pourrait-elle faire contre lui, seule dans cette douche ? Elle abandonne donc l’idée de protester et s’en remet à cet homme qui décidera donc de son sort. Il la savonne, puis la rince et pourtant, pas une seule fois, ses gestes ne sont indécents. Quelque peu rassérénée par cette attention, Daphne se demande comment il est possible d’avoir autant de respect pour un corps et une personne que l’on ne connait ni d’Adam ni d’Eve. Elle envisage de faire une remarque mais ses lèvres se referment avant qu’un seul mot ne s’en soit échappé. Daphne se contente de bouger lorsque cela facilite le rinçage, mais sa position reste la même : recroquevillée dans un coin. Sauf qu’elle aurait presque l’impression d’être une enfant tant il s’occupait d’elle avec tendresse. Elle laisse un soupir silencieux s’échapper de ses lèvres lorsqu’il finit de rincer sa chevelure mais sursaute dès qu’il ouvre la bouche. Elle pose une main sur son palpitant, et fit signe à l’inconnu de continuer sa phrase. Celle qui fut autre fois une fée s’était simplement laissé happer par le silence. « D’accord. » se contente-t-elle de répondre lorsqu’il précisa qu’il n’attendait rien d’elle. Etrangement, elle le croyait. Cela ne durerait peut-être pas, mais en cet instant, cela semblait bel et bien être le cas. Quelque chose lui soufflait qu’il était un homme de confiance, exactement le même sentiment qui l’avait habité quand il lui avait demandé comment elle allait. Peut-être aurait-elle du se conduire autrement mais l’idée de s’excuser ne lui traverse pas l’esprit : ce qui est passé, est passé. Mais lorsqu’il lui conte les raisons qui font qu’ils se retrouvent ensemble dans cette chambre d’hôtel, Daphne n’a qu’un mot au bout des lèvres : « Pourquoi ? » Ils se ne connaissent pas. Elle est reconnaissante de sa générosité, là n’est pas la question. Mais il aurait très bien pu se contenter de la déposer dans un taxi, ou un peu plus loin. Elle se reprend, cependant, et s’explique, avec un peu plus de douceur même si l’on entend encore la méfiance dans sa voix : « Vous n’aviez pas à faire tout ça. C’est… généreux. Trop, généreux. » Elle relève la tête, pour l’observer. Ce geste la dépasse, et pourtant a tout son sens. Daphne ne comprend pas, ni les actions de cet homme, ni cette aisance qu’elle ressent en sa compagnie. Mais elle ne saurait les nier, encore moins après qu’il se soit occupé d’elle. « Merci. » glisse-t-elle en attrapant une serviette avant de se relever en douceur afin d’épargner sa côté, qui est partie pour la torturer pendant plusieurs semaines. « Si tu regardes plus haut, d’environ dix, quinze centimètres, la vue est plus agréable. » Elle a remarqué son regard attristé sur sa côte. Etrangement, elle aurait presque préféré qu’il la reluque. C’est désagréable de recevoir un regard plein de pitié ; Daphne n’est pas ce genre de femmes. Elle marche la tête haute, prend ce qu’elle veut et laisse le reste. Personne n’a pitié de Daphne Meadow ; on se dit simplement que l’on aimerait être ce genre de femmes, celle que rien ne semble arrêter. Du moins, ceux qui ne connaissent pas sa profession. Mais dans le pire des cas, on se dit simplement qu’elle est courageuse. Elle ne fait pas de peine ; elle refuse de faire de la peine à qui que ce soit. « Ou en bas, si vous préférez. » Mais sa provocation n’est pas sérieuse ; elle a pour simple but de forcer le jeune homme à détourner le regard. D’ailleurs, elle ne lui laisse pas le temps de retenir ce magnifique dégradé de verts et jaunes et entoure de la serviette son corps avant de sortir de la douche, regrettant de ne pas pouvoir y passer la journée. Daphne lève les yeux au ciel en l’entendant parler d’hôpital mais préfère ne pas répondre. Elle ne lui laissera pas le choix et n’a absolument pas le courage de débattre sur ce point mais quoiqu’il en pense, c’est dans son lit qu’elle ira. Elle accepte pourtant cette main qui se tend, et se présente à son tour : « Daphne. » Elle relâche la main de l’inconnu, et va s’asseoir sur le lit où elle récupère la bouteille d’eau. Elle en prend quelques gorgées avant de faire comprendre au jeune homme ce qu’elle a en tête : « Merci pour tout, Carter. Je vous offre le petit-déjeuner pour vous remercier. » Elle jette un coup d’œil vers la fenêtre avant de savoir s’ils sont toujours à Fairview – on est jamais à l’abri d’une surprise… - et précise : « Il y a un excellent diner à deux rues d’ici. Vous me direz également combien vous a couté la nuit. » Hors de question d’avoir de nouvelles dettes, qu’elles soient d’argent ou non. « Quant à l’hôpital, ma colocataire est infirmière, elle s’occupera pas de moi. » Un petit mensonge n’a jamais fait de mal à personne, et encore moins à un inconnu qu’elle ne reverra jamais…

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MessageSujet: Re: a monster like me.   Dim 24 Jan - 16:10

Carter secoue la tête face à la provocation de la jeune femme. Si elle avait besoin de croiser un regard encore plus sombre que le sien ne l'est déjà, c'est gagné. Mais il se détourne, quand il comprend qu’elle dit ça pour le ramener à la réalité. Il doit lui sembler bien étrange à la dévisager de la sorte. Ce bleu à même ses côtes le prend aux tripes. Il aimerait pouvoir tout arranger avec cette magie qu’il n’a pourtant plus. Ce doit être la première fois qu’il désire autant la retrouver ; pour pouvoir accomplir quelque chose de bien. Il n’aurait eu qu’à apposer une paume délicate contre la blessure et la résorption de cette dernière aurait été immédiate et indolore. Seulement il n’a pas les moyens de la soigner, comme il n’a pas les moyens de sauver tous les autres. Carter se reprend une nouvelle fois en plein visage son impuissance ; elle semble toutefois prendre une dimension encore plus douloureuse avec Nicée. Le coup au coeur que prend le blond à l’entente de son nouveau prénom est indescriptible. Daphne. Il va devoir faire attention. Comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, l’enchantement a décidé de lui mettre des bâtons dans les roues en choisissant un prénom aux consonances proches de celui de sa jolie fée. Toutefois Carter n’a pas le temps de plus s’imprégner de cette nouvelle information que, déjà, ce qui parvient ensuite à son oreille lui déplaît. « Pas besoin. » Il devient encore plus froid, distant. Il donne l'impression de se braquer alors qu'il n'en aurait pas besoin s'il s'autorisait à ne percevoir qu'en la proposition de la jeune femme une forme de remerciement à ce qu'il a fait pour elle. Carter, lui, ne peut cependant s'empêcher de songer à sa vie qu'il a brisée et il refuse qu'elle lui fasse une telle chose aussi gentille pour lui. Hors de question qu’elle paye quoi que ce soit. La  chambre, ce diner dont elle parle, il a les moyens de les assumer, il n’a pas envie qu’elle prenne en charge tout ça. Après tout, c’est bien lui qui l’a conduite jusqu’ici non ? Il a fait tout ce court chemin pour qu’elle puisse se reposer et rien d’autre, et surtout pas qu’elle ait à rembourser le moindre sou en échange. Sur ce point, il sera intraitable, aussi borné qu’il peut l’être au sujet d’autres débats du genre (voire encore plus importants). Carter met quelques secondes à la suivre dans la pièce suivante. Il s’arrange pour ne pas recommencer à la regarder avec intérêt et préoccupation, comme avant, et lui tourne un peu le dos pour ça. Ça lui coûte, sachant qu’il est avide alors qu’il ne le doit pas de sa présence et de sa beauté, mais il se rappelle qu’ici, elle n’incarne rien de plus que les autres habitants. Même au fond de des pensées, cette distinction sonne déjà faux. « Mais bien sûr... », qu’il marmonne, de façon toutefois assez audible pour que sa réponse rebondisse contre les murs. Il n’y croit pas à cette histoire de colocataire « infirmière ». Si on va par là, est-ce qu’elle croirait que, lui, il est carrément marié avec la directrice de l’hôpital ? Sûrement pas. Du coup, un partout et Carter n’est pas prêt d’abandonner la partie sur ce point. Il se dit qu’il réussira peut-être à la faire changer d’avis lorsqu’ils seront installés au diner qu’elle vient d’évoquer. Le propriétaire de la Cave of Wonders souffrirait de la voir partir sans l’avoir accompagnée à une quelconque visite médicale, aussi brève puisse-t-elle être. Il inspire une grande bouffée d’air en silence, alors qu’il ose lui jeter un coup d’oeil rapide. « Il faut que vous repreniez des forces. Si vous ne voulez pas aller à l'hôpital, je ne vous y forcerais pas, mais nous allons nous rendre à ce diner dont vous parlez et vous allez manger quelque chose. » Carter sent qu’utiliser un ton aussi dur et autoritaire pour lui parler n’est pas le meilleur choix qu’il ait pris... Sauf qu’il ne décide plus de l’image qu’il renvoie depuis longtemps. Les habitudes prises à son arrivée ici ont empiré lorsqu’il a réalisé peu à peu son erreur d’avoir participé à cet enchantement. La seule manière de tenir les autres à distance revient donc à incarner à leurs yeux l’homme à rejeter, ou encore celui à ne pas venir déranger dans sa boutique. Le gentil et sympathique Merlin est bien loin à présent, même s’il souffre de ne pouvoir sortir de la petite cage que Carter a érigée pour lui au coeur de ses souvenirs précieux. Il ne peut l’oublier, ni ne veut l’oublier, mais le poids qui écrase ses épaules à la simple évocation de son passé place le trentenaire dans une situation délicate qu’il réussit ainsi à annihiler. Ou en partie. « Ensuite je vous ramènerai chez vous », qu’il annonce sans se départir de cette façon d'exister trop directe et peu avenante. Impossible pour elle de refuser, il ne lui laisse pas la possibilité de s’exprimer à ce sujet. « Je vous laisse vous préparer. » Carter fait mine de ne pas vouloir rester. Il se doute qu’elle a besoin de son intimité. Mais c'est aussi et surtout qu’il ne supporte plus cette proximité entre eux. Pour la première fois, il la retrouve, et pour la première fois, il doute. L’ancien magicien a peur de mal faire, ou de dire le mot de trop. Ce visage qu’il a contemplé des centaines, des milliers de fois, plus même, il a peur de se perdre à nouveau dans cette passion qui le perdra, il en est certain. La seule chose qui le hante lorsqu’il la regarde, lorsqu'il l’observe comme il a pu le faire là, ce sont ses lèvres. Il y a le souvenir infime de ces dernières contre les siennes qui se fraye un chemin des souvenirs de Merlin jusqu'à ceux de Carter, malgré toute la détermination qu’il met à ne pas y prêter attention. Ce n’est plus Nicée. Ce n’est plus la même femme, ce n’est plus la fée qu’il a pu aimer... Lorsqu’enfin la porte de la chambre se referme derrière lui, il savoure l’air frais qui envahit ses poumons. Il recouvre des idées un peu plus claires, correctes, mais encore parsemées de bribes de cet instant à part qu’il vient de vivre. Sans attendre, il se met en route vers l’accueil non loin de leur chambre. Il s’occupe de régler la note et les derniers détails qui le rattachent à cette nuit singulière, et il s’empresse de faire demi-tour pour rejoindre Ni- Daphne, Daphne, qu’il espère encore entre les quatre murs de la chambre plutôt qu’évadée en son absence. Son coeur s’apaise lorsqu’il croise à nouveau son regard, une fois la porte ouverte. « Prête ? »

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Daphne Meadow

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MessageSujet: Re: a monster like me.   Jeu 21 Juil - 1:02

Daphne le déteste. Du moins, c’est cette pensée qui traverse son esprit lorsque le jeune homme s’adresse à elle avec un ton aussi autoritaire. Il ne s’en rend probablement pas compte, et loin d’elle l’idée de le lui reproche en ces termes, mais il ne fait que lui rappeler son tortionnaire. Mais au-delà de ça, de quel droit, Carter s’adresse-t-il à elle de la sorte ? Comment ose-t-il se comporter comme s’il avait le moindre pouvoir sur elle ? Pas besoin de le rembourser,  il remet en doute ses propos, lui ordonne quasiment de manger, et prévoit de la ramener chez elle. Sauf qu’il n’a pas son mot à dire. Elle voudrait protester, mais désormais, Daphne remet en doute la bienveillance qu’elle avait cru voir chez lui. Et si finalement, c’était bien Paul qui l’avait envoyé ? Car, en toute honnêteté, la demoiselle ne voit pas comment ni pourquoi un individu pourrait se permettre de se comporter de la sorte avec une inconnue, quand bien même il l’aurait sauvée d’une impasse. Ce n’est pas tant ce qu’il dit qui la gêne d’ailleurs, que le ton qui l’emploie. Prononcés avec douceurs, ces mots seraient même touchants : Carter aurait pu donner l’impression de se préoccuper de son sort. Mais avec le ton froid et sans appel qu’il avait employé, Daphne avait l’impression qu’il ne tenait qu’à asseoir son pouvoir sur elle. Peut-être se montrait-elle quelque peu paranoïaque, mais en attendant, elle se tait. La jeune femme se contente de le jauger, sans prononcer un mot de plus. Il semble avoir de toute façon décidé de la suite des événements. Daphne ne voudrait pas perturber son programme – inutile de lui annoncer pour le moment qu’elle ne compte absolument pas se résoudre à le suivre quelque part. « Merci. » se contente-t-elle de répondre, attendant qu’enfin, il la laisse seule. Daphne s’octroie quelques minutes pour se remettre de ses émotions, et surtout, faire le point sur la situation. L’idée de prendre la sortie des employés lui traverse l’esprit ; cela ne serait ni la première fois, ni la dernière. L’idée de s’enfermer dans la chambre et d’attendre qu’il quitte les lieux, aussi. Mais elle n’a pas envie de se cacher, Daphne. Elle en a assez de devoir dissimuler qui elle est vraiment, et elle compte bien faire comprendre à ce Carter qu’il n’a pas à lui dire ce qu’elle doit faire. Il n’est personne, et quand bien même c’est bien Paul qui l’envoie, cela lui est parfaitement égal. Elle ne sera pas vraiment elle-même en agissant de la sorte ; parce que la vraie Daphne ne se serait jamais retrouvée dans cette situation. La vraie Daphne est douce, tendre, un peu fragile aussi. Mais l’ainée des Meadow ne sait que trop qu’elle ne peut plus se le permettre. Alors, c’est la nouvelle version d’elle qui se présentera devant Carter. Au moins, elle n’aura pas à jouer un rôle jusqu’au bout. Remise de ses émotions, Daphne va passer un peu d’eau sur son visage avant de rassembler ses affaires et de s’habiller. Sans trop savoir pourquoi, elle prend soin de se maquiller. Après s’être montrée dans un état si pitoyable, elle avait besoin de ressembler à quelque chose – et peut-être de lui montrer que la jolie fille qu’elle était (une fois maquillée, en tout cas) ne lui appartiendrait jamais. De la fierté mal placée, sans aucun doute, mais chacun trouve ses victoires là où il le peut. Elle a sa main sur la poignée, prête à rentrer chez elle, lorsque la porte s’ouvre. Daphne s’agace, ne cherche même pas à le dissimuler et pousse un long soupir. « Oui, le petit déjeuner, je le prendrai chez moi. » Elle plante son regard dans le sien, et ne peut s’empêcher de préciser : « Je ne reçois d’ordre de personne. Certainement pas d’un inconnu. Je mangerai chez moi, merci pour votre aide. » Rapidement, elle cherche dans son sac son portefeuille, d’où elle sort environ deux cent dollars. Après l’avoir tout aussi vite rangé, elle attrape la main du jeune homme et y laisse les billets avant de s’en aller avant qu’il ne refuse de les lui prendre. « Ca devrait suffire pour payer la chambre. » en se dirigeant vers l’ascenseur. Elle avait conscience que cela signifiait qu’elle devrait attendre qu’il arrive, alors même que Carter en ferait très probablement autant. Etrangement, pourtant, elle ne parvenait pas à se résoudre à emprunter les ascenseurs. Comme si une part d’elle-même ne voulait pas admettre qu’il puisse être aussi désagréable, voire malhonnête, qu’elle le soupçonnait d’être. Après tout, n’avait-il pas tenté de prendre soin d’elle, dans la salle de bain ? La compassion dans ses yeux avait paru sincère… Mais comment pouvait-elle en être certaine ?

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I think when it's all over, it just comes back in flashes, you know? It's like a kaleidoscope of memories. It just all comes back. But he never does. (...) I knew his world moved too fast and burned too bright. (...) I think that the worst part of it all wasn't losing him. It was losing me.
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MessageSujet: Re: a monster like me.   Ven 5 Aoû - 11:21

Son cœur s'apaise, à moitié. Il remarque à quel point elle est belle, il se souvient encore de tous ces moments où cette pensée simple et évidente a pu traverser son esprit. Nicée est la plus belle femme qu'il ait été donné de voir à Carter, à Merlin auparavant, si bien que le propriétaire de la Cave of Wonders est contraint de vite détourner son regard du sien avant qu'elle n'ait le sentiment d'être dévisagée. C'est que la contempler lui manque. Depuis qu'il l'a retrouvée hier soir, alors qu'il n'y croyait plus depuis longtemps, le trentenaire aspire à pouvoir mémoriser à nouveau les traits gracieux de son visage comme les gestes anodins qu'elle peut faire. Ses petites mimiques ou habitudes, toutes ces choses qui font de Nicée Daphné aujourd'hui, pour y découvrir des ressemblances avec la Fée dont il est amoureux ou pour l'en différencier et retomber dans les filets de sentiments bien plus grands et puissants que lui. Le soupir qui passe les lèvres de la jeune femme fait arquer un sourcil à Carter. S'il y a bien une chose qu'il doit constater, c'est que le passage vers ce monde a donné à la jeune femme un caractère des plus trempés. Par habitude, le blond sait qu'il ne doit pas s'en formaliser et surtout, surtout, rester le plus détaché possible. Malgré la culpabilité qui gronde en lui, l'envie dévorante de s'excuser auprès de son premier et éternel amour d'avoir causé autant de malheur, l'ancien magicien doit se montrer impassible ; d'où ce visage distant et glacial, en dépit de cette étincelle dans le regard qui peut s'apercevoir les fois où Daphné regarde ailleurs. - Très bien, qu'il répond, les mâchoires légèrement contractées. Que répondre d'autre ? Carter sait qu'il peut se montrer aussi borné qu'elle lorsqu'il s'agit d'exposer et de suivre ce qu'il a en tête, encore plus quand il s'agit d'une personne à laquelle il tient – tenait. La distance, l'éloignement, encore, toujours. Les billets qu'elle glisse soudain dans sa main achèvent le processus d'incompréhension qui le guettait depuis plusieurs minutes. Certes, il ne donne pas l'impression d'être l'homme le plus sympathique et avenant de Fairview, mais il offre simplement son aide, sans a priori ni méchanceté, rien qu'une certaine froideur nécessaire pour éviter toute erreur en présence d'une Daphne qui lui retourne le cœur comme jamais. Alors pourquoi ce comportement ? Il n'est pas le méchant de l'histoire. Il n'est pas l'homme qui l'a faite souffrir la veille, il est même tout le contraire, alors... Le propriétaire de la Cave of Wonders secoue la tête, avant de la rejoindre jusqu'à l'ascenseur. Lui tendant à nouveau les billets, il tente à présent de ne pas prêter attention à la brûlure délicieuse qui s'est éparpillée sur sa peau au contact de la main de la jeune femme sur cette dernière. Une réminiscence de cette histoire qu'ils ont pu vivre tous les deux, de ce désir qu'il a pu éprouver pour elle comme celui qui menace de refaire surface s'il la revoie après ces retrouvailles de plus particulières. - Gardez-les. Je n'en ai pas besoin. Le regard sévère, Carter finit par appuyer sur le bouton d'appel de l'ascenseur devant eux pour enfin s'éloigner de cette nuit terrible pour de bon. Ce souvenir va le hanter pendant un bon moment, mais il préfère ne pas y penser. Ce à quoi il n'a pas songé, non plus, c'est au fait de se retrouver enfermé dans un endroit aussi exigu et clos avec Daphne. Une torture qui lui saute aux yeux dès que l'ascenseur se présente, qu'ils y entrent et que les portes se referment sur eux, une fois le rez-de-chaussée choisi comme destination finale. Le léger silence qui s'installe suffit à la nervosité de Carter pour refaire surface, son palpitant tambourinant comme un forcené dans sa poitrine. Un regard sur le côté lui offre une vision angélique de Daphne, geste qu'il regrette amèrement en conséquence. Se raclant la gorge, le trentenaire cherche enfin un moyen de ne pas perdurer dans ce silence gênant. - Vous êtes certaine d'avoir envie de manger votre petit-déjeuner chez vous ?, qu'il parvient à prononcer, croisant les bras pour masquer les tremblements certains de ses mains alors que le rouge lui monte peut-être aux joues. S'il désirait rester de marbre par rapport à sa présence ou la plus petite des proximités, c'est en partie raté. Heureusement que Delilah ne peut pas constater de ses propres yeux ce qui se passe – elle ne le constatera même jamais puisque Carter ne la mettra pas au courant. Elle n'approchera jamais Daphne – jamais. - Au diner, vous serez servie et les serveurs seront là pour s'occuper de vous. Un sourire tordu s'invite sur ses traits, tandis qu'il jette un petit coup d'oeil à son interlocutrice. - Après ce qui vous est arrivée hier soir, je pense que vous méritez bien encore un peu de repos...

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