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 heartbreak (abigail)

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Erik Nordisky

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MessageSujet: heartbreak (abigail)   Mar 16 Juin - 20:23

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❝ A propos, je t’aimais. Je te le dis à présent parce que ça n’a plus d’importance. ❞



    Il contemple le plafond, allongé sur le lit qui grince un peu trop fort dans une chambre de motel baignée dans la lumière faible du matin. Erik compte les tâches, les bouts de peinture qui s'en vont et puis il compte aussi les étoiles qu'il imagine là. En vérité il n'y a pas d'astres, juste une peinture de mauvais goût et quand il ferme les yeux si fort qu'il en a mal, il ne distingue rien du tout. C'est le vide, l'obscurité, le noir complet. Allongé là, sa tête posée entre ses mains, Erik se laisse bouffer par son âme. Sa mélancolie prend toute la place. Il ne sait pas quoi dire, pas quoi faire. Où pourrait-il donc aller avec ce poids au fond de l'estomac, ce truc inexplicable et inexpliqué qui lui broie les entrailles ? Il a les pieds collés au bitume et le cœur écrasé dans sa poitrine. Où qu'il aille, il sait que sa tristesse le suivra. Il sait qu'on n'échappe pas à soi même, qu'on n'échappe pas à ses démons, qu'ils sont là en embuscade et qu'il faut les attendre, les accepter, les accueillir. Quand il était petit, Erik a vu le médecin pour comprendre. On le trouvait si triste, si rêveur à côté des enfants jouant et se chamaillant. Personne n'a trouvé d'explication valable, personne n'arrivait à comprendre cette lourdeur dans chacun de ses membres qui le plaquait au sol. Et puis ça leur fait peur aussi aux autres, cette mélancolie qui prend toute la place, qui s'insinue comme un poison. C'est effrayant parce que c'est incompréhensible, irréversible. Il n'y aura jamais de guérison possible, y'a pas de cures contre la tristesse permanente, celle qui vous tient la tête sous l'eau en vous caressant doucement la nuque. Un vacarme assourdissant se fait entendre dans le couloir, sortant le mélancolique de ses rêveries. Lui, il se lève, ses pas sont lourds, ses jambes se traînent, ses bras engourdis ouvrent la porte, laissant derrière lui une odeur de pizza de la veille, des mélodies, deux trois billets jetés sur la table, tout ce qu'il possède. Ça sent le renfermé, ça pue la solitude. Sur le parquet, une jeune femme se débat avec un sceau d'eau renversé sans faire exprès. Le cœur d'Erik s'arrête de battre dans sa poitrine. Abigail est là, ses cheveux traînant devant son visage, ses genoux contre le sol, ses habits aspergés d'eau et de saleté. C'est comme si le corps d'Erik tout d'un coup n'était fait que de coton. Silencieusement il s'accroupit près d'elle, respirant une odeur de produit de nettoyage et de shampoing à la vanille. « Laisse... Laisse moi t'aider, laisse moi faire. » Murmure las entre ses lèvres puant l'alcool et l'abandon de soi même. Elle s'accroche à ses foutus outils d'ménage, alors, il lui prend la serpillière des mains, un peu trop vivement, un peu trop violemment. Abigail elle ne laisse personne faire, elle ne laisse personne l'aimer comme elle le mérite parce qu'elle a peur. Longtemps après leur séparation, Erik a cherché à trouver des mots à poser sur cette femme là. Comment pouvait-il l'expliquer ? Comment pouvait-il décrire cet être humain qu'il avait tant aimé ? Comment pouvait-il la raconter ? Il n'a trouvé que ça : Abi n'est pas une personne, elle est un endroit où l'on reste coincé, elle est une douleur que l'on ne peut effacer. Elle est cette égratignure, cette cicatrice, ce grain d'beauté qu'on apprend à aimer, à caresser. Elle est l'animal sauvage qui attend de vous manger tout cru mais qui voudrait juste en vérité s'abriter dans vos bras. Erik il éponge l'eau sur le sol, il essuie les petits bouts d'eux qu'ils n'ont jamais osé ramassé. Il essuie les rires, les baisers, les reproches, les questions, les pics de colère, les gros nuages noirs, les effusions d'amours et les petits riens. Ils pensaient être de ceux qui finissent ensemble parce qu'ils avaient des projets, des rêves, des espoirs, des années devant eux et tout cet amour qui leur remplissait le cœur. Ils étaient de ceux qui rêvaient de bambins leur courant dans les pattes, d'une grande maison au bord de l'océan, d'une jolie vie, d'une jolie histoire. Ils étaient de ceux qui pensaient naïvement finir avec leur premier amour. Sauf que le destin a dit non. Non, vous ne jouerez pas comme ça votre vie, rebattez les cartes, changez les joueurs. Cette vie qui voulait pas de leur bonheur. Alors, Erik a dû tout arrêté. Parce qu'ils n'avaient pas le droit, parce qu'Abigail était trop jeune, parce que sa belle-mère avait tout découvert et menaçait de faire un esclandre. Alors il a décidé que c'était à lui de gâcher leur histoire, pas à elle ni à personne d'autre. Il n'a jamais voulu qu'Abi porte les tâches de sang de leur histoire atrophiée sur ses mains. C'est lui qui a tout dit, les mots qui font mal, les mots coups de couteau, les mots qui crèvent le cœur. Si il fallait trouver un coupable, Erik aurait bien voulu prendre tous les torts, toutes les sentences de mort. « Tu es jolie Abi. T'as pas changé. » Le problème tu vois, Abi, c'est qu'il a fallu t'oublier. Le problème c'est qu'il lui était interdit de t'aimer. Le problème c'est qu'après toi il ne savait plus rien faire, comme si il avait oublié comment vivre. Le problème, dans ce genre d'histoire, c'est la rééducation. Réapprendre à aimer, à rire, à sentir, à sortir, réapprendre tout, comme un grand brûlé, un paralysé. La contemplation de ses traits lui arrache un demi-sourire. Un sourire qui vient du fond du cœur, un sourire au goût amer de leur passé, un sourire qui fait un mal de chien.


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Abigail Fairchild

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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Lun 22 Juin - 1:21

Ce qu’il y a de plus féroce dans la vie d’Abigail, c’est cette routine qui l’ensuque et l’accable. Chaque journée est la parfaite copie de la précédente, elle-même identique à celle d’avant et ainsi de suite et elle a souvent l’impression d’être prisonnière. Se sentir piégée dans sa propre existence, c’est un sentiment néfaste, qui creuse un sillon qu’on ne peut pas refermer sur son passage. Et c’est ce qu’elle éprouve, Abigail, être enfermée au sein de ce corps trop étroit, trop fragile, qui imprime des bleus et des bosses, qui ressent tout au centuple et qui est si léger qu’il se retrouve balayé par une brise d’été comme par une tempête. Elle est enfermée aussi dans ce motel qui a l’allure d’une prison, d’un asile, d’un donjon sans issue où viennent mourir ses rêves et ses espoirs. Ils s’envolent lors de ses longues heures d’absence, de rêveries plus belles pour venir éclater contre le plafond de cet hôtel sordide comme un ballon ou une bulle de savon. Aujourd’hui, comme tous les autres jours, Abi promène derrière elle un poids lourd. Ce n’est pas son corps, ce n’est pas son cœur ou son âme plombée, c’est un stupide seau plein d’eau de Javel et de la saleté des uns et des autres. Ils ne font pas attention, les gens, ce n’est pas chez eux. Et elle, elle passe son temps à essayer d’effacer leurs traces, de gommer leur passage ici, de rendre l’hôtel immuable et stérile. Il n’y a rien eu avant, il n’y aura rien après, voici ce que murmurent les chambres parfaitement neutres et impersonnelles après son passage. Et comme tous les jours, Abigail n’est pas tout à fait là. Pour résister encore un peu, pour préserver le peu d’elle-même qu’il lui reste, elle s’évade. Elle s’échappe dans les limbes de son esprit, elle s’isole à l’intérieur de sa tête en bordel et se rêve autrement, ailleurs. Elle change son destin au gré de ses envies, se forge une personnalité radicalement différente, devient le genre de fille qui fait tourner les têtes et valser les cœurs, elle est admirée, regardée, épanouie. Heureuse. C’est dans ces moments-là que sa grâce se fait la malle, qu’elle devient étourdie parce que le reste n’a plus d’importance. Sa cheville bute contre le seau qui se déverse au sol. La javel se répand partout, mouille sa peau diaphane et corrode ses rêveries. Abigail est ramenée brutalement au sol et l’atterrissage l’éparpille en lambeaux, suite à une violente déflagration. Sa voix. Sa voix retentit et tout le reste se fait la malle. Il ne reste que ses genoux laiteux sur lesquels elle rive ses grands yeux tristes, la saleté partout et ses mains qui tremblent et se compriment contre la serpillière, comme si ce fichu bout de tissu pouvait être son salut, sa bouée de sauvetage, le roc qui l’empêcherait de sombrer, d’être happée par leurs souvenirs, par lui, par ses grands yeux qui la boufferont de l’intérieur. Abigail ne peut pas prononcer un mot, ses poumons sont arides, elle n’est pas prête pour la confrontation, elle n’est pas prête pour lui. Elle a passé des mois à le fuir, à s’effacer lorsqu’il apparaît dans son champ de vision, à se tapir dans l’ombre pour échapper à son regard. Pour échapper à ce qu’il éveille en elle, l’aigreur, le ressentiment, le doute surtout. Erik, il l’a abandonnée alors qu’elle se consumait d’amour pour lui, qu’elle aspirait avec lui à un avenir plus beau, plus facile. Et elle pensait que lui aussi, partageait l’idéal naïf et idéalisé de deux amoureux. Mais il a retiré ses cartes du jour au lendemain, il l’a laissée sur le bord de la route en emportant un morceau d’elle, un morceau manquant qui empêche la mécanique de son cœur d’être parfaitement fonctionnelle. Mais le pire, c’est de ne pas savoir. Abigail a été rongée par l’incompréhension, l’incertitude, ça a fait mal, tout le temps, ça fait encore mal de le sentir aussi proche d’elle mais elle ne veut pas comprendre. Elle ne veut plus raviver la douleur, éprouver une nouvelle fois le bris de verre de ses espoirs alors elle fuit. Elle se raccroche à sa serpillière pour ne pas lui laisser, elle ne veut pas de son aide mais le problème d’Abigail, c’est qu’elle est résignée. Sa volonté a toujours été vacillante et les années l’ont éprouvée jusqu’à la faire disparaître : ses doigts finissent par céder sous la pression de ceux d’Erik et ils se frôlent. Ca ne dure qu’un instant, mais c’est suffisant pour la foutre en l’air. Elle lève les yeux vers lui, à l’image d’un animal craintif : seulement lorsqu’elle est persuadée qu’il ne peut pas la voir. Abigail l’observe en biais et tout lui revient violemment comme dans une explosion. Elle reçoit des petits bouts de lui, d’eux, en plein visage et ça lui coupe le souffle. Elle ressent la chaleur qui l’envahissait quand elle réussissait à lui tirer un sourire, quelques mots optimistes, elle ressent la tendresse du regard singulier qu’il posait sur elle et elle éprouve une fois de plus tout ce qu’ils ont vécu. Le cœur d’Abigail n’oublie pas, n’efface pas, c’est une éponge. Il se gorge jusqu’à imploser et ne rend jamais rien, parce que l’amour, même passé, même éteint, c’est ce qui le fait tenir encore, ce qui l’aide à battre jour après jour quand il subit tant d’obstacles et d’incertitude. Même les années n’ont rien effacé et Abigail lui en veut, à Erik, de la rendre aussi vulnérable, de se promener avec ses airs d’accidenté de la vie qu’elle aurait voulu sauver de lui-même mais qui l’a juste noyée avec lui. Elle lui en veut, de lui souffler un compliment comme si de rien n’était, comme si ce n’était pas une toujours un peu douloureux. Abi, elle n’a jamais eu que lui. Qu’une seule relation sérieuse et durable, qui redonne confiance au lieu de la faire flirter avec le précipice. « On est pas obligés de faire ça, parler. » Abigail voudrait avoir l'air féroce et déterminée mais sa voix est un murmure délicat qui ne montre rien de ce qui l'anime. Car elle ne sait pas s'énerver non plus. Quand elle le fait, c'est en silence, c'est pour elle, dissimulé à l'intérieur, mais personne ne se rend compte qu'elle est à deux doigts de la fracture. « Ça fait toujours un peu mal... » Elle se justifie finalement en douceur, en récupérant la serpillière sans croiser ses yeux sans fond. Elle avoue à demi-mot parce qu'elle est ainsi, Abi. Elle s'isole du monde mais porte son coeur entre ses doigts, à découvert.

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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Ven 4 Sep - 23:47

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❝ What haunts me most is the ghost of what could have been. ❞




    Les pieds dans la flotte et l'esprit en vrac, Erik vient à se rappeler de la raison pour laquelle il avait tant aimé Abigail. Pas pour ses cheveux ressemblant au soleil couchant couleur rouge sang qui envahit le ciel les soirs d'été, pas pour son rire maladroite ni sa façon de presque s'excuser d'exister, pas pour sa bonté ni pour ses imperfections qui la rendaient si attachante ou pour ses névroses qu'il aurait tant voulu atténuer ou effacer du bout des doigts. D'une façon ou d'une autre il s'était retrouvé en elle : il y avait comme des bouts d'Erik en Abigail et puis des bouts d'Abigail en Erik avant même qu'ils ne se rencontrent, comme si, dans une autre vie, ils s'étaient percutés pour mieux se rassembler et se partager leurs plus grands défauts comme leurs plus jolies qualités. Si seulement ils savaient. C'était il y a sept ans, c'est long sept ans. Qu'est ce qu'il a fait en sept ans ? Il a aimé, beaucoup, souvent, comme on respire, il a joué, chaque jour, chaque nuit, pour lui-même et puis pour tous ceux autour. Il n'a pas l'impression d'avoir changé ou d'avoir grandi, de chaque histoire il croit en être ressorti le même, inchangé, inchangeable. Mais Erik se trompe car de chaque femme il a gardé, sans le savoir, un morceau, minuscule ou gigantesque, comme des petits bouts de verre qui se sont accrochés à sa peau et auxquels il n'a jamais fait attention. Et de la même façon, sur chaque femme il a laissé une trace : un bleu ou une étoile, parfois quelques constellations. La serpillère passe des mains d'Erik à celles d'Abigail qui tente de se faire fauve alors qu'elle n'est qu'un chaton. Elle dit que ça fait mal, que ça fait toujours un peu mal et il ne peut rien faire d'autre que de baisser les yeux, son cœur crépitant sous les souvenirs de leur histoire avortée et de leurs rêves étiolés. « C'est de ma faute. » La serpillière et la fin de leur histoire. Erik, malgré lui, s'est toujours fait faiseur de pluie pour la petite fleur qu'est Abigail et qui aurait bien besoin de soleil. Il se souvient l'avoir aimé et puis il se souvient l'avoir quitté, pour cette même raison, tout le reste semble s'être échappé dans la brume. Il est désolé. Désolé de l'avoir fait souffrir, de l'avoir blessé, meurtri, dans sa chair, son cœur et son esprit, d'avoir gribouillé le chef d'œuvre qu'aurait pu être le palpitant d'Abigail. Désolé de ne pas avoir su être courageux et de les avoir abandonné au premier obstacle. Désolé de venir contempler la cicatrice qu'il est sûr de voir s'agrandir un peu plus sous ses yeux à chaque seconde. Pour ce que ça vaut, il est désolé. Il y a des kilos de regrets dans la vie de cet homme, des tonnes d'amours envolés et de tristesses mises en cage, des grammes d'espoirs, et ça pèse si lourd que parfois ça l'écrase. Il y a même des jours où il suffoque un peu, des jours où il peine à trouver de l'air lorsqu'une force extérieure à lui-même lui maintient la tête sous l'eau. Il y a aussi des jours heureux, bien sûr, il y en a toujours un peu, des jours lumières même dans la pénombre, il y a des jours sourire, des jours amour, des jours Bianca, des jours Nova, des jours violon, des jours printemps. Et lorsqu'il relève enfin les yeux sur son visage, Erik, naïf, ne prend pas conscience du trouble qu'il éveille en la jeune femme. Il ne peut même pas imaginer l'accélération des battements de son coeur ou encore la chaleur qui s'empare de son corps pour quelques secondes à peine. Quelques secondes de trop dans lesquelles Abigail perd un peu les pieds. « Si ça te pose un problème que je sois ici, au motel, dis le moi, je m'en irais. Je trouverais un autre endroit où rester. » qu'il assure en hochant la tête. Doit-il sourire ? Doit-il parler ou se taire ? Doit-il s'avancer, reculer ou bien rester là, droit et immobile ? Erik se sait fautif de la fin de chacune de ses histoires d'amour, il endosse le rôle en toute conscience mais il ne se rend pas compte qu'il sabote à lui tout seul ses relations, persuadé qu'il ne pourra rien leur apporter de bon, rien leur offrir, rien leur promettre. « Je ne veux pas te faire de mal Abi. Je n'ai jamais voulu t'en faire, j'espère que tu le sais. » Pourtant c'est ce qu'il fait, malgré lui, il lui fait du mal lorsqu'il la regarde et même lorsqu'il évite ses iris brûlantes, il lui fait du mal rien que dans sa présence, il lui a fait du mal dans son absence, il lui fait du mal à se trouver si proche d'elle à cette absence. Il manque à Erik quelques mots, pas grand chose, juste quelques vocables qui se bloquent dans sa gorge, d'une phrase ou deux il rêverait de dissiper la peine et les non-dits qui les étranglent tous deux, il voudrait apaiser le chagrin qui pousse de leur estomac jusqu'à leurs poumons en passant par leur cœur, il suffirait de quelques mots, peut-être d'un sourire aussi. Mais Erik n'a jamais été doué pour ça. Ni pour les mots ni pour les sourires.

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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Dim 25 Oct - 23:20

Elle aimerait lui dire, Abi. Oui, pars, s'il te plaît, ça me fait mal de te voir, de te sentir, de te savoir là, si près et si loin à la fois parce qu'un précipice de sept ans ne se comble pas de quelques pas. Elle voudrait acquiescer à sa proposition et jouer à l'égoïste, lui demander de s'en aller et de cesser de laisser des éclats de lui partout. Elle aimerait lui expliquer qu'elle est incapable d'entrer dans sa chambre, qu'elle doit se faire violence, qu'elle recule toujours le moment, que ses jambes se dérobent un peu au moment de pénétrer dans son univers qui sent la mélancolie et le tabac froid, et son odeur, partout. Parfois, elle n'a pas la force de rester, Abi. Elle regarde les draps défaits, le violon qui y trône et le dessine en filigrane, partout. Assis au bureau, en train d'écrire. En train de jouer du violon sur le lit, appuyé contre le mur, à fumer une cigarette de plus. Erik est partout, même dans son absence, il est toujours gravé en elle, sur elle, et elle n'a pas besoin d'être dotée d'une imagination débordante pour percevoir son ombre dans la chambre. Il arrive qu'elle ne la fasse pas pendant plusieurs jours, incapable d'avancer sans que la mélancolie des amours déçus ne la vrille et la fasse basculer. Mais Abigail ne dit rien. Elle ne demande pas à Erik de partir, de la laisser, parce qu'elle ne sait pas faire ça. Elle ne sait pas penser à elle d'abord, se préserver, se mettre en colère. Elle sait seulement subir et s'effacer, obéir aveuglement et ne se battre pour rien, pas même pour l'existence qu'elle rêve de vivre. « Je peux pas toujours te fuir, je sais qu'il faut accepter et puis grandir. » note sa minuscule voix rauque alors qu'Abi tente un pâle sourire, qui n'en est pas vraiment un. Elle ne lève pas ses prunelles délavées sur son visage qui la flingue toujours autant, elle se contente de regarder cette serpillière pleine de javel qui bousille ses mains douces et de rester là comme une brindille offerte au vent et à sa fin. Elle aimerait tant ne pas être aussi vulnérable, à vif. Certains se baladent avec une armure et elle est écorchée vive, sans rien pour la préserver des coups ou des poussières, des blessures comme des petits riens. Abigail ne lutte pas contre sa fragilité, mais face à Erik elle aimerait se montrer autrement. Plus femme, moins douce, elle aimerait crier, jeter son coeur en pâture et lui laisser contempler les dégâts, les balafres et les cicatrices qui ne suturent pas. Elle aimerait lui dire tout ce qui fait mal et pourquoi elle a tant de mal à tourner la page. Parce qu'il a été le premier, la toute première déception, la chute la plus douloureuse parce qu'elle était montée si haut, Abi. Mais il n'a pas été le seul. Erik a seulement mis en marche la machine à broyer les coeurs et a écrasé le sien et puis d'autres sont venus et son palpitant n'est plus que cendres, une cendre fumante qui tente de battre vaillamment encore un peu, mais qui ne se relèvera plus, elle le sait. Les dernières miettes dispersées par le vent se trouvent quelque part dans l'atelier de Felix, et Abigail est fatiguée de tous ces hommes qui ne veulent pas lui faire du mal mais qui en font. C'est dur, d'entendre toujours les mêmes mots qui n'ont aucun sens à force de voguer de bouche en bouche, de coeur en coeur, comme autant de munitions destinées à lui crever l'âme. « C'est pas suffisant, de pas vouloir faire du mal. Tu m'en as fait, beaucoup. » Abigail tremble un peu à l'intérieur et ça se répercute jusqu'à ses lèvres. Elle les clôt un instant et trouve la force d'accrocher ses grands yeux tristes au visage d'Erik. Incapable de le fixer sans vaciller, ils papillonnent contre l'arrête de son nez, ses lèvres, la fossette de son menton ou son front toujours soucieux. « Parce que moi, j'y croyais pour deux. Je pensais qu'on s'était trouvés et qu'on s’enfuirait d'ici, qu'on serait moins malheureux ensemble à défaut d'être heureux et... j'ai mis tellement d'espoir en toi, en nous. J'ai mis tout mon coeur, toute mon âme et tous mes rêves, tu m'as fait montée si haut et finalement, tu m'as lâchée et je suis tombée. Et je crois que je me suis jamais tout à fait relevée parce que tu m'as jamais donné une raison, quelque chose à quoi me raccrocher. Tu m'as dit des mots, oui, des mots qui formaient des sons mélodieux et tragiques mais ils étaient creux, ils n'expliquaient rien. C'était du vent. » Abigail a les sourcils froncés et les yeux brillants, elle revit la scène sans le vouloir, elle se replonge des années en arrière parce qu'elle n'a jamais avancé. Elle est restée sur le bord de la route où elle a chuté parce qu'il n'y a jamais eu d'autre histoire, d'autre réelle histoire, avec cette importance, ces sentiments et puis cette conviction, que l'autre est là, qu'il nous aime et qu'il ne va nulle part. Abigail a toujours peur de trop demander, elle n'ose jamais poser des questions sur ce que sont ses relations, elle se contente de ramasser les miettes qu'on veut bien lui offrir mais Erik n'était pas comme ça. Il n'a pas de filtre, il sait ouvrir son coeur et laisser l'autre s'y lover. Abigail le sait parce qu'elle y a été si bien, dans un renflement de son palpitant. Elle a toujours pensé qu'il était son âme-soeur, que seule sa mélancolie pouvait répondre à la sienne et l'apaiser et quand ils dressaient des projets, elle y croyait. Elle pensait que lorsqu'elle serait majeure, ils partiraient loin de Fairview et de cette ville trop étroite pour leurs rêves de mieux. Et peut-être qu'Abi est partie. Pas pour un ailleurs, pas dans une autre ville, mais elle est partie se terrer en elle-même et laisse une figurine mécanique poursuivre le ballet inutile de son existence...

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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Mar 3 Nov - 18:30

~
❝ Il faut avoir un amour - un grand amour dans sa vie, parce que ça fait un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés. ❞






    Il fait l'inventaire, constate les dégâts, découvre au fil des mots murmurés et des couteaux dans le regard qu'elle ne sait pas lancer, les crevasses qu'il a laissé partout sur elle. En elle. « Je sais. » Il a toujours un peu pensé à elle, malgré tout, elle a été un bruit de fond dans son décor, constant, impossible à ne pas entendre. « Moi aussi j'y croyais. J'y ai cru autant que toi. » En vain, il tente de se défendre, tout bas, tout doucement, sans la brusquer, mais c'est ridicule et naïf. C'est presque pathétique, cette façon qu'il a de ne pas au moins vouloir laisser ça à Abigail : cette cicatrice qu'il a tracé à même sa peau pâle. On ne peut pas regarder quelqu'un brûler à grand cris et croire que les cendres accepteront nos excuses. Au delà de ses yeux remplis de pluie, par dessus tous ces mots qui dégoulinent sur lui, c'est la voix d'Abigail qui lui fendille le cœur. Quelque chose a bougé en lui, c'est son palpitant qui tressaute, sursaute et tombe de la plus haute tour : un saut dans le vide. Dans la voix de cette Cendrillon des temps modernes, il perd pieds. « Tu étais trop jeune et j'étais trop vieux. Trop vieux pour toi. » Il avoue à demi-mots ce qu'il avait désiré garder enfermer à double tour en lui-même. Il avait cru que ça lui ferait moins mal mais il découvre l'ampleur des dégâts qu'il a causé en l'adolescente qu'était Abigail et en la femme qu'elle est devenue aujourd'hui. Elle avait quoi ? Dix sept ans ? Il en avait vingt deux. Il n'était pas si différent à l'époque. Mais elle, elle si, il se dit qu'Abi a beaucoup grandi. Il ne sait pas quoi dire, Erik, alors il reste là, lourd de silence et de regrets. Il est de ces hommes remplis de larmes, de ces êtres humains qui ne laissent jamais couler la peine, pourtant, il n'est pas aride, d'ailleurs, à l'intérieur de lui ça ressemble à un océan - ou à une ville noyée sous la pluie. Il est inondé. Comment dit-on, non, je n'ai cessé de t'aimer du jour au lendemain comme on éteint une machine, comme on pousse un bouton ? Comment dire que ce n'était pas aussi facile, que ça a même été terriblement difficile. Comment dire que tout le mal qu'il lui a fait était pour son bien. Comment dire qu'il a cru faire ça pour elle mais qu'il se rend compte finalement qu'il n'a pensé qu'à lui. « Et surtout, Abigail j'étais bien trop triste pour toi,. » Sa voix est rauque, étouffée par la boule de remords se formant dans sa gorge. Il lui aurait fallu un soleil, à cette fille là, pour secouer toute la pluie qui s'accrochait à ses pétales, pour chasser tous les nuages qu'elle avait déjà dans le cœur. Il lui aurait fallu une étoile ou un arc en ciel pour la guider à travers le déluge. Mais, même pour elle, Erik n'a jamais su se déguiser en soleil. Comme à toutes les autres, il n'avait rien à lui offrir. Il a toujours été conscient de ça, de son incapacité à pouvoir offrir une jolie vie - une vie normale - aux femmes qu'il a côtoyé. Alors il a gribouillé, rayé, massacré toutes ses histoires, il a foutu au feu chaque chance qu'il a pu avoir d'un bonheur à deux. Quel gâchis. Il en aurait presque ri si ça n'était pas aussi triste. Presque pathétique.



    flashback
    Dans une chambre d'adolescente, aux murs trop roses, à l'odeur trop sucrée, un peu écœurante, un jeune homme est étendu sur un lit, presque assis, le dos pressé contre le mur et sur son ventre, repose la jolie tête d'une toute jeune fille. Il enroule autour de ses doigts noueux quelques mèches de cheveux couleur feu. « Tu verras, un jour on s'en ira. Toi et moi. Un jour on montera dans un train, un bus ou un avion, ou alors on prendra la voiture, et on filera. Très loin. » Sa voix basse et maîtrisée emprunte quelques notes à la mélancolie qui ne fait que se reposer en lui. Il a la vie au bord des lèvres et dans son cerveau ça déborde de projets. Erik est vivant et il est là, présent - un tout petit absent - Abigail entre ses bras. « Ouais, un jour, promis, Abi, on s'en ira. Le monde est bien trop grand pour s'emmurer dans un endroit aussi petit. » Tout au fond de son regard danse une flamme - qui quelques années plus tard s'atténuera, à défaut de s'éteindre. Il croyait encore pouvoir aller contre le monde, nager à contre courant, remonter la rivière en sens inverse. Naïf et jeune, il croyait en ses promesses et ses plans sur la comète. Il est encore capable de ça, de faire des promesses, d'imaginer des futurs, des millions de petits espoirs, il est encore capable de les tenir. Maintenant, des promesses, il n'en fait plus à personne depuis longtemps. Allongés sur ce lit, il ne se doutent pas encore : il ne sait pas qu'il la quittera, il ne sait pas que de cette bombe qu'il jettera sur eux, il survivra. Et elle aussi.

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Abigail Fairchild

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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Dim 8 Nov - 1:21

Il y a cru autant qu'elle. Un sourire amer hérisse des lances sur son visage de poupée. C'est faux, c'est faux parce que si c'était le cas, il ne serait pas parti, il n'aurait pas lâché sa main au premier obstacle mais ils se seraient relevés, ensemble. Abigail n'en dit rien, elle est fatiguée de devoir se battre contre son présent et son passé qui fait mal alors qu'aucun futur ne se dessine devant ses grands yeux tristes. Alors elle encaisse et prétend croire aux bêtises qu'il lui sert avec une lâcheté que trop commune. Abi ne connait pas grand chose aux hommes mais leur lâcheté ne lui échappe pas, ni ne l'épargne. Elle gravite toujours dans les discours gênés et indélicats qu'ils lui servent une fois qu'ils ont comblé le vide entre ses reins et qu'elle attend qu'ils remplissent celui de son coeur. Mais non, ça n'intéresse personne ça et Abigail est trop naïve. Elle se laisse bercer par les belles paroles des rares qui osent aborder cette fille à la beauté tragique qui intimide, elle croit toujours que cette fois ce sera différent mais ça ne l'est jamais. Ceux qui ont la prétention de la séduire ne sont que les salauds sans envergure qui prennent tout et n'offrent rien. Alors la lâcheté et les regards fuyants, Abi connaît bien mais à chaque fois, elle s'y laisse noyer. Elle aimerait être de ces femmes volcan, les flamboyantes et les tempêtes mais elle n'est pas une flamme ou un incendie, tout juste une lueur qui vacille alors elle ne répond jamais rien. Elle sourit d'une esquisse sans vie et s'évapore sur la pointe des pieds, quitte les lits et les vies avec un nouveau bleu au coeur sans jamais exiger réparation pour le mal qu'on lui cause. Erik, c'est différent. Ce n'est pas un salaud, ni un homme de passage, c'est le premier amoureux, celui qui aurait pu changer la donne mais ne l'a pas fait. La rancoeur l'habite depuis si longtemps qu'elle est devenue une partie d'elle-même, une racine quelque part dans ses entrailles qui a poussé jusqu'à gagner des branches et des feuilles. Mais pas de fleurs, surtout pas de fleurs dans ce corps où il pleut trop souvent et trop fort. Erik reprend la parole, à demi-mots et inconsciemment, Abigail laisse échapper sa serpillière au sol sous le choc de ses mots. Elle lui échappe mais ce n'est qu'une métaphore de son palpitant qui lui aussi vient de chuter mollement. Elle pince les lèvres et le tremblement interne vient se répercuter dans ses poings qui se serrent et chevrotent sous le poids d'une colère qui grimpe doucement sans jamais éclore. « Tu n'as pas le droit de blâmer la différence d'âge, c'est trop facile. Et injuste, elle était là depuis le début. » Abigail le regarde sans ciller ou vaciller cette fois, elle le contemple de ses yeux ternes et elle se souvient de tout, de ses petites batailles pour le voir sourire, son amour cocon et combien elle se sentait importantes dans ses yeux, sous ses doigts. C'est loin tout ça, c'est loin mais il continue, il lui rappelle combien il était triste, trop triste et Abigail secoue délicatement sa tête au port de ballerine, au cou de cygne. Foutaises. Elle n'est pas faite pour un homme heureux alors qu'elle même est un éternel hiver. Elle était faite pour lui, elle l'a toujours senti que leurs âmes se répondaient mieux que les autres mais c'est le passé. Un passé difficile à oublier, à archiver, mais un passé quand même. « Ne fais pas ça, s'il te plaît. Ne me sers pas des excuses, nous valons mieux que ça.  » Y a pas de rage ou de haine dans sa voix, juste un écho des nombreuses larmes d'adolescente qui ont coulées pour lui, les sanglots des coeurs brisés qui ne tarissent jamais. « Tu sais Erik, je ne te déteste pas. Ce serait plus facile mais j'en suis incapable. » Malgré la rancoeur et la peine, elle se livre pour le préserver, pour qu'il ne se blâme pas davantage. A défaut de croire en ses excuses faciles, Abigail croit qu'il n'est pas responsable de tout, qu'elle n'a jamais été de ces filles divines qui s'impriment dans la peau et sur les coeurs... « Je te souhaite d'être heureux, je souhaite vraiment qu'une fille plus lumineuse que les autres réussisse à chasser tous ces nuages qui t'embrument. ».

flashback
Abigail est heureuse. Elle est jeune, l'univers des possibles n'a pas encore sombré dans les abysses et son visage ne revêt pas encore la beauté tragique de la mélancolie. Elle est là, en filigrane, elle danse comme des ombres chinoises sur sa peau de lait mais jamais elle ne s'imprime pour de bon. Grâce à lui. Erik. Elle ne comprend pas toujours pas comment il a pu se retourner sur une môme comme elle, avec son corps d'enfant et son visage grave, déjà adulte, mais elle est si reconnaissante, Abi. Elle sent son palpitant s'animer dès qu'il est près d'elle et tout son corps se répandre en amour au moindre geste qu'il esquisse, au plus petit mot. Elle est mordue, elle est jeune et elle ignore que les premiers amours sont toujours condamnés, qu'ils ne sont pas faits pour durer toujours et que l'éternité ne leur sied pas au teint. Elle, elle y croit, pour deux, pour dix. Quand Erik part de partir, elle les imagine au loin, libres et heureux. Elle ne pense qu'à terminer ce fichu le lycée et le suivre au bout du monde. Il parle, il s'exprime de ses jolis mots bien choisis et tout ce qu'elle entend, Abigail, c'est de l'espoir et des rêves, de la poésie qui s'écoule d'entre ses lèvres pour la baigner de la lueur des possibles. Elle sourit, d'un sourire précieux et rare, alors qu'il glisse ses doigts dans ses cheveux. « Tu aimerais aller où ? » demande-t-elle naïvement de sa voix rauque, cendrée, sans comprendre que c'est le voyage qui importe, la fuite, pas la destination. Son regard coule sur ses traits, par en-dessous et elle réfléchit elle-même à sa propre question. Abi sait qu'elle ira n'importe où, où il voudra mais elle se prend à rêver tout haut, juste au cas où. « Je trouve le monde plus joli quand il est nimbé de la lumière de la neige. J'aimerais vivre sous le froid qui fait rosir les joues et les aurores boréales qui enchantent. » La Finlande, la Norvège, l'Islande, l'Alaska, la Sibérie, peu lui importe. Abigail se rêve princesse des glaces au milieu du crépuscule lumineux du grand nord et sort de ses rêveries pour planter un baiser sur les lèvres d'Erik. Elle relève la tête et étire son cou de cygne mais ne parvient à atteindre que son menton qu'elle frôle du bout de son nez avant d'y déposer une nuée de baisers tendres. « Je t'aime tellement... » souffle-t-elle avec la conviction dévouée des premiers amours, les sentiments invincibles qu'on imagine plus forts que tout.

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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Dim 29 Nov - 21:49

~
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    Il s'effondra dans ses yeux. Parce qu'il fallait bien s'effondrer quelque part. C'était bien lâche de sa part de s'écrouler ainsi en elle, comme si cette fleur fragile pouvait supporter le poids d'Erik tombant sans prévenir sur sa personne, mais il n'était pas capable d'autre chose. L'éboulement était inévitable. Les mots d'Abigail restèrent là, suspendus, en attente. Il tenta de les maintenir à distance afin qu'ils n'éclatent pas en lui. Il y avait dans ses paroles une violence singulière. Si cette violence paraissait endormie, en sourdine, anesthésiée par le temps, en Abigail semblait pourtant gronder une colère qu'Erik ne lui connaissait pas. Elle n'avait jamais été de celles qui crient, de celles qui cassent la vaisselle, de celles qui supplient, de celles qui s'accrochent alors qu'il est trop tard. Elle était plutôt de celles qui acceptent, silencieuses mais blessées, de celles qui détournent le regard, de celles qui tentent un sourire dans la tempête, parfois même sous les décombres. Au sol, la serpillère gisait sans que ni lui ni elle ne daigne la ramasser. Ce bout de tissu sale, trempé, et oublié là sur le carrelage du motel, c'était un peu lui, c'était surtout elle. C'était eux, qu'il pensa, eux dans toute leur splendeur. Abigail semblait tenir à un fil. Il aurait suffi d'un seul coup de vent, d'un minuscule mot de trop ou d'un souvenir violent pour qu'elle s'écroule au sol et se brise en des millions de petits morceaux. Des bouts d'Abigail dont il n'aurait su quoi faire. Cette fille avait toujours été et restait, malgré les années, une funambule. Fragile, au bord du vide, de la vie ou de l'oubli mais, par dessus tout, gracieuse, aérienne et éthérée. « Peut-être que tu devrais. » Erik chercha un point d'accroche, un endroit, un objet, un visage, où poser son regard gris et, de la même manière, il cherchait péniblement quelque chose à dire. Il avait l'impression d'entendre sa voix trembler mais il n'en était pas totalement sûr - ça n'aurait pu être qu'un tour de son esprit. Il voulu s'avancer, un pas ou deux, se retrouver à quelques centimètres à peine d'elle et la secouer. De toutes ses forces. Secouer ce corps de poupée de porcelaine, de poupée de chiffon, de poupée brisée, pour qu'enfin la tristesse en tombe, pour qu'enfin elle ne fut plus heurter par ces hommes qu'elle laissait rentrer dans sa vie. Mais Erik ne s'avança pas, il ne le toucha pas non plus, conscient que ses doigts, pourtant doux et glacés, pourraient lui brûler la peau. Il était conscient de ça : de sa propension à heurter le cœur des femmes sans jamais le vouloir. « Peut-être que tu devrais me détester. Peut-être que ça serait plus facile. » Bien plus simple que de laisser nécroser silencieusement en elle une cicatrice infectée.




    flashback
    Dans cet amour coton, ils flottent. Protégés et à l'abri : heureux. Il l'aime. De ca, Erik est sûr. Il ne sait pas vraiment qui il est, ni ce qu'il fait de sa vie et encore moins où aller mais jamais il n'ose douter de ça. La passion-Abigail, douce, parfois infiniment mélancolique, s'est déposée sur lui sans le heurter. Tout dans cette jeune fille pas encore vraiment femme appelle à la douceur. Sa voix, sa bouche, ses mains surtout. Ce sont les mains d'Abigail qui apaisent Erik lorsqu'il manque de se noyer dans la tempête que peut être son cerveau. « N'importe où. » N'importe où mais pas ici. Il croit venir d'autre part, Erik. Il imagine d'autres pays, d'autres villes, d'autres continents qui lui iraient mieux, dans lesquelles il parviendrait à respirer sans heurts. Il réalisera plus tard qu'il ne se heurte, en réalité, pas seulement à cette ville mais au monde. Il réalisera plus tard qu'il est étranger où qu'il aille, quoi qu'il arrive, que le sentiment est en lui, au fond de ses entrailles. Abigail vient cueillir son regard et vient déposer sur son visage quelques baisers au goût adolescent ainsi que quelques mots, au creux de son cœur, éclatant comme une bulle de savon. Je t'aime. Boom dans l'espace entre eux et boom dans son cœur. Certains mots, une fois offerts à l'air extérieur, perdurent. Ceux là ne mourront pas. Erik le sait, puisque les je t'aime, il jure de les garder pour toujours, même si la vie sépare ou si la vie déchire, les je t'aime s'accrochent à l'épiderme tels des résidents éternels : indétrônables. Abigail s'est déposée entre ses mains. Elle s'est offerte, elle et son corps, son esprit, ses rêves, son cœur et son âme. Entière. Le poids de l'amour pèse très lourd en Erik mais il s'en accommode sans rechigner. Il apprécie ce poids là, bien différent de celui de la tristesse et des jours un peu gris qui s'accrochent à lui. C'est lui qui vient chercher ses lèvres cette fois, venant y déposer les siennes, imprimant ainsi sur la bouche d'Abigail un bout de lui, qu'il croyait indélébile.


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MessageSujet: Re: heartbreak (abigail)   Lun 7 Mar - 22:59

Abigail ignore ce qu'elle attend de cette confrontation malsaine. Parce qu'il n'y a rien de sain dans ce tableau délavé, dans cette peinture qui s'écaille de tristesse et de désespoir quelque part derrière des particules de poussière, celles qu'on pousse sous des tapis ou des meubles pour les oublier à jamais. Mais c'est comme si sa peau la démangeait et réclamait cette auto-destruction minutieuse, alors elle gratte, Abi. Elle gratte sa peau à vif, rouvre les cicatrices et écarte les plaies béantes jusqu'à ce qu'elles l'absorbent tout entière. Erik la flingue de ses yeux qui la faisaient fondre, il la flingue de ses rares mots monotones et fuyants qui disent si peu mais surtout pas ce qu'elle aimerait. Elle ne sait même pas ce qu'elle aimerait, elle ignore ce qui vaudrait mieux que cette confrontation mais elle sait néanmoins que le prisme est immense et lui file le tournis. Alors elle reste figée, presque inanimée, incapable de lutter, de se défendre ou bien de se battre, de poser les armes ou de porter le premier coup. Ce n'est pourtant pas elle, si résignée et calme, presque effacée, diluée dans les mauvais tours que lui jouent la vie. Mais le visage tourmenté d'Erik possède sur elle un étrange pouvoir d'attraction qui l'entraîne à sa suite, dans le fleuve déchaîné de ses mélancolies. Il déteint sur elle et colore sa peau d'albâtre de tâches rouge sang et noir néant, de tristesse mais aussi de colère. C'est son pouvoir à lui, une emprise qui n'a ni début, ni fin, qui est ancrée en elle, tatouée sur sa peau, son coeur, son âme, partout sans qu'elle ne le réalise pleinement. Les marques ne se réveillent qu'en sa présence comme s'ils étaient connectés, au-dessus de tout concept. Mais ce qui la rend aussi acide, d'une douleur contenue, c'est qu'Abigail le sent loin, loin d'elle et elle sait que la connexion qu'elle ressent n'est qu'une ligne à sens unique. Qui fonctionne pour elle, sur elle, mais n'ébranle pas tant Erik, peut-être pas du tout. Abigail n'est jamais partie alors qu'il se trouve à des kilomètres d'elle, plus loin, là où ses pas délicats ne la mèneront jamais. C'est ça qui fait le plus mal, qui la ronge et la rend avec lui sans doute plus amère qu'avec tous les autres. Elle essaye pourtant, fort, très fort, de donner le change, de ne pas s'enfermer de ce rôle dur et grave qui s'harmonise si peu avec sa douceur originelle. Elle essaye, mais ce n'est pas une réussite et le moindre de ses tentatives de sourire se retrouve fauchée, glacée par la distance d'Erik qu'elle ressent partout, qui se répercute dans le moindre de ses os. Il affirme qu'elle devrait le détester, comme ça, naturellement, et la violence de la déflagration la souffle. Abi reste muette de stupeur, elle le fixe de ses grands yeux blessés par le coup qu'il ne soupçonne même pas. Ses lèvres entrouvertes hésitent puis se taisent. Non, détester n'est pas facile. Détester, ça fait mal, constamment. C'est comme boire du poison et attendre que ce soit l'autre qui meure, le détester, lui, la blesserait elle. Abigail le sait : elle ne le détestera jamais, parce qu'elle l'a trop aimé. « Je peux pas. » C'est un aveu d'impuissance qui se faufile entre ses lèvres en tremblant. Abi n'a plus la force de le regarder alors elle se baisse pour ramasser cette serpillière minable et la serre entre ses doigts au-dessus du seau, comme si elle reprenait son quotidien morne et sans saveur, comme si c'était aussi facile d'occulter sa présence et combien il la bouleversait.  « Je crois que je préférerais t'oublier. » Abi souffle le constat qui vient de la traverser violemment dans un frisson d'effroi. L'oubli. Là serait la solution de facilité, la vraie. Presser son coeur comme une éponge pour lui faire recracher ses sentiments et sa peine et jeter aux quatre vents cette pluie d'éclats d'elle avant de tourner les talons...

flashback
Erik irait n'importe où et elle sent tout son corps se réchauffer à cette pensée. Il y a quelque chose d'éminemment rassurant à partager ainsi, à s'ouvrir le coeur et à laisser entrevoir tout ce qu'il recèle. Evoquer ses rêves ou ses envies, c'est les lier à jamais à l'autre et Abigail se sent si légère lorsque Erik évoque ses petits morceaux de lui qu'il lui offre en pâture. Elle les ramasse tous, précieusement, et les conserve en elle comme pour colmater ses propres failles. Un petit trou ici est comblé par l'envie d'ailleurs d'Erik, un autre par chacun des baisers qu'il lui offre et qui la libèrent de la réserve qui l'entrave, souvent. Lentement, Abigail s'échappe de l'étreinte qui la protège et la préserve du monde extérieur pour se retourner et croiser son regard tendre dans lequel elle plongerait jusqu'à la noyade. Elle le dévisage longuement, comme elle contemplerait un trésor précieux et lui offre un sourire complice alors que ses doigts viennent se perdre sur ses traits jusqu'à glisser dans ses cheveux ébouriffés. Le moment est parfait, il est parfait. « J'en ai envie. » murmure-t-elle dans un aveu délicat, teinté  de la promesse d'un avenir à deux, éternel. Elle y croit, elle y croit de toutes ses  forces et cela fait s'envoler toutes ses réticences. Parce qu'Abi est Abi, pétrie d'insécurités et de doutes, petite poupée docile qui se laisse porter sans oser, elle n'a jamais été plus loin qu'une tendresse qui nimbe, qui parfois dérape mais ne va jamais plus loin. Elle n'était pas prête, se disait-elle mais la réalité l'étreint : elle l'est, elle l'a sans doute toujours été pour lui mais elle attendait. Elle attendait ces moments parfaits qui n'existent que dans les jolies histoires, quand toutes les conditions sont réunies pour marquer les corps et les esprits. Comme maintenant, dans la douceur qui l'enveloppe, des rêves d'eux et de voyages plein la tête. Abigail n'a plus peur. Pas d'Erik, pas de cette danse dont elle ignore tout, mais de son regard. Elle est embarrassée par son corps de môme qui refuse de pousser, comme une plante mal arrosée, elle est mal à l'aise à l'idée de dévoiler une poitrine naissante et des hanches étroites, sa peau trop claire et ses os visibles qu'on devine trop aisément. Mais à cet instant, toutes ses craintes, toutes ses appréhensions lui semblent idiotes et galvaudées. C'est d'Erik, dont il s'agit. Erik qu'elle aime et qui l'aime en retour alors tout paraît naturel. « J'ai envie de toi... » précise-t-elle dans un murmure aux allures de caresse alors qu'elle sent ses joues s'échauffer sous sa confession voilée. Abigail est timorée, c'est une douce rêveuse qui concilie rarement la vie et ses songes et les savoir aussi proches, aussi concordants pour la première fois de son existence lui offre des ailes. Pas de quoi les battre et s'envoler loin, emportant Erik avec elle, tout contre son coeur. Mais assez pour se sentir flotter indolemment juste au-dessus du sol, dans un bercement agréable. Alors Abi fond sur Erik pour embrasser ses lèvres, ses tempes, sa nuque. « Tu veux bien ? » Elle demande entre deux baisers, consciente qu'il a si souvent été patient, compréhensif, que c'est à son tour de prendre soin de ne pas le brusquer.

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