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 pretty/unpretty (mara)

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Emily Reed

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MessageSujet: pretty/unpretty (mara)   Dim 31 Mai - 14:12

De retour permanent à Fairview, Emily avait été témoin du délitement de son club très select et bien nommé les ‘trois mousquetaires’ formé d’Andrew, Jim et d’elle-même, les seuls en qui elle pouvait avoir confiance pour mener à bien leur mission implicite. Jacob la terrifiait et Anton n’était rien d’autre qu’un brave toutou aux ordres du frangin, Ksenia était issue d’une lignée non-identifiée, sans doute une erreur de navigation, Eden n’était là que pour Andrew elle ne faisait pas partie du club des ancêtres célèbres et quant à Jax… et bien ce gros rustre n’y croirait sans doute pas, même si on lui fichait Maléfique en dragon juste sous son nez. Or, quand elle tenta d’interroger Andrew sur les réunions qu’elle avait manquées en son absence, il grogna une réponse inaudible mais qui, en langage bichon, signifiait qu’il n’osait pas lui avouer que son grand projet avait le bec dans l’eau et qu’aucun d’eux ne l’avait poursuivi en son absence. Bien. Très bien. Foi d’Emily, ça ne se passerait pas comme ça et elle allait très vite reprendre les rennes de leur entreprise vacillante. Cela lui prit deux semaines de travail acharné – mais alors, vraiment acharné – et à l’issue, elle convoqua ses amis pour une réunion secrète dans la petite maisonnette perdue de Wesley, l’antre parfaite pour des superhéros. A peine furent-ils installés devant une tasse de café et un gâteau maison au glaçage supposé dissimuler sa cuisson ratée qu’Emily prit la parole pour ouvrir la séance… et laisser échapper ses névroses d’organisation, de grands plans loufoques et son imagination (plus que) fertile. « Bon, on n’a fait aucun progrès, ça va pas du tout. A partir d’aujourd’hui, on met les bouchées doubles et je reprends les choses en main. » Elle adressa un regard confiant à Jim et Andrew avant de dévoiler le fruit de son travail : un immense arbre généalogique façon art abstrait à la vue de sa dégaine qui reprenait toutes les relations connues, ici et là-bas… et un tas de feuilles façon capharnaüm. « J’ai fait des fiches, une par habitant avec tout ce qu’on a appris via les bouquins ou le miroir sur l’avant et ce qu’on sait de maintenant. Je les ai triées selon la gravité des cas et le degré de détresse à Fairview. A partir de maintenant, on se la joue SOS société comme Bernard et Bianca. Vous allez chacun recevoir une fiche et vous aurez un mois pour améliorer un peu la vie de cette personne. Je dis pas qu’en un mois, elle va se retrouver sur les rails, avec son grand amour, ses souvenirs et la clef de Goldendust mais en un mois, on doit faire en sorte de lui rendre un peu de bonheur, de lui faciliter le quotidien. C’est une première étape ! Chaque mois, on change de cible et au bout de… très longtemps, on aura traité tout le monde et on pourra passer à l’étape suivante, à moins qu’on ait été tellement efficaces en level 1 qu’ils ont poursuivi tout seul. » Ils la dévisageaient comme si elle était parfaitement folle et elle se contenta de hausser les épaules, persuadée du bien-fondé de sa démarche. « Je vous laisse choisir votre premier dossier, mais faut qu’il soit sur la pile de gauche, la plus urgente. Et de préférence, quelqu’un que vous ne fréquentez pas déjà assidument, avec vos relations ça se fera sans doute naturellement. » Mensonge, elle disait ça juste pour éviter qu’Andrew ne se retrouve avec Rose ou qu’elle choisisse ‘comme par hasard’ Noah Goodhart ou mieux, sa précieuse Molly pour la pousser au plus vite dans les bras d’Adrian. Mais ça ne devait pas arriver, ça ne devait pas se passer comme ça. Ils devaient être parfaitement désintéressés, c’était une démarche pure de superhéros. « J’ai choisi Mara Vermouth. C’est Aphrodite, merde, elle devrait pas être cette gosse pendue au cœur d’un crétin qui n’a même plus d’armure étincelante. » Et voilà comment, quelques jours plus tard, Emily recherchait Mara partout. Elle la connaissait de loin la môme, elle lui fendait le cœur avec son visage aussi lisible qu’une carte aux trésors et dorénavant, elle allait s’infiltrer gentiment dans sa vie et s’y lover sans jamais en partir. Mara était fille, elle était mère, elle devait devenir femme. Elle avait forcément ça en elle, elle était Aphrodite, cette fée qui aimait sans jugement, sans rien attendre en retour, qui aimait pour un jour aussi fort que quand elle aimait pour la vie et si elle retrouvait ça, cette liberté, cette assurance, cette conviction, Emily était persuadée qu’elle ferait un pas supplémentaire vers le bonheur mais aussi vers celle qu’elle était avant de perdre ce qui la caractérisait. Mais aujourd’hui, Mara n’était nulle part pour lui permettre de tomber sur elle par hasard pour la troisième fois de la semaine et Emily perdait patience. Elle s’éloigna du centre-ville et inconsciemment, ses pas légers la conduisirent à l’océan pacifique qu’elle aimait parce qu’il lui rappelait Los Angeles, Santa Monica, Santa Barbara, Venice et toutes ces plages cool et éxubérantes. A côté, Fairview faisait pâle figure. L’eau y était glaciale, parce qu’il est bien connu que personne ne se baigne au-dessus de Los Angeles, elle était sauvage, les vagues étaient dangereuses, les courants possédaient une lame de fond meurtrière et la mer vous recrachait sur les rochers escarpés. Mais quand même, c’était une fille de l’eau Emily, de l’eau et du soleil, du sable blanc et du sel et elle aimait l’air marin plus que tout. Et pour une fois, la chance lui sourit : une chevelure blonde reconnaissable volait dans l’air : Mara. Seule, sans la petite Ella, elle était assise sur le sable, le regard perdu dans l’horizon. Emily s’approcha, abandonna ses Jimmy Choo à la première occasion et la rejoignit en se fendant d’un « Je peux ? » tout doux, juste pour la forme, mais quand même. Elle prit place à ses côtés, préserva pour quelques minutes la bulle de silence de la jolie môme avant que ça ne soit trop. Emily détestait le silence, il avait tout d’un croque-mitaine qui grandissait plus il s’étirait et qui n’attendait qu’un signe pour la dévorer tout cru. Au moins. Mais Mara ne le brisait pas et elle ne savait pas quoi dire, parce qu’une personne seule au bord de l’eau est forcément en pleine réflexion, pétrie d’espoirs, de regrets, de rêves qu’on jette comme autant de bouteilles à la mer. Emily ne faisait jamais ça, mais elle l’imaginait, comme dans les films. Alors à la place de briser la bulle de Mara, elle la dévisagea avec attention. Elle but ses traits, fit courir ses prunelles sur les plus petits détails et ça sortit tout seul, sans qu’elle y réfléchisse. « Tu es tellement jolie Mara… » Emily était très sensible à la beauté féminine. Elle s’enivrait plus facilement de l’étreinte d’un homme, mais elle aimait le charme féminin, les trésors que cachaient leurs traits ciselés et la douceur qu’ils renfermaient. Elle n’avait aucun mal à imaginer Mara en Aphrodite, si belle et lumineuse. La môme à ses côtés n’était qu’une œuvre d’art inachevée, une ébauche qu’on avait abandonnée dans un coin. Elle portait une détresse trop grande pour elle qui ternissait le sublime d’Aphrodite. Mais Emily allait lui rendre, elle allait donner la main à la petite fille jusqu’à la mener jusqu’à cette femme qui dormait depuis trop longtemps.

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Mara Vermouth
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MessageSujet: Re: pretty/unpretty (mara)   Lun 13 Juil - 20:12

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❝ Of course there are two oceans : the shallow and the true, the one outside the window and the one inside of you. ❞



    Face à l'océan et l'horizon tout parait si minuscule en comparaison. Au gré du sable qui coule entre ses doigts, le cœur de Mara s'apaise et pendant quelques minutes tout va bien, tout va mieux. Pendant un tout petit instant, un instant suffisant pour respirer et reprendre des forces, Mara est légère. Elle laisse s'envoler la tristesse, le chagrin, la peine, le doute, la culpabilité, la colère, la fatigue. Et le reste. Tout le reste. Tout ce qui la chiffonne, la chagrine et la malmène. Le vent et l'eau viennent emporter ce qui pèse en elle et l'empêche de s'envoler. Parce que c'est vrai que ça va mieux depuis quelques temps, lentement, elle se relève et recolle elle-même les petits morceaux piétinés de son palpitant. Elle n'est pas très douée, elle est maladroite, se coupe avec les bouts tranchants de son cœur brisé et se fout de la colle partout sur les doigts mais elle est fière de ça, Mara : d'être assez forte pour commencer à se reconstruire elle-même. Dans ses petites mains d'enfant gît un téléphone portable, muet et assoupi, se laissant bercer lui aussi par la mélodie des vagues caressant le rivage. Il faut à Mara quelques longues minutes de silence avant d'avoir le courage de taper le numéro et de porter l'appareil à son oreille droite. Répondeur. « Maman. » Elle sent sa voix qui tremble comme une feuille tourbillonnant dans le vent. Respire. Respire. Elle reprend. « Maman, c'est moi... Je sais, c'est étrange de te parler ainsi, sur ton répondeur, mais je n'ai pas la force de le faire en face. Tu devrais voir comme je m'en sors. C'est fou, je ne pensais pas avoir toutes ses forces et tout cet amour en moi. D'où ça sort ? Tu le sais toi ? Dis moi d'où ça vient. Bien sûr, je ne fais pas tout parfaitement, c'est loin d'être facile - ça tu le sais - mais j'essaye, je m'accroche et je persiste, je fais de mon mieux et je crois que pour la première fois de ma vie, ça suffit. Tu devrais la voir, surtout. Elle s'appelle Ella. Peut-être le sais-tu déjà. Je me sens un peu seule parfois, noyée dans tout ça. J'aurais besoin de toi, maman. Pourquoi t'es pas là ? » Mara ne pleure pas mais son sourire tremblotant trahit ses poumons compressés et son cœur serré. Comme toujours, l'océan est en elle, pourvu qu'elle ne se fasse pas engloutir par une vague trop imposante. Elle aurait aimé l'avoir à ses côtés, que Maman lui montre comment être une maman. « Bon... Je vais y aller. Je... je t'embrasse. Très fort. Et... et je t'aime. Toujours. » Mara raccroche mais s'accroche encore au téléphone pendant quelques secondes, les yeux perdus devant elle. Elle s'accroche à Maman qui lui a déjà lâché la main depuis plus d'un an. Maman effrayée à l'idée que sa petite fille, sa toute petite fille, fasse la même erreur qu'elle et attende, toute sa vie, un homme incapable de la voir. Pauvre Maman ne savait pas qu'il était déjà trop tard, bien trop tard, pour que Mara ne puisse être sauvée de cette histoire là. Peut-être qu'un jour elle y parviendra, peut-être qu'un jour on l'extirpera ou elle se sauvera toute seule. Mara n'a pas encore ce courage là : tourner la page, dire adieu à Maxim et à ce qu'ils ne seront jamais, à cet amour gigantesque qui ne demande qu'à se poser et faire son nid au creux du cœur de cet homme. Peut-être qu'un jour ça viendra. Elle se perd dans les méandres de son esprit lorsqu'une présence et une voix à côté d'elle vient la chercher et la ramener doucement à la réalité. « Oh... je... je... merci ? » balbutie-t-elle en plongeant son regard sur ses pieds, voulant cacher honteusement ses joues subitement rougies par le compliment. Pourtant elle n'y croit pas Mara, parce que quand elle relève les yeux sur le visage de l'inconnue, elle trouve la jeune femme lui faisant face bien plus jolie qu'elle. On lui a si pas dit qu'elle n'y croit pas et ça lui fait tout drôle ce compliment qui lui tombe dans l'estomac, ça fait une petite boule de rien, un petit cailloux de joie. « Comment vous...tu connais mon prénom ? » Finit-elle par demander en fronçant légèrement les sourcils, et en trébuchant encore sur ses mots.

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Elle passe sa vie à l'attendre pour un mot pour un geste tendre. Elle le suivrait jusqu'en enfer et même l'enfer c'est pas grand chose à côté d'être seule sur terre et elle y pense dans son lit, le soir entre ses draps roses. Elle l'aime, elle l'adore, plus que tout elle l'aime, c'est beau comme elle l'aime.
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Emily Reed

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MessageSujet: Re: pretty/unpretty (mara)   Mer 11 Nov - 19:24

Emily ne savait pas comment s'y prendre. Elle le réalisait, sur le tard, alors qu'elle était déjà là, installée de tout son aise aux côtés de la petite fée aux ailes coupées, clouée au sol par un cœur trop lourd. Ce n'était pas les idées brillantes qui manquaient à la californienne, ça non. Elle en avait à la pelle, des tas, des camions entiers d'idées qui se déversaient perpétuellement dans son crâne bien fait pour devenir une rivière, un fleuve, un océan coloré et pétillant. Le problème ? Leur réalisation. Parce qu'Emily se montrait terriblement impulsive et étourdie, elle se jetait sans cesse dans les gueules des loups, des renards et même des chatons sans réfléchir un seul instant, sans plan d'attaque, sans aide, sans rien du tout d'autre que sa jolie frimousse minaudante et ses longues gambettes dénudées. Cela suffisait dans la plupart des cas, mais ici ce ne serait pas suffisant. Elle ne pourrait pas se sauver d'une pirouette en battant des cils, en relevant sa robe un peu trop haut ou en découvrant son décolleté sur un malentendu, sans faire exprès. Et Emily se connaissant, avec son absence totale de subtilité, il y avait des chances pour qu'elle gaffe, qu'elle passe pour une folle, une demeurée ou pire une dangereuse psychopathe. Elle soupira intérieurement, entre ses lèvres rosées et regretta presque l'absence d'un sidekick avant de se souvenir de quels sidekicks on l'avait affublée : Andrew et Jim, tu parles d'une aubaine. Emily était folle du premier et adorait le second mais même les kilos d'affection qu'elle éprouvait pour eux ne lui épargnaient pas la vérité des faits. Ils n'étaient pas forcément d'une grande aide, surtout quand ils n'y mettaient aucune bonne volonté, un peu comme maintenant. Et c'est aussi ça, qui lui mettait une pression infernale. Il fallait qu'elle réussisse, c'était une question de leadership. Si elle échouait, elle ne pourrait plus les rabrouer et inventer des plans infaillibles qu'ils seraient forcés de suivre à la lettre et autant se l'avouer... Sans elle, les personnages de contes n'iraient pas bien loin. Allez, Emily, courage, tu peux le faire s'exclama sa cheerleader mentale, la figurine jolie et dynamique qu'elle visualisait mentalement dès lors qu'elle avait besoin d'un vrai coup de pouce. Tout l'entrain du monde ne paraissait pourtant pas suffisant et elle en eut la confirmation quand Mara prit si bien son compliment qu'elle se recroquevilla tel un escargot dans sa coquille, ou un joli hérisson, les yeux rivés sur ses chaussures. Ugh. Elle esquissa une petite moue désoeuvrée, déçue à vous fendre l'âme et chercha une nouvelle approche, quelque chose. Les idées ne manquaient pas, elle en avait des tas. Le réel souci d'Emily, c'était les connexions logiques, les liens entre les mots pour amener à une conversation incluant toutes ses punchlines. Par exemple, elles pourraient parler de fée ou de mythologie, dévier sur Aphrodite et voir ce qu'il en advenait. Elle envisageait aussi très sérieusement de l'inviter à une virée shopping en sa compagnie, le genre de journée entre filles comme elle les pratiquait quasi-quotidiennement avec sa bande de it-girls désaxées. Ce serait parfait pour transformer la petite Mara en femme, pour l'aider à retrouver Aphrodite dans un miroir et dans son cœur. Mais la conversation n'allait pas dans ce sens puisqu'à vrai dire, elle n'allait nulle part. Oh, bien sûr, Emily savait meubler. Elle meublait les silences bien plus efficacement qu'un décorateur d'intérieur, mais ne faisait ni dans la dentelle, ni dans la qualité. Elle racontait sa propre vie, s'épanchait en anecdotes honteuses ou hilarantes et se contentait de ça, de se dévoiler en écartant les cuisses de son cerveau. C'est sans doute la raison pour laquelle les hommes se désintéressaient tous d'elle : elle parlait. Beaucoup. Trop. Et pourtant, aujourd'hui sa logorrhée ne la sauvait pas et Emily réfléchit à tout allure pour trouver quelque chose, une prise. Cependant, sa maigre réflexion fut subitement interrompue par la voix de souris de Mara, cette petite voix toute douce et mignonne qui s'excusait de s'élever, de se faire entendre, d'être là. Le visage d'Emily s'illumina instantanément sous le regard tendre de la môme, ravie de se voir ôtée cette épine du pied. Sauf que non. Loin de là. Pas du tout. La question de Mara ne la ramenait pas du tout sur les rails et elle lutta de toutes ses forces pour ne rien afficher de sa déception.  « Je sais pas, je connais les prénoms de tout le monde ici, c'est normal non ? » demanda-t-elle de sa voix rauque de crécerelle où perlait déjà une pointe d'inquiétude paranoïaque et un poil trop hystérique pour être honnête. Parce qu'apparemment non, ce n'était pas normal. La raison pour laquelle elle connaissait tous les noms c'est parce qu'en trois ans, elle avait eu le temps de recueillir assez d'informations sur les uns et les autres pour les croiser aux notes de son ancêtre et continuer à investiguer. Et puis mince, ce n'était pas un crime, elle connaissait les noms de tous ceux qui comptaient entre Santa Barbara et Santa Monica (ce qui représentait au moins mille fois la population de Fairview) alors vraiment, où était le drame, je vous le demande.  « Enfin, je veux dire par là que c'est la moindre des choses quand on arrive dans une communauté que d'essayer de s'y intégrer et s'intéresser aux autres, à leurs noms ou leurs vies, c'est une première étape importante, tu ne crois pas ? » répliqua-t-elle très sérieusement tout en entendant mentalement les violons jouer derrière elle. Emily, ange parmi les saints. Très sérieusement, elle ne comprenait pas pourquoi personne n'était encore venu de là-haut ou d'ici-bas pour la canoniser ou au moins la considérer comme le Messie longuement attendu d'une religion quelconque. Elle passait sa vie entière (et elle insistait là-dessus, sa vie) à faire le bien, ça mériterait bien une petite compensation, non ? Elle ne demandait pas grand chose, elle pourrait se passer d'une statue ou d'un jour férié en son honneur si on lui offrait comme tribut un homme canon et fou d'elle jusqu'à la fin de ses jours. Ce n'était tout de même pas très compliqué à trouver, n'est-ce pas ? Retrouvant le sol et les immenses opales de Mara, Emily décida de se présenter puisque manifestement, Aphrodite n'avait aucune idée de qui se trouvait en face d'elle. Elle prit sur elle (longuement) pour ne pas se sentir outrageusement vexée de cet anonymat, elle qui connaissait pourtant les couvertures des magazines et l'attention permanente depuis, well, toujours.  « On la refait si tu veux. Enchantée Mara, je m'appelle Emily et je viens de Los Angeles. » déclama-t-elle, pleine d'entrain, en lui tendant une main fine parfaitement manucurée. Et puis, sans attendre, elle eut un éclair de génie.  « Pourquoi t'es triste ? » qu'elle demanda, comme ça, de but en blanc, avec sa décontraction naturelle quoique empathique. Parce qu'il n'y avait que les gens malheureux pour aller s'asseoir seuls au bord de l'eau, le vague à l'âme et les yeux dans l'horizon. Avec un peu de chance, Mara allait parler de Maxim et elle pourrait entamer son long travail. Bien sûr, pas un seul instant Emily se doutait que la gosse pouvait avoir d'autres soucis qu'un amour à sens unique, type une brouille familial et une maman perdue. Parce que la famille... ce n'était pas vraiment une constante dans sa vie, la sienne se résumait davantage à son bichon frisé plutôt qu'à sa superstar de père qui feignait une affection sans bornes pour elle lorsqu'elle était en face de lui et l'oubliait immédiatement dès qu'il clignait des paupières. Quant à l'ex-Mme Reed, la première d'une très longue lignée loin d'être en voie d'extinction, sa rigidité et son austérité de bourgeoise frigide s'accoutumaient assez mal de sa fille, qu'elle aimait de loin quand elle lui téléphonait de l'autre côté de l'océan, dans son château écossais plein de courants d'air, auprès d'un vieux Lord qu'Emily imaginait toujours en kilt ringard.

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MessageSujet: Re: pretty/unpretty (mara)   Mar 8 Mar - 19:33


    De cette année de combat, de reconstruction et de larmes séchées, Mara reconnaît avoir beaucoup appris. Elle a compris qu'elle n'avait plus envie de crever d'amour. Elle est arrivée à cette conclusion. Elle n'a plus envie de crever tout court. Parce qu'elle saisit enfin que la vie doit triompher malgré tous les malheurs, tous les chagrins, tous les coups. Parce qu'elle est prête à se battre de ses petites forces d'enfant-femme, de gamine frêle, de mère courage. Bien sûr, elle aurait pu se laisser flotter, inerte, à la dérive, mais, Mara en est persuadée, elle aurait fini par couler. Alors, il a fallu sortir du chagrin à tout prix, par tous les moyens et au plus vite. Il a fallu s'extirper de l'amour, des soirs pitiés, des journées dans le brouillard, afin de ne pas en crever. De l'amour, pourtant, elle n'est pas encore totalement tirée d'affaire. Mara prend des airs de blessée de guerre, de survivante de grande catastrophe dont elle préfère taire les détails, de rescapée d'une longue maladie, de miraculée du chagrin. Elle est de ceux dont la rémission est longue et pénible - fastidieuse. Elle est de ceux qui garderont des traces de leur combat. Elle est de ceux qui se battent et qui gagnent, malgré tout, malgré eux-mêmes surtout. « Ah si...si...bien sûr. » qu'elle répond très vote, hochant la tête. Cette fille la déstabilise. Elle est comme venue de nul part, apparue comme par magie à ses côtés, assise sur le sable, sa voix si aigue qu'elle touche les nuages et des kilos de lumière autour d'elle. Elle semble être tout ce que la gamine n'est pas. « Enchantée Emily. » Mara attrape la main que la blonde lui tend pour la serrer dans la sienne. Elle se sent presque coupable de ne jamais l'avoir remarqué avant en ville et manque même de s'excuser. Mais c'est la question qui sort quelques secondes après de la bouche d'Emily qui la surprend plus que tout le reste. « Je... Euh... Je ne suis pas triste... je... » balbutie-t-elle, encore une fois le rouge lui monte aux joues sans qu'elle ne puisse contrôler sa gêne et elle plante son regard sur le sable. « Je pensais juste à... à des histoires. C'est rien. » Mara, elle dit c'est rien, envoie tout valdinguer d'un haussement d'épaule et d'un sourire penaud, presque désolée de s'attrister ainsi sur son sort. Des kilos d'incertitudes et d'insécurités s'amoncellent sur son cœur, l'étouffant au passage. Il ne s'agit pas seulement du terrain miné qu'est Maxim, n'est ce pas Mara ? Il y a encore autre chose. Quelque chose dont elle ne dit jamais un mot. Mara est une gamine venant d'une famille monoparentale, élevée par une mère aimante mais étouffante, au mieux continuellement fatiguée au pire névrosée. Elevée aussi par l'image rêvée, et déformée par l'absence, d'un père dont elle n'a jamais vu le visage que sur les photos gardées précieusement par sa mère. Plus que tout, elle s'inquiète de reproduire le même schéma que sa génitrice avant elle. Elle est terrifiée à l'idée de trébucher, de tout rater, de mal éduquer sa fille, de tout faire de travers, de ne pas savoir se relever. Au début, elle avait peur tout le temps, maintenant ça va mieux, maintenant Mara semble affronter la vie et la maternité sans toutes les appréhensions qui la dévoraient auparavant. Comment dire ça à une inconnue ? Comment dire ça à un astre aussi lumineux ? Comment expliquer ? En Mara vivent des centaines de petites blessures, des coupures et des bleus s'étalant sur des kilomètres, une route infinie de silences et de perles salées, de mélodies sucrées et de passion insoluble, une étendue immense. A couper le souffle. Par où commencer ? « C'est vrai ? » qu'elle lance comme ça, tout d'un coup, avant d'ajouter : « C'est vrai ? Tu viens de Los Angeles ? » Son visage s'illumine un peu, chassant le nuage-Maman et la tempête-Maxim grondant sous sa peau. Elle imagine des rayons de soleil à l'infini, l'océan à perte de vue, les rires légers, l'insouciance que la Californie lui inspire. Elle imagine, les yeux très grands, mais elle ne sait pas puisque jamais Mara n'a quitté l'état d'Oregon. « J'aimerais bien y aller un jour. » Contre son corps de brindille, elle ramène ses genoux sur lesquels elle pose ses mains et puis sa tête, pensive. Mara rêve d'espaces sans chagrin où la chaleur et l'océan pourraient réparer, d'un simple coup de baguette magique, les fissures que la vie a créée en elle. Mara rêve d'un endroit paisible où déposer son palpitant malmené. Mara sourit et quelques éclats d'espoir s'échappent de ses yeux.

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