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 the sound of my heart.

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Ginger Brooks

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: the sound of my heart.   Jeu 28 Mai - 5:01

Ginger fronce les yeux en direction de ses pieds. Ces foutues chaussures lui font un mal de chien. Relevant le regard au loin, ses épaules s'affaissent. Sa maison n'est plus loin, elle n'a pas besoin de les enlever maintenant. Téméraire, la strip-teaseuse poursuit son chemin en rigolant tout du long. Personne ne lui parle, mais elle se fiche des jardins bien taillés qui composent la rue qu'elle est en train de remonter. Elle a l'impression de passer encore et encore devant la même maison. C'est étrange. Il ne doit y avoir qu'un seul jardinier à Fairview. Peut-être qu'elle devrait se reconvertir là-dedans ? La salopette verte lui irait parfaitement bien, ça c'est certain. Pouffant bêtement, la brune tourne passe enfin le petit portillon d'un des petits habitacles colorés. Ses talons claquent une dernière fois sur les pierres qui la mènent jusqu'au perron, qu'elle franchit telle la dernière épreuve atroce d'une quête longue de cent ans. Ses jambes se tordent sous le poids de ce corps qu'elle a l'impression d'avoir de plus en plus lourd. Elle doit avoir pris des seins. Ou des fesses. Le visage de Ginger se retourne. Se tordant de la façon la plus bizarre qui soit, elle tente tant bien que mal de déceler si elle est sur la bonne piste ou pas. Mais dans le noir, elle parvient à peine à remarquer la couleur de la robe qu'elle porte. Un soupir lui échappe. Elle verra ça plus tard. Ce soir, elle est ici pour autre chose que savoir si elle a pris du poids ou pas. Un large sourire s'étale sur ses traits. Approchant son index de la sonnette, elle appuie trois fois de façon plus ou moins affirmée. Et, le temps d'attendre que la porte s'ouvre, le haut de son corps se penche au niveau de ses pieds, où elle se contorsionne une nouvelle fois pour se défaire de l'emprise de ces talons mal-meneurs de voûte plantaire. Alors qu'elle est occupée à sortir son pied droit de sa chaussure, la porte s'ouvre devant elle. Arquant un sourcil, Ginger se relève brusquement en manquant de partir sur le côté. Son équilibre est plus qu'instable. Un immense sourire accueille la personne qui se trouve devant elle, ses yeux se font un peu plus brillants. « Eliott, tiens, mais qu'est-ce que tu fais là ?! », qu'elle prononce d'une petite voix rauque, typique de ces moments où l'alcool est passé dans sa gorge un peu avant. Mordant sa lèvre inférieure, la strip-teaseuse s'avance vers lui, remarque à peine son air endormi, et pose un doigt sur son torse. « Laisse-moi deviner, c'est toi qui habite ici... » Son souffle alcoolisé atterrit près de son oreille, avant qu'elle passe dans ce petit salon qui lui est familier. Ou qui lui semble familier, elle ne sait plus vraiment. Ses pieds se délectent de se promener sur un sol plus convenable que le bois de l'extérieur. « Je ne te dérange pas... », dit-elle sans que cela ressemble vraiment à une question, alors que ses bras s'étirent de tout leur long dans les airs et que ses talons touchent le sol dans un bruit sec. Ses prunelles s'attardent longuement sur un objet indiquant l'heure, au loin, que l'esprit embrumé de Ginger ne parvient pas à identifier clairement. Tout ce qui réussit à se frayer un chemin là-haut, c'est que l'heure est avancée. « Il est tard ! » Son exclamation est ponctuée de ses deux mains qui viennent se planter sur ses lèvres. Se retournant vers Eliott, la brune laisse encore échapper quelques gloussements, le temps que ses yeux chocolats détaillent l'endroit où elle se trouve sans réaliser pour autant. Elle ne sait plus tout à fait ce qu'elle a bu, c'était juste trop bon après le début de soirée qu'elle venait de passer ! Les clients étaient des crétins, ce soir, et la proposition de boire quelques verres avec ses collègues après ces heures épouvantablement longues n'est pas passée dans l'oreille d'une sourde. Malheureusement. « Faut que je te parle, Eliott. » De beaucoup, beaucoup de choses. De trop de choses même. Mais surtout d'un truc en particulier qui commence à la ronger mais dont elle ne se sent pas vraiment coupable. Peut-être qu'Eliott trouvera les bons mots pour la culpabiliser, pour lui hurler que ce qu'elle fait n'est pas bien, parce qu'elle en a véritablement besoin. Sinon, elle va continuer, poursuivre cet acte qu'elle n'avait pas prémédité au début, sans remord. Et ce n'est pas bien, Ginger le sait. Elle devrait se sentir mal, terriblement cruelle, sans cœur, idiote, stupide, méchante, voire égoïste. Mais ça ne lui traverse même pas l'esprit lorsqu'elle se trouve entre les bras de celui qu'elle a en quelques sortes poussé à faire ce qu'ils font tous les deux. Oscar va peut-être la tuer d'être venue jusqu'ici pour en parler à Eliott. Mais elle n'a que lui pour évoquer ça. C'est sa petite voix de la raison, Eliott. Puis il lui manque, Eliott. Ginger secoue la tête. Tout commence à s'embrouiller et à se mélanger et elle n'aime pas ça. C'est pas le moment. « Faut que je sois sérieuse, tu vas pas m'écouter si- sinon. » Elle titube pour se tenir au dossier du canapé qui se trouve sur sa gauche. Dès qu'elle repose ses grands yeux pétillants sur son ex-petit-ami, elle sourit. C'est si évident qu'elle rougit un peu. « Tu faisais quo[...]oi avant que j'arrive ? », le questionne-t-elle en allongeant sans faire attention le mot en plein milieu de la phrase. On dirait une enfant. La strip-teaseuse se redresse alors, se rendant bien compte qu'elle ne fait que parler depuis qu'elle a passé la porte il y a quelques heures et que ça fait trop de mots pour énormément de temps. Le temps passe tellement vite avec Eliott... « J'arrête », qu'elle dit tout doucement, serrant les lèvres pour ne pas rire, ni esquisser un trop grand sourire coupable et adorable sur ses traits de poupée. « Je me tais », qu'elle ajoute tout de même, avant de faire mine de clore ses lèvres pour de bon avec une clé et de la lancer au loin, près de lui. Peut-être qu'il va la rattraper et la garder. Du moins c'est ce que Ginger espère lorsqu'elle qu'elle prononce du bout des lèvres un « bouche cousue » taquin, sans qu'aucun nouveau son ne trouble la pièce.

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Eliott Green

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Sam 6 Juin - 13:18

Il se trouve presque belle allure dans son costume de pingouin. Eliott contemple son reflet dans la glace avec une gravité solennelle malgré le sourire qu'il n'arrive pas à contenir. C'est un sourire nucléaire, une manifestation de bonheur si éclatante qu'elle pourrait tout irradier sur son passage. Il croit bien qu'il n'a jamais été aussi heureux de toute sa vie et les regards confiants que lui jettent Harry et Luke ne font que le conforter dans cette affirmation. L'un des deux redresse un peu son noeud papillon (Harry, sûrement) et Luke lui tend un papier en piteux état, froissé d'avoir été tenu nerveusement. Et puis c'est l'heure. Il est prêt, Eliott, plus que prêt. Il sort de la pièce, traverse la petite église de Fairview pleine à craquer et sent son coeur battre à tout rompre dans sa poitrine alors que sa fiancée s'approche, au bras d'une silhouette floue comme seuls en produisent les rêves. Elle s'avance avec grâce, à petits pas prudents, elle glisse sur le sol plus qu'elle ne marche ou alors elle le frôle seulement, il ne sait pas bien. Elle est belle, dans sa robe blanche et vaporeuse, si belle que ça lui vrille le coeur et noue sa gorge d'éternel angoissé. Elle porte un voile qui la dissimule au monde et Eliott le rationnel ne s'étonne même pas d'être incapable de distinguer sa future femme. C'est un rêve, les rêves ne sont pas faits pour être cohérents et il sait qu'il l'aime, qu'il est fou d'elle, qu'il l'a attendue longtemps, très longtemps et que ce moment est comme il devrait l'être : il sonne juste, il le rend à la fois vulnérable et invincible et quand l'église toute entière vibre et s'effondre au rythme des coups frappés à sa porte, tout s'évanouit. La mariée s'évapore comme ça, elle disparaît et le reste de la scène s'effondre avec elle. Il ne reste plus que lui, seul au milieu d'une église en ruines, lui qui ne comprend pas et qui tombe à genoux. Et ces coups... Les coups qui ne se taisent pas. Ce sont eux qui réveillèrent Eliott, qui en tomba presque de sa couche étroite. Il s'était endormi sur le canapé, devant la télé allumée qui baignait le salon d'une vague lueur bleutée. Il mit quelques secondes à recouvrer sa conscience et à masser sa nuque qui lui faisait un mal de chien. Le canapé n'était pas une option recevable quand on était aussi grand que lui, condamné à se plier en douze juste pour y tenir. Il marmonna des trucs sans queue ni tête, écarta la manette de Super nes et frotta sa joue mal rasée pour en chasser la marque des boutons. Il n'arrivait pas à se réveiller et un coup d'oeil à l'horloge murale l'aida à comprendre pourquoi : trois heures du mat. Quelqu'un, de l'autre côté de cette porte, venait de le réveiller en plein milieu d'un cycle de sommeil profond et demain, la petite nature qu'il était serait épuisée parce que la plus infime variation dans son environnement proche le bousculait. Alors imaginez un tremblement de terre interne... Parce que c'est exactement ce qu'il ressentit, en ouvrant la porte sur une Ginger resplendissante, du genre à éblouir quiconque s'approchait trop d'elle. Mais à éblouir au sens propre, à cramer la rétine et à brûler la peau par tout ce qu'elle dégageait. Eliott ignorait s'il était le seul à se sentir aussi vulnérable près d'elle, aussi conscient de tout ce qu'elle était, des plus infimes détails et de combien ils pouvaient agir sur lui. Il l'avait encore dans la peau, c'était évident. Il l'aurait sans doute toujours un peu au fond de lui, comme un tatouage d'adolescent qu'on conserve pour la vie parce qu'il est chargé de souvenirs. Le sourire éclatant de Ginger l'était tellement qu'Eliott capitula. Son visage tout endormi, marqué de façon ridicule par une manette de console, lui répondit dans une esquisse maladroite, trop large, le genre de sourire qui fendait son visage et le dévorait presque en entier. « Euh ouais, salut Ginger. » dit-il péniblement de sa voix d'endormi et de sa tête de marmotte qui peinait à faire sens. Elle était là, chez lui, à trois heures du matin et c'était complètement dénué de la moindre logique. Ginger fit comme chez elle et Eliott la regarda se défaire de ses chaussures, s'étirer, et parler, parler plus que de raison. Et à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche (et cela, en dépit de son haleine chargée d'alcool), son sourire s'élargissait sans raison. Juste parce que c'était Ginger, et qu'elle avait ce pouvoir-là, encore plus sur lui. Celui de tout balayer et que ça lui aille. Elle demanda s'il le dérangeait et il secoua rapidement la tête, se donnant l'air d'un chiot qui s'ébrouait. « JAMAIS ! » rétorqua-t-il un peu brusquement en la fixant de ses grands yeux de chouette. Jamais, t'entends Ginger ? JAMAIS. C'est ça qu'ils lui disaient silencieusement, ils insistaient pour clouer les mots d'Eliott dans son esprit parce que c'était la stricte vérité : Ginger ne le dérangerait jamais. Il avait beau s'en défaire, refuser d'être son ami aussi tôt après leur rupture et avoir balancé tout ce qui lui faisait penser à elle dans un unique éclat de colère, il ne saurait jamais lui fermer la porte, il ne pourrait jamais se séparer totalement d'elle et il l'accueillerait toujours dans sa vie, même si ça lui faisait l'effet d'un ouragan qui le dévastait de l'intérieur. C'est ça le truc, avec un cyclone : on ne pouvait pas s'empêcher de s'en approcher, attiré comme un aimant par le calme serein qui émanait de son coeur. Alors que ce n'était qu'une illusion, les catastrophes sont chaotiques et si Ginger est la plus belle d'entre elles, elle avait toujours cet effet destructeur sur Eliott. Il aurait donné beaucoup pour être plus courageux, plus fort, pour pouvoir la fréquenter jusqu'à la fin de ses jours sans avoir si mal, mais il n'y arrivait pas. Et il ignorait s'il y parviendrait un jour et c'était injuste, parce qu'avant d'être la femme de sa vie, Ginger avait été son amie, une amie dont il aurait bien besoin. Ginger manifesta son besoin de lui parler et Eliott sentit son coeur faire un bond. Elle voulait lui parler, à trois heures du matin, après avoir ingurgité bien trop d'alcool. Regrettait-elle ? Etait-elle misérable, elle aussi ? Lui manquait-il tous les jours de sa vie ? Rêvait-elle de revenir en arrière ? C'est ça qu'elle souhaitait lui avouer ? Eliott se réveilla immédiatement, le corps pétri d'une insupportable tension. Il devait savoir. Il devait savoir maintenant. « Je – d'accord. On peut parler, c'est bien ça. Tu – tu veux dire quoi ? » la questionna-t-il de sa voix enrouée par le sommeil, tout en tâchant de limiter l'enthousiasme qui perçait dans son timbre toujours un peu plaintif. « C'est pas vrai, je t'écouterai toujours. » ajouta-t-il avant de planter un regard de chaton dans les prunelles scintillantes de Ginger. Elle était si jolie, comme ça, Ginger. Avec son naturel étincelant et l'alcool qui rendait ses gestes brouillons. Eliott la trouvait toujours parfaite, cela va de soi, mais elle était si attendrissante sous l'emprise de l'alcool, qu'il craquait toujours. Elle lui donnait des envies de tendresse et de réconfort, elle ressemblait à une petite fille paumée qu'on crevait d'envie de protéger et elle lui crevait le coeur plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Même là, alors qu'elle allongeait à l'infini les syllabes qu'elle prononçait, aussi élastiques que du bubble-gum. « Rien, j'ai ressorti Secret of Mana et puis finalement je me suis endormi avec Zelda mais je crois qu'elle a rejoint notre lit. » Et soudain son visage s'éclaira et il disparut sans un mot dans le couloir, porté par ses hautes jambes dégingandées pour en revenir quelques minutes plus tard avec une boule de fourrure rousse et blanche à peine réveillée, elle aussi : « Ginger, je te présente Zelda, ma nouvelle coloc'. Zelda, voici Ginger, ma–  » Ta quoi, Eliott ? Incapable de la nommer, il haussa piteusement les épaules et laissa les deux femmes faire connaissance pour aller préparer du lait chaud à la cannelle pour Ginger. Il savait qu'elle avait toujours adoré ça et jugea que ça l'aiderait peut-être à faire disparaître l'alcool dans son sang... ou au moins, ça lui redonnerait la parole, puisqu'elle semblait bien partie pour ne plus rien dévoiler jusqu'au siècle prochain. Eliott revint pour trouver Ginger en train de cajoler une ronronnante Zelda et l'image le prit aux tripes. Dans une réalité alternative, ça aurait pu être leur vie, leur vraie vie, pas seulement une incursion nocturne aux allures de songes. « Elle est mignonne, hein ? » s'enthousiasma-t-il un peu bêtement, sans savoir à qui il s'adressait. A Ginger ou à Zelda ? Doucement, Eliott déposa le bol de lait à la cannelle sur la table basse et prit encore plus délicatement la main de son ancienne petite-amie dans la sienne, éludant les picotements délicieux que ce minuscule geste produisit. Il la guida jusqu'au canapé, remit maladroitement les coussins à leur place et tenta de lui créer un environnement à sa hauteur ou du moins, assez confortable. Ginger s'assit, Eliott en fit de même tout en jetant des regards anxieux (et assez peu discrets) autour de lui : et si elle réalisait ? Et si elle se rendait compte que beaucoup de leurs affaires manquaient à l'appel, que dirait-il ? Ses joues se mirent à rosir sous cette idée et c'est un air penaud qu'il riva sur son visage adorable. « Tu voulais me parler ? » Il tâcha de la remettre sur les rails et resta là, suspendu à ses lèvres, convaincu que ce qu'elle allait dire résoudrait tout, que c'était une renaissance, un renouveau qui l'attendait après ce soir.

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Ginger Brooks

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Ven 3 Juil - 2:12

La tête de Ginger se met à pencher sur le côté. Les mots d'Eliott parviennent jusqu'à elle, mais ils n'ont pas de sens. Puis son ex petit-ami disparaît. Les prunelles brillantes de la jeune femme le suivent, le perdent de vue et se renfrognent. Juste avant que le souvenir de la voix du jeune homme n'émerge à nouveau dans son esprit. « Segret ot Mama... », qu'elle acquiesce dans sa barbe, faisant mine de comprendre ce qu'il entend par là en hochant la tête. Ce doit être quelque chose de très important, pour qu'il se soit endormi dessus. Un sourire amusé gagne ses traits. Ginger se met à rire toute seule, tourne sur elle-même en espérant remettre la main sur Eliott. Mais où est-ce qu'il a bien pu se cacher... « Qui ? », reprend-elle d'un ton intrigué lorsque ce dernier refait surface, derrière elle. Sur la pointe des pieds, la strip-teaseuse se retourne. Ses grands yeux tombent alors sur la boule de poils au creux des bras d'Eliott et Ginger ne répond plus d'elle. « OH MAIS REGARDEZ ÇA ! », qu'elle crie d'une voix des plus enfantines. S'avançant près d'eux, ses lèvres viennent déposer un bref baiser sur la tête du petit animal encore endormi, avant que ses mains ne viennent la cajoler avec tendresse. « Mais tu es adorable toi... », qu'elle lui murmure tel un secret. Jetant un coup d'oeil à Eliott qui s'affaire au loin, elle profite de ce moment en tête à tête pour confier ses impressions à l'animal. « T'as quand même de la chance que Zelda t'aille bien... Parce que t'es tombée sur le plus geek des trois, crois-en mon expérience, fallait t'y attendre à porter un nom comme celui-là. » Un petit rire lui échappe. Elle se moque gentiment de cette petite bête ayant fait les frais de la passion d'Eliott. Enfin, tant qu'il ne commence pas à la déguiser en Wonderwoman ou une héroïne de jeux vidéo, aucune raison de s'inquiéter. Eliott revient enfin auprès d'elle et Ginger sourit de plus belle. Elle acquiesce à sa question. Oui, Zelda est adorable. D'ailleurs, il a de la chance qu'elle n'ait pas un sac assez grand, car l'idée de l'embarquer pour la ramener chez elle commençait à germer dans son esprit alcoolisé. La strip-teaseuse se laisse guider jusqu'au canapé où tout son corps se détend rien qu'au premier contact. Sa marche nocturne jusqu'ici a pour sûr mis à mal son cardio. Lorsque Ginger remarque le lait à la cannelle qu'a pris la peine de confectionner Eliott pour elle, toute l'attention qu'elle avait pu avoir pour Zelda disparaît. La déposant au sol pour la laisser vaquer à ses occupations, sa main droite vient se saisir de la tasse. Avant de commencer à goûter à cette boisson si chère à son cœur, la brune s'avance vers la joue de son ancien petit-ami pour y déposer un doux baiser. « Merci », qu'elle lui souffle doucement, sur le même ton que celui qu'elle a employé pour partager un premier secret avec Zelda. Son besoin de déguster sa boisson se fait alors plus fort que tout et Ginger succombe à son appel. Le liquide chaud coule dans sa gorge et un soupir de soulagement lui échappe dès lors qu'elle se freine pour en garder un fond, pour plus tard. Bien vite, Eliott lui rappelle ce pourquoi elle est là. C'est qu'elle a presque oublié, Ginger, à cause de distraction comme le chat ou le lait à la cannelle. Malheureusement, lorsque son esprit est quelque peu embrumé, il lui est difficile de faire ou de penser à plusieurs choses à la fois. « Oui, oui, oui », qu'elle confirme sans détour. Sa tasse reprend sa place sur la table basse devant eux. Son regard s'accroche à celui d'Eliott. Elle cherche les bons mots. C'est dur. C'est embêtant, même, parce qu'elle a déjà réfléchi à comment parler de toute cette situation à quelqu'un mais elle a soudain le sentiment d'avoir tout oublié. Son visage prend une moue contrariée, boudeuse. Ses pensées dansent à l'intérieur de sa boîte crânienne. Elles divaguent, font des pirouettes mais ne l'aident en aucun cas à atteindre son but. « Je... », que Ginger tente d'esquisser, dans un échec cuisant. Est-ce qu'elle peut présenter les choses de façon directe ? Est-ce qu'elle peut essayer de faire dire trop de choses mais d'en avouer assez pour que le tout soit compréhensible ? Ce serait bien, parce que la brune sent qu'elle ne peut pas faire beaucoup avec le taux d'alcool qui lui coule dans les veines. Laissant sa tête rencontrer le dossier du canapé près d'elle, le corps de Ginger se tourne tout entier en direction d'Eliott. Elle est proche de lui, sans l'être trop. Elle maintient ce contact visuel pour ne pas perdre le fil, et se lance. « Eliott, j'ai fait une grosse, grosse, gro[...]osse bêtise et je n'ai aucune idée de comment la ré-réparer, ou même si on peut réparer quelque chose comme ça, je suis... » Perdue ? Un monstre ? Une allumeuse, peut-être ? Ginger ne sait plus vraiment comment se percevoir ni même se définir. Elle comprend que ce qu'elle a fait est mal mais éprouve le plus grand mal à culpabiliser. Et c'est ce qui est le plus étrange dans toute cette histoire. La brune éprouve un remord si infime qu'il en est transparent. Coucher avec un homme marié ne devrait pas être écrit dans son cv, pourtant, mais elle a réussi à oublier ce détail si important qu'est la bague que ce dernier avait au doigt pour ne penser qu'au fait que des pensées de moins en moins amicales commençaient à la gagner à son sujet. Oscar n'a pas dit non, non plus. Certes elle s'est montrée de plus en plus directe, mais il aurait pu la repousser. Elle lui en aurait voulu à mort, mais elle aurait compris, au bout d'un moment. Mais ils avaient été deux dans cette bulle coupée du monde la première fois, et les fois d'ensuite. Au fur et à mesure, Ginger avait donc presque zappé le détail du mariage qui pendait au cou de son ami-amant. Chose qui rendait les choses (presque) plus simples. Trop simples, d'ailleurs. D'où sa présence ici. D'où le fait qu'elle a besoin d'extérioriser tout ça pour ne plus avoir à cogiter toute seule sur cette histoire. Son regard, qui s'était détaché de celui d'Eliott pour divaguer au loin, se repose de façon brutale sur lui. « Mais qu'est-ce que j'ai fait ?! », qu'elle balance, comme si son geek préféré était parvenu à lire dans ses pensées. « Je sais que c'est mal et que ce ne sont pas des choses qui se font, c'est... », qu'elle bafouille sans réfléchir. Poussant un soupir, la brune laisse d'abord sa tête venir s'échouer contre l'épaule d'Eliott, avant que son front ne tombe sur les genoux de ce dernier. La tête de plus en plus lourde et encombrée de pensées de la jolie Brooks se met à cogner contre les jambes de son ex petit-ami, alors qu'une supplication désespérée lui échappe. « Il. Faut. Que. Tu. M'aides. Eliott. Green. » Chaque mot s'accompagne d'un maigre coup de front. Jusqu'à ce que, soudain, Ginger cesse tout mouvement. « Est-ce que je t'ai déjà parlé d'un certain Oscar ? », qu'elle le questionne, d'un air détaché, à l'opposé de la voix rauque et presque bouleversée qu'elle vient d'employer à l'instant, le visage toujours appuyé sur les jambes d'Eliott, le privant de deviner tout ce qui chemine dans son esprit à travers son regard bien trop expressif.

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Sam 29 Aoû - 22:01

Ginger. Ginger était près de lui et le reste s’évanouissait. Même si elle interrompait sa nuit, même si elle était soûle et qu’elle se glissait dans sa vie sans invitation pour venir la déranger, l’agiter, la secouer et n’en laisser que des champs de ruines parce que chaque parcelle de sa peau lui rappelait combien il l’aimait encore. Si on lui laissait le champ libre,  c’est un vaccin d’amour qu’il créerait dans son laboratoire. Il rassemblerait tout ce qui fait de Ginger Ginger dans une fiole multicolore et s’injecterait de quoi lutter contre son sourire étincelant, sa personnalité pétillante, ses grands yeux chocolats lumineux et puis son rire, bon sang. Son rire de dinde un peu saccadé qu’il aimait tant. Quand Ginger riait, la terre s’arrêtait de tourner, même le soleil et la lune cessaient leurs activités pour la couver du regard. Mais créer un vaccin contre elle, c’était idiot, contre-productif. Qui souhaiterait être guérie d’elle ? N’importe quoi, une hérésie. C’est aussi débile que rêver d’un jeu qui ne se finirait jamais parce que c’est justement le fait qu’il ait une fin qui rendait accro et forçait les geeks les plus chevronnés à des nuits blanches passionnées. Aimer Ginger faisait peut-être mal en ce moment mais ça restait la plus belle chose qui lui soit jamais arrivée de toute sa vie et ça ne méritait pas de vaccin, non. Ca méritait… de s’y consacrer plus fort encore ! Mais oui, bien sûr, elle était là, la solution, songea un Eliott à moitié réveillé tandis qu’il retrouvait des automatismes surgis du passé. Le lait, le miel, un soupçon de cannelle, une minute dix au micro-ondes et pas plus pour que ça soit tiède et buvable immédiatement – sinon, l’impatiente se brûlait la langue et grimaçait de la plus adorable des façons – tout le ramenait à elle et c’est ainsi que germa l’idée la plus idiote de son existence. Il allait la reconquérir et ça commencerait… et bien demain, il doutait être en mesure de séduire qui que ce soit avec la trace du coussin bardant sa joue et ses réflexes amoindris. Alors qu’il mélangeait le tout, Eliott se demanda pourquoi cette idée brillante ne l’avait pas encore effleuré. C’était exactement ce qu’elle attendait de lui, non ? C’est la raison pour laquelle ils avaient fait l’amour de nombreuses fois après leur séparation, brouillant les limites et c’est surtout la raison pour laquelle elle l’avait quitté en premier lieu. Parce qu’il était trop lui, routinier, simple, banal, gentil quoi. Elle souhaitait un aventurier ? Done, il en deviendrait un. Facile. Enfin, sur le papier mais il réfléchirait aux modalités demain et revisionnerait l’intégralité des James Bond et autres Indiana Jones pour en prendre de la graine. C’est revigoré par ce nouvel objectif de vie qu’Eliott rejoignit Ginger et son baiser innocent contre sa joue lui donna envie de l’embrasser immédiatement. C’est comme si elle avait lu dans ses pensées, n’est-ce pas ? Plus que jamais convaincu qu’elle aussi, ressentait la même chose que lui, il la pressa de lui confier la raison pour laquelle elle voulait lui parler, le cœur au bord des lèvres. Il la sentit gênée, embarrassée et son imaginaire s’emballa de plus belle au rythme de son cœur qui se cabrait comme un chiot surexcité. Et même le regard qu’il crut lire chez Zelda – atterrée par la stupidité de son humain, vraisemblablement – ne parvint pas à le calmer. Ginger s’allongea et Eliott dût user de toute sa concentration pour se contenir et ne pas la presser de cracher le morceau. Voire ne pas lui avouer que lui aussi, la regrettait, chaque jour. Qu’il n’aurait pas cru, qu’il avait pensé que ça irait, qu’il remplacerait une habitude par une autre mais la vérité c’est qu’elle avait été la seule femme de sa vie et qu’il voulait que ça reste comme ça jusqu’à la fin de sa vie, qu’ils vieillissent ensemble, qu’ils deviennent parents de plein de mini Grooks et s’aiment éternellement un peu comme Batman et Robin. Bon, d’accord, Robin était le fils adoptif de Batman mais quand même, quelque chose n’était pas net là-dessous alors sa métaphore était tout à fait acceptable. Ginger finit par lâcher un début de morceau et à l’entendre, il fut tout à fait convaincu : c’était leur rupture, l’erreur dont elle parlait ! Evidemment, quoi d’autre ? Olalalah, son enthousiasme contenu était sur le point de lui déclencher une crise d’asthme, tant il sentait l’oxygène se raréfier dans ses poumons. Eliott se souvint qu’il était nécessaire de respirer à intervalles régulières pour ne pas mourir bêtement avant que la femme de sa vie ait fini sa déclaration et après quelques goulées d’air, il fut de nouveau complètement rétabli. Fébrile, mais plus ou moins alerte. Ginger poursuivit et petit à petit, le message devint moins clair. C’est parce qu’il n’était pas une fille, assurément, elles avaient leurs propres codes et à côté de ça, Enigma était un jeu d’enfant, n’est-ce pas ? Et puis à bien y réfléchir, effectivement, ça ne se faisait pas de refuser la demande en mariage de son petit ami. Ca ne se faisait pas non plus de l’abandonner au profit du strip-tease et ? Et la connexion nerveuse entre ses neurones et le reste de son corps s’interrompit à l’instant où Ginger vint s’échouer contre lui. Son épaule puis ses cuisses ressentirent la délicieuse morsure électrique que procure l’alchimie et quand elle le supplia de l’aider – à quoi restait une question fort pertinente – Eliott vint délicatement caresser ses cheveux tout doux, un peu comme avant. Un avant au goût de paradis, qui redeviendrait sans doute un présent d’ici peu. N’est-ce pas ? « Ginger, c’est pas grave faut pas te mettre dans des états pareils. Une erreur, ça se répare, le plus important c’est de la reconnaître et c’est ce que tu es en train de faire… je crois. » Maintenant, si tu peux le faire plus clairement, ça m’aiderait un peu manqua-t-il ajouter sans oser le faire. A la place, il continua à glisser ses doigts dans ses boucles, jusqu’à atteindre sa nuque et ses épaules qu’il entreprit de masser tout doucement, par crainte de la blesser. Bien sûr, ça c’est ce qu’il croyait parce qu’Eliott avait beau être un grand maladroit doté de deux pieds gauches, la force ne faisait pas partie de ses principales caractéristiques. « Je vais t’aider, tu le sais hein ? » Bien sûr qu’elle ne le savait pas, il ne voulait pas être son ami, il lui avait dit lors de leur dernière conversation. Ca faisait trop mal d’être seulement son ami, il était trop tôt et ce n’était pas naturel. Mais ce n’est pas ce qu’elle souhaitait, il fallait seulement qu’elle aille au bout de sa pensée pour qu’ils redeviennent Ginger et Eliott et plus Ginger et plus loin Eliott. Ginger mentionna Oscar et soudain tout s’écroula. Quelque chose ne collait pas avec le plan et il cessa immédiatement de pianoter le long de sa peau plus douce qu’une pivoine. « Oscar… Le Oscar de l’hôpital ? » tenta-t-il d’une voix blême, déjà pétrie d’inquiétude. Il ne connaissait qu’un Oscar dans tout Fairview et d’un coup, son imagination débordante s’emballa, mais dans une toute autre direction. Il oublia tous les signaux précédents, fit fi de ses aveux précédents pour se concentrer sur son état, et cet Oscar. Et si… et si Ginger était malade ? Pire, mourante ? Et si elle venait de l’apprendre ? Et si elle avait besoin de son aide pour payer un traitement ? Et s’il la perdait pour de bon ? Non, non, non, ça ne pouvait pas arriver. Pas maintenant, pas demain, mais jamais. Ginger ne pouvait pas mourir, en tout cas, pas avant lui, le monde ne pourrait jamais survivre à une telle tragédie. Tuer Ginger, c’était un peu comme éteindre le soleil, ça condamnait le reste du monde et lui en tout premier parce qu’elle était aussi son oxygène. Délicatement, Eliott la saisit par les épaules pour la relever et la fixer de ses grands yeux mouillés d’inquiétude. « Ginger, promets-moi que tu vas pas mourir. » la supplia-t-il de sa voix larmoyante, déjà au bord de l’apoplexie. « T’es malade ? C’est pour ça que tu veux que je t’aide ? » Contrairement à elle, Eliott se révélait bien incapable de faire dans la subtilité ou les faux suspense quand il la voyait lui échapper à cause d’un truc aussi minable qu’un cancer. C’était même pas un vrai méchant, les méchants ont un point faible et les superhéros finissaient toujours par l’exploiter même si tout semblait perdu d’avance. Ils gagnaient, parce qu’ils étaient bons. Mais dans la vraie vie ça n’existe pas tout ça et c’est toujours la mort qui remporte la manche. Pas cette fois. Eliott ne la laisserait jamais partir, même si pour ce faire il devait l’arracher aux bras de la faucheuse. Il le ferait !

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Ginger Brooks

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Dim 20 Sep - 14:18

D'habitude, Ginger se concentre quand elle a envie. Si vous tombez sur un jour ou un moment où la strip-teaseuse s'est mise dans la tête que ce vous direz rentrera par une oreille et sortira par l'autre, il faudra repasser. La brune a toujours été ainsi, à vouloir sans arrêt n'en faire qu'à sa tête. Les instants où elle a le plus grand mal à garder les pieds sur terre, aussi, et comme beaucoup de monde, c'est quand dans son sang coule quelques grammes d'alcool qui n'ont pas encore décidé de disparaître de son organisme. Malgré ses dires, elle ne l'a jamais très bien tenu. Samuel lui a déjà fait la remarque un million de fois, qu'importe. Ginger boit, consomme, abuse à outrance, jusqu'à ce que rire devienne son moyen de communication préféré. Alors, quand le caractère singulier de la belle rencontre le verre de trop, sa concentration atteint un niveau encore plus en deçà de ce que l'on peut espérer d'elle. Un moindre geste et « pouf », il ne reste plus grand chose d'elle. Alors, au beau milieu de la nuit, il ne faut pas longtemps à Ginger pour perdre le peu de pensées sensées qu'elle pouvait avoir lorsque les mains d'Eliott viennent se déposer contre ses épaules. Dans un geste naturel, sa tête se penche en arrière et il ne lui reste plus qu'à savourer. Elle oublie de façon instantané que ce qu'elle vient de lui dire juste avant peut prêter à confusion, elle met de côté ce qu'elle a dans la tête pour seulement profiter de l'instant présent. Fermant ses yeux de biche pour se laisser transporter au loin, Ginger n'est plus capable que de répondre des « hum, hum » évasifs aux dires d'Eliott. Un « Ne t'arrête surtout pas... » rauque s'évade de ses lèvres quand elle sent que les paumes du jeune homme se font moins présentes contre son épiderme, juste pour l'assurer un peu dans sa démarche. Ce n'est pas le moment d'arrê... Trop tard. Soudain, le contact se rompt et Ginger se voit contrainte de revenir sur la terre ferme. Le doux prénom d'Oscar vient se longer dans son oreille, le temps qu'Eliott l'oblige à le regarder dans les yeux. Un sourire amusé vient tordre ses jolies lèvres, avant qu'elle ne vienne appuyer sa tête contre le dossier près d'elle. « Tu sais que t'es aussi trognon que Zelda quand tu t'inquiètes, Eliott ? », que Ginger lui lance d'une voix provocatrice, avant de se rehausser comme elle le peut. Sa peau réclame déjà les mains expérimentées du geek à l'endroit exact où elles s'étaient posées quelques minutes auparavant. Jusqu'à ce que la brune tourne un air consterné en direction de son ex petit-ami. Est-ce qu'il vient de dire... « Mourir ? Mais pourquoi est-ce que tu veux que je meurs ? » Secouant la tête, la strip-teaseuse laisse courir ses doigts contre ses tympans et les contracte un instant. Elle ne comprend pas ce qui a pu lui faire penser à une telle chose. La belle a beau essayé de faire converger toutes ses pensées vers une réflexion logique et globale, ça ne veut pas. La seule chose qu'elle peut faire, c'est contredire immédiatement Eliott avant qu'il ne commence à se faire des idées. Et dans l'état où elle est, aller droit au but sera déjà un exploit. « Non, c'est pas ça, pas ça du tout, c'est juste qu'Oscar a une femme et des enfants », qu'elle débute alors qu'un sourire inconscient s'étale sur son visage. « Et que je couche avec lui. » Un grand soupir lui échappe, comme si ce secret attendait d'être révélé depuis un bon bout de temps. Ce qui s'avère un peu vrai, lorsqu'on y pense. Cela fait des mois que la demoiselle voit de façon plus ou moins régulière le père de famille. Elle l'invite, ils prennent quelques verres, discutent un peu, avant qu'elle ne s'amuse de voir ses joues rougir (à cause d'elle ou du vin ? son côté prétentieux lui interdit la question) et ne croise ses doigts aux siens. Une situation intolérable quand on sait que le docteur Noble a une magnifique femme qui l'attend à la maison, ainsi que des bambins sans doute en train de réclamer leur histoire du soir. Ginger ne mesure pas le ton qu'elle vient d'employer pour annoncer ça à Eliott, ni même la 'gravité' de la situation. C'est pour cette raison qu'elle est ici, avec lui, dans sa maison, en présence de son chat même, pour qu'enfin on lui ouvre les yeux. Ce qui est peut-être signe qu'il reste un peu d'humanité chez la jolie Brooks. Elle n'en a d'ailleurs pas soufflé mot à ses frères, ou pire encore ses parents, car ils n'auraient pas compris. Si quelque chose à comprendre il y avait. « Je vais pas mourir », qu'elle ricane bêtement. Secouant la tête, elle cherche du regard le petit animal qu'elle avait dans les bras un peu plus tôt. Elle se fiche de savoir si Zelda est endormie ou non, tout ce qu'elle désire c'est que la boule de poils se mette à rire avec elle de l'énorme connerie qui vient de passer les lèvres du propriétaire des lieux. « T'entends ce qu'il me dit, Zelda ? », qu'elle l'interpelle, son rire aiguë repoussant sans mal le silence qui s'est imposé après son aveu. Enfantine, elle reporte toute sa maigre attention sur le geek près d'elle. Son sourire perd un peu de sa fraîcheur lorsqu'elle remarque que le jeune homme ne plaisante pas en sa compagnie. Fronçant les sourcils, la strip-teaseuse se débrouille pour venir déposer son menton contre son épaule, tandis que son regard s'échoue sur les traits de son visage fatigué. Quelques secondes passent, bien trop longues au goût de la brune pour qu'elle ne cherche pas à sortir son ex petit-ami de sa torpeur. « Eliott, j'vais pas mourir, t'as entendu ? », qu'elle pouffe dans un murmure, près de son oreille, alors que sa main douce cherche à attirer son attention en venant dessiner du bout du doigt de petits cercles sur sa joue.

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Mar 3 Nov - 11:52

Le visage livide, ravagé par l’inquiétude, Eliott fixait Ginger de ses yeux de hibou, grands comme des soucoupes. Ils clignaient de façon compulsive, avec l’espoir secret que chaque battement de cil chasserait le cancer qui rongeait Ginger. Et elle, elle se marrait, de son adorable voix de crécerelle. Elle feignait l’insouciance – pour le préserver, sans doute – mais ça ne fonctionnait pas. Pas du tout. Là où elle le trouvait trognon, Eliott se qualifierait de mort de peur, à deux doigts d’être flingué par un cœur en désharmonie la plus totale. Il battait avec une démesure folle, affolé par la perspective de la perdre définitivement alors qu’il imaginait juste l’avoir (presque) retrouvée. Les seconds prirent des airs d’éternité et la réponse de Ginger ne le laissa que plus interdit encore, incapable de comprendre, de réagir, de réaliser sa monumentale erreur. Eliott était aux prises de la plus violente montagne russe émotionnelle de son existence et aucun mécanisme d’urgence ne l’autorisait à en sortir. Il sentit la nausée de la brusque remontée venir chatouiller ses entrailles mais n’en fit pas cas : il remontait, c’était l’essentiel. Peu importe la vitesse beaucoup trop élevée qui le baladait, il remontait. Ginger ne mourrait pas. Ou… ou alors elle tenait à le rassurer, le préserver ? Incapable de discerner le vrai du faux, Eliott passa une énième main gênée dans sa nuque et contempla Ginger comme un élève perdu fixerait son professeur. En la suppliant intérieurement de lui venir en aide, parce qu’il ne comprenait plus rien à rien. « MAIS PARCE QUE TU ES MALADE !!! » finit-il par croasser un peu plus brusquement que prévu, hébété. « C’est ça que t’essayes de me dire depuis tout à l’heure avec Oscar de l’hôpital… » Sa voix chevrotante s’évanouissait davantage à chaque mot pour redevenir ce filet naturellement larmoyant qu’on lui connaissait. Tout à Ginger, Eliott oublia de respirer dans l’attente de sa réponse et sentit ses poumons comprimés appeler au secours. Il prit une profonde bouffée d’oxygène, se donnant l’air d’un poisson hors de l’eau, et la suite manqua le faire tourner de l’œil sous la plus abyssale des descentes. Il ne saurait dire ce qui était pire : son sourire, ses mots, son insouciance, son incapacité totale à réaliser combien ça pouvait lui faire mal ? Eliott eut à nouveau le souffle coupé et s’écarta d’elle, inconsciemment. Il recula sur le sofa, comme si leur proximité lui était douloureuse et accusa le choc. Difficilement. Les lèvres de Ginger s’agitaient, il les voyait se mouvoir et danser dans un spectacle ensorcelant qui aurait du l’hypnotiser mais il n’entendait rien. Il n’entendait rien de ses mots parce qu’une bombe nucléaire venait d’exploser au cœur de son cerveau et tout en lui était occupé à éteindre l’incendie. Mais une telle arme, c’est dangereux, c’est perfide. Ca explose en détruisant tout sur des kilomètres à la ronde mais ensuite, juste quand on pense qu’on a échappé au pire, le souffle nous percute et crame tout ce qui pouvait être sauvé. Tout. Et tout ce qui a été touché reste souillé pour les siècles à venir. C’est ce que vivait Eliott, en accéléré. L’explosion irradia complètement son cerveau, le rendant inapte à la moindre réaction, au plus petit geste et le souffle continuait sa déflagration, avançant pour incinérer son cœur et faire brûler le sang dans ses veines. Ca ne devait plus faire si mal. Il devrait être habitué, à ce que Ginger pût vivre d’autres histoires, sans lui, après lui. Bien sûr, que c’était normal. Mais lui, venait de chuter de mille étages et il était difficile de réfléchir avec des organes dispersés partout sur le goudron fumant. Il y avait cru, bêtement. Il avait lu des signes là où il n’y avait rien et maintenant, tout faisait mal. Tout. Son sourire qui le narguait, pour commencer, ses doigts qu’il sentait difficilement courir sur sa joue ankylosée. De longues minutes s’échappèrent encore avant qu’il ne put rétorquer quelque chose, n’importe quoi. Doucement, aussi doucement que son chagrin le lui permettait, Eliott attrapa le poignet de Ginger pour le laisser retomber loin de lui, loin de sa peau. « Je…je sais pas quoi te dire. » débuta-t-il mollement en haussant les épaules, toujours hagard. Jamais un aveu d’impuissance n’avait autant pué la détresse et Eliott n’essayait pas de s’en cacher. Il ne savait pas faire, cacher, dissimuler, mentir et prétendre, il était trop maladroit pour ça, trop peu doué en rhétorique. Il se passa nerveusement une main contre son visage blême, tenta de frotter ses yeux humides pour les empêcher de pleurer comme un idiot et se recentra sur Ginger, si belle, si lumineuse, si… dangereuse. Elle était son point faible, son arme létale et pour la première fois, lorsqu’il releva ses prunelles mouillées sur ses traits à la perfection douloureuse, Eliott se la figura non pas comme un ange, une fée ou tous ces êtres adorables auxquels il la comparait toujours mais comme une succube. Un être malveillant derrière une apparence enchanteresse pour laquelle tous tombaient. « Tu sais ce que je croyais avant que tu parles du médecin ? Que tu venais pour nous. Que t’avais bu parce qu’on te manquait, je te manquais ! Que ce que tu regrettais, c’était d’être partie, pas de t’envoyer en l’air avec un mec marié !!! » Sa voix couinait comme un vieux disque rayé et Eliott dansait sur le fil du rasoir, entre souffrance et colère. Il refusait de déverser toute sa frustration, toute sa tristesse sur Ginger mais ne savait jusqu’à quel point il pourrait retenir le molosse qui aboyait dans ses entrailles désintégrées. Incapable de rester aussi près d’elle sans exploser, Eliott se leva brusquement, désarticulé sur ses grandes jambes et se mit à faire les cent pas devant la télé, comme un lion en cage. Normalement, il se montrait calme, serein, tranquille, tout coulait sur lui parce qu’il s’était endurci très jeune, en perdant son papa. Mais pas ce soir. Parce que ce soir, il était monté haut, si haut – certes, seul – que la chute ne pouvait intervenir sans heurts, sans douleur, sans rancœur. « Je comprends pas ce que t’es venue chercher ici Ginger. » Il avait beau réfléchir, tourner et retourner le problème dans tous les sens, Eliott ne comprenait pas dans quel monde il était de bon ton de parler de ses parties de baise avec un homme marié à son ex petit ami. Qui vous aimait encore. « T’as pas des copines à qui parler de ça ? J’suis vraiment obligé de subir ça ? Tu crois que j’ai envie d’entendre parler de tes histoires de… DE CUL ? » Eliott détestait parler vulgairement, il eut du mal à dégager le mot ‘cul’ d’entre ses lèvres mais lorsque ce fut fait, il le cracha. « Tu sais que c’est pas bien, de coucher avec un mec marié, tu le sais pertinemment sinon t’aurais pas eu besoin de boire pour l’avouer. Alors t’attends quoi ? Que je te rassure ? Que je te trouve des excuses ? Que je te dise que ça ne fait rien ? » Il croisa les bras contre son torse noueux, malingre, et la regarda autrement, dénué de sa dévotion habituelle. « Tu sais que c’est mal et tu continues quand même, j’peux rien pour toi. On est pas pareils. » soupira-t-il, déçu envers lui-même de se montrer aussi dur. Mais il avait mal, Eliott, et il était agacé d’être relégué au rang de bonne copine de Ginger alors que lui la maintenait encore et toujours sur son piédestal, haut, très haut, bien plus haut que n’importe quelle autre fille qu’il ne regardait même pas. « Rentre chez toi, Ginge. » murmura Eliott sans la regarder avant d’attraper son propre manteau pour la raccompagner. Il n’allait certainement pas la laisser rentrer seule en pleine nuit. Mais elle était soûle, il ne lui serait d’aucune aide et demain, elle serait bien heureuse d’être dans son propre lit au lieu d’un autre. Comme elle ne bougeait pas d’un pouce, Eliott pesta dans sa barbe inexistante mais, bon gré, mal gré, revint s’agenouiller près d’elle pour l’aider à enfiler ses escarpins bien vite jetés. Alors qu’il soulevait sa cheville, fine et terriblement jolie, il eut le malheur de lever son visage de grand niais sur elle et de se retrouver encore une fois frappé, ensorcelé, attendri par ses traits enfantins et brouillés par le chagrin qu’il lui causait. « Ca va, me regarde pas comme ça tu peux rester ici… je dormirai sur le canapé.. » Et il ôta délicatement les escarpins qu’il venait de l’aider à enfiler. Sans le savoir, Ginger le mettait à terre, quoi qu’elle fasse. Et il était bien incapable de lutter contre tout ce qu’elle dégageait et qui l’atteignait toujours en plein cœur. Aussi, alors que Ginger semblait lutter contre le sommeil et qu’il envisageait de la porter jusqu’à son lit pour lui assurer un sommeil confortable malgré le fait que lui, ne le trouverait sans doute pas, Eliott s’appuya contre le sofa, toujours au sol, et osa dire ce qui vrillait réellement son cœur. « Tu peux pas me dire des trucs comme ça, Ginger. Tu peux pas parce que je t’aime et ça me fait mal que t’en aimes d’autres. » Sa voix de chien battu lui donnait un air de gosse pitoyable et Eliott pria tous les dieux de la création dont le boss ultime de Nintendo (son dieu à lui) décédé il y a peu pour qu’elle dorme déjà. Pitié pitié pitié... mais est-ce qu'Eliott était un homme chanceux ? Non, pas vraiment.

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Sam 28 Nov - 14:38

Les doigts de Ginger continuent à s'amuser. Ils caressent avec une douceur infinie la joue mal rasée d'Eliott, détendent ses traits absents. Ils tracent leur petite route, ici et là, alors que ses lèvres livrent leur plus beau sourire. La strip-teaseuse est un peu ailleurs, à mille lieux de réaliser ce qu'elle vient de dire, préférant se demander si, en tant qu'amie, elle a le droit de faire ça. D'être aussi proche, d'avoir envie d'être aussi proche. C'est Eliott qui lui donne la réponse. Lorsque ses doigts se saisissent de son poignet pour éloigner sa main affectueuse, et que le regard de la jeune femme s'attarde sur le visage du propriétaire de l'Arcadian. Il marmonne quelque chose que la brune peine à remettre en ordre, alors qu'il met des millions d'années à la regarder. Elle veut savoir ce qui se passe, ce qui lui fait du mal comme ça, qui lui cause ce malheur qui la percute lorsqu'il s'exécute enfin. « Eliott... », murmure-t-elle, l'envie de le prendre dans ses bras la submergeant. Mais elle n'a pas le temps. D'abord parce que les mots du jeune homme déferlent soudain sur elle comme le pire des tsunamis, d'une violence inouïe et jamais atteinte auparavant, puis parce qu'il préfère sans doute se tenir le plus loin d'elle possible en se levant. Ébranlée, Ginger est incapable de rétorquer quoi que ce soit. Le lait à la cannelle supposé l'aider à dessoûler n'aurait jamais pu être plus efficace que les paroles d'Eliott. Et le pire, c'est qu'il ne s'arrête plus. Le geek balance, écorche, fait sursauter le coeur de la brune qui ne cesse de s'affoler. Mais qu'est-ce qui se passe ? D'habitude... D'habitude Eliott ne crie pas, il ne sait pas faire ça, il n'est pas brusque, il ne s'amuse pas à l'écraser entre les remords et la culpabilité, il... Ou peut-être que Ginger en prend juste conscience ce soir. Elle n'a jamais compris avant mais tout ce que martèle son ancien petit-ami de cette voix dure et franche qu'elle ne lui reconnaît pas tente d'allumer la lumière sur la situation. « Mais-Mais Eliott, arrête... », que Ginger esquisse d'une petite voix mal-assurée. Désormais assise bien droite sur le canapé, elle subit la sentence de ses actes sans broncher. Elle n'est pas prête à bouger d'un pouce. Elle restera là, contre vents et marées, elle s'érigera en mur invincible à l'égard de toute tentative de la faire partir. La strip-teaseuse sent que c'est ce qu'il veut, elle sait qu'Eliott préfèrerait soudain la savoir ailleurs qu'ici, près de lui. Bien trop près de lui, et ça ne loupe pas. Secouant la tête, Ginger n'ose pas le suivre du regard alors qu'il s'aventure à récupérer et enfiler son propre manteau au loin. Le regard vissé sur ses petits pieds qu'elle bouge nerveusement à quelques centimètres du sol, elle n'obéit pas, petite fille au tempérament toujours aussi bornée qu'elle est. « Non, je veux pas... », qu'elle ose même rétorquer dans sa barbe, bien qu'Eliott n'ait pas pu l'entendre de là où il est. La jeune femme est certaine qu'elle n'a jamais mis autant de volonté à contrer une supplique d'Eliott. Ce n'est pas juste pour lui, comme toujours, mais Ginger ne se voit partir. Pas quand il est comme ça, pas quand elle entend ses propres battements de coeur s'affoler face à un Eliott qui ne la supporte plus. Une nouvelle sueur froide (la troisième ou quatrième depuis le coup d'éclat d'Eliott) la fait redescendre un peu de la sensation haut-perchée qui l'habite. Ginger n'est plus soulevée par de petits anges pour frôler le sol, comme lorsqu'elle est arrivée ici, ces derniers viennent de la laisser s'écraser sans demander leur reste. Et la chute est aussi douloureuse qu'elle n'est difficile à suivre. Soudain, Eliott s'abaisse devant elle. Les lèvres serrées, le regard rivé sur son visage, la jeune femme retient sa respiration. Elle le supplie intérieurement de ne pas faire ça, de la laisser rester encore un peu, juste un peu, au moins le temps qu'il se soit calmé. La condamnée garde les épaules basses, jusqu'à ce que ses essais pour le faire changer d'avis, qu'elle commençait à penser infructueux, ne fonctionnent comme par miracle. Ginger courbe malgré elle le pied, juste pour l'aider à enlever au plus vite ces chaussures qui devaient la mener vers la sortie. Elle manque secouer la tête mais se retient : on s'en contre-fout, du canapé, Eliott, c'est pas important. Sauf que par « important », Ginger n'envisageait pas la suite. Ni l'attitude redevenue calme, apaisée, et donc plus rassurante du point de vue de la brune, d'Eliott, ni ses mots. À l'entente de ces derniers, Ginger reste un instant indécise. Qu'est-ce qu'elle doit faire ? Qu'est-ce que... La brune ouvre doucement la bouche. La réflexion, c'est pas son truc, et elle sent que, malgré sa bonne volonté troublée par l'infime sensation d'être alcoolisée qui l'habite encore après tout ça, ce n'est pas ce soir qu'elle prouvera le contraire. « Han » est la seule chose qui parvient à sortir, alors que son petit poing droit, maladroit et déterminé à le secouer à la fois, s'écrase sur l'épaule d'Eliott. Tiens, prends ça, espèce d'idiot. Avant qu'il n'ait pu réagir à cette attaque injustifiée, Ginger se met sur ses pieds. Elle s'entrave à cause de ses escarpins qui sont toujours au mauvais endroit au mauvais moment, se saisit à la volée de son bol de lait, avant de faire le tour de la petite table basse qui se trouve devant Eliott, et de s'accroupir derrière cette dernière pour lui faire face. Elle ne sait pas pourquoi elle a pris son lait à la cannelle, c'est stupide, il ne sert plus à grand chose, alors elle le dépose sur la surface en bois devant elle et relève son regard dans celui du geek. Elle le fixe, le dévisage, l'observe. Elle le confronte sans surplus, sans sourire, sans un mot. Comme à la fois fascinée et dépassée pas ce qui se passe. Encore plus que d'habitude. Encore plus que quand elle est sobre. Encore plus que lorsqu'elle a quitté le restaurant. Ginger le fixe de ses deux billes couleur chocolat sans aucune envie de les détourner de si tôt. Ses prunelles s'affairent encore et encore à détailler les traits épuisés d'Eliott, autant par le poids de la fatigue que par le poids de sa présence. C'est épuisant, d'être proche de Ginger. C'est éreintant d'essayer de la suivre, de tout entendre, de comprendre où elle veut bien en venir. Même ses frères n'en peuvent plus, parfois. Ben surtout. Il est un peu comme Eliott, si différent de ce qu'ils peuvent être, elle ou Travis. Calme, réfléchi, doux. L'inverse d'un tempérament éreintant, détonnant comme le sien. Ginger sait tout ça. Mais ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle a droit de répondre à tout ce qu'Eliott vient de dire. Ou du moins essayer d'y répondre, car tout est encore frais et continue de dévorer son coeur d'une douleur qu'elle méconnaît. Est-ce que lui, il ressent souvent cette sensation de vide au coeur de sa poitrine ? C'est ça qu'il éprouve à chaque fois qu'elle fait une erreur ? « Je ne l'aime pas », qu'elle assène, de la façon la plus sérieuse qu'il a jamais pu expérimenter en sa présence. Peut-être que l'heure tardive la pousse en ce sens. Dans tous les cas, que Green s'ancre ça dans le crâne et arrête d'inventer n'importe quoi, parce qu'elle se promet que si elle doit le répéter une nouvelle fois, ce ne sera pas dans une ambiance aussi maîtrisée. Oscar est un ami... avec ce petit truc en plus qu'elle ne peut pas expliquer. Elle demandait, demande encore par moment, de l'attention, et il est là. Dans les bons comme dans les mauvais moment, il ne rejette pas sa présence. Puis il y a le désir. Ginger a bien essayé de résister, mais n'était-elle pas supposée laisser Eliott construire une autre vie, même si c'était la décision la plus difficile de sa vie ? Malgré elle, elle a retrouvé dans le désir d'Oscar celui que pouvait avoir pour elle le propriétaire de l'Arcadian, avant. Un vrai désir. Pas celui éphémère que son regard croise dans la foule d'inconnus au Whiskey Blue Bar, un désir avec un petit truc en plus. Une attache, un lien. Quelque chose d'indescriptible qui a poussé Ginger à se montrer plus entreprenantes qu'avec ses autres amis... « Mais bon, le grand spécialiste de l'amour, c'est toi. Moi j'y connais rien, je suis partie. » Son regard ne souffle plus qu'une chose : pas vrai ? C'est comme ça que les choses se sont passées, on ne peut pas les rectifier, on ne peut pas aimer différemment, on ne peut pas déroger à la règle et aimer quand même ? N'est-ce pas Monsieur Green ? « La seule façon que j'avais de te prouver que tu me manquais tu me l'as enlevée. Tu voulais qu'on... parce que je nous faisais du mal, je te faisais du mal... » Le reproche semble facile, dégueulasse en dépit de ce qu'elle a fait elle, mais pourtant si vrai. Ginger, elle a toujours prouvé son affection par les gestes. Même plus que l'affection : l'amour, la colère, la déception, tout le reste. Tout passe pas son visage expressif ou par ses actes décisifs. Ce n'était pas rien quand elle venait le voir pour pouvoir se perdre une nouvelle fois au creux de ses bras, plusieurs heures, toute une nuit, avant, certes, de repartir. Souffler ce chaud et ce froid n'a pas été situation aisée pour elle non plus, mais elle en avait besoin. La jeune femme avait sa manière à elle d'évoquer le manque de sa présence, l'absence de ses attentions ou la perte de leur vie. Seulement, Ginger a vite compris que toutes ces choses, elle ne pouvait se blâmer qu'elle-même de se les être arrachées. Toujours en proie à ces incertitudes complexes qui rythment son existence, mais aussi toujours rappelées à l'ordre pas une conviction maladive : il ne faut pas revenir en arrière. Et ce sont ces tiraillements qui privent parfois Ginger de ce qui peut être bon pour elle. « Et t'as-t'as eu raison », qu'elle admet alors, d'une petite voix moins dure, qui s'adapte tellement mieux à ce qu'elle avoue pour la première fois. Eliott a eu raison de mettre un terme à tout ça, parce qu'elle n'aurait peut-être jamais eu la force ni le courage de le faire. Posant ses coudes sur la table basse, la strip-teaseuse se rehausse, délie ses jambes croisées avant de venir s'asseoir sur ses talons. Comme ça, elle est plus à l'aise... Ou peut-être cherche-t-elle à gagner du temps. Légèrement penchée sur la table, la brune accroche le regard d'Eliott au sien. Elle sent qu'une légère amertume la gagne, après tout ce qu'il a dit, et qu'elle a besoin de la laisser sortir, bien que cela signe possiblement l'arrêt de son self-control apparent. « Tu veux que je te dise ? On est pas si différent, même si ça t'embête. Déjà, c'est super pas juste d'entendre que ce qu'on a envie d'entendre. Puis on se trompe quand on fait ça. C'est interdit même. J'ai pas dit que je l'aimais. Je suis peut-être pas la plus douée pour ce genre de choses mais après tout ce qu'on a vécu, je pense être capable de savoir ce qui se passe dans ma tête à ce niveau-là. Enfin je crois. E-Et tu sais ce qui est interdit aussi ? De dire n'importe quoi. Et tu dis n'importe quoi. Tu parles trop vite et tu prends pas le temps de réfléchir aux bêtises que tu peux sortir. Et d'habitude on le fait à qui ce reproche ? Hein ? » C'est exactement ce qu'il vient de faire en supposant des choses fausses. Poussant un soupir agacé, la strip-teaseuse détourne bien vite le regard pour éviter que le geek n'y lise trop aisément tout ce qui passe par la tête de l'aînée Brooks. « J'ai cru que si je faisais ça, j'arriverais à oublier le seul- », qu'elle tente de poursuivre, mais s'impose le silence d'elle-même. « Ce-C'est bête. » Très bête même, mais Oscar ne l'a pas aidé à faire marche-arrière non plus. « Et ça marche même pas. » Un mince sourire détruit tente de se frayer un chemin sur ses jolies lèvres, avant qu'elle ne poursuive ses dires, plus pour elle-même que pour Eliott, comme perdue dans ses pensées. D'ailleurs, elle entend ce qu'elle va dire comme si ce n'était que dans sa tête et pas à la portée des personnes dans cette pièce, ni Eliott, ni Zelda. « Si je te disais qu'il n'y en a qu'un que j'ai réussi à-à aimer et que je n'arrive pas à me le sortir de la tête, tu ne me croirais pas, alors je vais pas le dire. » Se redressant, Ginger entreprend de se saisir de son bol, dorénavant gelé. L'air de rien, elle accorde un dernier mot à Eliott, alors que sa tête commence déjà à tourner de se préparer à l'initiation d'un mouvement pour se remettre debout. « Tu vois, ça sert à rien d'interpréter les choses, tu t'y prends comme un pied. » Une fois sa conclusion faite, la strip-teaseuse aimerait sourire en douceur au propriétaire des lieux, pour tout effacer comme elle sait si bien le faire, mais rien ne vient. Ginger ne sait plus vraiment comment agir, réagir, quoi penser ou quoi rétorquer, sans doute éprouvée pour une bonne partie de la nuit encore, alors elle choisir le meilleur moyen à ses yeux pour se sortir de l'impasse (le seul qu'elle connaisse...) : la fuite. « ...euh, je... je... je vais aller réchauffer ça... » Le bol entre ses deux mains aussi alertes qu'elles le peuvent après un tel moment, la strip-teaseuse réussit enfin à remettre sur ses deux jambes et quitte au plus vite le champ de vision d'Eliott, qui lui apparaît soudain beaucoup trop restreint à sa personne.

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Tried to keep you close to me, But life got in between Tried to square not being there But think that I should've been Once upon a different life We rode our bikes into the sky But now we're caught against the tide Those distant days all flashing by @James Bay, hold back the river.
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Eliott Green

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Dim 24 Jan - 18:01

Ca y'est, la bombe était lancée et Eliott retenait son souffle comme un condamné sur l'échafaud. C'était idiot pourtant, car sa confession n'avait rien d'un réel aveu : dans quel monde son amour pour Ginger était-il un secret ? Il n'aimait qu'elle, n'avait connu qu'elle, ne vivait, ne respirait que pour elle. Il était mordu à Ginger, camé à elle comme d'autres au chocolat ou à la cocaïne. Eliott n'exagérait pas, elle était une réelle addiction, apportant avec elle son lot d'espoirs, d'extases et de cruelles désillusions. Il faisait des indigestions d'elle à s'en faire exploser le coeur pour le lendemain se promettre de ne plus jamais y toucher, de ne pas y penser, de l'oublier. Mais c'était impossible car Ginger ne s'oubliait pas ainsi. Elle était tatouée partout sur sa peau, en plaies ouvertes qui cicatrisaient parfois pour mieux se rouvrir les soirs de peine. Et pourtant, malgré la limpidité de ses sentiments, Eliott se sentait démuni, étrangement mis à nu, dans l'expectative. Car contrairement à lui, elle était passée à autre chose, à d'autres lits, dans d'autres bras et il n'était pas certain d'être prêt à lui dire adieu pour de bon. C'est ce qu'elle allait faire avec sa franchise alcoolisée, lui rappeler leurs chemins divergents, leurs envies contraires et lui expliquer gentiment, comme on narrerait une jolie histoire à un marmot, que les premiers amours ne rimaient pas avec toujours et c'était ce qui les rendaient aussi jolis. Eliott ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas entendre parler de changement, d'évolution, de tous ces mots à la con qui ne lui correspondaient pas du tout. Il ne voulait pas changer ou évoluer, pas quand sa vie toute simple se montrait aussi douce avec lui, pas quand il avait tout trouvé avant l'âge, défiant les règles du jeu de l'existence. Le métier idéal, la fille de ses rêves, la bande de copains parfaite. Tout était là, tout était parfaitement en place alors pourquoi tout balayer ? Il ne croyait pas aux dates de péremption, ni pour l'amitié, ni pour l'amour et Ginger il l'aimait chaque jour davantage, pas moins. Mais Eliott se faisait du mouron pour rien, comme souvent, car sa belle ne prononça qu'un "han" fort peu éloquent qui le fit tressaillir, pétri de doutes. Il y avait quelque chose de terriblement déstabilisant chez Ginger avec lequel il ne savait pas composer. Elle l'intimidait. Même après toutes ces années, elle continuait à le désarmer en permanence, continuellement, comme la petite fille adorable et raillée qui l'invitait à jouer dans son terrain vague sans réaliser que les autres ne vivaient pas comme elle. C'était ça, qui l'avait séduit en tout premier : Ginger possédait un univers propre. Elle ne faisait rien comme les autres et ne ressentait jamais le besoin de se justifier. Tant pis si les autres jugeaient, se moquaient ou l'ignoraient, même enfant elle avait cette force de caractère, cette lumière singulière qui jamais ne s'éteindrait et attirait à elle tous ceux qui la côtoyaient de trop près. Et Eliott, lui, était bien connu pour virevolter autour d'elle comme un papillon, inconscient qu'il allait finir consumé. Assis sur le canapé, lui tournant plus ou moins le dos, il demeura droit comme un i, tendu et alerte et ne put s'empêcher de tressaillir en l'entendant préciser qu'elle ne l'aimait pas. Partagé entre cet infime soulagement et la pointe de colère qu'elle faisait de nouveau naître en lui, Eliott se tut, pinçant ses lèvres pour s'empêcher de se déverser de nouveau. Il détestait la blesser, l'idée même lui était insupportable mais il était aussi fatigué de se taire, fatigué de subir, de la laisser pénétrer dans son univers comme une tornade, le ravager et puis se faire aussi fuyante que l'eau sans s'inquiéter des ruines fumantes qu'elle semait partout derrière elle. Ce dont il ne serait jamais éreinté en revanche, c'était de l'aimer.  « Ça change rien. » bougonna-t-il de sa voix plaintive, campant sur ses positions. Non, qu'elle aimât ou pas cet homme ne changeait rien au fait que ce médecin, ce n'était pas lui. Mais en réalité... Ca changeait bien des choses. C'est ce qu'il réalisa brutalement, comme piqué par une guêpe. Alors Eliott se retourna pour faire face à la beauté douloureuse de Ginger, incapable de fixer son visage sans fondre. Alors il accrocha du regard un tableau d'Andy Warhol qui trônait sur le mur derrière elle pour avoir le courage d'expliquer son point de vue. Calmement, sans brusquerie ou auto-apitoiement inutile... enfin, autant que faire se peut. « En fait, Ginge, c'est pire. Je crois que je préférerais que tu l'aimes parce que ça excuserait au moins un peu ton comportement... Tu... enfin je sais pas mais tu réalises que tu fais n'importe quoi ? Tu couches avec un homme marié, p'têtre même qu'il a des gosses ou pas mais même. Tu prends le risque de faire souffrir des gens qui n'ont rien demandé et c'est même pas par amour. C'est pour... c'est pourquoi ? Ton propre plaisir ? Mais bon sang, Ginger qu'est-ce qui te prend ? J'ai l'impression que-que je te connais plus. » Et ça faisait mal. Mal à dire, mal à penser mais le constat, brûlant, ne se dissipait pas. La Ginger qu'il connaissait, elle n'aurait jamais été aussi égoïste, elle n'aurait jamais fricoté avec des hommes déjà pris si ce n'était pas par passion, une passion brûlante et chevaleresque qui excusait tout. Eliott détestait se montrer aussi accusateur, il n'aimait pas juger et pointer du doigt mais ce n'était pas sa faute, il se plaçait toujours du côté des victimes et des laissés pour compte car ce rôle était le sien. Il s'avérait bien incapable de mal agir, la droiture était inscrite dans son ADN au moins autant que son absence de virilité et sa maladresse. Et voir Ginger se perdre ainsi, perdre un peu de ce qui la rendait aussi jolie et parfaite à ses yeux, l'attristait plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Alors il essaya de la secouer, de la réveiller, de la ramener vers lui ou au moins vers elle. Eliott ne voulait pas entendre qu'elle était ainsi, maintenant, insouciante à tout même à la souffrance des autres parce qu'il ne pouvait aimer une fille pareille. Et il l'aimait, de ça il en était persuadé. Alors s'il était fou d'elle, c'est que sa Gigi était toujours là, quelque part. Il fallait juste lui prendre la main et l'aider à retrouver pied. Mais c'était difficile : Eliott n'était pas éloquent, ne l'avait jamais été et ne le deviendrait jamais. Il s'emmêlait avec les mots comme d'autres se prendraient les pieds dans un tapis et la confusion de ses sentiments rendait l'exercice plus périlleux encore. Il ne rétorqua rien au reproche voilé de Ginger, qu'il ne comprit qu'à moitié. Oui, elle était partie mais il l'en blâmait le moins possible. Il comprenait. Il comprenait qu'il ne lui apporterait jamais ce qu'elle désirait, ce grain de folie qu'un jour elle a décidé de vouloir plus que tout, plus que lui, plus que leur vie et leur passé. Il n'était pas aventureux et imprévisible, il aurait pu essayer de l'être pour elle si elle lui en avait laissé la chance mais à vrai dire, c'était voué à l'échec : se travestir ne fonctionnait qu'un temps. Après tout à ses yeux, sa demande en mariage avait été de ces actes qu'il imaginait audacieux et jamais il n'avait eu aussi tort de toute son existence. Ginger évoqua sa façon singulière de lui prouver qu'il lui manquait et Eliott sentit ses joues s'empourprer immédiatement alors qu'il tentait plus ou moins d'éviter son regard. Parce que s'il croisait le sien, elle y lirait combien ça lui coûtait aussi, cette distance. Elle était nécessaire, mais le désir qu'il éprouvait pour elle ne tarissait pas, jamais. Seulement, ce n'était pas qu'un vulgaire désir, c'était de l'amour et se sentir renaître entre ses cuisses n'arrangeait rien. C'était bon, sur le moment, mais après... Après, quand Ginger partait, c'était vivre une nouvelle rupture. A chaque fois. « C'est pas... ça qui me manque. » commença-t-il sans assurance, sans la regarder. Eliott fixait ses genoux cagneux, désespéré par son incapacité à parler des choses qui le touchaient de près sans employer des trésors d'imagination pour tourner autour du pot sans jamais employer les mots qu'il convenait. Ce n'est pas le sexe qui lui manquait, aurait-du affirmer mais il n'arrivait pas à employer ce terme sans sentir l'embarras de l'adolescent qu'il n'était plus l'envelopper. Eliott n'était pas à l'aise avec le sexe, sans doute parce qu'il avait l'impression d'être inexpérimenté puisqu'il n'en connaissait qu'une infime parcelle. Il ne savait que faire l'amour, ne connaissait pas les baises déconnectées du coeur et du cerveau, et surtout il ignorait tout de l'amour sans Ginger. Il savait tout de son corps, à elle, de ses soupirs, de ce qu'elle préférait et de ce qui, au contraire, ne l'attirait pas. Et c'est cette connaissance parfaite de l'autre qui rendait le tout aussi bon, il adorait parcourir la carte aux trésors de ses courbes, un chemin connu et tendre, c'était comme une balade plaisante au coeur de l'hiver : on en revenait les joues rosies de plaisir et le coeur empli du bonheur simple, brut, de la nature, du souffle court et des membres engourdis. Mais le reste ? Un grand mystère. Conscient que ses propos sibyllins n'arrangeaient rien, il osa maladroitement relever la tête sur elle, de l'autre côté de la table, si près et si lointaine à la fois. Eliott lui adressa un sourire de paumé et poursuivit. « Enfin je veux dire si c'était ça, ce serait facile, c'est à la portée de tout le monde en théorie et j'aurai qu'à- » Oui, Eliott, en théorie. Mais non, tu n'aurais pas qu'à baiser parce qu'entre nous, les candidates ne se battaient pas en duel devant sa porte pour qu'il leur fasse l'amour. « Mais moi ça m'intéresse pas si y a pas... quelque chose en plus. C'est pas que ton corps qui me manque, c'est toi. C'est nous. Et même si c'est bon quand on passe la nuit ensemble, c'est pire parce que j'ai l'impression que tout est de nouveau comme avant et après tu t'en vas et c'est comme si tu me quittais à nouveau, encore et encore et encore.  » Voilà, c'était finalement dit et Eliott sentit un poids le libérer, ce n'était plus noué à l'intérieur de ses entrailles et une partie de son angoisse insidieuse, toujours là sans jamais l'être tout à fait, venait de se dissiper. La nuit aidait sans doute. S'il n'avait pas été à moitié ensommeillé, surpris par la visite de Ginger et en parfaite maîtrise de lui-même (bon d'accord, il l'était rarement), Eliott n'aurait pas été capable d'une telle prouesse, de dire les choses même si c'était maladroitement. Mais là, tout sortit et il se sentait comme un ballon de baudruche qu'on dégonfle. La réaction de Ginger le surprit et il essaya tant bien que mal de suivre son cheminement, les sourcils froncés sous la concentration que demandait son récit alcoolisé. De quoi avait-il tort ? Elle poursuivit et Eliott sentit une piqûre d'adrénaline se planter directement au coeur de son palpitant pour le faire battre comme un dératé dans sa poitrine. Est-ce qu'elle pouvait parler... de lui ? Il la fixa de ses grands éberlués, incapable de trouver un seul mot pouvant exprimer ce qu'il ressentait. Une impatience fébrile, une onde brûlante qui menaçait d'imploser comme un feu d'artifice, quelque chose de fort, de fou, d'incroyablement plaisant et il risquait à tout instant de se mettre à gigoter en tous sens comme un chiot heureux de retrouver son maître bien-aimé. Mais il n'en fit rien, au prix de lourds efforts, se contentant de décortiquer encore et encore les dernières paroles de Ginger. Elle finit en déclarant qu'il s'y prenait comme un pied et Eliott toucha à nouveau terre. Bien sûr qu'il s'y prenait comme un pied, on ne lui avait jamais livré le manuel, aucun père pour parler des filles et des amis aussi peu adroits que lui en la matière. Alors... Il eut à peine le temps de réaliser ce qu'il venait de se passer que déjà, Ginger se relevait en prétextant une histoire de lait froid. Non. Non, non, non. Reprends-toi Eliott, allez, reprends-toi c'est le moment ou jamais ! Seul au sol, contre le canapé, il tâcha de se motiver mentalement à la rejoindre pour agir mieux. Il pouvait le faire. Ginger était sa Ginger et elle l'aimait encore, non ? Alors avec la grâce d'un élastique qui claque entre vos doigts, il se releva sur ses jambes interminables pour la rejoindre dans leur minuscule cuisine. Elle lui tournait le dos, plantée devant l'évier, et il s'approcha précautionneusement tout en conservant une distance de sécurité nécessaire. « Pourquoi tu m'as rien dit ? » demanda-t-il prudemment, d'une voix basse pour une fois presque pas ridicule. « On peut recommencer, non ? Si je t'aime et que tu m'aimes, à quoi ça sert d'être séparés ? On peut revenir en arrière, on aura qu'à... on aura qu'à jamais se marier ! On a pas besoin de ça pour être heureux, on pourra... on pourra je sais pas moi, tout ce que tu voudras. Partir en voyage de l'autre côté de la terre, construire une maison, sauter en parachute, peu importe on pourra tout faire. » Eliott manquait d'audace, il le savait. Et elle le savait. Mais il essayerait, vraiment, il essayerait parce que rien n'était trop beau pour Ginger, surtout quand, comme lui, on possédait des moyens illimités. « Si tu nous laissais une nouvelle chance, je te prendrais jamais pour acquise, je te le promets. » Ca c'est sûr, il en avait fait l'amère expérience. Le souffle court et le regard rivé vers sa nuque, Eliott attendait la sentence. Il venait de s'ouvrir la poitrine et de glisser son coeur entre ses doigts, lui laissant l'opportunité de le briser une fois encore si elle le désirait. Peu lui importait, au moins cette nuit il serait fixé.

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MessageSujet: Re: the sound of my heart.   Mar 23 Fév - 0:59

Une fois arrivée dans la cuisine, Ginger n'arrive pas à tenir en place. Elle dépose d'abord sa tasse à moitié vide dans l'évier, puis se souvient qu'elle est là pour faire réchauffer ce qui se trouve à l'intérieur, elle initie un mouvement en direction du micro-onde, puis fait marche-arrière, avant de se stopper à nouveau devant l'évier, le tout en prenant soin de ne pas regarder ce qui peut bien se passer derrière elle. A l'intérieur, le tout est aussi confus que ses gestes dénués de sens. Plus rien ne trouve sa place, le souvenir de ce qu'elle vient de vivre repasse en boucle et écarte la moindre pensée, rationnelle ou non, qui tente de se frayer un chemin au-dessus de toutes les autres. Qu'est-ce qu'elle a fait ? Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? Elle ne sait pas, elle ne comprend même pas la moitié de ses propres termes, ça ressemble plus à un melting-pot de bon nombre de bêtises, l'ensemble passé ensuite dans le mixeur géant que peut être son cerveau à une telle heure de la nuit et alcoolisé. Elle ne saisit pas tout ce qui se passe mais son cœur semble avoir été mis en mode « alerte de niveau maximal » tant il fait circuler le sang dans l'entièreté de son être à une vitesse folle. Ginger a presque peur que les battements s'entendent non pas dans sa tête mais dans toute la cuisine, voire même dans tout le salon. Non, non, surtout pas là-bas... Sauf qu'ils n'ont même pas besoin de faire autant de chemin, car Eliott est déjà là. La brune continue de fixer sa tasse dans l'évier, alors que la question – plus que légitime – du jeune homme parvient jusqu'à elle. Elle n'arrive pas à se retourner, ni ne trouve de réponse concrète. Elle- elle sait pas, elle savait pas, ou pas tout à fait. Et il l'aurait pas crue. Vu tout ce qu'elle a fait, elle ne peut pas prétendre l'aimer encore, si ? Beaucoup dirait que ça n'a pas de logique. Mais si un jour Ginger en est dotée, qu'on la prévienne la première... Un sourire naît sur ses lèvres maquillées, au moment où elle réussit enfin à lui faire face. Ce n'est pas à elle de faire des promesses, à présent ? Son regard perdu dans le loin trahit son hésitation. L'instant est plus que bref, car Ginger ne peut retenir bien longtemps l'envie de le regarder, lui. « Je t'imagine sauter en parachute... », qu'elle murmure du bout des lèvres, avant de secouer la tête. Elle croise les bras devant elle, dans un geste supposé la protéger de tout cet espoir que peut placer Eliott en elle et qui la déstabilise, avant que ses prunelles ne fassent plusieurs aller-retours entre le sol et son visage qui n'aurait pas bougé d'un millimètre même durant la pire terrible des tempêtes. « D'accord. » Comme à sa grande habitude, Ginger se laisse avoir par la première chose qui lui passe par la tête. Elle n'hésite pas sur le moment, elle n'hésite presque jamais même. Lorsque ça lui arrive, c'est bien plus tard, et c'est un sentiment si bref et succin qu'elle en connaît à peine la couleur. « Chassez le naturel, il revient au galop » lui convient tellement bien qu'on peut citer la moitié – si ce n'est plus – des décisions qu'elle a pu prendre dans sa vie comme exemple de cette impulsivité qui lui sied si bien. La brune est constamment guidée par cet instinct qu'elle imagine toujours bon. Si une nouvelle étape dans sa vie se présente, si quelque chose d'aussi fou que ce qu'ils sont en train de faire se place sur sa route – sur leur route à tous les deux -, alors il ne faut pas réfléchir : il faut se lancer. Et c'est ce que Ginger fait. Elle accepte les termes du contrat, aussi bâclés et surprenants qu'ils puissent être venant d'Eliott, parce qu'elle sait que si elle ne le fait pas, elle sera rongée par les questions et peut-être même les remords. Et il en est hors de question. De toute manière, le geek a compris, que dans son esprit elle est aussi perdue que lui lorsqu'il se trouve loin, hors de portée, sans qu'elle ait besoin de plus s'exprimer sur le sujet, alors pourquoi chercher à nier ? Maintenant qu'il sait ça, qu'il a lu entre les lignes ce qu'elle semble incapable d'évoquer à voix haute, impossible pour elle de réfuter ou de déguerpir sans plus développer - le connaissant il aurait essayé d'obtenir plus d'explications avec son petit air de chien battu qui la fait craquer et ça aurait fonctionné à merveille. Ginger peut se prétendre étoile filante lorsqu'elle laisse derrière elle des interrogations par milliers dans l'esprit des autres, elle n'est plus qu'un livre ouvert en présence du jeune homme. D'un petit pas discret, elle se rapproche du plan de travail à sa gauche. Elle n'a plus rien entre les mains pour faire passer sa nervosité, ou pour accaparer l'attention de son cerveau qui part dans tous les sens. Elle gère du mieux qu'elle peut tout ce qui menace de passer ses lèvres, mais il est plus aisé de le dire – le penser - que de le faire. « Tu as dit que tu ne me connaissais plus », qu'elle souffle. Elle est obligée de lui rappeler. Juste pour lui faire comprendre qu'ils sont différents, depuis qu'ils ne sont plus ensemble, que peut-être qu'elle a changé mais que lui aussi n'est plus exactement le même. Alors est-ce que ça va marcher ? Si elle redonne une chance à leur histoire, et que lui aussi leur en redonne une de son côté, est-ce qu'ils seront comme avant ? Ginger a peur que ce ne soit pas le cas. Elle a pourtant l'impression que son regard sur elle n'a pas bougé, bien qu'elle ne sache pas ce qui peut se passer vraiment dans l'esprit d'Eliott Green. Elle-même sait qu'elle va devoir réapprendre à être auprès de lui – elle ne demande même que ça. Elle est sans doute celle qui a le plus de choses à se faire pardonner, elle est la seule, même, à devoir panser les blessures de ce que ses choix volatiles ont fait à Eliott. Avec le temps, elle espère qu'elle y parviendra. En attendant, elle sait aussi qu'elle a un peu peur. Peur d'elle comme peur de lui. Elle appréhendera d'abord ses surprises, s'il lui prend l'idée folle d'en faire, en particulier car elle ne pourra prédire ses réactions. Et il faut qu'elle travaille là-dessus. Elle doit découvrir comment gérer les impulsions de son cœur, déceler ce qui va et ce qui ne va pas, lui parler. Surtout, lui parler. Ne pas avoir peur de se confier à lui parce que c'est peut-être ce qui n'a pas fonctionné entre eux la première fois... « Je veux pas que tu sois malheureux. » Ginger secoue la tête de droite à gauche avant d'enfin confronter son regard au sien. Elle le détaille comme si elle le voyait pour la première fois, alors qu'ils n'étaient encore que des gosses, qu'elle n'était pas partie du restaurant en trombe, qu'elle n'avait pas égratigné son cœur avec toutes ses indécisions, comme si elle prenait conscience de certaines choses, alors que ses propres prunelles brillent d'un éclat nouveau. Son cœur recommence à tambouriner. Il recouvre enfin la voie de la raison tandis que les doigts de Ginger s'agrippent au plan de travail pour l'empêcher de tomber. Elle sent que ses mains tremblent un peu, mais elle ne veut pas qu'Eliott le remarque. Elle n'ose pas sourire complètement, alors la commissure de ses lèvres se courbe et s'affaisse à plusieurs reprises, au rythme de ses joues qui prennent une légère teinte rosée. Est-ce qu'elle est... gênée ? La strip-teaseuse ne le sait pas très bien, quand sa perception de l'instant est quelque peu brouillée par la dose d'alcool qui l'a poussée à venir jusqu'ici. Jusqu'à lui, comme toujours. « Euh, je... On-on va y aller doucement ? » Ginger a pris sur elle pour ne pas regarder ailleurs, en direction de Zelda installée l'air de rien sur le fauteuil encore en vue plus loin, ou vers le moindre tableau affiché sur les murs de l'appartement, parce qu'elle cherche à être la plus sincère possible malgré le sang qui afflue à ses tempes et qui menace de la faire perdre pied d'un instant à l'autre. Sa question témoigne du fait qu'elle non plus ne sait pas très bien dans quoi ils s'engagent, elle sonne dans sa bouche comme elle sonnerait dans celle d'une petite fille innocente, encore peu embêtée par les préoccupations des plus grands. Elle a besoin de se sentir rassurée, de le savoir présent, de le voir s'accrocher à elle comme elle menace de se raccrocher soudainement à lui, bien qu'elle ne saisisse pas encore ce qu'elle peut faire ou non dès à présent. Eliott est et sera toujours son référent, son modèle à suivre pour ne pas se laisser abattre, parce qu'il est celui qui a fait front, sous ses yeux ébahis et admiratifs, lorsque son père est parti, et qu'elle l'a rencontré peu de temps après : il en a à peine parlé, mais Ginger a compris qu'elle avait affaire au plus combatif de tous les garçons de l'école, celui qui n'était pas capable de s'estimer à sa juste valeur alors qu'il aurait dû le faire depuis toujours, d'où sa présence à elle. Personne ne comprendra jamais ce qui a pu passer par la tête de la brune lorsqu'elle s'est entichée de lui dans la cours de récréation, mais elle l'a vu et elle a compris, un instant hors du temps qu'elle présente souvent comme un coup de foudre, et qu'elle a développé des sentiments aussi forts que lui peut en avoir à son égard, bien que différents. Ils ne s'aiment pas de la même façon, car personne ne peut aimer de la même façon, mais ils s'aiment quand même. Et c'est pour cette raison qu'une petite voix intime à la strip-teaseuse de faire attention, de prendre toutes les précautions nécessaires avant de faire un nouveau pas vers lui, avant de refaire partie de sa vie. « Je crois qu'il faut que je répare quelques trucs », qu'elle marmonne dans sa barbe, en se mordant la lèvre inférieure après son aveu. Elle a encore les mots d'Eliott qui résonnent contre les parois de son crâne. Elle veut tout recommencer sans se tromper, s'il est d'accord. Pour ça Ginger doit encore digérer ses propos, s'en souvenir demain matin, et agir en conséquence. Dire au revoir à Oscar et s'excuser, peut-être. Pour le moment, elle recommence à sonder Eliott de son air imperturbable. Elle est soudain d'un calme olympien, douce brise comparée au torrent bouleversant qu'elle était il y a quelques minutes à peine, alors qu'un flot de paroles continu passait ses lèvres dans le salon, face à un Eliott mortifié par ses actes insensés. Baissant la tête, elle laisse une ou deux mèches de cheveux venir se déposer gracieusement contre les traits de son visage, alors que son regard a le plus grand mal à se détacher de lui. Elle commence à s'avancer, le pas plus léger au fur et à mesure qu'elle se rapproche de lui, comme si se retrouver au plus près de son être équivalait à se délester de ce poids trop lourd et indéfinissable qui pèse sur ses épaules. Elle lui intime un : « Ne-ne bouge pas » du bout des lèvres. Elle sait qu'elle vient de demander à aller doucement, avec cette bouille enfantine sur les traits, mine rajeunie, presque espiègle, qu'elle a encore sur le visage une fois devant lui, mais Ginger a besoin de sceller cet instant d'un contact, d'un simple petit rapprochement, un brin anodin, supposé l'éveiller au fait que ce qui se passe est bien réel. Elle ne s'attendait pas à tout ça en venant là, elle ne se souvient même plus très bien de pourquoi elle voulait se trouver ici, à la base, et son cas s'aggrave lorsque sa tête vient se loger tout contre son cœur battant. Petit animal sauvage qui se laisse apprivoiser, la strip-teaseuse se met à écouter ce rythme cardiaque qu'elle a assimilé, dès l'adolescence, à une toute petite berceuse, créée spécialement pour elle afin de l'apaiser durant les nuits où le sommeil ne voulait pas sonner à sa porte, et elle constate ce soir que cette dernière fonctionne encore. D'ailleurs, elle s'est toujours dit que cette mélodie si particulière, elle n'a été confectionnée par la nature, le destin, que pour elle et elle seule, parce que malgré la taille impressionnante d'Eliott comparée à la sienne, elle n'a jamais eu besoin de trop se grandir pour remettre la main sur son coeur. La respiration de Ginger peine à se calmer aussi, de son côté, et ses doigts fins qui viennent serrer une petite parcelle du haut du gérant de l'Arcadian ne sont qu'une énième preuve de son trouble. Elle ne fait plus attention à ce qu'il fait, elle se concentre juste sur sa présence, ce palpitant qui vibre, si ce n'est au même rythme que le sien à celui de cet échange, peu habituel entre eux depuis ces deux dernières années et des poussières, et Ginger n'ose plus esquisser le moindre mouvement, aspirée par toute cette tendresse qu'elle cherche à lui donner, sans trop savoir comment procéder.

Spoiler:
 

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Tried to keep you close to me, But life got in between Tried to square not being there But think that I should've been Once upon a different life We rode our bikes into the sky But now we're caught against the tide Those distant days all flashing by @James Bay, hold back the river.
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