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 poussières du tableau noir (jorah)

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Rosalie Hawkins

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: poussières du tableau noir (jorah)   Mar 26 Mai - 15:13

Aux abords de la capitale, elle regarde la grande ville et le château si beau qui se dresse là. Quelques minutes elle reste là, face au bout de royaume qui garde tous ses souvenirs et espoirs passés. Elle ouvre la petite fiole qu’elle serre fort entre ses doigts depuis un moment déjà, et bientôt la vide. Ça brule un peu au fond de sa gorge, comme un alcool trop fort, elle n’a aucune idée de ce qu’elle vient d’avaler, mais elle préfère ne pas y penser. Cela n’a de toute façon pas d’importance, elle s’en fou Selene, qu’on lui demande n’importe quoi, elle le ferait sans se poser de questions. Parce qu’elle savait que pour une fois ce n’était pas des espoirs vains, des promesses d’un avenir plus beau, qui s’étendrait devant elle avant que tout ne s’effrite et redevienne poussière. Combien de fois lui avait-on vendu des espoirs, comme de la poudre aux yeux ? Elle écume les marchés noirs, les guérisseurs et les sorciers, avec toujours l’espoir que le prochain sera le bon, qu’on lui dira je peux vous débarrasser de votre mal, vous n’aurez plus à tromper la mort et la fuir, ça ira maintenant, elle rêve de ces mots glisser jusqu’à son cœur et qu’ils se réalisent. Mais c’est du vent, rien que du vent qui la frappe et l’emporte un peu plus dans le désespoir à chaque instant. Selene oscille entre la peur et l’illusion, et quand l’une prend le dessus ce n’est que pour faire grandir l’autre qui attend de revenir pour rompre les fils qui la retiennent au dessus du vide. Mais cette fois c’est réel et certain, et c’est la première fois qu’une lueur apparaît tout au fond de son cœur qui rouille, dans un coin au milieu de la poussière qui stagne qui s’infiltre dans ses veines et se mêle au poison. Y’a un tout petit éclat, comme un bout d’étoile attrapé au milieu du sombre ciel, qu’elle aurait logée là, même si ça brille qu’un peu c’est mieux que le noir qui décore, c’est mieux que les ténèbres dans lesquelles elle glisse toujours un peu plus. Alors elle s’y accroche de toutes ses forces. Elle avance tout doucement jusqu’à la grande ville devant ses yeux, qui se rapproche petit à petit. Elle hésite entre courir et reculer, alors elle avance machinalement, comme un pantin, elle pose un pied devant l’autre sans oser y penser. Plus elle avance, plus les battements de son cœur accélèrent, ils rythment ses pas. Elle a toujours une appréhension lorsqu’elle retrouve la capitale, même pour quelques heures, même si elle s’en va bientôt, elle a toujours peur de le croiser quelque part, de se retrouver face à lui sans y être préparée. Mais cette fois-ci plus que jamais elle sent qu’elle pourrait vaciller au moindre coup de vent. Selene le fantôme qui fuit s’en va cette fois droit vers lui. Sans l’avoir jamais prit elle connaît pourtant le chemin par cœur, pour l’avoir toujours épié de loin, elle l’observe depuis son départ sans qu’elle ne soit jamais vu, et elle en est soulagée, elle n’est pas certaine d’être en état de réfléchir convenablement, ça se brouille dans son esprit, il est tout en morceaux. Elle arrive devant le bordel sans se rendre compte de rien. Elle voulait prendre le temps de calmer son cœur qui tambourine et puis souffler, rester là devant la porte pour se préparer à toutes les éventualités. Que tous les scénarios se mélangent dans son esprit sans savoir lequel était le bon, et puis finalement ouvrir la porte. Elle a eu le temps d’y réfléchir, elle n’a pensé qu’à ça depuis qu’elle a quitté Ursula la fiole entre les mains tout près de son cœur. Elle sait qu’elle n’est pas la bienvenue,  il la déteste et surement que son cœur brûle comme le poison qui coule, qui roule dans les veines de Selene. Elle sait que son âme est devenue noire, pleine de cendre et d’amertume, et ça gronde comme une tempête, un orage qui se déchaîne. Elle voudrait penser un peu plus à tout ça, souffler puis ouvrir la porte, mais lorsqu’elle arrive là, elle ne prend le temps de rien, elle l’ouvre avec hâte sans vraiment contrôler ses gestes. Elle se retrouve là comme si on l’avait déposée, au milieu du bordel, qu’elle avait fermé les yeux pour se retrouver mise sur le fait accompli sans n’avoir décidé de rien. Alors elle sent son ventre qui se tord, elle pourrait presque vaciller, comme si elle avait le vertige, ça s’accroche à ses os et les tire vers ses peurs. Elle jette un regard rapide autour d’elle sans vraiment faire attention, parce que ses yeux se posent sur lui, et s’il ne la remarque pas immédiatement, elle sent déjà son cœur qui cogne toujours plus fort, peut-être que dans le silence on l’entendrait à l’autre bout de la ville. Et quand il lève enfin les yeux vers elle, elle rate un battement et ça semble durer un temps infini. Elle est plantée là sans réussir à faire le moindre mouvement, interdite et pétrifiée. Et c’est étrange parce que tout se mélange dans son cœur, ça gronde autant que ça pleure, son cœur se vide autant qu’il se rempli. C’est peut-être la première fois qu’elle panique, elle se perd entre la peur, l’appréhension, et tout son amour qui ressurgit d’un coup comme une vague déferlante. C’était comme endormi, c’était là mais recouvert par tant de crasse et de rouille, elle ne se rendait compte de rien mais ça la frappe tout à coup, elle pourrait presque tomber, mais même ça elle en est incapable. Elle voudrait dire quelque chose, mais y’a rien à dire, tous les mots restent coincés et se nouent dans sa gorge qui se serre et qui fait mal. Sur son visage on lit tout à la fois, la peur, l’anxiété, sa flamme, son amour et puis le vide, l’absence, le manque et la confusion. Elle y dévoile tout son cœur et cherche dans les yeux de Jorah ce qu’elle avait oublié, ce qu’elle a laissé là dans un souffle avant de disparaître. Mais elle n’arrive pas à réfléchir, elle n’entend que son cœur qui cogne. Elle n’est plus qu’une fleur fanée, décolorée, mais elle est là, en face de lui, et elle n’est pas certaine encore que tout est bien réel. Peut-être que bientôt elle se réveillera en sursaut au milieu des misérables, avec la solitude qui creuse sa place. Elle ne sait plus si c'est ce qu'elle espère ou non, elle se sent si démunie et prisonnière de ce coeur qui tape et de ces yeux qu'elle n'ose quitter. Alors elle attend là, comme une statut en débris prête à s'écrouler.

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Dernière édition par Rosalie Hawkins le Jeu 22 Oct - 19:06, édité 2 fois
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Eliott Green

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ONCE UPON A TIME
Personnage: Jorah
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MessageSujet: Re: poussières du tableau noir (jorah)   Mer 17 Juin - 23:32

Jorah n'était pas encore Roi mais cette aberration serait bientôt de l'histoire ancienne, il s'y employait quotidiennement. La preuve ? De Grand Argentier, il s'était hissé au sein du Conseil Restreint et rajoutait à son portefeuille les affaires d'espionnage du royaume. Bien entendu, son panache aurait mérité le titre suprême, celui du plus proche conseiller de son Altesse mais ni le Roi et encore moins la Reine ne semblaient l'apprécier à sa juste valeur. Qu'importe, Jorah les fera tuer tous les deux quand son heure sera venue, car elle viendra, c'est écrit. Il se montrait patient, avançait sagement ses pions et assujettissait le pouvoir royal à son bon vouloir en lui faisant contracter une immense dette. Un jour, il réclamerait tout cet argent, on ne pourrait bien entendu pas lui offrir. Il se montrerait faussement compatissant, payerait grassement les membres de la Garde les plus influençables et armerait aussi les rebelles à travers de nombreux intermédiaires... Il causerait le chaos le plus complet et enfin, il trônerait sur des ruines fumantes. Peu lui importait de faire courir le royaume à sa perte si lui y trouvait son compte. Seul le Trône comptait. Il allait leur montrer, à tous, ce qu'un bâtard de Moonbeach pouvait accomplir. Parce que Jorah, en réalité, se moquait bien de gouverner, tout ce qu'il désirait ardemment, c'était prouver sa valeur, montrer que rien ne l'avait atteint, que cela l'avait rendu plus fort, plus déterminé, plus ambitieux. Une fois Roi, il nettoierait les terres de Moonbeach et tous ceux qui l'avaient un jour moqué, leurs familles, leurs amis, même leurs petits enfants, mourraient. Dans d'atroces souffrances, de préférence. Jorah rêvassait à son avenir glorieux sur le chemin du retour. Comme d'habitude, le Conseil s'était montré d'une parfaite inutilité. Tous se répandaient en courbettes et en flatterais et Jorah en faisait de même, laissant ses sourires sirupeux et sa voix de velours dissimuler ses réelles intentions. Mais pendant qu'il se répandait en inepties, contrairement aux autres, il n'avait pas peur. Parce que c'était la crainte qui régnait lors de ces réunions officielles : celle de déplaire assez pour se voir évincé, celle de commettre le faux pas de trop, celui qui conduirait au mieux aux cachots, au pire à une mort sans sommation. La peur n'étreignait jamais Jorah. Lui, lorsqu'il flattait le Roi, lorsqu'il souriait à la Reine, il les distinguait très clairement entre ses mains, vulnérables, offerts. Il se voyait donner l'ordre à ses hommes de main et sentir un plaisir délectable à les voir souffrir sous son seul commandement. Mais dans l'attente, il poursuivait ses manipulations, persistait à traumatiser la pauvre Rosie qui tissait plus d'or que quiconque (sauf lui) ne pourrait jamais en dépenser. Et il continuait à gérer son commerce lucratif d'une main de maître. Lorsqu'il pénétra dans son respectable établissement, Jorah fut immédiatement alerté par l'un des eunuques armés qui gardaient les jeunes femmes. Il jeta un regard glacial à l'importun mais finit par écouter son histoire : « M'sieur, y a un chevalier pas content là-bas. Il vous réclame, je lui ai servi du vin dans le petit salon en attendant que vous reveniez mais- » Jorah lui coupa la parole d'un claquement de langue agacé et tourna les talons en direction du petit salon incriminé, déjà agacé. Un des sacs à vin de l'armée royale se plaignait et on le recevait comme un monarque ? Putains d'eunuques. Mais quelques minutes après, l'histoire était tirée au clair : l'une de ses prostituées ne lui avait pas donné entière satisfaction. Ou pas de satisfaction du tout, en réalité, puisque cette petite mijaurée avait décidé ne pas avoir envie, comme si c'était un choix, comme si les clients ne disposaient pas d'elle quand cela leur chantait... Jorah calma ce demeuré de chevalier en le remboursant le triple de ce qu'il avait déboursé pour cette sale catin et le noya dans le miel de ses mots, sirupeux comme il le fallait. Il s'en alla, ivre et la bourse pleine (c'est le cas de le dire) et lui se dirigea droit vers les appartements de ses employées, d'où il traîna la jeune effrontée par les cheveux jusqu'à un recoin isolé. Jorah tenait à sa réputation. « Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te corriger. » susurra-t-il d'un ton presque désolé, comme si la perspective de battre la jeune femme ne lui procurait pas une intense satisfaction. La jeune fille écarquilla ses grands yeux bovins et battit férocement des paupières alors qu'elle se débattait difficilement avec les mots : « Je... je voulais pas vous fâcher... mais le seigneur d'avant il... il m'a fait mal alors je pouvais pas. Ça...ça me fait mal à l'intérieur, je saigne... » La gosse gémissait et alors qu'elle glissait la main sous sa tunique comme pour prouver ses dires, la gifle partit d'elle-même. Elle était répugnante, croyait-elle sincèrement qu'il voulait la vision de son sang souillé ? « Anya, sais-tu ce qu'on fait des marchandises qui ne rapportent plus d'argent ? Elles sont une perte de temps Il caressa distraitement sa joue émaciée , d'argent Ses doigts glissèrent le long de sa carotide dans un geste à la douceur inquiétante. alors on s'en débarrasse.» trancha-t-il sobrement, sans le moindre sentiment alors que ses mains se refermaient contre la gorge de la jeune femme. Jorah serra pour la forme alors qu'elle se débattait mais finalement, dans un instinct cruel de jouer avec les plus faibles à défaut de s'attaquer aux forts, il abandonna son cou gracile. Juste pour un instant, juste le temps de lui offrir l'illusion qu'elle en sortirait vivante. Et quand il vit l'éclat soulagé dans ses pupilles serviles, Jorah enfonça profondément la lame dans la chair de ce ventre qui ne remplissait plus sa tâche. Il n'était pas un guerrier, il n'avait pas la force et le courage nécessaire mais il était intelligent et connaissait l'anatomie humaine. Elle n'en mourrait pas, elle serait seulement affaiblie par la perte de sang et lui pourrait s'amuser, à loisir, tourner et retourner autour de sa proie avant de décider de l'achever, par pur sadisme. Ou clémence, allez savoir. « Voilà, maintenant tu saignes pour quelque chose. Dehors. » La petite tenait son ventre ensanglanté à deux mains et clopina jusqu'à la sortie, sous son regard aiguisé par la traque qui se profilait. Jorah compta mentalement, lentement. Au bout de soixante secondes, il s'engagerait à sa suite, à pas lents, tranquilles. Il suivrait les gouttes de sang et finirait par l'achever dans une ruelle malfamée. Sauf que le destin farceur en décida autrement : alors que sa minute de clémence était écoulée et qu'il se dirigeait droit vers la sortie, il fut frappé en plein coeur. La lame ne s'était pas enfoncée dans les entrailles de la gamine, elle était là, fichée profondément en lui et il était bien incapable de l'extraire. Il aurait voulu ressentir de la haine. Une haine profonde, corrosive, la haine qui lui était coutumière, forgée par son insatisfaction, ses rejets quotidiens et les moqueries qu'il subissait depuis toujours. Il aurait voulu éprouver un sentiment connu, maîtrisable, mais la vision de Selene bousculait tous ses codes. Elle avait bousculé tous ses codes. Lui qui n'était qu'un marasme de frustration nocive et de violence lâche n'avait éprouvé pour elle qu'un amour pur, un amour jamais épanoui. Il ne l'avait même jamais touchée et pourtant il savait. Il savait que c'était différent, qu'elle avait éveillé quelque chose en lui, quelque chose d'inconnu, que même la douceur et la beauté de Sybille n'étaient pas parvenus à agiter en lui. Sybille, il la baisait ou la battait, parfois les deux en même temps. Selene, elle le calmait. Elle lui donnait l'impression d'être quelqu'un d'autre, elle lui faisait tout oublier, sa soif de pouvoir et de reconnaissance en premier lieu. Il n'y avait que dans ses yeux qu'il désirait exister. Mais cette petite traînée s'était envolée, elle aussi. Elle l'avait abandonné et depuis, Jorah s'était promis de la détruire. De la bousiller jour après jour, jusqu'à annihiler tout ce qu'elle était et tout ce qu'elle avait pu faire éclore en lui. Oh, Selene avait une place de choix dans son antre où mourait à petit feu la douce Rosie aux jambes brisées, à la langue arrachée et aux doigts noueux de trop tisser de l'or. A côté du sort qu'il réservait à son unique amour, Rosie vivait un conte de fées. Des années. Des années de fantasme sur les sévices éternels qu'il réserverait à celle qui s'était moquée de lui plus fort que les autres et une fois en face d'elle, il restait sans voix. Envolée, sa verve, envolées ses répliques sucrées et acides à la fois. Tout s'évanouissait et il ne restait qu'elle et cette foutue épée plantée dans son coeur de pierre. Ca ne devait pas se passer comme ça. L'agneau ne devait pas se livrer au bourreau, il devait la traquer, la chasser, savourer son ascendance sur elle et l'achever au bout de nombreuses années de torture, quand il n'éprouverait plus rien pour elle. Plus d'amour, plus de haine, seulement une placide indifférence. Mais Selene était là, devant lui, et Jorah n'avait jamais anticipé ce scénario, cette reddition qui n'avait pas de sens. Elle savait combien il la détestait, elle savait aussi, ou du moins l'imaginait, quel homme il était devenu. Et elle était là, offerte à son sort, fut-ce un trépas certain. Et lui, ne savait pas quoi faire de cette facilité, de ce mirage qui ne devrait pas être là. Elle était trop belle et raffinée pour cet endroit, trop pure pour les pulsions bestiales, violentes, de ces lieux. Elle lui appartenait, et Jorah refusait que d'autres puissent se repaître du spectacle de ses traits. Lui seul en avait le droit, celui de les désirer si fort, de les admirer, de les fantasmer brouillés par le désir ou tordus par la violence qu'il lui infligeait... Recouvrant lentement ses esprits, Jorah joua l'indifférent, incapable de se dépêtrer du flot contradictoire de sentiments qui s'épanouissait en lui. Il voudrait l'embrasser, s'emparer de force de ses lèvres et rattraper tous les baisers que cette sale prude n'a jamais voulu lui offrir. Il voudrait la prendre toute entière, se nourrir de son corps, de ses soupirs et des trésors dont il recèle. Il voudrait lui faire mal. Tordre ses poignets, entailler sa peau trop douce, briser les os qui ont osé se jouer de lui. Tout s'entrechoque. « Quoi que tu veuilles, ça devra attendre. Je suis en pleine partie de chasse vois-tu, et si je tarde trop, ma dulcinée se sera vidée de son sang avant que je n'ai le plaisir de l'achever. Tu n'oserais pas me prendre ça en plus du reste, n'est-ce pas ? » murmura-t-il en la regardant droit dans les yeux, singeant sa voix de miel habituelle. Mais elle sonnait faux, métallique, hachurée. En vrac, comme le reste. Jorah ne se fendit pas d'un sourire sirupeux et inquiétant, se contentant d'afficher une neutralité qui n'avait rien de sereine. Il espérait l'avoir choquée, dégoûtée, répugnée, il espérait lui faire un peu mal et si généralement il se servait de mensonges pour frapper, là c'était la vérité qui la blesserait. Regarde, Selene, ce que tu as fait de lui.

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Rosalie Hawkins

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MessageSujet: Re: poussières du tableau noir (jorah)   Mar 27 Oct - 11:45

Elle ne réalise pas vraiment ce qu’il se passe. Elle est perdue, complètement perdue, ne se rend toujours pas vraiment compte de ce qu’elle vient de faire, ne sait pas si elle est vraiment là, ou si tout cela n’est qu’un rêve. A-t-elle vraiment ouvert cette porte pour se retrouver face à Jorah ?  Elle s’est tellement répétée cette scène dans son esprit, dans son sommeil parfois, la situation changeant de scénario à chaque fois, s’imaginant le pire comme le meilleur. Mais maintenant qu’elle fait face à la réalité, toutes les images et toutes les émotions auxquelles elle avait tenté de se préparer s’envolent en fumée, ne devenant rien de plus que des pensées ridicules, c’était stupide, mais elle n’avait pu s’empêcher d’y penser encore et encore. Au cas où. Mais cela ne servait à rien, peut-être qu’avec quelqu’un d’autre, n’importe qui d’autre en réalité, elle aurait pu devancer les réactions, deviner les pensées, les mots. Sauf qu’il ne s’agissait pas de n’importe qui, et elle ne pouvait pas se retrouver plus prise au dépourvu que face à Jorah. Selene était incapable d’articuler le moindre mot, ou d’oser s’avancer ou même reculer, elle était totalement paralysée. Un instant qui sembla éternité, son regard se perdit dans le sien, tentant de déceler dans ses yeux la moindre émotion. Bonne ou mauvaise, peu importe, elle voulait savoir ce que lui ressentait, elle voulait s’immiscer dans sa tête, pour essayer de deviner quoi faire, quoi dire. Savoir si lui aussi ressentait cette même incapacité à faire le moindre geste, si lui aussi se sentait incapable de discerner les émotions qui le parcouraient. Mais c’était impossible, elle n’arrivait pas à déchiffrer quoi que ce soit sur son visage, la troublant encore plus qu’elle ne puisse l’être. Dit quelque chose. La pensée reste coincée là, se répète encore et encore au milieu du désordre de son esprit, au milieu de ce qu’il lui reste de cœur. Elle se le dit à elle même, mais surtout à lui. Parce qu’elle reste là, comme paralysée, sans la moindre idée de ce qui se trame dans son esprit à lui, et elle déteste se retrouver totalement impuissante comme ça, sans rien à quoi se raccrocher. Le temps s’allonge et Selene ne bouge toujours pas. Elle ne pouvait pas rester éternellement comme ça, immobile, osant à peine respirer. Est-ce qu’il peut entendre son cœur battre trop vite, battre si fort qu’elle s’attend à ce qu’il finisse par s’arrêter soudainement ? Elle n’a probablement jamais sentit son cœur aussi vivant, même cela n’a finalement rien de rassurant. Elle voudrait qu’il parle, qu’il dise quelque chose, qu’il lui fasse ressentir toute sa haine, tout son amour ou sa colère, sa surprise, peu importe, elle était prête à tout prendre en pleine face, en plein cœur. Tout plutôt qu’attendre sans savoir ce qu’il allait se passer. Pour que son esprit se débloque, arrête de dérailler. Et puis finalement, il ouvrit la bouche. Elle sursauta, c’était imperceptible mais elle sentit son coeur tressaillir. D’abord parce qu’elle entendait sa voix, finalement, après tout ce temps à la regretter, à la laisser raisonner dans des souvenirs flous, de plus en plus troubles qui ne faisaient que grossir ce trou dans son cœur poussiéreux. Ses souvenirs revenaient toujours, parce que sur ses chemins d’errance, seulement entourée de vide, de rien, Selene n’avait plus que ça. Ils reviennent même lorsqu’elle n’en veut plus, même lorsqu’elle voudrait tous les faire disparaître, parce que ça n’est qu’un rappel de sa solitude, de ce qu’elle était, de ce qu’elle avait et qu’elle n’a plus. Ce n’est qu’un rappel de l’horrible fantôme qu’elle est devenue. Elle voudrait qu’ils disparaissent, ses souvenirs, autant qu’elle y tient précieusement, parce qu’il faut qu’elle se raccroche à quelque chose, quelqu’un, même si ce n’est que dans images floues qui s’envolent, il ne lui reste plus que ça. Elle sent son cœur tressaillir aussi parce que les mots de Jorah sont dénués de tout sentiment, tout comme son visage en face du sien, qui reste impassible. Même si sa voix déraille un peu, elle n’a aucune idée de comment l’interpréter, complètement déstabilisée par ses yeux inexpressifs, qui restent posés sur elle comme si elle était, pour lui aussi, devenue un fantôme sans importance. Il s’adresse à elle comme à un vulgaire domestique, comme à un inconnu qui passerait là, quelqu’un dont il faudrait se débarrasser parce qu’il n’avait aucune importance. Et ça la blesse Selene, c’est comme un poignard qu’il enfonce dans son cœur rouillé, en lui murmurant qu’elle ne représente rien, qu’elle n’est rien. Elle s’attendait à de la haine, de la violence. Elle appréhendait sa réaction parce qu’elle s’attendait à faire face à une immense rancœur. Mais non, il n’y avait rien. Rien de plus que de l’ignorance, et ça faisait plus mal encore que de la haine. Elle ne pouvait pas n’être plus rien pour lui. Probablement qu’il faisait exprès, pour la blesser, pour lui faire mal, surement qu’il voulait qu’elle souffre. C’est ce qu’elle supposa, pour se rassurer, parce que le simple fait d’imaginer qu’elle puisse ne plus rien représenter pour lui suffisait à l’ébranler complètement. Elle aurait pu s’écrouler. Mais surtout elle ne réalisa pas instantanément  de quoi il parlait, elle n’en avait même aucune idée, trop décontenancée par sa réaction, ou plutôt sa non-réaction, blessée par cette inconsidération. Et puis elle se souvenu que l’instant d’avant, lorsqu’elle hésitait encore à franchir la porte, elle avait vu une jeune fille sortir de là. Ce n’était qu’une image floue, une ombre presque, mais surement qu’elle avait entendu des cris, des plaintes, des pleurs auxquels elle n’avait pas prêté la moindre attention, parce que trop perdue dans ses pensées, trop concentrée sur ce qu’elle s’apprêtait à faire, et ce que cela engendrerait. Elle pouvait la revoir sans vraiment la distinguer, mais elle comprit que c’était de sa faute à lui. Que c’était Jorah qui l’avait mise dans cet état, et seulement alors elle comprit ce qu’il comptait faire, ce que ses mots signifiaient. Ils étaient dénués de toute humanité, et son visage impassible lui apparut, rien qu’un instant, comme celui d’un monstre. « Arrête. » Cela sonnait à la fois comme un ordre et une supplication, comme un rien, un mot murmuré, déjà envolé. Se fut le seul mot qu’elle réussi à articuler avec difficulté. Sa voix se voulait douce et ferme, mais elle était surtout peu assurée, tremblante. Elle regretta instantanément la pensée qui lui avait traversé l’esprit, elle ne pouvait pas associer Jorah à l’image d’un monstre, elle refusait de le faire. Pourtant elle avait entendu des tas de choses raconté par ceux qu’elle payait pour garder un œil sur lui (même en le fuyant, pour suivre sa vie, garder indirectement une part de lui dans la sienne), on ne lui avait décrit qu’un homme cruel, sans cœur, violent. Jorah semblait n’être plus que noirceur. Et si Selene s’y attendait, maintenant qu’elle y faisait face, c’était totalement différent. Elle sentit son sang se glacer en imaginant la jeune fille, agonisante dans un coin. Elle refusait d’associer ces paroles à Jorah, cela ne pouvait pas être lui. Ce n’était plus le même homme, pas celui qu’elle aimait. Pourtant c’était bien lui qui se tenait en face d’elle. « Ne fait pas ça. » Ce n’était rien que du vent, elle le savait, mais elle se retrouvait incapable de réfléchir à quoi faire, quoi dire. Sa voix laissait transparaître toutes les émotions qui se heurtaient en elle, son trouble, l’affolement, la crainte, la douleur, le vertige. Elle aurait voulu retrouver toute sa contenance, mais c’était déjà bien trop difficile d’ouvrir la bouche. Elle aurait voulu esquisser un mouvement vers lui, mais ses bras, ses jambes refusaient de se mouvoir. Ses yeux toujours posés sur lui, cherchaient à le convaincre, à appuyer ses mots. Elle n’avait aucune idée de ce qu’ils laissaient transparaître, si ce n’est le trouble qui s’accrochait à son cœur, qui manquait de la faire flancher.

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poussières du tableau noir (jorah)

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