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 you can’t love anything more than something you miss (r)

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Adrian Goodhart

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: you can’t love anything more than something you miss (r)   Jeu 30 Avr - 13:16

rosalie + adrian

Libre. S’il avait osé le dire tout haut, le mot lui aurait semblé bizarre, comme une langue étrangère qu’il ne maitrisait pas bien. Pourtant, c’était bien ce qu’il était. Libre. Pour quelques heures, seulement, mais quel bonheur de savoir qu’elles arrivaient, qu’elles l’attendaient, ces quelques heures. Comme à chaque fois qu’il troquait son bleu de travail contre une veste normale, Adrian sentit son cœur s’alléger, même si c’était de façon illusoire et imperceptible. Il abandonna son pantalon sale et son t-shirt pour un jean et un pull confortable avant d’attraper sa veste. Les minutes lui étaient comptées et il était déterminé à profiter de chacune d’elles. De plus, c’était invariable, il craignait que quelqu’un surgisse avec un énième problème à résoudre immédiatement et pour lequel il ne pourrait se défiler. Aussi pour éviter toute rencontre malencontreuse, il sortit par derrière et ferma prudemment la porte puis procéda à un rituel un peu inutile mais qui le rassurait : empruntant un sentier dans un sous-bois, il fit un détour pour rejoindre la grange. La bâtisse était silencieuse et il se glissa à l’intérieur sans un bruit, à l’affût de la moindre perturbation. Mais il n’y avait qu’une poignée de chevaux et il se dirigea vers la stalle du fond où son Quarter Horse mangeait tranquillement. « Salut, mon vieux » souffla-t-il en caressant la porte du box et en venant se poster à hauteur de l’animal. À l’entente de la voix d’Adrian, le cheval redressa la tête et l’approcha sans réticence. Son large museau vint donner des petits coups contre la joue du jeune homme qui rit doucement en lui flattant le cou. « Comment vas-tu, petit père ? » s’enquit-il en caressant la crinière et en inspirant le parfum particulier de l’équidé, un mélange de paille et de musc. Le contact était apaisant et le jeune propriétaire ferma les yeux en se laissant légèrement bousculer par l’animal impatient. « Oui, on va y aller. Juste le temps d’attraper mes affaires » lui confirma Adrian en lui donnant une petite tape sur le flanc avant de se détourner pour aller dans la stalle d’en face. Là, il tira un large sac de sous un banc et le balança sur son épaule. Sa main libre s’empara d’un autre objet qui se révéla être une petite tente pratique et légère. Quand il revint auprès du cheval, celui-ci sembla reconnaitre l’attirail et il trépigna en secouant la tête d’excitation. Adrian se fendit d’un sourire comme rarement il lui en était donné l’occasion et il laissa son fardeau atterrir à ses pieds. « Allez, pas une minute à perdre » déclara-t-il avant d’ouvrir la porte du box. Il n’eut pas besoin de guider l’animal qui sortit de sa stalle d’un air tranquille pour venir s’arrêter au milieu du couloir, là où Adrian n’aurait aucun mal à le seller. D’un geste expert, le jeune homme harnacha son fidèle compagnon et ajusta son barda sur la selle afin qu’elle ne le gêne pas dans sa marche. « Paré ? » s’enquit-il après s’être assuré que tout était solidement attaché. Comme s’il comprenait, l’équidé agita la tête dans un acquiescement comique et Adrian posa le front contre son large cou. Que ferait-il sans lui ? Sa main attrapa la longe et d’un geste doux, Adrian le guida vers la sortie. À cet instant, il n’était plus Adrian Goodhart, gérant d’une exploitation qui le dépassait, il était à nouveau le rêveur invétéré, celui que les autres n’avaient jamais réussi à déloger, malgré leurs efforts. « Je me disais qu’on pourrait aller du côté de la rivière, près de notre caverne secrète. Tu auras de quoi manger et je pourrai pêch— » Sa voix mourut lorsqu’il émergea de l’étable pour se retrouver nez-à-nez avec un petit bout de femme qui devait désormais se demander s’il avait toute sa tête, à parler ainsi avec son cheval. « Rosalie… »

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Rosalie Hawkins

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MessageSujet: Re: you can’t love anything more than something you miss (r)   Mer 6 Mai - 17:04

Rosalie avance jusqu’à la grande sans trop savoir si elle y trouvera son ami ou non. Il ne lui fallut pas longtemps pour entendre la voix d’Adrian en approchant, se demandant avec qui il pouvait bien parler, et puis en arrivant devant la grande porte, elle comprit qu’il parlait à son cheval. Ca la fit sourire tout bas. Elle ne se moquait pas, surement qu’elle ferait la même chose, ça montrait juste qu’il l’aime beaucoup, alors pourquoi rire de ça ? C’est mieux que de parler tout seul, ou de parler à un mort dans sa tête comme elle le fait. Au moins l’animal l’entendait, le comprenait probablement, elle se plaît à penser que s’il le pouvait il lui répondrait, peut-être que lui aussi, il lui parle dans sa tête, parce qu’il ne peut pas faire autrement. Elle y croit Rosalie. Elle attend à l’extérieur, elle a fait un pas vers la grange avant de s’arrêter, sans un bruit, ne voulant pas le déranger, elle ne veut pas l’embarrasser, l’obliger à garder les mots sur le bout de la langue parce qu’elle sait qu’il n’osera pas lui parler encore en sachant qu’elle est à côté. Elle préfère rester là jusqu'à ce qu’il sorte, et puis comme ça elle profite du printemps. Alors elle attend et lève les yeux vers le soleil qui brille sur sa peau, sur ses cheveux blonds devenus aussi lumineux que le soleil lui même. Ca pique les yeux, il brille fort alors elle ferme ses paupières quelques instants, elle écoute les oiseaux qui chantent, ceux qui passent en volant, le vent qui souffle un peu au milieu des arbres, elle entend les pas du cheval, et la voix d’Adrian. Elle pourrait rester là pendant des heures encore, ne plus penser à rien, juste écouter le bruit du monde, se reposer du bruit de l’hôpital et des machines, des téléphones qui sonnent. Elle l’aime l’hôpital, c’est comme sa maison, l’endroit qu’elle connaît sur le bout des doigts, mais à trop y rester il y a des moments où elle ne supporte plus le bruit, ça encombre sa tête et sa résonne sans arrêt. Alors parfois, elle a besoin de s’éloigner, s’en aller un peu pour retrouver la nature, loin de la poussière de la ville qui étouffe ses poumons. Elle a beau oublier la plupart du temps sa maladie, il y a des jours où rien ne va, déjà entouré par la maladie en permanence à l’hôpital, parfois la sienne se réveille pour dire je suis là toujours, ne m’oublie pas. Alors elle sent son souffle qui peine, ses poumons qui fatiguent et ça s’en va pas. Ca reste là pendant des heures, des jours parfois. Alors Rosalie prend sa voiture et s’éclipse, elle quitte le bruit de l’hôpital et de la ville et elle s’en va retrouver Adrian. Son calme suffit à l’apaiser, depuis toujours. Il suffit qu’elle reste quelques instant tout près de lui, et ça va mieux, tout s’envole dans le vent, tout devient doux, comme un nuage. Elle laisse tout disparaître, ça s’évapore, même sa maladie qui s’en va, prend des vacances, la laisse tranquille encore un peu. Adrian apparaît finalement, l’animal à ses côtés et Rosalie s’en veut déjà lorsqu’il s’arrête au milieu de sa phrase. Elle voudrait lui dire continue, fait comme si j’étais pas là, j’aime bien t’écouter lui parler alors oublie moi, c’est pas important, ça va déjà mieux en plus, alors continue, je m’en fiche. Mais à la place elle lui offre son plus grand sourire, y laisse trainer des bouts de soleil. « Je savais que je te trouverais là. » Son sourire reste accroché à ses lèvres, parfois on croirait qu’elle sourit tout le temps Rosalie, qu’elle ne s’arrête jamais, qu’elle sourit même lorsqu’elle ferme les yeux et retrouve la nuit, les rêves et les étoiles. « Enfin je suis passée chez toi d’abord mais on m’a dit que tu étais partis, alors j’ai imaginé que tu devais être venu ici. J’ai eu peur de te rater, je me imaginée perdue à te chercher partout. Tu m’aurais retrouvé au milieu de nul part après des jours passés dans la forêt. » Elle rigole, ça résonne presque dans le silence. « Si un jour je disparais et qu’on parle de moi dans les journaux, vient me chercher dans la forêt, je suis sûre que ça sera simplement parce que j’ai voulu te retrouver et que je me suis un peu perdue. » Elle exagère mais l’orientation n’avait jamais été son fort, pourtant elle avait de nombreuses fois suivi Adrian dans la forêt, mais elle n’avait fait que le suivre, sans vraiment faire attention au chemin qu’ils prenaient, elle lève toujours la tête pour regarder les grands arbres au dessus de sa tête et puis c’est tout. « Mais tu es là, alors tout va bien ! » Elle retrouve son sourire et avance jusqu’à lui, laisse sa main glisser sur le cou du cheval tout doucement. « Est-ce que je peux venir avec vous ? » Elle pose les yeux sur son ami, attendant sa réponse. Même si c’est pas près de leur caverne secrète, pour que ça reste leur endroit à eux, peu importe Rosalie s’en fiche, tant qu’elle passe un peu de temps avec lui, loin du bruit de la ville, n’importe où, ça ira.

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MessageSujet: Re: you can’t love anything more than something you miss (r)   Dim 31 Mai - 15:47

S’il y avait une personne devant laquelle il n’aurait pas dû se sentir gêner, Adrian le savait, c’était Rosalie. La belle et douce Rosalie. Mais il n’y pouvait rien, c’était incontrôlable, dès qu’il se sentait pris en faute ou au dépourvu, Adrian était envahi par un malaise qui le dévorait tout entier. D’un côté, il s’en voulait d’être si faible, si prompt à abandonner face aux épreuves, mais il savait aussi qu’il était comme ça et qu’il n’y avait pas grand-chose qu’il puisse faire pour remédier à ces troubles handicapants. Depuis quand Rosalie se tenait-elle là et quelle portion de la conversation avait-elle entendue ? Peu importe, la plus ennuyeuse était la dernière phrase qu’il avait dite avant de sortir de l’écurie, alors qu’il exposait à son cheval le programme de leur promenade. Impossible de passer cela pour une conversation au téléphone et puis, de toute façon, Rosalie avait bien vu qu’il n’avait aucun appareil à l’oreille et que le seul à pouvoir récolter ses suggestions était donc l’animal. Et puis elle sourit et le cœur d'Adrian, qui bataillait accroché à ses côtes, sembla s’apaiser de lui-même, rassuré par la douceur de l’arc de ces lèvres où aucune moquerie n’était accolée. Après tout, elle le connaissait, elle savait quel rêveur il était, quel solitaire il avait toujours été et il devait donc apparaitre normal à la jeune femme qu’une âme comme la sienne ne trouve le bonheur qu’auprès de celle des chevaux. D’un geste affectueux, il tapota la large joue de son compagnon qui reniflait son épaule d’un air impatient et il rendit son sourire à Rosalie. « Il s’en est fallu de peu pour que l’on se rate, alors » confirma-t-il. La remarque de Rosalie provoqua un pincement au cœur chez le jeune Goodhart qui se contenta d’un hochement de la tête entendu, comme une promesse qui n’avait pas besoin de mots. Promis, si elle disparaissait, il parcourrait le monde pour la retrouver, que ce soit de sa faute ou non. Rosalie s’approcha d’eux et il sentit les muscles puissants de l’équidé se contracter pour suivre la silhouette de la jeune femme. Le pelage rêche s’agita sous les caresses de leurs mains et Adrian émit un rire doux, presque imperceptible, tout en se décalant pour observer son amie par-dessus le dos du cheval. L’ennui refit surface lorsqu’elle demanda si elle pouvait venir avec eux et il se mordilla la lèvre inférieure en lissant machinalement la crinière de son animal. « Ce serait avec plaisir, glissa-t-il d’un air incertain. Mais je comptais partir pour le week-end, m’éloigner le plus possible d’ici et du coup, je n’envisageais pas de revenir avant un jour ou deux… » Parce que ramener Rosalie en terrain connu signerait forcément la fin de son répit. Il avait tant aspiré à ces heures d’insouciance qu’à aucun moment il n’avait imaginé la présence d’une tierce personne pendant son évasion. Toutefois, incapable de refuser quoi que ce soit à Rosalie, il émit un bref soupir et haussa les épaules. « Mais j’imagine que je peux faire une entorse à mon programme ». Il jeta un coup d’œil à sa montre et demanda : « À quelle heure veux-tu être revenue, que je voie où on peut aller se balader ». Ses mains expertes vérifièrent machinalement que les sangles étaient bien serrées puis il grimpa en selle avec l’agilité de l’habitude. Le cheval s’ébroua d’impatience, excité par la perspective de se dégourdir les pattes et Adrian émit un sifflement pour lui intimer de se calmer. Il se pencha ensuite vers Rosalie et lui tendit la main. « Je te proposerais bien de seller un cheval pour toi mais je crains trop que quelqu’un surgisse et me force à remettre ma sortie à plus tard. Alors si ça te va, on fera la route ensemble ». Il lui aurait même proposé de l’accompagner pour le voyage entier mais ils n’en avaient pas le temps et il ne savait pas comment une telle proposition pourrait être interprétée. De plus, elle se sentirait peut-être obligée d’accepter. Enfin, Adrian était bien trop timoré pour suggérer quoi que ce soit de sa propre initiative. Il ne voulait pas tomber comme un cheveu dans la soupe et si sa solitude le pesait souvent, il savait aussi l’apprécier à sa juste valeur. « J’ai découvert un coin de prairie magnifique lors de ma dernière escapade. Je suis certain que tu vas l’aimer ». Finalement, l’idée de ne pas partir seul lui réchauffa le cœur et même si la gêne provoquée par son monologue persistait à rosir ses joues, il était plutôt ravi d’avoir été surpris avant son départ.  

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MessageSujet: Re: you can’t love anything more than something you miss (r)   Ven 5 Juin - 23:11

Elle voit bien qu’il est embarrassé Adrian, comme souvent, même s’il n’y avait aucune raison de l’être avec elle. Mais il était comme ça, elle aurait voulu le rassurer toujours, lui dire que ce n’était rien du tout, lui dire que c’était mignon, qu’il soit tant attaché à lui mais ça le rendrait peut-être encore plus mal à l’aise, alors elle garde simplement son sourire tout doux qui se veut réconfortant, pour ne pas qu’il soit mal à l’aise, ou en tout cas un peu moins qu’il ne l’aurait été avec quelqu’un d’autre. Et puis elle l’écoute sans un mot, elle sent bien qu’il y a un soucis, dans sa voix un peu hésitante. « Oh mais non non non, je suis désolée, je ne voulais pas t’embêter surtout. » Elle est embêtée Rosalie, parce qu’elle ne veut pas le déranger Adrian, elle ne veut pas qu’il se sente obligé de lui dire oui alors qu’il voudrait faire autre chose, parce qu’il a des tas de soucis, peut-être que ça lui encombre l’esprit, et si elle ne peut pas souffler dessus pour qu’ils s’envolent, ils peuvent s’envoler lorsqu’il s’éloigne et retrouve les prairies. Alors elle ne veut pas qu’ils restent coincés là dans sa tête par sa faute. Et comme elle l’aurait prédit, il lui dit que ce n’est rien, qu’il fera une exception. « Tu es sûr ? » Qu’elle demande simplement, les yeux peinés. « Comme tu veux, c’est toi qui décide, j’ai toute la journée. Mais si tu préfères je ne reste pas trop longtemps, je te laisse tranquille comme ça tu pourras quand même partir pour le week-end, d’accord ? Je ne veux pas que tu changes tout ton programme pour moi. » Elle ne veux pas le déranger Adrian, elle sait qu’il a besoin de s’évader, de s’en aller un peu, s’éloigner pour retrouver le calme et la nature. Elle l’a toujours connu comme ça, c’est comme ça qu’il se ressource, et elle a toujours aimé l’accompagner parce que ça fait du bien de retrouver le calme et la nature, juste le bruit du vent et les nuages qui passent, le soleil qui brille très haut dans le ciel. Elle le regarde s’occuper de son cheval et vérifier que tout était en place, comme il faut, et puis elle l’écoute en hochant la tête dans un sourire, avant d’attraper sa main dans la sienne pour grimper derrière lui. « Ils ne te laissent jamais tranquille ? » Elle sait bien qu’il a beaucoup de travail, qu’il y a toujours quelque chose à faire lorsqu’il a tout terminé. Ils avaient beau avoir des métiers très différents, ils se retrouvaient sur certains points. Elle l’écoute et sourit encore, même s’il ne peut pas le voir. « J’ai hâte de voir ça alors. » Sa voix tout doucement balaye le vent. Mais elle a peur encore, de l’embêter Adrian, qu’elle lui fasse perdre du temps, qu’il écourte son programme à cause de sa présence, et elle voulait tout sauf l’empêcher de faire ce qu’il avait prévu. « Mais vraiment tu es sûr que ça ne te dérange pas hein ? Si tu veux je reviendrais te voir une autre fois, ce n’est pas grave du tout, vraiment, je préfère que tu oublies tes soucis et que tu te reposes, si tu en as besoin. » Sa voix est douce comme un nuage, parce qu’elle ne lui en voudra pas Rosalie s’il préférait se promener seul avec son cheval, elle comprendrait. Parfois la solitude avait quelque chose de reposant, d’agréable. Autrefois elle aimait ça Rosalie, rentrer chez elle, s’étaler sur son canapé, s’allonger sur son lit, les volets fermés laissant percer quelques rayons lumineux seulement. Elle restait là de longues minutes à profiter du silence qui l’enveloppait dans une bulle réconfortante, elle fermait les yeux ou regardait le plafond et puis elle reposait sa tête, son esprit et son cœur. Elle aimait la solitude et les silences parce qu’ils cassaient avec l’ambiance qui l’entoure à l’hôpital, entre le bruit constant, la pression et l’urgence parfois, les patients et les médecins, elle ne vit que dans le bruit qui l’empêche de réfléchir, de prendre le temps de s’arrêter pour remplir sa tête de pensées même futiles. Mais maintenant ça lui fait peur les silences et la solitude. Elle n’aime plus rentrer chez elle et s’allonger là, à regarder le plafond aussi vide que la maison, aussi vide que son cœur qui semble sonner creux dès qu’elle se retrouve seule. Il n’y a plus de bulle réconfortante, mais rien qu’un silence qui pèse sur ses épaules et son cœur, elle ouvre les volets en grand et pousse les rideaux pour que la lumière emplisse les pièces, pour qu’il y ai au moins ça, quelques rayons du soleil pour décorer puisqu’il n’y a que ça qui reste. Mais elle se souvient comme c’était bien, autrefois. Alors elle comprend Adrian, elle essaye de le rassurer pour qu’il comprenne que ce n’est rien qu’il dise préférer partir pour le week-end tout de suite, elle le verra une autre fois. Mais c’est Adrian, alors elle n’est pas certaine du tout qu’il ose lui dire non, même s’il en avait envie, même si elle s’en fiche Rosalie, tant qu’elle sait qu’elle le reverra une autre fois, elle n’allait pas lui en vouloir, comment le pourrait-elle ? Souvent elle se dit qu’il est fait de nuages Adrian, des mêmes que ceux qu’elle met dans ses mots, dans son cœur et ça la fait sourire.

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Adrian Goodhart

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MessageSujet: Re: you can’t love anything more than something you miss (r)   Sam 13 Juin - 23:02

La nature avait ce pouvoir magique là : celui d’effacer, même si ça n’était que pour quelques heures, les ennuis du quotidien, de chasser les malheurs qui s’accumulaient et ne laissaient pas de répit à Adrian. On aurait dit qu’ils ne voyaient pas ses épaules ployer sous le poids des responsabilités et qu’ils prenaient plaisir à s’amonceler, attendant qu’il ait fini de se débarrasser d’un problème pour lui en présenter un nouveau sous son nez dépité. Qu’importe s’il frisait l’épuisement et si sa vie lui paraissait extrêmement maussade ? Certes, il l’avait choisi, après tout, pourquoi se plaindre ? Mais plus les jours s’écoulaient et plus Adrian se demandait combien de temps il pourrait tenir. Auparavant, le travail était supportable parce qu’il n’avait pas d’autre perspective mais maintenant que Molly était revenue à Fairview, c’était comme agiter une ficelle devant le regard intrigué d’un chat et la faire disparaitre dès qu’il tendait les pattes. Sauf qu’Adrian n’osait esquisser le moindre geste en direction de l’épouse de son frère parce qu’elle avait justement ce statut et parce qu’il craignait que la moindre maladresse la ferait à nouveau disparaitre. Pourtant, paradoxalement, il fuyait autant que possible son contact, comme celui de Ksenia. Parce que c’était trop douloureux de la voir au bras de Noah, cela le renvoyait à ses échecs et lui donnait envie de tout abandonner pour disparaitre au fin fond de la forêt. Aussi, même si cette échappatoire ne durait que deux jours, Adrian avait le sentiment de pouvoir rayer les Goodhart de sa tête durant cette même période et cela lui suffisait – du moins il l’espérait – pour reprendre une nouvelle semaine, une once de courage retrouvée. « Tu ne m’embêtes jamais, Rosalie » dit-il sur un ton suffisamment grave pour lui faire comprendre qu’il ne disait pas simplement ça par politesse mais qu’il le pensait réellement. Elle devait même être la seule, surtout ces derniers temps, qui pouvait se permettre de surgir à n’importe quel moment sans qu’il ne ressente le besoin de soupirer de lassitude. Il se contenta d’un hochement de tête pour la rassurer. « On avisera en route, alors, proposa-t-il en l’aidant à grimper sur l’équidé. Ils font de leur mieux, comme moi, mais ce n’est pas toujours facile » avoua-t-il en donnant un petit coup de talon au cheval pour qu’il se mette à trottiner en direction de la lisière de la forêt qui bordait la propriété. Il ne pouvait pas en vouloir aux employés de se tourner vers lui quand il était supposé prendre les décisions et régler les problèmes mais il n’avait pas été préparé à la tâche et n’était pas taillé pour le job, il le savait pertinemment. Cela ne l’empêchait pas d’haïr par moment sa vie actuelle. Mais vraiment tu es sûr que ça ne te dérange pas hein ? Si tu veux je reviendrais te voir une autre fois, ce n’est pas grave du tout, vraiment, je préfère que tu oublies tes soucis et que tu te reposes, si tu en as besoin. Pour toute réponse, Adrian pressa le genou de Rosalie. Cela ne dura qu’une poignée de secondes mais cela lui suffit pour vouloir assurer à la jeune femme qu’elle ne devait pas s’en faire. Il culpabilisa d’avoir été si franc, d’avoir pu laisser entrevoir son désir de solitude. Rosalie ne méritait pas qu’il exprime ce genre de sentiment quand elle venait en toute innocence. Alors il se contenta d’une réponse qui éludait ses interrogations : « Accroche-toi ». Le cheval partit au trot sur le sentier puis il dévia vers une légère pente qui montait et disparaissait sous le couvert des arbres. Là, au moins, il serait sûr d’être à l’abri des regards curieux et il aurait le cœur plus léger pour entamer sa retraite comme il se devait. Il apprécia, comme à chaque fois, la sensation que lui procurait les muscles puissants du cheval entre ses jambes et il pencha légèrement la tête lorsqu’il croisa une branche, l’écartant et la relâchant une fois certain qu’elle ne toucherait pas sa compagne de monture. Lorsqu’ils parvinrent sur le haut du relief, le cheval ralentit machinalement l’allure, son pas prenant le rythme d’une promenade agréable. Tournant la tête pour que Rosalie l’entende distinctement, il s’enquit alors, pour changer de sujet et pour faire oublier sa maladresse : « Ça va, toi ? J’imagine que tu dois aussi être débordée. Tu avais prévu quoi, ce week-end ? » Il n’avait jamais été particulièrement doué pour faire la conversation mais comme pour le reste, tout semblait facilité avec Rosalie, comme si par sa seule présence elle apaisait tout ce qui pouvait le tourmenter. Sa gêne était effleurée d’un sourire et se recroquevillait sur elle-même, son besoin de solitude était caressé et se volatilisait, même Molly prenait moins de place dans son esprit encombré quand Rosalie se tenait près de lui. Et puis il y avait quelque chose d’agréable à déceler la chaleur de son corps contre son dos tandis qu’ils s’enfonçaient dans la nature sauvage et pure. À force de se retrancher dans sa misérable vie avec tout ce qu’elle comportait comme contraintes, Adrian en oubliait que le contact de ses amis lui manquait cruellement. Malheureusement, le temps s’écoulait si vite – un paradoxe quand il avait le sentiment que ses journées s’éternisaient et n’en finissaient plus – qu’il ne voyait pas les mois passer et ses amitiés s’estomper avec la distance. « Si ça te dit, on peut se faire un feu, ce soir. J’ai piqué quelques trucs dans les cuisines, chez mes parents… » Un sourire un peu mutin lui éclaira distraitement le visage à cet aveu. C’était probablement le seul travers qu’il s’octroyait mais puisque la cuisinière était la seule de la maisonnée à ne l’avoir jamais méprisé, elle avait toujours un petit quelque chose pour lui. Heureusement qu’il y avait ces gens-là, des gens attentionnés et sans arrière-pensée, comme l’employée de ses parents. Ou Rosalie.

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MessageSujet: Re: you can’t love anything more than something you miss (r)   Mar 27 Oct - 11:51

Les mots d’Adrian la rassure, enlacent son cœur et la font sourire. C’est un sourire tendre, doux comme les nuages. Elle est un peu rassurée, même si elle s’en veut un peu toujours, parce qu’elle n’a pas envie de gâcher son repos, elle sait qu’il en a besoin. « D’accord alors. » Qu’elle souffle tout doucement. Elle se promet de ne pas lui prendre trop de temps. Elle hoche ensuite la tête, pour dire qu’elle comprend, qu’elle imagine bien que ce n’est pas facile. Mais Adrian fait tellement d’effort. Il n’arrête jamais, est toujours là pour le moindre problème, alors il a le droit de s’évader, rien qu’un peu, laisser de côté toutes ces choses à faire, les sollicitations, il a le droit d’oublier pour se reposer. Il balaya ses inquiétudes d’un simple geste rassurant, alors Rosalie posa sa tête sur son épaule, quelques secondes, pour le remercier d’être toujours aussi gentil et bienveillant. A ses mots elle passe ses bras autour de sa taille. C’est Adrian qui lui avait apprit à monter à cheval. Elle était loin d’être experte, mais autrement elle ne serait probablement jamais montée sur un cheval de sa vie. Leurs balades d’autrefois lui reviennent à l’esprit, alors elle sourit, un peu nostalgique. « Ça va oui, toujours. » Elle essaye en tout cas de toujours le laisser paraître. Rosalie tente d’éloigner les pensées grises, les pensées tristes qui s’installent parfois autour de son cœur, celles qui s’y infiltrent tout doucement et qui ne veulent pas la laisser tranquille. Souvent elles arrivent et l’emprisonnent alors qu’elle est seule chez elle à regarder la lumière du jour dehors. Alors il n’y a rien à cacher à personne, elle les laisse aller en espérant qu’elles s’en aillent vite. Mais elle a prit l’habitude le reste du temps de les masquer, depuis toute petite Rosalie cache ses peines pour soigner celles des autres. Parce que leurs problèmes passaient toujours avant les siens, lui ont toujours semblé plus important, même lorsque ce n’était pas le cas. Et elle continue encore, à tout cacher derrière ses sourires rassurants, parce qu’elle doit rester optimiste, calme et douce devant ses patients, toujours. Sa tristesse à elle ne peut pas empiéter sur la leur, ni sur leurs problèmes ou maladies. Alors ça reste caché au fond de son cœur, le temps de rentrer chez elle, et parfois avec un peu de chance, ça disparaît avant qu’elle n’ai le temps de s’en inquiéter. Mais ça ne la dérange pas Rosalie, de taire ses peines quand elles sont là, elle s’y est habituée, elle n’a de toute façon jamais fait autrement. Elle a toujours préféré se tourner vers les autres plutôt qu’on se tourne sur elle, parce qu’elle a besoin des autres pour avancer, des inconnus, ou de ses proches, alors même sans rien avouer, sans rien dévoiler, ils arrivent à soigner son cœur qui pleure. Mais cette fois tout va bien, ce n’est pas un mensonge, les premiers nuages gris qui commençaient à l’entourer se sont volatilisés lorsqu’elle a finalement rejoint Adrian. Alors tout va. Elle hoche la tête et ajoute : « Je voulais le passer à l’hôpital, pour au moins servir à quelque chose là-bas, mais mon corps veut me signifier qu’il en a marre, je crois, alors peut-être que je ferais mieux de me reposer. Je devrais prendre exemple sur toi. » Son soupir se transforme en toussotement sans qu’elle ne puisse l’éviter, et elle sait bien que ce n’est pas seulement la fatigue mais la maladie qui revient. La maladie qui tente de se faire une place plus grande, de gagner un peu de place dans ses poumons qu’elle continue de colorier en gris. Simplement elle ne supporte pas de ne rien faire Rosalie. Elle n’a pas envie de rester allonger chez elle à regarder des images qui ne l’intéressent pas à la télévision. Elle voudrait plutôt rester là, avec Adrian, laisser le temps s’écouler en sachant que ce n’est rien, et puis que tout aille bien. Mais elle sait que c’est impossible, que le temps refusera de lui faire cette faveur, il faudra bien qu’elle retrouve l’hôpital et ses patients, et même s’ils font un peu plus briller son cœur, et qu’elle les retrouve toujours avec plaisir, elle sent bien que les prochains jours n’auront rien d’amusant, parce que son corps ne veut plus la suivre. Mais elle aura le temps d’y penser plus tard. « J’espère que tu pourras te reposer comme il faut toi. Tu le mérites amplement. » Même s’ils ne font pas la même chose, il y a des tas de similitudes entre leurs deux professions, elle sait que l’exploitation lui prend tout son temps, qu’il y consacre toute son énergie, que c’est fatiguant. Alors elle le comprend, peut-être pas entièrement mais un peu, malgré tout, parce qu’elle a l’impression de se voir à l’hôpital. Un sourire soleil se dessine sur ses lèvres en écoutant Adrian. « Super, c’est parfait ! » Elle retrouve son enthousiasme Rosalie, il semblait un peu disparu depuis quelques heures. Elle pose sa tête contre Adrian, se concentrant sur le bruit des sabots du cheval et le paysage qui défile tout doucement. Elle a le temps de tout observer, chaque détail prend forme et c’est reposant, elle a l’impression d’avancer au ralentit. « J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne t’ai pas vu. » Souffle-t-elle tout doucement. C’était surement vrai, parce qu’Adrian était sans cesse à travailler, et Rosalie ne savait pas mieux faire. Mais  finissait toujours par retrouver son ami, alors peut-être que ça n’était pas si important. Adrian était et est toujours là, quoi qu’il arrive. Même si, maintenant qu’il était à ses côtés, elle pouvait se rendre compte qu’il lui manquait, comme lorsqu’elle pensait à lui en espérant qu’il aille bien. « Est-ce que tout va bien ? » C’est une question générale, mais la première qui lui vienne, parce qu’elle s’inquiète toujours pour lui, elle voudrait que ses problèmes s’envolent, qu’il soit tranquille, que son cœur soit paisible. Il a toujours l’air un peu triste, un peu fatigué, ça marque ses traits, elle a peur que ça s’y installe, et elle ne peut rien faire pour l’aider.

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Adrian Goodhart

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: Re: you can’t love anything more than something you miss (r)   Dim 20 Déc - 10:46

Plus le cheval l’éloignait de la propriété, plus Adrian pouvait respirer. Comme si la pression s’évaporait peu à peu, aimantée à ces bâtisses sinistres qui n’avaient d’autre utilité que la production qui enrichissait les Goodhart. Savaient-ils seulement ce qu’enduraient les gens qui travaillaient pour eux ? Avaient-ils conscience du labeur de leurs employés ? De leur fils et frère ? Adrian en doutait et même la brève visite de Noah, quelques jours plus tôt, n’avait pas dû ouvrir les yeux de ce dernier. À moins qu’il sache parfaitement ce qui occupait les journées des travailleurs et s’en fichait tout simplement. Ça n’était pas impossible, c’était même fort probable. Mais Adrian chassa cette interrogation de son esprit en secouant légèrement la tête. À quoi bon se le demander, la réponse lui déplairait forcément et de toute façon, il ne demanderait jamais ces comptes. Il préférait souffrir en silence, dans son coin, plutôt que d’être à nouveau confronté aux siens et à leur attitude incompréhensible. Il ne partageait que leur nom, il l’avait finalement compris et que n’aurait-il pas donné pour en changer, pour ne plus être Adrian Goodhart. Heureusement, la forêt était là pour panser ses plaies internes et psychologiques. Il suffisait qu’il s’évade quelques jours, respire un air pur et plein de délicieuses odeurs pour s’aérer l’esprit et retrouver le courage d’affronter la vie de tous les jours. À chaque fois, le jeune homme s’étonnait de ne pas souffrir de cette solitude-là quand il se sentait si seul le reste du temps. Mais il y avait un gouffre entre être seul parmi les arbres et les chants d’oiseaux et celui d’être étranger à sa propre famille et aux machines qu’il devait manipuler chaque jour. C’était être seul et malgré tout entouré qui était le pire fardeau quand se savoir seul en pleine nature était un soulagement, un bienfait salvateur. Ce soir, cependant, il ne serait pas seul, Rosalie l’accompagnerait et c’était un formidable baume au cœur que d’en avoir conscience. Même si ça ne durait que quelques heures, même s’il devait revenir à la civilisation pour la ramener à sa vie à elle. « Toujours écouter son corps, oui, confirma tristement Adrian avec un petit rire qui ressemblait à un ronronnement. Il est plus responsable que l’esprit, en tout cas ». Une constatation amère qui se perdit au milieu d’un bruissement de feuilles qui agita le cheval. « Oh, tout doux » souffla-t-il à l’intention du cheval pour le calmer. Il pressa la main contre l’encolure de l’animal et sentit la peau s’agiter nerveusement sous sa paume. Un oiseau s’échappa des branches du buisson perturbateur et l’équidé s’apaisa rapidement. Adrian revint à ses pensées et se dit qu’il était bien triste qu’il s’obstine sur cette voie sans issue et qu’il faille que ce soit son corps qui lui dise de freiner un peu la cadence… parce que personne d’autre ne le ferait, c’était certain. N’y avait-il donc personne pour s’occuper de Rosalie, pour lui presser la main et lui dire qu’elle en faisait assez, qu’elle avait droit, elle aussi, à un instant de répit, qu’elle méritait de se laisser aller sans devoir sans cesse se soucier d’autrui ? Malheureusement, il ne pouvait être cette personne parce qu’il était le moins bien placé pour offrir ce sage conseil. Ce serait l’hôpital qui se fout de la charité et cette comparaison lui secoua la poitrine d’un nouveau rire, un peu cynique celui-là. « Tu n’as qu’à rester avec moi. Ils n’auront qu’à se débrouiller un peu sans toi » suggéra-t-il en posant sa main calleuse sur celles de Rosalie qui lui enserraient le ventre. « Qu’ils se rendent compte de la chance qu’ils ont de t’avoir et apprennent à prendre un peu soin de toi ». Parlait-il pour elle… ou pour lui ? Un peu des deux, sans doute. Rosalie et lui étaient si semblables, au fond, que pouvaient-ils faire d’autres sinon se soutenir l’un l’autre ? « Ne t’inquiètes pas, j’ai juste besoin d’être loin d’eux… de tout ça et ça va directement mieux » lui confia-t-il sur un ton un peu triste qu’il aurait voulu plus enjoué. Mais il était incapable de mentir à Rosalie. Et comme si elle sentait sa faculté à tirer tout de lui, sans même qu’il cherche à se dérober, elle mit les mots sur les points douloureux : l’absence, la disparition, la monotonie qu’était devenu son quotidien. « Le temps passe trop vite, hein ? » demanda-t-il en pressant le pas du cheval. L’animal obéit et se mit à trottiner pour franchir une pente un peu plus raide puis revint à son pas normal une fois revenu sur un terrain plus égal. « Je suis désolé, je devrais essayer de revenir un peu en ville pour te voir, pour voir les autres mais je n’y arrive pas… » Il leva les yeux vers le ciel, observa les couleurs qui annonçaient le crépuscule. « … et quand j’y vais, ça ne se termine jamais comme je le voudrais ». Il faisait allusion à ces nuits affolées où il buvait trop, où il cherchait à s’oublier, où il finissait dans le caniveau. Ridicule, lamentable. Mais Rosalie avait peut-être été épargnée par ces informations. Peut-être que personne ne lui avait rapporté la débauche qui cernait Adrian Goodhart lorsqu’il se perdait dans les affres de l’alcool. Il l’espérait du moins. Alors quand elle lui demanda innocemment si tout allait bien, il secoua simplement la tête, ignorant si elle voyait son geste désespéré. « Tu n’as jamais eu envie de changer complètement de vie, demanda-t-il en guise de réponse. Te choisir une nouvelle identité, partir loin, devenir quelqu’un d’autre. Que personne ne sache qui tu es ni d’où tu viens. Avoir le loisir de construire le monde comme tu l’entends ? » Il fit bifurquer le cheval en direction d’un ruisseau et se tut, laissant les mots couler avec regrets au fond de sa gorge. Pourquoi disait-il cela ? En quoi évoquer une vie parallèle leur ferait le moindre bien ? Ce ne serait qu’ajouter des regrets à une vie qui en était déjà pleine. Mais ces derniers temps, c’était tout ce qui occupait l’esprit d’Adrian quand il ne se languissait pas de Molly, quand il ne se maudissait pas de fuir de Ksenia, quand il ne regardait pas le monde évoluer sans lui. Partir. Ne plus être lui. Ne plus se sentir si seul. C’était devenu une obsession et cela semblait avoir été déclenché par le retour de Molly en ville. Les sabots du cheval fendirent l’eau et l’équidé s’enfonça dans les remous. « On y est presque » informa-t-il Rosalie en jetant un coup d’œil derrière lui. « Ça va toujours ? » Une fois arrivés, ils seraient mieux. Une fois arrivés, Adrian n’aspirerait probablement qu’à rester éternellement caché dans cette forêt qui prenait mieux soin de lui que n’importe qui d’autre.

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