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 alors que les nuages défilent (stuart)

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Rosalie Hawkins

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MessageSujet: alors que les nuages défilent (stuart)   Mer 15 Avr - 0:30

Le temps défile tout doucement. Y’a des jours où ça va vite, c’est comme un train lancé à pleine vitesse, elle a à peine le temps de réfléchir, elle arrive à l’hôpital et tout lui tombe dessus, ça occupe son esprit des heures, elle n’a pas le temps de regarder le temps, de se demander où sont les aiguilles sur les horloges un peu partout, dans les chambres et les couloirs. Elle tourne aussi vite que la trotteuse Rosalie, quand y’a pleins de problèmes, quand les choses se compliquent, quand y’a trop de monde, quand les gens vont mal. Mais c’est ce qu’elle préfère, comme ça elle oublie sa tête et les quelques cailloux qui trainent au fond de son cœur. Elle oublie qu’elle existe et s’en remet aux battements des autres, elle s’accroche aux douleurs qu’elle doit soigner, celles qu’elle voudrait faire disparaître en soufflant dessus, ça serait si facile.  Juste de dire va-t’en laisse-le tranquille,  tu peux t’en aller loin, on a pas besoin de toi et puis souffler sur la douleur, sur les malheurs qui trainent partout ici. Rosalie tout ce qu’elle veut c’est les faire oublier, qu’ils s’envolent pour de bon si elle peut, et puis sinon au moins faire comme s’ils n’étaient plus là, juste un peu, le temps qu’elle ferme les yeux sur leur présence au coin du cœur. Elle berce et rassure de sa voix toute douce et calme toujours, qui veut dire tout ira bien, même si vous pensez que non promis ça ira,  peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain ou le jour suivant, mais promis ça viendra. Mais aujourd’hui rien ne va vite, tout est calme, presque endormi et ça lui fait tout bizarre. Elle est heureuse de savoir que le monde va bien, que le monde aujourd’hui a décidé qu’il fallait laisser les autres se reposer des malheurs, qu’ils puissent dormir un peu mieux ce soir. L’inquiétude et les blessures sont remises à demain. Mais en attendant les heures défilent et Rosalie n’a plus que des papiers à remplir. Elle voudrait écrire tout doucement pour que ça passe plus vite, pour pouvoir lever les yeux vers l’horloge près d’elle et se dire il est déjà si tard.  Mais y’en a des tas de papiers alors Rosalie écrit, et puis parfois elle s’occupe des patients qui arrivent, souvent c’est pas grand chose. C’est pas important, c’est des parents inquiets ou des plaies sans gravité. Elle soigne en faisant attention, elle sourit et pose des questions sur leurs vies, elle écoute en souriant du bout des lèvres, et puis elle rigole avec les enfants. Elle aimerait retenir tous les prénoms qui défilent, elle aimerait tant qu’ils restent gravés dans son cœur, sur un grand mur, des noms partout qu’elle gardera en tête pour toujours. Mais tout s’efface, ils restent là un temps, certains plus longtemps que d’autres et puis ça s’en va, comme le reste ça disparaît, ça devient flou et puis un jour ils disparaissent pour de bon, elle oublie les prénoms, les adresses et les âges mais n’oublie presque jamais les visages, même si elle ne pose plus de noms dessus. Alors y’a ses carnets pour se consoler, pour se remémorer, se dire ah oui, c’est vrai, je me souviens maintenant, même si ça s’évapore une fois la page tournée. Mais tant pis, Rosalie se souviendra le temps qu’il faudra de ces prénoms qu’on lui donne, de ces histoires qu’on lui raconte et des sourires qu’on lui offre qui viennent briller dans son cœur. Mais y’a pas beaucoup de sourires aujourd’hui, y’a un peu de vide et les souvenirs qu’elle aimerait mettre de côté. Pourquoi y’a pas des visages pour faire disparaître le sien un peu trop là dans le temps qui rallonge ? Pourquoi t’es là Issa ? J'aimerais reposer mon coeur, rien qu'un peu, encore.  Elle lève les yeux sur la personne qui l’appelle, on a besoin d’elle pour s’occuper de quelqu’un. Rosalie laisse les papiers ennuyants pour plus tard, et puis s’en va, elle passe devant les patients déjà entre de bonnes mains et arrive au lit qu’on lui a indiqué. Elle lance un bonjour tout simple et gentil qui s’envole dans les airs, sans faire attention encore au visage, elle pousse un peu le rideau qui sépare les patients et les histoires et puis elle se retourne finalement pour découvrir son visage. « Stuart ? » Elle se demande si c’est vraiment lui, peut-être que c’est quelqu’un qui lui ressemble beaucoup, y’a des gens parfois elle les regarde et elle se dit qu’ils ont les yeux d’un tel, ou les mêmes expressions qu’un autre. Mais il lui semble que c’est bien lui quand même, Stuart. Elle sourit du bout des lèvres, encore surprise de le voir là. Il revient toujours lorsque son souvenir disparaît sous les visages des autres, sous les jours qui défilent et laisse leurs rencontres loin derrière. « Qu’est-ce que tu t’es fais encore ? » Elle dit ça comme s’il était là tous les jours, qu’elle entendait encore ses histoires à longueur de journée. Alors que non, il reste la plupart du temps un visage du passé, elle ne fait plus que le croiser Stuart, par hasard toujours. Mais elle dit ça parce qu’elle le connaît depuis longtemps, elle pourrait presque dire toujours, en tout cas assez encore pour savoir qu’il ne change pas. « Je vois que tu es toujours le même aimant à problèmes. » Elle sourit encore, amusée, ce n’est pas un reproche, juste une observation. « Attend,  je vais regarder de plus près. » Elle s’inquiète un peu, espère que ça va, que ce n’est pas important, y’a du sang encore qui coule et surement qu’il a mal. Alors elle s’approche tout doucement et observe les blessures avec précaution en fronçant les sourcils, concentrée. Ce n’est pas très joli à voir, mais ce n’est rien de grave. Ca la rassure alors elle repose sur ses lèvres son sourire qui veut dire tout va bien, il ne faut pas s’inquiéter, rien de grave. Ca ira. « Si c’est quelqu’un qui t’as fait ça, j’espère que tu t'es défendu au moins. » Elle pense que rien ne se règle par la violence Rosalie, mais malgré tout, elle n’aime pas voir les gens qu’elle aime blesser, et puis c’est Stuart, alors elle sait bien qu’il s’attire des ennuis et qu’il cache des nuages gris au dessus de sa tête. Elle voudrait les faire disparaître mais c’est dur de souffler sur des nuages trop loin, sur une silhouette toujours caché dans l’horizon derrière elle.

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Dernière édition par Rosalie Hawkins le Jeu 22 Oct - 19:06, édité 2 fois
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Stuart Wingham

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Sam 2 Mai - 16:36

Il leur avait pourtant dit qu’il allait bien. Dès qu’on lui avait enlevé le malabar qui était assis sur ses côtes en lui filant des torgnoles, il avait repris son souffle, hébété par la force des coups. La douleur, il ne l’avait pas ressentie immédiatement, le choc était plus important que les lésions. Comme à son habitude, il avait ouvert sa bouche sans réfléchir et sans anticiper les conséquences de ses mots railleurs. Il n’avait pas vu venir le poing du type. Il le croyait trop bête pour saisir la nuance et il s’était donc détourné de sa victime avec un sourire conquérant aux lèvres. Parce ce que ses paroles avaient eu l’effet escompté : les gens s’étaient esclaffés. Était-ce ce détail qui avait mis la puce à l’oreille de son assaillant ? Peut-être. Probablement. En quelques secondes à peine, les rôles s’étaient inversés et la proie était devenue l’attaquant. Stuart n’avait pas compris ce qu’il se passait, en vérité. Il avait juste aperçu le regard horrifié d’une fille qui avait porté la main à ses lèvres sans émettre le moindre son et quand il avait tourné la tête pour découvrir l’origine de cet air épouvanté, ce sont des phalanges qu’il avait principalement distinguées. Quatre phalanges épaisses et un pouce replié. Puis le contact glacé du macadam. Puis le poids qui avait écrasé ses poumons. Et puis seulement, les coups qui pleuvaient, l’assommant plus qu’ils ne le faisaient souffrir. Sa tête avait heurté le sol à plusieurs reprises et il n’avait même pas ébauché un geste pour se dépêtrer de la prise de son adversaire. S’en serait-il aussi bien sorti si, finalement, deux gars n’étaient pas intervenus, attrapant chacun un bras de l’inconnu pour le tirer en arrière ? Stuart n’y avait même pas pensé alors que sa vie n’avait tenu qu’à un fil durant ces secondes fatidiques. Il aurait pourtant suffi d’un geste trop bien placé pour que son âme s’écoule au même titre que son sang. Mais les choses s’étaient passées trop vite pour qu’il prenne conscience de sa chance et quand il s’était redressé sur les coudes, complètement sonné, il avait eu du mal à se focaliser sur le visage furibond du bonhomme qui était éloigné tandis qu’il brandissait un poing menaçant. Des mains s’étaient ensuite glissées sous ses aisselles et ses pieds avaient retrouvé un semblant de stabilité bien qu’il avait été tout à fait nécessaire qu’on le maintienne debout. Il avait discerné un policier qui lui avait tourné le visage d’un air sévère, comme pour évaluer les dégâts. Instinctivement, Stuart avait voulu parler mais il avait d’abord dû cracher le sang qui lui envahissait la bouche – et avec celui-ci un éclat de dent : « Je vais bien ». Des mots insensés au vu des circonstances et le policier lui avait répliqué qu’il le croyait mais qu’ils allaient quand même faire un arrêt par la case hosto avant d’aller au commissariat. « Oh non, pas le commissariat » avait-il tout juste eu la force de rétorquer avant de perdre conscience.
Il détestait les hôpitaux. Leur odeur, leur population, leur blancheur immaculée – quand elle n’était pas maculée de sang et de boyaux -, leurs sons incongrus, leur côté impersonnel. On aurait pu croire qu’il aurait tout fait pour éviter d’avoir à s’y rendre mais le destin semblait toujours prendre un malin plaisir à l’envoyer là où il redoutait d’aller. Ce soir, cependant, il n’avait pas pu y échapper et il avait mieux compris pourquoi quand l’infirmière l’avait délaissé quelques minutes pour aller remplir son dossier médical. Un coup d’œil dans le miroir le plus proche fit état d’un œil qui ne tarderait pas à prendre toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, d’une lèvre fendue où le sang semblait à peine s’être arrêté de couler, d’une arcade sourcilière ouverte où, là, le sang persistait à rouler en petites gouttes le long de sa joue, de sa mâchoire, puis du creux de son cou avant d’imbiber son t-shirt. Il détailla l’auréole sombre qui mesurait l’intensité du saignement et revint en clopinant vers son lit, une main posée contre ses côtes endolories. Fallait-il qu’en plus du reste, ce gros lourdaud lui ait cassé une côte ? Il n’était pas médecin, cependant et savait qu’une douleur n’inspirait pas forcément l’inquiétude et il se contenta donc d’une légère grimace en se rasseyant. À ce moment-là, une petite demoiselle fit son apparition et un sourire machinal vint ourler sa lèvre, la lui rappelant à son bon souvenir. Aïe. Non, sourire n’était pas une bonne idée non plus, dans son état. « En chair et en os » répliqua-t-il en arquant la bouche bizarrement pour user le moins possible de sa lèvre fissurée. Un haussement d’épaules désinvolte répondit à la question innocente de Rosalie. Comme s’il ignorait ce qu’il s’était passé, comme s’il avait pu se réveiller avec la gueule défoncée, un mauvais rêve, sans doute. Elle n’avait pas vraiment besoin qu’il lui explique, de toute façon, elle connaissait son talent inné pour s’attirer les foudres d’autrui. Un rictus confirma ses pensées : Rosalie n’avait pas besoin qu’il lui fasse un dessin, elle aurait même pu expliquer la scène sans y avoir assisté, il en était certain. Immobile, sage comme un image, il se laissa étudier par les yeux clairs de son amie d’enfance, profitant de cette proximité pour observer ses traits doux, les réimprimer dans sa mémoire, parce que ça faisait des années qu’ils ne faisaient plus que se croiser quand ils partageaient plus enfants. « Tu crois que je vais m’en sortir ? » plaisanta-t-il en la suivant des yeux. « Tu aurais dû voir la tête de l’autre gars, ouais ». Le croirait-elle seulement ? La bagarre, il avait toujours été particulièrement doué pour la provoquer mais pour la finir, c’était une autre affaire. Dans ce cas-ci, en plus, à part un ego froissé, l’autre n’avait pas une égratignure. « Tu vas me recoudre ça ? » s’enquit-il en désignant son arcade d’où le sang continuait à s’écouler lentement. « Et je crois que ce con m’a écrabouillé la cage thoracique, tu crois qu’il faudra faire une radio ? » Et comme pour étayer sa théorie, il souleva son t-shirt imbibé pour dévoiler son torse. Il craignait qu’en baissant les yeux pour guetter un éventuel hématome de la taille du cul de son assaillant, il ravive la douleur qui irradiait insidieusement sous sa peau.

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Mer 6 Mai - 20:43

Elle rit intérieurement de le voir si sage pendant qu’elle s’occupe de lui, il ressemble à un enfant tout calme qui laisse le médecin pédiatre l’ausculter en espérant être assez sage pour recevoir ses bonbons avant de s’en aller. Elle sourit à sa plaisanterie. « Tu as peut-être une chance, mais je ne veux pas te donner de faux espoir. » Réplica-t-elle en plaisantant, tout en continuant d’observer ses blessures avec attention avant d’aller un peu plus loin dans la pièce chercher de quoi nettoyer ses plaies. Elle ne sait pas si elle doit le croire concernant celui qui l’a mit dans un état pareil, mais elle suppose plutôt que non, parce que c’était toujours pareil avec Stuart, expert pour se mettre dans de mauvaises situations et pour les provoquer, mais pas autant pour les arranger. Mais elle ne dit rien, hoche la tête pour faire comme si elle y croyait. Elle retourne près de lui, l’air désolée pour répondre déjà un peu à sa question. « Oui, je suis désolée, mais ne t’inquiètes pas, tu ne sentiras rien c’est promis. » Elle l’écoute attentivement et observe son torse lorsqu’il soulève son t-shirt, il y avait un hématome qui laissait penser qu’il pouvait avoir une côte cassée. « On pourra faire une radio pour vérifier mais je pense qu’il t’a fracturé une côte effectivement Elle pose sa main à l’endroit de l’hématome. Ça te fait mal quand j’appuie ? Et quand tu respires, ça fait un peu mal ? » Qu’elle demande tout en appuyant dessus, un peu autour aussi, sans trop forcer. Elle ne s’inquiètes pas trop, elle sait que ça fait très mal mais c’est rarement important, la douleur n’est pas représentative de la gravitée. « Tu vas devoir te reposer quoi qu’il arrive d’accord ? N’essaye pas de t’attirer des ennuis encore. » Elle le regarde en parlant presque comme à un enfant. Il avait beau être le plus grand des deux, elle gardait de lui l’image de l’enfant avec qui elle s’amusait autrefois, qui partait à l’école avec elle et qui rentrait le soir pour rire jusqu’au coucher du soleil. Au mieux il restait l’adolescent turbulent, celui qui s’éloignait un peu déjà, qui prenait un autre chemin que le sien et lâchait sa main. Mais elle avait toujours voulu le protéger, n’avait jamais su comment, mais elle voulait qu’il aille bien, simplement. Elle ne pouvait pas le considérer comme adulte avec le comportement qu’il avait, lorsqu’elle pose les yeux sur lui, elle retrouve le même sourire que celui qu’il avait autrefois, et ça lui fait du bien de revoir tout ça, même si à l’époque il n’avait pas la lèvre fondue à cause d’une histoire qui avait mal tournée. « Fais attention à toi au moins le temps que ça s’arrange, sinon tu vas devoir revenir ici en encore plus mauvais état, ça sera plus une simple infirmière qui devra s’occuper de toi. Promis ? » Elle resta quelques instant à le fixer tentant d’être convaincante. Elle voudrait qu’il l’écoute rien qu’un peu, parce qu’elle était tout sauf certaine qu’il ferait ce qu’elle lui demandait. Peut-être qu’il dirait oui oui, d’accord promis, et dès qu’il aurait un peu moins mal recommencerait les mêmes histoires. « Bon, je vais d’abord m’occuper de ta lèvre. » Elle prit de quoi nettoyer la blessure afin de désinfecter délicatement et faire disparaître le sang séché. « En attendant garde ça pour éviter que tu mettes du sang partout. » Lui dit-elle en posant une compresse dans sa main avant de la poser elle même tout doucement sur son arcade, pour ne pas lui faire mal encore. « Il ne fallait pas te donner tant de mal pour me voir tu sais, il suffisait juste de passer ici, je ne m’occupe pas que des malades et des blessés, je peux aussi voir ceux qui vont bien. » Elle sourit, en plaisantant. « Mais je suis vraiment touchée de voir que je te manquais au point de te laisser bousiller le visage juste pour que je m’occupe de toi. » Elle lui glisse un sourire complice tout en continuant de s’occuper de sa blessure. Son sourire reste accroché là, même si ça lui fait de la peine en pensant que Stuart n’est qu’un souvenir du passé qui réapparait parfois, de temps en temps, au hasard des jours, jamais bien longtemps. Il a disparu comme ça, comme le vent, elle l’a vu s’éloigner toujours un peu plus loin sans qu’elle ne puisse rien n’y faire. C’était comme si elle regardait du pont le voilier s'en aller en sachant que nager pour le rattraper ne servirait à rien. Tout ce qu’elle pouvait faire c’est faire des signes de la main et puis voilà, le regarder s'éloigner sans un mot, devenir tout petit pour n'être plus qu'un souvenir qu'on regrette. Alors ça lui fait du bien, quand il réapparait, comme par magie, tous ses souvenirs reviennent d’un coup, et ça la fait sourire encore, alors que le silence s’installe quelques instants. Elle se rend compte qu’elle doit sourire bêtement, et sans raison apparente, perdue dans ses pensées, alors elle pose un pansement cicatrisant sur la plaie maintenant désinfectée. « Et voilà, comme ça pas de cicatrice ! »

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Dim 31 Mai - 17:27

Il aurait pourtant dû s’y faire, à la douleur, ou au moins apprendre à l’éviter. Mais c’était comme s’il était doté d’un aimant interne à emmerdes. Quoi qu’il arrive, où qu’il aille, Stuart trouvait toujours le moyen d’attirer l’attention de quelqu’un qui finirait tôt ou tard par lui asséner une bonne raclée. À chaque débandade et atterrissage à l’hôpital, c’était la même ritournelle, la même que celle du type qui a trop bu et qui se réveille avec une gueule de bois monumentale et se jure qu’on ne l’y reprendra plus. Stuart, il faisait ces mêmes promesses. Il avait compris la leçon, plus jamais il ne dirait un mot de travers, plus jamais il ne finirait avec la bouche et/ou le nez en sang. Mais au final, il y avait plutôt de quoi se dire que c’était un miracle s’il avait encore toutes ses dents et que son nez n’avait pas pris la forme de celui d’un boxeur. « C’est tout ce qui compte » assura-t-il, souriant, ravi d’avoir pu créer un certain amusement chez son amie, même si celui-ci s’apparentait à de la moquerie. Il s’en fichait parce que c’était Rosalie et que Rosalie n’était jamais mauvaise, même lorsqu’elle souriait à ses dépends. Il l’avait cherché, après tout, c’était la dernière conséquence pour s’être fourré dans une situation aussi grotesque. « De toutes façons, avec tes doigts de fée, je suis sauvé » dit-il, volontairement flatteur en l’observant évoluer dans ce milieu qu’il exècrait tant et pour lequel elle semblait pourtant faite. C’était son univers à elle et c’était bien la seule chose d’agréable dans le paysage de l’hôpital. Il haussa les épaules d’un air désinvolte à son air désolé, voulant se donner un air dur avant d’arguer : « C’est la rançon de la gloire… » Quelle gloire ? Il n’y en avait aucune à s’être fait tabasser par un type au QI ravagé mais Stuart avait le don pour user de la nonchalance quand, paradoxalement, il était aussi très doué pour dramatiser quand cela l’arrangeait. Aujourd’hui, cependant, il était d’humeur taquine et la vue de Rosalie n’y était probablement pas étrangère. Peut-être que s’il s’était agi d’une autre infirmière, il se serait mis à geindre et à se faire plaindre jusqu’à pousser à bout le personnel médical. Qu’elle lui donne du courage ou lui ôte l’envie de faire le sale gosse, Rosalie avait un pouvoir magique en ce qui le concernait, c’était certain. « Ah, le connard,  maugréa-t-il lorsque son amie lui confirma les risques d’avoir une côté abimée.  Il était énorme, en même temps, ce lourdaud. Aïe ! Oui, ça me lance, grimaça-t-il en retenant son souffle et en fermant les yeux. Surtout quand tu appuies dessus ». Il n’avait jamais eu de côte fêlée par le passé mais la sensation était particulièrement désagréable et il s’empressa de rabaisser son t-shirt pour ôter à Rosalie toute envie de poursuivre son examen. « Parce que tu crois que ça me plait de m’attirer des ennuis ? » demanda-t-il, la question était bien évidemment tout à fait rhétorique mais il savait que sur ce point, Rosalie n’avait pas besoin qu’on le lui fasse remarquer.  Et lorsqu’elle lui fit un sermon – car aussi doux fût son ton, cela restait un sermon aux oreilles de Stuart – il la regarda en silence. Réalisant qu’elle attendait peut-être une réponse, il inspira un grand coup et grimaça quand l’air qui ouvrait ses poumons provoqua un pincement au niveau de ses côtes mais souffla tout de même : « Promis ». Les promesses n’avaient jamais été son fort et, assurément, celle-là ne serait pas facile à tenir mais si ça pouvait un peu apaiser l’éventuelle inquiétude qu’elle ressentait à son égard, Stuart était prêt à promettre n’importe quoi. Car si Stuart Wingham semblait ne jamais se soucier de rien, c’est peut-être parce qu’il se souciait trop et qu’il était une éponge à sentiments. Visiblement satisfaite de sa réponse, elle se lança dans le soin méthodique de ses plaies et il pinça les lèvres, appréhendant la piqûre du désinfectant, malgré l’air bravache qu’il se donnait et obéit lorsqu’elle lui ordonna de maintenir la compresse contre sa tempe ensanglantée. « Arrête, ça fait mal quand je ris » gloussa-t-il en réponse à son petit air narquois. Oh, comme il devait avoir l’air malin, là, assis sur le bord d’un lit d’hôpital avec une petite blonde qui s’affairait autour de lui comme une abeille, nettoyant le sang, désinfectant la plaie, lui redonnant un air humain et moins pathétique. « Merci, souffla-t-il avec sincérité. Promets-moi que tu ne vas pas appeler Elijah, hein ? J’aurai déjà assez à me défendre quand il me verra dans cet état, je n’ai pas besoin de le voir débarquer ici, avec son air alarmé, d’accord ? » Parce que la dernière fois que son frère avait volé à son secours, Stuart s’était senti plus mal que jamais, ridiculisé par l’acte gratuit de son ainé. Et il se détestait d’avoir été noyé par cette vague de ressentiment qui ne cessait de grandir avec le temps, l’emportant toujours plus loin à la dérive à chaque sauvetage qu’il n’avait pas demandé. Rosalie connaissait Elijah, elle serait peut-être prompte à lui passer un coup de fil dès qu’elle quitterait son chevet et Stuart se sentait incapable d’affronter le regard consterné d’Elijah. Pas ce soir. « Ni lui ni moi n’avons besoin de ça » ajouta-t-il pour finir de convaincre son amie de ne pas mêler son frère à cette histoire. « Tu travailles encore longtemps ? T’as pas envie de faire un truc quand tu auras fini de recoudre tous les couillons de mon genre ? » Il esquissa un sourire en coin qui se voulait charmant mais avec la tronche qu’il devait avoir, ce devait être plutôt raté.

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Ven 5 Juin - 23:15

Ses compliments la font sourire autant qu’ils la font rire, parce qu’il s’agissait de Stuart, et qu’elle était obligée de laisser tomber son sérieux. Il suffisait de le regarder pour sourire, et il ajoutait quelques rayons du soleil à ceux de Rosale. Même si elle était obligée de lui faire un peu mal, alors elle pose ses yeux peinés sur lui. « Je suis désolée. » Elle fit une grimace compatissante, ne voulant pas lui faire plus de mal qu’il ne devait en ressentir déjà. Mais elle n’avait pas le choix hélas, alors elle fit aussi vite qu’elle le pu. « Je sais bien, mais je te dis juste de faire attention, je n’ai pas envie qu’on t’abîme encore. » Ça lui faisait de la peine, de le voir dans cet état là, malgré qu’il reste exactement, avec quelques plaintes en plus, elle préférait le voir sans blessures, ni hématomes. Alors sa promesse la rassure un peu, elle sourit parce qu’elle voudrait croire qu’il fera attention, rien qu’un peu, le temps de se soigner. Et les promesses, même non tenues, apaisent son cœur. Elle  souffla un pardon, même si elle ne put s’empêcher de rire à son tour. Elle releva les yeux vers lui lorsqu’il parla d’Elijah, fronçant les sourcils. « Pourquoi voudrais-tu que je le dise à Elijah ? Qu’elle demande sincèrement. De toute façon tu peux raconter tout ce que tu veux ça restera entre les quatre murs de la pièce, secret médical. » Elle n’avait aucune raison de le faire. C’était facile pourtant, il lui suffisait de prendre son téléphone et s’il s’agissait de son frère, il arrivait immédiatement, Rosalie le savait parfaitement. Pourtant l’idée ne lui a pas même traversé l’esprit, parce qu’il s’agissait de Stuart, et prévenir Elijah ne ferait peut-être qu’empirer les choses. Si la situation avait été plus grave elle l’aurait fait sans hésiter, mais puisqu’il s’en tirait plutôt bien, malgré ses blessures, elle n’avait pas besoin de tenir au courant Elijah de toute la vie de son frère. « Mais promis, je ne dirais rien. » Qu’elle ajoute, pour lui dire qu’elle n’avait pas besoin de secret médical pour garder ça pour elle. C’était la vie de Stuart, et même si Elijah souhaite sans cesse le protéger et venir à son secours, elle n’est pas certaine que ce soit toujours la meilleure solution, pour avoir vu les problèmes que pouvaient causé toutes ces histoires entre eux de près, elle parlait en connaissance de cause. Alors elle ne dira rien, parce qu’elle voulait croire que Stuart pouvait se débrouiller sans lui. Elle regarde l’horloge à sa question et sourit à la vue de son sourire en coin un peu bancal, dans son état. « Normalement, j’ai bientôt terminé. » Qu’elle répond simplement, avant de se reprendre prenant un air presque sérieux et grave. « Mais dis moi d’abord ce que tu veux dire par “faire un truc“, que tu ne me fasses pas faire n’importe quoi. » Elle le connaissait depuis le temps Stuart, alors elle préférait être prudente. Mais, elle ne l’avait pas vu depuis tellement de temps, qu’elle aurait pu quasiment tout accepter pour passer un peu de temps avec lui encore, avant qu’il ne disparaisse de nouveau de sa vie. « Et puis je dois déjà m’occuper de recoudre ça. » Qu’elle ajoute en désignant son arcade. Alors elle enlève sa main toujours posée dessus, délicatement, pour s’occuper de nettoyer correctement la plaie, maintenant que le sang ne coulait plus. « Bon, ça risque de piquer un peu rien qu’une seconde, le temps que je t’anesthésie, mais promis après tu ne sentiras plus rien. » Elle retrouve son sourire rassurant, un peu compatissant le temps de quelques secondes, tout restant concentrée sur sa blessure. Normalement il devrait à peine sentir quelque chose, mais elle ne faisait que répéter ce qu’elle disait sans cesse. « J’y vais. Et elle attrape la seringue tout en continuant à parler, pour qu’il se concentre sur sa voix et non l’anesthésiant qu’elle était en train d’utiliser. Je te rappelle d’ailleurs que tu dois encore faire une radio pour tes côtes, et que tu dois te reposer. Comme ça je pourrais veiller sur toi encore quelques temps aujourd’hui, c’est parfait. » Même lorsqu’elle se concentre, Rosalie garde son sourire apaisant collé sur ses lèvres, toujours, comme s’il ne partirait jamais. « Et voilà. » Qu’elle dit simplement avant d’attraper le fil à suture pour finalement commencer à recoudre délicatement son arcade. Elle reste silencieuse quelques secondes, concentrée sur ses gestes minutieux, pour être certaine que tout soit parfait. « N’empêche que je trouve que tu t’en sors bien, et puis c’est la première fois que je te retrouve à l’hôpital, même si j’imagine que tu fais en sorte de ne pas y aller, même lorsque tu devrais, elle s’arrête volontairement un instant pour appuyer ses derniers mots, et j’ai dû te rater plusieurs fois, mais, ça me rassure un peu de ne t’y voir qu’aujourd’hui. » Parfois elle se demande ce qu’il devient Stuart, elle aimerait savoir qu’il va bien, et même si elle peut toujours demander à Elijah, elle sait aussi qu’il ne va pas tout lui raconter, et que ça ne sera jamais pareil que si elle le côtoyait encore souvent. Alors c’est difficile de s’assurer qu’il va bien, lorsqu’il n’est qu’une ombre qui passe au hasard du temps. Parfois elle cherche son nom parmi les patients, regarde les noms sur les dossiers en espérant qu’il n’apparaisse pas, et ce ne fut jamais le cas encore, alors ça lui permet de se dire que ça va, qu’il n’y a rien de grave. Elle a peur toujours Rosalie, de trouver quelqu’un qu’elle aime dans un mauvais état, ça l’inquiète, alors elle regarde toujours, même si cela ne lui cause que des frayeurs inutiles. Au bout de plusieurs minutes elle termine finalement de couper le dernier bout de fil dans un sourire, encore. « Voilà, c’est fini ! Il faudra que tu reviennes dans une semaine pour qu’on enlève les fils d’accord ? Mais normalement, tu es réparé. C’est bon, je ne t’ai pas fait mal ? » Elle pose des yeux soucieux sur lui, vérifiant encore une fois que tout allait bien pour sa lèvre et son arcade. « Il ne restera plus qu’à faire ta radio, et c’est bon. »

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Dernière édition par Rosalie Hawkins le Jeu 22 Oct - 14:41, édité 1 fois
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Stuart Wingham

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Dim 14 Juin - 12:07

Il n’y avait guère que Stuart pour mettre aussi vite de côté ses blessures pour penser à l’après. L’après hôpital. Parce qu’il détestait se tenir là, à la merci des médecins et des doigts de Rosalie, quand bien même celle-ci faisait de son mieux pour ménager sa douleur. Cela ne lui avait certes pas servi de leçon, ses précédents séjours dans des draps immaculés et aseptisés mais ça ne rendait pas l’attente moins pénible lorsqu’il se retrouvait dans cette situation. De plus, la sensation de déjà vu ne le quittait pas et c’était comme si toutes ses anciennes blessures se réveillaient pour lui rappeler que ce n’était pas la première fois qu’il jouait au con. Pire, si certaines cicatrices étaient plus récentes, il y avait des douleurs qu’il ne s’expliquait pas et qu’il trimballait avec lui à chaque fois. Il avait mal à des endroits où il n’avait jamais été recousu ou blessé et quand il en parlait au médecin qui s’occupait de lui – un différent à chaque fois, bizarrement – l’homme de science effectuait les examens nécessaires et concluait, comme tous ses confrères avant lui, qu’il n’avait aucune explication en ce qui concernait cette souffrance interne. Stuart n’avait pas besoin de chercher plus loin, il décelait parfaitement la lueur sceptique de ceux qui le soignaient. Soit ils s’imaginaient qu’il faisait tout un plat de rien, soit qu’il cherchait à se faire remarquer, comme si sa présence à l’hôpital ne suffisait pas. Alors il n’évoquerait pas ces problèmes-là avec Rosalie, il était hors de question qu’elle rejoigne la horde de gens qui le considéraient comme un être déséquilibré et peut-être même un peu fou. « Parce que tout le monde appelle toujours Elijah à la rescousse. Elijah Wingham, ce héro » soupira-t-il, une pointe de cynisme dans la voix en regardant au loin. Oui, à chaque fois, Elijah était convoqué à son humiliation et cela ne datait pas d’hier puisque les souvenirs les plus lointains de Stuart remontaient à l’école primaire, quand son ainé, alors à peine plus âgé que lui, était appelé au bureau du principal pour discuter de ce qu’il advenait de faire avec Stuart. Tout le monde connaissait la situation familiale des Wingham et si, au final, Stuart s’en sortait toujours mieux quand c’était Elijah qui négociait que lorsque c’était son père qui apparaissait, le jeune garçon avait toujours gardé cette rancœur en lui. Elijah le responsable versus Stuart l’irresponsable. Le bon garçon contre le garçon médiocre. Alors peut-être que Rosalie aurait gardé le secret mais Stuart le savait, mieux valait prévenir que guérir. Son air renfrogné prit une teinte indignée lorsqu’elle voulut d’abord savoir ce qu’il désirait faire plus tard. Que tu ne me fasses pas faire n’importe quoi. « Mais je sais pas, moi, un truc, peu importe, je m’en fous » gronda-t-il, esquissant un mouvement pour appuyer le fait que ça le blessait qu’elle pose une telle question. Pourquoi tant de méfiance ? « Mais si tu ne veux pas, dis-le tout de suite, c’est plus simple » dit-il, son visage se tordant d’une grimace quand ses côtes grincèrent sous l’énervement. « D’accord, d’accord, fais ce que tu as à faire » marmonna-t-il d’un ton boudeur en évitant soigneusement de la regarder, pour bien lui faire sentir qu’il lui en voulait de ne pas lui faire confiance. À aucun moment son état actuel ne l’incita à revoir sa position. Ses ennuis, après tout, il en était persuadé, il les attirait toujours quand il était seul mais dès qu’il avait de la compagnie, il se tenait à carreaux. C’était peut-être là leur tort : ils auraient dû veiller à ce qu’il ne se retrouve pas tout seul au milieu de la foule, cela leur éviterait bien des inquiétudes. Mais ils avaient tous leur petite vie et ne se souciaient de ce qu’il pouvait bien faire que lorsqu’il était trop tard. Comme maintenant. Il se laissa toutefois docilement faire et retira sa main lorsqu’elle voulut s’occuper de son arcade cisaillée. « Mmh-mmh » fut tout ce qu’il émit comme approbation lorsqu’elle l’avertit que ça risquait de piquer au moment où elle allait anesthésier. Concentré sur la brûlure de son ego, il sentit à peine la piqûre et seule sa paupière cilla lorsque le picotement se répandit. Il ne réagit pas plus à la mention de la radio – pourtant, qu’est-ce qu’il détestait passer sous les machines, ça réveillait une sorte de claustrophobie qu’il ne ressentait jamais ailleurs – et attendit qu’elle ait terminé son travail de couturière sans piper mot. Cela aurait dû mettre la puce à l’oreille de la jeune femme mais elle était apparemment trop absorbée par sa tâche pour remarquer quoi que ce soit, ce qui ne fit qu’accentuer la morosité de Stuart. Il pinça les lèvres devant l’inconscience de son amie et c’est peut-être ce qui le radoucit légèrement. « Je ne viens jamais de mon plein gré » lâcha-t-il, cynique. Ce soir, il ne serait d’ailleurs probablement pas venu si le policier n’avait pas décidé pour lui de faire un arrêt par les urgences. L’homme devait sans doute patienter non loin de là pour s’assurer qu’il ne filait pas en douce et en réalisant ça, Stuart sut que même si Rosalie avait accepté sa sortie après le boulot, il y a peu de chance que celle-ci ait pu avoir lieu. « Tu ne veux pas plutôt me les enlever chez moi ? Je n’ai aucune envie de revenir ici ». Un frisson lui parcourut l’échine à l’idée de devoir repasser ces portes coulissantes alors qu’il n’avait plus rien à se faire recoudre. « Allons-y, autant en finir tout de suite » déclara-t-il bravement en se redressant avec précaution, sans se demander s’ils pouvaient y aller maintenant ou s’ils devaient attendre qu’on vienne le chercher. Tirant prestement sur le rideau, il chercha des yeux son gardien et l’avisa assis dans la salle d’attente, le regard fixé droit sur lui. Dépité, Stuart lui adressa un sourire et un salut de la main. « Eeeet il est toujours là, lui » dit-il en grinçant des dents. Pris d’une inspiration soudaine, il feignit d’avoir un brusque élancement au niveau des côtes et il passa son bras libre autour des épaules de Rosalie. « C’est par où ? » Forçant la claudication, il s’arrangea pour prendre une direction opposée à son gardien, le corps légèrement en appui sur celui de son amie. « Je crois que de toute façon, notre sortie est compromise, même si tu avais décidé que ça en valait le coup » fit-il, sur un léger ton de reproche, n’ayant pas complètement oublié sa bouderie de quelques instants plus tôt.

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Mar 27 Oct - 11:50

« De toute façon tu n’as pas besoin d’Elijah mais de points de sutures, et pour le coup il ne risque pas de les faire plus parfaitement que moi, donc je serai le héro cette fois-ci. » Elle plaisante, souriant du bout des lèvres, même si elle comprenait son agacement. Parce que Stuart a toujours été considéré comme un irresponsable, alors on appelle Elijah, pour expliquer, pour régler les choses. On a toujours appelé quelqu’un pour aider Stuart parce qu’on considérait qu’il ne pouvait pas s’occuper des choses tout seul. Et même si c’est parfois vrai, elle imagine que ça doit être fatiguant pour lui, parce que les choses ne changent pas, elles reviennent toujours au même point, Stuart dans les esprits reste un enfant. Elle a toujours essayé de penser le contraire, le défendant lorsqu’ils étaient plus jeunes, tentant de lui trouver des excuses, réussissant toujours à conclure que c’était la faute de quelqu’un d’autre, à autre chose. Mais elle avait dû oublier parfois, sans vraiment s’en rendre compte, sans vraiment le vouloir, pour finalement voir les choses comme les autres. Et probablement qu’aujourd’hui encore elle le prendrait de haut, et le considèrerait comme irresponsable, surement qu’une part d’elle le pense, toujours, et elle s’en veut un peu. Parce qu’elle ne fait finalement que réfléchir comme les autres. Peut-être que c’est pour ça aussi qu’ils se sont éloignés, et qu’au fil des jours Stuart a prit un chemin différent du sien. Elle n’en sait rien mais c’est de toute façon trop tard. Elle sait que Stuart n’est qu’un souvenir du passé qui revient parfois, et qui repart, parce qu’ils n’ont plus grand chose en commun, hormis les journées d’enfants passées ensembles. Et l’instant d’après, comme pour confirmer ses pensées, Stuart s’agace sans qu’elle ne comprenne pourquoi, elle imagine bien que c’est de sa faute, mais elle ne saurait expliquer ce qu’elle a pu dire ou faire de mal. « Mais non, bien sûr que je veux. » Sa voix est plus douce encore, pour essayer de se rattraper, parce qu’elle est désolée. Elle s’en veut mais se laisse absorber par son travail l’instant d’après, concentre toute son attention sur ses gestes. Ils sont contrôlés au millimètre près, elle veut que tout soit parfait, comme à chaque fois, mais encore plus cette fois-ci, parce que ce n’était pas qu’un simple patient inconnu qu’elle ne reverrait probablement plus jamais. Alors Rosalie s’applique pour qu’il ne garde aucune trace de sa blessure, ou en tout cas, qu’elle soit la plus discrète possible, qu’on la remarque à peine. « J’imagine bien. » Qu’elle répond simplement, soupirant un peu. Elle se retint de lui expliquer tous les risques à ne pas se soigner et garder des blessures et douleurs pour soi en attendant que ça passe. Elle aurait pu lui réciter tous ses phrases d’infirmières, celles sur les infections de plaies non désinfectées, sur les maux qui persistent même lorsqu’il n’y a plus de douleurs et toutes les autres, mais elle ne dit rien, parce qu’elle savait qu’il était au courant, on avait dû lui répéter déjà et il n’était pas difficile de deviner que cela ne changerait rien. Lorsqu’il lui demande s’il est obligé de revenir à l’hôpital  pour enlever ses sutures, Rosalie soupire légèrement encore, même pas par agacement, parce qu’elle garde un léger sourire au coin des lèvres, c’est simplement un réflexe. « Si tu ne veux vraiment pas revenir, je peux. Mais, seulement si tout va bien, sinon je devrai te ramener ici, même si tu n’aimes pas ça. Ça te va ? » Au fond elle comprenait, personne n’aime aller à l’hôpital, ça n’a rien d’amusant, c’est parfois angoissant. Il n’y a qu’elle pour le trouver apaisant, malgré l’effervescence permanente, malgré les urgences, et les machines qui bipent sans interruption. Enlever des points de suture n’avait rien de compliqué, elle pourrait presque le faire les yeux fermés, alors elle essaye d’être conciliante. Stuart n’attendit pas que l’infirmière lui dise quoi que ce soit pour se lever, et s’avança directement avant de faire un signe de la main en direction de la salle d’attente. Elle suivit son regard qui se posa sur un homme le fixant l’air pas très aimable, qui devait probablement être un policier à voir sa tenue. Concentrée sur l’homme qui ne lâchait Stuart des yeux, elle fut surprise lorsque ce dernier eu tout d’un coup un élancement, attrapant sa main sur son épaule, et passant son bras autour de lui pour le soutenir. Elle le guida jusqu’au couloir où se trouvait les salles de radiologie. « Est-ce que ça va ? » Sa voix laissa percevoir son inquiétude. Tout semblait pourtant aller l’instant d’avant, et sur le point de s’énerver sur le fait qu’il s’était levé trop vite, elle prit le temps de réfléchir une seconde sur la situation. « Attends, tu as vraiment mal ou bien tu fais semblant à cause de l’autre ? » Elle demande mi-inquiète mi-suspicieuse, parce qu’elle est crédule Rosalie, mais de l’autre côté il s’agit de Stuart, alors les deux réponses sont envisageables. « Il n’y a rien que je puisse faire pour qu’il te laisse tranquille ? » Elle n’en sait rien Rosalie, elle n’a jamais eu de patient avec un policier l’attendant juste à côté. « J’en sais rien, dire que tu dois absolument rester en observation cette nuit, ou quelque chose comme ça ? C’était pas non plus un incident majeur et dramatique, si je raconte que tu es blessé il laissera peut-être tomber, non ? Surtout que ça ne serait qu’un demi mensonge, il suffit de voir ton état. » Dit-elle en désignant son visage. Si elle pouvait l’aider elle le ferait, mais elle n’était pas certaine que ce soit possible. Elle n’était pas là au moment de l’altercation mais ça lui semblait malgré tout assez exagéré de « Peut-être qu’il se dira que tu as déjà eu ton compte et te laissera tranquille. Non ? » Et elle haussa les épaules, sans savoir vraiment si elle pouvait faire quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: alors que les nuages défilent (stuart)   Lun 23 Nov - 10:11

Si certains trouvaient Stuart insupportable, ils n’avaient aucune idée du calvaire qu’il faisait vivre à ses proches. Car entre assister aux frasques du jeune homme et être directement touché par celles-ci, il y avait une marge. Parce qu’il n’y avait qu’avec ceux en qui il avait confiance que Stuart pouvait se montrer impossible et ce soir, ce n’était pas Elijah qui en faisait les frais mais Rosalie. La jeune femme faisait preuve d’une patience d’ange avec le blessé récalcitrant et même si elle argua qu’il avait davantage besoin de points de sutures que de son ainé, Stuart haussa les épaules, persuadé qu’à un moment ou un autre, Elijah surgirait comme par magie dans le hall, à sa recherche. C’était inévitable, ça se passait comme ça à chaque fois. Et si ce n’était pas l’appel de Rosalie qui faisait venir le metteur en scène, ce serait celui de quelqu’un d’autre : une infirmière qui connaissait l’énergumène, un policier qui prévenait Elijah ‘juste pour qu’il soit au courant qu’on avait encore ramassé son frère après une bagarre’, une connaissance qui aurait assisté à la fameuse bagarre et aurait envoyé un message à Elijah comme s’il s’agissait d’une plaisanterie. Même si, par miracle, personne ne tirait Elijah de son lit ce soir, la nouvelle ferait son chemin, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à ses oreilles et Stuart en entendrait forcément parler, tôt ou tard. Pour le moment, cependant, il s’en tenait aux soins prodigués par une petite fée qui ne méritait pas qu’il se comporte ainsi. Toutefois, bien qu’il ait conscience d’exagérer, Stuart ne parvenait pas à calmer sa colère. Seul le silence pouvait le préserver d’une remarque désobligeante qui blesserait son amie – l’une des rares qui continuaient à lui adresser la parole quand toutes les autres levaient les yeux au ciel et se détournaient de lui. Il ne crut pas vraiment à sa réplique. Elle lui assurait que, bien sûr, elle voulait mais comment pouvait-il la croire quand il y avait neuf chances sur dix qu’elle disait cela juste pour ne pas l’entendre se plaindre encore plus ? Il se rendait bien compte qu’elle avait le droit d’aspirer à autre chose qu’à une compagnie comme la sienne, surtout après une journée de travail qui devait avoir été harassante. Néanmoins, en bouc émissaire attitré de bien des gens, Stuart partait du principe qu’on faisait rarement quelque chose de son plein gré dès qu’il était concerné et que tous ceux qui se souciaient de lui le faisaient par instinct de protection, parce qu’il n’était qu’un pauvre nigaud irresponsable, voilà tout. Il n’y pouvait rien… Avait-il conscience qu’il se montait la tête tout seul lorsque Rosalie n’avait rien fait pour le mettre dans cet état ? Que seule sa culpabilité vis-à-vis d’Elijah jouait un rôle dans son humeur massacrante ? Peut-être. Après tout, Stuart n’était pas aussi obtus qu’il le laissait paraitre. Par contre, il était assez égoïste pour nier l’évidence, pour ravaler sa lucidité, pour ne pas pardonner les maladresses de ceux qui ne savaient pas toujours comment se comporter avec lui. Il n’y avait qu’Elijah qui sache y faire et encore, Stuart laissait souvent penser le contraire en se cachant derrière une attitude encore plus revêche qu’en temps ordinaire, comme pour faire payer triplement à son ainé sa présence et son attention. Un paradoxe qui meurtrissait Stuart à chaque fois qu’il prenait deux minutes pour regretter ses gestes et ses paroles. « Oui, Docteur » marmonna-t-il entre ses dents lorsqu’elle consentit à lui enlever les fils chez lui, à condition qu’il revienne si quelque chose n’allait pas. Une promesse qu’il ne tiendrait pas, il le savait, et il espérait même qu’elle n’ait plus à devoir s’attarder sur lui si la situation devait se répéter. Ça aurait été différent s’il n’avait pas connu Rosalie comme une amie d’enfance. Certes, ils n’étaient plus aussi proches qu’auparavant et pouvaient même pratiquement passer pour des inconnus tant leurs vies divergeaient à présent, mais ça restait un visage familier, une fille qui en savait plus sur lui qu’il ne voulait l’admettre. Parce qu’elle avait assisté à nombre de ses déboires et ça faisait d’elle un témoin inhabituel. Il changea toutefois de tactique lorsqu’il vit le garde-chiourme et en oublia presque sa mauvaise humeur en feignant une douleur soudaine – mais la feignait-il réellement ? Et quel était son plan, si seulement il en avait un ? Comme souvent, Stuart se contenta d’improviser et quand Rosalie l’interrogea légitimement sur la réalité de son mal, Stuart répliqua entre ses dents : « Un peu des deux ? » comme s’il voulait éviter que le policier le soupçonne de monter un coup foireux visant à lui échapper. « Autant que mes maux servent à quelque chose, hein ? » Il y avait presque une pointe d’humour dans sa réponse. « Je ne sais pas. C’est toi l’infirmière. Est-ce qu’il t’arrive de chasser les gens qui patientent dans la salle d’attente ? » Il clopina sans regarder en arrière, espérant qu’ils n’étaient pas suivis. « On peut toujours essayer, oui. De toute façon, je doute qu’il soit là de gaieté de cœur. Ça doit lui casser les couilles de jouer les gardes-malades, surtout si c’est moi le malade » ironisa-t-il en soulageant Rosalie de son poids, se redressant pour ne plus la faire ployer sous son bras trop lourd. S’appuyant contre un lit qui était poussé le long du mur, il lui décocha un sourire un peu désolé et lui adressa un coup de menton encourageant : « Allez, enfile ton joli sourire et offre lui le plus beau mensonge du monde. S’il s’en va, je t’en serai éternellement reconnaissant ». Il faillit ajouter qu’elle pourrait faire ce qu’elle voudrait de lui mais se dit qu’en revenant, elle n’aspirerait probablement qu’à se délester de ce poids inutile qu’il représentait. Sa journée n’était-elle pas bientôt finie ? Elle allait sûrement vouloir s’éclipser au plus vite pour retrouver son lit. Et lui… il n’aurait plus qu’à trouver un moyen de rentrer chez lui et de se faire oublier des forces de l’ordre. Laissant à son amie le soin de le tirer de ce mauvais pas, il gémit et porta les doigts à son arcade fraichement recousue puis il posa une main prudente sur ses côtes endolories. « Elijah va me tuer » maugréa-t-il pour lui-même avant de reporter son attention sur l’échange qui avait lieu à une dizaine de mètres de lui, priant pour que Rosalie se débarrasse du policier incommodant.

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