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 where have you been ?

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Carter Evans

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ONCE UPON A TIME
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MessageSujet: where have you been ?    Ven 6 Fév - 23:11

« T'as entendu les nouvelles pour Madison ? » Carter releva son regard concentré vers sa femme. Où venait-elle encore en venir ? N'était-ce pas déjà assez osé de sa part de prononcer le prénom factice de sa sœur de la sorte, sans retenue, pour en plus y ajouter une interrogation aussi mesquine ? Vraiment, Delilah n'avait aucune limite en ce qui le concernait. Le blond décala son bouquin sur le côté, la mine navrée, avant de secouer la tête. Non, il n'avait aucune idée de ce qui se passait exactement dans la vie de Madison, en partie parce que Delilah l'empêchait de faire de trop grands pas vers elle, de peur qu'il parle un peu trop, comme toujours. Le petit rire de la directrice de l'hôpital de la ville le fit grincer des dents. Elle n'avait aucune pitié. « Tu pourrais au moins prendre des nouvelles. Elle s'est faite larguer, et maintenant elle reste seule dans sa maison sur Blue Lake Road. J'ai trouvé ça triste quand je l'ai entendu. » Le propriétaire du Cave of Wonders se leva de sa chaise, si brusquement qu'il arracha un sursaut à sa femme. « Ne m'attends pas pour dîner », annonça-t-il à la principale concernée depuis le hall d'entrée. Les pas de Delilah la menèrent jusqu'à lui. Elle le questionna sur ce qu'il allait faire, sur ses intentions. L'agacement se lisait dans le regard du blond. Il en avait assez de vivre auprès d'une personne aussi méprisante, la haine qu'il commençait à réellement éprouver pour elle allait l'anéantir. Il devait sortir de cette maison. « Je vais la voir. Fais ce que tu veux de ta soirée. » Dégageant bien vite la main qu'il venait de déposer sur son bras, Carter ne prit pas le temps de jouer le mari parfait en prétendant l'embrasser une dernière fois avant de quitter le domicile et partit en cavale. La détermination qui accompagnait ses pas était nouvelle. Pourtant, cela faisait un moment qu'il désirait plus que tout faire partie d'une façon ou d'une autre de la vie de Madison. Ses relations avec Morgane dans leur ancien monde n'étaient pas celles qu'il avait imaginé et il espérait pouvoir tenter d'améliorer les choses ici, sans toutefois compter sur l'intervention de sa prétendue épouse, bonne qu'à lui pourrir l'existence une fois de plus. Mais aujourd'hui, après ce qu'il venait d'apprendre, Carter n'avait plus envie de laisser les autres décider pour lui. Madison souffrait. Rien qu'imaginer une telle chose l'affectait également. C'était dans ces moments-là que Merlin menaçait de reprendre le dessus. Les sentiments qu'il éprouvait pour sa sœur envahissaient les pensées de Carter, le forçant à faire le tri dans sa façon d'agir et de réagir. Bien évidemment, face à Delilah, c'était bien plus Merlin qui s'était rebiffé que son alter-ego.

Les mains dans les poches de son jean, le trentenaire ressassait ce qu'il allait bien pouvoir dire à Madison. Après tout, elle ne le connaissait pas. Il n'était pour elle rien de plus qu'un voisin de quartier, qu'un propriétaire peut-être d'une des boutiques de la ville mais bel et bien avant tout un inconnu. Un parfait inconnu. C'était ce qui était le plus difficile à endurer pour Carter. Le fait de n'apercevoir dans les regards des autres aucun souvenir de leurs vies passées, pas une poussière des hommes et femmes qu'ils avaient pu être bien avant Fairview. Il ne leur restait plus rien. Par sa faute. Ruminant, il poussa un soupir alors qu'il arrivait presque devant la maison de Madison. Ces pensées ne devaient pas s'immiscer dans son esprit maintenant. Il devait se concentrer sur celle pour qui il aurait donné beaucoup. Quand il y réfléchissait, Morgane était celle pour qui il aurait donné sa vie. C'était peut-être pour cela qu'il ne parvenait qu'à présent à se décider de venir jusque chez elle, parce qu'elle représentait à ses yeux celle qu'il avait le plus blessé parmi toutes les vies qu'il avait brisées. L'imposante maison, illuminée par le couché du soleil, apparut dans le paysage. Aucun chat n'était dehors. Pourtant il n'était pas tard. Juste assez peut-être pour que la ville désire déjà être tranquille chez elle. Les pas de Carter s'arrêtèrent devant le petit portillon qui laissait place au jardin puis l'habitacle de Madison. Sa main se déposa sur ce dernier. Hésitante. Comme si une barrière invisible le mettait une dernière fois en garde, le propriétaire de la Cave of Wonders se sentait incapable d'exercer un pas de plus. Il venait de perdre tout courage. Son envie était pourtant encore présente, bien ancrée au creux de son cœur. Il était décidé à lui parler face à face, à établir un semblant de lien avec elle. Mais quelque chose le retenait. L'émotion, peut-être. Merlin semblait ne plus tellement avoir de témérité à revendre tout d'un coup, lui aussi. Ainsi, posté devant ce portail clôt, Carter laissa un silence s'installer en lui, promettant une décision dans les prochaines secondes. Toutefois, ses réflexions intérieures furent bouleversées par du mouvement au niveau d'une des fenêtres de la maison.

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Madison Rodens

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Lun 2 Mar - 19:41

Les apparences. Sauver les apparences. Ce n'était même plus possible, envisageable ou même réalisable. Plus maintenant. Certainement pas en ce moment. Madison avait pris des vacances, voilà tout du moins comment elle avait justifié le fait de s'éloigner de son cabinet mais aussi de ses patients, viles sangsues qui lui pompaient force et équilibre mental, pendant quelques jours. Semaines. Ou mois. Car pour être tout à fait honnête, la psychologue n'avait aucune idée du temps qu'elle allait s'octroyer, à elle, elle seule, pour une fois, chose qui la changeait assez fortement de son quotidien. Elle aurait pu partir, loin, prendre quelques jours au soleil mais au fond, le cœur n'y était pas et la belle brune se retrouvait alors face à elle-même, seule dans sa grande maison qui, pour la première fois depuis bien longtemps lui paraissait trop grande, trop silencieuse. Elle faisait des cauchemars, noirs, glauques. Des cris d'enfants pourtant invisibles, des étendues désertes, sombres où elle errait, pendant des jours, sans croiser âme qui vive, seulement des mirages, rien que des mirages qui disparaissaient à peine elle pensait les toucher du doigt. Pour autant, leur noirceur ne les empêchait pas d'être limpides aux yeux de la psychologue qui sans grand mal savait de quoi il en retournait. La même chose. Toujours. L'abandon. Quand Ezra l'avait quitté, non pas parce qu'il ne l'aimait plus mais parce qu'il en aimait une autre, Madison avait cru tenir bon. Après tout, elle l'avait utilisé, elle s'en était servi pour masquer sa solitude, lui le géant bien pensant qui la couvrait de bijoux uniques et passionnés et pensait avec naïveté qu'elle pourrait se défaire de cette relation qu'elle avait elle-même faite comme on jette un vieux pardessus vieilli. Elle y pensait si fort que, comme à son habitude, agissant avec le plus grand désintérêt face à une situation si peu importante, la jeune femme ne s'était pas rendue compte de l'étau se resserrant autour d'elle et qui allait bientôt la faire craquer. Tout simplement car peu attentive, elle avait omis les détails entourant cette situation et sous estimés leur pouvoir affectif. Il y avait tout d'abord Prim, oh Prim. Celle qui au fond avait eu une place beaucoup plus importante qu'Ezra lui-même. Celle qu'elle s'était acharnée à combattre autant dans son couple, qu'hors de ce dernier et qui finalement, avait remporté la bataille finale. Et puis, aussi étonnant que cela puisse paraître, il y avait Dean. Dean avec qui, sentant son couple s’effriter, elle avait gentiment et naïvement, le pensait-elle, fricoté, oubliant le passé et ses démons, trop obnubilée par ceux du présent. Ezra la quitte. Dean la quitte. Tout s'imbriquait, trop bien et trop sournoisement, dans sa tête qui commençait à vaciller dangereusement vers un noir bien plus sombre qu'à son habitude. Une cigarette à la main, Madison pensait, dans le vide, assise dans le fauteuil de sa chambre à coucher. Elle ne portait pas grand chose, une vieille chemise d'homme, qu'elle s'était achetée un jour, sans raison apparente. Sortie de la douche depuis peu, ses cheveux, noirs, encore légèrement humides laissaient parfois perler une goutte d'eau sur le tissu bleuté. Elle pensait. A rien, à tout. Sans but précis. Jusqu'à ce que finalement, un haut le cœur la traverse. Pourquoi ça, pourquoi elle ? Pourquoi tant de mépris, tant d'horreurs, elle qui ne demandait qu'une chose, un peu d'amour sincère et de compagnie. Elle pouvait changer, elle aurait pu, pour Dean mais il avait pris peur, comme l'homme lâche et faible qu'il était. C'est alors qu'en repensant à lui, à cet autel où elle avait entendu, des minutes aussi longues que des siècles, seule, elle fut prise d'une pulsion. Sautant littéralement de son siège, la cigarette coincée entre deux doigts, elle descendit au rez-de-chaussée pour ouvrir la porte d'un petit cagibi d'où elle sortit une longue housse. Rapidement, la fermeture éclair fut ouverte et elle en sortit une robe, blanche, perlée et dentelée. Une robe de mariée, la sienne. Cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas vue, ni même touchée. Elle portait encore l'odeur du parfum qu'elle avait choisi ce jour-là, un parfum qui n'était plus qu'annonciateur de mauvais souvenirs pour la brune. D'un geste brusque, la robe valsa jusqu'à l'autre bout du salon, à l'opposé du cintre et de la housse crème. Madison s'arrêta, un moment, le temps de prendre une bouffée de poison sur sa cigarette et finalement, s'approcha de cette vieille relique maudite sur laquelle, avec vigueur et assurance, elle jeta sa cigarette. Un filet de fumée s'en dégagea alors puis une odeur âcre se fit sentir. Le tissu, d'un blanc immaculé, commença à roussir puis à s'assombrir sous l'effet de la chaleur. Madison, elle, contemplait le spectacle, sans qu'aucune émotion ne la traverse, les yeux rivés sur les premières flammes prenant naissance. Peu à peu, les flammes grandissaient et la fumée se répandait autour d'elle sans qu'elle ne remarque quoique ce soit, envoûtée par ce feu qui détruisait son mal et qui semblait cautériser une vieille blessure. A moins qu'il ne fasse que la leurrer et qu'une fois le brûlot terminé, la douleur ne soit que plus vive. Pour autant, loin de se poser autant de questions, Madison, elle, restait plantée là, face au spectacle sans aucune intention, vraisemblablement, de prendre conscience de la situation.

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Carter Evans

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Sam 7 Mar - 0:43

Carter n'avait pas rêvé. Ce mouvement, au niveau de cette fenêtre, ce ne pouvait pas être le fruit de son imagination. Pourtant, son hésitation fut longue. Avait-il le droit d'entrer dans sa vie de la sorte ? Avait-il la possibilité d'essayer de faire sa connaissance, de réparer le erreurs de Merlin dans ce nouveau monde ? Peut-être. S'il se lançait. Ce fut d'un pas déterminé, soudain enflammé d'un souffle de courage nouveau, qu'il s'avança vers la porte d'entrée. Arrivé près de la porte, sa main se suspendit dans les airs. Il devait cogner, signaler sa présence. Madison pouvait ne pas répondre, elle pouvait refuser de le laisser rentrer chez elle ainsi que dans son cercle de connaissance, dans sa vie toute entière même. Toutefois, s'il y avait bien une chose que Carter avait retenu, c'était que malgré le sort qu'ils avaient lancé, lui, Rella et les autres fées, certaines liens ne disparaissaient jamais vraiment. La preuve était que certaines personnes de son monde étaient présentement en contact dans cette nouvelle existence, ce qui en disait long sur le destin et tout le reste. Alors Carter pouvait tenter sa chance, comme les autres. Et, même s'il s'était résigné à ne pas interférer dans la vie de sa sœur, il ne pouvait plus tenir sa parole. Elle souffrait. Et jamais il ne pourrait supporter plus longtemps de savoir cela sans se démener pour la sortir de cette mauvaise passe. Les secondes s'étaient transformées en minutes devant cette porte en bois. Les prunelles incertaines de Carter fixaient ce qui le privait de sa sœur avec incertitude. Toujours ces vieux démons lui soufflant de rester loin des autres qui refaisaient surface... Jusqu'à ce qu'une odeur étrange ne parvienne jusqu'à lui. De la fumée, quelque chose en train de brûler. Sans réfléchir, sa main vint s'appuyer sur la poignée de la porte qui, par chance, était ouverte. Carter se retrouva face à une masse de plus en plus étouffante. Au milieu de cette dernière, on pouvait apercevoir le corps immobile de la propriétaire des lieux. Le sang du trentenaire ne fit qu'un tour. « Mo-MADISON ! », hurla-t-il alors que le bruit que provoquait les flammes non loin se voulait assourdissant. S'approchant d'elle, il vint se placer devant son regard presque perdu dans le vide. Ses mains vinrent se déposer sur ses épaules afin de la faire reculer jusqu'à la cuisine, où la fumée n'avait pas encore fait de ravages. Attrapant le premier torchon à sa portée, le blond repartit en direction du salon. Il observa la scène avant de repérer ce qui était cause de son affolement. Ses yeux commençaient à lui piquer. Plaquant le torchon sur ses lèvres, l'ancien magicien aperçut une couverture sur l'un des sièges que contenait la pièce et s'en saisit avant de se démener pour étouffer le départ de feu violent qui commençait à se créer à quelques pas. Au bout d'un moment, il parvint à mettre fin à tout ça. Soulagé, un poussa un soupir, avant qu'une légère quinte de toux ne le gagne. Il ouvrit ensuite les fenêtres de la pièce afin d'éviter que les murs ne s’imprègnent de trop de cette odeur coriace que pouvait être celle des flammes. Ses pas guidèrent ensuite le propriétaire de la Cave of Wonders jusqu'à la cuisine, où il croisa le regard de Madison. Qu'importait qu'elle ne sache pas vraiment qui il était, qu'importait qu'ils ne se soient jamais vraiment adressés la parole auparavant, Carter ne pouvait pas masquer la colère qui gagnait chaque parcelle de son corps et de son esprit. « Mais ça va pas ?! », fit-il d'abord, avant de lever sa tête vers le ciel, agacé. Il n'avait rien vu venir. Il n'avait rien deviné. Bien qu'il n'avait jamais osé porter plus d'attention que de raison à Madison auparavant (tout cela à cause d'une Delilah aussi jalouse que paranoïaque), le trentenaire avait toujours essayé de l'apercevoir ou de connaître un maximum de chose sur elle. Toutefois, l'autodestruction ne faisait pas partie de ces quelques informations, bien au contraire, ça n'avait jamais été mentionné à son attention. « Qu'est-ce qui t'a pris ? », souffla-t-il en l'air, incapable de regarder trop longtemps la jeune femme dans les yeux. Il avait peur de craquer, de trop en dire. D'ailleurs, il prit bien vite conscience qu'il était en train de la tutoyer plutôt qu'autre chose. Détail impardonnable qui trahissait déjà bien trop l'attachement qu'il avait pour et qu'elle ne pouvait bien évidemment pas soupçonner. « Est-ce que vous allez bien ? », reprit Carter en poussant un dernier long soupir, son cœur reprenant une cadence normale au fur et à mesure que son esprit luttait entre s'agacer, et ainsi trop s'engager, ou se calmer et recommencer à être aussi indifférent qu'avant. Néanmoins, le propriétaire de la Cave of Wonders sentait bien que ce qu'il venait de faire redessiner les bases de leur semblant de relation du tout au tout.

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Mar 9 Juin - 23:27

    Les flammes commençaient à devenir de plus en plus vivaces et si n'importe quelle personne saine d'esprit aurait soit paniqué, soit agi, Madison, elle, restait impassible, telle une statue figée par le temps. Dans le salon, la fumée s’épaississait à une vitesse impressionnante et l'atmosphère se faisait pesante. Si aucune intervention n'était envisagée rapidement, le feu allait se propager, très rapidement et les meubles, les rideaux, tout risquait de s'embraser et d'engendrer des conséquences dramatiques. Mais qui ? Qui allait bien pouvoir venir à son secours ? Ezra peut-être ou même Dean ? Certainement pas. D'une car il était impensable que l'un des deux viennent, par hasard, toquer à sa porte et ensuite, car Madison ne s'abaisserait jamais à accepter leur aide, quelle qu'elle soit. Niveau amis, même chose, personne ne se bousculait au portillon et il n'y avait aucune raison valable pour que cela change. Pour autant, Madison n'était aucunement frustrée par cette situation, elle était même très bien seule ou en tout cas, elle le croyait mais dans la vie, quoiqu'on en pense, un ami, même le plus inattendu possible, pouvait changer bien des choses. Perdue dans ses pensées, les yeux hypnotisés par le spectacle enivrant s'offrant à elle, Madison restait là, inerte. Pas un son n'atteignait ses oreilles, si ce n'est ce flou étouffé, comparable à celui qu'on attend, la tête immergée sous l'eau. Pourtant, ici, l'ambiance était bien loin d'être aquatique et la chaleur brûlante commençait à investir la pièce, rendant difficile la simple action de respirer. Rien, il n'y avait rien dans sa tête, son esprit. Seulement des souvenirs bancals et douloureux. Dean, l'autel, les regards sur elle, la solitude, sa solitude, celle des nuits passées seule chez elle, celle de l'obscurité qui l'entourait, à chaque instant. S'enfonçant peu à peu dans les méandres de sa mémoire, attirée toujours plus au fond par ses démons intérieurs, Madison ne s'était alors pas rendue compte qu'elle n'était plus seule dans la pièce. Un son lointain commença à la faire revenir dans ce monde mais c'est finalement lorsqu'un visage quasi inconnu se posta devant le sien et qu'elle sentit une pression sur ses épaules qu'elle reprit ses esprits, lentement. Se laissant guider, sans vraiment savoir ni comprendre pourquoi, la brune se retrouva alors dans la cuisine, son chevalier servant disparut alors mais elle ne s'en souciait guère. Elle avait soif, très soif, alors mécaniquement, comme si de rien était, elle attrapant un grand verre dans l'un des placards et se servit un grand verre d'eau qu'elle but avec frénésie. A peine eut-elle fini que son sauveur réapparut, un torchon près de son visage légèrement noirci par les émanations de fumée et, surprise, elle manqua de sursauter. Encore plus lorsqu'il commença à l'engueuler... Encore légèrement ailleurs, Madison fit un pas en arrière, visiblement choquée, ses yeux s'écarquillant devant tant de... familiarité ? Il semblait agité, énervé avant de finalement, s'enquérir de son état. « Pardon ? » fut alors le premier mot que la jeune femme réussit à sortir de sa gorge asséchée par la chaleur de l'incendie. « C'est à vous qu'il faut demander ça, vous êtes chez moi et vous me hurlez dessus ! Qu'est-ce-que vous faites ici ? Qui vous a laissé rentrer ? » A son tour, Madison était presque énervée, ses sourcils froncés et son ton emprunt de dédain finissait le tableau peu avenant. Car si Carter s'attendait à des remerciements ou des louanges, il n'avait pas frappé à la bonne porte et il allait rapidement s'en rendre compte. Après tout, si Madison avait envie de mettre le feu à sa demeure, cela ne regardait qu'elle et surtout pas... lui. « Qui êtes-vous? » rajouta-t-elle alors, sur un ton suspicieux. Bien évidemment que son visage ne lui était pas pleinement inconnu et elle avait du savoir son nom, un jour, mais pour autant, cet homme, elle ne le connaissait pas. Lui par contre, semblait la connaître pour entrer ainsi chez elle. Ou alors, il était du genre héros de petite envergure, à traîner dans les rues en quête d'une aventure périlleuse à vivre... Pas sûr que l'incendie soit l'aventure la plus périlleuse de la soirée cependant.

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Mar 21 Juil - 2:00

Carter sait qu'il n'agit pas de la meilleure des façons. Il ne devrait même pas être là, dans cette maison, auprès de Madison. Il ne devrait pas être en train de lui apporter une aide aussi évidente. La raison voudrait qu'il parte. Sur-le-champ. Le propriétaire de la Cave of Wonders doit adresser un signe de la tête à la psychologue puis quitter les lieux, sans un mot de plus. Pourtant, les idées contraires se battent tellement en lui à cet instant précis qu'elles lui font perdre l'occasion de prendre la « bonne » décision. Et les reproches de la brune ne font qu'aggraver les choses. Agacé et déçu du peu de reconnaissance dont elle fait preuve, Carter décroise les bras et se redresse. L'une de ses mains s'agite dans les airs au rythme de son flot de paroles. « Mais j'ai le droit de vous hurler dessus, vous étiez en train de laisser brûler votre maison ! », qu'il s'exclame, tandis que son regard s'attarde un instant sur le verre d'eau que Madison tient entre les mains. Cette simple vision, futile et inutile pour beaucoup, fiche un coup à son cœur, qui s'apaise de lui-même. Elle regrette. C'est ce que ce verre symbolise pour lui : le regret. Si Madison n'avait pas envie de poursuivre cette vie à laquelle elle vient de porter atteinte, alors elle ne se serait pas précipitée sur la source d'eau la plus proche pour s'en abreuver à plusieurs reprises. Geste qui le rassure. Elle n'avait pas l'intention d'aller jusqu'au bout, elle aurait forcément reculé à un moment ou un autre. C'est tout du moins ce que Carter suppose. « Je me suis permis de venir vous aider, excusez-moi de ne pas avoir attendu votre accord pour passer la porte », répond-il toutefois sans ménagement aucun. Si, dans ce monde, Morgane a été dotée d'un certain caractère, les choses font que la nouvelle personnalité que Merlin doit adopter n'est pas très sympathique non plus. Le regard toujours dur, bien décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds, le trentenaire s'avance vers la porte qui mène au salon où des relents de fumée continuent de se propager, mais tendent à disparaître d'ici une vingtaine de minutes. « Je suis Carter », qu'il annonce sans pour autant la regarder. Pour croiser un air furibond, non merci. L'ancien magicien a déjà assez à faire avec Delilah à la maison, pas besoin d'en rajouter une couche, surtout après ce qu'il vient de se passer. Doit-il préciser qu'il passait dans le quartier ? Carter a le sentiment que ce serait superflu. Pour arriver aussi vite dans la maison à souci, il ne fallait pas être devin pour comprendre que le propriétaire de la Cave of Wonders se trouvait non loin des lieux. Croisant les bras, le blond accorde enfin toute son attention à celle qui se souviendra peut-être un jour du lien fort qui les lie. « Buvez encore un peu, vous êtes restée un moment exposée à la fumée. »  Que ce conseil soit suivi ou non, au moins Carter aura le mérite de faire de son mieux pour détendre l'atmosphère particulière qui est en train de prendre ses aises entre eux. Les regards méfiants que lui lance Madison affectent directement son cœur. Ce n'est pas Carter qui est touché, mais bel et bien Merlin. Confronté à sa plus grande désillusion, à la pire des vies qu'il a réduite à néant, l'ancien magicien n'a désormais plus d'autre choix que de prendre les devants pour tenter de se racheter auprès d'une Morgane qui n'a, par chance, pas encore la possibilité de savoir qu'elle le hait de tout son être. Depuis leur arrivée à Fairview, le trentenaire ne peut s'empêcher de se demander si Morgane lui en voudra, et surtout longtemps... En attendant, les quelques pas qu'il exerce en direction de la psychologue sont prudents. Éviter les situations malheureuses semble être une bonne option. « Je suis le propriétaire de la Cave of Wonders, peut-être m'avez vu déjà vu lors de la tempête il y a deux ans. » Cette réponse n'élude pas tout, mais elle en dévoile déjà beaucoup. Et, pour le moment, Carter préfère tâter le terrain plutôt que de se lancer dans des détails innombrables et perdre la seule chance qui lui est offerte depuis un long moment de créer quelque chose de sincère avec la fameuse Madison.

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Mar 29 Déc - 12:14

L'esprit embrumé, Madison se remet lentement du fâcheux événement qu'elle a elle-même commandité dans un élan de folie ou peut-être de désespoir bien trop dangereux. Revenant petit à petit à la réalité, elle se rend compte alors que rien de tout ça ne l'aura aidé à exorciser ce mal intérieur, que combattre le feu lui brûlant le cœur par des flammes bien réelles n'est et ne sera jamais une solution. Pourtant, elle l'espérait tellement, inconsciemment peut-être, se disant qu'en blessant et détruisant à jamais l'objet du délit, sa douleur psychique s'envolerait si aisément. C'était après tout une technique parfois utilisée en psychologie, lorsque l'on fait écrire ou dessiner par le patient ce qui le ronge et qu'on lui demande de brûler la feuille, tout simplement. Une ineptie qu'à ce moment précis elle se jura de ne plus jamais utiliser lors de ses propres séances, avec ses propres patients. A moins qu'en réalité, Madison soit tellement rongée par la douleur qu'elle aurait dû s'immoler elle-même pour qu'enfin, le mal parte en fumée. Une pensée qui, l'espace d'un minuscule instant lui était peut-être passé par la tête, avant qu'elle ne soit 'sauvée' par un mystérieux chevalier servant. A présent réfugiée dans sa cuisine, un verre d'eau fraîche calé dans sa main légèrement tremblante, Madison faisait maintenant face à ce sauveur qu'elle ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam  - ou tout du moins, elle avait bien du le croiser mais son nom ne devait pas lui avoir déjà été évoqué ou bien elle l'avait oublié, de par son insignifiance.  Il l’engueulait. Elle n'aimait pas ça. Pas du tout même, et encore moins son petit air sarcastique et ses gestes l'accompagnant. Le regard noir, les yeux légèrement plissés, elle le regardait s'époumoner avec une surprise non dissimulée avant de finalement lui répondre sur le même ton. « Et alors, vous en êtes propriétaire peut-être ? Moi je le suis et je fais ce que je veux avec ma maison ! Je ne vois pas en quoi ça vous regarde, en quoi rentrer chez les gens sans leur consentement est autorisé... Je pourrais même appeler les forces de police pour violation de domicile si je le souhaitais ! » Madison ou la mauvaise foi incarnée... Pour sûr, elle pourrait être surprise par la réaction de la police si elle venait à les appeler, ce qu'elle n'allait pas faire d'ailleurs, pour une raison plus ou moins floue voir même inconnue. Peut-être qu'au fond, elle était presque rassurée d'avoir été sauvée in extremis de ce feu, voir d'elle-même. Peut-être qu'un ami, qu'un ange gardien était ce qu'il lui fallait, même si elle ne l'avouerait jamais. L'inconnu s'excuse, elle hausse les épaules et lâche un petit soupir agacé avant de finir son verre, de le poser avec vigueur sur le plan de travail, d'en sortir un second, de le remplir et de le poser à son tour, en direction du sauveur. « Tenez. » dit-elle alors, sèchement, sans même avoir demandé poliment si monsieur veut quelque chose. Sa manière à elle, certes très peu avenante, de le remercier, sans avoir à le faire. Il se présente et ce nom ne lui dit rien. En même temps, avec un prénom, on ne va pas aller bien loin. « Carter... ? » ajoute-t-elle donc, toujours aussi sèchement, à présent curieuse d'en savoir plus sur cet homme. Propriétaire du Cave of Wonders donc, ce bric-à-brac sombre plein de babioles inutiles et poussiéreuses, intéressant. Ou pas. Elle n'avait jamais du y mettre les pieds, ou alors peut-être pour acheter un truc hideux à une personne très peu porté dans son cœur. Réflexion faite, non, elle n'avait jamais du y aller, ce n'était pas non plus son genre d'offrir quelque chose à qui que ce soit qu'elle n'appréciait pas. Quant à la tempête, oui, elle s'en souvenait, très bien, pire moment de sa vie, entassée avec tout Fairview sanglotant ou paniquant dans un lieu bien loin d'être accueillant, éclairé à la bougie. « Hum... Oui, certainement. » En réalité, elle n'avait aucun souvenir de lui à ce moment précis, certainement parce qu'elle était trop occupée pour éviter toute âme qui vive. « Vous rentrez souvent chez les gens que vous ne connaissez pas, comme ça ? Ou alors vous faites dans la catastrophe... La tempête, le feu... » Vraiment, Madison était loin d'être agréable avec une personne qui venait très certainement de lui sauver la vie. Faire fuir les gens qui lui voulaient du bien semblait donc devenir une tradition chez elle, sans qu'elle ne s'en rende forcément compte.

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Ven 8 Jan - 16:11

Carter ne pensait pas se confronter à un caractère aussi affirmé alors que Madison vient de passer à côté du pire. Toutefois, elle semble comprendre de son côté qu'il ne fait pas dans l'aimable non plus, et qu'il se permet sans doute plus de choses qu'il ne le devrait. Mais c'est de sa faute ; il a eu peur pour sa vie et, contrairement à elle, il est sous le choc. Encore plus car il n'a aucun élément concret et développé pour comprendre ce geste qu'elle a eu. Détachant un instant son regard du sien pour observer le verre d'eau qu'elle dépose devant lui sans ménagement, il serre les dents. « Merci. » Preuve qu'il peut être sympa. Alors que l'eau coule dans sa gorge, Carter manque mal avaler face aux reproches de la psychologue. Est-elle sérieuse ou bien se fiche-t-elle de lui ? « Je fais dans la catastrophe ? », qu'il reprend en déposant son verre sur la table. Son air furibond n'a rien pour arranger les choses, même si Carter le voudrait sincèrement, mais il ne voit pas comment faire autrement pour faire entendre raison à Madison. Là, tout de suite, ce n'est pas lui qui doit répondre aux questions, mais elle. Ce n'est pas lui qui a mis le feu à sa maison, ou à quelque chose à l'intérieur de sa maison, ce n'est pas lui non plus qui est resté stoïque, face à la fumée et au flammes, comme dans l'espoir d'y passer pour de bon. Le propriétaire de la Cave of Wonders ne demande pas d'applaudissements ou le moindre remerciement, il veut juste qu'elle ouvre les yeux sur la situation : ce qui vient de se passer n'est pas normal. Madison ne va pas bien, du tout, pour envisager de mourir comme ça, seule, et en souffrance. Car c'est tout que ce qu'il a vu inspire au blond : un désir de vouloir mettre fin à une vie qui ne nous convient plus. Est-ce les aveux de ses patients qui sont devenus trop lourds à porter pour elle ? Ou bien alors les déconvenues qui n'ont eu de cesse de lui tomber sur le coin de la figure ces derniers temps ? Carter aimerait savoir. Sincèrement. Il aimerait pouvoir l'aider de son mieux et lui prouver qu'il sera là jusqu'à ce que tout aille mieux si elle en ressent le besoin. Malheureusement, le trentenaire sait qu'il ne peut pas se permettre une telle entrave au pacte établi avec Delilah, et qu'il doit d'abord développer un semblant de lien avec son ancienne sœur s'il veut pouvoir l'aider comme il le voudrait. S'il se permet le moindre faux-pas aujourd'hui, maintenant, Madison se méfiera et, peut-être, des souvenirs enfouis remonteront à la surface. Chose qui ne doit absolument pas se produire. Toujours agacé de son comportement, Carter se passe une main sur le visage avant de reprendre. « Vous vous rendez compte que vous être vraiment mal placée pour dire ce genre de choses ? » Il se prend les fautes qu'elle a commises elle en pleine figure. Mais qu'est-ce qui tourne pas rond dans ce monde où lui et les fées ont envoyé toutes ces personnes ? Parfois (voire même souvent en ce moment), Carter ne comprend plus rien. Il ne saisit pas les mœurs, les mauvaises habitudes, les attitudes diverses et les réactions en chaîné : il est à des années lumières de pouvoir comprendre tout ça, parce qu'il ne réalise toujours pas l'ampleur de l'erreur faite en suivant les faits dans la création de l'enchantement. Il a tout bouleversé : du physique jusqu'au mental, il a redistribué les cartes de façon aléatoire et voilà ce que cela donne : des hommes et des femmes qui se retrouvent perdus dans une existence qui ne pourra jamais leur convenir. Pire, qui les rend malheureux, comme le démontre le geste de Madison aujourd'hui. « Mais pour répondre à votre question : non, je fais pas pas ça souvent. Jamais même. » Comme s'il avait le droit de débarquer chez les autres pour les empêcher de commettre la moindre idiotie du genre... Carter a déjà sa boutique à gérer, les quelques objets qu'elle abrite à rendre s'il veut pouvoir être un peu pardonné le jour où tous rentreront à GoldenDust, les décisions difficiles à prendre pour garder une certaine distance avec les autres habitants, afin d'éviter de leur faire le moindre mal supplémentaire. Alors, non, le trentenaire n'entre pas chez les autres comme ça l'enchante. Aujourd'hui, Carter n'a juste eu d'autre choix que celui d'entrer dans cette maison pour la sauver, elle. Parce que ce visage est en tous points semblable à celui de sa chère sœur Morgane, et qu'il sait qu'au fond elle est là, quelque part, endormie... « C'était accidentel ? », que Carter reprend, toujours de son ton un peu trop brusque, mais sincère. Il prouve son inquiétude même s'il n'a pas besoin que ce soit trop évident non plus. Même, ce ne doit pas être trop évident. Mais maîtriser ses réactions et réflexions jour après jour commence à devenir un travail épuisant pour le propriétaire de la Cave of Wonders. Il ne dit pas qu'il n'aimerait pas tout arrêter, pour enfin se libérer des chaînes qui l'étouffent et le maintiennent dans un entre-deux étrange, le perdent entre GoldenDust qu'il a blessé par ses actes et Fairview avec laquelle il n'est pas lui, mais il ne peut se permettre de jouer avec les limites du raisonnable. Pour le bien de tous, c'est malheureusement le mieux à faire, bien que le dégoût de soi devienne un ennemi du quotidien. « Ce départ de feu... Pourquoi ? »

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Madison Rodens

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MessageSujet: Re: where have you been ?    Sam 30 Avr - 10:22

Les secondes passent et Madison commence finalement par évaluer l’ampleur de sa bêtise. Réagir de la sorte n’était pas de son standing, pas aussi violemment, ni de manière aussi pathétique. Tout ça pour quoi ? Pour deux hommes ? Deux lâches, deux pions dans sa vie mouvementée ? Le constat en était navrant mais malheureusement pour la psychologue, elle était immanquablement tombée dans une spirale destructrice dont l’origine était la seule chose qui la faisait fléchir : l’abandon. Reprenant ses esprits, toujours face à ce Carter qu’elle connait si peu mais qui vraisemblablement se permet beaucoup de chose, Madison lâche un long soupir tandis que les brumes de son esprit s’évaporent encore un peu plus et que Carter lui renvoie la pareille. Certes, elle se montre sacrément ingrate envers ce « sauveur » et oui, elle est inévitablement mal placée pour l’attaquer à son tour mais considérant être dans son droit, ici, chez elle, Madison ne compte pas vraiment s’excuser ou bien agir de manière « normale ». A la place, elle reste silencieuse, toisant le blond d’un regard interrogateur et perplexe. Elle lui concèdera finalement un simple « Bien ! », sorti de nulle part, alors qu’il lui assure ne pas être source de catastrophes ce qui en soit n’est pas une information qu’elle recherchait et qui ne lui fait donc, par définition, ni chaud ni froid. Remontant sa main vers sa chevelure pour remettre en place quelques mèches indisciplinées, Madison prend alors conscience de sa tenue, soit une simple chemise, bonne à jeter certainement, qu’elle avait passée juste après sa douche, juste avant son petit feu d’intérieur. On pourrait presque trouver cette situation ironique, c’est en tout cas le sentiment de la jeune femme qui s’était laissée emportée à cause d’abandons romantiques pour finalement se retrouver à moitié nue (ou presque) face à un inconnu, dans sa cuisine. Elle aurait alors pu être gênée mais elle décida de s’en foutre royalement. Et si d’ailleurs, elle commençait à se foutre royalement de tout ? Sur le moment, cela lui sembla être une très bonne idée et donc, lorsque Carter décide de la questionner, elle va juste s’en foutre royalement de lui répondre avec une relative sincérité. « Oui. Non. Tout dépend de s’il on peut dire que mon geste a accidentellement dépassé ma volonté. » Ce qui en soit n’est pas totalement faux mais quand même pas mal tiré par les cheveux. « Dans tous les cas, je ne voulais pas mettre le feu à la maison, juste… à la robe. » Et aux souvenirs qui vont avec, etcetera, etcetera… Pour finalement se retrouver aspirée par ces mêmes souvenirs et hypnotiser par les flammes qui à un moment précis lui semblaient si douces. Elle en aurait alors presque compris les pyromanes et leurs enivrantes passions pour les flammes et leur destruction mais là n’était pas la question. Carter, quant à lui, semblait réellement préoccupé par la situation et par cette conversation. Un instant, cela troubla Madison qui venait déjà de se confier plus qu’elle n’avait l’habitude de le faire. Pourtant cette bienveillance dont il faisait preuve l’apaisait et ces moments étaient si rares que lorsqu’elle fut à nouveau questionnée, cette fois ci sur un point encore plus sensible, elle s’octroya le droit, certainement inconsciemment, d’ouvrir légèrement son armure pour se libérer d’un certain poids et profiter de cette épaule compatissante. Allait-elle le regretter ? Peut-être, mais elle allait prendre ce risque. « Cette robe était ma robe de mariée. Je ne sais même pas pourquoi je l’ai gardée tant elle m’a porté malheur. Figurez-vous que finalement je ne me suis jamais mariée car j’ai bêtement attendu devant l’autel, seule. Mais vous avez déjà dû en entendre parler j’imagine. » Madison, toujours sûre et certaine qu’en ville, on ne parle que d’elle, quitte à ressasser de vieilles histoires malheureuses pour l’enfoncer dans son rôle de vile femme. « Et donc ce matin, je ne sais pas pourquoi, j’en ai eu assez de tout ça, de tous ces hommes qui me trahissent et j’ai jeté ma cigarette sur la robe. » continue-t-elle en faisant de grands gestes avec ses bras, presque en mimant la scène. « Je ne pensais honnêtement pas que ça prendrait feu si vite, il devait certainement s’agir de tissus synthétiques alors que cette vendeuse peu aimable m’avait assuré que les tissus étaient naturels… » Elle soupire, à croire que la qualité des tissus d’une robe brûlée est le problème le plus important de la journée…

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